Une mauvaise journée…

enfantUne mauvaise journée est une journée qui commence par un réveil trop brusque. Réveil en fanfare aux sons des pleurs de faim du bébé, réveil en trombe pressé par l’aiguille qui tourne trop vite… Il y a mille choses qui peuvent annoncer une mauvaise journée. La preuve par 15.
1- Le verre de lait est jaune.
2- La couette ne recouvrait pas nos deux pieds au réveil.
3- Le lait au chocolat était trop chaud.
4- Le lait au chocolat était trop froid.
5- Il n’y avait plus de lait au chocolat.
6- Il y avait un truc très suspect – une noix – dans le muffin.
7- La couture des chaussettes ne se mettait pas bien droite sur le bout du pied.
8- La culotte avec les chevaux dessus était au sale.
9- Il n’y avait plus de dentifrice à la fraise.
10- Il faisait trop froid pour mettre le chandail pingouin.
11- Un bobo de la circonférence d’un cheveu de nouveau né a fait son apparition sur notre pied droit et cela fait aussi mal que le jour où Hugo a fait mine de nous pousser du petit doigt de la main gauche à la récréation.
12- Le lait au chocolat a fait une tâche sur le pyjama.
13- Le pied ne rentre pas dans la mauvaise chaussure alors que ça semblait beaucoup mieux de les porter comme ça.
14- Il y avait une feuille d’érable sur le chemin mais le bébé l’a eu en premier et l’a déchirée.
15- La peluche est restée sur le banc de l’entrée, à la maison.

Il y a tant de choses qui peuvent te gâcher une journée, quand tu vas avoir 4 ans…

-Lexie Swing-

Lucie Boutons, couturière créatrice

bonnet; tuqueIl y a un an environ, je me (re)mettais à la couture armée de ma Brother toute neuve. A mes côtés, mes deux amies en congé de maternité. Ensemble, nous avons réalisé des bavoirs, des couvertures, des housses de chaise haute (pas moi hein)… Et quand la machine s’enrayait, quand le tissu partait de guingois, quand le résultat n’était pas celui escompté, mon amie Lucie-les-doigts-de-fée reprenait tranquillement l’ouvrage, aidait à remonter le fil d’une canette ou cousait dans son coin, son bébé tout neuf solidement arrimé à ses épaules par la grâce du porte-bébé.

Cette amie, c’est la créatrice de Lucie Boutons. Une couturière dont je copie les patrons dès qu’elle me fait cadeau d’une création. Une fille aux doigts magiques, qui en trois coups de ciseaux, les yeux fermés et sans patron te refait une garde-robe d’enfant quand tu peines à finir un bavoir correct. Une talentueuse Montréalaise dont l’instinct est aussi sûr que le doigté, et qui répond toujours présente pour me délivrer une tuque d’automne quand je n’en peux plus d’avoir mal aux oreilles.

Ma belle B. ne cesse de le répéter : elle a la plus belle tuque du monde. Une tuque avec un bouton bleu car le bleu, c’est sa couleur préféré, ainsi qu’elle se plaît à nous le seriner. Une tuque qui lui couvre les oreilles et rentre sous son capuchon. Tempête, pour sa part, a une tuque également mais aussi un incroyable bavoir, que Lucie lui a fait suffisamment longue pour protéger l’équivalent d’une tunique, ce qui n’est point trop grand quand on voit ce bébé s’empiffrer…

bonnet; tuqueLe 4 décembre, Lucie Boutons proposera ses créations au Marché des mamans créatives de Verdun. L’occasion de découvrir ses tuques Slouchy Beanie (ainsi que décrite par La Piqûre), ses bavoirs, ses guirlandes ou encore ses toutous tout doux…

Et si vous avez un petit creux, ma belle amie de Cap ou pas cap, la cuisinière de notre team, sera également présente avec ses pâtisseries.

Quant à moi, je serai probablement là-aussi, à décrocher Tempête du sapin…

Bon vendredi!

-Lexie Swing-

Crédit photo : Lexie Swing

T’es-tu féministe?

féminismeA l’heure où j’écris ces lignes, Clinton est encore dans la course contre Trump, et ce même s’il a pas mal de grands électeurs d’avance. Les commentaires de Trump (actuels ou passés), la mobilisation des Islandaises pour un salaire plus juste, celle des Polonaises pour le maintien du droit à l’IVG… Partout les femmes font entendre leurs voix, pour faire valoir leurs droits.

Ces valeurs qu’elles défendent sont celles du féminisme. Preuve que les combats des femmes sont ceux du féminisme.

Ce n’est pas un gros mot, d’être féministe. Notre génération le dit encore du bout des lèvres, quand elle embrasse pourtant à bras ouverts le concept tout entier. Car qui, aujourd’hui, dans les femmes de 20-30-40 ans, ne souhaitent pas avoir le droit de travailler. Qui pense, en tant que femme, que son travail ne mérite pas un salaire juste? Et qui, en tant qu’homme, pense d’ailleurs qu’une personne mérite de moins gagner, avec pour seule justification le sexe dont elle est affublée? Quelle femme peut prétendre ne pas souhaiter le respect? Quelle femme ne voudrait pas vivre dans la paix? Quel homme ne souhaiterait pas voir sa compagne vivre en sérénité, en sécurité? Quel homme ne souhaiterait pas voir sa compagne gagner un salaire suffisant, pour que la conjugaison de leurs deux salaires leur permettent de vivre décemment?

Le féminisme n’est ni poilu, ni hargneux. Il n’a pas pour mission de détruire les hommes, de les réduire à l’esclavage le nez écrasé par le talon du bottillon. Le féminisme, c’est l’égalité. Et peut-être qu’en effet le terme mériterait d’être dépoussiéré, être appelé égalitarisme. Mais peut-être aussi que le temps n’est pas venu, que les écarts sont encore trop grands et le fossé trop large.

Rien est acquis. Les différences sont omniprésentes, les absences de respect encore trop flagrantes. Tant que vous aurez peur à la nuit tombée, tant que vous aurez l’impression d’être déconsidérée, tant que les écarts de salaires joueront avec le feu sur la grande échelle, tant que vous vous sentirez prisonnière, tant que vous n’aurez pas le choix, suffisamment de choix, tant que l’on vous reléguera au rang d’éternelles secondes…

Alors il faudra se battre. Même un tout petit peu. Se lever pour dire que l’on est pas d’accord. Cesser de sourire d’un air las aux patrons qui nous appellent «  mon petit ». Refuser qu’il y ait des choses inaccessibles aux femmes aux seuls prétextes que la tradition en a fait « des domaines d’homme ».

Il faudra, aussi, admettre que l’on est ni mieux, ni moins bien. Mais qu’on les vaut, les hommes. Que l’on est aussi fortes, aussi capables, aussi raisonnées, aussi ambitieuses, aussi tendres. Aussi libres. Ne pas chercher des excuses quand il n’y a pour argument qu’une coutume orale malmenée à force d’avoir été répétée. Une coutume qui voudrait que l’on soit les deuxièmes, la rature, la copie mal traduite.

Alors que nous sommes en réalité, plus qu’un chapitre, un bouquin entier. Différent, à part. Deux ouvrages, entourés de milliers d’autres, qui se tiennent serrés dans la grande bibliothèque.

-Lexie Swing-

 

PS À l’heure où je termine ces lignes, les choses sont comme mal engagées pour Clinton!

Les douze petites phrases qui ponctuent nos matins

Brushing teethChaque matin, c’est le même rituel. Lever à 5h45, lever des enfants à 6h20, petit-déjeuner à 6h30. Et tout, mêmes nos réflexions, semble routinier. Il y a douze phrases que l’on dit souvent…

« Arrête de geindre, je t’avais dit d’arrêter de sauter sur ton lit et de dormir hier soir! »

« On est heureux, on est conteeents, aujourd’hui c’est garderiiiie, youpiiii (on essaye de motiver les troupes). Non, c’est pas encore la fin de semaine chérie. Non, pas demain. Bientôt. Vendredi. Non, c’est pas demain vendredi. »

« Finis ta tartine. Si, tu finis ta tartine, tu l’as voulue. Si, je me souviens bien, tu m’as dit ‘je veux une tartine de confiture’ alors tu la manges »

« Aujourd’hui, tu as le bol orange, c’est comme ça. Demain ce sera toi qui aura le bleu. Si, on PAR-TAGE, c’est chacune son tour »

« Reste ici, on a pas mis les chaussettes. Reste iciiiiii, je n’arrive pas à fermer les boutons du body. Bon sang il faut que je te ligote ou quoi? »

« T’as oublié de mettre ta culotte. Ah ben c’est facile, tu enlèves le pantalon et tu recommences. En mettant d’abord la culotte. Ok, tu peux mettre la grosse culotte si tu veux (le shorty) »

« Il est 7h12, dans 7 minutes tout le monde doit être dans la voiture! »

« Où est ta tuque? Où sont les mitaines? Pourquoi il n’y a plus qu’une mitaine? »

« Tu as fait pipi? »

« J’ai fait les lunchs. Oui, j’ai mis un fruit. Et un gâteau. J’ai pas fait mon café. T’as fait mon café? Il va jamais tenir dans mon sac à lunch. (Arrivés à la gare) J’ai oublié mon café. »

« On a sorti le chien? Il a mangé? Il a de l’eau? Les lumières sont éteintes? Le four? T’es sûr que t’as vérifié le four? « 

(Une fois dans la voiture) « M****, on a oublié le doudou/toutou, tu feras sans hein aujourd’hui chérie? Ok, gare le char, je vais chercher le toutou. Comment ça c’est pas le bon toutou? Si c’est un ours. Regarde, il a une tête d’ours. C’est pas l’OURS ok, pas celui que tu voulais. Tu voulais le bleu. Ça m’étonne pas. Je t’aurais ramené le bleu t’aurais voulu le petit moche et blanc. Non ok il est pas moche j’ai rien dit. « 

Et chez vous, quelles sont les phrases cultes du matin?

-Lexie Swing-

Crédit photo : No film

Muffins à l’avoine, noix de coco et chocolat au lait

dsc_0547Avoir quelques muffins ou cookies au congélateur est pour moi un incontournable bonheur. Plusieurs soirs par semaine, je retrousse mes manches et met la main à la pâte pour regarnir les sacs de congélation qui se vident un peu trop vite.

Ces muffins sont une friandise que nous préparons souvent, Miss Swing et moi, le dimanche après-midi des jours de pluie (l’automne nous rend particulièrement prolifiques, de fait!). Nous cuisinons en miroir, son bol, mon bol, et nos deux fournées, pour un total de 24 muffins (moins tous ceux qu’on aura engloutis dès le goûter) à congeler.

Je les ai garnis de noix de coco et de chocolat au lait, mais l’éventail des possibles est aussi large que votre gourmandise (pour ma part il est tellement large qu’il fait nuit chez moi ;))


Pour 12 muffins à l’avoine, noix de coco et chocolat au lait

  • 1 1/4 tasse (250 g – 300 ml) de lait
  • 1 1/4 tasse (115 g) de flocons d’avoine
  • 1 oeuf
  • 1/2 tasse (60 g) de cassonade et quelques pincées pour saupoudrer
  • 1/2 tasse (80 g – 125 ml) d’huile
  • 1/2 tasse de noix de coco râpée non sucrée
  • 1/2 tasse de chocolat en lait en pistoles ou en grosses pépites
  • 1 1/4 tasse (145 g) de farine
  • 1 cuillère à thé (à café) de bicarbonate de soude

Mélangez le lait et les flocons d’avoine dans votre bol de préparation et laissez reposer 15 minutes.

Préchauffez le four à 400 degrés F ou 200 degrés C.

Ajoutez l’œuf, puis l’huile et la cassonade.

Puis le chocolat et la noix de coco.

Versez la farine et le bicarbonate préalablement mélangés ensemble, et mélangez grossièrement au reste. On dit que le secret des bons muffins réside dans le fait de mélanger minimalement.

Versez dans vos moules à muffins beurrés ou pourvus de collerettes de papier cuisson (ou parchemin). Saupoudrez quelques pincées de cassonade sur chaque muffin.

Enfournez pour 20 minutes. Poussez encore 5 minutes si le muffin manque de cuisson.


 

J’ai souhaité pouvoir présenter une recette à la fois en tasses et en grammes. J’ai pesé ainsi tous mes ingrédients, sauf le chocolat et la noix de coco que je verse souvent à l’œil. Je vous invite à faire de même, ou à utiliser un mug que vous remplirez pour moitié de noix de coco et pour moitié de chocolat.

Vous pouvez utiliser de nombreux mélanges : chocolat blanc – canneberges, coulis de caramel et pacanes, pommes et érable… Pensez simplement à réduire la quantité de sucre en fonction.

Passez un excellent week-end!

-Lexie Swing-

Crédit photo : Lexie Swing

 

Les jours fériés

imageOn s’est levés un peu tard, un peu signifiant qu’il ne faisait plus nuit noire. C’est un jour particulier, pour nous c’est un jour férié. On a déposé les filles à la garderie, sans dire que sous nos habits et nos cheveux défaits, nous portions encore nos vêtements de la nuit. C’est qu’aujourd’hui, le temps ralentit. Nous avons choisi de traîner un peu, de prendre des bains trop longs et un brunch au milieu de la journée. Nous magasinerons tandis que les autres travaillent et nous testerons tous les fauteuils, sans rencontrer personne.
Nous rentrerons avant les premiers bouchons, érigerons un gâteau digne de ce nom, et lorsque le jour commencera à baisser, nous reprendrons le chemin de la garderie. Nous aurons le temps de nous attarder, puisque le temps s’est arrêté. Nous ferons le chemin à pas lent, au rythme des enfants. Sans minutes à compter, sans menace à proférer ou de main à tirer, pour aller un peu plus vite, toujours.

Chaque année, pour nous, le 26 octobre est un jour férié. Joyeux anniversaire mon amour!

-Lexie Swing-

Besoin d’un livre? Rendez-vous chez Alire {Rive-Sud}

Libraie indépendanteLes librairies indépendantes ont ce je-ne-sais-quoi de mystérieux, de fascinant. En plein Longueuil, installée entre le métro et le début du Vieux-Longueuil, la librairie Alire a ceci de surprenant qu’elle s’est installée en plein cœur du Centre Longueuil. Un centre commercial donc. Pas si courant pour une librairie indépendante mais elle jouit ainsi d’un espace de bonne taille… et de la grande diversité de titres qui va de pair!

Créée par des passionnés du genre, la librairie Alire offre tous les styles, avec un joli espace dédié aux enfants. La dernière fois que je m’y suis rendue, j’avais une liste éclectique : bio d’un musicien, roman de poche publié il y a deux ans et collection de livres pour enfants québécoise.

La liste était longue et mon temps restreint, d’autant que je tenais par la main un petit rat de bibliothèque touche-à-tout. Alors j’ai aussitôt interrogé l’une des libraires présentes. Aux titres que je donnais, elle répondait par l’auteur. Si j’avais eu plus de temps, je lui aurais proposé un quizz, juste pour constater encore un peu plus sa passion pour les livres et sa phénoménale mémoire.

Alors si vous avez un livre à acheter, oubliez les grandes enseignes et pensez aux librairies indépendantes. Vous êtes de la Rive-Sud mais vous n’habitez pas Longueuil? Ça tombe bien, moi non plus. Mon conseil : lorsque vous allez bruncher le dimanche, de l’autre côté des ponts, faites un petit crochet. Jacques-Cartier, qui-était-un-homme-avant-d’être-un-pont, ainsi que le répète désormais Miss Swing, n’est qu’à quelques kilomètres de là. Et sinon, vous pouvez toujours commander en ligne.

-Lexie Swing-

 

Crédit Photo : The Lonely Pixel

Immigration : quelle place pour les grands-parents?

grandpaVous noterez la formalité du titre, nous allons parler d’un sujet qui fâche… Non en fait, pas pantoute, les mots-clés sont les amis du référencement, c’est tout ;)

En partant de France, nous avons laissé derrière nous une maison en pleine cambrousse, des jobs que nous ne regrettons pas, des amis avec qui nous tentons de garder le contact et… la famille. Lorsque l’on part vivre à l’étranger avec ses enfants ou que l’on voit naître sa progéniture sur une terre éloignée, se pose presque toujours la question de la famille.

C’est cet aspect qui est le moteur de bien des retours au pays, le point noir de toute immigration. Aussi grandiose soit la vie que l’on a trouvée à l’étranger, l’ombre qu’elle projette n’est pas complète. Il manque un bout du puzzle et le morceau manquant est perdu quelque part sous le canapé du salon. On le réassemble à l’occasion, pour Noël, pour des vacances trop courtes, pour un mariage de quelques jours… et puis la pièce nous échappe de nouveau.

Pour ne pas l’oublier, ne pas la perdre, il faut l’encadrer cette pièce, la mettre sous verre au milieu du couloir. Elle ne fitte pas avec les autres, elle est un puzzle à part, à qui il manque également un morceau, laissé quelque part à l’autre bout du monde.

De notre côté, nous sommes chanceux. Depuis trois ans, mes parents sont venus environ deux fois par année. Ils nous ont gardé les filles pendant les périodes de congé. Ils ont répondu présents pour veiller sur B., à la naissance de la petite dernière. Et ils étaient aux premières loges, lors de son arrivée. Mes beaux parents viennent avec une régularité métronomique, en partie conditionnée par le marathon de Montréal, profiter des beaux jours de septembre.

Miss Swing ne les a jamais oubliés. Ni les uns, ni les autres. Ils ont une place importante dans sa vie. Elle projette leur existence dans la sienne puisqu’ils s’y tiennent souvent, plusieurs fois par an. Tempête oublie probablement mais leur fait rapidement fête, on ne renie pas des gens toujours prêts pour jouer, offrir des jouets ou faire des câlins.

Est-ce qu’ils en profitent?

Oui, du côté des filles, j’en suis sûre. Du côté des grands-parents, je crois aussi, sauf quand le bébé refile la gastro à tout le monde pendant une semaine. Lorsque nous sommes partis, les vacances ont fait partie de nos arguments de vente (autrement appelés arguments-qui-font-passer-la-pilule), ce 24h sur 24, ce temps suspendu, ça nous paraissait intense mais appréciable. Nous passions des week-ends au milieu de leur quotidien, toujours bienvenus mais pas forcément prioritaires, puisqu’ils se répétaient, puisqu’il y aurait d’autres week-ends et que l’on se reverrait dans quelques semaines.

Désormais, il n’y a plus quelques semaines. On ne se revoit pas dans quelques jours. Au mieux dans trois ou six mois, parfois dans 18 mois ou deux ans. Il faut en profiter maintenant. Faire des choses folles comme un road-trip aux États Unis ou un plongeon dans un spa par -30 degrés un soir de réveillon. On mène la vie de château, on sort les grands plats et on allonge les notes.

Nos parents ne remettent pas à plus tard le temps passé avec nos enfants parce qu’ils n’ont rien de mieux à faire, là, tout de suite. Il n’y a pas de factures qui attendent sur le bureau, pas de collègue qui appelle pour rapporter un problème au boulot. Il n’y a que du temps pour rire, pour jouer, pour se disputer.

Est-ce que c’est dur?

Bien sûr que c’est dur. Je ne suis pas certaine que l’humain soit programmé pour profiter à fond de moments dédiés. Miss Swing réalise de plus en plus leur absence et souffre de leur départ. Elle voudrait voir de ses yeux plus souvent ce qui fait le quotidien de ses grands-parents. Et puis il y a les autres, sa tante, son oncle, leurs enfants respectifs, sa grande-tante et le reste de la famille, ainsi que son parrain et sa marraine, qui sont loin et sont tributaires de nos rares retours au pays.

Alors comment on fait?

On en parle, on les inclut, on les appelle. FaceTime est devenu notre meilleur allié, et permet, à défaut d’une conversation (chez nous, avoir une conversation avec les filles est mission impossible), de se voir, de s’observer, de montrer les dernières pirouettes apprises et de refuser de chanter une chanson. On envoie des photos, on multiplie les vidéos. On installe une mappemonde pour comprendre où chacun vit, et on créé un livre photo à garder dans la petite bibliothèque des enfants. On les affiche, les photos, partout où leur regard pourrait se poser. On s’envoie des dessins, des petits colis. On garde le lien, parce que non, ce n’est pas vain.

La distance change les relations, elle ne les éteint pas forcément. Cela prend des efforts supplémentaires peut-être, mais ce qui en ressort est parfois plus fort encore.

-Lexie Swing-

Crédit photo : Conor Ogle

Un jeudi en rose { Cancer du sein }

breast cancerUne fille de mon entourage m’a annoncé il y a quelques jours son cancer du sein. Pour moi, elle n’est qu’une connaissance. Mais je garde contre mon cœur son regard effaré (j’étais dans les environs alors qu’elle venait de l’apprendre, c’est donc à moi qu’elle l’a dit).

Ça ne me quitte plus vraiment. Ce serait vous mentir de vous dire que ça ne m’a pas fait réfléchir sur ma propre condition (nous avons à peu près le même âge) mais je refuse d’accaparer sa souffrance. Depuis, je cherche comment l’aider, lui témoigner mon soutien de façon non envahissante, à l’image de la simple connaissance que je suis pour elle.

Et c’est à elle que j’ai pensé lorsqu’on m’a abordé il y a quelques jours pour me parler d’un événement organisé en soutien à la lutte contre le cancer du sein. Triste ironie, elle a appris son diagnostic en plein octobre rose, ai-je alors réalisé.

L’événement en question est pour moi une belle façon de parler de la maladie en l’imposant aux yeux du monde. Car cette maladie ne définit personne, par contre elle touche n’importe qui. Une commerçante, une voisine, un oncle même dans mon cas. Elle touche au plus près et au plus loin de soi, et oui, elle nous touche directement aussi parfois. Et en y réflechissant bien, en ajout à tout ce que représente déjà la maladie, il y a ce sentiment d’exclusion fort qui s’installe parfois malgré nous, malgré la personne qui annonce une maladie, malgré son entourage qui lui souhaite bien sûr le mieux.

Et je l’ai trouvée jolie, cette initiative, installée au sein du food court (l’étage des restaurants rapides) du centre commercial Montréal Trust. Des tas de femmes riaient, se coiffaient, se faisaient maquiller assises sur des chaises prévues pour l’occasion. Le tout au milieu des gens attablés, qui observaient ou ignoraient, mais ne pouvaient rester parfaitement indifférents à tout ce qui se tramait . J’ai trouvé ça joli, oui, de mêler ainsi la maladie et le quotidien, de forcer la prise de conscience.

Ainsi, jeudi dernier, des femmes étaient notamment maquillées et apprenaient à nouer de façon travaillée des foulards sur leur tête. Pour se réapproprier leur beauté et leur physique, des choses importantes et qu’on a tendance à parfois laisser de côté quand on est malade. Un atelier montrant des soutiens gorges adaptés à des poitrines ayant subi une ablation était également organisé.

Femmes, maquillage, coiffure, soutien-gorge, cela paraît cliché, oui. Et en même temps, cela peut être si important. Les commentaires bien-pensants crieront au scandale en soulignant qu’on néglige les hommes – une part oubliée des victimes du cancer du sein – et tous les autres aspects de la maladie. Mais moi, je suis d’une nature bonne joueuse. J’ai envie de te dire : commençons quelque part.

Demain, jeudi 20 octobre, le niveau jardin de Montréal Trust accueillera donc une nouvelle édition de cette sensibilisation, qui mettra en vedette les bienfaits thérapeutiques de l’art avec du body painting et des créations gratuites de mandalas et de messages positifs. Jeudi 27 octobre, l’événement aura pour thème la littérature. A noter qu’une exposition est visible en tout temps. Y serez-vous?

Montréal Trust, niveau jardin, les jeudis 20 et 27 octobre, entre 11h30 et 13h30. Plus d’informations sur la page dédiée de Montréal Trust.

 

-Lexie Swing-

 

Crédit photo : Sandra Marek

Genetics or not?

bébéJ’ai toujours pensé qu’il y avait une part de génétique dans le fait d’apprendre à marcher. Quand on voit Miss Swing s’emmêler les pieds on pense immédiatement à son oncle (coucou frangin), et quand elle a atteint les 17 mois sans se lancer pour faire un pas, on s’est dit que décidément, elle avait même battu son père et sa mère.

J’étais confortable avec l’idée que ca allait prendre du temps pour Tempête. 18 mois ça me semblait un poil long, mais j’étais prête, quand même. Elle ne s’était tournée du dos au ventre qu’à 6 mois, on était en bonne voie. Ça prend des nerfs de résister aux assauts du club des bébés-qui-ont-le-même-âge-que-le-tien-mais-sont-plus-en-avance et autres persifleurs qui lancent « t’es sûre au moins qu’elle n’a pas un problème? » (Si si j’y ai eu droit et plus trash que ça même!)

Quand elle a commencé à se mettre debout vers 10 mois et demi, on s’est dit qu’elle ne traînait pas. A 12 mois tassés, sa sœur n’avait même pas encore essayé. Et puis elle s’est lancée, un bel après-midi. Elle a marché vers sa grand-mère qui passait avec elle quelques dernières minutes, avant de reprendre son avion. C’est peu dire que Tempête a le sens des grandes occasions.

Bye bye la génétique, ma cadette a marché à 13 mois. Son goût pour l’aventure et son sens aigu de l’équilibre ont eu raison de toutes mes prédictions. Que fera-t-elle désormais de différent? Aura-t-elle une belle maîtrise de la grammaire et le sens de la formule, comme sa sœur? Ou sera-t-elle pourvue plutôt d’un vrai talent artistique, comme sa grand-mère?

Et à quel point sommes-nous réellement déterminés par la génétique? Quid de la place de notre caractère et de notre environnement sur notre développement?

-Lexie Swing-

 

Crédit photo : Ly Thien Hoang