Et toi, tu manges quoi?

imageÇa fera dix ans cette année que Mr Swing et moi avons commencé à vivre ensemble. Notre frigo miniature était alors une vraie vitrine de ce que l’on trouvait au supermarché : jambon et saucisses Herta, cordons bleus Père Dodu, croque-monsieur sous vide, Paniers de Yoplait, Saint-Morêt et Babybel. Nous avions un bar toujours trop encombré pour y manger et finissions toujours par dîner devant la télé, sur le canapé. Et l’on fumait à la fin du repas.

Il s’est passé une vie en dix ans. Des rebondissements, des incertitudes. Mais parmi les choses qui ont le plus changé, il y a indubitablement notre façon de consommer et de manger. Quelques années plus tard, arrivés dans le Gers, notre frigo plus grand reflétait notre vie d’alors : plus de légumes, parfois achetés au marché, à ce vendeur qui faisait de l’agriculture raisonnée. Plus de recettes faites maison. Plus de repas emportés au bureau. Plus de cuisine, encore. Et quelque temps plus tard, plus de bio. Du moins pour bébé.

Lorsque Miss Swing est arrivée, nous avons fait le choix d’un lait bio. Du Hipp. Lors de la diversification, le bio s’est naturellement imposé. En petits pots ou fait maison, nous avons continué à la nourrir surtout avec des aliments biologiques. Allant même jusqu’à acheter pour elle seule quelques légumes bios, lorsque nous prenions les nôtres au rayon « normal », faute de moyens.

À Montréal, c’est également la première chose que nous avons cherché, un lait bio. Pour finalement l’abandonner car il n’était pas digeste. L’ivresse de la nouvelle vie et des nouveaux supermarchés nous ont fait perdre un peu ce cheminement. Arrivés avec le strict nécessaire, nous avions aussi laissé derrière nuit la plupart de nos précieux outils et ustensiles de cuisine accumulés au cours des années.

Qu’est-ce qui a changé ? L’arrivée d’un deuxième enfant? Notre niveau de vie? Depuis quelque temps, nos placards regorgent de produits biologiques, des légumes à la farine en passant par le sucre. Plus loin encore, l’intolérance de notre cadette aux protéines de lait de vache nous a progressivement conduit à diversifier notre régime alimentaire, lui intégrant du même coup un fort ratio de recettes végétariennes et même souvent veganes (PLV obligent).

Du croque-monsieur Herta au tempeh biologique, il y a dix ans et un pas de géant. Je me réentends me moquer gentiment de ma mère, qui privilégiait déjà le bio pour tout. Je lui disais « les légumes ok, mais la farine? Le beurre? Le sucre glace?? » Il faut dire que c’est tout un mode de vie qu’il faut réapprendre lorsqu’on se tourne vers d’autres produits … Reste que, mon raisonnement d’alors me surprend. Pourquoi trouvais-je que choisir des légumes bios était plus logique que du sucre?

Aucune idée. Mais je me souviens avoir pensé qu’elle voyait un peu le mal partout, les pesticides dans tout aliment. C’est pas mal ce que je pense à mon tour aujourd’hui. Enrichie d’informations, gavée d’images sensationnalistes, ébranlée par la souffrance animale et les révélations sordides, soucieuse d’offrir le plus sain à mes filles en ayant l’impression de ne faire jamais assez… Costco est devenu ma Mecque, avec ses paquets de produits biologiques taille colonie. Et si je me tournerais volontiers vers « le petit agriculteur du coin » j’avoue ne pas toujours m’y retrouver quant aux modes de culture…

Et même là, il reste difficile de bien choisir. On choisit un fruit dans l’étal estampillé biologique et l’on apprend par une enquête que tout ce qui est vendu n’est pas forcément bio. Alors on se met à traquer les certifications, pomme après pomme, citron après citron. On croit se nourrir d’un poisson moins pollué et la télé nous étale la vérité toute crue : le saumon bio est encore plus toxique que son cousin élevé normalement. Et au milieu de tout ça on garde en tête que la certification n’est pas la même d’un pays à l’autre…

Prochaine étape : le potager ! Il paraît que c’est enrichissant, pour les enfants. Espérons qu’elles aient la main un peu plus verte que moi (et qu’Eleven fasse la chasse aux écureuils curieux!).

Et vous? Avez vous changé quelque chose à votre façon de vous alimenter?

-Lexie Swing-

Les filles, leurs défauts et nous

imageMiss Swing se plaint, comme sans cesse. Elle est indécise, mais méticuleuse, parfois trop. Tempête est une tornade, sans peur, qui bouscule, dérange et pique des colères aussi soudaines que brèves.

Elles ont leurs défauts. Et leurs défauts sont bien souvent les nôtres. Il a fallu un peu de recul pour que je m’aperçoive que B. s’était mise à se plaindre lors de ma période un peu down. Alors que je répétais sans cesse « ça ne va pas » et que la complainte du « on est en retard », « rien n’est rangé », « j’en ai marre » reprenait en boucle chaque nouveau matin, ma jolie poupée d’alors 3 ans se faisait mon écho, s’agaçant d’une chaussette mal mise et faisant volontiers le bacon sur le parquet du salon parce que la botte n’était pas lacée comme elle l’aurait souhaité.

Elle est soucieuse du moindre détail, et indécise, comme son père l’est encore parfois. Quand elle reste le nez en l’air, et la vie en suspens, il se reconnaît dans ses rêveries, dans ses absences momentanées.

Nos défauts, ceux qui transparaissent dans le comportement de nos enfants, sont les plus durs à gérer. Ou pas. Peut être que certains trouvent ça facile, se disant « je comprends par ce que je suis pareil ». De notre côté, ça nous renvoie plutôt à nos propres faiblesses, à nos incohérences. Mon sens aigu du bordel ne devient vraiment réel que lorsque l’une des filles laisse un jouet dans un endroit incongru et file vers autre chose. Et rien ne m’agace autant que d’entendre Miss Swing se plaindre d’un bobo de 1 millimètre par 0,5 comme s’il s’agissait d’une blessure de guerre.

J’ai le goût de m’affaler sur le plancher et de me plaindre « cette migraine est insupportable » parce que j’ai mal au sourcil droit depuis un bon dix minutes.

Il faut savoir prendre soin de ses défauts…

-Lexie Swing-

Ton petit titre (ou le Miroir aux alouettes)

imageDans ma vie d’avant, l’année dernière quoi, j’étais journaliste. C’est chouette journaliste. Les tapis rouges, les gens célèbres – Brad Pitt at least, Bruno Solo à tout le moins – les invitations, les déjeuners de presse aux petits oignons, les articles inspirés, les scoops et les récompenses.

Vous vous en doutez, je crois, ou j’espère, ce n’est pas la réalité. C’est la réalité de certains, une poignée, et seulement une part de la réalité. La mienne, c’était : beaucoup de remplissage, des brèves pas folichonnes, des articles sur le loto de Saint-Jean-les-Alouettes, quelques stars inabordables parce qu’accaparées aussitôt par les vieux briscards de la rédaction, des politiques machos, des horaires à rallonge et beaucoup de faits divers pas ragoûtants. Il y avait du bon aussi, des articles où j’ai pu laisser aller ma plume sans qu’on me censure. Mais la raison en était moins l’appréciation de mon bon travail que le fait que l’article n’allait être vu que par une poignée de personnes qui, après avoir lu seulement le titre et la légende, allaient s’en servir comme support pour ramasser les épluchures des patates le dimanche suivant.
J’avais le titre. Journaliste. J’ai même été rédactrice en chef. For real. J’étais pas mal la seule rédactrice en fait, mais ça le titre ne le dit pas.

Car justement, le titre, ça ne dit pas grand chose. Ca ne dit pas que tu te tournes les pouces depuis deux heures faute de travail à accomplir. Ça ne dit pas non plus que tu abats plus de travail à toi seule que les trois bonhommes pour lesquels tu œuvres. Ça ne dit pas que tu écris des discours que d’autres lisent à voix haute. Ça ne dit pas que tu prêtes ta plume à quelque célébrité qui signera l’ouvrage de son seul nom. Ça dit rarement les responsabilités que tu prends et le travail dont tu as la charge. Ça révèle encore plus rarement la vacuité de ton poste, le grand titre pour des prunes, le titre qu’on t’a donné pour te contenter, pour enjoliver l’organigramme et rallonger ta carte de visite…

J’ai découvert le métier d’adjointe en travaillant sur un média qui leur était consacré et je n’ai jamais été autant surprise des tâches qu’elles abattaient, des connaissances qu’elles avaient, de leur méticulosité et de leur professionnalisme, le tout pesant finalement peu face au maigre salaire. Ceux qui les connaissent savent qu’ils ou elles ont réponses à (presque) tout, maîtrisent certains dossiers aussi bien que leurs auteurs, pour les avoir rédigé, amendé et relu mille fois, à défaut de les avoir signé. Ils savent qu’elles sont les gardiens du temps et qu’elles ont toutes les clés. Le tout pour un maigre titre : « adjointe », voire « adjointe exécutive ou de direction » pour les plus cotées. Le bon patron les désignera en disant « ma collaboratrice » quand le mauvais dira, d’un air gourmand et propriétaire, « ma secrétaire ». Mais aucun ne révélera finalement l’étendue de leurs connaissances…

On dit souvent qu’il n’y a pas de sous métier, il y en a d’autant moins qu’on ne sait jamais ce qu’un poste renferme et ce qu’un titre honore.

Laissons leur chance à tous.

-Lexie Swing-

PS j’ai vraiment interviewé Bruno S. ;)

Crédit photo : Tom Hussey

Solitude

adult-1850672_640Les enfants, ce sont ces êtres lumineux qui chamboulent toute sa vie avec joie et fracas. Ils construisent, ils fracassent, ils imaginent, ils dansent, ils crient, ils font des crises de bacon et des cours de claquettes à 2h du matin sur le parquet du salon. Ils sont adorables et insolents, bavards, parfois survoltés, jamais à court d’idées. Ce joyeux manège a illuminé ma vie, il me pousse à me lever le matin, il m’oblige à sortir l’après-midi, il m’enjoint à quitter mon costume rigide d’adulte pour retrouver souplesse, sens du rythme et fausses notes au gré de Petit bateau sur l’eau et Il était un petit navire que je braille dans la voiture pour divertir ma progéniture.

Mais ce joyeux boucan me fatigue parfois, souvent, dépendamment des horaires de travail et de l’éloignement des vacances. Plus il prend de l’ampleur, plus je m’agrippe aux moments de solitude. Une virée au magasin de bricolage, un trajet en train, un bain qui s’éternise alors que je devrais être couchée depuis des lustres, sont autant de moments où je tente par tous les moyens de m’échapper.

Je lis souvent des témoignages de parents qui rêvent parfois des jeunes années. Celles où l’on était insouciants, où l’on soupait au restaurant sur un coup de tête, où l’on pouvait se permettre de dîner d’un bol de céréales puisque l’on était seuls. Je crois que ça ne m’a jamais manqué. J’aimais ça, sortir au restaurant ou partir en week-end sur une simple envie, mais avoir des enfants ne m’a pas fait me sentir moins libre. Moins seule par contre, oui. Ce qui a des bons et des mauvais côtés.

Et oui j’aimerais tellement ça, des fois, connaître le silence du matin et dormir jusqu’à 11 tapantes. Ou chiller devant la télé jusqu’à potron-minet. Ou bien m’abîmer dans la lecture des romans et l’étrenner jusqu’à la toute dernière page puisque rien d’obligatoire ne m’attend.

Alors je la chéris, cette solitude, lorsque la nuit tombe, ou lorsque je suis malade et que je profite de la maison pour moi seule. Ce sont des parenthèses. On ne se rend pas compte, avant d’avoir des enfants, à quel point ces moments sont précieux, à quel point ils ressourcent, et combien on a besoin parfois, d’être seul avec soi-même.

On trouve la maison trop vide, on rêverait d’y entendre des rires d’enfants, jusqu’à ce qu’ils arrivent, qu’ils soient partout, alors seulement, on comprend, et l’on embrasse le silence lorsqu’il se présente à la nuit tombée.

-Lexie Swing-

Savannah et Washington sur le chemin

Savannah, GéorgieVous connaissez la Légende de Bagger Vance? Matt Damon en ex-prodige du golf ayant perdu son swing après avoir connu l’horreur de la première guerre. Et Will Smith, en héros discret, mi-ange, mi-Jiminy Cricket, qui lui murmure à l’oreille ce que son corps savait déjà mais que sa tête avait oublié. Des parcours de golfs magnifiques, de belles phrases  philosophiques et en toile de fond : Savannah, Géorgie. J’ai vu ce film plusieurs fois. Je ne pouvais pas ne pas m’arrêter à Savannah. Et vous savez quoi? J’y reviendrai.

Ces maisons victoriennes, ces rues chargées d’histoire, sa grande avenue qui me rappelle Grafton Street, à Dublin.

Savannah, GéorgieNous nous y sommes rendus le 1er janvier, convaincus que nous trouverions les boutiques fermées et la ville endormie, mais c’est une joyeuse agitation qui nous a accueillis. Les gens fêtaient ce premier matin de l’année, qui en brunchant, qui en s’offrant un sandwich café en terrasse. Car il faisait 20 degrés ce premier janvier là, à Savannah. De quoi commencer 2017 dans un autre monde.

La Maison Blanche, WashingtonEnsuite, on a filé vers Washington. C’était notre plan de match. Jour 1- Savannah, jour 2 – Washington. Deux visages de l’Amérique parmi les milliers qu’elle abrite. Mais si Washington est belle, elle est aussi pluvieuse et froide en cette saison. C’est donc transis de froid et trempés que nous nous sommes rendus jusqu’à la Maison Blanche. Elle est plus petite que j’imaginais, plus serrée entre les bâtiments. Et je ressens un pincement au cœur en songeant aux cartons qui doivent déjà joncher le sol, annonciateurs de la prochaine passation entre présidents.

Une balade serpente entre les édifices mais la pluie qui nous accable nous fait renoncer à l’emprunter. Alors nous l’ajoutons à la liste des visites qu’il faudra refaire, dans quelques années. Pour découvrir vraiment cette ville qui semble si paisible.

Et vous, y êtes-vous déjà allés?

-Lexie Swing-

Crédit photo : Lexie Swing

Et que vous soyez heureux…

imageJe pourrais vous souhaiter des voyages, des grossesses, de la richesse, mais ce serait croire qu’il n’y a qu’une seule façon d’être heureux. Et que ce qui me fait rêver moi vous fait rêver vous aussi. Cela voudrait dire que l’on se retrouverait tous en Patagonie un matin de mai et il n’en est pas question!

Chacun de vous souhaite des choses différentes. Peut être même que certains ne savent pas encore ce qui leur ferait du bien, ce qui leur apporterait la paix et la sérénité. A ceux-ci je souhaite de trouver les réponses.
Aux autres, à vous les copains, je souhaite du bonheur. En masse, dans tous les petits moments, et surtout les plus improbables. Je vous souhaite de rire vraiment, et de réussir à garder le sourire même dans le plus gris des quotidiens. Je vous souhaite de juguler le stress quotidien et de retrouver la sérénité.
N’oubliez jamais que nous sommes (plus ou moins) maîtres de la façon dont nous réagissons aux événements qui jalonnent notre vie, à défaut d’en contrôler le cours. Respirons un grand coup, 2017 n’attend que nous. Je vous souhaite une grande année!

À la nôtre!

-Lexie Swing-

Rouler à travers les Etats du Sud (Etats-Unis)

imageVirginie, Caroline du Nord, Caroline du Sud, Géorgie, Floride. La suite du voyage s’est passée ainsi. Et alors que je n’avais de cesse de répéter à mon amoureux que « les paysages de la Caroline du Nord étaient somptueux » (j’avais revu The Longest Ride quelques jours avant, mais je crois que Scott Eastwood a illuminé le paysage) on a vu pas mal de moche (et pas Scott). Des baraques abandonnées, des vieux magasins à la devanture douteuse, des pubs pour les armes (enfants, armes roses pour femmes, gros calibres pour gros bras… On voit de tout!), des pubs pour Jésus. Jésus is everywhere. D’ailleurs nous l’avons bien vu lorsque nous avons déboulé dans un motel de Caroline du Sud. Lorsque j’ai vu le panneau pour le logement trônant sous la plus grande croix des environs, j’ai dit à Mr Swing qu’ils avaient profité de l’espace. Quand j’ai vu inscrit « Jésus est avec nous » sous la bannière du motel, j’ai compris qu’on était mal engagé. J’ai gardé mon enthousiasme, rangé la bible dans le tiroir de la commode et allumé le chauffage manuel. J’ai fait semblant de ne pas voir la brochure sur je ne sais quel saint et me suis raccrochée au petit déjeuner continental fièrement annoncé. En fait de déjeuner, nous avons eu droit à trois petits beignets et du mauvais café entreposés dans un coin de la réception. Le coup de grâce! Nous avons jeté les sacs dans la voiture et sommes partis sans demander notre reste au creux du matin.
Au Starbucks du coin, la journée a pris une autre tournure. Devant moi, une fille de ces filles dont les buns négligés paraissent toujours savamment travaillés. Ce genre de filles me fascine. Alors je l’observe, je la regarde se concentrer sur les tasses de Noël en rabais post-fêtes, complimenter la serveuse sur son joli tatouage, je m’imprègne un peu de sa bonne humeur. Et puis elle se retourne et m’invite à passer ma commande. Crédit restant sur sa carte Starbucks ou simple geste altruiste guidé par la Noël qui s’achève, la fille au bun m’a payé ce matin là les cafés, et est repartie en souriant après avoir échangé quelques mots sur Paris qu’on dit si belle, et Montréal où elle s’est rendue quelques fois.
La file des toilettes – Miss Swing veut toujours faire pipi à peine monté en voiture – est longue mais on me propose de passer devant, enfant pressée oblige. C’est un peu ça, les Etats du Sud que j’ai vus, un conservatisme qui m’effraie mêlé à une incroyable amabilité.
10h de route annoncées pour rejoindre Venice, 12h en réalité, au gré du trafic qui ne cesse jamais, même à une heure du matin, quand nous rejoignons enfin la côte qui borde le Golfe du Mexique.
Nous voilà donc en Floride, c’est la moitié du voyage. Il fait 25 degrés et les filles découvrent enfin la plage, la vraie, et les drôles de palmiers… Retour prévu samedi. Belle fin de semaine !

-Lexie Swing-

Road-trip en famille

imageVendredi nous avons pris la route, direction la Floride! 23h30 de route pour atteindre Venice, près du Golfe du Mexique, où vit mon frère.

On a pensé à l’avion mais rapidement la perspective du road-trip s’est profilée. On a toujours aimé ça, nous, prendre la route. Mais avec deux jeunes enfants? Au premier arrêt, à la pharmacie de notre ville, Miss Swing a demandé si on était arrivé. J’ai dégluti. Lire la suite →

Et puis changer de job

workJe n’avais plus le goût d’écrire. C’est parti comme ça, un soir d’été. J’avais quelques chapitres de mon projet de roman de côté, des piges à terminer, des articles de blogue commencés… Et j’ai perdu le fil, l’inspiration. L’ombre a envahi d’autres sphères, teintée de noir chacune de mes heures, rendant les levers difficiles, les matinées brumeuses, les après-midi ennuyeuses et les soirées interminables.

La fille qui vivait en apnée, c’était moi.

Ça m’a pris des mois de tâtonnement pour définir ce que je voulais vraiment faire dans la vie, de ma vie. J’avais fait 8 ans et quelques errements d’études pour sortir par la porte de service? J’avais l’impression de prendre la fuite et la tangente avec. Mais c’est finalement par la grande porte que je suis sortie, la tête haute, le souffle court mais le coeur déterminé.

Il m’a suffi de fermer ce chapitre-là de ma vie pour retrouver la lumière. Ce fut aussi instantané que déconcertant. Le poids est tombé de mes épaules sans bruit et il a disparu.

Ce que je fais désormais n’a rien à voir avec ce que je faisais, ce que j’avais créé pour moi comme vie professionnelle. C’est un monde étranger où tout est à réinventer.

3 ans, c’était assez pour une première fois, pour une première expérience, pour un premier souffle. Il était temps que je le reprenne, mon souffle, et que je saisisse un nouveau tremplin. A quelques jours de Noël, alors que la fête bat déjà son plein, c’est le coeur trépidant que j’ai franchi lundi matin les portes de mon nouveau bureau.

Etait-ce assez, 3 ans? Je trouvais que mon expérience avait acquis l’étape de la maturité, de l’âge adulte. Mes compétences étaient transférables alors j’ai joué mon joker pour rejoindre un métier nouveau et une vie différente. Je suis née dans un monde où tout cela ne faisait pas partie du domaine des possibles. Passer du journalisme à la communication était déjà en soi considéré comme une traîtrise absolue. Mais le Canada n’est pas la France. Et j’ignore s’il existe encore un rêve américain, mais il existe peut-être bien encore un rêve canadien, où il est encore permis de croire que le diplôme ne fait pas la vie professionnelle et que les compétences accumulées valorisent un bon CV.

On devrait tous avoir la chance de casser la routine et de changer de perspective, de rêver un peu grand et de briser le moule. De s’octroyer le droit de croire que l’on est un peu plus qu’un ingénieur, qu’un communicant, qu’un prof, qu’un avocat. Qu’on est un professionnel, avec son gros bagage et sa capacité d’apprentissage. Qu’on ne deviendra pas chirurgien demain, mais qu’on peut au moins essayer.

Un jour, dans six mois, un an, je vous raconterai. Je vous dirai la description de poste qui matchait à 99% avec la liste du poste idéal que j’avais griffonné sur une page blanche. Je vous dirai le coup de poker et l’atout abattu pour décrocher cet emploi qui ne m’attendait pas. Je vous confierai les mois d’incertitude et les multiples phases de la reconstruction. Je vous conterai mon coeur qui bat et mon esprit qui rigole nerveusement lorsque je suis une conversation en franglais, et mon impression de vivre enfin pour de vrai une job québécoise.

Je vous avouerai si j’ai fait le bon choix, si la lumière a demeuré ou si elle continue à vaciller, au gré de mes incertitudes.

Je peux cependant vous ouvrir un peu du recul que j’ai pris : on ne vit bien qu’en avançant, qu’en prenant des risques. Si les minutes à s’interroger sur le bien fondé de son cheminement professionnel prennent le pas sur le temps passé à apprécier son travail quotidien, alors le moment est venu de se demander, vraiment : je veux faire quoi, demain?

-Lexie Swing-, back in the game

 

Ce chien qu’elle aime d’amour

chien et enfantIl vient me chercher, embêté. Me tourne autour, jetant des œillades à sa gamelle assaillie. Elle tente de lui insérer les croquettes une à une, en soulevant une babine. Il ne sait pas comment éviter les dix petits doigts qui grouillent dans sa nourriture. Alors je chasse Tempête, l’intéresse à un autre jouet, mais elle revient toujours, et il ne dit plus rien. Il lui doit beaucoup ceci dit. Elle est celle qui n’oublie jamais une caresse, celle qui lui donne à manger matin et soir, empoignant sa gamelle et tirant, du haut de ses 15 mois, le paquet de croquettes du fond du placard. Elle est aussi celle qui l’escalade pour atteindre les coussins du canapé alors qu’il est assoupi devant. Celle qui lui écarquille la paupière et soulève les oreilles lorsqu’il ne se méfie pas.

Je le croyais indifférent. Il avait toujours été indifférent. Je me souviens du jour où nous avons ramené Miss Swing à la maison et que nous avons posé tout excités le cosy au milieu du salon.

Il ne lui a pas accordé un regard. Il ne l’a jamais fait, lui faisant payer, je le crois désormais, sa présence, alors qu’il avait eu jusqu’ici la place royale de l’enfant unique. Je croyais qu’il n’aimait pas les enfants, et puis il a rencontré Tempête. Tempête l’intrépide qui a fait de sa fourrure un coussin confortable, qui a appris à son contact comment caresser doucement et nourrir à la main, même s’il y a laissé quelques poils…

Elle lui a redonné vie, quelque part, lui qui semblait toujours s’ennuyer dans sa tranquille existence. Elle lui a donné chaud. Ils sont souvent tous les trois, avec Miss Swing,  affalés par terre. Nous passons l’aspirateur trois fois par jour tant l’un d’eux – je ne nommerai personne – perd ses poils. Mais Tempête m’a rappelé pourquoi c’était lui, pourquoi je l’aimais tant. Car au-delà du gros chien tannant maladroit comme dans un jeu de quilles, insortable et couineur, il est ce chien exceptionnel de gentillesse, qui se laisse attraper les dents et tirer les oreilles, qui sert de banc et de poney, qui jette des coups d’œil suppliants lors qu’il se retrouve agrippé sans jamais chercher à se dégager.

J’ai fait l’addition de ses qualités récemment et pris la mesure de sa présence. Je ne l’aurais jamais échangé contre un autre, amoureux des grands espaces mais qu’il m’aurait fallu surveiller à l’intérieur comme le lait sur le feu. Ces deux-là sont heureux, le reste attendra.

-Lexie Swing-