
Ivy en balade./ Photo S. Pants
Eleven est un chien peureux, ce n’est plus un secret pour personne, surtout pas dans mon quartier. À chaque nouvel écart, je me sens obligée de justifier son dédain de la main tendue par un habituel « he’s afraid of people », quartier anglophone oblige. Une façon de dire, » ce n’est pas votre couleur de peau/ votre âge/ votre odeur qui l’indispose, il a juste la trouille de tout ce qui se meut sur deux jambes ». Mais malgré tout le bien fondé de cette déclaration, la rencontre avec mon chien donne systématiquement lieu à des échanges plutôt cocasses. Du genre…
« C’est parce que je suis noir et qu’il est blanc ? »
– Non il est universellement désagréable, il n’aime pas les blancs non plus.
– Il vous aime bien, vous.
– Oui mais je suis le blanc qui le nourrit.
» Et il aime les enfants ? »
– Encore moins.
– On va s’entendre lui et moi alors.
» Il n’aime que ceux de sa race en fait. »
– Non, il déteste toute la race des non-poilus plutôt.
» Petit petit petit, cui cui cui »
– C’est un chien, pas un rouge-gorge.
– Vous ne pouvez pas en être sûre à 100%.
– C’est vrai, ça expliquerait certaines choses.
» Mon ancien chien était exactement comme lui. »
– Ah, et ça s’est arrangé?
– Non, il m’a emmerdé à chaque sortie pendant 15 ans.
– …
« Je pense que j’ai plus peur que lui »
– C’est possible, mais pas certain.
– Vous croyez que s’il a peur et que moi j’ai peur, nos peurs s’annulent?
– Vous croyez au monde magique des Câlinours?
Life is more incredible than dreams.
– Lexie Swing-








