Canada, Montréal

Québec, on-dit et découvertes

Erable et Audi./ Photo Clément Belleudy
Erable et Audi./ Photo Clément Belleudy

Moi, Française, mi Haute-Loiraise mi-Andalouse (ok j’ai fait un léger raccourci au niveau de mes origines mais je trouve le mélange exotique), il y a des choses que je ne connaissais pas sur le Québec. Je précise ma provenance pour justifier mon inculture. Génisse française élevée aux grains bios (merci maman), j’ai débarqué avec très peu de certitudes, zéro doute (je suis 100% free doubt comme animal, la fée Inconscience s’est penchée sur mon berceau à la naissance et elle a dégommé ses copines Raison et Réflexion) et les yeux grands ouverts. Voici ce que j’ai noté, en deux ans et bientôt huit mois de présence sur le sol québécois.

1) Le souterrain n’est jamais le chemin le plus court. La première des on-ne-les-compte-plus fois où Papa est venu à Montréal, il avait hâte de découvrir lesdits souterrains de la zone commerciale du centre-ville, ceux-là même mentionnés dans les guides comme des « jonctions souterraines entre deux zones commerciales fortement achalandées ». Ça goûte un peu l’aventure à dire comme ça. En fait non, pas du tout. Ce sont juste des magasins de chaînes écrasés les uns contre les autres. Je travaille à proximité de la fameuse zone et, si ceux-ci peuvent se révéler fort pratiques en cas de cyclone, ils sont définitivement une perte de temps. Quand il faut 10 minutes pour faire Peel – magasin Gap (notez mes priorités), il en faut 20 par les souterrains, avec nausées en cadeau pour avoir dû traverser la foule compacte de travailleurs qui zonent dans les centres commerciaux à l’heure du lunch. Résultat, après deux ans et demi, il me faudrait la menace d’une attaque nucléaire pour que je préfère l’agression des néons aux pots d’échappement qui éructent sur la rue Sainte-Catherine.

2) Il y a mieux que Starbucks. L’Amérique du Nord, c’est Starbucks. Si. Ne mentez pas. C’est la première chose que mes chums de France instagramment quand ils arrivent à NY ou Montréal. Un copain m’a déjà dit que j’étais la plus chanceuse du monde parce que j’ai deux Starbucks à moins de 100 mètres du bureau. La plus chanceuse du monde! Halte là. J’aime les Americano de Starbucks, et pour ceux qui aiment, il paraît que le latte est bon. Est bon. On a pas dit qu’il était à se cogner le pompon sur le trottoir non plus! Des cafés-thé-gourmandisescochonneset/ouvegan, il y en a partout dans Montréal. Plonge le nez dans ton guide, tu verras, ils parlent pas de Starbucks.

3) Les hommes ne vous regardent pas comme si vos yeux criaient braguette. Passer le long d’un chantier, doubler le camion d’un routier, être le seul passager d’un wagon dont l’hormone principale n’est pas la testostérone… Ces expériences autrefois pénibles voire risquées sont devenus des moments comme les autres. Une récente étude montre cependant que le nombre de femmes quotidiennement importunées, dans le métro par exemple, est notable. Mais cela fera bientôt 3 ans, vacances en France mises à part – les bonnes habitudes ne disparaissent pas pendant votre absence – que personne ne s’est permis de fracasser ma bulle personnelle à coups de « t’es charmante » et du tout aussi réconfortant « t’es bonne ».

4) On peut patiner à l’arena gratuitement. Je patine très mal. Lorsque je suis sur la glace j’ai la grâce d’une girafe à qui on aurait chaussé des patins trop petits, à ceci près que j’ai la taille de Simplet.  Lorsque notre ami S. a eu la gentillesse d’apprendre à Miss Swing à patiner, nous avons découvert l’arena de notre ville. Ouverte le soir, gratuite. Il n’y avait pas de patins à louer et il a fallu se mettre à la recherche du responsable pour dégoter un casque. Ce principe d’une patinoire intérieure en libre service sur laquelle s’ébattent les familles soirs et week-ends c’est juste… awesome.

5) Un café après le dessert, vous êtes sûre ? Exit le « petit noir » en fin de repas, le café classique se déguste pendant le repas. Servi façon brunch, avant même le plat, il est glissé dans une énorme tasse et « refillé » (re-rempli) jusqu’à ce que mort s’ensuive. Et il est pas mal dégueulasse (selon mon goût à moi). Thanks lord, on est à Montréal, et la ville regorge de petits cafés à l’européenne (je me répète) – au hasard, des Italiens, et il est tout à fait possible de déguster un très bon café, en entrée, comme en dessert !

-Lexie Swing-, découvre la vie.

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9 thoughts on “Québec, on-dit et découvertes”

  1. Salut Françoise (?), ah non Lexie !

    Je me permets d’être en total désaccord avec ton point de vue sur la ville souterraine. Enfin si tu me permets, me permets-tu ?

    Alors en effet tout le monde connait la ville souterraine comme le gros centre d’achat entre McGill et Peel, mais c’est juste une petite partie de la ville souterraine. Personnellement, j’affectionne les grands tunnels vides et sans fin entre Lucien-Lallier et Place d’armes. Ça a un charme naïf les tunnels vides, ça me donne l’impression de vivre dans le film Brazil.

    Voilà c’est tout Franço… ah non Lexie :)

    1. Arf, mais moi tu me dis ville souterraine j’imagine une ville dissimulée peuplée de créatures minuscules mi-fées mi cafards, entre Les Fourmis et Arthur et les Minimoys :) Est-ce que ça se rejoint, les tunnels vers Lucien-L’allier et ceux sous sainte Cath? A part vers la place Ville Marie?

  2. Ça rejoint seulement à Place Ville-Marie mais ça va jusqu’à la place des arts. Mais bon ok on est loin des Minimoys.

  3. C’est vraiment intéressant tes remarques, et tellement vrai! Je lisais et je hochais la tête en même temps (ça va, personne me regardait…), genre « ah mais oui! »

    Je sais que ne pas me faire emmerder dans la rue, ça a été une grande découverte pour moi. J’chui pourtant pas blonde à forte poitrine, mais les « eh, tu suces? », j’en ai entendu… impensable ici. Enfin peut-être qu’ils n’en pensent pas moins, mais ça se hurle pas dans la rue.

  4. Très sympa ton article Françoise :-D (scuz, j’ai pas pu m’empêcher, j’ai tellement ri en lisant les commentaires!). Pour le coup, je me suis fait bien plus accoster à Montréal qu’en France ! Possible que du fait d’habiter près de l’UQAM y soit pour qqch, je sais pas ! En revanche, j’ai trouvé que les hommes étaient bien plus gentlemen ; effectivement pas de « t »es bonne » ou trucs du genre, mais plutôt des messieurs qui font un crochet sur le chemin du travail pour te sortir « je voulais juste vous dire que je vous trouve ravissante, bonne journée! » . Ça a dû m’arriver 3-4 fois en 6 mois, incroyable lol.

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