Le voisin pénible

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On a tous un voisin pénible. J’ai toujours été étonnée par cette constante. Lancez le sujet à un souper de groupe et vous serez étonné par les histoires qui ne manqueront pas de fuser. Même le plus reclus de la gang, celui qui vit dans un château ceint de barbelés, aura une bonne joke à raconter au sujet de son plus proche voisin (1000 kilomètres) qui l’aurait attaqué en justice parce qu’une noix du seul arbre de la propriété serait tombée de son côté de la clôture sous l’effet d’une brise légère et versatile venue du nord-est-est.
Bref, on a tous un voisin pénible. Parfois il est très proche, la porte à côté. Parfois au-dessus (et il a des enfants qui font des claquettes à 5 heures du matin le dimanche). Parfois en dessous (et il a un ado qui écoute du gangsta rap sur son home cinéma à 2 heures du matin en semaine). Et parfois il est à quelques maisons de là, légèrement en diagonale, et il emmerde le monde avec : sa moto, sa tondeuse à des heures indues, son arrosage qui arrose tout le voisinage sauf sa cour, son chien qui aboie sans discontinuer hiver comme été, ses partys à toute heure de la nuit, son goût immodéré pour les attaques en justice diverses et variées (rayez la mention inutile) (ou déménagez).

Et aussi fou que cela puisse paraître, il y a rarement deux voisins pénibles. C’est comme si la rue ou l’immeuble devait attribuer le rôle à quelqu’un. De notre côté, alors que nous vivions dans un bloc de trois étages, nous avons eu quelque temps des voisins bruyants-avec-chien-aboyeur. Le plancher était fin comme du papier à cigarette et notre patience s’est rapidement réduite à la même épaisseur. Le bloc a été vendu et de nouveaux locataires ont pris la place. Home cinéma dans le salon, souliers en liberté anarchique dans l’escalier, cris dans le couloir et engueulades récurrentes ont eu raison de notre raison, justement. Lorsque le chien épeuré s’est retrouvé à dormir toutes les nuits sur le tapis de la salle de bains, tremblant et gémissant, nous avons recontacté notre ami agent immobilier et pris la poudre d’escampette. Direction la banlieue, ses maisons individuelles et leur éloignement.

Le voisin pénible a rapidement été identifié. Il avait comme tout l’kit : le chien jappant jour et nuit, les enfants adolescents et leur gang du secondaire, pétaradant bien après le crépuscule sur leurs scooters débridés, une fascination intrigante pour le gazon fraîchement coupé, des partys d’été étirées jusqu’à tard dans la nuit, des partys d’hiver toute vitre ouverte et un goût immodéré pour le rock alternatif, ainsi que l’habituel caractère acariâtre, toujours vendu en bonus avec ce genre de personnages.

La rue est sa rue. Il l’habite pleinement, complètement, faisant fi des regards courroucés et de la gêne occasionnée. Il ignore les bonjours avec un manque de savoir-vivre proche de l’insulte, et gueule volontiers sur son chien/ses enfants/sa femme, tel un petit exercice quotidien pour bien se mettre en jambes.

Depuis peu, il refait sa maison. Les enfants ont grandi, les lots sont petits, le chalet n’attend plus… Partira-t-il? Nous croisons les doigts!

Et chez vous, à qui la loterie de la rue a-t-elle attribuée le rôle du voisin pénible.

Et si c’était vous, le voisin pénible?

-Lexie Swing-

Photo : Drina, Serbie. La maison serait une cabane construite par un groupe de jeunes à la fin des années 60.

3 commentaires Ajouter un commentaire

  1. francefougere dit :

    Mieux vaut rire ! Ma voisine de palier cuisine tout le temps, et je me demande si elle ne tient pas restaurant en étage. Comment fait-elle ? Ca ne sent jamais bon ! Jamais de parfum de pâtisserie, de bonne cuisine qui donne faim. C’est du gras, du lourd. L’odeur nauséabonde de graillon se répand dans le couloir et parfois pénètre chez nous, malgré rideau en velours épais sur notre porte, traversin de porte, etc… J’use des flacons de parfum pas cher dont je vaporise le couloir.
    Elle a aussi la voix forte, mais ça … c’est l’odeur qui est insupportable.
    Je pense que c’est une question de ventilation – et quand elle ouvre sa porte, il y a un supplément d’odeurs alcoolisées et de tabagies …. elle a plus de 85 ans, et n’ entend plus – cette mégère ! Voilà, je l’ai dit!
    Merci à toi
    Patience et bonne chance !

    1. lexieswing dit :

      C’est difficile le vivre ensemble. Dans l’immeuble où vivait mes grands parents il y avait cette même odeur de nourriture désagréable. Étonnement c’est resté pour moi un souvenir marquant qui me ramène toujours à mes grands parents

  2. Paddy dit :

    Je l’ai reconnu ce voisin !!!

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