Les trois autrices irlandaises de « chick lit » à lire

C’était probablement dans un Chapters, peut-être sur Parnell St. À l’époque, je parlais un anglais hasardeux, à peine aidé par le cider pression que je dégustais certains soirs au pub avec quelques amies. Je cherchais à bonifier ma connaissance de la langue anglaise et je suis tombée, au détour d’un rayon, sur l’une des autrices de chick lit les plus prolifiques de l’Irlande : Marian Keyes. Il s’agissait, je m’en souviens encore, d’un roman publié au tout début des années 2000 : Sushis for beginners.

Je n’ai aucun souvenir de l’histoire – j’ai relu le résumé et je pourrais probablement relire le livre entièrement demain sans qu’aucun passage ne me revienne en mémoire. Je devinais plus que je ne comprenais l’histoire. Mais l’autrice, elle, est restée dans mon coeur, au même titre que tout ce qui touche à cette période particulière qu’ont été mes quelques mois là-bas.

Et puis il y a un an, alors que j’avais momentanément épuisé ma pile de livres à découvrir, Marian Keyes m’est revenue en mémoire. Je venais de retrouver ma Kobo au fond d’un tiroir, c’est donc tout naturellement que j’y ai acheté au hasard un roman de cette autrice. Et puis deux autres. Et puis ma Kobo m’a proposé des autrices qu’elle jugeait similaire. De fil en aiguille, j’ai découvert des romans parmi les plus chouettes de la chick lit irlandaise. J’y ai parcouru Dublin mille fois, j’ai fait des détours par Kerry, j’ai pris le vent de plein fouet dans les plaines du Connemara. Actuellement, mes coups de coeur vont vers trois autrices. Les voici.

Marian Keyes. Je ne pouvais pas ne pas commencer par elle. Puisque c’est par elle que tout a commencé. Lorsque, 15 ans après mes mois à Dublin, je me suis plongée dans l’un de ces romans, j’ai été baignée d’un sentiment étrange. Avec l’héroïne, j’ai remonté Grafton et tourné sur King, il y avait St Stephens et puis j’étais un peu étourdie. Marian Keyes possède cette capacité rare de décrire les lieux avec précision, une précision qui n’est pas chirurgicale mais humaine. Elle fera fi du panneau sur le mur mais mentionnera ce qui accroche le regard, cette pierre déplacée que l’on a tous remarqué, cet accroc sur un mur banal. Elle a l’oeil neuf du touriste et le regard doux des habitués. Ses héroïnes, toujours des femmes, sont hautes en couleurs mais toujours crédibles. Elles sont timides, grandes gueules, effacées, excentriques, croient au grand amour ou au sexe entre amis. Elles sont souvent insupportables, mais toujours attachantes. Elles sont crédibles et on savoure chaque page qui les romance.

J’ai lu : The woman who stole my life / The break / The mystery of Mercy Close/ The brightest star in the sky/ Anybody out there / The other side of the story / This charming man / Angels / Last chance saloon / Rachel’s holiday / Sushi for beginners…

Cecelia Ahern. C’est une figure connue de la littérature irlandaise, et si vous ne connaissez pas son nom – bien qu’elle soit également la fille d’un ancien Premier Ministre – vous connaissez peut-être celui de son premier best-seller, qui a inspiré le film du même nom : P.S., I love you. Cette histoire, celle de deux amoureux que la mort finit par séparer, a connu un beau succès. L’autrice l’a par ailleurs écrit alors qu’elle n’avait que 21 ans. Je ne peux rien dire du livre, qu’on dit superbe, parce que je ne peux pas lire une histoire où deux amoureux dans la fleur de l’âge sont séparés par la mort. Il y a beaucoup de choses que je ne peux pas lire ou regarder, et ce type de récit dramatique en fait partie. Si vous même êtes fan du premier opus, sachez que depuis, Cecelia Ahern a sorti un sequel.

J’ai connu Cecelia Ahern par le biais d’un autre roman : The marble collector, l’histoire d’une femme de mon âge, dont le père souffrant de sénilité est hébergé en maison de repos. Alors qu’elle vide ses affaires, elle découvre un sac de billes, une découverte somme toute anodine mais qui ne cadre en rien avec l’homme qu’était son père. Vous comprenez l’intrigue : de fil en aiguille la fille découvre que son père était un homme très différent de celui qu’elle côtoyait tous les jours, mais les troubles de mémoire de celui-ci ne lui permettent pas de trouver les réponses… J’ai adoré ce roman – notamment pour les descriptions fascinantes qui entourent les billes et leur fabrication, ainsi que pour l’amour que la protagoniste porte à son père – un roman complètement différent de tout ce que j’avais pu lire jusqu’alors. Alors j’en ai lu d’autres, encore et encore, toujours avec le même plaisir. A noter que, sur le site internet sur lequel elle relaie ses romans, Cecelia Ahern évoque chaque fois ce qui a nourri l’histoire.

J’ai lu : The marble collector / The year I met you / How to fall in love / Thanks for the memories / If you could see me now / Where rainbows end…

Cathy Kelly. C’est ma plus récente découverte. Celle que ma liseuse m’a proposé alors que je cherchais un nouveau roman à dévorer. Nous étions à la mi-avril, confinés depuis près d’un mois et j’avais désespérement besoin de m’évader dans une lecture. Après avoir lu quelques avis, j’ai lu un premier roman de Cathy Kelly: It started with Paris. Comme souvent dans les romans que j’ai lu par la suite de cette autrice, les destins s’y entrecroisent. Ici, ce sont des femmes, toutes affectées à un moment ou un autre par une demande en mariage faite par un jeune homme très amoureux à sa petite amie de longue date, en haut de la Tour Effeil. Dans un autre lu récemment, ce sont trois femmes, aux histoires très différentes, qui partagent la même date d’anniversaire. Mon préféré d’elle reste pour le moment « The family gift », l’histoire d’une femme, chef cuisinière dans une émission de télévision, qui se renferme sur ses angoisses après avoir été attaquée dans un stationnement souterrain.

J’ai lu : The family gift / The year that changed everything / It started with Paris / Someone like you…

Ce que j’aime dans ces romans, c’est l’esprit de sororité qui s’en dégage. Ce n’est pas si étonnant, lorsque l’on sait que le genre estampillé chick lit, a été qualifié de « romans écrits par des femmes, pour des femmes ». Si vous êtes accro au genre, comme moi, je vous invite à les découvrir.

-Lexie-

Crédit photo : Samantha Hurley

11 réflexions sur “Les trois autrices irlandaises de « chick lit » à lire

  1. Je ne connaissais pas la dernière! Mais les autres bien sûr! J’ai dévoré ces bouquins aussi, dénichés entre Parnell Street et St Stephen’s Green, dans mes bookshops préférés. Ah, ce temps…
    Au tout début quand mon anglais était en cours de perfectionnement, j’ai énormément lu de bouquins de Mélissa Hill!

  2. Oh, super, tu tombes bien avec tes recommandations, je cherchais de nouvelles lectures!

    Je suis fan de Marian Keyes depuis des années. Je suis tombée sur Last Chance Saloon quelque part dans un hostel, à l’époque où les liseuses n’existaient pas et que je survivais grâce aux « book exchanges » sur la route. Je crois que c’est le premier livre que j’ai lu en anglais. J’ai tout lu d’elle depuis, le dernier étant « Grown Ups » (je peux te l’envoyer, fais-moi signe!) l’hiver dernier. Par contre, je n’ai jamais accroché à The mystery of Mercy Close, l’un des rares d’elles que… ben non. Mon préféré reste peut-être The Other Side of the Story pour la plongée dans le monde de l’édition ;-)

      • La p’tite soeur Anna, détective privée, qui est en dépression. Je crois que c’est un sujet difficile pour Marian Keyes, qui est souvent aux prises avec la dépression justement. Peut-être qu’elle a trop bien rendu le mental de quelqu’un dans cet état… je ne sais pas. Impossible de le terminer en tout cas.

  3. Ah ben zut! Je n’en connais aucune! Il va falloir remédier à tous ça…Je les rajoute donc dans ma liste de livre à lire…bon, ok, en ce moment je suis un défi lecture et du coup je lis en priorité les livres qui correspondent à mon défi! Mais je garde en tête quand même ces autrices!

      • Oui, oui! En fait, j’ai une liste de 60 critères qu’il faut que je remplisse avec 60 livres (bon, je triche un peu et je m’accorde le droit de valider plusieurs critères avec un seul livre!) Et le défi se termine à la fin de l’année! Il ne me reste donc plus que quelques semaines pour le finir! J’en avais fait un article un jour : https://parentzen.fr/defi-lecture/

  4. Cathy Kelly j’adore je crois que je les ai tous lus ! en Français ! Marain Keyès ça me dit quelque chose. En + ancien j’ai aussi des Rosamund Pilcher et des Maeve Binchy dans ma bibliothèque. Il y a des livres comme ceux-là que je n’ai pas pu donner et je me dis qu’à la retraite (youpi l’an prochain !!!) je vais sans doute les relire même si il y en a certains que j’ai déjà relus !
    bonne lecture

      • j’avais découvert lors de mes séjours au Québec des boutiques de livres d’occasion je pense que tu peux avoir des chances de les trouver dedans sinon chez nous ils sont peut être encore achetables en poche. Finalement avec le reconfinement qui semble s’annoncer je vais peut être les relire plus tôt que prevu !!

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