34 printemps

Je vous dirais bien ce que ça m’invoque, d’avoir 34 ans, mais la vérité est que ça ne transporte aucun élan.  J’ignore si c’est la faute à la pluie, ou au confinement, à ce temps qui semble comme suspendu ou seulement à cet âge sans couleur, ni une moitié, ni un début. Un âge pair en plus, moi qui ait toujours préféré les autres, les 1 et 5 et 7.

Je ne sais pas me retourner et observer le temps écoulé. J’ai une nature à courir toujours vers la suite, et je me force maintenant à marcher dans le présent. Le passé, lui, m’est étranger.

Pourtant, plus le temps passe et plus les chiffres me donnent le vertige. 30 ans que je la connais, 19 ans depuis la naissance de plusieurs de mes plus belles amitiés, 13 ans depuis notre premier baiser, 8 ans depuis le premier message Whatsapp, échangé avec mon groupe de futures mamans, 5 ans bientôt qu’elles sont deux…. Il y en a tant de chiffres qui marquent nos existences… Ce blog même est né il y a bientôt 8 ans, alors que j’attendais mon tout premier enfant. 8 ans à laisser des traces, à décrire des envies, étaler des projets, raconter un quotidien et formuler des opinions. 8 ans à grandir aussi. Le tout premier article était celui-ci : Un blog, pour quoi faire? À l’époque déjà, je savais certainement qu’il me serait impossible d’être exhaustive, de me cantonner à quelques sujets. J’aurais été bien en peine de tenir un blog cuisine ou littérature.

Dans mon deuxième article, je parlais du magazine 6mois, déjà! Preuve que j’ai une certaine loyauté. J’ai toujours été bouleversée par la photographie. Je suis une excellente spectatrice, à défaut d’avoir un quelconque talent de photographe, et je peux passer des heures à parcourir un recueil de photos ou une exposition.

Dans le troisième article, il est question du manque de représentation féminine parmi les réalisatrices mises en avant lors du festival de Cannes. Un article d’opinion. Il faut savoir que pendant quelque temps, j’ai écrit à titre purement anonyme, refusant obstinément que quiconque me connaissait puisse avoir accès à mes écrits. J’ai longtemps été incapable de formuler une opinion en mon nom, aussi sensée soit-elle. J’étais vide d’arguments, muette et incapable de défendre une prise de position. Ça a changé brusquement, mais uniquement pour des sujets qui me tenaient à coeur : la place des femmes dans la société, la maltraitance animale, le traitement réservé à autrui par une bande (le harcèlement)… De muette, je devenais enflammée. Ce n’était plus une opinion, c’était une déclaration de guerre. Je n’ai jamais su faire dans la demi-mesure.

J’ai écrit des articles sur plein de sujets, sur des bouquins, sur des séries, sur des choses entendues. J’avais une écriture assez immature, et à voir les sujets que je traitais, j’étais plus draînée par le souhait de montrer l’image d’une journaliste ouverte sur le monde que par une volonté de partager qui j’étais vraiment. En 2012, je m’insurgeais pour la première fois contre le traitement accordé au mariage gay par l’opinion publique. Aujourd’hui encore, je ne sais pas de quel côté se situait la majorité, mais les anti… bon sang qu’est-ce qu’on les entendait! Ce climat-là est l’une des raisons qui nous ont poussé dehors. J’étais alors enceinte de mon premier enfant et je n’imaginais pas la faire grandir dans cette intolérance à laquelle je ne comprenais rien. Je n’ai jamais rien compris à ceux qui jugent l’homosexualité. Je ne suis pas une sainte, je suis – comme tout le monde – pleine de jugements, qui heureusement évoluent. Mais, sûrement grâce à mon éducation, j’ai grandi avec l’idée que l’on pouvait avoir différentes orientations sexuelles, et qu’aucune n’était supérieure à l’autre. Et même si j’avais conscience que les gens pensaient parfois différemment, je pense que je n’en avais jamais pris la mesure… jusqu’à cette année-là.

Si je devais réfléchir à mes 34 ans, et boucler cet article qui n’en finit plus, je dirais que cette année fut celle de l’introspection. Depuis quelque temps, j’accepte enfin de regarder en arrière. Je démêle, je soupèse, j’évalue. Je me fais aider pour connaître les racines et les trajectoires. J’apprends enfin d’où je viens, en espérant accepter ainsi où tout ceci me mènera.

-Lexie Swing-

 

Journal d’un confinement – Semaine 3

Cette semaine-ci a été bien meilleure que la précédente, on sent qu’on commence à prendre le rythme. La patience va fluctuante – en témoigne notre retour précipité dans la maison en fin d’après-midi alors que je glissais à mon conjoint « je les rentre maintenant parce que je commence à avoir quelques pensées criminelles ». Notre sortie au jardin avait débuté sous les meilleurs auspices – un ciel bleu azur – mais c’était sans compter la Chouineuse, notre numéro 1, qui avait décidé que rien n’allait, ni le poids du ballon, ni le panier de basket improvisé, ni la boue du jardin (ils étaient, dans l’ordre, « trop lourd, trop facile, trop collante »). Après une remise aux ordres (« je compte jusqu’à 3, si tu te plains encore, tu rentres dans ta chambre et t’y passes l’après-midi » – l’éducation bienveillante à son meilleur), tout aurait pu s’arranger. Mais la Casse-Pieds, notre numéro 2, en avait décidé autrement. Elle a ainsi choisi de laisser libre-court à sa nature d’enquiquineuse en chef en volant le ballon de sa soeur, renversant le panier improvisé et s’étalant dans la boue. En résumé, « une douce après-midi de printemps », comme le décrirait une influenceuse sur Instagram. Et encore, je n’en ai que deux, des enfants. Les parents d’enfants nombreux devraient être sanctifiés…

Humeur : confuse. Il y a des moments réellement difficiles, comme lorsque ma cadette réclame en pleurant ses amis, parce qu’elle ne parvient pas réellement à comprendre pourquoi elle ne peut plus retourner à la garderie et qu’elle s’inquiète de commencer l’école en septembre sans avoir pu les revoir. A côté de ça, nous profitons de plus en plus de ce quotidien apaisé que nous avons, sans course folle pour arriver à l’heure partout où l’on nous attend, quotidiennement.

Organisation : en marche. La troisième semaine nous a amenés une certaine forme de routine. On fait les cours le matin et des activités manuelles l’après-midi, et lorsque l’on doit se concentrer sur un appel ou un travail particulier, on fait parfois intervenir le Dieu télé. On a décidé à l’unanimité de nos deux voix de sucrer les dessins animés parce que Tempête, accro aux écrans, devenait surexcitée. On les utilise désormais pour retransmettre un cours de sport pour enfants, un documentaire animalier ou un cours d’anglais; ou on branche les casques sur un podcast en plusieurs chapitres, et on est tranquilles quelque temps (pas trop non plus) (tu sais jamais à quel moment l’un des enfants va décider que les podcasts, c’est nul, mais que s’enfiler une prise mini-jack dans le nez, c’est mieux).

Couple : amoureux. Si si. Il a fait le souper et je suis partie faire du vélo. S.E.U.L.E. Si c’est pas de l’amour, ça.

Point d’orgue : le vélo justement. Au Québec, nous ne sommes pas (encore) confinés. Nous avons donc le droit de sortir pour une balade (pas trop non plus), en gardant une distance avec les autres. Si on est en couple, on peut se tenir la main par contre (vous y croyez, vous, que notre premier ministre québécois a dû répondre à cette interrogation, PARCE QUE DES GENS SE POSAIENT LA QUESTION…?). On a donc sorti les vélos plusieurs fois cette semaine. Souvent, je suis en course à pieds, Tempête ayant la fâcheuse habitude d’abandonner soudainement sa trottinette au milieu de la rue et de partir en courant de toutes ses petites jambes derrière son père et sa soeur. Mais course ou vélo, dans tous les cas, ces sorties nous ont fait un bien fou. Je ne veux en aucun cas narguer ici ceux qui n’ont pas la possibilité de sortir. Mais je me rends compte à quel point ce que l’on prenait pour acquis devient important lorsque limité (ou interdit).

À la télé : les Croods! Absolument fabuleux.

Vague à l’âme : les questionnements. À trop lire les nouvelles, je m’interroge beaucoup : si l’on doit atteindre un pic d’immunisation alors que l’on est tous confiné pour ne pas avoir le virus, ressortira-t-on un jour? Je sais que des gens espèrent encore pouvoir ressortir le 15 avril, et que la plupart d’entre nous comptent sur début mai; mais j’avoue aujourd’hui espérer surtout que mes enfants puissent passer au moins quelques jours avec leur classe actuelle à la fin de l’année. Oui, j’en suis rendue là, et je ne crois pas que l’on « nous ment » en parlant de début mai, mais je crois par contre que l’on nous ménage…

Point bonus : tous ces messages, appels audios et appels Facetime que l’on partage avec notre famille et nos amis!

Les bonnes idées de la semaine : les idées d’ateliers du blogue Les mercredis sous la pluie et les ressources québécoises de l’École Ouverte.

La semaine 3 se termine et c’est quand même une bonne chose. Rendu à trois, on peut se dire « qu’on tient le bon bout ». Je vous souhaite une belle nouvelle semaine, avec du soleil surtout. On dirait que c’est toujours plus facile au soleil (la misère…).

Des bises!

-Lexie Swing-

Cookies véganes faciles

Voici une petite recette spéciale confinement, quand il faut occuper les mouflets alors que la moitié du pays a décidé d’acheter des oeufs et du beurre en même temps. J’ai découvert cette recette de la célèbre blogueuse cuisinière végane d’ Au vert avec Lili alors que le rayon d’oeufs bios de mon supermarché peinait à se réapprovisionner.

Je l’ai adaptée au contenu de mes placards et au talent de mes enfants. Et à J18 aujourd’hui, nous l’avons fait 5 fois. Vous retrouverez l’original sur la page de Lili. Je vous mets pour ma part notre version préférée : les cookies véganes à l’amande, deux chocolats et caramel. Ma fille de 7 ans l’a réalisée de A à Z, pesées comprises.

Côté ingrédients, nous avons utilisé:

  • 2 CàS de poudre d’amandes
  • 1 CàS de cacao
  • 3 CàS d’eau
  • 5 CàS de lait
  • 1 CàS de vinaigre de cidre ou blanc
  • 60 grammes d’huile
  • Quelques gouttes de vanille liquide
  • 100 grammes de sucre
  • Une demi cuillère à café de levure
  • 200 grammes de farine
  • Des pépites de chocolat blanc, noir et de caramel

Cette recette est très maléable. Dans la version originale, Lili utilise ainsi de la fécule de maïs, que je n’avais pas, et que j’ai donc remplacée par de la poudre d’amandes et du cacao. J’ai aussi mis plus de lait, car je trouvais la pâte trop friable. N’hésitez pas à ajuster en fonction de la farine que vous utilisez. Enfin, notez que le vinaigre peut-être remplacé par du jus de citron, et l’huile par un poids équivalent de beurre.

La recette :

– Préchauffez le four à 180 degrés Celsius ou 350 degrés Fahrenheit.

– Mélangez l’eau, la poudre d’amandes et le cacao.

– Ajoutez l’huile, le lait, le vinaigre et la vanille. Mélangez, puis ajoutez le sucre et battez une bonne minute.

– Ajoutez la farine et la levure. Mélangez de nouveau avant d’ajouter les pépites de chocolat et de caramel.

– À l’aide d’une cuillère à glace, ou à la main, façonnez 10 cookies environ que vous déposez sur une plaque recouverte de papier sulfurisé (parchemin). Notez que les cookies ne s’étaleront pas trop.

– Enfournez pour 15 minutes. Sortez-les du four même s’ils ne vous paraissent pas complètement cuits, les cookies ont cette particularité de finir de prendre à l’air ambiant.

Nous avons essayé différentes versions de ces cookies, dont amandes et pépites de chocolat (sans cacao), tout caramel ou framboises et noix de coco. La version donnée est notre préférée mais vous avez des possibilités infinies de déclinaisons… et il semblerait que l’on ait quelques semaines devant nous pour en tester un bon nombre. Alors à vos fourneaux!

-Lexie Swing-

 

 

Poppy

Poppy. Ça fait deux mois, déjà, que tu as rejoint notre famille. On dit que ça prend trois mois, pour un chien comme toi, pour trouver son chez soi. Au nombre de chaussettes que t’as mangées, on dirait que t’es bien installée pourtant.

Poppy, je t’ai cherchée longtemps, sur tous les sites de ce monde. Je m’étais mise en tête d’avoir un deuxième chien, un chien sauvé, un chien qui ne l’avait pas eu facile. Je ne voulais pas entrer dans le système, contribuer à une business quelconque quand tant de chiens croupissaient derrière des barreaux. Aux bons soins de soignants, toujours et heureusement, mais en attente d’autre chose. Un foyer, un coussin chaud et le silence apaisant d’une maison endormie.

Ce n’était pas facile, comme recherches. Au Québec, on ne confie pas tant ces chiens là à de familles avec de jeunes enfants comme la nôtre. Alors j’ai commencé à sonder ailleurs, dans la province voisine. Je suis tombée sur une association qui sauvait des chiens errants des îles. Des chiens d’une race que je n’avais jamais entendue, moi qui baigne pourtant depuis ma prime enfance dans les connaissances canines.

Potcake. C’est un drôle de nom pour une race de chien. Un nom qui symbolise je crois le fond du bol d’une préparation locale dont la communauté autour de laquelle vous évoluez vous gratifie parfois, vous les chiens errants.

Poppy, tu viens d’Antigua. Je ne sais rien de comment tu es née. Je ne sais pas pourquoi tu errais, et comment on t’a attrapée. Je sais seulement que tu as été recueillie à trois mois par une aidante locale, que tu as vécue en troupeau avec d’autres potcakes comme toi. Et puis que, grâce à la gentillesse d’un passager quelconque, tu as été expatriée au Canada, tout près d’Ottawa.

C’est là que nous sommes allés te chercher. Tu avais 9 mois et l’air joyeux. Mes enfants piétinaient, tu étais impressionnée mais tu agitais la queue. Quand un gros chien a aboyé en direction de ma plus jeune, tu t’es placée en écran, l’échine dressée et les dents découvertes.

La première nuit, l’amoureux l’a passé dans le salon avec toi. Tu étais terrifiée à l’idée de faire tes besoins dehors. Et une fois lâchée, nous ne pouvions plus te rattraper. Jamais encore je n’avais été confrontée à cet état sauvage. Nous n’étions rien pour toi. Pire que des étrangers : une espèce que tu craignais. Il a  fallu te piéger pour te rattraper ce soir-là.

Les jours ont passé. Tu mangeais toujours en regardant par dessus ton épaule. Très tôt, nous nous sommes tenus proches de ta gamelle, dont nous prenions avec patience quelques croquettes. Les chiens comme toi n’aiment guère qu’on leur vole leur nourriture et la faim est telle parmi les tiens qu’elle fait presque partie de ta génétique; nous ne voulions risquer qu’un enfant mal avisé reçoive un coup de dent bien placé.

Eleven est devenu ton guide fidèle. Lui qui m’avait toujours semblé d’une maladresse enfantine, qui n’osait rien et s’entêtait pour tout, s’est découvert du plaisir à jouer les professeurs. Il a dissimulé sa peur de l’extérieur derrière un pas flegmatique, a retrouvé une énergie de jeune chien à batailler avec toi dans la neige de février. En fin stratège, il sait désormais que tu cours plus vite mais qu’il est plus patient, et après tes dix tours de jardin à fond de train, il profite de ta baisse de régime pour te saisir au vol d’une foulée et te faire rouler sur le sol. Tu le pervertis, lui qui vole maintenant les tuteurs de mes plantations comme tu lui as appris.

Poppy, ça fait deux mois que tu vis avec nous. Tu as mangé mes murs, quelques jouets et beaucoup, beaucoup de chaussettes. Tu as fait pipi dans le salon, caca dans ma chambre. Tu as refusé obstinément mille fois de passer la porte du jardin. Tu as couiné pour sortir, tu as chassé les écureuils, tu as sauté dans mes plates-bandes. Tu m’as obligée toutes les balades à m’arrêter pour sortir de ta gueule le morceau de plastique que tu réussis toujours à trouver sur la route.

Tu as égayé chaque heure de la vie de mes enfants depuis deux mois, tu as été d’une patience infinie et d’une résilience sans bornes, dans leur apprentissage de maîtresses d’un chien. Tu acceptes qu’elles prennent tes pattes et t’enserrent, en attendant qu’on te délivre et leur fasse répéter dix fois au coin « je n’attraperai plus Poppy par le cou ». Tu regardes encore souvent par dessus ton épaule, mais tu t’enfuis un peu moins vite lorsque tu entends nos pas derrière toi. Tu viens quand on t’appelle, tu agites la queue quand tu nous vois et lances des coups de pattes depuis le haut de l’escalier pour montrer ton impatience.

Le premier soir du premier jour, j’ai dit à mon amoureux « je n’y arriverai jamais ». Je l’ai repensé plusieurs fois par la suite. Pire que les murs que tu mangeais ou les portes que tu refusais de passer, c’était l’absence de lien, la distance que tu gardais toujours, qui était difficile. Personne ne vous prépare jamais à ce que votre compagnon de vie vous traite toujours comme un étranger.

Je ne suis peut-être pas encore ta maîtresse, mais peu à peu j’oublie que tu n’as pas toujours été ici. Et toi aussi. Je le sais quand tu m’attends, pour partir en balade. Quand tu m’accueilles au matin, en te trémoussant. Je le sais quand tu t’enroules autour de mes pieds, quand je travaille, et quand tu accordes ton pas au mien, sur le chemin.

On dit que les potcakes baissent vraiment la garde le jour où ils comprennent que quelqu’un d’autre est prêt à se battre pour eux. Sache que nous sommes prêts à toutes les batailles, Poppy.

-Lexie Swing-

Journal d’un confinement – Semaine 2

Le confinement se poursuit. Même si ici, au Québec, il n’est toujours pas acté comme tel, mais plutôt comme une forte incitation à rester à son domicile. Les accès à de nombreux magasins sont devenus restrictifs, on se lave les mains à des lavabos temporaires à l’entrée des supermarchés et les caissiers sont désormais protégés par des parois en plexiglass. Le monde continue de tourner,  lentement, mais sans certitude aucune quant au moment où la vie reprendra son cours normal.

Et c’est probablement ce qui a rendu cette deuxième semaine si compliquée. L’incertitude, le travail, les cours à donner, la pluie qui s’invite, les enfants qui tournent… comme un mardi d’automne finalement.

Humeur : changeante. Les demandes répétées des enfants, conjuguées à un pic d’activité dans mon travail à distance, cumulés à un temps incertain, ont rendu les choses… conflictuelles!

Organisation : fluctuante. Mais une chose est certaine, le lâcher prise ne fonctionne pas chez nous. Nos enfants de 4 et 7 ans nécessitent un minimum de routine pour que les journées se passent au mieux. Même elles préfèrent finalement enchaîner des cours de français et de maths plutôt que de s’entendre répéter « mais trouve de quoi jouer » toutes les dix minutes.

On en parle d’ailleurs de ce concept de « il faut laisser les enfants s’ennuyer », et puis « les enfants, de mon temps… », parce qu’il y a deux types d’enfants : ceux qui savent s’ennuyer et ceux qui savent VOUS ennuyer. Question d’âge ou de personnalité, difficile à dire, mais une chose est certaine : ma fille de 4 ans est revenue me dire 6 fois qu’elle ne « savait pas quoi faire » depuis le début de cet article.

Couple : toujours ok. C’est intéressant de voir que nous sommes finalement capables de passer tant de temps côte-à-côte sans s’étriper.

Point d’orgue : j’ai fait découvrir à B. le principe du poème, à lire, comprendre et mémoriser. Un type d’apprentissage qui n’existe pas, a priori, dans notre système scolaire. Au programme : La page d’écriture, de Prévert. Alors que B. commençait à réciter le poème, sa jeune soeur a comblé son hésitation. Par acquis de conscience, je lui ai proposé de le réciter à son tour… Et ça m’a ravie, je dois être honnête, de m’apercevoir que cette petite boule d’énergie, bien qu’occupée dans tout un tas d’extravagantes aventures, avait retenu chaque strophe du poème déclamé par sa soeur…

À la télé : on a découvert Le Parc des Merveilles, fait voir Monstres et Cie à nos filles, et puis suivi Top Chef, bien sûr…

Vague à l’âme : l’inquiétude quant à tout ce qu’on apprend aujourd’hui qu’on ne savait pas hier. Et pour tout ce que l’on apprendra demain.

Point bonus : la maison qui se range petit à petit, et les « il faudra que » enfin cochés.

Les bonnes idées de la semaine : l’application Slice Fractions et la page Facebook de Pandacraft qui propose des nouvelles activités tous les jours.

J’espère que vous allez bien et que vous avez du plaisir à être ensemble malgré tout. Je me dis que ça pourrait être pire, on pourrait être enfermés avec des inconnus. Là, au moins, il s’agit de gens qui ont l’habitude de nous côtoyer, en pyjama et avec une haleine douteuse. Ça ne peut pas aller foncièrement mal.

-Lexie Swing-

Journal d’un confinement – Semaine 1

Nous sommes à la maison depuis une semaine aujourd’hui. De nombreuses écoles au Québec ont été fermées vendredi dernier « le temps de s’organiser », organisation qui a conduit à tout fermer dès le lundi suivant. Restés à la maison pour gérer les moutards, « le temps de nous organiser » nous aussi, nous n’avons pas remis les pieds au bureau depuis.

Humeur : bonne. Miraculeusement bonne. Qui aurait crû que de ne plus être pris dans une course effrénée consistant à jeter ses enfants à l’école puis à courir jusqu’au boulot nous apporterait l’apaisement nécessaire. Hein? Qui l’aurait crû?

Organisation : militaire et tripartite. Une heure de cours donnés par Papa, une heure de cours donnés par Maman, une heure d’activités décidées par les mouflet(te)s et on recommence l’après-midi.

Couple : solide. L’amabilité est de mise. On se refile le mouflet à heure fixe et on s’arroge du temps de travail efficace musique vissée aux oreilles. Les parents que nous sommes se découvrent des trésors de pédagogie dans leur matière respective, et même dans d’autres matières inusitées (la physique des solides niveau CP). Faudrait pas que ça dure trop non plus quand même.

Point d’orgue : le replay de Top Chef, lancé dès 19h, pour la première fois visionné en famille. Depuis mon mini-chef de 4 ans me demande des Gyozis, « regarde comme ils ont l’air contents les enfants quand on leur fait de la bonne nourriture ».

Vague à l’âme : l’incertitude. C’est le fun, mais c’est parce que c’est anormal. Une nouvelle normalité? Au secours!

Point bonus : l’écologie. Savoir que les eaux de Venise sont plus propres ou que la pollution de l’air en Chine s’améliore, ça me met le coeur en joie!

Les bonnes idées de la semaine : les histoires en musique d’Elodie Fondacci et la page Youtube de Force4, pour faire bouger les enfants. À compter de la semaine prochaine, l’équipe proposera tous les matins à 10h (heure du Québec) une petite séance d’exercices sur la page Facebook du Défi Pierre Lavoie.

Le Québec se prépare à perpétuer les recommandations du confinement encore quelques semaines, comme la France. À la différence de la France, cependant, il s’agit de recommandations et non d’obligations, qui semblent malgré tout être bien suivies par la population.

Bon week-end les amis, on rejoue en semaine 2!

-Lexie Swing-

Découvrez : les terrariums de l’Atelier Eyssard à Toulouse

Tout a commencé par une publication de Baptiste Beaulieu, médecin et écrivain que vous ne manquez certainement pas de connaître. Résident de Toulouse, il n’a pas hésité à partager un jour son coup de coeur pour une jolie boutique du centre-ville, l’Atelier Eyssart. En dépit de sa spontanéité sans fards, un tel partage était suffisamment rare de sa part pour retenir mon attention, et je suis bien certaine que malgré lui, il a entraîné une vague de visites vers la boutique.

Je n’étais pas sur place et rien n’indiquait sur le site que je pouvais faire un achat à distance. J’ai pris la liberté de contacter le propriétaire, Pierre, par Instagram, prête à essuyer un refus ou, au mieux, du détachement. La réponse a été rapide, et elle était positive. Quel que soit mon souhait, il allait être possible de m’accommoder à distance.


Le terrarium est le cadeau parfait pour ceux qui ne savent jamais quoi faire de leurs plantes et les arrosent comme on noie son chagrin dans une mauvaise bouteille – moi par exemple. Ainsi mises sous verre les plantes se suffisent partiellement à elles-mêmes, aidées en cela par la lumière quotidienne et un arrosage ponctuel restreint. C’est à la fois fascinant et poétique.

Au fil des semaines – j’avais du temps devant moi – nous avons évoqué les différentes possibilités de plantes, échangé sur les modèles de terrariums et la verrerie disponible. Il y avait des modèles incroyables, des plantes qui illuminent un intérieur par leur seule présence. Il y avait des arbres rois en leur domaine, et des forêts miniatures, comme autant de mondes sous verre.

J’en ai choisi un petit, arrondi, «avec un arbuste au milieu» ai-je dit. Pierre s’est chargé du reste. Il a immortalisé le terrarium fini, dressé au milieu de la terre éparpillée et c’est un peu comme si j’étais là, malgré tout.

Je n’avais pas dit à ma mère ce qu’elle devait aller chercher ni ce qu’elle était susceptible de trouver à l’adresse indiquée, et elle a joué le jeu.

Si j’avais été présente à Toulouse et non pas assise dans mon bureau de l’autre côté de l’Atlantique, c’est un atelier que je lui aurais offert. Pierre en propose chaque vendredi à 19h30 et permet ainsi de réaliser de bout en bout son propre terrarium.

J’en profite pour glisser que, pour le remercier, je lui ai transmis une carte achetée ici-même, au Québec. Une carte réalisée… par une Française, et que je savais spéciale : faite de papier compostable et de graines de tournesol, elle se plante une fois reçue (et lue). Quoi de mieux pour quelqu’un qui nourrit un vrai amour pour les plantes?

Ces cartes-ci, de la compagnie FlowerInk, sont distribuées dans différents endroits au Québec dont vous trouverez la liste ici.

Quant aux terrariums de Pierre, vous les trouverez au 52 Rue de Résumat, non loin de la place du Capitole, à Toulouse. Et pour plus d’infos, rendez-vous sur le site internet de l’Atelier Eyssard.

-Lexie Swing-

Photos : Atelier Eyssart et Lexie Swing