Se sent-on vraiment chez nous un jour lorsque l’on vit à l’étranger? C’est La Maudite Française qui avait posé cette question un jour de février.
Elle était légitime cette question, surtout rendu à la fin février, et peut-être encore plus à la mi-mars, quand il y a eu l’énième tempête de neige et le début des gastros. Quand le moral flottait dans le bol des toilettes, auréolé par la seule lueur d’un cellulaire qu’on a appelé portable pendant tant d’années.
Où c’est chez nous? Je ne me suis jamais vraiment posée la question. Chez moi c’est là où est mon amoureux, toujours. Chez moi, c’est là où sont mes enfants, à chaque instant. Chez moi, c’est une maison à la façade verte et défraichie. Chez moi, c’est une maison aux volets bleus. Chez moi, c’est une maison de trois étages, au coeur débordant et au frigo rempli. Chez moi, c’est un ascenseur qui puait la pisse et un appartement qui fleurait l’amour. Chez moi, ce sont des parties de coinche. Chez moi, c’est une tresse de guimauves colorées achetées au magasin fourre-tout du bas de l’avenue. Chez moi, c’est l’odeur du foin et les aboiements d’un chien. Chez moi, c’est une pile de livres et une lampe de poche. Chez moi, c’est du Pavé d’Affinois, des crêpes surgelées et du chocolat Milka. Chez moi, ce sont leurs sourires, ce sont leurs bras, ce sont leurs odeurs, ce sont leurs photos devant lesquels je m’extasie, leurs lettres que j’épluche et leurs vidéos que je rejoue plusieurs fois.
Chez moi, ce sont des gens que j’aime farouchement, et qui pour certains ne sont plus; ce sont des lieux où j’ai vécus, qui pour certains n’existent plus. Ce sont des odeurs qui me transportent, des noms qui me plongent dans mes souvenirs et des images qui m’apaisent. Ce sont des voix, ce sont des histoires. Chez moi, c’est un amour immense avec le bonheur en noyau.
Chez moi, ce n’est ni ici, ni là-bas. C’est ici, là-bas et mille lieux sur terre, ces lieux de vacances et de découvertes, ces lieux d’expérience qui nous ont construit. Chez moi, j’en suis sûre, c’est avant tout les gens, ma famille, mes amis. Je n’ai aucun doute quant au fait que ma maison cesserait aussitôt d’être mon chez moi si ma famille n’y vivait plus. Les lieux n’ont que le cœur des autres pour battre, et le souffle des souvenirs pour exister.
Je suis étonnée, quand même, de voir des gens se déchirer de l’intérieur, attachés qu’ils le sont à la terre de leur enfance, incapables de s’enraciner dans cet autre lieu qu’ils semblaient pourtant avoir choisi. Cela ne fait que 5 ans que je suis partie, et rien n’est comme avant. Les rues ont changé, les préoccupations aussi. La télévision ne diffuse plus les mêmes émissions et j’ignore le nom des dernières stars de la chanson. De nouveaux magasins sont apparus, d’autres enseignes ont disparu, et les expressions elles-mêmes semblent avoir évoluées.
Rentrer en France était douloureux, tant l’image amoureusement conservée ne correspondait plus à la réalité qui s’offrait sous nos yeux. Les choses ont cessé de l’être quand nous avons compris que le monde, semble-t-il en mouvement, était finalement relativement statique. Et que seule notre perspective pouvait changer. Nous avons alors cessé de voir notre pays d’origine comme notre chez nous, pour le voir comme une terre de découvertes, une terre d’exploration. Nous avons commencé à y partir en vacances, pour de vrai, comme nous aurions toujours dû le faire. Ce pays de vacances que le monde nous envie, tant il est riche et magnifique, mais qui abrite du surcroit ce que nous avons de plus cher : nos familles et de nombreux amis. Qui peut se targuer de partir en vacances dans un pays à découvrir, et d’y retrouver en plus ses proches?
Finalement, c’est où chez nous? Je ne sais pas pour vous, mais pour moi, physiquement parlant, c’est souvent beaucoup moins qu’un lieu paradisiaque ou une maison de vacances sur le front de mer (je ne dis pas non ceci dit!). C’est un canapé moelleux, c’est une chambre cosy, ce sont les lits de mes filles et leurs couvertures d’enfants sous lesquelles j’ai toujours un peu froid, faute d’être complètement couverte. C’est un fauteuil douillet, où je replie mes jambes pour y poser mon livre, c’est aussi une tasse fumante et mon corps penché sur ma table en bois chérie.
C’est un rebord, un recoin, une cuisine pleine des gens que j’aime. C’est chez moi parce que je m’y sens bien, parce que j’y suis apaisée, parce que j’en connais les contours, parce que j’en connais les visages, parce que j’en connais les voix.
Et ces voix-là ont tous les accents du monde.
-Lexie Swing-
Vous voulez passer de beaux moments? Prenez la route pour Sandbanks! Il y a tellement de belles choses qui vous attendent…
Nous devions originellement rejoindre Belleville, au nord du comté, où nous avions réservé un appartement. Mais de Kingston à Belleville, c’est de l’autoroute, de l’asphalte et des kilomètres avalés sans se retourner. A l’approche d’Odessa, alors que nous roulions sur la 401, nous avons brusquement opté pour les chemins de traverse. Tournant plein sud, nous avons cheminé jusqu’à rejoindre la 33, route du littoral. De là, nous avons côtoyé le lac Ontario jusqu’à ce que la route s’arrête abruptement à Adolphustown. Devant nous, une dizaine de voitures sagement arrêtées. Et puis l’eau, scintillante dans la lumière du matin. A peine le temps de se quereller pour savoir qui s’était trompé de route que le traversier arrivait, glissant silencieusement sur l’eau du lac. Quelques minutes plus tard, nous débarquions de l’autre côté, et après une pause pipi – toute cette eau avait affolé les mini vessies – nous avons roulé jusqu’à Picton.
Après avoir visité quelques boutiques, nous avons repris la route pour Belleville où nos amis étaient déjà arrivés. La journée s’est terminée sur les courses habituelles de début de week-end et sur une sortie au parc de jeux tout proche : le parc East Zwick’s Centennial Park. L’horizon est gris mais la richesse et la diversité des jeux valent à elles seules le détour. Je suis persuadée que si la nuit et la pluie n’avaient pas menacé tomber, nos filles – nous n’avions que des fillettes à bord de cette aventure – y seraient encore.





« Bébéouba » – le surnom de Paco et le jazz, appelé ainsi à cause de l’extrait « voix » d’Ella Fitzgerald du livre – est depuis toujours notre livre phare. Offert par une amie, après que B. l’ait découvert dans les mains (et sous les boucles) de son fils, il a connu des jours heureux chez nous. Adoré de ma première, puis plus tard de ma deuxième fille, mille fois recollé, il chante toujours entre leurs mains, trois ans après. Sans changement de pile – un exploit si l’on considère que notre maison est pleine de livres sonores dont certains avaient déjà les piles vides quand ils sont arrivés chez nous – il emplit chaque matin et chaque soir notre maison de notes joyeuses.
On y suit Paco, qui arrive à la Nouvelle-Orléans, « la ville du jazz ». Il s’y fera des amis, et finira même par s’y produire!
Auzou fait partie de ses marques pour enfants dans lesquelles j’ai une confiance aveugle, à l’instar de Djeco, Avenue Mandarine, Janod ou Vilac. J’aime leurs illustrations, le choix des mots, des thèmes, leur ouverture d’esprit.
L’histoire est volontiers positive, les dessins sont adorables et les musiques choisies sont de purs classiques.
J’aime dans les livres sonores la façon dont ma fille peut s’approprier ces musiques, comme elle chantonne ces airs, comme elle dit « je veux Mozart », de la même façon qu’elle dit « je veux Peppa Pig ». J’aime que toutes ces musiques lui soient si accessibles. Et j’espère lui en faire découvrir encore beaucoup d’autres.
L’autre jour, à la garderie, c’était ce jour spécial où ma fille aînée pouvait choisir une assiette et un verre différents de d’habitude.
Ça faisait quelques années que j’avais réduit drastiquement la viande, achetant du jambon «à la coupe», des escalopes de poulet et parfois du magret. Et puis il y a un an, j’ai sauté le pas et banni toute viande de mon frigo. Au fur et à mesure des mois, nous avons lentement intégré des plats véganes. Un an de vie avec un poupon qui ne pouvait pas manger de produits laitiers avait déjà largement enrichi notre vocabulaire en la matière. Ma belle amie D., végane, a aussi contribué à cette transition, nous nourrissant de plats incroyables et alimentant ma bibliothèque.