Mauvaise rencontre

Autmone./ Photo Denis Collette

Autmone./ Photo Denis Collette

Arrêt sur image. Il est 22h. Je porte un vieux chandail, et une capuche sur la tête. A mes pieds, mes baskets de running vertes et roses. Flashdance mais en mieux. Elles sont trempées.
J’ai les pieds joints, les mains baladeuses. Tentative d’échappatoire, je sers encore plus les jambes. Mes bras sont pendus à son cou tandis que sa tête ruisselle. Il sent la mangue. Et l’orange aussi. Il sent le shampooing pour enfants dont on l’asperge depuis 30 minutes.
Je tremble. Il fait froid les nuits d’automne au Canada. Mes doigts se crispent sous mes gants Mapa tandis qu’il hume l’air, indifférent à la fraîcheur de l’eau qui coule dans ses yeux. Il aimerait me fausser compagnie mais je crains pour son regard. Cécité partielle possible. J’ai lu ça quelque part. « Encore un peu, encore un peu », je dis. A quel moment est-ce assez?
L’odeur est toujours là, entêtante. Encore une fois. Encore un bol. Encore un tour. Ne bouge pas, je le supplie. Il s’appuie contre moi, indolent, endormi par la nuit. Je frissonne malgré sa chaleur. C’est la deuxième fois, la troisième fois peut-être. La mousse recouvre encore une fois son crâne tandis que l’eau tiède du mélange creuse des sillons dans ses poils blancs.
Aucun changement, soupire l’amoureux, en tenant son nez à respectueuse distance du museau criminel.

Alors je perds mon self-control et abandonne le navire.

MAIS PUTAIN, je glapis, QUELLE IDÉE A EU CE CLEBS D’ALLER SENTIR LE CUL D’UNE MOUFETTE ?

Seul le vent de la nuit me répond, insolent, tandis qu’Eleven frotte avec volupté sa tête mouillée dans l’herbe fraîche du jardin.

-Lexie Swing-

Parent : de l’indispensable « temps pour soi »

J’ai longtemps cru que la chose qui pouvait vraiment me faire dégoupiller, c’était le manque de sommeil. C’était certainement au temps où, petite étudiante, mon seul souci était de me préoccuper de mon petit nombril et où mes motifs de plainte étaient les lendemains de soirées trop arrosées après lesquelles je manquais de sommeil (et d’eau). A ce stade, je pouvais effectivement devenir fort désagréable.

Ma première fille n’a pas trop entamé cette perception. Nous étions deux à l’élever quasiment à plein temps. Lorsque je me lassais de la bercer, je passais la main et le bébé à son papa et partait disputer une partie du tennis ou répéter les lignes de mes pièces de théâtre (écrit comme ça je trouve que j’avais vraiment une vie trépidante, on dirait pas que je vivais au milieu des canards gavés et de l’herbe fraîche de mon Gers d’adoption). Je manquais parfois de sommeil mais rarement de temps.

Me voici désormais mum-of-two et le bus de la réalité vient de me rentrer dedans. Ce qui me manque le plus, ce n’est pas le sommeil, c’est le temps. Le temps pour moi. Le temps pour lire. Le temps pour écrire. Le temps pour placoter. Le temps pour clavarder. Le temps pour m’arrêter, un instant, et rêvasser.

Or ce temps est indispensable. Je m’en rends compte aujourd’hui. Je sors d’une journée marathon où j’ai dormi, mangé, conduit et respiré en gardant toujours un oeil sur mes oisillons, et sitôt Mr Swing revenu, je n’aspirais qu’à une chose : lui larguer notre progéniture pour prendre le large. Mais ce n’est pas toujours possible. Et la routine alors semble interminable : jeux, repas, bain… qu’est-ce qui vient après? As-tu vraiment envie d’une histoire ce soir? Comment ça tu veux faire pipi? Tu as déjà fait pipi… Dis-moi, E., cette suce, tu comptes la recracher encore longtemps? Non, plus de bisous. Tu te lèves encore, je ferme la porte. Attention, je compte jusqu’à trois. Oh et puis non, je ne compte pas, ras le bol. Et là, on atteint le point de dégoupillage. On se met à hurler, à rager. On tire l’amoureux du lit, « viens tout de suite, je vais perdre mon calme, comment ça je hurle déjà? »… Le moment pour soi devient le seul salut…

Il y a quelques jours, nous avons couché la miss, et tandis que sa petite soeur s’endormait dans les bras de son papa, j’ai attrapé les clés de la voiture, et je suis partie. Direction les magasins. Nous avons la chance au Canada qu’ils ferment à 21 heures en semaine… Dans ma voiture qui roulait dans la nuit, je chantais à tue-tête. J’ai erré dans les magasins déserts. J’ai acheté des trucs inutiles. J’ai posé des questions aux vendeurs esseulés qui n’attendaient que mon départ pour fermer. J’ai chanté encore sur le trajet du retour. J’ai imaginé comment j’aimerais me marier peut-être un jour. J’ai songé à nos prochaines vacances. Je me suis demandée quelle couleur de rouge à lèvres m’irait le mieux. Et interrogé sur les paroles de la chanson Rosie de Cabrel. Je l’ai braillée encore une fois, phares éteints, devant la maison. Et puis je suis rentrée. C’était calme, endormi. C’était doux. J’ai embrassé du bout des livres mes poupées. Et puis j’ai raconté à l’amoureux mon analyse psycho-cabrelistique sur fond de « si on se marie, j’aimerais que… », et il s’est foutu de moi.

C’était une belle soirée.

-Lexie Swing-

A toi ma grande

Prête pour la pluie./ Photo DR Lexie Swing

Prête pour la pluie./ Photo DR Lexie Swing

Qu’on l’affiche ouvertement ou qu’on le taise, on est parfois critique envers son enfant, même tout petit. On s’inquiète de sa motricité, on sourit de ses hésitations langagières, on s’apitoie devant sa solitude. On voudrait qu’il ait plus d’amis, plus d’idées, plus de vocabulaire. Devant son berceau de naissance, on se jure de ne jamais, jamais le comparer, et puis sitôt rentrés à la maison, on tape « combien un bébé de trois jours boit-il de lait en ml par biberon multiplié par son poids et divisé par mon nombre d’heures de sommeil? » et c’est la fin des haricots. Il n’est plus lui, unique, mais lui, comparable à tout un tas d’autres ptits culs plus ou moins bien desservis par la vie.

J’ai fait de même, depuis toujours avec ma grande. Même si je pense ne lui avoir mis aucune pression particulière, mon fort intérieur de mère bien (quoique) avisée aimerait parfois qu’elle soit plus ceci, et moins cela. Mais elle a bien des qualités, et je voulais lui rendre justice.

« Ma chérie, des fois, tu me rends chèvre à ranger les choses au carré, recommençant 100 fois jusqu’à ce que tout soit parfait. En vrai, j’envie ton calme, ta précision, ta volonté que toujours soit ordonné et rectiligne. Tu retrouves des choses que je croyais perdues, tu crées de l’ordre là où je ne mets que du foutoir. Tu as 2 ans, j’en ai bientôt 30, et en termes de rangement, tu as tout à m’apprendre. »

« Des fois, j’aimerais te pousser dans le dos pour que tu descendes enfin de la glissade, que tu t’avances vers ce groupe d’enfants ou que tu sautes avec eux au milieu du château gonflable.  En vrai, je suis soulagée de ta retenue. Tu ne te jettes jamais tête la première dans la mêlée. Tu prends le temps d’observer, qu’il s’agisse d’un obstacle ou d’un groupe qui t’attend. Et lorsque tu te lances enfin, tu n’as pas besoin de recommencer. Tu as su faire de suite, puisque tu t’y es préparée. »

« Des fois, j’aimerais que tu arrêtes de me demander et ça c’est quoi? ou stopper ta litanie lorsque tu répètes le nom des fleurs et des animaux qui se trouvent dans tes livres d’images. En vrai, j’admire ton incroyable mémoire, ta capacité à te souvenir du nom exact de fleurs dont je ne connaissais même pas l’existence jusqu’alors. »

« Des fois, j’aimerais te dire d’arrêter de minauder, de prendre des pauses et des intonations affectées. En vrai, ça m’émeut lorsque tu te penches vers ta petite sœur et que de ta voix de petite dame tu lui susurres ça va mon amour?, et que tu lui caresses la joue, doucement, très doucement. »

« Des fois, j’aimerais que tu arrêtes de piquer toutes les affaires de ta soeur, que tu cesses de me les ramener une à une en me demandant s’il faut prendre ça, ou ça, et que tu ne mettes plus tes doigts tout sales sur sa sucette. En vrai, je suis surprise lorsque tu me ramènes ses chaussons et sa tuque avant de partir en balade, lorsque tu me désignes les couches ou le sac que j’ai oubliés, et que ta soeur cesse enfin de pleurer car grâce à toi (et tes doigts sales) le chemin de sa bouche sa sucette a retrouvé. »

Des fois, tu me rends dingue, à en hurler. Et je hurle, parfois. Contre moi, contre toi. Contre mon impatience, contre ton insolence. En vrai, je t’aime plus que tout, ma grande-grande-toute-petite.

-Lexie Swing-

 

D’où viens-je…

Chacun son histoire./ Photo Steve C

Chacun son histoire./ Photo Steve C

J’ai lu l’autre jour le témoignage d’une mère de famille dont l’aînée est malade. Une leucémie. Si sa fille rechutait, une greffe de moelle osseuse serait nécessaire. Sa maman s’interrogeait alors : « devraient-ils avoir un autre enfant dont la compatibilité avec sa sœur serait testée au moment même de sa conception, assurant ainsi à cette dernière de pouvoir un jour, peut-être, bénéficier de la greffe de moelle nécessaire à sa survie? »
Les commentaires étaient chaleureux mais les interrogations inévitables. Comment cet enfant vivrait-il son statut de « bébé médicament », comme on les appelle souvent? Je rappelle pour la forme que le bébé en lui même n’est pas affecté par la greffe car le prélèvement se fait au niveau des cellules du cordon.

Il sera né dans l’unique but de sauver sa sœur, écrivait quelqu’un, l’air visiblement soucieux d’une telle destinée. Moi je trouve ça assez ambitieux comme raison de vivre. Nous n’avons pas tous l’étoffe d’un super-héros mais certains d’entre nous naissent déjà avec un destin de sauveur donc. Même JC n’a pas fait mieux.

Non sans rire. « Vous ne l’aurez pas vraiment désiré ». Comme si l’amour qu’on porte à un enfant se mesurait à la grandeur de l’envie qu’on a eu de l’avoir.

Que dire alors…
De ceux qui ont été conçus « par accident », à cause d’un oubli de pilule ou d’une soirée trop arrosée?
De ceux que la mère désirait ardemment et le père un peu moins, ce-dernier ayant profité du séjour à la maternité pour s’éclipser ?
De ceux conçus vite vite après la disparition d’un frère ou d’une sœur aîné(e)?
De ceux pour lesquels il a fallu l’intervention d’une tierce personne, donneur de gamettes ou mère porteuse ?
De ceux, ces petits derniers, conçus pour stabiliser un couple qui n’en finissait plus de se séparer (et finit souvent par divorcer quand même)?
De ceux qu’on attendait pour apporter « l’autre sexe » à une famille dont la fratrie n’était que d’un seul genre… Et qui se retrouvent à avoir encore une fille, ou encore un garçon ?

Nous sommes tous nés pour des raisons qui n’appartiennent qu’à nos parents. Pour des actes manqués. Parce la vie l’avait décidé. Nous ne sommes pas toujours acteurs de la conception mais nous seuls prenons la décision de garder ou non cet enfant, et c’est à cet instant précis que le désir d’avoir cet enfant intervient. Il ne se mesure pas, ne s’évalue pas, et ne peut guère se juger.

On craint qu’un bébé médicament vive avec un fardeau, mais c’est nous, ses parents, son entourage, ses amis, la société, qui choisissons d’en faire un fardeau. Et nous avons aussi le choix d’en faire une réalité acceptable. Une conception comme une autre. En tant qu’individu, nous ne nous résumons pas à la raison pour laquelle nous avons été conçus, ni à la manière dont nous l’avons été. Ce n’est qu’une infime partie de qui nous sommes.

Ce qui importe, à mes yeux, c’est la vérité. Asseoir l’invraisemblable. Accepter de mettre à nu son histoire et parfois ses erreurs pour laisser son enfant grandir libre. Ce qui entrave une vie, ce n’est pas la raison d’une conception, c’est le secret qui l’entoure. Le fardeau, c’est le secret.

-Lexie Swing-

Fous d’amour

Sieste./ Photo DR Lexie Swing

Sieste./ Photo DR Lexie Swing

Aimer le deuxième autant que le premier ? La question est naïve, mais la crainte est bien réelle : comment peut-on aimer une inconnue de la même façon que la petite fille que l’on chérit depuis deux ans et demi ? Ses yeux verts vs ses yeux sombres, son sourire face à son air terriblement sérieux, nos conversations contre son silence, à peine ponctué de quelques cris et petits grognements. « Quand tu la verras… ». Je l’ai vue et l’électrochoc n’a pas eu lieu. C’était un joli bébé, venu on ne peut plus facilement, qui m’observait de son air tendre. Je lui souriais, faisais lentement danser mes doigts sur ses cheveux tout doux, mais la vague d’amour me submergeait-elle? Pas exactement.
J’ai eu une petite appréhension… Et si ce n’était jamais aussi fort que pour sa grande sœur ?

Je ne sais pas vraiment à quel moment le vent a tourné. Aux premiers pleurs ? Au premier demi-sourire poli offert au creux d’une nuit agitée? Lorsqu’elle s’est endormie couchée en chien de fusil, face à moi, sur le lit d’hôpital, après s’être accrochée à mes bras toute la nuit durant ?
Je sais qu’à un moment, j’ai pensé à elle, et ce n’était plus pareil. Lorsque ses yeux ont plongé dans les miens, mon cœur s’est gonflé d’amour. Et lorsque sa sœur nous a rejoint, j’ai bercé dans mes bras mes deux filles, avec un amour sans doute différent, mais aussi fort l’un que l’autre.

J’ai encore de la peine à réaliser que la petite mandarine est ma fille, mon enfant à moi. Les grands yeux verts aux cils démesurés, le sourire coquin aux dents écartées, et les cheveux presque blonds, je les reconnais comme tels, même s’ils semblent finalement peu de moi. La petite mandarine, avec ses cheveux et sa peau sombre, me sont tout à la fois beaucoup plus ressemblants et beaucoup plus étrangers. En attendant qu’un matin je réalise qu’elle est mienne, tout autant que je suis sienne. Des gènes communs, et beaucoup de ressemblance. Et de l’amour, à en perdre la tête.

-Lexie Swing-

 

PS Et vous, le deuxième? L’amour au premier regard ou quelque temps plus tard?

Un souffle d’Eire

Une petite lionne d'août./Photo DR Lexie Swing

Erin, ma petite lionne d’août./Photo DR Lexie Swing

À l’aube de notre vie d’adulte, on se demande parfois qu’elles seront nos dates marquantes, nos dates rencontres, nos dates de fête. Dans notre histoire à nous, le 20 août restera celle où notre petite mandarine est venue au monde. Insaisissable, lumineuse, tempétueuse, à l’image de la belle Irlande dont elle porte un nom dérivé, elle a provoqué un véritable raz-de-marée dans nos cœurs qui ne savent plus que faire face à tout cet amour. À toi ma douce… Je te souhaite la plus belle des vies, en notre compagnie.

-Lexie Swing-

Ses petits pas

Petits pas./

Petits pas./

Besoin d’être rassurée ? Envie de partager des moments avec nous avant que le bébé et ses cris ne viennent terrasser notre apparente tranquillité ? Difficile de savoir, mais ces temps-ci, chaque matin (ou chaque aube, c’est selon), Miss Swing se précipite hors de son lit dès potron-minet pour grimper dans le nôtre. Ses petits pieds résonnent sur le parquet tandis qu’elle court, désorientée par le sommeil. Endormie avant que l’on se couche, elle garde parfois en mémoire la vision de nous attablés dans la cuisine et y court, cherchant les yeux mi-clos nos visages dans la pénombre et heurtant au passage les chaises censées bloquer le passage au chien, lui qui aimerait ça, aussi, venir sous notre lit en pleine nuit.
Alors on l’interpelle, on la saisit au détour du frigo ou au pied du lit, et on la place précautionneusement entre nous. Pouce dans la bouche, elle se blottit comme un chaton ronronnant. Elle se rendort parfois, la tête dans notre cou, repoussant toujours les couvertures, se fichant comme d’une guigne de nos bras qui ont froid et de nos tentatives désespérées pour faire glisser la couette de notre côté.
Souvent, elle en profite pour se réveiller. Surtout la fin de semaine lorsque la grasse matinée serait tout indiquée. Dès 6h tapantes, elle s’agite, dansant d’une fesse sur l’autre. Elle réclame le lapin en peluche de sa sœur que nous gardons au creux de notre lit. Déshabille son père pour voir « son bedon » et savoir si lui aussi il a quelqu’un dedans. Nous harponne les yeux de ses petits doigts aux ongles toujours trop longs. Improvise quelques caresses à nos bras, nos dos, qui se détendent sous ces câlins imprévus, jamais assez longs à notre goût.
Très vite, elle veut le chat, elle veut les poupées, elle veut manger. Elle veut le lait au chocolat, elle veut la piscine même s’il pleut dehors, elle veut croquer la vie, à pleines dents si possible.

-Lexie Swing-

On a testé le baby-gym des Parcours Karibou

Le Tour du Monde de Karibou./

Le Tour du Monde de Karibou./

Avant d’avoir des enfants, bon ok un-enfant-presque-deux, je ne comprenais pas les parents qui inscrivaient leurs tout-petits encore en couches à des activités para-garderie (c’est comme para-scolaire mais quand t’as pas encore de dents). Je veux dire… Ne pouvait-on pas laisser ces bébés vivre leur vie plutôt que de chercher à en faire des as de la compétition avant même leurs premiers pas?

Mais quand Miss Swing a eu 8 mois, nous avons eu envie de tenter l’aventure des bébés nageurs. Une superbe idée (je souligne parce que c’est pas toujours le cas!!). Elle s’est révélée être un bébé très intéressé par l’eau et la nage, dégourdi et désireux d’apprendre toujours plus. Une session, deux sessions, trois sessions. Nous déménageons à Saint-Bruno et c’est l’hiver. L’eau à moins de 35 degrés est une plaie pour moi et Mr Swing n’est que moyennement motivé à aller se baigner par -30 degrés. Nous parcourons donc la liste des activités municipales pour tout-petits et arrêtons notre choix sur « les parcours Karibou ».

Mon amie Aurore a testé et validé pour nous, il n’y a plus qu’à s’inscrire! A ce stade, nous sommes confiants mais pas trop : si Miss Swing est une intello de la première heure et un vrai poisson dans l’eau, il n’en va pas de même pour la motricité. Des petits parcours avec escalade, tunnel, slalom ou obstacles ont-ils de quoi lui plaire ? Pas si sûr.

C’était bien mal connaître son enfant… Miss Swing a A-DO-RE Karibou. Elle en parlait tous les jours, trépignant pour que dimanche arrive plus vite. Et les premières fois, elle était impossible à canaliser. Voulant tout essayer, elle rebondissait sur les matelas, escaladait la glissade avant de courir entre les obstacles, le souffle rapide mais le coeur vaillant.

Chaque cours se déroulait comme suit : un accueil enthousiaste, l’hymne chanté assis en rond à grands renforts de maracas, puis une explication du parcours. Selon les semaines, il s’articulait autour de différents exercices, consistant généralement à grimper, descendre, sauter, marcher sur des plots éloignés, marquer des paniers ou des buts, etc. Certains dimanches, un jeu gonflable était même installé (et pour mon malheur, j’avais la taille requise pour entrer dedans). La séance se terminait par le choix d’un collant (une bien mauvaise idée quand on connaît Miss Swing et son indécision chronique, j’admire cependant les animatrices qui sont toujours restées parfaitement calmes, même quand ma fille reposait pour la 32e fois le collant qu’on lui tendait en disant « Non, pas celui là »).

L’autre aspect positif, c’est qu’il y a eu un avant et un après Karibou. De petite fille assez gauche, Miss Swing est devenue une enfant dégourdie désireuse d’escalader le moindre support. Elle monte dans des glissades qui font frémir son père (parce qu’il doit la suivre) et le mur d’escalade du parc de jeu est devenu son objectif numéro 1. Elle ne court toujours pas très bien, mais Karibou nous a révélé un enfant plein d’énergie et sans peur. Les animatrices, visiblement bien formées, ont d’ailleurs su parfaitement l’analyser : « Elle ne se précipite jamais, elle observe, elle analyse, elle comprend, elle passe à l’acte et elle ne rate pas son coup ». Une nouvelle facette pour notre toute-petite.

-Lexie Swing-

Le Tour du Monde de Karibou se déplace dans différentes villes et quartiers. A découvrir ici.

Propre de nuit

Potty training./ Photo Tim Johnson

Potty training./ Photo Tim Johnson

Quand je sors du bain et que j’explique à Miss Swing que « je suis propre », elle me répond invariablement : « Ah tu ne portes plus de couches toi non plus? »

Parce que voilà, c’est officiel : Miss Swing ne porte plus de couches, ni le jour… ni la nuit! Nous aurons mis six bons mois entre les deux étapes mais les super-couches maxi absorbantes spéciales pipi de nuit sont désormais supprimées.

Les choses avaient été aisées : sur le pot vers 16 mois, arrêt définitif des couches de jour à 20 mois et propreté réelle (plus aucun accident à déplorer) à l’aube des 21 mois. Ceci étant fait, nous nous sentions nettement moins pressés pour la suite. Difficile de faire jouer la volonté de l’enfant ou sa capacité à reconnaître l’envie de faire pipi lorsqu’il est profondément endormi. Et puis la grossesse est arrivée, et ma propre envie de changer un lit entier à 2 heures du matin a considérablement terni ma motivation.

Quand j’ai demandé à ma copine S. à quel moment elle avait enlevé les couches de nuit de son aînée, elle m’a répondu qu’elle avait été « un peu flemmarde » et avait attendu « environ un mois de couches sèches au réveil » avant de les enlever. La flemme… ça me connaît en ce moment. J’ai fait mien son principe. Un soir, après les courses, j’ai prévenu : « voilà chérie, il y a 30 couches dans ce paquet neuf. 30 couches, c’est 30 dodos. Si tu fais 30 dodos au sec, plus de couches ». Elle a dit oui oui, moi pas dodo maman, et elle est partie en courant, toute nue dans la cuisine, comme tous les soirs.

Un paquet plus tard, à l’aube du week-end, nous avons supprimé les couches… avec succès. Un accident le mois précédent du type « elle vient de demander à faire un pipi à minuit, on va pas lui remettre de couche, elle va pas faire deux fois dans la même nuit » m’a appris quelques trucs. Si j’avais trois conseils techniques à donner, ce serait :

– Mettez une deuxième alèse par dessus le drap. En cas d’accident, vous n’aurez qu’à enlever celle-ci pour retrouver un lit propre, et pas à vous battre avec un drap-housse, une alèse, une autre alèse à remettre à la place de la première, un drap-housse, etc…

– Dans la même idée, enfilez un pyjama couvrant à votre apprenti enfant propre et laissez de côté la couverture ou la couette. Réduisez aussi le nombre des peluches. Devoir les sentir une à une à deux heures du matin pour savoir lesquelles ont été atteintes par le pipi et lesquelles ont eu la vie sauve n’a rien d’une affaire rigolote.

– Réduisez l’eau avant le coucher. Le canicule en France et les températures attendues au Québec cette semaine nous poussent plutôt à boire beaucoup mais privilégiez une excellente hydratation la journée et réduisez l’eau après le souper. Ou mieux : attendez la fin de la chaleur pour enlever les couches.

Et puis racontez-moi, ça s’est passé comment chez vous, la propreté ?

-Lexie Swing-

Petite Française

Petite fille en robe jaune./ Photo Amanda Tipton

Petite fille en robe jaune./ Photo Amanda Tipton

Elle porte une robe jaune. Jaune soleil. Une robe d’été, ample et fluide, qui forme une corolle autour d’elle lorsqu’elle s’assoit par terre, jambes exagérément écartées, dans cet improbable grand écart dont seuls les tout-petits et quelques gymnastes sont encore capables.

Elle porte une robe jaune. Elle l’a sortie de son carton ce matin. Colis express. Venu de France. Made in Catimini. Ma maman la gâte, et elle le sait, répétant à l’envi « C’est Talou qui a envoyé la robe ».

Elle porte une robe jaune. Elle l’a enfilée seule, juste après avoir bataillé avec le bloomer assorti. Elle a aperçu ses jambes dans le miroir. A crié « Maman, je suis tout nue ». N’a pas semblé s’en préoccuper davantage. Même si, en bonne fille de sa mère, elle a couru réclamer de la crème solaire.

Elle porte une robe jaune. Et un chapeau de paille. Elle marche avec son papa vers l’épicerie. Une dame les arrête. « Elle est tellement jolie, tellement bien habillée, habillée comme une petite Française ». Ma petite Française et ses robes hors de prix.

Ne rien sacrifier au style. Assortir son chandail et son gilet. Sa robe et son bloomer. Prétexter qu’il fait chaud pour éviter les surcouches malvenues. Penser à la barrette de couleur pour réhausser la tenue. Comme une petite Française.

-Lexie Swing-