Mois de mai: mes sens en éveil

Chaque mois fourmille de découvertes, de coups de coeur, de surprises et de coups de gueule. En mai, bravant la pluie ou la contemplant depuis mon canapé, j’ai ainsi noté plein de choses.

Chez le pédiatre, j’ai vu… deux papas solos qui jouaient dans la salle d’attente avec leurs fillettes respectives. Mouchoirs dans la poche, dosettes de lait dépassant du sac, ils patientaient, sortant sans s’énerver les jeux du bac toujours trop plein, les yeux rivés sur leur progéniture, attentifs. Un vrai pied de nez aux clichés et aux diktats sociaux.

Chez moi, j’ai entendu… ma nièce me dire « Tatie, t’es belle avec ton rouge à lèvres, on dirait une poupée! »

Lac de brouillard en ce joli mois de mai./ Photo DR Lexie Swing

Lac de brouillard en ce joli mois de mai./ Photo DR Lexie Swing

Et lors d’un repas, j’ai aussi entendu… une connaissance qui affirmait « qu’on pouvait bien donner aux homosexuels les mêmes droits qu’aux autres, mais pourquoi s’embêter à appeler ça mariage? On avait qu’à élargir le PACS, après tout le mariage c’est historiquement entre un homme et une femme… Non et puis moi, j’ai des copains homosexuels et ils s’en fichent du mariage… » Et la moutarde m’est montée au nez…

A propos du Canada, j’ai lu… un blog qui disait: « Lors d’une réunion d’information à laquelle j’avais assisté à l’ambassade du Canada à Paris avant d’émigrer, l’intervenante, Québécoise, nous avait prévenus : « Dans une réunion au Québec, quand le ton monte, la réunion s’arrête. En France, c’est là qu’elle commence. ». Ca m’a fait réfléchir…

– Lexie Swing-

Django Unchained, de Quentin Tarantino

Comme je l’écrivais il y a quelques jours, j’ai pu voir dimanche Django Unchained, le dernier long-métrage de Quentin Tarantino. Je ne me suis pas précipitée dès la sortie, l’univers de Tarantino pour moi c’est « j’aime bien sans plus ».

Première surprise: je passe sur allocine.fr pour visionner la bande annonce. Et là, carton quasi plein du côté des avis. Spectateurs et critiques semblent pour une fois s’être mis au diapason: le film est excellent. « Film brillant, exaltant, émouvant… » pour Chroniqu’Art. « Sublime », « Le meilleur de Tarantino » côté spectateurs. On est rassuré quand au choix du film: ce ne sera peut être pas le pied total pour nous mais on devrait au moins passer un bon moment.

Django Unchained./ Photo allocine.fr

Django Unchained./ Photo allocine.fr

Constat: j’avais détesté Pulp Fiction (oh crime de lèse-majesté), j’ai adoré Django Unchained. Parce que l’univers parfois insensé de Quentin Tarantino se prête à merveille au climat un peu déjanté du western spaghetti. Parce qu’alors il peut se permettre des effusions de sang façon grenades de sauce tomate sans que cela paraisse grossier ou surfait.

En bonus, pour tout bon citoyen qui se respecte et lutte, même a minima, contre les injustices sociales, il y a la tentative d’un Noir de retrouver sa liberté en plein climat esclavagiste. « Pourquoi nous regardent-ils tous ? « , demande un jour le Dr Schultz à Django, son compagnon de route. « Parce qu’ils n’ont jamais vu un Noir à cheval », rétorque aussitôt l’ancien esclave. Aidé par cet Allemand progressiste, qui abhorre jusqu’au concept même de servitude, Django va donc se défaire de ses chaînes à l’aube de la guerre de Sécession qui fit rage, pour rappel, entre 1861 et 1865.

Si Jamie Foxx (Django Freeman) et Christoph Waltz (Dr Schultz) sont épatants dans leurs rôles respectifs, je me suis particulièrement délectée du jeu de Leonardo Dicaprio (Calvin Candie), qui a pris, visiblement, un plaisir jouissif à jouer ce rôle de méchant propriétaire terrien un brin maniaque. Mention plus que spéciale à un personnage détestable, Stephen, vieil homme noir à la botte des Blancs qui n’hésite pas à châtier ses pairs pour l’exemple. Son excellent interprète? Samuel L. Jackson.

J’ai trouvé quelques longueurs, mais le film fait près de 2h45 au total. J’ai aussi pris, au final, beaucoup de plaisir. Le jeu est bon, l’histoire rythmée et, comme d’habitude, Tarantino fait une brève apparition (un « caméo ») pour mourir aussitôt.

A noter la très bonne BO, dont « Freedom » d’Anthony Hamilton et Elayna Boynton.

-Lexie Swing-

Cinéma: inclassable « Ted » de Seth MacFarlane

Vous êtes vous déjà demandés ce que serait devenu votre adorable ours en peluche 25 ans après votre rencontre? Pour le moment, il dort sur votre vieille commode d’enfant mais, et si vous aviez fait le voeu de le rendre… vivant?

John et Ted... ont grandi./ Photo DR Allociné

John et Ted… ont grandi./ Photo DR Allociné

C’est en tout cas le souhait fait par John Bennett à l’âge de 8 ans. Parce qu’il n’a aucun ami, il demande à ce que son ours en peluche Teddy devienne réel. Une étoile filante et bingo: un coeur se met à battre sous la fourrure synthétique de la grosse peluche. Il est doux, rassurant et jure d’être à vie, « le copain de tonnerre » de John, pour le meilleur… et pour le pire! Presque 30 ans plus tard, Ted est toujours là, mais il a grandi: l’ours du petit garçon est devenu une peluche qui rote, s’enfile bière sur bière et qui ne sort jamais sans son bang. Il aime les filles écervelées mais bien gaulées, et les fêtes déjantées. Vous en rêviez? Seth MacFarlane l’a fait, et c’est un joyeux bordel. A voir le film, on en vient à se demander si une bande de scénaristes un peu dingue n’a pas joué à « imaginez ce que votre ours en peluche devenu vivant pourrait faire de plus trash ». Et dans le désordre ils ont donc pensé à : baiser une collègue caissière entre les choux et les carottes dans l’arrière-boutique, simuler une éjaculation faciale avec du Pouss-Mouss®, inviter quatre prostituées dont l’une fera, suite à un gage, ses « besoins » sur la moquette, faire kidnapper Ted par un père et son fils obsédés par cet ours magique, etc.
Heureusement, le film Ted n’est pas que ça. Malgré son côté totalement cinglé, il s’agit également d’une ode au passage à l’âge adulte. John Bennett, malgré la relation qu’il entretient depuis 4 ans avec la belle Lori, alias Mila Kunis, est, à 35 ans, ce qu’on a coutume d’appeler un « adulescent ». Pas d’engagement, de la fumette à longueur de journée et une vie envahie par l’ours Ted qui symbolise magnifiquement ici le refus de passer à l’âge et au statut d’adulte.

Un petit bémol cependant: la succession de situations rocambolesques empêche quelque peu d’entrer dans le film. On reste à la place de spectateur pur. Pourtant, l’idée initiale est excellente.

 

-Lexie Swing-

SkyFall: plongée dans les souvenirs de James Bond 007

Après Frankenweenie, le nouveau James Bond s’est présenté comme une sortie ciné tout à fait honorable. Le film commence par une course-poursuite et se finira dans une grande bataille: les ingrédients des James Bond originels sont là. Dans Skyfall, Daniel Craig est soigneusement musclé, acerbe, authentique, mais aussi, pour la première fois, fragile. Porté disparu, et potentiellement mort, après une mission qui tourne mal, il reapparaît en apprenant à la télévision que le MI6 a été victime d’une attaque terroriste. Affaibli, dépassé par ses mois de convalescence, il peine à retrouver sa place. Un maillon essentiel a pourtant besoin de protection: M., directement visée par un ancien agent revanchard.

Affiche du film Skyfall

Affiche du film Skyfall./ Photo DR Allocine

Ce James Bond ne ressemble à aucun autre: les batailles des début et fin sont presque les seules, l’introspection des différents personnages est de mise et leur passé flotte comme un brouillard de plus en plus opaque sur le présent du MI6. On est clairement à un tournant: James Bond et M. ne sont-ils pas trop vieux pour continuer leurs missions? La lutte contre le terrorisme peut-elle être menée uniquement derrière un bureau et un ordinateur, avec des ingénieurs en couche culotte aux manettes?

Outre Daniel Craig et Judi Dench (« M »), plusieurs acteurs marquent le film. En première ligne, Javier Bardem, dans un jeu aussi follement jouissif que celui de Heath Ledger dans Batman « The Dark Knight ». Ultra maquillé, blond platine et totalement dingue, son personnage de « Raoul Silva » vaut à lui seul le déplacement. Dans le rôle du jeune prodige « Q », Ben Whishaw est parfait. La découverte vient peut être de Gareth Mallory, joué par Ralph Fiennes, qui loin du politique plus bureaucrate qu’homme de terrain, se révélera être un atout majeur pour le MI6. Et puis voir se transformer un costume-cravate en chemise déchiré et pistolet au poing, ça fleure toujours bon l’aventure.

On regrettera la « James Bond girl » qui, si elle a beau être française et magnifique, n’a pour autant rien de ces femmes féroces et ultra sexy auxquelles les James Bond nous avait habitués. 20 minutes du film lui sont consacrées, elle est une victime et elle meurt très vite. Ok, elle a de beaux cheveux. Mais elle n’est pas assez dans le film pour mériter d’être estampillée « James Bond Girl ». Dans ce rôle, j’aurais plutôt vu Naomi Harris. Certes, la fin révèle que son importance est tout autre. Mais elle est sexy, elle maîtrise pas mal les courses-poursuites et elle s’adonne à quelques jeux sexuels avec James Bond, que demander de plus…

Skyfall est-il bon, mauvais, mieux ou pire que ses prédécesseurs? Aucune idée, mais il ne ressemble à aucun autre. Son rôle charnière en fait un James Bond à voir, et pourquoi pas au cinéma. La lande écossaise n’a jamais été aussi belle et mystérieuse que sur un grand écran.

 

-Lexie Swing-

Gris mais désopilant… Frankenweenie, de Tim Burton, est dans les salles

Les films sont comme les livres, faire la queue durant des heures pour les voir le Day « D » de leur sortie ne m’a jamais attiré. Je me dis qu’il devrait en rester pour les autres les jours d’après aussi… Et en plus confortable même! Hier, il y avait 30 personnes devant Frankenweenie de Tim Burton, et 100 places laissées vides. De quoi étendre les jambes sur les sièges du devant et s’empiffrer de tous les bonbons qui n’étaient pas en rupture de stock à la machine du cinéma.

Sparky, héros de Frankenweenie

Sparky, héros de Frankenweenie./ Photo DR Allocine

Frankenweenie est un véritable film d’animation pour adultes. Sombre, en noir et blanc, avec des références très présentes aux films d’horreur et d’épouvante. Mais surtout, il met en scène un souvenir, réel pour certains, seulement désiré pour d’autres, partagé en tout cas par beaucoup de spectateurs: l’amitié intense d’un enfant et de son chien. Sparky le chien, qui ressemble, disons, à un bull-terrier, est terriblement attachant. Tim Burton l’a rendu doux, calin mais aussi obéissant et joueur. Il va chercher la balle sans fin, mime avec un redoutable sens de la scène les scénarios créés par son petit maître Victor pour les besoins de ses mini-films, et s’endort le soir sur le tapis au pied du lit du petit garçon. Curieusement, Sparky est encore plus attendrissant ensuite, lorsque Victor le ramène à la vie: sa queue mal recousue s’arrache lorsqu’il l’agite un peu trop fort, il fuit après avoir bu de l’eau et ne retrouve de l’énergie qu’après avoir été branché sur secteur. Mais il est toujours incroyablement attaché à son maître. Tout part ensuite à vau-l’eau lorsque les caramades de classe de Victor vole au petit garçon ses formules scientifiques pour redonner vie à leurs propres animaux de compagnie… dans des proportions quelque peu démesurées.

Tim Burton, qui avait imaginé ce scénario dès 1984, a utilisé la technique du stop-motion. Chacun des personnages a été créé et manipulé à la main. Pour une seconde du film, 24 photos sont prises et projetées les unes après les autres pour obtenir un mouvement. Frankenweenie est considéré comme autobiographique car Tim Burton voulait, d’une certaine manière, rendre hommage à la relation que lui-même avait eu enfant avec son chien. Le cimetière qui domine la ville est un élément habituel des films d’épouvante. L’originalité réside dans le fait qu’il s’agit ici d’un cimetière d’animaux. Sur les tombes, ce n’est plus Mark Untel ou Jane Chouette mais plutôt Shelley, Hercule, Kitty et autre Colosse que l’on peut lire. Pour l’anecdote, les gens qui travaillaient sur le film d’animation auraient tous demandé à leurs proches les noms de leurs animaux de compagnie. Un joli clin d’oeil.

-Lexie Swing-

Sexe du bébé: la surprise au bout des 9 mois?

Je voulais savoir le sexe de mon bébé. C’était impétueux et irrésistible comme envie. Ca m’a pris à 7 semaines de grossesse et ne m’a pas lâché depuis. J’interprétais tous les signes, faisais vriller les horoscopes chinois sur la Toile, calculais en fonction des lignes, me levais le matin en glapissant « c’est un garçon, j’ai rêvé que c’était un garçon », et tapais des demandes pleines de sens sur Google du type « instinct-sexe du bébé- vrai ou faux ».

Soyons clairs: les seules qui ont deviné le sexe de mon bébé avant l’échographe ont été une fille qui calculait en fonction des pleines lunes et lunes noires (mais il paraît que ça marche avec les vaches, alors pourquoi pas avec moi ;)) et ma belle-soeur. Et pour cette dernière, je suis presque sûre que c’était par esprit de contradiction quant aux opinions du reste de la famille.

Aujourd’hui, dans la moitié des cas, il est possible de connaître le sexe, du moins son estimation, dès 12 semaines d’aménorrhée (SA). L’obstétricien observe alors la forme du « turbercule génital ». En fonction de son inclinaison, il pourra vous dire si c’est plutôt une fille (bourgeon presque parallèle au dos de l’enfant, angle inférieur à 10%), ou un garçon (angle de 30% environ par rapport au dos). Mais pour que cela soit réalisable, il faut que les clichés soient bons. Et la chose se révèle donc plutôt corsée quand vous avez un bébé qui prend votre utérus pour une piscine olympique en plein championnat… Autant l’avouer de suite: nous n’avons rien su à l’écho des 12 SA.

Echographie

Echographie./ Photo DR -Jérôme-

Quand vous loupez ce rendez-vous avec la « vérité », vous pouvez éventuellement vous rattraper sur l’écho de contrôle des 17-18 SA. A ce moment, le sexe commence à se dessiner et l’estimation est plus précise. Cependant, seule une partie des obstétriciens réalisent cette échographie. Si vous êtes suivis par une sage-femme, vous devrez attendre la prochaine échographie : 22 SA. Ce fut notre cas.

Lorsqu’arrive cette deuxième écho obligatoire (12 SA, 22 SA et 32 SA sont les trois rendez-vous originellement prévus), l’obstétricien vous demandera si vous souhaitez connaître le sexe de votre enfant. A ce moment là, vous hurlez « OUIII ». Détrompez-vous, certains disent non. Certaines disent oui mais le conjoint dit non, ça arrive aussi (ou l’inverse, je suis pas sexiste). Sont-ils fous? Je vais vous surprendre mais… je ne crois pas! Et malgré le désir ardent qui me pousse à vouloir connaître le sexe depuis la 7e semaine de grossesse, je les comprends même. Dans mon entourage, ils sont quelques-uns à avoir attendu la naissance. Plusieurs cas alors:

– Il y a ceux qui avaient déjà une fille et un garçon, et attendaient un troisième enfant. Ils avaient déjà « le choix du roi (et de la reine) », n’avaient pas de préférence pour ce troisième bout d’chou et connaissaient par coeur les différentes étapes de la grossesse. D’où l’envie d’avoir une petite surprise dans ce parcours bien rodé.

-Même finalité pour la seconde catégorie: les grossesses après une procréation médicalement assistée (FIV, etc…) Et là, une réponse unanime: « C’était déjà tellement médicalisé et organisé qu’on voulait se réserver une part de surprise ».

– La troisième catégorie englobe tous les autres, puisqu’on est pas forcé d’entrer dans une case. Que ce soit le premier ou le vingtième, une grossesse rapide ou un parcours compliqué, il y a des gens qui adorent les surprises. J’ai posé la question à une quinzaine de couples et aucun n’a jamais regretté d’avoir attendu la naissance pour découvrir le sexe de celui (celle) qu’ils ont souvent appelé durant la grossesse « le kinder » en référance à l’oeuf Kinder surprise.

Alors pourquoi demander le sexe à 22 SA si c’est si bien d’attendre jusqu’à la naissance? Parce que, si certains préfèrent avoir la surprise, d’autres aiment bien les étapes. Pour nous, c’était essentiel. On ne souhaitait pas se fendre d’une déco sexuée, on est plus combinaisons que robes et petits pantalons mais c’était important pour créer un lien avec notre bébé, tout comme le fait de lui choisir un nom. Je ne regrette pas un seul instant et depuis que je sais, enfin, le sexe, je suis beaucoup plus sereine. J’ai arrêté d’imaginer sans cesse la prochaine écho, à compter les jours et à regarder des sites Internet délirants.

Et croyez-moi, voir « un trait » là où l’on pensait voir « quelque chose dépasser », c’est une sacrée surprise… Bienvenue ma fille!

-Lexie Swing-

Quid de l’égalité salariale dans le tennis

L’autre jour, sur France Info, le journaliste sportif a résumé le tennis « l’important, finalement, sera d’être le dernier à rester sur le court ». Il évoquait alors Wimbledon et l’envie farouche de Tsonga, Gasquet et autre Roger Federer de détrôner l’insaisissable duo « Djoko/Nadal » qui sévit depuis un an. Tsonga est pour le moment en bonne voie, puisqu’il vient de battre l’Australien Lleyton Hewitt en tout juste trois sets.

Et à l’heure où la bataille reste encore très digne sur les terrains herbeux du sud-ouest londonien, une autre fait rage en France: celle de l’égalité salariale entre tenniswomen et tennismen. L’idée semble normale, le contexte actuel la favorise, la question ne devrait « même pas se poser ». Mais comme l’a dit récemment une rédactrice en chef de ma connaissance, « lorsque pendant trente ans vous constatez que les choses les plus logiquement évolutives restent pourtant immobiles, il est temps d’ouvrir le débat ». Alors, l’égalité salariale dans le tennis: les sportifs sont des sportifs, les équipements sont les mêmes, l’ambition équivalente. Là où le bât blesse, c’est que le tennis féminin attire moins de spectateurs. Cela devrait-il déterminer les différences salariales?

Depuis trente ans pour l’US Open, un peu plus récemment pour les autres, l’égalité prévaut. Dans les tournois du Grand Chelem, les primes sont les mêmes, peu importe le sexe du joueur. Un joli symbole qui montre que le tennis est un sport bien plus évolué socialement que d’autres. Et autant il est courant aujourd’hui, tant pour les femmes que pour certains hommes, de taper du poing sur la table en clamant: « l’égalité salariale est un droit et une évidence », autant il est rare (et stupide) de déclarer, une fois cette égalité salariale obtenue, « différencions les salaires en fonction du sexe ». Mais qu’elle mouche a donc piqué Gilles Simon pour qu’il déclare, nouvellement nominé au Conseil des joueurs, «on est le seul sport aujourd’hui où il y a la parité, alors que le tennis masculin reste plus attrayant que le tennis féminin à l’heure actuelle.»

Maria Sharapova a remporté Roland Garros cette année./ Photo DR mariasharapova.com

Est-ce que la différence devrait également se faire au sein des tennismen: serait-il justifié qu’une tête de série n°20 adorée du public soit mieux payée que le numéro 10 mondial, peu apprécié, mais au jeu plus efficace, au nom de l’audience? En quoi l’attractivité détermine-t-elle la qualité du jeu? Sharapova, qui a lutté cette année à Roland-Garros, ambitieuse et déterminée, ne justifie-t-elle pas sa prime au même titre que Nadal? Doivent-elles réduire la longueur de leur jupette pour attirer les spectateurs et mériter ainsi leurs salaires?

Pour ceux qui ignoreraient encore quelle position adopter, l’ex-joueur américain Pat Cash nous livre, en conclusion, un argument inattaquable: «Je pense toujours qu’elles ne devraient pas gagner autant que les hommes car elles ne font pas le même sport.» Ah. C’était donc ça.

-Lexie Swing-

Stationserviceophile

Aussi loin que je me souvienne, arriver sur une aire d’autoroute affublée de son incontournable station service à 3 euros le litre d’essence a toujours été pour moi une aventure. Même en plein été, entre Narbonne et Montpellier, alors que ces mêmes stations dégueulent leurs lots de vacanciers, ça reste l’aventure.

Déjà, croiser des centaines de gens en short – tongs – lunettes vissées sur le crâne me fait immédiatement me sentir en voyage. Même lorsque je ne m’arrête moi-même que lors d’un déplacement professionnel, je ressens l’excitation des vacanciers comme une midi-adrénaline. Et la queue aux toilettes des femmes est immanquablement le signe que le premier « chassé-croisé des vacances » a commencé.

Et puis surtout, je suis fascinée par le choix de produits. Mini saucissons, part de cake et yaourt individuel avec-la-cuillère-en-plastique-à-monter-soi-même m’enchante, réminiscences de dinette d’enfants et des minis-fausses-vaches-kiri qu’elle abritait. Depuis que c’est moi qui détient le portefeuille, je suis devenue encore plus accro à ce shopping impromptu. Mini ceci, portion de cela. Je prends tout. Une pause gâteau? L’exercice se corse. Je passe un quart d’heure le nez dans le rayon. Granola? Fingers? Gaufres liégeoises? Nouveaux biscuits de chez Milka? Cookies? Gâteaux fourrés au chocolat? Je fais le tour, je prends, je repose, je commence à marcher vers la caisse et puis je fais demi-tour.

Au final, je prends toujours les Granola.

Et vous?

-Lexie Swing-