Je ne pourrais jamais avoir de liseuse, j’aime trop les livres. J’aime les toucher, j’aime leur odeur, j’aime m’abîmer dans la contemplation de leurs couvertures et choisirent uniquement ceux dont les premières pages m’inspirent. J’aime l’objet, j’aime le corner, l’entasser, en faire des petits toits pointus qui jonchent mon parquet, à mesure que je les commence et les abandonne en chemin. Je n’aimerais pas ça avoir une liseuse. Mais je me trompais.
Il y a quelque temps, Hélène a mentionné en passant sa vieille Kobo. Hélène aime les livres. Hélène lit beaucoup. J’ai trouvé ca étonnant, que quelqu’un comme ça traine depuis des lustres un machin aussi terne qu’une liseuse. Alors pour la première fois je me suis posée vraiment la question : qu’est ce que ça pouvait m’apporter ?
Au Noël suivant, j’ai demandé à ma tante une Kobo. Une Kobo parce que je ne voulais pas faire d’Amazon mon fournisseur particulier. Le soir même, j’ai acheté le second livre de Baptiste Beaulieu « Et vous ne serez plus jamais triste ». Je n’avais jamais pris la peine de me l’offrir.
Je l’ai lu dans la nuit.
Alors le lendemain matin, depuis ma Kobo, une nouvelle fois, j’ai commandé un second livre, La vie secrète de Zelda Zonk. Et je l’ai égrené, chapitre par chapitre, au rythme de nos étapes dans les hôtels. La liseuse était là, dans son habit rouge offert par ma mère, glissée dans une petite poche.
Une fois à la maison, j’ai téléchargé les deux logiciels proposés par la bibliothèque (j’ai trouvé l’étape pénible – sincèrement il n’existe rien de plus pratique à date? – mais parfaitement expliquée avec captures d’écran à l’appui sur le site de la biblio de Montréal). Et là, j’ai eu accès au Saint-Graal. Des bouquins par centaines, à un clic de moi.
J’ai choisi les couvertures qui me plaisaient – on ne se refait pas – et téléchargé autant de bouquins qu’autorisés. J’en ai aussi réservé d’autres. J’en ai lu un cette nuit là. Attaqué un autre dans mon bain le matin suivant. Je suis passée à travers les trois tomes de Bébé-Boum en une semaine et j’ai accumulé en parallèle quelques bouquins plus sérieux sur l’histoire du Québec.
Contrainte par l’offre de la bibliothèque – majoritairement tournée vers les bouquins québécois, je me suis plongée dans les œuvres d’icitte, ce que je n’avais encore jamais vraiment daigné faire. Et j’ai adoré! Je me suis habituée au style, j’ai découvert des petits bijoux, des romans qui me parlent de rues que je connais et d’un quotidien que je vis.
J’ai emprunté des romans et des livres plus sérieux aussi, des retours historiques et des bouquins thématiques.
Plus encore que la diversité, j’aime la quantité que la liseuse me permet d’avoir. Pour moi qui consomme les livres avec l’engouffrement d’un buveur névrosé pogné dans une bachelorette party, c’est la panacée. Sitôt un roman fini, je peux en ouvrir un deuxième, que je sois dans le train ou au milieu de la brousse. Je les charge par cinq et m’empiffre comme si mon cerveau n’était jamais rassasié.
Je n’ai pas abandonné les livres papier pour autant. J’en achète toujours. J’en offre aussi, des bouquins que j’ai découvert sur liseuse et que j’ai eu envie d’offrir par la suite.
Dans quelques années, je m’offrirai un appareil plus perfectionné car le mien est encore un peu lent, pas toujours intuitif. Mais il est petit, confortable pour l’usage que j’en fais. Sa batterie tient suffisamment pour m’accompagner durant mes heures de lecture. Et je ne suis pas de ceux qui demandent à la technologie d’offrir toujours plus.
C’est une compagne précieuse que je transporte avec moi désormais, avec un monde des possibles quasiment inépuisable.
Et de votre côté ?
-Lexie Swing-
Credit photo : Lexie Swing









