On a adopté Culiniste

Miss Swing aux commandes./ Photo DR Lexie Swing

Miss Swing aux commandes./ Photo DR Lexie Swing

Culiniste, c’est le gars qui te prépare ton épicerie et te dit quoi en faire. En gros. Sauf qu’ils sont probablement plusieurs gars. Et filles. Et que c’est un peu plus fancy que ça.

Il y a quelques mois, mes blogs québécois préférés se relayaient pour annoncer la bonne nouvelle : une nouvelle tendance venait de voir le jour, celle de proposer à messieurs-dames tout le monde de devenir d’excellents cuisiniers d’un jour, à domicile, dans sa propre cuisine. Grâce à mon amie A., j’ai bénéficié d’une offre pour tester l’un d’entre eux : Culiniste. J’aurais pu vous en parler d’entrée de jeu. Donner ma première impression. J’ai voulu faire un peu plus que ça : vous annoncer que ça y’est, nous étions conquis! Car nous avons déjà commandé de nouveau, par deux fois. C’est une preuve non?

Comment ça marche?

Carton, ouvre toi!/ Photo DR Lexie Swing

Carton, ouvre toi!/ Photo DR Lexie Swing

Culiniste, pour notre famille, c’est trois repas pour deux-trois personnes par semaine, pour 59 dollars. La livraison se fait le mardi, directement sur notre perron. Les aliments sont emballés par recette, avec un sac particulier pour les viandes et poissons, dans un grand carton réfrigéré prévu pour conserver ainsi les produits pendant 24h. Ceci dit, avec le temps qu’il fait depuis lundi, un trou dans le jardin aurait suffi.

Chaque semaine, avant le mercredi, un choix de six recettes est proposé sur le site. Trois sont présélectionnées, en fonction du profil que vous aurez enregistré au moment de votre inscription (viande, poisson, végétarien, envie de tester des recettes exotiques, etc.). Mais vous pouvez les changer comme bon vous semble.

Attention, il faut penser à « sauter la semaine » si vous ne souhaitez pas en bénéficier, sinon vous serez prélevés et recevrez les trois repas présélectionnés.

Chacune des recettes est présentée sur une fiche de papier cartonné, avec les étapes à suivre et des photos pour les accompagner. Il n’y a plus qu’à retrousser ses manches et à s’y mettre.

Saumon grillé, nouilles ramen et soupe miso./ Photo DR Lexie Swing

Saumon grillé, nouilles ramen et soupe miso./ Photo DR Lexie Swing

Est-ce que c’est cool?

C’est awesome! Si le carton arrive suffisamment tôt le mardi, on remonte nos manches et c’est parti! Miss Swing sort méticuleusement chaque ingrédient tandis que son père et moi découpons. Elle a le droit de mélanger et d’ajouter les épices. Une vraie team!

On aime particulièrement le fait que chaque ingrédient soit dans une quantité précise, tout comme les épices ou encore les crèmes. Aucune perte! Autre point intéressant : on a pu tester quelques recettes d’ailleurs, qui nécessitent des ingrédients que l’on trouve parfois difficilement. Pas de gros sac d’épices que l’on ne réutilisera pas, pas de temps perdu à arpenter Montréal à la recherche de l’ingrédient magique : il est dans le carton, dans son mini-sac, pesé au gramme près.

Depuis qu’on utilise Culiniste, je me rends compte que notre façon de cuisinier a un peu évolué. On pense au fond de viande pour faire une sauce, on réutilise la même poêle entre nos préparations pour un même plat, on met plus d’échalotes et d’oignons, et aussi plus de moutarde. On a découvert des aliments, ou de nouvelles façons de les préparer, et on refait maintenant certaines des recettes qui nous ont vraiment plu.

Des points négatifs?

Il n’est pas noté l’origine des produits sur les contenants. Je voulais leur poser la question mais j’oublie à chaque fois. Est-ce de la viande issue de l’élevage du coin ou est-elle importée d’ailleurs? J’avoue que j’aimerais savoir. En tout cas, les produits sont frais.

Autre petit défaut : selon le secteur où l’on se trouve, le livreur (mais cela ne dépend pas de Culiniste en vérité) ne peut passer qu’en toute fin d’après-midi. Pas facile de préparer une des recettes le soir même lorsque le carton est livré à 18h30.

Le principe du site fait que, si l’on oublie de « sauter la semaine », il n’est plus possible de faire marche arrière et les recettes sont alors livrées, et notre compte débité. Parfois, cela tombe bien. D’autres fois, les recettes qui débarquent ainsi ne sont pas du tout à notre palais et tendent à nous dégoûter un peu du système (mais c’est le jeu ma pauvre Lucette!).

Dans l’ensemble, sur trois commandes, nous avons été conquis! A tester donc

-Lexie Swing-

La Saint B.

 

Bonne fête./ Photo Rendezvousenfrançais

Bonne fête./ Photo Rendezvousenfrançais

En janvier, nous fêtons la Saint B. Nous disons donc « bonne fête », à ne pas confondre avec le « bonne fête » québécois, qui correspond au « joyeux anniversaire » français. L’occasion de vivre quelques quiproquos. Avec la concernée, déjà :

« Ce sera l’anniversaire de Talou (sa grand-mère).

– Elle aura des cadeaux?

– Oui.

– J’aurais des cadeaux?

– En fait oui, parce que ce jour-là c’est aussi ta fête. Enfin pas ta fête « ta fête ». Ta fête parce qu’on célèbre les B. ce jour-là.

– Ah… Je vais souffler des bougies?

– Non parce que ce n’est pas ton anniversaire, c’est ta fête. La Saint B. A la Saint B. on ne souffle pas de bougies.

– Mais pour ma fête je pourrais?

J’ai cherché un peu, et je n’ai pas l’impression que les saints soient fêtés au Québec, peut-être à cause du rejet de l’Eglise depuis la Révolution Tranquille des années 60. Sans doute aussi à cause de la grande diversité culturelle et religieuse du pays, et de la Province en particulier. La Saint B. entraîne alors quelques questionnements. Comme auprès des éducatrices…

« Elle risque de parler de sa fête aujourd’hui…

– Ah bon? (Jetant un oeil au calendrier des anniversaires.) Ce n’est pas en février?

– Si mais aujourd’hui c’est la Saint B.

– Ah? Je ne savais pas. Vous faites ça en France?

– Oui, enfin non. Enfin pas tout le monde. C’est catholique en fait. Nous on est pas catholiques mais on fête les fêtes. C’est … de famille! (Ouf, j’ai trouvé une explication). On fait ça dans notre famille depuis longtemps.

– Donc aujourd’hui on fête la Saint B.

– En fait pas vraiment, on fête les Guillaume.

– …

– C’est que B., c’est tirée de Guillaume.

– … ?!?!

– Guillaume c’est Wilhelm en allemand. Sa version féminine est Wilhelmina, et B. c’est le diminutif de Wilhelmina.

– Elle s’appelle Wilhelmina en vrai?

– Euh… Non.

 

Moralité, désormais je réponds : ça n’existait pas, il nous fallait un jour, on a pris celui-là. Dans ma famille, on offre un petit cadeau pour fêter son saint, et on fait un repas spécial, à tout le moins un dessert. C’est comme un anniversaire, en plus petit. Ou comme une fête, en plus petit. C’est une petite fête, en fait…

Et vous, les fêtez-vous, les saints?

-Lexie Swing-

 

PS C’est vraiment tiré de Wilhelmina.

Le Noël des expatriés

Le cadeau de Noël de l'éducatrice./ Photo DR Lexie Swing

Le cadeau de Noël de l’éducatrice./ Photo DR Lexie Swing

Quand on est expatrié, il y a – grosso modo – trois façons de fêter Noël. La première, très courue, consiste à rentrer en France. Heureux possesseurs d’un billet hors de prix, nous nous engouffrons dans un avion vêtus de nos manteaux prévus pour affronter -30° qu’il nous faudra quitter dès le pied posé sur le sol français. S’enchaînent alors dix jours, voire deux semaines pour les plus chanceux, d’un marathon intense où l’on se relève à peine les fesses posées sur un canapé. Ce sont les Fêtes du pire et du meilleur. Toute la famille est réunie, on a la chance de croiser Mamie Berthe en dehors de sa maison de retraite et les amis éparpillés en France et dans le monde sont tous revenus passer Noël « au pays ». Mais ce sont des vacances sans repos, des vacances où il est impossible d’accorder plus d’une heure de temps à quelqu’un, des vacances où l’on avale les kilomètres autant que les chocolats et le gratin dauphinois. Des vacances qui ne sont pas des vacances. Juste des retrouvailles éphémères.

Il y a la version « la France vient chez moi ». Alors on file chercher à l’aéroport nos familles englouties jusqu’aux yeux sous des vêtements de ski dernier cri. On leur avait promis un Noël blanc mais voilà que l’herbe renaît sous leurs pas. Ou alors on leur parlait des températures clémentes et leur avion se pose sur un mètre trente de neige. Environ. Pas de demi-mesure. Ils sont ravis. Nous aussi. Ils ont apporté du foie gras dans leurs bagages, même si personne n’est bien sûr que c’est légal. On en profite pour passer quelques jours « au chalet », tout en déplorant l’absence du reste de la famille. On s’inquiète un peu de l’arrière-grand-mère qui ne sortira guère de sa résidence pour les Fêtes, des frères et soeurs qui ne verront pas nos parents pour le 25. Mais on en profite. On est un peu égoïstes.

Et puis la dernière possibilité, en dehors de rester entre-soi, c’est de retrouver son autre famille. La canadienne. Celle que l’on s’est construite, à coups de rencontres entre blogueurs, ou entre forumeurs. Grâce au travail, grâce au sport, grâce aux enfants. Une grande famille d’expats, qui se serre toujours les coudes. On mélange nos traditions, on réinvente la culture des Fêtes. On apporte un peu d’ici, et beaucoup d’ailleurs. On se comprend. On est pareil. On est de partout. On est de France, souvent. On ne se serait jamais rencontrés en France. On se serait croisés au détour d’un ciné. Et ignorés. Ici, on est amis. On est ensemble. On est une famille. Demain soir, je retrouve ma famille. L’autre. Et j’ai hâte de même.

Où que vous soyez, avec vos parents, vos frères et soeurs, avec Mamie Berthe, avec vos voisins, avec vos collègues ou avec vos amis. Que vous soyez bien ou mal accompagné… Passez de belles fêtes, soyez heureux, profitez-en. Même si c’est trop, même si vous courez, même si ce n’est pas exactement comme vous l’aviez imaginé… Avec une guirlande de Noël, on peut illuminer tout un monde. Demander à un enfant qui traîne par là, il vous le dira…

Et à bientôt…

-Lexie Swing-

Habiter la Rive-Sud de Montréal (ou en banlieue) (ou à la campagne)

Patinage sur le lac./ Photo SaintBruno.ca

Patinage sur le lac./ Photo SaintBruno.ca

Il y a un an, nous emménagions dans notre maison, à Saint-Bruno, sur la Rive-Sud de Montréal. Un choix réfléchi. Mais un choix hésitant aussi. Un an après, il nous arrive encore de lorgner les nouveaux condos dans les quartiers ouest de Montréal. Griffintown, la Petite-Bourgogne, NDG, des quartiers que l’on aime particulièrement. S’y serait-on vu y habiter? Non. Et c’est pour cela que nous sommes partis.

Saint-Bruno, c’est le paradis des familles. De ma famille en tout cas. Il y a une garderie au coin de la rue. Un café pour les nouveaux parents. Un catalogue entier d’activités sportives et culturelles proposées par la Ville. Des boutiques et des restos qui ne sont pas – que – des chaînes. Un parc naturel dont l’abonnement est pris en charge par moitié par la mairie. Il y a des gens dans des petits condos et d’autres dans des maisons si grandes que tu n’en trouves plus le bout. Il y a des tas de décorations devant les maisons dès le temps des Fêtes venus. Il y a une patinoire l’hiver, en accès libre. Des marchés d’hiver, des marchés d’été, des cinés en plein air, des fêtes, des tas de fêtes. Il y a la quiétude, surtout.

On se verrait bien vivre dans un condo luxueux du centre montréalais. Hier, ou plus tard. Mais maintenant non. Chaque fois que j’imagine mes filles un peu plus grandes, c’est ici, sur la Rive-Sud. Dans une école toute proche aux abords de laquelle les voitures ne grouillent pas. Arpentant le quartier avec quelques copines, dont on connaîtrait les parents puisque tout le monde finit par se connaître, inévitablement. Pratiquant un sport ici-même, représentant leur bourgade à défaut d’un quartier ou d’un arrondissement. Comme jeune adulte, j’ai aimé l’anonymat de la grande ville et détesté la proximité de ces villages où tout le monde se tutoyait. Mais, qu’importe l’âge que j’ai désormais, c’est pour les personnes qui m’accompagnent que je projette ma vie aujourd’hui.

Hier, je me suis rendue à la bibliothèque. Cahin-caha, la mini dans sa poussette et la moins petite accrochée à ma main. Elle l’a lâchée un instant pour attraper un caillou quelque part. Ai-je paniqué? Pas vraiment. Les voitures sont plutôt rares sur les chemins que nous empruntons et elles manquent rarement de ralentir aux abords des passages piétons. Une heure plus tard, nous en sommes revenues. Le vent faisait voleter les pans de ma tuque et l’air était froid, mais le soleil de décembre baignait les rues de lumière. Il faisait frette, mais dans mon coeur c’était chaud, chaud. Parce que dans mon monde, tout est désormais à la bonne place. A commencer par moi.

Et vous, quel choix de vie avez-vous fait?

-Lexie Swing-

Où il est question de taille

50 cm à la naissance./ Photo DR Lexie Swing

50 cm à la naissance./ Photo DR Lexie Swing

La taille a toujours été un truc qui me fascine. Et bien sûr ça fait moitié perverse à ce stade mais attendez que je m’explique. Je suis dans la courbe basse des adultes. Pas minuscule, mais ce que l’on a coutume d’appeler « petite ». Même Anthropology en a fait une taille à part. Et même si « tout ce qui est petit est mignon », quelques centimètres de plus n’auraient pas fait de mal à mon estime personnelle, surtout à l’adolescence. Quand je maîtrisais encore mal la séduction. Et les talons.

Miss Swing est née dans la courbe moyenne. Elle y est restée jusqu’à ses deux mois environ, et puis la courbe a commencé à flancher. Aucune cassure, juste du très normal : Miss Swing était « petite » elle aussi. Elle continue à l’être, représentant indifféremment le clan des petits-mais-pas-minuscules.

Je me suis débattue durant toute sa première année avec des tailles de vêtements qui ne correspondaient que trop bien. Trois mois à trois mois, six mois à six mois, neuf mois à neuf mois… voire un peu plus! Les gilets étaient souvent de la taille en dessous, et les pantalons doivent désormais être resserrés à la ceinture pour tenir.

Et puis E. est arrivée. Elle faisait exactement la même taille que sa soeur à la naissance. Même taille, même poids, à quelques grammes près. Des copies conformes. Deux semaines plus tard, rendez-vous chez le médecin. Elle avait pris deux centimètres. Et mes prédictions ont pris l’eau.

Depuis, la petite mandarine a tout d’une belle orange. Elle grossit et grandit à vive allure. Et si elle daignait s’asseoir ou ramper, on la prendrait facilement pour un bébé de quelques mois de plus. Impossible de fermer les cache-couches, difficile de couvrir les jambes avec le pantalon. E. aura quatre mois dimanche, et hier j’ai sorti à reculons la boîte estampillée « 9 mois – 12 mois ». J’ai vidé entièrement le six mois pour faire de la place. Je me suis dit qu’au pire, les pantalons tirbouchonneraient quelque temps.

Ils n’ont pas tirbouchonné.

Je ne me leurre pas. Elle n’a pas soudainement atteint 75 cm dans la nuit. Tout au plus toise-t-elle 64 ou 65 cm. C’est le haut de la courbe, pour ses quatre mois. Et elle ne rentre plus dans le six mois car les créateurs de vêtements pour enfants ont prévu les choses ainsi depuis que la mode est monde : une taille de plus que l’âge.

Je sais autre chose : elle sera probablement à peine plus grande que moi. Combien d’entre nous ont vécu ce passage incroyable de dominer les autres de quelques centimètres pour se retrouver finalement dans les fonds du classement l’adolescence venue? En attendant, chaque fois que le temps de la mesurer est venue, je ressens un fond d’excitation mêlé d’appréhension. Combien désormais? Et pourquoi? A qui as-tu pris ça ma petite mandarine? Resteras-tu mon bébé géant? Le temps me le dira…

Et vous, la croissance vous a-t-elle joué des tours?

-Lexie Swing-

Pratiquer le yoga maman-bébé

Yoga avec bébé./ Photo Aktiv I Oslo.no

Yoga avec bébé./ Photo Aktiv I Oslo.no

Au Québec, le duo congé maternité-congé parental est une institution. Et une institution longue durée! Près d’un an pour celles qui choisissent le congé à son plus long terme. Et durant cette année, il faut bien s’occuper! Les associations sportives l’ont bien compris, elles sont donc nombreuses désormais à proposer des activités maman-bébé. Causeries, café mais aussi sport et relaxation. Parmi elles, le yoga. Un doux combiné!

Le mot d’ordre est la liberté : le bébé a faim, on le nourrit. Il dort? On le laisse à ses rêves. Il est réveillé? On l’implique dans les exercices. A plat dos entre nos mains pendant la position du chien. Bien droit entre nos bras tandis que l’on cherche son équilibre debout sur un pied. En bascule sur nos tibias pendant que l’on pratique quelques abdominaux. Le café qui organise les cours a également prévu un équipement de choix : balancelle et tapis de jeux pour tous les petits yogi.

J’ai été vite épatée de la réceptivité de la petite mandarine. Elle n’a jamais manqué un seul cours au profit d’un sommeil pourtant bien mérité. Chaque mercredi, à 10 heures tapantes, elle est d’attaque, prête à battre des mains et à pousser ces cris propres à ceux qui se découvrent une voix pour la première fois. Elle rit quand je l’embrasse à chaque contraction de mes abdominaux, m’arrache les cheveux lorsque je prends la position du chien et me bave abondamment dessus en toute situation.

Les Fêtes se profilant, la session touche à sa fin. Mais j’ai déjà ressorti mon tapis, à la grande joie de ma grande fille qui l’accapare pour inventer de nouvelles postures consistant à se mettre les pieds sur la tête. Une position que mon grand âge m’empêche d’imiter. Mais il est certain que je continuerai à pratiquer.

Et vous, avez-vous participé à des activités maman-bébé?

-Lexie Swing-

 

 

Faire des biscuits de Noël avec ses enfants

Miss Swing aime cuisiner. Miss Swing aime Noël (mais pas le Père Noël). Il était donc certain que réaliser des biscuits de Noël était une activité qui allait la botter. Mon amie A. avait fait une petite session du genre quelques jours avant, elle m’a donc orienté vers ce site riche en gâteaux en tout genre pour trouver mon bonheur : les Gourmandes d’Isa dont j’ai tiré cette recette : les biscuits de Noël glacés au sucre.

Confection des biscuits./ Photo DR Lexie Swing

Confection des biscuits./ Photo DR Lexie Swing

Le matin, un peu avant le repas de midi, nous avons donc préparé la pâte. C’est la partie « cuisine ». J’utilise un robot, j’ai donc assis Miss Swing à côté afin que – sous ma surveillance toujours – elle verse à mesure les ingrédients préparés dans des petits bols à l’avance. Comme proposé par Isa, nous avons ensuite réfrigéré la pâte pour deux heures (4 en fait pour nous, le temps d’aller faire les courses, de dîner, de faire un temps calme) (qui n’a pas duré).

J’ai sorti la pâte du frigo un peu avant la fin dudit temps calme. Puis, le moment venu, j’ai prélevé juste un morceau. Les enfants ont le chic pour placer les empreintes de moules au beau milieu de la pâte soigneusement étalée, avec seulement un petit morceau, on évite de devoir étaler 50 fois une pâte longue d’un mètre! De plus, j’ai montré à la Miss – deux ans et demi – comment placer son morceau de pâte sur un côté du papier parchemin (cuisson), puis replier par dessus l’autre côté du papier pour passer ensuite le rouleau dessus. Nounou-la-débrouille a rapidement maîtrisé le concept, à sa grande joie! Ensemble, nous avons donc découpé nos biscuits dans des formes de sapin, anges et autres classiques du genre. Avec le recul, j’ai préféré lorsque la pâte était étalée sur une épaisseur d’1 cm (plutôt que plus fine, comme préconisé par la recette) : plus facile à manipuler pour Miss Swing, plus moelleuse à la sortie du four.

Le moment déco./ Photo DR Lexie Swing

Le moment déco./ Photo DR Lexie Swing

Sitôt découpés, sitôt enfournés (à 340°F, 11 minutes, pour nous). Une fois la première fournée refroidie, nous avons pu commencer la décoration. J’avais choisi deux options : le glaçage royal d’Isa (dans la même recette) et des petits tubes de déco pour gâteaux dénichés à l’épicerie. J’ai donc trempé mes gâteaux tandis que Miss Swing tartinait les siens de rouge, jaune, vert et bleu. Le glaçage royal apporte beaucoup de moelleux, ceux de Miss Swing étaient donc un peu secs après dégustation. A refaire, je les tremperais tous dans le glaçage royal avant de lui faire réaliser une décoration colorée avec ces petits tubes bien pratiques!

L’activité était parfaite : cuisine, découpage, gribouillage. Ma toute petite a pu s’en mettre absolument partout (elle avait même les cheveux bleus) et c’était sans danger! Les biscuits sont très bons, ils ont disparu en deux jours à peine. D’ici janvier, nous investirons dans des moules différents, histoire de recommencer souvent!

Et voilà le résultat:

Nos biscuits de Noël./ Photo DR Lexie Swing

Nos biscuits de Noël./ Photo DR Lexie Swing

-Lexie Swing-

Une grande fille

En conférence avec les nounous./ Photo DR Lexie Swing

En conférence avec les nounous./ Photo DR Lexie Swing

Deux grands yeux. Des cheveux volages. Des lèvres charnues. Un nez retroussé. Une voix haut perchée. Elle n’est plus un bébé. Et j’ai parfois bien du mal à me souvenir que cette petite fille là est la mienne, la mienne à moi.
C’est plus évident avec un bébé, que l’on promène souvent accroché à soi. Il y a ce lien visible, omniprésent et palpable. Mais à deux ans et demi, elle a déjà pris son envol. Elle existe en dehors de nous. Elle passe des journées dont je ne sais pas tout. Parfois je l’observe derrière les portes vitrées, et je souris de cette existence, de cette minuscule vie où je n’ai pas ma place. Des histoires qu’elle invente, des mots chuchotés à l’oreille des amis, de son air pensif, de ses cheveux qu’elle repousse en arrière. Je souris de ses mimiques, je m’agace devant l’enfant qui lui arrache un jouet des mains pour le jeter au loin. La vitre dissimule ses cris mais je sais qu’elle dit « non je n’aime pas ça » comme on lui a appris.
Elle a un peu de lui, un peu de moi. Beaucoup d’elle-même. Quelque chose d’indéfinissable, qui la rend unique, indépendante, détachable. Elle n’est plus mon extension, mon bébé baveux que je promenais partout, solidement arrimé dans mon dos, et qui faute de posséder les mots, se contentait souvent de sourire. Désormais elle marche à mes côtés. Elle rit aussi fort qu’elle pleure. Elle tempête, elle tourbillonne. Elle remet en question, nous jetant à la face ses « pourquoi » sans fin.

Elle est une fille. La mienne. Mais plus seulement. Et je suis fière d’avoir contribué à mettre au monde et éduqué une petite personne douée de paroles et d’émotions. Capable de réciter l’alphabet jusqu’à G. De pleurer jusqu’à en rire. De nous imiter. De dire que le Père noël est une personne bizarre qui ne devrait pas exister. De répéter chaque mot pour l’assimiler. Et d’avoir compris que pour tout obtenir il suffit de commencer une phrase par … « mon petit papa chéri ».

-Lexie Swing-

Filles de ma génération

./ Photo proposée par Paul Townsend

./ Photo proposée par Paul Townsend

Anne-Marie. Julie-Justine. Alexandre-Charles. Ils ont 25. 30. 35 ans. Ce sont les « jeunes » de ma génération. Les trentenaires québécois. En France, nous nous appelons Sophie, Julien, Nicolas, quand nos grands frères et sœurs s’appelaient plutôt Delphine, Sabine, Sylvie ou Sébastien. Les prénoms composés n’avaient guère droit de cité, réservés à des générations plus anciennes et formés souvent sur le même mode : Jean tiret quelque chose. Marie tiret tout ce que tu veux. Pierre. Anne. Le choix était réduit et la fantaisie vue d’un mauvais œil. J’ai grandi entouré de mères ou grands-mères qui s’appelaient Marie-Pierre et de paternels prénommés Jean-Michel. Ou Pierre-Louis.
Les filles de ma génération sont plurielles et souvent composées. En France elles s’appelaient Julie. Ici, elles s’appellent souvent Véronique. Ce qui est plutôt drôle car Véronique s’est arrêtée aux frontières françaises des prénoms bien avant 1970.
Au Québec, les prénoms composés continuent d’affluer. Charles-Olivier. Sarah-May. Amy-Olivia. Louis-Maxime. La composition sonne parfois farfelue à mes oreilles habituées à de la tradition bien ancrée : Anne ou Jean sinon rien.
Souvent, je balbutie. « Charles-Alexandre »? « Euh non, Alexandre-Charles »… J’ai l’air stupide. Je souris. Je me repens. Rassure-toi, demain je confondrai encore.
Filles de ma génération, comment avez-vous vécu vos prénoms? Est-ce aisé de porter un prénom composé ? Le raccourcit-on? Récolte-t-on un surnom?

J’aime ces prénoms qui voguent, délimitant les générations, s’inscrivant dans les traditions. Ils sont mes repères, les balises de mon passé. Entre 80 et 90, tu t’appelleras Anne-Andrée.

Andrée-Anne, Lex, je t’ai dit que je m’appelais Andrée-Anne.

Mais ça ne s’écrit pas Andréanne?

Va dire ça à ma mère …

-Lexie Swing-

Deux enfants

Les jolies twins./ Photo Donnie Ray Jones

Les jolies twins./ Photo Donnie Ray Jones

Deux, pour moi, c’était le chiffre idéal. Assez pour avoir quelqu’un avec qui jouer, pas trop nombreux quel que soit le mode de locomotion. C’était l’aboutissement, la famille parfaite. Le reste serait du surplus (mais pas forcément du superflu). J’avais bien géré avec un. Un c’est un chiffre facile. Une bataille facilement gagnée. Le clan enfant est en minorité. Au pire, on se retrouve en tête-à-tête avec l’avantage de la taille, du poids et de la maturité. Deux, c’était les doigts dans le nez. Une simple formalité.

Que dalle.

Deux et ce fut le bouleversement. Les jours de pluie, je vous dirais que c’est la galère. Les jours de nuages, que c’est un « bonheur oui mais… ». Les jours de soleil, je vous dirais que nous sommes au complet, et puis qu’elle est belle, la vie, ainsi, avec elles qui se regardent, se chamaillent et se sourient. Déjà. Je l’imaginais grande soeur. Je le voyais « dad-of-two ». Je m’étais oubliée dans l’équation. Etais-je prête moi? Pas si sûre.

Je les aime intensément. L’une après l’autre. L’une sans l’autre. L’une et l’autre? Ensemble? C’est un autre challenge. Heureusement tout s’apprend, mais éduquer un parent, c’est fatigant…

Nous avons notre petit rythme du matin. Je me douche. Je m’habille. Elle débarque, pieds nus sur le plancher, les bras bien serrés autour de son oreiller. Elle me dévisage. Dans le bain. Devant le lavabo. Assise dans ma chambre en train d’enfiler mes chaussettes. Elle me surprend toujours. C’est rarement tout à fait le moment. Je la prends par la main et nous partons déjeuner. Le sommeil la berce encore, il faut un peu de temps dans les bras de maman pour qu’elle se réveille et attaque ses petits gâteaux préférés. Alors il est temps. Je desserre mon étreinte. Lui jure de revenir très vite. Depuis la chambre de sa soeur je lui parle. « Je mets la couche. Un autocollant. Deux autocollants. La couche est mise. C’est bon chérie? C’est quoi ce bruit? Comment ça un gros dégât? J’arrive… » Sur sa table à langer, la petite mandarine gazouille en agitant furieusement les pieds pour m’empêcher de les rentrer dans les jambes du pyjama. Le bébé sur un bras, je reviens dans la cuisine, essuie la flaque de lait, les traces de chocolat. Je m’assois pour donner le biberon. Pour retirer un bavoir en plastique. Pour souffler, juste un instant. Ensuite il faudra repartir. Poser le bébé. Soulever sa grande soeur. Brosser les dents. Peigner les cheveux. Habiller. Remettre les chaussettes qu’elle aura enlevées. Changer de nouveau la couche. Et peut-être le body si le pipi a fui. Les empoigner à deux. Descendre l’escalier sans trop vaciller. Enfiler les manteaux, les mitaines, les tuques. Moucher les nez, encore. Serrer les bottes, les ceintures des sièges autos. Déposer. Embrasser. Consoler. Embrasser encore. Repartir.

Et puis parfois, le matin prend une tournure dramatique. La couche fuit deux fois. Le terrible two s’empare de Miss Swing qui se traîne en geignant d’une pièce à l’autre en jetant tout objet aperçu sur son passage. La couette dans ses cheveux ne tient pas. Il n’y a plus de culotte dans le tiroir. Le bébé s’est réveillé en même temps que sa grande soeur et hurle son désespoir dans les hauts de la gamme. Le lait n’est pas celui que Miss Swing voulait. Ni le jus. Ni le gâteau d’ailleurs. Le chandail n’est pas joli. Elle veut le leggins gris. Et mettre ses sandales, même s’il pleut à verse. Je râle, je souffle, je crie, je punis, je supplie, je regarde l’heure qui tourne et le temps qui passe. Je voudrais qu’il soit 8h30 alors qu’il est déjà 9h et que nous en sommes toujours au même point. Je voudrais qu’elles soient deux, mais seules.

Il y a ces matins parfaits, où l’on a le temps pour un dernier câlin, pour les rires, pour jouer avec le poupon, pour se laisser faire, pour être d’accord, pour être raccords.

Et puis les autres. Ces maudits autres.

-Lexie Swing-