Premier jour de garderie

En bottes pour l'automne./ Photo DR Lexie Swing

En bottes pour l’automne./ Photo DR Lexie Swing

Il y a deux mois, alors que nous nous roulions en direction d’une garderie du coin pour y inscrire Miss Swing, la garderie de nos rêves nous a rappelés pour nous proposer une place pour septembre. #perfecttiming

Quelques-uns autour de nous se sont interrogés. La changer de garderie ? Encore ?

Oui, encore. Mais cette fois-ci, c’est un choix assumé. La précédente garderie avait été trouvée à la va-vite. Nous déménagions sur la rive sud et il était tout bonnement impossible de continuer à emmener Miss Swing chez sa gardienne chérie à NDG. Nous avons donc choisi un grand complexe, proche du travail de son papa. Les premières semaines ont été difficiles. Les suivantes ont été bien meilleures mais Miss Swing n’a jamais vraiment retrouvé l’excitation de sa première garderie où elle se rendait ravie et dont elle refusait de partir le soir.

En juillet, les « vacances » ont commencé. Plus de programme journalier mais un morne « jeux libres » écrit quotidiennement dans le cahier de liaison. Très vite, Miss Swing n’a plus voulu y aller. Les pleurs ont repris, les promesses du week-end à venir étaient notre salut. Quand la jolie garderie du bout de notre rue nous a appelés un soir d’été nous étions soulagés.

Une petite garderie de 8 enfants par « classe », avec activités multiples, apprentissage quotidien et anglais dès deux ans. A deux minutes à pied de la maison donc.

Ce matin, c’était son premier jour. Elle a pleuré. Beaucoup pleuré. C’était difficile. Mais je suis repartie le cœur léger, parce que cette fois-ci, je suis convaincue. Je la change oui, mais pour mieux.

-Lexie Swing-

PS On a profité du fait que la petite mandarine était gardée par ses grands-parents pour prendre un café en tête-à-tête. Pis c’était doux.

PPS La première journée c’est finalement bien déroulée. Elle a joué, câliné sa nouvelle éducatrice et est repartie sans hésitation l’embrasser pour lui dire au revoir, alors même que nous nous tenions dans l’encadrement de la porte. Affaire à suivre!

Fous d’amour

Sieste./ Photo DR Lexie Swing

Sieste./ Photo DR Lexie Swing

Aimer le deuxième autant que le premier ? La question est naïve, mais la crainte est bien réelle : comment peut-on aimer une inconnue de la même façon que la petite fille que l’on chérit depuis deux ans et demi ? Ses yeux verts vs ses yeux sombres, son sourire face à son air terriblement sérieux, nos conversations contre son silence, à peine ponctué de quelques cris et petits grognements. « Quand tu la verras… ». Je l’ai vue et l’électrochoc n’a pas eu lieu. C’était un joli bébé, venu on ne peut plus facilement, qui m’observait de son air tendre. Je lui souriais, faisais lentement danser mes doigts sur ses cheveux tout doux, mais la vague d’amour me submergeait-elle? Pas exactement.
J’ai eu une petite appréhension… Et si ce n’était jamais aussi fort que pour sa grande sœur ?

Je ne sais pas vraiment à quel moment le vent a tourné. Aux premiers pleurs ? Au premier demi-sourire poli offert au creux d’une nuit agitée? Lorsqu’elle s’est endormie couchée en chien de fusil, face à moi, sur le lit d’hôpital, après s’être accrochée à mes bras toute la nuit durant ?
Je sais qu’à un moment, j’ai pensé à elle, et ce n’était plus pareil. Lorsque ses yeux ont plongé dans les miens, mon cœur s’est gonflé d’amour. Et lorsque sa sœur nous a rejoint, j’ai bercé dans mes bras mes deux filles, avec un amour sans doute différent, mais aussi fort l’un que l’autre.

J’ai encore de la peine à réaliser que la petite mandarine est ma fille, mon enfant à moi. Les grands yeux verts aux cils démesurés, le sourire coquin aux dents écartées, et les cheveux presque blonds, je les reconnais comme tels, même s’ils semblent finalement peu de moi. La petite mandarine, avec ses cheveux et sa peau sombre, me sont tout à la fois beaucoup plus ressemblants et beaucoup plus étrangers. En attendant qu’un matin je réalise qu’elle est mienne, tout autant que je suis sienne. Des gènes communs, et beaucoup de ressemblance. Et de l’amour, à en perdre la tête.

-Lexie Swing-

 

PS Et vous, le deuxième? L’amour au premier regard ou quelque temps plus tard?

Et de deux!

Aéroport de Montréal./ Photo abdallahh

Aéroport de Montréal./ Photo abdallahh

Deux ans. Le 25 août 2013, chargée comme une mule de trois bagages, d’un bébé et d’un chien, je passais les portes de l’aéroport de Montréal. Derrière celles-ci m’attendait mon amoureux, prêt à commencer cette nouvelle vie ensemble, de l’autre côté de l’Atlantique.

Deux ans plus tard, nous avons encore migré. De l’ouest de l’île de Montréal, où nous louions notre premier condo, nous avons déménagé sur la rive-sud, et sommes devenus du même fait propriétaires. En même temps que l’immigration, c’est notre vie d’adultes que nous avons entamée. Nous avons laissé derrière nous les études, les jobines, les appartements croches de la région toulousaine, les cautions parentales, l’insouciance de la vie à deux; pour entrer à toute allure dans le tunnel  des responsabilités parentales, des vrais boulots qualifiés, des prêts avec intérêts modérés et des soucis de propriétaires.

En deux ans, nous avons…

  • Changé de voiture, deux fois, toujours pour une Subaru Forester.
  • Loué un condo
  • Acheté une maison
  • Eté trois fois aux USA
  • Fait l’aller retour une fois pour la France
  • Trouvé trois garderies pour Miss Swing
  • Trouvé un boulot, pour moi
  • Trouvé un boulot, puis un autre, pour mon amoureux
  • Eu un deuxième enfant, in extremis pour être comptabilisé dans nos deux années de vie canadienne.

Et encore, ce n’est rien quand on pense à toute cette vie que l’on reconstruit, aux mille démarches administratives, aux aller-retours chez Ikea car on n’a rien de rien, pas même une cuillère pour manger son yogourt, aux amitiés à reconstruire, aux jobs à trouver, aux enfants à confier, à la routine à réinventer, aux produits que l’on cherche désespérément dans les rayons des supermarchés, aux habitudes locales que l’on ne comprend pas toujours, au coeur que l’on met à défendre sa nouvelle patrie, qui n’est pas si américaine, pas si « pleine d’obèses », pas si en retard, pas si libérale, pas si pro-OGM, pas si dévastatrice de l’écologie. On en vante les mérites, on en reprend les expressions, on dit « nous » en parlant d’ici, et souvent « nous » aussi, en parlant de là-bas, on se félicite de notre choix d’être partis, même s’il est parfois difficile d’accepter la distance. On se reconstruit, on s’impressionne nous-mêmes du chemin parcouru, de cette incroyable capacité à tout recommencer.

Deux ans donc, et certainement de nombreuses années encore.

-Lexie Swing-

13 choses sur mon accouchement

Petits pieds./ Photo Lexie Swing

Petits pieds./ Photo Lexie Swing

L’accouchement, ses détails sanglants, ses heures de douloureux labeur, qui a vraiment envie d’entendre parler de ça? En fait… La plupart des mères, futures ou multi. C’est entre la curiosité malsaine et le masochisme. Le besoin de comparer peut être. De disséquer cette incroyable étape.

Je vais vous éviter le récit sirupeux et suivre l’exemple de Maman Louve en vous donnant treize infos sur la venue au monde de la petite mandarine.

1) L’accouchement a duré 10h30, de la première contraction au premier cri.

2) Les contractions douloureuses sont arrivées aux cinq minutes dès le départ. Et ont gardé cette régularité tonitruante jusqu’à la fin.

3) J’avais perdu les eaux la première fois, j’étais persuadée que ce serait le cas une fois encore, d’autant que je n’avais aucune contraction. Pourtant quand elles ont commencé, je les ai reconnues sans peine, et la poche des eaux n’a été percée que plusieurs heures plus tard, manuellement !

4) E. est sortie façon bouchon de champagne. Après deux poussées, elle a sauté dans les bras du médecin qui ne s’y attendait guère et me l’a posée sans ménagement en travers du ventre.

5) Lorsque la médecin est venue vérifier le col et nous a confirmé que la petite était juste là, prête à sortir, j’ai immédiatement demandé si elle voyait des cheveux.

6) Trois médecins, une infirmière de suivi, des dizaines d’infirmières… Personne ne m’a jamais demandé pourquoi j’avais choisi de ne pas allaiter, et quelques uns ont même dit « ok, c’est plus simple ainsi » (rapport au suivi quant aux quantités prises).

7) J’ai partagé ma chambre avec une fille du même âge que moi… Sauf qu’elle, c’était son 5ème. Quand on est entré dans la chambre, l’infirmière était en train de lui demander « ah c’est vous qui avez demandé un rendez vous pour la vasectomie de votre mari ? »

8) Au moment des visites, Miss Swing n’a eu aucun regard pour moi. Elle a tendu son cadeau à sa sœur, jeté de côté celui que je lui tendais et que sa sœur était censée lui « offrir » en retour,  et elle a saisi sa cadette dans ses bras, la couvrant de baisers. Inoubliable.

9) La principale chose dont j’avais envie après 9 mois d’abstinence ? Du vin. Beaucoup de vin.

10) Mon principal objectif, c’était de rester « en contrôle » des contractions. J’en avais le souhait ardent tout en me moquant de moi-même, sachant pertinemment que « Lexie » et « en contrôle » étaient parfaitement antinomiques. À la première, j’ai soufflé longuement. A la seconde aussi. A la trentième encore. J’ai gardé le cap à chacune, changeant mon fusil d’épaule à mesure que le travail progressait. Dans le bain, avant mon départ pour la maternité, j’imaginais ma fille capitaine d’un navire prêt à passer par un canal, entre d’immenses falaises. Sur la route, je soufflais longuement, sacrant contre l’état des rues québécoises. A la maternité, je suivais les conseils et relâchais mon corps dès que la contraction redescendait, pour le reposer avant la prochaine. Toujours, j’ai gardé le contrôle, réussissant – et j’en suis assez fière – l’accouchement idyllique dont je rêvais.

11) Les premières contractions sont apparues 24h après le stripping des membranes réalisé par le médecin. La veille, pour permettre au décollement d’agir, j’ai appliqué toutes les recettes que je connaissais : marche, piscine, ménage, et j’en passe. Et ça a marché.

12) Le bonnet de naissance de la petite mandarine n’a rien du machin en bas nylon que nous avions eu pour Miss Swing. Il s’agit d’un petit bonnet tricoté par le Club des Fermières au profit de la maternité. Juste avant la délivrance, l’infirmière en a sorti quelques-uns et nous a fait choisir.

13) Quand l’interne est venu s’entretenir avec moi au sujet de l’épidurale (péridurale), il a dit « vous me direz quand c’est le moment », et j’ai répondu « justement, c’est le moment ». A partir du moment où l’on me promet du chocolat, il faut qu’on me le donne tout de suite, je suis incapable d’attendre. Péri il y a donc eu. Et le soulagement que l’on ressent après des heures de tempête est toujours d’un bonheur indescriptible …

– Lexie Swing-

Un souffle d’Eire

Une petite lionne d'août./Photo DR Lexie Swing

Erin, ma petite lionne d’août./Photo DR Lexie Swing

À l’aube de notre vie d’adulte, on se demande parfois qu’elles seront nos dates marquantes, nos dates rencontres, nos dates de fête. Dans notre histoire à nous, le 20 août restera celle où notre petite mandarine est venue au monde. Insaisissable, lumineuse, tempétueuse, à l’image de la belle Irlande dont elle porte un nom dérivé, elle a provoqué un véritable raz-de-marée dans nos cœurs qui ne savent plus que faire face à tout cet amour. À toi ma douce… Je te souhaite la plus belle des vies, en notre compagnie.

-Lexie Swing-

Jour J

Love./ Photo Oiluj Samall Zeid

Love./ Photo Oiluj Samall Zeid

Aujourd’hui c’est le jour J. Et ça n’a rien à voir avec l’accouchement de la petite mandarine. Elle aurait pu se décider ceci dit, elle nous aurait fait une belle surprise. Mais visiblement c’est une petite fille têtue qui compte déjouer toutes les prédictions.
C’est le jour J donc. Il y a 8 ans, après quelques semaines d’échange téléphonique avec un ami de longue date perdu de vue et retrouvé à la faveur d’un verre entre copains, je passais le portail d’une résidence clermontoise.
Je suis sortie de la voiture, gauche, empruntée, intimidée. Comment agit-on lorsque l’on s’est promis tout un tas de beaux moments au téléphone et que ceux-ci se retrouvent offerts sur un plateau d’argent, sous le ciel d’été auvergnat?
On s’est embrassé sur un parking. Le premier baiser d’une longue lignée. Je ne savais pas qu’il augurerait de temps d’années de bonheur. Mais si je suis honnête, je crois que j’aurais pu m’en douter. A cet instant précis, nous étions « meant to be ».
8 ans et bientôt deux enfants après, nous le sommes toujours. Nous n’avons jamais eu à travailler pour continuer à l’être. Mais nous sommes promis de le faire s’il advenait que nos vies prennent des chemins différents.
Elle a été tortueuse cette traversée. Intense, bouleversante, indubitablement surprenante. Nous avons plus vécu en 8 ans que durant toute notre vie d’avant. Nous avons touché du doigt le pire comme le meilleur. Dévoués l’un à l’autre sans jamais avoir besoin de le formuler à voix haute devant des bancs noirs d’amis et blancs de cérémonie. Nous nous sommes tenus la main. Il y a eu la joie, souvent, la peine, parfois. Nous nous sommes tenus la main encore. Serrant fort. Pour savourer les beaux moments et faire barrage devant les plus moches, partenaires de bonheur, coéquipiers devant l’adversité.
C’est beau l’amour. C’est certainement la plus belle chose qui existe au monde. Elle le préexiste même. Sans lui, nous n’aurions pas créé cette vie commune que nous chérissons si fort. Ses deux vies qui portent nos traits, nos qualités et nos mauvais caractères.
Je te l’ai toujours dit : pour être bien ensemble, il faut savoir être bien tout seul. J’étais bien toute seule. Mais bon sang que la vie est douce à tes côtés…

Je t’aime A. Tu es mon repère, mon étoile du Nord. Pour moi, unique au monde.

-Lexie Swing-

39 semaines

Fin de grossesse./ Photo Kelly Kollar

Fin de grossesse./ Photo Kelly Kollar

Lorsqu’une des blogueuses que je suis arrive en fin de grossesse, il m’arrive de me demander régulièrement si « elle » a accouché. Certaines feintent en publiant du programmé, d’autres comme moi délaissent la Toile pour tourner en rond chez elles et demander désespérément à la planète entière si ce n’est pas une mini contraction ça, mais oui regarde la forme du ventre, ah non c’était son dos ça bouge.
39 sa aujourd’hui. Il pourrait en rester au moins deux et c’est une idée que je refuse catégoriquement mais à laquelle il va bien falloir que je m’habitue. Qui décide en effet du jour de la naissance? Certainement pas la mère qui, selon sa motivation et sa capacité à se mouvoir, essaie successivement de nettoyer les vitres, rouler sur les pavés et chanter sur un pied en faisant des mouvements du bassin, sans que cela ait généralement le moindre impact. J’ai essayé la première fois. Ca n’a pas marché. J’essaye donc une autre technique: m’alanguir devant la télé et demander 15 fois par jour à mon amoureux si elle va vraiment sortir un jour. Visiblement la méthode ne marche pas mieux, si ce n’est que je pense qu’il va finir par aller la chercher elle-même (curieusement ça le stresse la répétition).

Je patiente oui, mais pas par choix. Comme je suis de ces filles qui ne connaissent pas vraiment le faux travail (il paraît que c’est une bonne chose), tout réside dans la surprise. Une nuit, si possible à une heure indue, tu perds les eaux. Un matin, au feu rouge, tu ressens une contraction à te décoller une lombaire. C’est imprévisible, sans appel, sans même un petit geste divin. Et tu as beau arpenter le web en tapant « signes accouchement », il faut se rendre à l’évidence : rien ne te mettra la puce à l’oreille.

Alors j’attends, avec la patience qui ne me caractérise pas, impatiente de pouvoir enfin vous écrire, « il était deux heures du matin, quand soudain… »

-Lexie Swing-

Ses petits pas

Petits pas./

Petits pas./

Besoin d’être rassurée ? Envie de partager des moments avec nous avant que le bébé et ses cris ne viennent terrasser notre apparente tranquillité ? Difficile de savoir, mais ces temps-ci, chaque matin (ou chaque aube, c’est selon), Miss Swing se précipite hors de son lit dès potron-minet pour grimper dans le nôtre. Ses petits pieds résonnent sur le parquet tandis qu’elle court, désorientée par le sommeil. Endormie avant que l’on se couche, elle garde parfois en mémoire la vision de nous attablés dans la cuisine et y court, cherchant les yeux mi-clos nos visages dans la pénombre et heurtant au passage les chaises censées bloquer le passage au chien, lui qui aimerait ça, aussi, venir sous notre lit en pleine nuit.
Alors on l’interpelle, on la saisit au détour du frigo ou au pied du lit, et on la place précautionneusement entre nous. Pouce dans la bouche, elle se blottit comme un chaton ronronnant. Elle se rendort parfois, la tête dans notre cou, repoussant toujours les couvertures, se fichant comme d’une guigne de nos bras qui ont froid et de nos tentatives désespérées pour faire glisser la couette de notre côté.
Souvent, elle en profite pour se réveiller. Surtout la fin de semaine lorsque la grasse matinée serait tout indiquée. Dès 6h tapantes, elle s’agite, dansant d’une fesse sur l’autre. Elle réclame le lapin en peluche de sa sœur que nous gardons au creux de notre lit. Déshabille son père pour voir « son bedon » et savoir si lui aussi il a quelqu’un dedans. Nous harponne les yeux de ses petits doigts aux ongles toujours trop longs. Improvise quelques caresses à nos bras, nos dos, qui se détendent sous ces câlins imprévus, jamais assez longs à notre goût.
Très vite, elle veut le chat, elle veut les poupées, elle veut manger. Elle veut le lait au chocolat, elle veut la piscine même s’il pleut dehors, elle veut croquer la vie, à pleines dents si possible.

-Lexie Swing-

Nuages

« De mon temps… », « Quand j’étais jeune… », il y a mille formules bien choisies, quoique bien trop répétées, qui habillent la météo aujourd’hui. Moi, quand j’étais jeune, le printemps était synonyme de bourgeons sur les arbres et d’herbe fraîche. L’été se faisait torride, et l’automne souvent pluvieux. L’hiver n’avait rien à voir avec celui que je connais maintenant au Canada. Il était froid oui, mais grisâtre, humide, et assez déprimant.

Et encore.

Et encore je suis née au printemps, début avril. Et il neigeait.

Et encore je me souviens de Noël, où l’on attendait la neige en vain. Et d’autres, où elle nous empêchait presque d’atteindre Saint-Etienne, enserrant les Bois-Noirs dans sa main glacée (la Reine des neiges n’a rien inventé).

D’aussi loin que je me souvienne, il y a toujours eu des records, des chaleurs qu’on avait pas connues depuis 50 ans, des tempêtes dignes de 1739 (en Alsace), des pluies qui n’avaient rien à envier à la mousson asiatique. Chaque année est un recommencement, et pas seulement celui du printemps. Chaque année nous espérons, puis comparons, remarquons que l’été est moche et l’automne heureux. Qu’il fait 22 degrés un jour de février dans le Gers et 10 en plein été. Oui, nous marchons sur la tête, et la météo se fout bien de nous. Mais quel est l’abruti qui a décrit un jour les saisons, stéréotypé les températures?

Ici, au Canada, nous avons eu un hiver long et froid, qui a rattrapé quelques records et fait mentir les prévisions. Nous avons attendu avec impatience l’été, dont les températures n’ont souvent rien à envier aux côtes méditerranéennes. C’était sans compter les caprices de la météo. Pas une semaine où le soleil apparaisse uniformément brillant sur les applications dédiées de nos cellulaires, pas une journée de chaleur qui ne se solde par un orage spectaculaire. Heureusement, nous sommes une contrée de gens positifs. L’automne sera sûrement clément. Après la pluie, vient le beau temps. Ou bien la neige, sûrement.

-Lexie Swing-, coincée à la maison et qui n’en peut plus d’allumer tous les plafonniers en plein après-midi!

Homéopathie et accouchement

Homéopathie./ Photo Boiron

Homéopathie./ Photo Boiron

Une granule, une petite pilule… C’est le nom d’une émission de télé au Québec, une émission de santé, qui me fait souvent penser à l’homéopathie.

L’homéopathie, il y a ceux qui y croient et ceux qui n’y croient pas. Moi je dirais simplement, il y a celle qui marche et celle qui ne marche pas. Il y a des granules qui ont terrassé certaines de mes infections urinaires qui récidivaient pourtant avec d’autres médicaments et d’autres qui se sont révélées complètement inefficaces pour moi. Mais l’homéopathie censée préparer le col pour l’accouchement, celle-ci j’y crois, et j’y crois fort.

Pour ma première grossesse, je n’avais pas peur de la douleur des contractions (j’aurais dû!!), mais j’avais une hantise : contracter pendant 30 heures ou plus, et affronter la moue désolée de la sage-femme « Désolée, le col ne s’est ouvert que d’un doigt ». Je me suis tournée très vite vers l’homéopathie, confortée par le fait de ne trouver que des témoignages unanimes quant à son efficacité en la matière.

On dit qu’il vaut mieux aller voir un homéopathe qui adaptera la prescription à notre cas particulier. Je ne connaissais personne à l’époque dans ma région et me suis donc contentée d’appliquer des conseils donnés sur internet, aidée de mes propres connaissances en la matière. Le traitement choisi visait à rendre les contractions efficaces sur le col.

Pour ma deuxième, j’ai décidé de suivre le même protocole, à ceci près que je vais tenter de penser à l’arnica au moment même du travail. Pour moi, le traitement efficace est donc :

– Lundi – 10 granules ou une dose de Caulophyllum 9CH

– Mercredi – 10 granules ou une dose d’Actaea Racemosa 9CH

– Vendredi – 10 granules ou une dose d’Arnica Montana 9CH

A commencer à partir de 36 sa, et à recommencer chaque semaine jusqu’au terme.

Pour ma première grossesse, je n’ai ressenti aucune contraction avant le jour J. J’étais désespérée, persuadée qu’elle allait rester toute ma vie dans mon ventre et que, surtout, mon col ne travaillait pas. J’ai perdu les eaux à 2h du matin. 6h plus tard, le col était à dilatation complète. C’est moins rapide que certaines, beaucoup plus que pour d’autres. L’homéopathie n’y est peut-être pour rien. Ai-je envie de tester sans pour les besoins de la science? Aucunement! Je reste persuadée que les médecines douces font bon ménage avec l’accouchement…

Avez-vous essayé?

-Lexie Swing-