
Petits pieds./ Photo Lexie Swing
L’accouchement, ses détails sanglants, ses heures de douloureux labeur, qui a vraiment envie d’entendre parler de ça? En fait… La plupart des mères, futures ou multi. C’est entre la curiosité malsaine et le masochisme. Le besoin de comparer peut être. De disséquer cette incroyable étape.
Je vais vous éviter le récit sirupeux et suivre l’exemple de Maman Louve en vous donnant treize infos sur la venue au monde de la petite mandarine.
1) L’accouchement a duré 10h30, de la première contraction au premier cri.
2) Les contractions douloureuses sont arrivées aux cinq minutes dès le départ. Et ont gardé cette régularité tonitruante jusqu’à la fin.
3) J’avais perdu les eaux la première fois, j’étais persuadée que ce serait le cas une fois encore, d’autant que je n’avais aucune contraction. Pourtant quand elles ont commencé, je les ai reconnues sans peine, et la poche des eaux n’a été percée que plusieurs heures plus tard, manuellement !
4) E. est sortie façon bouchon de champagne. Après deux poussées, elle a sauté dans les bras du médecin qui ne s’y attendait guère et me l’a posée sans ménagement en travers du ventre.
5) Lorsque la médecin est venue vérifier le col et nous a confirmé que la petite était juste là, prête à sortir, j’ai immédiatement demandé si elle voyait des cheveux.
6) Trois médecins, une infirmière de suivi, des dizaines d’infirmières… Personne ne m’a jamais demandé pourquoi j’avais choisi de ne pas allaiter, et quelques uns ont même dit « ok, c’est plus simple ainsi » (rapport au suivi quant aux quantités prises).
7) J’ai partagé ma chambre avec une fille du même âge que moi… Sauf qu’elle, c’était son 5ème. Quand on est entré dans la chambre, l’infirmière était en train de lui demander « ah c’est vous qui avez demandé un rendez vous pour la vasectomie de votre mari ? »
8) Au moment des visites, Miss Swing n’a eu aucun regard pour moi. Elle a tendu son cadeau à sa sœur, jeté de côté celui que je lui tendais et que sa sœur était censée lui « offrir » en retour, et elle a saisi sa cadette dans ses bras, la couvrant de baisers. Inoubliable.
9) La principale chose dont j’avais envie après 9 mois d’abstinence ? Du vin. Beaucoup de vin.
10) Mon principal objectif, c’était de rester « en contrôle » des contractions. J’en avais le souhait ardent tout en me moquant de moi-même, sachant pertinemment que « Lexie » et « en contrôle » étaient parfaitement antinomiques. À la première, j’ai soufflé longuement. A la seconde aussi. A la trentième encore. J’ai gardé le cap à chacune, changeant mon fusil d’épaule à mesure que le travail progressait. Dans le bain, avant mon départ pour la maternité, j’imaginais ma fille capitaine d’un navire prêt à passer par un canal, entre d’immenses falaises. Sur la route, je soufflais longuement, sacrant contre l’état des rues québécoises. A la maternité, je suivais les conseils et relâchais mon corps dès que la contraction redescendait, pour le reposer avant la prochaine. Toujours, j’ai gardé le contrôle, réussissant – et j’en suis assez fière – l’accouchement idyllique dont je rêvais.
11) Les premières contractions sont apparues 24h après le stripping des membranes réalisé par le médecin. La veille, pour permettre au décollement d’agir, j’ai appliqué toutes les recettes que je connaissais : marche, piscine, ménage, et j’en passe. Et ça a marché.
12) Le bonnet de naissance de la petite mandarine n’a rien du machin en bas nylon que nous avions eu pour Miss Swing. Il s’agit d’un petit bonnet tricoté par le Club des Fermières au profit de la maternité. Juste avant la délivrance, l’infirmière en a sorti quelques-uns et nous a fait choisir.
13) Quand l’interne est venu s’entretenir avec moi au sujet de l’épidurale (péridurale), il a dit « vous me direz quand c’est le moment », et j’ai répondu « justement, c’est le moment ». A partir du moment où l’on me promet du chocolat, il faut qu’on me le donne tout de suite, je suis incapable d’attendre. Péri il y a donc eu. Et le soulagement que l’on ressent après des heures de tempête est toujours d’un bonheur indescriptible …
– Lexie Swing-