Garderie – pleurs et adaptation

Crying./ Photo Memekode

Crying./ Photo Memekode

Les problèmes avec les enfants, c’est comme le mal de tête suspect sur Doctissimo, tout le monde en a un mais personne n’est resté pour témoigner après guérison. Lorsque l’on a changé Miss Swing de garderie en décembre, elle avait 22 mois (je viens de compter sur mes petits doigts). Pour le moment – et je me garderais bien d’en faire une caractéristique définitive – notre fille n’est pas la gamine la plus sociable du quartier. Elle ne mord pas, mais elle ne saute pas au cou du premier venu non plus (sauf lorsqu’il s’agit du vendeur de vélos et qu’elle l’appelle Papa, ceci est une autre histoire…). Forcément, au moment du changement de garderie, qui coïncidait, parce que nous sommes joueurs, plus ou moins avec notre déménagement, nous nous attendions à ce que les choses ne soient pas évidentes.

Elles ont été désastreuses.

Pendant trois semaines, Mr Swing a posé sa fille, en pleurs. Il est revenu la chercher, en pleurs. Elle pleurait jusqu’à ce qu’il sorte (et peut-être après), elle pleurait dès qu’il arrivait (et peut-être avant). Elle s’accrochait désespérément à la jupe de la plus douce de ses éducatrices et hurlait à la mort lorsque celle-ci s’éloignait. « Je suis désolée, s’est-elle excusée un soir où je venais chercher ma fille, je voudrais rester avec elle mais je dois partir chercher mes propres enfants. » Le radeau Miss Swing prenait l’eau. Je googlais des tas de mots improbables pour trouver la solution et nous tenions le cap : parler de la garderie de manière enjouée, l’enjoindre à raconter sa journée, répéter le nom de ses nouveaux amis, etc. En réponse, Miss Swing répétait le nom des enfants de son ancienne garderie comme une immuable litanie. Chaque soir, je demandais à son père « Et aujourd’hui? ». « Pareil ». C’était toujours pareil.

Les vacances sont arrivées, nous sommes partis en France. À notre retour, les pleurs ont repris. « Un peu moins forts, un peu moins longs », a estimé Mr Swing un matin. Un mercredi, ou un vendredi j’ai oublié, j’ai entendu le nom d’Alice, et d’Annabelle, et puis d’Elisabeth et Edouard. Était-ce déjà le cas la veille ? Je n’avais pas fait attention. Mais les noms avaient changé, c’était ceux de ses nouveaux amis.

Elle a cessé de pleurer le soir, et puis bientôt le matin. Aujourd’hui elle court vers sa classe sitôt le manteau défait et chose nouvelle : elle ne veut plus partir avec son papa le soir! Il faut toute la patience de l’éducatrice et de son père pour la sortir de sa cachette ou de son jeu. Il y a quelques jours, j’ai été la chercher. Par la fenêtre, je l’ai observée : elle écoutait attentivement une histoire avec Elisabeth. La lecture finit, elle s’est relevée en hâte, pour courir vers un jeu ou une autre histoire, le sourire aux lèvres. J’ai poussé la porte, et si elle a couru dans mes bras (privilège de ne venir que rarement), elle s’est tournée, sitôt ma main saisie et de sa petite voix a dit : « Bye bye les amis, à demain ».

Alors si un jour vous arrivez là parce que vous avez un problème avec la garderie et que votre enfant pleure matin et après-midi, n’oubliez pas : aussi improbable que cela puisse vous paraître, le sourire reviendra.

– Lexie Swing-

 

Réveil

Flou./ Photo Yann Gar

Flou./ Photo Yann Gar

Atelier des Jolies Plumes – mois de mars. Le sujet: « Qui suis-je ? ; Votre personnage n’a aucun souvenir, il ne sait pas qui il est, ce qu’il fait, ce qu’il est, où il est, comment il est arrivé là, qui sont ses parents, ses amis, bref, les gens de son entourage, et il ne sait même pas par où commencer pour essayer de rassembler les morceaux ! Que va-t-il faire ? Par où va-t-il commencer ? Retrouvera-t-il la mémoire ? »

————————————————

Et puis la lumière. Et des gestes flous, des voix qui voudraient chuchoter mais contiennent mal leur urgence. « Dépêchez-vous, on va le perdre », crie quelqu’un. L’air m’emplit la gorge avec une violence inouïe, et je ne peux retenir un cri de détresse. « On va t’aider », me chuchote une voix douce. La course me berce et je ferme de nouveau les yeux. « Reste avec moi Noah », implore la voix. Qui est Noah? Je n’ai guère le temps de m’interroger que mon corps est de nouveau malmené par mille mains fébriles, et je m’abandonne à l’ombre.

Lorsque je me réveille, la lumière m’aveugle et je me débats pour y échapper. « Pourquoi l’inonder ainsi? Vous voyez bien que ça le gêne », s’inquiète une voix. « C’est la procédure, Madame… » Madame doit être la forme rose tendre qui me dévisage. Ignorant la remarque, elle se place en écran entre la lumière et moi. « Bonjour Noah, me dit-elle. C’est maman. » Qui est Noah? Je ne reconnais pas cette femme, mais sa voix ne me semble pas inconnue. Elle est semblable à celle que j’entendais jadis, mais elle me semble désormais plus proche, plus réelle.

Derrière elle, une forme plus sombre apparaît. Un peu de rose, habillé de noir. Malgré le flou, je distingue deux yeux très bleus. « Noah… » Sa voix s’éteint. Il a l’air las. Qui est ce Noah qu’ils cherchent tous? « Il faut que tu te battes, reprend la voix. Que tu te battes, pour ta mère et moi… » Je ne comprends pas les mots qu’il prononce, mon regard est attiré par deux yeux noirs qui me dévisagent, immobiles. Je tente de les atteindre, mais sans succès. Mes gestes sont incontrôlables. Il me semblait être plus précis, avant… Un nouvel essai, je frôle le visage en face du mien. Le contact est doux, rassurant. Madame le saisit alors pour le presser contre moi. J’anticipe un mouvement de recul mais le geste m’apaise. Je plonge mon nez sous les yeux noirs, émerveillé du moelleux que j’y découvre.

On me force à me mettre debout. Mes jambes me portent avec peine. Je tente un pas mais m’effondre aussitôt, retenu in extremis par une main ferme. Qu’on me laisse tranquille! Je lance le poing en l’air, sans n’atteindre personne. De dépit, j’éclate en sanglots. « C’est normal », s’esclaffe une voix au dessus de moi.

« Noah, Noah », la dame recommence. Je fais mine de ne pas l’entendre. Tandis que je m’agite pour récupérer mon doux nouvel ami déjà égaré, ma main se coince au-dessus de ma tête. « Doucement Noah », fait alors la voix grave en me dégageant. Et son doigt de caresser le morceau de plastique accroché à mon poignet : « Noah Nelson… né le 1er mars 2015 à 7h25 ».

———————————————–

Les autres textes de mars : Melgane – Fil CulturelVirée dans l’espace – I Feel Blue – Goldfish Gang.

-Lexie Swing-

Pourquoi des poupées noires ?

Concours photo Aquitaine (auteur?)

Concours photo Aquitaine (auteur?)

Quand j’étais enfant, j’avais une poupée noire, ou plutôt métisse. Elle avait les cheveux aussi souples que les miens, mais beaucoup plus sombres, et la peau d’un beau caramel. Je parle d’elle au passé mais elle trône toujours chez mes parents, dans la chambre des enfants. Elle s’appelle Alexia, c’est son nom de poupée, celui estampillé sur le carton Corolle dont ma mère l’a extraite il y a vingt ans. Je l’aimais énormément. J’admirais sa peau veloutée, ses yeux noirs de jais. A 7 ans j’étais la mère parfaite de cette jolie poupée, et que l’on puisse être physiquement dissemblables ne m’a jamais effleuré.

C’est tout naturellement que, le moment venu, j’ai commandé pour ma fille un poupon noir, et même un deuxième. Point de discrimination, le tout premier qu’elle a reçu avait la même peau laiteuse que sa mère d’adoption. Mais l’histoire se répète et avec elle l’envie d’ouvrir le coeur de mon enfant à une normalité qui ne serait pas seulement celle que sa petite vie lui confère.

Dans mon travail, j’ai eu la chance de rencontrer un professeur très averti en termes de diversité raciale, familiale, de genre, etc. Son combat à lui était d’enseigner à des enfants de toutes cultures que peu importe notre genre, on peut tout accomplir, et devenir footballeuse professionnelle ou couturier sans que le sexe soit un critère de sélection. Il enseignait ces possibilités à des enfants de six ans, et il s’avouait déconcerté, voire inquiet, de voir quelles idées étaient déjà ancrées dans l’esprit de ces tout-petits en termes de différences de genre. « Et là c’est une fille qui joue au foot », disait-il en montrant un dessin, et les petites filles de crier « oh non c’est pour les garçons », tandis que les petits gars ricanaient dans leur coin… Il m’a dit s’être alors demandé si c’était les cultures ou les familles qui véhiculaient ses idées, mais il s’est vite trouvé coincé dans cette théorie : les petits enfants issus de cultures traditionnelles n’étaient pas plus fermés que leurs camarades de familles plus modernes, et certains parents se montrant l’esprit toujours très ouverts se coltinaient parfois des progénitures… plutôt rétrogrades! Des intervenantes du Planning familial, qui travaillaient en partenariat avec lui, lui ont fourni le nom des coupables : les jeux, les livres, les dessins animés!

Qu’importe le mal que se donnaient certains parents pour ouvrir l’esprit de leurs petits, l’univers enfantin les conduisaient à adopter un comportement très genré. Dans de nombreux livres encore, m’expliqua-t-il, Maman fait le repassage tandis que Papa bricole. Les déguisements sont ceux de princesses et de chevaliers… et les Disney n’ont pas apporté grand chose d’autre que de la boue au moulin de l’égalité des sexes.

Il en va de même pour la diversité raciale ou familiale. Si certains dessins animés ont désormais pour héroïnes des petites filles noires ou latinos, le blanc reste encore la couleur maîtresse. Mais plus encore, elle représente la normalité. L’exercice réalisé par deux fois, à une vingtaine d’années de différence, auprès de petites filles noires, en est la preuve. On leur demandait de choisir entre une poupée noire (qui leur ressemblait donc, dans le principe) et une poupée blanche. Il y a vingt ans comme aujourd’hui, la plupart d’entre elles, la très grande majorité même, choisissaient la poupée blanche. Pire encore, elles allaient jusqu’à dire que cette poupée blanche était « plus belle » et « plus gentille ».

Parce que Mr Swing et moi refusons que la famille nucléaire façon modèle type papa, maman et deux enfants, tous blancs, soit la norme dans l’esprit de notre fille, nous l’abreuvons, quitte parfois à la perdre un peu. Nous lui lisons des histoires où l’on peut avoir deux papas, comme une seule maman; nous lui montrons des images où les filles sont pompiers, comme infirmières; et nous lui achetons des poupées noires… et blanches. Parce que je ne veux pas, je n’aimerais pas, que ma fille choisisse un jour une amie, un ami, un amoureux, ou une amoureuse, parce qu’il est noir, ou parce qu’elle est blanche, mais parce qu’il ou elle est… quelqu’un de bien.

On ne peut pas tout façonner, c’est certain, mais on peut au moins leur laisser toutes les cartes en main.

-Lexie Swing-

 

Tannée du froid

Froid./ Photo Geert Schneider

Froid./ Photo Geert Schneider

Je suis tannée du froid. À en croire les gens qui vivent ici depuis des décennies, c’est la première fois qu’il fait aussi froid aussi longtemps. Appréciez la précision. Il a déjà fait aussi froid. Il a déjà fait froid longtemps. Mais aussi froid aussi longtemps, non.
Malgré les températures redoutables de ce mois (le -20 indiquait presqu’un redoux), ce n’est pas tant le froid extrême que la longueur qui commence à me moutarder le nez. Si le soleil est bien présent pendant l’hiver, il ne réchauffe guère. Point de caresse apaisante d’un rayon bienvenu, le froid est bien trop froid pour autoriser une telle entorse à l’hiver.
Je n’envie pourtant pas l’hiver français de mes régions. La pluie et le brouillard sont deux expressions climatiques dont je me passe avec facilité désormais. Mais la longueur de l’hiver est déprimante.

Demain, bientôt, ce sera mars. Les cabanes à sucre, le (vrai) redoux annoncé. -2 en fin de semaine. Et puis avril. Avril et … la pluie. Exit la douceur du printemps, avril est devenu mon number 1 des worst months ever, à peine éclairé par les bougies soufflées pour mon anniversaire. Deux ou trois semaines de pluie infamante pour ce mois réputé être celui du renouveau, de chaussures mouillées, de cheveux trempés. Lorsque l’on sort de six mois d’hiver, la pluie c’est l’enfer, c’est l’ennemi.

Je suis tannée du froid, et si j’en crois les gens qui persiflent le matin dans mon train, cela ferait presque de moi une vraie Québécoise. Car celui qui croit que les Québécois ne sont heureux que dans la neige ne les a jamais croisés au sortir de l’hiver, quand les jupes sont plus courtes que la barre rouge et verticale sur le baromètre.

Heureusement, bientôt mai sera là, dans deux mois?

-Lexie Swing-

Brioche buchty

Brioche buchty./ Photo DR Lexie Swing

Brioche buchty./ Photo DR Lexie Swing

Je partage rarement des recettes de brioche. Il faut dire qu’aucune ne m’a jamais vraiment convaincue. En la matière, mes papilles sont comme retenues en otage par le bon goût des brioches de boulanger et je ne suis guère tendre en ce qui concerne leurs homologues faites maison.

Quand j’ai lu la recette de la brioche buchty, mon attention a été retenue par l’utilisation de la crème fraîche à la place du beurre. Cela m’a rappelé la saveur de la gâche vendéenne. Et puis le blogue qui publiait cette recette vendait bien son produit : la mie filante était inratable!

Je me suis donc attelée à la tâche, non sans avoir au préalable interrogé Mike, l’auteur, pour savoir combien de levure de boulanger sèche utiliser dans ce pays où je n’ai pas encore mis la main sur la levure fraîche.

Pour une brioche (j’ai divisé la recette initiale par deux)

* 250g de farine

* 45g de lait entier

* 2g de levure sèche (si si c’est possible) ou 5g de levure fraîche

* 30g de sucre

* 1 oeuf

* 100g de crème fraîche (celle de chez Liberté est excellente)

* Sel (une demi cuillère à café)

* Sucre glace pour saupoudrer

Délayez la levure dans un peu de lait tiédi et laissez mousser dix minutes environ.

Profitez-en pour verser la farine et le sucre en grains dans le bol du robot. Ajoutez le sel sur un côté. Faites un puits et versez-y la levure. Mélangez.

Ajoutez l’oeuf, le lait, puis la crème. Mélangez et pétrissez au crochet pendant dix minutes à petite vitesse.

Formez une boule, couvrez d’un linge humide et laissez gonfler la pâte dans un endroit chaud.

Lorsque celle-ci a doublé de volume, formez des petites boules de pâte d’environ 40g et disposez-les sur une plaque recouverte de papier parchemin ou sulfurisé, tenu par un cadre en aluminium (j’ai utilisé un moule à cheesecake dont le cadre se retire). Espacez-les car elles vont se coller ensuite. Laissez-les monter dans un endroit chaud.

Enfournez à 300°F ou 150°C pour 30 minutes. Attendez que la brioche ait refroidi et saupoudrez de sucre glace.

Notes glanées à force de lectures:

– Vous pouvez remplacer les 100g de crème par 10 cl (la moitié d’un pot donc, souvent) et faire en sorte que votre mélange oeuf + lait = 100g (ainsi que le suggère Valérie de C’est ma fournée).

– Vous pouvez, après la première poussée, réfrigérer votre pâte et former les boules seulement le lendemain matin. Vous pouvez aussi faire les deux levées et réfrigérer votre brioche en filmant bien le plat. Le matin venu, sortez votre pâte, préchauffez votre four à 50° environ et éteignez. Enfournez votre brioche et laissez-la lever de nouveau pendant 40 minutes. Sortez, préchauffez à 300°F ou 150°C et faites cuire 30 minutes.

– Si vous ne comptez pas manger votre brioche dans la journée, congelez-la. Le mieux est de le faire boule par boule.

– Elle est peu sucrée, dans le but d’être mangée avec de la confiture ou de la pâte à tartiner. Si vous aimez les brioches très sucrées, augmentez la dose!

– Beaucoup de blogueurs recommandent d’utiliser de la farine T45.

– La Buchty est une brioche allemande, ou tchèque ou polonaise, selon les histoires, mais de l’Est donc :)

Bonne dégustation!

-Lexie Swing-

Prendre un cours de couture avec les Triplettes

Direction les ateliers./ Photo DR Lexie Swing

Direction les ateliers./ Photo DR Lexie Swing

Je n’ai pas beaucoup de passion durable dans la vie, en dehors des livres et de l’écriture. Mais je saute joyeusement d’un projet à l’autre, toujours en quête de nouveautés.

Quand j’étais enfant, mon amie A. et moi étions gardées par “Tatie”, une nounou comme vous n’en trouverez plus et qui, de métier, était couturière. C’est donc tout naturellement qu’à 4 ou 5 ans elle nous a appris à coudre. Des boutons sur une forme dessinée d’abord, et puis des choses plus compliquées. À la même époque, j’ai eu ma première machine à coudre (et la dernière à ce jour). Et puis je me suis lassée.

Ceci dit, mon amie A., elle, s’y est remise il y a quelques années, et avec talent. Elle a cousu plusieurs choses pour Miss Swing dont sa couverture préférée et la cape de Petit Chaperon Rouge de son dernier costume d’Halloween. Si j’admire énormément ses créations, j’ai vite ressenti moi-même l’envie de faire d’aussi jolies choses. Alors quand ma mère, pour ma fête (oui nous fêtons les fêtes) m’a demandé ce que je voulais, j’étais enfin prête : “un cours de couture”.

Comme mon amie A., je voue un culte au Liberty, un tissu difficile à trouver ici au Canada. Il y a un an, j’avais fini par dénicher le coussin de mes rêves – à plus forte raison parce que c’est un nuage – dans une petite boutique montréalaise tenue par une Française. Elle donne aussi des cours, c’est donc tout naturellement que je me suis tournée vers elle le moment venu.

Marion, la propriétaire, propose plusieurs cours et plusieurs projets à réaliser, comme des coussins, des sacs, des vêtements. Pour ma part, j’ai choisi de réaliser une pochette à dessin pour Miss Swing, en deux cours.

Premier samedi, je me rends donc à Rosemont, dans une bâtisse surprenante abritant de nombreux artistes. Je salue l’autre “étudiante” et me plonge dans les tissus pour choisir avec Marion ce qui sera le plus adapté à ma réalisation.

La pochette terminée./ Photo DR Lexie Swing

La pochette terminée./ Photo DR Lexie Swing

Je mesure, je coupe, et puis il est temps de passer aux choses sérieuses : la machine. J’avais quelques appréhensions et des doutes quant à ma capacité à comprendre des consignes simples comme “passe le fil dans le chas” alors j’ai lu quelques tutos et regardé des vidéos. Heureusement, Marion se charge de remplir ma canette, une étape qui me semble insondable à ce stade.

Finalement, les gestes reviennent, ou s’apprennent, vite. L’aiguille court le long du tissu à mesure que mon pied enfonce la pédale. Je prends les courbes, suis les traits droits tracés au crayon et retiens mon souffle au moment de faire un point arrière pour fixer le tout.

Le cours passe à toute allure, je range mon travail en haut d”une étagère et prend congé. Deux semaines plus tard, retour à Rosemont où mon travail m’attend sagement. Nous sommes un peu plus nombreuses et je pense que mes nombreux appels ont retiré quelques minutes d’attention aux autres apprenties couturières. Mais je suis la seule à réaliser un tel projet et la tâche est un peu plus ardue que prévu. Finalement, c’est avec l’aide et la patience de Marion que mon sac à dessin se terminera.

J’ai hâte de recommencer, peut-être pour un programme complet d’apprentissage (travail des différents points et plusieurs projets à réaliser) et je convoite déjà une jolie petite machine pour mon anniversaire le mois presque prochain…

Les Triplettes, Atelier au 5795 de Gaspé, suite 213 B, Montréal

A partir de 24 dollars le cours.

 

-Lexie Swing-

 

Être un bon parent

Câlin du matin./ Photo Matteo Bagnoli

Câlin du matin./ Photo Matteo Bagnoli

Avant d’avoir un enfant, j’avais une vision très pratique du bon parent : il offrait le gîte, le couvert (bio si possible), du linge propre, de l’amour et un cadre solide. C’était un peu comme naître au Ritz : quelqu’un pour répondre à tes moindres désirs, te coucher dans des draps moelleux et te nourrir (à la cuillère en argent).

Et puis elle est née et comme j’ai un sens de l’organisation domestique équivalent à celui d’une dinde enfermée dans le noir, cette notion de la bonne parentalité a tourné court. Côté amour et cadre solide, on se tient. Les règles sont posées, on les répète souvent, on y déroge peu et pas sans de solides arguments étayés en trois dessins commentés. Mais force est de constater que le côté pratique de la chose n’a pas suivi.

Déjà, nous n’avons jamais de tenue de rechange le jour de l’accident, quand la Miss essaye d’attraper un jus de bleuets un matin de brunch dans un restaurant chic et se le déverse entièrement sur ses pantalons neufs (“oooo palon sont sales”… Voilà c’est ça chérie) et nous avons déjà parcouru la moitié de la rue Saint-Hubert à la recherche d’une boutique qui fasse vêtements ET culottes pour réparer les dégâts d’un accident pipi (“vous auriez un sac en plastique avec ça? C’est pour mettre sur le siège…”).

Ensuite, je ne compte plus le nombre de fois où j’ai prononcé la phrase “Je pense qu’il va falloir lui mettre son maillot de bain elle n’a plus de culottes…” et les chaussettes disparaissent mystérieusement après leur tour dans la machine à laver.

Nous ne sommes pas franchement le genre des parents à avoir des caisses de chandails et des mouchoirs au kilo. Nous arrivons régulièrement en fin de stock et sommes contraints de moucher le nez à l’aide de papier toilette et de fouiller les fonds de sacs à dos pour retrouver une couche neuve à 20 heures.

Nous partons en week end sans couverture et devons l’envelopper dans un vieux pull à nous. Nous lui attachons des serviettes avec des noeuds grossiers pour pallier l’absence du bavoir oublié au fond de l’évier. Et nous quémandons de l’arnica aux copains qui ont ça.

 Ce n’est pas toujours pratique, parfois chiant pour les autres. Mais aujourd’hui je sais aussi que ça ne tient pas à ça, d’être un bon parent. À l’image de l’amour conjugal, ce sont plutôt ces petites preuves quotidiennes, ses céréales maison que je prépare le matin, ma main dans la sienne quand elle a peur, mes quelques nuits passées assise sur un pouf, à côté de son lit, quand elle était malade, ma capacité à répondre à ses besoins, à n’importe quelle heure, ma volonté de résister parfois à ses demandes pressantes (“bonbooooons maman”) parce que je veux le meilleur pour elle (et pour ses dents), pas seulement tout de suite, mais aussi dans dix ans.

 Je lis ou croise des femmes, des amies, qui à l’aube de la naissance de leur premier enfant se demandent si “elles sauront”. Mettre une couche, donner un bain, donner le sein ou le biberon, ça s’apprend, mais donner de soi, donner le meilleur, réconforter et réchauffer, fusse dans un vieux pull, c’est inné, c’est en nous, ça ne demande qu’à sortir. Vous saurez.


-Lexie Swing-

 

PS Sur ce sujet du bon parent mauvais parent, je vous encourage à lire ce superbe article, à la fois drôle et plein de bon sens, sur la différence entre être une mauvaise mère et une mauvaise maman.

Je ne veux paaas

Je ne t'entends paaas./ Photo  MS

Je ne t’entends paaas./ Photo MS

On parle souvent du terrible two et de la crise du non, ce mot charmant et court que nos enfants apprennent bien trop tôt. Dans sa version édulcorée, il y a aussi le « pas », et à ce jeu, Miss Swing la littéraire est championne.

– Bonjour chérie, tu as bien dormi ?

– Non, pas dormi chérie.

– Tu n’as pas dormi ou pas bien dormi?

– Pas bien dormi.

– Ok, viens (l’enfant hurle et se débat).

– Noooon, pas viens, dodo dodo.

– Tu veux faire dodo?

– Non, pas dodo

(Je me disais aussi…)

– Allez, on va voir Papa, dis bonjour à Papa.

– Pas bonjour Papa.

– Bonjour à toi aussi chérie, tu veux faire pipi ?

– Non pas pipi.

– Tu veux t’habiller alors ?

– Non je veux pas s’habiller, veux faire pipi.

 

Maman irait bien se recoucher.

 

( Nan pas coucher maman)

 

;)

 

-Lexie Swing-

 

Deux ans

Tes cheveux en bataille, que seule ton éducatrice parvient à dompter

Miss Swing./ Photo DR Lexie Swing

Miss Swing./ Photo DR Lexie Swing

Ton accent mi-anglais mi-créole

Tes yeux immenses

Ton goût pour les fruits

Ton ventre tout rond

Ta litanie « Pour Papa, pour Maman, pour Loulou, pour Talou, pour Mamie… » quand on te brosse les dents.

Ta passion des chaussures

Ton incroyable souplesse

Tes pieds qui ont pris deux tailles en deux mois après avoir stagné pendant un an

Ton amour des animaux. Tous les animaux.

Ta précision

Ta dextérité pour mettre des chaussettes

Tes câlins brefs

Ton nombril que l’on devine sous ton chandail

Ton pouce que tu ne lâches pas

Tes « palons » que tu réclames sans cesse, et que tu refuses de nommer correctement.

Tes phrases de plus en plus construites, et de plus en plus justes.

Tes deux ans avec nous, joyeux, bordéliques, inspirants, parfois épuisants, enthousiasmants, sans regrets, sans aucun regret.

 

Et notre vie que tu as changé pour toujours.

 

Joyeux anniversaire ma toute petite.

 

-Lexie Swing-

 

 

Un brunch au Communion

Brunch Santé au Communion./ Photo DR Lexie Swing

Brunch Santé au Communion./ Photo DR Lexie Swing

EDIT : le Communion est désormais fermé

Un couple d’amis et leur adorable petit blondinet bouclé étant de passage à Montréal (en provenance de Clermont-Ferrand), j’ai cherché un endroit adapté pour le brunch de dimanche. C’est toujours un véritable challenge de choisir un restaurant dans ce cas : je veux quelque chose de convivial, de bon et d’abordable. J’ai envie de montrer le meilleur de ma ville à mes amis venus de loin et c’est un vrai défi! Après avoir arpenté la Toile, j’ai choisi le Communion. En plus de quelques commentaires très positifs, j’étais tombée sur quelques commentaires négatifs, je m’y suis donc rendue avec une petite appréhension. La consigne c’était : bon, sur le Vieux-Port, adapté aux enfants. Et ce n’est rien de dire que c’était l’endroit parfait!

Déjà, comme nous étions six (avec les pitchous), j’ai pu réserver pour le dimanche, 11 heures. Très appréciable car nul n’a envie de faire la file une heure durant, quel que soit le bon goût des oeufs bénédictines, avec un marmot affamé dans les bras.

Lorsque nous sommes arrivés, les serveuses nous ont immédiatement apporté deux chaises hautes. Nous étions dans une partie moins cosy de la salle, mais beaucoup plus adaptée au nombre que nous étions. En attendant nos amis, on nous a servi du café et un pot en fer contenant du beurre et du pain grillé : demi-bagel, multigrain, blanc, etc. Parfait pour patienter! Nos amis ont finalement réussi à braver la tempête – et quelle tempête dimanche matin! – et nous avons donc pu rapidement commander. À en croire Mr Swing et mon amie, les oeufs bénédictines étaient succulents. Pour ma part, j’avais pris le « santé » : oeufs pochés (un poil trop cuits, plutôt mollets, mais très bons), pousses d’épinards, chèvre frais, tomates confites, pancakes aux bleuets arrosés de sirop d’érable, salade de fruits frais et granola maison. Comme je commence à me lasser un peu du brunch traditionnel du type oeufs brouillés – pommes de terre, j’ai trouvé cette proposition parfaite! À noter qu’une version plus traditionnelle existe aussi.

Côté enfants, deux choix, soit salé, soit sucré. La miss a donc pu déguster des crêpes tandis que son voisin de table se concentrait sur la salade de fruits… Les enfants ne sont vraiment plus ce qu’ils étaient ;)

Une adresse à tester, approuvée notre part!

 

-Lexie Swing-