Les fesses de cette fille

J’ai passé une heure et quart à mater les fesses d’une fille. Et maintenant j’ai mal aux jambes. Ça fait un peu vieux pervers, dis comme ça!

Elle était comme montée sur ressort, les jambes fuselées et gainées de noir. Sa queue de cheval tressautait au rythme de ses pas.

J’ai passé une heure et quart à mater les fesses de cette fille. Au début, j’étais envieuse. Un déhanché parfait, une vibration digne des meilleurs cabarets. Un coup à droite, un coup à gauche, ses fesses sautillent et marquent la mesure.

Des fesses au départ de la grande course en talons./ Photo Raphael Labbé

Des fesses au départ de la grande course en talons./ Photo Raphael Labbé

Au bout de dix minutes, j’étais en colère. Pourquoi mes propres fesses n’arrivaient-elles pas à suivre le même chemin? Lorsque les siennes partaient à droite, les miennes en perdaient leur latin, ne sachant plus si j’avais dit bleu ou noir ou si la dentelle était à la mode cette année. A leur contact, la samba ressemblait à du twist improvisé par un comptable alcoolisé.

Au bout de 30 minutes, j’étais lassée. Ses fesses frétillaient toujours, insolentes d’énergie. Les miennes ont rencontré le sol, pour mieux l’épouser. Les siennes continueront leur vie, lorgnées par des centaines de filles après moi. Les miennes vont se rasseoir sagement, sur un vélo, un cheval ou même un canapé.

J’ai passé une heure et quart à mater les fesses d’une fille. Et maintenant j’ai mal aux jambes. Les cours de remise en forme, façon danse brésilienne, ce n’est décidément pas pour moi.

Et vous, votre déhanché?

-Lexie Swing-

La bibliothèque façon Montessori

J’ai connu Montessori il y a quelques années, lorsque ma belle-sœur se renseignait sur les écoles du même nom. J’ai découvert cette pédagogie particulière et l’éducation individuelle qui en découlait. Je suis tombée sur des blogues de parents qui expliquaient comment ils menaient à bien cette éducation au quotidien, et quand j’ai trouvé qu’ils allaient trop loin, j’ai tout laissé tomber. Mais j’ai gardé dans un coin de ma tête cette impression d’autonomie, cette découverte par l’apprentissage, cette envie de faire avec du vrai (en cuisinant par exemple) plutôt que de tout faire passer par les jeux.

La bibliothèque de Miss Swing./ Photo DR Lexie Swing

La bibliothèque de Miss Swing./ Photo DR Lexie Swing

Il y a quelques semaines, j’ai découvert via Hellocoton un petit bonhomme de 15 mois environ qui fouillait dans sa bibliothèque Ikea pour y récupérer les livres qui lui plaisaient. Pas d’entraves, pas de « Maman, donne… » Pouvoir découvrir les livres comme on l’entend est d’une importance capitale à mes yeux, et tant pis si certaines pages se déchirent dans la hâte.

Alors la semaine dernière, après un tour au rayon enfant d’Ikea, nous avons investi dans un petit meuble blanc. Le dessus de cette bibliothèque est encore suffisamment haut pour que l’on puisse y poser cette veilleuse qu’elle démonte tout le temps. Le reste est accessible malgré ses 73 cm (l’infirmière l’a mesurée à 75 cm ce matin mais Mr Swing a reconnu qu’il était encore en train de l’installer lorsqu’elle a pris les mesures!) et elle s’en donne à cœur joie! Chaque soir, elle choisit le livre qu’on va lui lire, chaque matin elle en sort cinq ou six qu’elle abandonne sur le sol… Aimera-t-elle lire après ça? Je l’espère! Elle aura au moins le loisir de choisir car il n’y a rien de pire à mes yeux que des lectures imposées.

-Lexie Swing-

Douce France qui a perdu son insouciance

Il y a un mois, je publiais sur le site internet de mon travail un article volontairement sarcastique sur les choses à savoir avant de proposer un rendez-vous à une secrétaire. Au programme : mise en avant des petits détails maniaques et autodérision. Mes lectrices québécoises, adjointes et secrétaires en tête de peloton, ont adoré, argumentant que c’était « tout à fait elles », « que ça allait bien faire rire leur mari », qu’elles allaient envoyer cet article « à tous leurs contacts pour qu’ils sachent à quoi s’en tenir ».

Hier, nous avons repris l’article pour le publier sur l’un de nos sites français. Les termes qui sont le plus revenus dans les commentaires? « Affligeant », « misogyne », « idiot », j’en passe et des meilleurs. Je ne le prends pas personnellement car ce n’est pas la première fois que le phénomène se produit. Dès que nous publions un article qui nécessite un bon sens d’autodérision ou qui se veut humoristique, les Québécois applaudissent pendant que les Français crient au scandale.

French flag./ Photo Luc Legay

French flag./ Photo Luc Legay

Pourquoi? Lorsque j’ai soufflé ma colère sur mon Facebook privé, une amie parisienne m’a rappelé le cynisme latent, la mauvaise humeur palpable, les broyeurs de noir qu’elle côtoie au quotidien. Elle m’a surtout rappelé, avec toute l’honnêteté possible, qu’elle-même était comme ça.

Mais moins que le cynisme, que j’apprécie lorsqu’il est bien manié, je déplore les réflexions des bien-pensants. Sur Internet, ils sont partout. Avez-vous déjà regardé les commentaires d’articles de Rue89? La première moitié critique le travail du journaliste, quand les seconds se déchirent sur le fond. Ils se taclent les uns les autres, égratinant au passage l’auteur, revenant sans cesse argumenter, à n’importe quelle heure du jour et de la nuit, comme s’il n’y avait que cette vie désespérément virtuelle qui comptait.

Je suis partie aussi pour ça, parce que j’avais besoin d’une espèce de joie de vivre enveloppante, fusse-t-elle culturelle ou superficielle. Depuis que je suis ici, j’ai connu des hauts, des bas, des obstacles, mais je n’ai jamais connu la morosité. J’ai réussi chaque matin à croiser des visages souriants, et même le soir, même avec la fatigue qui pèse sur les épaules, j’ai vu des yeux qui brillaient, j’ai entendu des voix qui s’animaient, j’ai admiré de la politesse, j’ai intégré de la bonne humeur. Et ça m’a porté.

– Lexie Swing-

Hier, ils annonçaient 5 cm (neige inside).

J’ai toujours eu un faible pour la belle neige, celle qui peut tomber une nuit entière et tout recouvrir. Au réveil, on écarte les rideaux pour voir qu’une couverture polaire à tout recouvert.

Pas question de prendre le bus ce matin, je voulais marcher dans la poudreuse, sentir la neige craquer sous mes pas et m’entraver légèrement (largement aidée en ça par le chien qui marche sur mes talons).

Je vous en enverrai bien en France, vous qui désespérez sous la pluie battante. Un petit paquet rouge comme Noël avec un joli nœud et de la neige dedans, fraîche et douce, parfaite pour recouvrir la morosité…

Eleven./ Photo DR Lexie Swing

Eleven./ Photo DR Lexie Swing

Rue Draper./ Photo DR Lexie Swing

Rue Draper./ Photo DR Lexie Swing

-Lexie Swing-

She’ll be your Valentine

Be my Valentine./ Photo Craftivist Collective

Be my Valentine./ Photo Craftivist Collective

Veille de la Saint-Valentin. Les chocolatiers, les restaurateurs et surtout les boutiques de lingerie se frottent les mains. Cette fille a tout: le chocolat, le sac plein de lingerie fine et sûrement la réservation de 18 heures dans le resto de leur première fois. Assise à mes côtés dans le bus, elle trifouille la dentelle et la soie à travers le papier fuchsia qui dissimule son trésor.

Quand lui sortira-t-elle le grand jeu? Avant même le repas, comme au troisième rencard? En revenant de leur douce soirée, la porte à peine passée?

Attraperont-ils un chocolat au vol? Lui rappelera-t-il qu’il l’aime?

Ce sera leur dernière Saint-Valentin comme ça. L’an prochain ils seront trois. Ou peut-être même dès ce printemps, si j’en crois le rebondi de son ventre qui frémit dans la soie, sous le froufrou fuchsia.

Et sous les chocolats.

Que vous la fêtiez ou non, je vous souhaite une excellente Saint-Valentin, puisse-t-elle être douce comme la soie et gourmande comme du bon chocolat…

-Lexie Swing-

Pâte à sucre maison

Miss Swing a eu un an lundi. Je vous parlerai plus tard de la larme que j’ai failli verser en portant son gâteau d’anniversaire et de comment elle a manqué gober la bougie.

Après un premier essai quelque peu (très) désastreux, et une grosse remise en question parentale (« Sommes-nous vraiment des parents en dessous de tout? »), Mister Swing a joué les MacGyver et avec trois morceaux de pâte à sucre maison, il a créé la montgolfière parfaite pour notre petite voyageuse, notre Toulousaine néo-Montréalaise adorée.

Tadam.

La souris est dans la place./ Photo DR Lexie Swing

La souris est dans la place./ Photo DR Lexie Swing

J’ai eu un rôle déterminant dans cette création : j’ai mis la souris dans la nacelle. J’ai fait trois pas jusqu’au bac à jouets, j’ai pris la souris, je l’ai allongée sur le plateau et je lui ai collé de la pâte à sucre violette sous le nez. Paf. Chef-d’oeuvre.

Sans rire. La pâte à sucre nécessite une bonne dose de maîtrise et de patience mais avec beaucoup d’huile de coude et une bonne recette elle est facile à réaliser et bien meilleure marché que la pâte à sucre toute prête des commerces spécialisés. Tandis qu’on préparait l’anniversaire de Miss Swing, j’ai eu l’occasion de regarder des tas de recettes. Nous en avons essayé une première : un désastre! Une amie m’a même demandée si notre fille avait fait de la pâte à sel pour l’occasion!

La recette parfaite, nous l’avons trouvée dans ce tutoriel vidéo. Le grammage et le geste précis à avoir: tout y est! Vous n’avez plus qu’à!

-Lexie Swing

Orange is the new black, ma nouvelle série « so addictive »

Orange is the new black, vous connaissez? C’est la série à la mode sur Netflix, moins connue que le très bon House of Cards mais tout aussi additive. Piper Chapman est une jolie blonde, plutôt intellectuelle, qui atterrit dans une prison pour femmes pour avoir transporté un sac de billets contenant de l’argent de la drogue dix ans plus tôt. 15 mois enfermée avec d’autres criminelles. Ça sonnait comme un truc qui allait tourner en rond, un peu comme le hamster dans sa cage qui pédale en contemplant toujours la même grille. Force est de constater qu’il y a beaucoup plus de rebondissements que dans d’autres séries. Et que le hamster a beaucoup plus d’imagination et de sens de la répartie qu’un canard colvert à la fin de l’hiver (j’ai filé la métaphore si loin que je nous ai perdus non? Le canard colvert est un oiseau migrateur… qui voit du pays… surtout à la fin de l’hiver, alors qu’il revient de son périple en zones chaudes… ça y’est on a retrouvé la route regarde ;)).

Chacune son histoire./

Chacune son histoire./

La belle Piper, un peu trop propre sur elle et sensible au début de la série, vire rapidement acerbe, sarcastique et même légèrement dure… On aurait pas imaginé une midinette en robe de bal parfaitement manucurée jouant les prisonnières parfaites dans ce rôle très autocentré qu’est celui de Piper Chapman! Les scénaristes ont su la jouer finement pour donner une multitude de reliefs à ce personnage hyper attachant. Une vraie bonne copine… à qui on ne laisserait pas un couteau quand même ;)

A noter que les épisodes laissent entrevoir la vie et le caractère de nombreux autres personnages, dressant ainsi un tableau hyper complexe, fait de multiples saynettes. Ce genre de tableau que l’on ne finit jamais de découvrir. Vivement la saison 2!

La famille du vendredi : Jennyfer au Portugal

Un vendredi sur deux, Lexie rencontre une famille, un couple, un voyageur en solo, des Français partis poursuivre leur vie loin de leurs contrées d’origine. Cette semaine, c’est Jennyfer, du blogue A la (re)découverte du Portugal, qui s’invite dans la rubrique avec le quotidien de sa famille… à Torres Vedras, au Portugal.

Torres Vedras./ Photo DR Jennyfer Coville

Torres Vedras./ Photo DR Jennyfer Coville

Quel est ton p’tit nom?
Sur la blogosphère, c’est Jenzinha

De quel coin de France viens-tu?
Je suis née à Auch, dans le fin fond du sud ouest de la France, et ai grandi à Angers à partir de 8 ans, où je suis restée jusqu’à mes 22 ans.

Où es-tu parti(e) vivre ta vie?
Je suis pour l’instant au Portugal, à Torres Vedras.

Mais surtout quand, comment et pourquoi?
Je suis ici depuis juillet 2013. L’explication fait remonter à un peu plus loin ! J’ai quitté la France officiellement en 2011 (ça fait exactement 3 ans aujourd’hui), pour un contrat d’un an au Brésil. Avec mon mari (qui n’était que mon conjoint à l’époque), nous voulions de toute façon partir de France mais visions l’Australie. Puis quand une opportunité de travail intéressant s’est présentée à moi au Brésil, le choix a été vite fait. Sur place et avant la fin de mon contrat, j’ai réussi à avoir un contrat local dans une autre entreprise toute nouvelle, et après un court retour en France pour récupérer les visas et se marier, nous sommes retournés au Brésil en juillet 2012. Le contrat en question ne s’est pas passé comme prévu, ce qui nous a contraints à revenir bredouilles en France en janvier 2013. Initialement pleins de bonne volonté pour essayer de faire notre vie en France, nous nous sommes finalement rendus compte que nous ne POUVIONS pas (et ne voulions pas) rester pour l’instant, que nous avions encore soif de découverte immédiate, et nous étions alors prêts à partir n’importe où dans le monde. Nous sommes partis un mois en Australie voir comment ça se passait là bas côté taf (mais il aurait fallu qu’on reste plus longtemps pour ça!!), et au retour d’Australie, la première opportunité qui s’est offerte à nous a été un contrat au Portugal pour mon mari. Bon bah, direction Portugal alors !

Qui as-tu emmené dans ta valise?
Mon mari ! Ou plutôt, pour le Portugal, c’est lui qui m’a emmenée dans sa valise puisque cette fois-ci, c’est lui qui bosse et moi qui suis !

Où travailles-tu, avec quels horaires, tu déjeunes sur place? Je veux tout savoir de ton job!
A vrai dire, je cherche un emploi dans mon secteur là, en laboratoire pharmaceutique. Mais en dehors de mes candidatures, je consacre beaucoup de temps à mes blogs, que je prends très au sérieux et considère comme un métier à part entière. Je « bosse » donc de la maison, avec les horaires que je veux (3h/jour environ, entre le blog sur le Portugal et un autre dédié à la santé et à la beauté). Du coup, je mange chez moi, mon mari me rejoint quasiment tous les midis, vu que son taf n’est qu’à 10 minutes de la maison.

Comment est la rue où tu vis? Ta maison ou ton appartement?
Il s’agit d’un condominium, pas vraiment d’une rue. De ma fenêtre, j’ai vue sur les autres immeubles du condo et un parc de jeu d’un côté, et de l’autre côté, sur le jardin du condo et une forêt d’eucalyptus. J’habite dans un appartement complètement meublé, avec une grande terrasse ensoleillée. J’y passe pas mal de temps pour l’instant, mais je suis en bonne compagnie, avec une adorable petite chienne que j’ai adoptée ici (il y a énormément de chiens qui sont abandonnés ici).

Quelles sont les choses complètement nouvelles pour toi?
– La façon de gérer les ronds-points… Je n’ai d’ailleurs toujours pas compris comment il faut les prendre, je crois que chacun a ses propres règles, ce qui fait que les ronds-points sont les endroits où il y a beaucoup d’accidents !
– Les cafés sont aussi, voire plus, difficiles à avaler que les shooters d’alcool !
– Rien de trop dépaysant sinon, le Portugal, c’est l’Europe ! Il y avait bien plus de trucs stupéfiants au Brésil.

Où vas-tu manger lorsque tu n’as pas le temps (ou l’envie) de faire le repas?
On va chercher McDo au shopping mall d’à côté :-)

Est-ce qu’il y a du bon fromage où tu vis? Et du bon vin?
Je ne suis pas une grande amatrice de fromage, mais mon mari oui. Le fromage est moins varié qu’en France, mais il y en a des très bons ! Et côté vins, il y a du bon comme du pas bon du tout. un vin typiquement portugais est le Vinho Verde. C’est un vin très jeune, légèrement pétillant.

Tu pars où en vacances?
Depuis qu’on est ici, on a fait Ibiza et Formentera (les 2 plus petites îles des Baléares), Séville, l’Andalousie en entier, Londres, et on a pas mal bougé à l’intérieur du Portugal lui-même. Ce week-end, nous partons à la découverte de l’archipel de Madère, un groupe d’îles portugaises au large du Maroc.

Et, last but not least, que fais-tu le vendredi?
En journée : je fais le bilan des stats de mes blogs, et j’analyse ce qui a plu et moins plu, je prépare les articles de la semaine suivante (au moins les sujets). Je révise mes cours de la semaine (j’ai repris des cours via une université en ligne, très répandu aux States, et tout nouveau en France!), je fais mes cours de langue comme tous les jours, mes candidatures, et s’il me reste du temps, je me penche sur la rédaction de mon livre (sur le thème de l’expatriation, avec le cas très particulier de l’expatriation au Brésil).

Jennyfer et son mari./ Photo DR Jennyfer Coville

Jennyfer et son mari./ Photo DR Jennyfer Coville

Si vous voulez raconter votre vie au bout du monde (oui la Suisse peut être aussi le bout du monde), contactez-moi à lexie.swing@gmail.com.

-Lexie Swing-