Le sixième des douze travaux: trouver un médecin de famille

Au Québec, ne pas avoir de médecin de famille signifie bien souvent faire la queue plusieurs heures dans une clinique sans rendez-vous. A ce propos j’ai d’ailleurs expérimenté par deux fois celle de Westmount: café proche et wifi inside m’ont permis de travailler en attendant mon tour!

Mais bon, les visites sont souvent expéditives et le suivi inexistant. Autant dire que tenter d’obtenir un médecin de famille est l’une des premières démarches à faire. Si l’on veut éviter de se faire le bottin médical entier, les CSSS possèdent des listes des médecins qui prennent encore des patients. Car il s’agit d’une autre réalité québécoise: les médecins de famille sont peu nombreux et saturés.

Jouer au docteur./ Photo James Willcox

Jouer au docteur./ Photo James Willcox

Notre première bataille était de trouver un pédiatre référent pour Miss Swing. Faire la file pour une bronchite d’adulte, ok. Faire les visites mensuelles au petit bonheur la chance, pas question. Les bébés nés ici trouvent parfois des médecins de famille par le biais des maternités, mais notre Toulousaine n’y avait, bien sûr, pas accès.

Ce qui a marché pour nous? Le bouche-à-oreille. A la garderie, un papa québécois avec qui je discute de temps en temps a été une source d’info précieuse. Il m’a ainsi recommandé Tiny Tots, une clinique pédiatrique située sur Décarie. Un service payant (40$ de cotisation et 10$ par visite ensuite), mais des RDV rapides et des urgences le dimanche. Nous avons rapidement eu un rendez-vous, avec l’un des nombreux pédiatres de la clinique.

Comme il fallait rattraper le calendrier de vaccination, nous avons cherché à avoir RDV au CLSC où ceux-ci se font gratuitement, mais pas de disponibilités avant un mois. Qu’à cela ne tienne, notre clinique possède également un service de vaccination, payant également (une vingtaine de dollars pour les rappels habituellement faits à 6 mois). Quelques jours après, nos rappels de vaccins étaient à jour!

Depuis, nous avons également déniché un médecin de famille dans la clinique Forcemedic à Montréal-Ouest. Ce n’est pas mentionné mais il est évident que montrer sa frimousse de temps à autre permet de garder sa place dans le fichier (éliminer les patients qui ne viennent plus ou pas, c’est ainsi que les cliniques font le ménage et libèrent des place pour les gens sur liste d’attente). «On n’aurait jamais dû te dire ça», s’est moqué Mister Swing…

Si vous cherchez un médecin de famille, sachez qu’il existe un guichet d’accès dans chaque CSSS d’arrondissement, pour se mettre sur la liste d’attente d’un médecin près de chez soi. Mais surtout, n’hésitez pas à poser la question autour de vous, à vos collègues, au pédiatre, aux autres parents… 300 000 Québécois sont encore sur liste d’attente, mais suivant votre région ou vos arrondissements, vous pourriez trouver la perle rare. Et en attendant, pas de panique, les cliniques sans rendez-vous sont faciles d’accès et ouvertes presque tous les jours.

-Lexie Swing-

La famille du vendredi: Virginie et Pierre en Thaïlande

Un vendredi sur deux, Lexie rencontre une famille, un couple, un voyageur en solo, des Français partis poursuivre leur vie loin de leurs contrées d’origine. Cette semaine, c’est Virginie et Pierre, du blogue Les Dessales thaï’s story, qui s’invitent dans la rubrique avec le quotidien de leur famille en Thaïlande! En amoureux, ils racontent leur histoire…

./ Photo DR Viryze

./ Photo DR Viryze

Quels sont vos p’tits noms ?

Virginie: Pi Nit en Thaï, et Viryze sur le net

Pierre: Pi “R” en Thaï.

De quel coin de France venez-vous?

Virginie: France, Evreux

Pierre: Belgique, près de Mons

Où êtes-vous partis vivre votre vie?

Après nous être rencontrés sur Toulouse, nous avons déménagé en Bourgogne, puis dans le Périgord et enfin expat’ vers Ranong en Thaïlande.

Mais surtout quand, comment et pourquoi?

Départ en Septembre 2013, pour un contrat d’expatrié disponible dans le groupe européen pour lequel Pierre travaille. Il a postulé, nous avons fait un voyage de reconnaissance et avons misé que ça marcherait…et qu’en plus ça enrichirait toute notre petite famille de belles découvertes.

Qui avez-vous emmené dans votre valise?

Nos filles de 6 et 2 ans, leurs doudous et nos souvenirs.

Où travaillez-vous, avec quels horaires, vous déjeunez sur place? Je veux tout savoir de vos jobs!

Virginie: Je suis devenue par la force des choses maîtresse de CP pour notre fille aînée. J’organise le homeschooling avec le CNED et avec l’aide que je peux trouver sur internet. J’ai aussi fait appel à une coach, Bernadette Dullin, du site Happyparents.com, pour préparer cette éventualité avant de partir car on a tenté d’inscrire notre fille dans une école thaï mais elle ne s’est pas adaptée. C’était le risque.

Bernadette est une aide précieuse et connaît bien l’expatriation et l’éducation des enfants.

Je gère aussi la logistique, les courses, les relations avec la nursery et je suis maman aussi à 100% quand je récupère la plus petite etc…

Pierre : Je travaille dans la montagne près de Ranong, dans une carrière de kaolin (argile blanche). 6 jours par semaine de 8h à 17h. Je déjeune toujours avec de nombreux collègues dans un minuscule resto à 30 baths le repas (moins d’un euro). Tout est délicieux, typique, frais et super épicé. Cuisine plus birmane que thaï. Des fruits frais tous les jours.

Mon job consiste à diriger 80 personnes pour produire de l’argile qui servira à fabriquer du carrelage, des assiettes, des cuvettes de toilette ou de douche.

./ Photo DR Viryze

./ Photo DR Viryze

Comment est la rue où vous vivez?

Résidentielle, toutes les maisons ont le même design, mais pas la même grandeur, c’est donc une rue calme avec des chiens et des chats errants, comme partout en Thaïlande. Les voisins sont tous Thaïlandais, on les connaît peu mais les filles ont été invitées pour jouer avec des enfants. Quelques rares soirées karaoké chez les voisins et les bruits des geckos (gros lézards)  animent nos nuits.

Quelles sont les choses nouvelles pour vous en Thaïlande? 

La vie 3 à 5 fois moins cher qu’en France. Les scooters avec 3 ou 4 personnes dessus, parfois même des tronçonneuses ou des plantes, car c’est le moyen de transport le plus fréquent ici. L’extrême pauvreté, notamment dans la population Birmane car Ranong est frontalière de la Birmanie. La chaleur: depuis 3 mois pas une goutte de pluie, ça manque un peu j’avoue…il fait 37 degrés! Suivie d’une pluie abondante et incessante pendant 8 mois (Ranong est surnommée “Ranong 84” : 8 de pluie, 4 de soleil).

La corruption, le détournement des lois etc…

A Ranong le ramassage des ordures est très mal organisé : les déchets du quartier finissent poussés dans la rivière bien souvent, faute de place dans les “containers”.

La faible influence américaine nous a beaucoup étonnés. Ici tout est tournée vers l’Asie, à savoir la Chine, pour son modèle économique, et le Japon, pour sa culture.

Le bouddhisme mélangé à des croyances comme la numérologie, le spiritisme, le chamanisme : ils croient aux fantômes, au pouvoir des chiffres sur une plaque d’immatriculation, la couleur de la voiture doit se choisir en fonction du jour de naissance, etc.

Où allez-vous manger lorsque vous n’avez pas le temps (ou l’envie) de faire le repas?

N’importe où dans la rue, il y a des commerçants ambulants et de la nourriture à vendre. Tout se vend et surtout n’importe où, ou presque. Un opticien peut vendre des sodas ou des biscuits…. Manger est important pour un Thaïlandais et donc se pratique toute la journée, mais en petites quantités!

En quoi l’école ou la garderie sont différentes de la France?

Les enfants thaïlandais, pour les plus riches d’entre eux du moins, étudient sans arrêt car les parents considèrent que c’est bien de “payer” des cours à ses enfants en plus de l’école. Ils le font dès la crèche, avec enseignement de l’anglais en deuxième langue.

Ils chantent l’hymne national tous les matins à 8h pour le roi et les plus grands animent les récréations en musique pour les plus petits. C’est ce qui se passait tout du moins dans l’école où notre fille a passé deux mois.

Nous avons aussi assisté à une soirée de Gala, en l’honneur du roi, et comment dire….c’est GRANDIOSE tant au niveau du nombre de participants que des costumes, coiffures et danses des enfants. Notre fille a eu la chance de le vivre, ça restera un très beau souvenir.

Est-ce qu’il y a du bon fromage où vous vivez? Et du bon vin?

Du bon vin, oui, très cher mais très bon : les alcools importés sont très fortement taxés. On en boit peu car on a peu l’occasion de partager un verre avec des expats ici. Nous n’avons pas de communauté d’expats comme dans une grande ville. Les Thaïs ne boivent pas de vin mais plutôt du whisky/eau gazeuse. Pas de bon fromage, mais bizarrement ça ne nous manque pas, à cause de la chaleur sans doute. Il faut se rendre dans les grandes villes pour en acheter.

Vous partez où en vacances?

Sur l’île de Koh Phayam, à 45 minutes de speed boat de Ranong. Une île calme et tranquille, où les touristes du monde entier viennent se reposer et buller pendant la saison sèche.

Nous avons aussi visité Phuket, Khao Lak et Bangkok et bientôt Koh Samui. Retour en France pour trois semaines prévu aussi en avril…

./ Photo DR Viryze

./ Photo DR Viryze

Et, last but not least, que faites-vous le vendredi?

Rien de spécial….Pierre travaille les samedis, alors c’est une soirée comme les autres. Il nous est arrivé de sortir tous les deux ou avec un couple de Français que nous connaissons ici, quand nous avions une baby-sitter, mais ce n’est plus le cas. Je pense aussi avoir fait une soirée aux bains chauds de Ranong une fois, ouverts tard le soir.

-Lexie Swing-

Timide et journaliste: la combinaison impossible?

L'image romantique du journalisme d'antan./

L’image romantique du journalisme d’antan./

Aussi loin que je me souvienne, la boulangère m’a toujours fait peur. Tout comme le prof de maths, la dame de la réception, la secrétaire du cabinet médical et tout interlocuteur potentiel nécessitant un appel téléphonique. Gamine, j’étais collée à la porte d’entrée et j’observais, affolée, la personne à qui il allait falloir parler.

Autant dire que le jour où mes parents ont appris que je voulais devenir journaliste, ils ont ri (un peu jaune).

Parents d’enfants timorés, je vais vous soulager d’un poids terrible: on peut être journaliste et avoir « peur de parler au monsieur ». Si si. Le journaliste timide va créer une espèce de double de lui-même. Il sera ainsi capable de mener une conversation à bâtons rompus avec un futur chef d’Etat, mais il aura peur d’appeler le dentiste pour prendre un rendez-vous.

Il y a peu j’ai passé cinq appels dans la même journée, dérangé des présidents d’entreprise et des courtiers immobiliers très occupés, juste pour obtenir LA bonne phrase qui me manquait. Après j’ai vu un appartement qui m’intéressait, j’ai vu qu’il y avait un courriel ET un numéro de téléphone. Au téléphone j’aurais su si c’était pour tout de suite, si l’électricité était incluse dans le prix et si les chiens étaient acceptés. Mais j’ai peur du monsieur. Alors j’ai envoyé un courriel. C’est facile la technologie pour les gens comme moi. Ça prend quelques bons mots et un peu de temps. Mais je suis prête à perdre une heure si cela peut m’éviter de prendre rendez-vous par téléphone. Par contre quand j’ai besoin d’une interview c’est tout de suite, et je suis prête à harceler s’il le faut.

Où est le divan, que je m’allonge?

-Lexie Swing-

6 heures de moins (bonheur inside)

A vol d'oiseau (un gros oiseau)./ Photo Juanedc

A vol d’oiseau (un gros oiseau)./ Photo Juanedc

Ici, au Canada, c’est comme en France, mais avec 6 heures de moins (là je vous sens impressionnés par la révélation ;))

C’est rien le jet-lag. Un truc qu’on prend en considération au retour des vacances, quand bébé se la joue diva sans ses douze heures de sommeil ou quand on va en Océanie. C’est banal quoi.

Mais ça ne cesse de m’enchanter. Je trouve des tas de bonnes choses à ces six heures de moins. Par exemple…

– Lorsque je me couche, mes amis se lèvent. Je m’endors en imaginant les autres s’activer, se plonger dans leur boulot et les cris des enfants, et j’apprécie encore plus d’être dans mon lit, comme lorsqu’on est malade les jours d’école ou que l’on fait la sieste en plein été tandis que les enfants s’époumonent dehors.

– Lorsqu’en Europe le dimanche se termine, il fait encore jour chez moi. Je lance des « bonne soirée » tout en me demandant ce que je vais bien pouvoir faire de mon après-midi.

– Il y a toujours une copine avec qui discuter en pleine insomnie. Elle est en train de prendre son petit-déjeuner, elle vient d’arriver au boulot, elle gave sa petite dernière… bref elle est toute prête à entendre mes jérémiades à base de “je fais l’étoile dans le lit, mon oreiller est moelleux, ma couette douce mais je n’arrive pas à dormiiiir”.

– J’ai 6h de rab pour fêter les anniversaires. Hier, je commençais invariablement mes textos d’anniversaire par “je suis en retard certes mais j’aurais le privilège d’être la dernière à te le souhaiter, être le premier c’est tellement quétaine”, aujourd’hui je dis plutôt, “hé hé tu sais que c’est encore ton anniversaire au Canada? Et même qu’on dit Bonne fêêêête ici… t’es dépaysé hein? Quoi, tu dors?”

– J’ai gagné 6h de vie. Pas question que je reparte, j’aurais peur de tomber en poussières d’un coup comme une momie qu’on déroule.

– J’écris des courriels et des textos le soir, et quand je me lève le matin j’ai des tas de messages. Des doux, des réacs, des partages d’articles, des petits mots gentils et des photos. Mon fil Facebook est plein de nouvelles, mon cellulaire s’est autosabordé à Whatsapper tout seul toute la nuit et ma boite à courriels m’annonce 10 nouveaux messages. Je me lève en forme, déjà connectée mais légère comme quelqu’un qui se sent porter par les paroles d’autrui. Géographiquement loin, mais tellement proches.

-Lexie Swing-

Bébé d’un an: les recommandations de la pédiatre

Les un an de Miss Swing ont été l’occasion de rendre visite à sa pédiatre. Et après avoir vérifié qu’elle savait se tenir debout (et qu’elle hurlait toujours à l’approche du stéthoscope) , notre pédiatre a énoncé une série de « A un an, on veut que bébé… » Voici ce qu’on en a retenu. On veut donc que bébé:

– Lise 15 minutes par jour. Tout seul en regardant les images (ou en lisant à voix haute si c’est un prodige), ou avec ses parents, pendant la routine du dodo par exemple. Le but du jeu: lui donner envie de découvrir les livres, toujours incontournables en termes d’apprentissage, et entendre des nouveaux mots, indispensables pour développer le langage. De notre côté, on est bon (et hop, 1 point!)

– Boive du lait entier, au moins 500 ml. Mr Swing a bien essayé de demander si on pouvait continuer le lait en poudre (c’est un 6-18 mois) mais la pédiatre n’en démordait pas. A partir d’un an, c’est du « 3,25 ». Entendez par là du lait à 3,25%, donc entier. Lait entier ce sera donc, avec une transition sur la semaine. La petite joke du jour: « quand votre compagne a-t-elle cessé d’allaiter? » Réponse de l’intéressé: « jamais, toujours, enfin elle a jamais commencé à allaiter en fait ».

Toddler./ Photo Eflon

Toddler./ Photo Eflon

– Ne soit pas devant la télé avant deux ans. Les images de la télévision seraient difficiles à appréhender pour les enfants en dessous de deux ans. Cela aura également un pouvoir excitant, provoquerait éventuellement des cauchemars et pourrait ralentir l’apprentissage (plutôt au sens, je pense, où le temps passé devant la télévision limite du même fait le temps passé à jouer et découvrir). Pour Miss Swing, pas de télé, nous avons cessé de la mettre « pour le bruit de fond » lorsqu’elle s’est installée chez nous ;) Comme elle n’est allumée que pour le film du soir ou l’orgie d’Orange is the new black, Miss Swing ne sait même pas qu’elle fonctionne!

– Se brosse les dents. Pour la Miss, il s’agit plutôt de mâcher activement la brosse à dents. Je brosse donc moi-même ses incisives quelques secondes, puis tente d’atteindre ses prémolaires. A ce stade, elle me l’arrache, la plante dans sa bouche, la mâchouille, la ressort, tente de me laver le nez avec, la reprend, etc. Le jeu peut durer cinq bonnes minutes. Ensuite, elle la jette. Attention, il est préférable de choisir un dentifrice sans fluor à cet âge (goût fraise c’est le top, sauf quand vous vous trompez le matin, pas top l’haleine façon Tagada).

– Mange à table. Pour éduquer son goût, l’importait serait de manger avec bébé. Nous prenons donc nos repas le plus possible tous les trois, en lui disant « mmmh c’est bon ce qu’on mange hein? » même si elle se fade des épinard (mais avec bonheur) tandis que nous attaquons notre troisième part de pizza.

– Mange de tout. « Même les mangues? », « Même le blanc d’oeuf? », « Même le salsifi? », « Même les mini-financiers aux amandes? », « Même les Schokobons? » On lui a tout fait, mais la pédiatre a été intraitable: bébé peut TOUT manger, à condition de continuer à tester un seul nouvel aliment par repas. Depuis trois jours, Miss Swing finit donc ses repas avec quelques bouchées de chocolat Dolfin aux amandes. RAS. Pire: elle en redemande. On verra si ça fait pareil avec le salsifi!

En vrac, la pédiatre a également évoqué l’importance du jeu, le siège auto dos à la route jusqu’à deux ans ou le fait que bébé doit manger à sa faim. Pour moi, un an, c’est aussi les premiers repas à la cuillère seule, les mots qu’elle répète, les airs courts qu’elle est capable de reproduire, le houhou avec la main sur la bouche façon indien (sauf qu’elle, elle se tape sur la tête ;)), l’apprentissage du xylophone, les T-shirts qu’elle apprend à enfiler seule (mais pas trop seule quand même), les jouets à ranger après s’en être servis, se peigner avec une brosse, peigner son parent avec ladite brosse et lui taper sur la tête, jouer à cache-cache, être très bon public, rire à la blague du muffin.

-Lexie Swing-

Riz cantonais

Riz cantonais./ Photo DR Lexie Swing

Riz cantonais./ Photo DR Lexie Swing

Nul besoin de faire tout un discours… Vous n’avez plus rien dans votre frigo et quelques amis viennent dîner? Préparez un riz cantonais: du riz basmati, des petits pois, de l’omelette (ici 7 oeufs pour quatre personnes), du jambon ou des lardons. Vous avez plus de choses au frais? Laissez parler votre imagination: poivrons, crevettes, oignons… Rien ne vous arrête! En accompagnement : une bonne sauce soja, ou à défaut une huile de sésame, voire d’olive.

Bébé crie famine? Mettez de côté l’omelette, qu’il ne peut pas encore manger, et écrasez deux tiers de petits pois, avec un tiers de riz et deux cuillères à café de jambon.

That’s it!

-Lexie Swing-

PS Admirez mon flou pas-du-tout artistique

Il s’appelait Paco de Lucia…

Hier Mr Swing m’a dit «Tu te rends compte, Paco de Lucia est mort et personne n’en parle». J’ai pris une mine contrite et j’ai fait comme si je me souvenais qui c’était. Sur la vidéo qu’il m’a montrée, Paco de Lucia est entouré d’Al di Meola et de John McLaughlin, deux jazzmen d’exception déjà croisés à Marciac.

Leur jeu est un bijou. Tandis que j’observais leurs doigts bouger, une seule et même musique s’échappait. Point de trio mais une unité. Magique lorsque l’on connaît la rapidité d’exécution du flamenco.

Je ne vous ferai pas sa biographie. Ce serait prétendre connaître quelqu’un dont j’ignorais tout. Mais je vous partage cette vidéo. Pour que vous sachiez qu’un génie s’est éteint hier. Il avait 66 ans.

-Lexie Swing-

Ces visages flous

Aujourd’hui J. a eu 6 mois. Elle est née tandis que je m’asseyais dans mon premier Starbucks montréalais. Sa venue au monde concorde avec mon arrivée ici. C’est pourquoi je ne l’ai jamais connue.

Je lui envoie des affaires et des histoires, et même des baisers du soir. Je souris devant ses yeux tout ronds, devant ses mimiques, devant les pitreries de sa grande soeur. Mais je ne lui ai jamais tenu la main.

A. et L. m’envoient des dessins, des gommettes, leurs livres préférés, leurs cartes signées en lettres bâtons soigneusement travaillées. Je les imagine la tête penchée, la langue tirée, tout leur esprit concentré dans cet effort et ce petit mot qui traversera l’Atlantique. Je réceptionne, je penche la tête pour deviner ce qui est représenté, je lis avec attention la petite mention qui m’explique le dessin, que j’accroche ensuite sur la porte du frigo, entre les cartes et les photos.

La boîte de vos petits mots./ Photo DR Lexie Swing

La boîte de vos petits mots./ Photo DR Lexie Swing

Elles et lui grandissent, loin de moi. Je m’extasie devant leurs progrès, leurs cheveux qui poussent, leurs mimiques, leurs premiers coups de pédales, leurs nouveaux mots. Mais je ne suis pas là. L’immigration c’est ça, aussi. C’est ne pas être là. Profiter à distance et aimer des photos.

Je n’ai jamais été aussi loin, mais il n’y a jamais eu autant de dessins sur mes murs. C’est aussi ça, l’aventure.

A bientôt J. et joyeux 6 mois!

-Lexie Swing-

Canada: ces produits qu’on ne trouve pas!

Il y a des choses différentes au Québec, mais pas forcément celles auxquelles je m’attendais. Il y a des choses, alimentaires, de santé, voire de beauté, que je ne retrouve pas ici. Elles ne me manquent pas à proprement parler mais elles sont suffisamment banales pour que leur absence m’interpelle.

Point de volets au Canada./ Photo Patrick Gaudin

Point de volets au Canada./ Photo Patrick Gaudin

J’ai ainsi nommé:

– les boîtes de conserve avec ouverture facile. Daucy m’a suivie (ou précédée plutôt) jusqu’au Québec mais les boîtes de lentilles et autres haricots blancs requièrent l’usage du bon vieil ouvre-boîte manuel et de la fourchette qui fait levier pour soulever le couvercle sans s’ouvrir un doigt sur 8 cm. Vous connaissez ma dextérité, vous imaginez donc que j’ai rendu riche la version québécoise d’Hansaplast.

– les déodorants sans sels d’aluminium (ma collègue me souffle « et les déodorants en spray »). Les ptits sels d’aluminium… vous savez ces trucs pas jolis jolis qu’on se colle sous les bras depuis 30 ans? Et bien il y a belle lurette, Mr Swing et moi avons décidé de bouter hors de la maison ces osties de trucs toxiques… qui sont pourtant les bienheureux invités de nombre de déos ici. Bref, heureusement, la Roche Posay est là pour nous sauver la mise… à 17$ le flacon (aussi cher qu’un bon Carmenere).

– la levure de boulanger. Je sais qu’elle existe. Isa en parle dans ses recettes. Ma collègue jure en avoir acheté. Mais bon je suis comme Saint-Thomas à qui on aurait parlé du dahu: tant que je ne l’ai pas vue (et mon épicerie me la cache bien), la levure de boulanger canadienne restera une légende à mes yeux.

– le sérum physiologique. En France on fait un usage démentiel du sérum phy. A ma parapharmacie toulousaine chérie, on en trouvait en lot de 5 packs achetés, un offert. Parfait pour nettoyer les yeux et le nez des nourrissons, c’était le produit incontournable. Sauf que ce mélange est passé au rang de préparation druidistique pour mon pharmacien québécois. Son assistante m’a fait répéter trois fois le mot, puis épeler. Elle a confié le précieux bout de papier sur lequel elle avait noté le nom à une deuxième, chargée de remettre la commande au pharmacien, qui a du reconnaître, l’air grave, que non non, ça n’existait pas icitte. Il m’a proposé de l’Hydrasense bébé. Idéal pour le rhume, j’ai cependant quelques doutes quant au fait qu’on puisse utiliser de l’eau saline pour les yeux ;)

– les volets. Alors ça c’est un truc qui me perturbe énormément. Où sont passés ces foutus volets. Il fait moins 15 et il n’y a aucun volet à fermer, nulle part. Je n’en ai vu sur aucune maison. Pourquoi? Quelqu’un peut-il me dire pourquoi? Je suis là depuis bientôt six mois et ça me réveille encore la nuit.

– le lait non réfrigéré. La première fois que j’ai fait remarquer à une collègue québécoise que chez nous le lait était le plus souvent au rayon « sec », elle m’a regardé avec des yeux comme des soucoupes et une moue dégoûtée « pour vrai? Mais c’est… ». Son silence était éloquent! Le fait est qu’elle n’a pas complètement tort sur ce point. On trouve du lait non réfrigéré ici, mais le ratio lait frais-lait non réfrigéré est inversement proportionnel au ratio français.

Il y a des tas d’autres choses sûrement (ma collègue me re-souffle « les mecs qui font le premier pas »), avez-vous des idées? Le vrai avantage d’être « de deux pays », c’est que les richesses de l’un se transportent aisément via les services postaux de l’autre. J’ai donc le beurre, l’argent du beurre, et le lait frais à l’érable!

-Lexie Swing-