Une soirée pour nous

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Maison du jazz./ Photo DR Lexie Swing
Maison du jazz./ Photo DR Lexie Swing

18h30 sonne. Un bisou, un autre bisou, des tonnes de recommandation. 150 pour le biberon, 37 degrés pour l’eau du bain et 20 heures maximum pour le coucher. Des bisous, encore. Des « je veux rester ce soir avec papa et maman », et puis la réponse, plusieurs fois répétée : « Ce soir, papa et maman passent une soirée tous les deux, car papa et maman ce sont aussi des amoureux ».

Dans la voiture on se retourne plusieurs fois. Il n’y a personne dans les sièges autos. Pas de sourire côté gauche, pas de bébé endormi dans le rétroviseur accroché côté droit. « C’est étrange quand même », murmure l’amoureux dans le silence paisible de la nuit qui tombe. Depuis combien de temps ne nous sommes nous pas retrouvés just on our own?

19h, nous poussons la porte de la maison du jazz. Le jazz, cette musique qui nous réunit. Dans le miroir de l’entrée, nous tentons un égoportrait, incrédules. Nous avons 20 ans, 23, 27, bientôt 30. Nous avons 14 ans et nous nous faisons face dans une salle de classe. Nous portons robe de soirée et chemise rentrée dans le pantalon, définitivement plus classes que nos tenues habituelles. Mais est-il vraiment facile de porter un bébé en écharpe en robe longue et talons hauts?

Le repas est correct, la musique est parfaite. L’endroit est improbable, une plongée dans les années folles qui nous déroute tout autant que notre soudaine solitude. J’observe les gens autour. Des amis, des collègues et quelques couples, comme nous. Qui sommes-nous pour eux? Comment nous voient-ils? Dans la salle de bains, j’observe mon reflet. Qui pourrait deviner que nous avons laissé deux filles à la maison? Que derrière ce fast se cache quelques nuits sans sommeil? Des rejets sur les vêtements, des machines qui n’en finissent plus de tourner? Qu’il y a pas mal de jours que nous n’avons pas réussi à nous parler sans être interrompus, et que la musique qui nous entoure est bien plus faite de pleurs et de cris que d’un ensemble jazzy?

Qui pourrait deviner combien nous sommes heureux?

-Lexie Swing-

PS Si vous avez la chance de pouvoir vous retrouver en tête-à-tête, saisissez-là! On oublie comme c’est bien de ne pas être que des parents…

 

4 commentaires Ajouter un commentaire

  1. pomdepin dit :

    Je plussoie à fond!…encore mieux, le,week end (prolonge) a deux. Le seul,problème, c’est que c’est comme ça qu’on se retrouve avec beaucoup plus d’enfants que prévu.

  2. petiteyaye dit :

    ça me rappelle un texte où pour qq instant je ne me suis pas sentie maman !! Merci d’avoir partagé cette soirée en amoureux avec nous, j’espère que vous en aurez pleins d’autres, se retrouver, c’est important aussi !

  3. Zhu dit :

    Oh oui… on essaie de voir un film ensemble de temps en temps, juste pour le plaisir de se poser, se relaxer et ne pas avoir à gérer un p’tit toujours en mouvement! Ça reste dur et rare sans famille autour pour prendre le relais :-(

  4. Marie Kléber dit :

    C’est essentiel de prendre du temps pour soi, pour son couple. Une fois la culpabilité balayée (il y en a toujours quelques résidus par ci par là), on profite de l’instant.
    Heureuse que vous ayez pu profiter pleinement de cette belle soirée ensemble!

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