4 jours à Vancouver

C’est un journal de bord frais du matin que je vous livre ici. Il y a quelques heures, nous avons embarqué à bord d’un avion Air Transat pour cinq heures de vol direction Vancouver, en Colombie-Britannique.

Vancouver, c’est cette ville canadienne, au bord du Pacifique, à quelques heures de route de Seattle, pour vous situer. Et oui, cela prend presque autant d’heures pour nous de nous y rendre que de voyager vers l’Europe.

Arrivés à 22h45, avec une belle demi-heure d’avance, nous avons rapidement récupéré notre unique bagage et pris la direction du « train to city », soit la Skyline qui permet de rejoindre le centre-ville depuis l’aéroport.

Notre destination : l’appartement de Bertille et Arthur, situés en plein centre de Vancouver. L’endroit parfait pour vivre la vie vancouveroise durant quelques jours.

Je me suis réveillée à 8h avec l’impression d’avoir fait une grasse matinée et c’était absolument délicieux. Le responsable ? Le décalage horaire ! Et aussi les bouchons d’oreilles super design que j’utilise désormais et qui me changent la vie! Une douche chaude, un petit déjeuner sur un coin de table sans personne d’autre que moi-même à nourrir et nous avons pris la route de la BC Place pour aller récupérer nos dossards pour la Sun Run.

Parce que voilà, en plus de partir une semaine en amoureux, nous avons décidé de nous inscrire à un 10k ensemble (mon premier). La Sun Run est l’une des courses les plus animées de Vancouver. Une super belle occasion de découvrir la ville autrement. En tout cas c’est ce qu’on s’est dit lorsque l’on s’est inscrit en février. A la veille du départ et avec une matinée de pluie battante annoncée, l’idée semble tout de suite moins séduisante.

Nous avons ensuite pris la direction de Kilatsano en passant par la marina. Une très jolie balade circulant entre petites galeries, bord de fleuve et sentiers boisés. Après un premier arrêt chez un adorable bouquiniste, nous nous sommes arrêtés pour luncher chez Casereccio, un italien relativement peu onéreux et très couru par les gens du quartier. Testez leurs lasagnes si vous avez le chance de passer dans le coin, elles sont incroyables. L’après-midi nous a amené la pluie. C’est donc bien abrités sous un parapluie que nous avons découvert pour la première fois le Pacifique. Le Pacifique ! Incroyable non? Je n’en reviens pas d’être venue jusqu’ici.

Ensuite, retour à l’appartement histoire de se réchauffer devant le foyer de l’appartement, avant de repartir sous la pluie en direction de la bibliothèque de Vancouver. Un bel édifice et neuf étages de livres et services en tout genre. Un bel arrêt si vous avez besoin d’une pause au sec!

Deuxième jour

Au matin du deuxième jour, c’est aux aurores que nous nous réveillons. Le temps est maussade mais la motivation est grande : aujourd’hui nous courons la Sun Run de Vancouver, un 10 km très inclusif réunissant chaque année près de 10 000 personnes. Deux heures après le réveil, notre motivation bat de l’aile, rapport au fait que le départ de la course a pris du retard (beaucoup de retard) et que nous poireautons depuis 45 minutes sous la pluie. C’est donc transis de froid que nous prenons finalement le départ.

La course est fun, bien rythmée et nous l’accomplissons dans un temps honorable, malgré les innombrables slaloms que nous sommes contraints de faire pour éviter les gens qui marchent. C’est toute la beauté de cette belle course familiale et amicale, beaucoup de gens semblent inscrits pour le fun plus que pour la performance (rappelez-moi de me méfier la prochaine fois).

Après la course, retour à la maison, le temps de récupérer quelques degrés sous une douche très chaude et nous partons à la recherche d’un endroit pour le lunch. Nous jetons notre dévolu sur un petit libanais qui ne paie pas de mine, Manoush’eh, avec ses quelques tables en bois et sa banquette recouverte de plastique. Mais à peine notre hôtesse a-t-elle enfourné les pains plats dans le four à bois qu’une odeur incroyable se répand dans le minuscule espace. Un petit secret très bien gardé, cette adresse, si vous voulez mon avis.

Le lunch terminé, nous prenons la direction du quartier historique de Gastown. L’occasion de découvrir l’horloge à vapeur et quelques jolis monuments historiques. Les boutiques environnantes font la part belle aux objets souvenirs mais quelques unes proposent des créateurs locaux ou de jolies découvertes décos. Un beau détour.

Il est 17h, on décide de fêter notre 10 km au Nelligan’s, un pub irlandais avec musique live. La bière y est bonne et l’ambiance festive. Je vous recommande la pinte de Kilkenny, toujours aussi agréable 16 ans après.

Retour à la maison, le ventre plein de bière et de nachos. Il est encore tôt mais le sommeil m’emporte déjà. C’est sans compter l’enthousiasme débordant de mon amoureux face à la soirée qui s’annonce ensoleillée. Nous reprenons la route, direction Spanish beach, afin d’observer le coucher du soleil. Je suis saisie, moins par le spectacle offert par le soleil couchant- les nuages ont tôt fait de le dissimuler à notre vue – que par l’unité des gens du coin, venus tout religieusement observer le spectacle. C’est peut être de cela qu’ils tirent leur résilience, ils savent encore s’émouvoir de ce que la nature nous offre. Nous repartons, sillonnant entre outardes et cerisiers en fleurs, avec le Pacifique en toile de fond.

Troisième jour

Le temps est toujours maussade mais la pluie se fait attendre, c’est l’opportunité pour nous de louer des vélos chez Cycle City Tours et de prendre la direction du Stanley Park. Le parc, qui borde une extrémité de la ville, est une véritable oasis de verdure entre la ville et l’océan. La piste cyclable est parfaitement aménagée et nous emmène de la marina, à la route du bord de l’eau, avant de revenir vers la ville. Nous prenons ensuite la direction de Granville Island et, une fois les vélos attachés, partons découvrir le marché du même nom. Au cœur de celui-ci, on trouve de tout : des pâtisseries, des produits traiteurs, et surtout de quoi dîner dans toutes les cultures possibles. L’après-lunch nous ramène à la location de vélos, où nous rapportons nos précieux destriers.

En après-midi, on embarque dans la SkyLine et descendons sur King Edwards pour partir à la découverte du Bloedel Conservatory, une toute petite sphère dans laquelle se dissimule une véritable forêt tropicale et des oiseaux tous plus colorés les uns que les autres. Outre la ravissante nature que l’on y découvre, il y fait chaud, ce qui n’est pas pour nous déplaire !

On repart ensuite, direction le loueur de voiture cette fois. Demain matin, nous prenons la route de l’île de Vancouver. C’est déjà la fin de notre séjour dans cette belle de l’Ouest.

Aujourd’hui, place à des décors résolument plus sauvages.

-Lexie Swing-

Crédit photos : Lexie Swing

PS : adresses à venir … ;)

37 ans

Il y a vingt ans, je fêtais mes 17 ans et j’avais vomi de concert avec mon meilleur ami dans une bassine après une soirée trop arrosée. A 17 ans, j’allais passer le bac et commencer la fac. La vie était légère, faite de clopes que je taxais allègrement – ceux qui disent ne pas fumer ne dépensent jamais pour le faire – de mauvais vin blanc et de rêves divers. Le futur n’existait pas au delà du lendemain matin et même le bac semblait vaguement incertain. 

Dix ans plus tard, j’ai 27 ans. Une décennie à peine et c’est une éternité qui s’est écoulée. J’ai terminé 9 ans d’études, commencé mon premier emploi, emménagé dans ma première maison. Je suis assise dans mon salon, avec vue sur la campagne, et entre les bougies et moi il y a le corps chaud de ma fille de deux mois. J’ai 27 ans et je suis maman.

Alors voilà, nous sommes en 2023 et je viens de fêter mes 37 ans. Dix ans de plus et sur mes genoux deux enfants perchés qui soufflent en crachant un peu sur les bougies. Je suis née en fin de matinée mais on ne sait plus très bien si c’est déjà passé parce que je ne suis plus sur le continent sur lequel je suis née. J’ai changé de métier, de pays, de futur. J’ai 37 ans et j’aime ce chiffre. 17, 27, 37, ces âges m’ont toujours semblé comme la parenthèse, le dernier rebond avant la glissade vers la décennie d’après. J’aimais les 17 sur 20, c’était être bon mais avec un petit quelque chose de perfectible, une indolence dans la réussite, une marge de progression. J’ai 37 ans et tout semble encore possible.

Preuve que la vie est pleine de surprises, j’ai fêté mes 37 ans avec du chauffage et des ampoules allumées, ce qui n’était guère le cas lorsque je me suis levée ce matin là. Bien au contraire, le thermomètre affichait une dizaine de degrés, rapport au fait que le courant avait disparu depuis trois jours, à la suite de la tempête de pluie verglaçante qui s’est abattue sur le Québec mercredi dernier. Après l’espoir d’une première reprise, une nouvelle panne est apparue au jour 2, nous plongeant dans une attente interminable. Notre salut est venu d’un générateur sur lequel nous avons pu brancher chaufferettes et cafetière – les essentiels en somme – mais aussi des amis et du voisinage, proposant une douche chaude, du wifi ou un branchement supplémentaire. Face aux numéros pairs, les maisons impaires avaient retrouvé l’électricité de bonne heure et ont donc gracieusement prêté du courant, donnant à la rue jalonnée de branches cassées et de rallonges électriques une allure de fin de monde. La meilleure surprise de ces 37 ans n’a donc pas été un stripteaseur sorti d’un gâteau de fête mais bien un électricien d’Hydro juché sur sa passerelle. On a les joies qu’on mérite.

-Lexie Swing-

Photo Pexels pour Pixabay

Découvertes de début d’année

Trois mois déjà que 2023 a commencé, l’occasion de faire le point sur les belles découvertes du début d’année.

Une lecture

Il y a quelque temps, j’ai découvert la version originale d’un joli livre qui m’a particulièrement plu : « Demain, même heure », d’Emma Straub. Il conte l’histoire d’Alice, une jeune femme à l’aube de ses 40 ans qui vit une vie ni démesurément joyeuse, ni terriblement triste. Un je-ne-sais-quoi semble assombrir son existence routinière et c’est dans la perte à venir de son père, fortement diminué, que cette ombre semble prendre racine. Alors qu’elle s’apprête à fêter son 40e anniversaire, Alice se réveille et elle a de nouveau 16 ans. Dans la cuisine, elle croise son père, qui a lui-même tout juste 40 ans, toute sa mémoire, ses facultés et ses attentions paternelles envers sa fille adolescente. Son père, qui n’est pas sur le point de mourir. Alice découvre rapidement qu’elle peut aller et venir entre sa vie actuelle et ce jour précis de ses 16 ans, et ainsi retricoter sa vie passée et future à l’infini. Existe-t-il une version du présent qui lui conviendrait davantage? Et peut-on éviter, toujours, de regretter certains de nos choix?

J’ai adoré ce roman doux, centré sur l’amour entre une fille et son père. La faculté de voyager à travers le temps reste secondaire, le seul impact réel étant les changements que provoque Alice en faisant des choix différents dans sa vie passée. On se régale devant cette horizon des possibles, on se pavane dans le New-York des années 90 et on se souvient des meilleurs tubes de pop d’alors. On se remémore une adolescence pas si lointaine, cette insouciance sur laquelle on a enfilé à peine plus qu’un costume sombre.

« Demain, même heure » est récemment sorti dans sa version traduite, en France. Il est connu aux États-Unis et au Canada sous son titre original « This time tomorrow ».

Pour l’anecdote, j’ai fait mes recherches sur l’autrice avant de publier cet avis. J’ai été un peu ennuyée lorsque j’ai lu qu’elle avait fait l’objet d’une controverse. En cherchant davantage d’informations, j’ai découvert que ses lectures publiques avaient été annulées dans une école du Texas au motif qu’elle avait tenu « des propos anti-armes et pro-avortement » et avait publié sur son compte Instagram « une photo de son fils en robe ». Je prends acte donc : lisons cette autrice de toute urgence (et suivons-la sur Instagram).

Un podcast

Lorsque je cours, je suis de ces gens qui écoutent souvent quelque chose. Mon amoureux, lui, a cette faculté particulière de laisser ses pensées aller quand les miennes me submergent facilement. Et en fait de penser, celles-ci sont relativement restreintes : « est-ce un point de côté? », « Quoi, ça fait seulement 300 mètres? » Et le non moins fréquent « Je n’y arriverai jamais ». Pour restreindre ces pensées fort constructives, je leurre mon esprit en lui proposant une histoire. Parfois, il s’agit du dernier Transfert. A d’autres moments, j’aime bien écouter « Ex… ». Mais souvent, mon choix s’oriente vers un podcast de nature davantage culturelle : « Au coeur de l’histoire ».

Au coeur de l’histoire, c’est un podcast écrit et raconté par l’historienne Virginie Girod (depuis septembre 2022). Il est l’adaptation d’une émission radiophonique qui a été proposée sur les ondes d’Europe 1 entre 2011 et 2018. En deux ou trois épisodes de 12-13 minutes, elle dépeint avec finesse et humour l’histoire de celles et ceux qui ont fait l’Histoire, justement. Le premier épisode que j’ai découvert avec elle évoquait Émile Zola, et pour une fois je découvrais l’homme derrière la plume. Elle n’a pas son pareil pour narrer un contexte ou faire mention d’un grain de peau, donnant du relief à une chronologie, et du mordant à des décisions qui semblaient purement rationnelles. Virginie Girod semble avoir un faible pour les femmes fortes et marquantes de l’Histoire, donnant encore davantage de stature aux reines de France et aux dames de la haute société qui furent leurs contemporaines, mais aussi aux aventurières, aux scientifiques, aux artistes. Un intérêt qui fait du sens au regard de l’expertise à laquelle on la ramène souvent, celle de l’Antiquité, de l’histoire des femmes et de la sexualité.

Pour l’anecdote, l’autrice et narratrice est une historienne de ma génération. Elle remplace dans ce podcast d’autres historiens qui se sont succédé. Les puristes semblent trouver que son approche est trop vulgarisatrice, les autres – comme moi – devraient apprécier cette vision plus proche de l’individu, et volontairement orientée, à défaut d’être réductrice.

Une recette (du goûter)

Quand nous étions enfants, les placards de mes amis, et les miens, débordaient de gâteaux en tout genre. Se souvenir de nos meilleurs goûters est un de nos jeux préférés et j’assume fièrement être la seule à vouer un culte aux pains d’épice individuels Prosper goût chocolat. Cependant, quand nos filles ont atteint l’âge de rentrer de l’école et de vouloir un goûter, nous avions déjà atteint ce stade de notre existence où beaucoup de produits de supermarché avaient disparu de nos placards, dans une volonté altruiste, quoiqu’usante, de vouloir leur donner à manger un maximum de fait-maison. Je vous rassure tout de suite : nous avons encore des biscuits de supermarché dans nos placards et si vous n’avez jamais vu de biscuits au beurre recouvert d’une guimauve industrielle trempée dans une coque de chocolat, je peux vous certifier que ça n’a rien à envier au Prosper de mon enfance côté tableau des ingrédients. Mais l’effort, la volonté, l’idée (furtive) est là, et donc régulièrement nous proposons aux filles des gâteaux fait-maison. Cette longue introduction pour vous dire qu’en la matière, elles ont leur préféré. Surtout un. Et c’est le même que toutes leurs amies qui viennent à la maison au point que je ne peux plus en manger sans avoir des haut-le-coeur. J’ai nommé : le cookie géant. Il est demandé pour le goûter, pour les fêtes, pour les pique-nique, pour le jour spécial de l’école, pour apporter au souper des copains, etc. Il existe une recette qui est, selon moi, parfaite. Et inratable. Je vous la transmets ici, gardez-la précieusement, c’est un secret bien gardé. Croyez-moi, je suis du genre à tester des tas de recettes et à ne me souvenir d’aucune, au grand dam de ma famille. Celle-ci a passé tous les obstacles et finit dans la boite à recettes. C’est un incontournable. La voici : superrecettedecookieàgardertoutesavie. Chut.

Un concept intéressant

Cette liste n’a aucun sens, on est bien d’accord. Je parlais de gâteaux et me voici revenue sur un concept. Et pas n’importe lequel : l’IA. C’est le bordel, bienvenue dans ma tête. Est-ce que vous aussi vous tentez régulièrement de refaire le fil de vos pensées en vous demandant ce qui a bien pu vous amener à penser à l’Italie alors que le restaurant sentait la soupe aux choux (réponse : le Noël de 97 quand vous mangiez de la soupe aux choux et que Papy Claude a voulu vous présenter le chef d’oeuvre cinématographique du même nom en disant qu’il s’agissait du film éponyme et que la tante Cécile s’est exclamée « ah non Papy, c’est la soupe qui est éponyme pas le film ». Papy a dit non. Cécile a dit si. Papy s’est mis à bouder et tante Cécile a sorti son dico et déclaré d’une voix sentencieuse que ‘ »tiens écoute Papy, Athéna était la déesse éponyme d’Athènes ». Victor, qui avait 15 ans et plus de poils au menton que d’attention en classe a dit « Athènes ? En Italie? ». Et là Papy Claude a dit à Tante Cécile qu’elle ferait mieux d’éduquer son fils au lieu d’embêter son père et plus personne n’en a jamais reparlé.)

Comme vous, quand je ne cherche pas le fil de mes pensées dans ma tête, je lis des articles sur des choses intéressantes. L’un des sujets plus « technos » qui prédomine depuis quelque temps, c’est l’IA, ou Intelligence artificielle. On en souligne souvent les effets potentiellement néfastes sur l’humain, sa capacité à réfléchir, à agir, on s’interroge sur la dimension légale, sur la coexistence de ces entités plus-si futuristes avec l’humanité qui l’a créée, etc. Dans les aspects positifs de l’IA, le journal québécois La Presse a récemment publié un article qui compilait des témoignages de professeurs, principalement au secondaire (niveau collège et lycée en France) utilisant l’IA comme support à leur pratique. L’un des principaux interviewés a ainsi appris au logiciel, désormais bien connu, ChatGPT, à le seconder, notamment pour préparer certains travaux plus majeurs ou chronophages. Il explique ainsi que le gain de temps lui a permis de proposer des activités différentes, plus ludiques dans certains cas, qui n’auraient pas été envisageables pour lui dans un cadre horaire normal. Autre apport intéressant : il a « appris » au logiciel à corriger des copies selon sa méthode et sa grille d’évaluation. Le bénéfice : des copies rendues beaucoup plus rapidement, permettant de rencontrer ainsi une dimension-clé de l’apprentissage, soit une correction donnée dans les jours qui suivent les évaluations et donc les potentielles erreurs commises. Des délais qui sont très difficiles à rencontrer pour les professeurs dans leurs horaires normaux de travail. Bref, l’IA et la scolarité, ce n’est pas qu’une source d’inquiétude, et cet article le montre bien. Vous pouvez donc le découvrir sur La Presse : L’électrochoc de L’IA.

Maintenant que je vous ai partagé mes dernières découvertes, n’hésitez pas à me faire mention des vôtres!

-Lexie Swing-

Photo Samantha Hurley

Écrire : ces petits bouts de rien qui font voeux de mémoire

J’ai toujours aimé écrire. D’aussi loin que je me souvienne, j’ai couvert des pages lignées de mots bancals. Je racontais peu ma vie, préférant aux journaux intimes les histoires d’autrui, nourries d’un imaginaire très terre-à-terre mais plein de détails et d’émotions. Mes protagonistes vivaient bien et longtemps, sans vraie souffrance et sans obstacles, me donnant au passage l’évidente réussite, sociale, amoureuse, scolaire et sportive, que je ne pouvais atteindre, sinon par l’écriture. Mes premiers textes réfléchis étaient de la poésie, de celle qui rime, et rythme un sentiment ou une réalité. J’ai toujours pensé que j’aurais pu vivre bien si j’avais été un personnage de Molière. Point un avare ou un malade imaginaire mais peut-être l’une de ces femmes prétendument savantes, ou plutôt de celle qui ne prétend point l’être. Imaginez qu’au lieu de dire « J’le kiffe » ou même asséner un pompeux « Le coeur a ses raisons que la raison ignore », on traduirait l’émotionnel irraisonné de l’amour dans les termes d’Henriette :

« Si l’on aimait, Monsieur, par choix et par sagesse,
Vous auriez tout mon cœur et toute ma tendresse;
Mais on voit que l’amour se gouverne autrement.
Laissez-moi, je vous prie, à mon aveuglement,
Et ne vous servez point de cette violence
Que pour vous on veut faire à mon obéissance. »

Au-delà des pages que j’ai noircies, il y a celles, plus précieuses encore à mes yeux, que mes proches ont nourri. Le carnet de notes de ma grand-mère, relatant les activités familiales, les lettres échangées par la famille, les recettes griffonnées sur une page arrachée. Parce qu’elles ont une place de choix dans mes souvenirs, je me suis souvent demandée quelles traces j’aurais moi-même envie de laisser derrière moi, et quelles traces il était surtout possible de laisser, à une époque où le numérique prend souvent le pas sur le manuscrit.

La boite à recettes

Plus qu’un journal quelconque, c’est mon recueil par excellence. Nourrir et raconter sont les deux choses qui m’animent le plus dans cette vie. Alors, lorsqu’une recette semble maîtrisée, je la transcris sur un carton pré-rempli. J’y annote mes modifications, je suggère quelques changements. Comme tout bon utilisateur de Marmiton qui se respecte, je remplace au gré de mes fantaisies, transformant au passage des monuments de la pâtisserie en de pâles copies de fond de placards. Je me plais alors, à imaginer mes filles, devenues grandes, éplucher la boite pour retrouver ces saveurs d’enfance, ces goûters de retours d’école, ces brioches du dimanche matin. Je me dis que la transmission se situe parfois autant dans une odeur, et une saveur, et le souvenir de patates qui grésillent dans une poêle chaude au 10e étage d’un HLM, que dans des mots bien choisis.

Le journal de bord

Ma grand-mère tenait quelque chose comme ça, une sorte de grand cahier sur lequel elle narrait nos menues aventures d’enfants. Elle y racontait nos progrès, nos accomplissements, des premiers pas, aux premières bugnes, aux premiers coups de pédales. Sous sa plume, nous grandissions, évoluions. Notre vocabulaire se faisait plus soigné, nos réussites plus grandes. Nous étions quatre familles qui se croisaient peu mais dans ce grand cahier, entremêlés dans son écriture rapide, nous étions un tout, un assemblage de noms et de personnalités vivant des existences parallèles. Je n’ai jamais eu sa constance, dans mes tentatives de tenir un journal de bord au profit de mes enfants, mais je trouve que c’est un beau cadeau à leur faire, que de garder trace de leur quotidien, leurs accomplissements et nos impressions.

Les lettres d’anniversaire

Je suis de ceux qui envoient les cartes trop tard ou possèdent encore de longs courriers d’anniversaire jamais transmis, mais j’aime l’idée que l’on remette à ses enfants un long courrier pour fêter l’année écoulée. Certains parents choisissent de les écrire, tranquillement, prudemment, à chaque année, et de les sceller afin de les offrir toutes ensemble, lorsque l’enfant aura atteint un âge respectable, généralement entre 15 et 20 ans. D’autres les confient, joyeusement, à chaque anniversaire, afin de les ajouter à cette boite de souvenirs que l’on redécouvre tous un jour, pour autant que l’on ait des parents un peu conservateurs. Et c’est une émotion particulière, que de redécouvrir des mots qu’on avait oubliés, ou un amour que l’on prenait pour acquis mais qui prend une toute nouvelle saveur lorsque nous atteignons nous-mêmes un âge plus avancé.

Le carnet de questions-réponses

Il en existe de tout fait, désormais, et bien souvent pour les parents qui attendent un enfant ou viennent de le mettre au monde. Ces carnets sont remplis de questions et catégories, visant à donner à celui ou celle qui le lit une idée de ce qu’était le monde, le sien et celui de la société, plus largement, lorsqu’il ou elle était enfant. On égrène ainsi une succession d’informations : musiques et films préférés, lieux de vie, comment mes parents se sont rencontrés, repas du dimanche, etc. On fige en quelques mots la vie dans ses détails les plus anodins, détails qui généralement ne sont vrais qu’à l’instant même où on les transcrit. Mais ils donnent une couleur particulière à nos souvenirs, et demandent à ceux qui les écrivent un travail d’introspection toujours salutaire.

Le journal intime

On l’écrit pour soi, en secret, loin du regard des autres. Une fois ce monde quitté, notre journal deviendra cependant cette porte ouverte vers un certain recoin de notre esprit. Notre vision du monde, dans toute sa beauté, son enthousiasme, mais aussi, beaucoup, son amertume, ses doutes, ses incertitudes. Nos envies de vengeance sont couchées sur papier, au côté de nos peurs les plus fantasques et de nos désirs les plus fous. Le journal intime est moins une rétrospective de la vie écoulée qu’un condensé d’émotions exacerbées par la noirceur enveloppante de la nuit. Et pourtant, pour ceux qui le retrouvent, une fois leur proche parti, c’est souvent la découverte d’une part inconnue, et souvent un peu sauvage. Lorsqu’elle a retrouvé, et dévoré, le journal intime de sa mère décédée, une amie m’a confiée qu’elle avait découvert en sa mère, femme de tête un brin féroce, une personne « terrifiée par la crainte d’échouer ». Je pense que la vérité se situe dans cette entre-deux, entre le jour et la nuit, entre celle qui règne et celle qui craint, entre les écrits d’un journal et les actes accomplis.

Les blogs et les posts

On fait des déclarations publiques à nos enfants sur des réseaux auxquels ils n’ont pas accès, on raconte leur existence sur des blogs dont ils n’ont pas connaissance, ainsi va la vie au XXIe siècle pour le pire, et pour le meilleur donc. Outre les petits mots, courriers, recettes et tentatives de journal de bord, mon blog reste à l’heure actuelle la meilleure mémoire de leur existence. En vous racontant, depuis dix ans, mes joies et doutes de parent, mais aussi mon quotidien et mes accomplissements, en tant que femme, professionnelle, amoureuse, individu, j’ai établi un portrait incomplet mais important, de leur enfance. J’aime l’idée que, depuis une vingtaine d’années et dans le monde entier, des doigts agiles aient transcrit leur quotidien, contribuant à créer une mémoire collective, mais aussi individuelle, de ces années. Pour rendre aux premiers concernés leur histoire, il suffira alors d’en conserver le contenu imprimé.

Et vous, quels mots laisserez-vous?

-Lexie Swing-

Photo Pexels

Des repas pour enfants : idées pour boîtes à lunch

La différence entre les pays anglo-saxons et la France, côté écoles, c’est la sacro-sainte tradition du lunch à préparer tous les jours d’école que compte cette vie. Avoir un jour férié ou une « pédago » chez nous (jour où les profs sont en formation) est avant tout l’occasion de gagner 15 précieuses minutes sur sa routine.

B. est l’école depuis 5 ans, nous sommes relativement rompus à la tradition de la boîte à lunch, surtout que l’enfant est picky à souhait. Laurence, qui vit la même réalité à l’autre bout de la planète, m’a suggéré d’en faire un article. Je vous propose donc qu’il soit participatif : si vous avez d’autres idées, conseils et suggestions pour tous les parents de ce monde qui découvrent, légèrement angoissés, qu’ils vont devoir préparer un lunch à leur progéniture cinq jours par semaine, écrivez un commentaire et j’ajouterai vos propositions.

La boîte version déstructurée

C’est probablement ce qu’on voit le plus sur les réseaux sociaux : des boîtes compartimentées, chaque emplacement étant rempli à ras bord d’un met de choix. Se côtoient donc des raisins, des crackers, du cheddar, des mini-tomates et de la tartinade. C’est pas vraiment un lunch, c’est un apéro-dînatoire. Sortez-moi le spritzol et qu’on n’en parle plus. Si votre enfant a un appétit de moineau et une liste d’ingrédients plus restrictives qu’une liste d’admission à Centrale, la boîte à compartiments est faite pour vous.

Ma boîte : une version santé de l’apéro de la veille avec craquelins, hummus, petits légumes, yogourt relevé d’un peu d’épices pour jouer le rôle de trempette et rouleaux de tortillas.

La boîte sandwich / cake / quiche, pour une prépa facile

Personnellement, c’est ma proposition gagnante. Un sandwich ou une part de cake salé, ça se prépare à l’avance, ça se mange facilement et avec quelques légumes dans un moule en silicone recyclé en compartiment, ça fait une boîte zéro culpabilité parentale.

Ma boîte : une part de cake aux olives, un demi-poivron coupé en tranches, deux tomates cerises et quelques rondelles de concombre. Ceux qui vivent dangereusement rajouteront une petite trempette sortie de derrière les fagots. L’option sandwich gagnante ? Le sandwich aux oeufs (un oeuf dur écrasé, mélangé à de la mayonnaise, agrémenté de ciboulette et tartiné entre deux tranches de pain).

La boîte « restants de la veille »

C’est la boite préférée des parents d’enfants qui mangent tout. Un restant d’endives au jambon? Ça fera la job! Une part d’aubergines à la parmegiana? Parfait pour la semaine du goût. Un osso-bucco? Non je plaisante. De notre côté, les restants ont moins la côte, surtout chez la plus grande, qui jure ses grands dieux que le thermos rend les pâtes « moueuses » et le riz collant. À sa décharge, la nourriture sortie du thermos me rebute quelque peu. Quelques plats, cependant, remporte encore les suffrages, comme le riz aux légumineuses ou les lasagnes végés.

Ma boîte : le restant de couscous – l’enfant grand veut la semoule, les pois chiches et la courgette, l’enfant petit veut la semoule, les saucisses et tous les légumes, mais surtout pas les pois chiches. C’est un casse-tête innommable mais une bénédiction pour mon sens aigu de l’auto-approbation parentale qui y voit un repas sain, économique et écologique. La personne en charge du ménage à l’école me maudit, par contre, rapport à la semoule que rien ne décolle du plancher, pas même la langue du chien.

La boîte « touski »

Le touski, au Québec, est le raccourci de « tout ce qu’il y a (ou reste, traîne, etc.) », généralement dans ton frigo. C’est une boite à lunch du vendredi, quand tu épures les rayons ou que tu pries pour trouver quelque chose à mettre sur la dernière tranche de pain. Les enfants raffolent du touski car il fait la part belle aux associations improbables, au mépris du bon sens et de l’équilibre. Le sandwich beurre-brie-vieille feuille de salade accompagné de ses tomates raisins flétries est un touski qui s’apprécie. Au même titre que le pâté chinois à la sauce bolognaise.

Ma boîte : une brouillade d’oeufs agrémentée des vestiges de la semaine, soit trois bouts de feta, une demi-tranche de jambon ou cinq rondelles de saucisse végé, deux ou trois mini-tomates, les derniers morceaux de poivrons, etc… On accompagne de quignons de pain presque rassis vu qu’on est vendredi, et on envoie le tout en se prenant pour la future génération de Top Chef (ou l’ancienne génération vu que, on n’a plus 20 ans non plus) (enfin bref).

La boîte « tortilla tu rempliras »

Pour donner à l’enfant l’illusion de l’autonomie, on peut lui proposer une tortilla en kit. On met tous ses ingrédients préférés dans une boite compartimentée, on glisse une tortilla dans un petit sac à sandwich et on le laisse créer le mélange de ses rêves. Montessori à souhait, mais peu de chance qu’il mange dans les 15 minutes imparties. Tant pis, on ressortira les restes pour le goûter.

Ma boîte : une mayonnaise, du hummus ou du fromage frais pour étaler, des poivrons coupés en lamelles, une feuille de salade bien craquante, un oeuf dur en rondelles et quelques morceaux de fromage. Il y a peu de limites et beaucoup de satisfaction.

La boîte « soupe » ou « salade »

Le palais des enfants est surprenant. Il rêve de frites mais ne cracherait pas sur une petite soupe maison au retour d’une froide récréation. Un thermos de soupe, c’est un indispensable des lunchs d’hiver au Québec, surtout pour les estomacs de moineaux. On rajoutera une belle tranche de pain beurrée au besoin, voire un sandwich complet, pour les gourmands. Côté salade, pour peu que l’on mélange quelques ingrédients favoris, on peut facilement avoir un beau succès, genre salade de pâtes ou de riz. On y cache des légumes et du fromage, on nappe de sauce pour les plus difficiles, et hop, un repas quasi santé.

Ma boîte : une salade de boulgour, radis pas trop piquants, tomates, concombres, feta, avec une sauce au yogourt bien fraiche. Un succès jamais démenti à ce jour.

Quelques inspirations

Il y a des gens qui ne voient pas ça comme une punition divine, le fait de préparer quotidiennement le lunch des enfants. J’en tiens pour preuve toutes ces petites vidéos de gens qui publient quotidiennement des lunchs élaborés à base de bonhommes sourires découpés dans du pain de mie et de cheddar en forme de ciel étoilé.

Si vous cherchez des idées de repas pour enfants pas trop saugrenues, voici des propositions :

Partagez-moi vos idées! Est-ce que vous aussi vous commencez à manquer d’inspiration? Vos enfants sont-ils picky ou reviennent-ils le ventre plein et la boite vide? J’ai bien hâte de savoir comment ça se passe chez vous!

-Lexie Swing-

Garde d’animaux : notre expérience avec TrustedHousesitters

Nous avons eu notre premier chien en janvier 2010. Nous vivions alors en France et durant les rares congés que nous nous offrions, Eleven était gardé par notre famille, au vert. Lorsque nous avons émigré au Canada, le faire garder est devenu plus difficile. Les logements acceptant les chiens étaient rares et nombre de nos amis ne pouvaient offrir leur aide, sans compter le fait qu’Eleven était un chien très anxieux, difficile à promener et donc à garder en ville. À quelques reprises, l’aide est venue de gardiens individuels – notre préférence – et de pensions canines, au sein desquelles il manquait de la présence humaine dont il avait (trop) besoin mais qui présentaient l’avantage du professionnalisme et des qualifications.

En 2021, nous avions désormais deux chiens. Le coût de la pension canine pour un mois ? 1000 dollars, soit autant qu’un billet pour l’Europe. Nous avons soupesé les possibilités et finalement regardé du côté du gardiennage à la maison. Notre salut est venu d’un site : TrustedHouseSitters.

Le principe du site

TrustedHouseSitters est un site d’échange : un logement contre des services. Ici, des personnes se présentant comme des amoureux des animaux proposent leur service de gardiennage à des individus prêts à leur laisser leur domicile en échange de bons soins envers leurs compagnons à quatre pattes. L’accès à la plateforme se fait par l’intermédiaire d’un abonnement, autant pour les gardiens que pour les propriétaires d’animaux. Les gardiens peuvent avoir des références ainsi que des avis des propriétaires précédents, qui décrivent les services rendus. Chaque gardien fait mention des animaux dont il a déjà eu la responsabilité, ainsi que du type d’animaux dont il est prêt à s’occuper.

L’échange en pratique

En début d’année 2021, nous avons donc souscrit un abonnement annuel afin de proposer notre maison, et nos animaux, en gardiennage. Nous avons rangé notre maison, pris des photos qu’on estimait prometteuses, et mis de l’avant nos chiens, notre domicile ainsi que la ville et les environs. Une fois le tout en place, nous avons rentré nos dates de vacances et publié l’annonce. Rapidement, quelques candidatures ont fleuri. Des gens venant d’Europe et des Etats-Unis se proposaient pour garder nos animaux et notre maison afin de pouvoir, du même fait, visiter le Québec. Un problème se posait cependant : l’incertitude quant aux vols et à la venue de touristes en général, en pleine deuxième année de pandémie. Inquiets de voir nos gardiens annuler leur voyage à la dernière minute faute d’avoir pu embarquer dans un avion, nous avons pris l’initiative de solliciter nous-mêmes des candidats potentiels ici, au Canada. Croyez-le ou non mais des férus d’animaux qui se cherchent un domicile pour un mois afin d’économiser sur le coût d’un logement, il en existe plein ! En peu de temps, nous avons ainsi établi un contact fructueux avec une jeune femme venue de l’Ontario. Après une première rencontre virtuelle, elle est venue à la maison pour un premier contact avec les animaux alors qu’elle se trouvait de passage au Québec. Au matin de notre départ, elle est arrivée directement d’Ottawa, avec sa voiture pleine à craquer. De notre côté, nous avions rangé et briqué la maison de fond en comble afin de lui offrir le meilleur logement possible. Nous sommes partis en France, rassérénés de la savoir présente au quotidien avec nos animaux. Coût de l’opération pour un mois : 169 dollars (l’abonnement annuel).

Est-ce qu’on le referait ?

Oui ! Et c’est même pour ça que je vous en parle ! En 2022, rebelotte, avec cinq semaines de vacances cette fois et un animal de plus : Chester le lapin. Quelques mois avant notre départ, nous réactivons simplement l’annonce avec nos nouvelles dates. De nouvelles candidatures se présentent et cette fois-ci nous prêtons un oeil plus attentif à ceux qui souhaitent venir pour le tourisme. Parmi eux, un couple sort du lot. Ils sont avenants, s’intéressent d’entrée de jeu à nos animaux, ont déjà plusieurs expériences notables et tout un projet de vacances au Québec dans lequel le gardiennage s’inscrirait. Nos échanges virtuels sont chaleureux et nos discussions s’enchainent rapidement via Whatsapp. Arrivés plusieurs semaines avant, ils visitent le Québec en stop avant d’arriver la veille de notre départ. Ils logent alors dans un motel alentour mais passent prendre un verre afin de faire connaissance avec la maison et les animaux. Le jour J, ils se présentent à la maison, s’installent dans la chambre puis proposent de nous emmener à l’aéroport puisque nous leur laissons, cette fois-ci, notre voiture. Durant cinq semaines, nous avons des conversations journalières, des photos, des vidéos, des questions éventuelles et surtout le coeur léger de savoir nos animaux si bien entourés.

À savoir sur TrustedHouseSitters

Le site propose des gardiennages et des gardiens dans le monde entier. Celui-ci est donc principalement en anglais, même si selon les pays, certaines annonces peuvent être écrites dans la langue locale (en France, j’ai vu un bon nombre d’annonces en français). Le coût d’abonnement annuel de base est de 169 dollars CAD et me permet d’avoir accès à tous les gardiens inscrits. Il existe deux autres formes d’abonnement plus avancées, qui permettent notamment l’accès à un soutien vétérinaire téléphonique et à une couverture en cas d’accident. J’ai personnellement l’abonnement standard, celui « du milieu », qui propose certaines protections. L’abonnement est à l’année, alors si vous partez à plusieurs reprises à l’intérieur de douze mois, le gardiennage ne représentera pas pour vous de coûts supplémentaires. Notre projet futur est de devenir à la fois propriétaires et gardiens et le coût de l’abonnement « du milieu » passerait alors à 299 dollars.

Attention, si nos échanges et nos expériences ont toujours été bons, il n’en a pas été de même pour mes parents qui ont eu affaire à une personne au comportement chaotique, erratique et s’est ultimement révélée peu fiable. Soyez vigilants quant aux avis, mais surtout aux échanges que vous avez. Avant d’accepter définitivement une candidature, proposez toujours un ou plusieurs échanges virtuels afin de valider le « fit », comme lors d’un recrutement ! Vous avez des doutes? Rien ne vous oblige à accepter le deal. Vous pouvez repartir à la recherche d’un autre gardien.

Lors de ma première inscription, j’avais bénéficié d’un rabais grâce à des bloggers dont j’avais lu l’avis. Je vous partage à mon tour mon code de référence, qui vous permet d’obtenir un rabais de 25% sur l’inscription, ainsi que deux mois gratuits sur mon propre abonnement. Pour l’obtenir, suivez simplement ce lien.

Alors convaincus ? Est-ce que de votre côté, vous utilisez des services différents pour vos animaux ? Partagez-moi vos bons plans !

-Lexie Swing-

Comment faire de nos filles des femmes accomplies ?

Demain, c’est le 8 mars, l’occasion pour le monde entier de mettre les femmes à l’honneur. Entre rappel des luttes visant à obtenir davantage de droits et promotions sur les bouquets de fleurs, on vit de grands écarts, le 8 mars. Un peu comme entre les hommes et les femmes, finalement.

Mais bref. Demain, c’est le 8 mars, la Journée internationale des droits des femmes, pour bien la nommer. On ne nait pas femme, on le devient, disait De Beauvoir, et à raison. Dans ma maison, j’ai deux femmes en devenir, petites filles de ce monde, heureusement négligentes et futiles, comme toutes devraient l’être à cet âge. Je me suis parfois demandée comment les aider à construire une bâtisse solide pour leur future moi, comment ancrer des fondations pérennes et des fenêtres si grandes et si hautes que l’horizon deviendrait un champ des possibles. Voici mes propositions.

Ouvrir les possibilités

Avez-vous remarqué comme l’on rend exhaustives des listes qui devraient être infinies ? Les jobs, les carrières, les amours… On enferme très vite les individus dans des cases préconçues, toujours trop étroites et toujours trop rigides. Pire que cela, on enferme très tôt, on envoie les enfants dans des parcours définis à l’avance, vers des voies professionnelles toutes tracées, quand on ne sait pas nous-mêmes, 20 ans plus tard, si l’on a bien fait de devenir informaticienne ou si l’on aurait pas préféré devenir mécanicienne. Et d’ailleurs, qui nous aurait vraiment proposé, à nous, anciennes filles, futures femmes, de devenir informaticiennes ou mécaniciennes. Savait-on seulement que l’orthographe se décline aussi au féminin? Ouvrons les possibilités, demandons-nous – à voix haute s’il le faut – si nous avons assez de fantaisie pour les emmener au-delà de ce qu’on jugeait possible pour nous. Oui, on peut être informaticienne, ingénieure, technicienne, mécanicienne, comme on peut être professeure, adjointe, boulangère, éducatrice. La seule limite, c’est celle de notre imagination.

Les rendre indépendantes…

Je vais être honnête avec vous : les gens qui en 2023 disent des phrases comme « trouve-toi un bon mari », même pour plaisanter, me hérissent le poil. Estimer que pour être une femme qui existe, qui vaut, qui mérite, il faut être une concubine, est tellement dépassé que cela pourrait être drôle si ça n’en était pas navrant. Le monde regorge de femmes qui réussissent, qui sont des cheffes de familles, des mères seules parfois, des entrepreneures, des employées sur lesquelles repose tout un fonctionnement. Des femmes, surtout, qui ont réussi à mener de front plusieurs vies, et à le faire bien. L’avenir de nos filles, ce sont elles-mêmes, les femmes indépendantes et épatantes qu’elles vont devenir, pas la personne qu’elles vont épouser (ou non).

… et montrer l’exemple

S’il y a un secret de polichinelle dans la parentalité, c’est bien celui-ci : les enfants apprennent par l’exemple. Ils s’expriment comme nous, embrassent nos expressions et nos attitudes, reprennent nos convictions et nos pensées, jusqu’à s’en défaire éventuellement. Demander à nos filles de devenir indépendantes et attendre papa pour changer une ampoule, c’est contre-productif. Montrons l’exemple, apprenons leur qu’on peut tout faire, pour autant que l’on s’informe et que l’on apprenne. Construisons, cuisinons, calculons, cousons, peignons, abattons et dansons, soyons toute entière et embrassons toutes nos capacités. Que nos petits arrangements de couple, entre vilaines araignées et chaussettes trouées, soient des choix et non des défaites.

Comprendre ce qui se joue dès le départ

J’y reviens sans cesse mais il y a eu un moment clé dans ma compréhension de la société (vue sous un angle dichotomique) : j’ai interviewé en 2011 ou 2012 un professeur de CP qui avait réalisé une étude dans ses classes, en partenariat avec le Planning familial du département. De son étude, étaient ressorties plusieurs situations, disons, intéressantes. Par exemple, dès 6 ans, de nombreux enfants dans sa classe avaient intégré des possibilités très genrées : les petites filles voulaient être maîtresses, les garçons voulaient être mécaniciens. Pourquoi pas, me direz-vous? Oui mais voilà : ceux à qui l’on avait dit qu’ils pourraient être, s’ils le souhaitaient, instituteurs ou infirmiers, avaient aussitôt rétorqué que « c’était des trucs de filles ». Quid des fillettes à qui, vous le devinez, les intervenants avaient suggéré de devenir elles-mêmes mécaniciennes, médecins ou ingénieures? Plusieurs (plusieurs!), âgées seulement de 6 ans, avaient alors répondu : « je pense que ce serait trop difficile, c’est plutôt un truc de garçons ». Un autre fait surprenant : le professeur avait remarqué une évolution frappante dans l’attitude des enfants lors des interrogations orales. En début d’année de CP, à tout juste 6 ans, les enfants se partageaient l’espace de discussions et de réponses selon leur personnalité, tout genre confondu. En fin d’année, une différence notable se manifestait, qui perdurerait, selon les retours d’autres professeurs, dans les classes supérieures : les garçons participaient activement, levant la main sans nécessairement connaître la réponse, relativement indifférents au fait de se tromper et prenant beaucoup de place dans l’espace de communication, les filles, quant à elles, se mettaient de plus en plus en retrait, ne levant la main qu’après s’être assurées que la réponse qu’elles allaient donner était bien la bonne. C’est intéressant de constater que ces fonctionnements interviennent très tôt dans la construction des individus car ce sont des attitudes qui s’ancrent et qui perdurent dans l’espace sociétal par la suite, les hommes prenant la parole et les femmes agissant dans l’ombre.

Leur apprendre à dire non…

Être une femme en devenir, en 2023, c’est aussi vivre dans une certaine insécurité, plus ou moins grande selon le pays dans lequel on évolue. Apprenons leur les codes, enseignons leur la liberté d’être, le droit de se tromper et celui de dire non. Disons leur bien qu’elles ont le droit de contrôler la narration, qu’il n’y a pas à fléchir si l’on souhaite autre chose. Mais aussi que l’on a le droit de se tromper, que dire oui n’est pas de la frivolité, que l’on peut être celle que l’on veut tant que cette volonté est nôtre et pleine et nous procure la joie d’être et l’excitation de vivre.

… et à réclamer leur dû

En 2023, on voit encore beaucoup d’écarts salariaux et de promotions pour lesquelles des hommes sont préférés aux femmes par le seul fait de leur genre. On voit aussi des lycéennes être orientées vers des parcours différents de leurs homologues masculins pour les mêmes raisons. Marteler aux filles qu’elles ont autant de droits que les garçons est un travail de tous les jours. Car c’est sur la scène professionnelle que se jouent ensuite les différences; des écarts conscients, internalisés, trop souvent acceptés. Un salaire se négocie, une promotion se réclame et une discrimination flagrante se dénonce. Les garçons apprennent très tôt le jeu des négociations, des contacts d’affaires, du réseau que l’on crée, maintient et enrichit. Enseignons à nos filles les règles du jeu, qu’elles en deviennent des joueuses-clés et non des pions, ballotées au gré des coups de chances, du sort et des tricheries, condamnées sans cesse à passer leur tour. Je ne doute pas qu’elles sauront faire bon usage de ces connaissances et j’ai hâte de connaître ce monde où elles auront enfin, toutes les cartes en main.

-Lexie Swing-

Photo : JP Valery

Relâche 2023 : idées de sorties sur la Rive-Sud

Cet article a été rédigé en février 2023. Tenez compte des changements éventuels si vous lisez cet article à une date ultérieure.

Dans mon entourage, certains ont prévu de partir dans les Caraïbes, d’autres au Costa Rica, et les plus nombreux prennent la direction du Mexique. Nous, nous avons prévu de prendre la route pour… la ville voisine, probablement. On est un peu jaloux, surtout de les savoir tous en maillot quand il fait de nouveau -15 degrés par ici, mais notre tour viendra (un jour) (peut-être).

En attendant, c’est la relâche, les enfants sont en vacances et il faut bien trouver quelques sorties pour se changer les idées. Je suis en congé de mercredi à vendredi, j’ai donc trois jours pour nous remplir la tête d’un peu de magie. J’ai fait le tour des idées de sorties bon marché ou gratuites des environs, si vous êtes un peu en retard comme moi, ou si vous êtes drôlement d’avance pour de prochaines vacances, je vous livre mes bons plans. N’hésitez pas à me partager les vôtres afin que l’on perfectionne cette liste d’idées pour les années et vacances à venir.

Montérégie

  • L’Electrium, à Sainte-Julie. Ce lieu, mis à la disposition du public par Hydro-Québec, permet aux enfants d’en apprendre davantage sur l’électricité, les circuits électriques, les champs magnétiques, etc. Ponctuellement, et notamment pendant les vacances, des ateliers sont proposés. Cette semaine, nous avions ainsi le choix entre Air et atmosphère, Insectes et autres arthropodes, Circuits électriques, Réactions chimiques, et Robotique. La visite est conseillée à partir de 6 ans. Réservation obligatoire. Accès gratuit.
  • Le cinéma RGFM, à Beloeil. Pour la relâche, le cinéma de Beloeil propose des matinées spéciales. Cinq films sont proposés et seuls les +de 13 ans paient! Attention, les films débutent à 10h et pour avoir une place, mieux vaut arriver tôt. Gratuit pour les enfants, 8,5$ pour les plus de 13 ans.
  • La fermette aux petits miracles, à Saint-Césaire. Au sein de la fermette, Cindy Guertin, technicienne en travail social, éducatrice spécialisée et zoothérapeute, propose des visites découvertes gratuites sur réservation, ainsi que des ateliers de gestion des conflits, de développement de l’empathie ou pour améliorer les interactions sociales. Visites gratuites et ateliers payants, prix à confirmer.
  • Le Récréoparc, à Sainte-Catherine. Depuis janvier et jusqu’au 5 mars, le Récréoparc de Sainte-Catherine propose ses Rendez-vous polaires : pentes à glisser, sentiers glacés et sentiers multifonctionnels. L’accès est gratuit pour les résidents de Sainte-Catherine et Candiac. Pour les autres, les tarifs varient. On paiera par exemple 22 dollars pour le stationnement et la location incluse de deux tubes (pour glisser) ou de deux paires de patins.
  • Le Centre d’interprétation du Haut-Richelieu. Le CIME propose des rendez-vous durant lesquels des naturalistes offrent des balades guidées. L’activité de cette relâche s’intitule « Les oiseaux en hiver » et permet de découvrir les secrets des oiseaux qui survivent aux grands froids québécois. Accès payants, incluant la visite guidée et l’accès aux sentiers. 12 $ pour les 18 ans et plus et de 8 $ pour les 17 ans et moins, taxes incluses. La visite est conseillée à partir de 8 ans.

Montréal

  • L’exposition de paléonthologie au Musée Redpath, à Montréal. Le musée Redpath propose une activité spéciale pour la relâche : une exposition de paléonthologie avec une présentation sur l’excavation. Parfait pour tous les aventuriers en herbe qui connaissent tout sur les dinosaures et les fossiles. Visites en français et en anglais (selon l’heure choisie), pas de réservation requise, 6$ pour les enfants et 10$ pour les adultes.
  • Montréal en lumière, Place des arts, à Montréal. Jusqu’au 5 mars, plusieurs activités sont proposées gratuitement à la Place des Arts dans le cadre de Montréal en lumière : initiation au cirque, ateliers de bricolage, contes fantaisistes et musicaux, mais aussi un sentier de luminothérapie, un glisse-vite ou encore un sentier de patin en hauteur. Accès gratuit.

Bien sûr, il existe d’autres options intéressantes : les arénas des petites villes ont des horaires de patins grand public, certains parcs proposent des pistes de glissades avec prêt gratuit de tubes et patinoires extérieures, les bibliothèques ont également des programmations intéressantes à petit prix et plusieurs lieux offrent des ateliers gratuits durant la relâche, à l’image du parc Michel-Chartrand, de Longueuil. Votre ville propose de chouettes activités durant la relâche ? Prévenez-moi !

-Lexie Swing-

Crédit photo : Lexie Swing

Les bébés ont grandi

Les joues sont encore rondes et les voix haut perchées; les ongles noirs de terre courent le long des murets, à la recherche des petits riens, des trésors dissimulés et des lézards véloces abrités sous les pierres. Les genoux amochés provoquent encore des pleurs, et les nuits trop noires leur petit lot de terreurs.

Mais par-delà les rondeurs, à l’horizon des certitudes, un autre âge prend son envol. Soudain, dans ma cuisine, une main agile fait la vaisselle, tandis qu’une autre mesure et soupèse, multipliant de tête et soustrayant au besoin. Soudain, dans ma voiture, une voix m’indique le Nord, quand l’autre calcule les minutes qui nous séparent de la destination. Soudain, dans mon salon, un esprit affûté décrit les mécanismes météorologiques quand, à ses côtés, une âme d’artiste peint et dépeint l’orage en demi-tons.

Les bébés ont grandi, se déplacent en catimini dimanche venu, se félicitent qu’il soit 8h à l’horloge du grand four. Chut, ne les réveille pas, chut je te dis, c’est toi qui fais du bruit à dire chut, viens on va en bas, c’est quoi le code de l’ordinateur, on avait dit que je choisissais le premier épisode, t’as fait quoi de la télécommande. Les bébés ont grandi, ils marchent sur leurs deux pieds, interpellent, interrogent, demandent à la dame deux croissants s’il vous plait, ça fait combien ça, dis est-ce qu’on a assez ? Les bébés ont grandi, ils ont appris qu’ils étaient une unité, et non un tout indivisible, une peau commune avec la nôtre. Ils pensent et rétorquent, ils savent, parfois mieux que nous. Ils s’entêtent, refusent de croire, dis donc Saint Thomas, c’est pas ton père, dis-moi. Les bébés ont grandi, ils sont encore dans le nid, mais leur regard se porte désormais par-delà les branches, à l’intersection des possibles.

Je n’ai rien vu venir. Je la portais sur mon dos, assise sur un muret, je l’enjoignais de grimper, et avec précaution je refermais sur son corps gigotant la protection de toile. Je la félicitais, tu es grande, lui disais-je. Elle était si petite alors, ses mollets moelleux refermés sur mes hanches. Ensemble, nous bravions le soleil, et les tempêtes de neige, remontant la rue par tout temps. Je suis bien en peine désormais de la jucher sur mon dos. Son corps est resté léger mais ses jambes de serin m’enserrent jusqu’aux genoux. Elle était grande lui disais-je, mais si petite à la fois, elle n’était pas encore une grande soeur, elle n’était pas encore à l’aube de l’adolescence.

Je ne l’ai pas vue grandir. Elle souriait à la volée, tournant sa tête pour trouver la musique, cherchant des yeux la nouvelle image. Elle galopait sur le parquet neuf, elle nourrissait le chien à grandes poignées de croquettes, indifférente aux coups de langues sur son nez retroussé. Je lui disais pas si vite, descends d’ici, dors veux-tu, je suis là, je veille sur toi. Elle a couru plus vite, elle a grimpé plus haut, elle n’a jamais vraiment dormi. Elle a eu l’âge où l’on s’extasie enfin. Qu’elle aille si vite, si haut, si loin. L’âge où elle devrait dormir mais toujours pas vraiment, l’âge où je l’entends et où elle m’accueille d’une voix ensommeillée et me dit « va te recoucher Maman ne t’inquiète pas, je sais que tu es fatiguée ». Elle était minuscule, dans ses combinaisons d’été que j’ai égarée, ses petites jambes maigrelettes qui cherchaient le soleil. Elle est faite si forte désormais, si présente, si solaire.

Dans mes souvenirs, il n’y a pas de progression. Le train était en gare d’Ostend et nous sommes rendus à Stuttgart, en voie express direction l’Orient. Je n’ai rien vu passer, je me suis endormie en route, quand je me suis réveillée, les bébés étaient partis. Je les ai cherchés, dans leurs voix moqueuses et leurs pitreries, dans leur éloquence et leurs descriptions soignées, dans leurs dessins poétiques et leurs petits mots envolés.

Et puis un soir, alors que le crépuscule engloutissait la cabine et qu’un film jouait sur l’écran fatigué; un soir deux têtes se sont appuyées sur mes épaules, deux têtes aux cheveux longs et au parfum d’enfance. Des cils courbés ont chatouillé ma peau, un nez mutin s’est enfoui dans ma clavicule, et quand mes bras ont enserré les corps chauds, je me suis souvenue. Des étapes, des danses, des cris, des nuits, des matins, des repas, des devoirs, des apprentissages, du chemin. Je me suis souvenue du chemin. De la route, des moments de joie, de la torpeur, de l’abattement, du désespoir, des lueurs d’espoir, des mains tendues, des premières fois où elles nous ont regardé bien en face, pour nous dire pardon, pour dire je t’excuse, pour dire qu’elles comprenaient, pour dire merci. Pour dire qu’elles ne voudraient pas d’autres parents que nous. Je n’avais pas oublié. Et je n’ai rien regretté.

-Lexie Swing-

Crédit photo : Andrew Apperley

Trois jours à Sutton (Cantons de l’Est) en hiver

Ma belle B. a eu dix ans. Dix ans ! Vous vous rendez compte ? Moi, pas encore tout à fait… Pour l’occasion, nous avions réservé de longue date un petit chalet dans un secteur que nous adorons : les environs de Sutton, en Estrie. J’aime beaucoup cette région, probablement parce que ce que j’en perçois me rejoint : les grands espaces, les belles forêts, les grands lacs, les activités d’extérieur, mais aussi un penchant certain pour les petites enseignes indépendantes, les cafés cozys, les bons restaurants, la bière locale, la culture bio.

Le projet initial était de faire une sortie en chiens de traîneaux proche de la frontière américaine, chez Aukaneck. Mais les 5 degrés et la pluie qui tombait depuis la vieille ont contrarié nos plans. La pluie ! Un 10 février ! Alors qu’il faisait -30 degrés la semaine d’avant…

Nous sommes donc arrivés le jeudi soir sous une pluie battante, et sur une route glissante, ce qui a fait dire à B. qu’on commençait « par une mésaventure », et la richesse de ce vocabulaire m’a fait sourire. Nous avons heureusement été accueillis par des lumières extérieures, un chalet éclairé et chauffée, dans lequel on s’est senti tout de suite à la maison, ce qui nous a fait rapidement oublier notre « mésaventure » de la route, donc.

Le chalet, installé dans les hauteurs de Sutton, était à la fois extrêmement simple, extrêmement chaleureux et extrêmement tranquille. Pour la première fois depuis que nous en louons, nous sommes convaincus que nous y retournerons de nouveau. Pour le découvrir, c’est ici. Il nous a permis d’emmener Poppy, le chien, mais aussi Chester, le lapin.

Le matin du jour J, soit le lendemain de notre arrivée, il a donc bien fallu se rendre à l’évidence : la pluie ne tarissait guère et avec elle s’éloignait la perspective de faire notre balade en chiens de traineaux. Anniversaire oblige, je suis partie en voiture pour Sutton, à 10 minutes, afin de trouver de quoi faire un brunch digne de ce nom. Comme je connais un peu la ville, j’ai pris le partie de me stationner devant l’un de mes endroits préférés : La Rumeur affamée. L’endroit regorge de produits locaux, avec un coin fromagerie, des plats préparés sur place et un espace boulangerie-pâtisserie. Les gens y sont particulièrement sympathiques, de bons conseils et surtout patients, quand on sait que j’ai fait quinze tours de boutique en disant « mmmh j’hésite encore ».

Après le brunch (le pain à tomber, la danoise aux framboises engloutie en quelques bouchées, le délicieux fromage et le gâteau d’anniversaire mascarpone, chocolat blanc, pistaches), nous avons cherché un plan B pour notre miss B. À cet effet, le site internet de Tourisme Bromont s’est avéré particulièrement pratique. Son onglet « météo capricieuse » nous a permis de circonscrire une liste de trois activités qui pouvaient plaire à notre fille de dix ans pour son anniversaire. Nos propositions étaient les suivantes :

  • Le Miniputt intérieur de Granby, ouvert en cette journée pédagogique (le lieu fait aussi lasertag);
  • Le centre d’escalade Backbone à Bromont;
  • Le jeu d’évasion Amedaka Evasion à Granby.

C’est cette dernière proposition qui a remporté son suffrage (le seul qui comptait). Nous avons donc aussitôt choisi notre jeu et réservé (toutes les réservations se font via le site internet) avant de prendre la route.

A 15h tapantes, nous avons donc débarqué avec fracas (rapport à notre fille cadette qui est volontiers bruyante). Après avoir enfilé les pantoufles mises à disposition, nous nous sommes présentés dans la salle dédiée aux explications, dans laquelle on nous a prêté une courte vidéo. Le jeu que nous avions choisi se nommait «Les douze coups de minuit». L’histoire est la suivante : « une fillette doit, à chacun de ses anniversaires, aller jouer avec ses vieux jouets, sous peine sinon de les voir se transformer en monstres. Or il ne reste qu’une heure avant minuit…. » Pas mal pour une fille dont c’était justement l’anniversaire non ?

Mon chum et moi avions eu déjà l’occasion de faire un escape game et appréhendions mieux les dynamiques que la première fois. C’était une première fois pour les filles mais elles se sont rapidement prises au jeu et, avec un peu d’aide, ont su résoudre plusieurs énigmes du haut de leur 7 ans et demi et 10 ans tout neufs.

Je ne vous spoilerais aucune des énigmes mais une seule chose est à retenir : nous avons eu BEAUCOUP de fun à faire ça en famille. Et OUI, nous avons réussi à sortir de la salle avant la fin du temps !

Après ce détour pour Granby, nous sommes repartis pour notre petit chalet, le temps d’enfiler une tenue de soirée et de rejoindre le restaurant La Tartinizza où nous avions réservé. B. souhaitait « un de ces petits restaurants avec des pâtes et des pizzas et des choses italiennes ». Si c’est ce que vous souhaitez également, ce restaurant est l’endroit où vous comblerez votre envie à Sutton. Après deux Shirley Temple pour les filles, et un délicieux vin rouge pour nous, nous avons pu savourer leurs pizzas. Les plats « hors-carte », affichés dans notre dos, semblaient également travaillés, et délicieux. En dessert, j’ai fait honneur à un gâteau au fromage avec de gros morceaux de fraises dans le coulis, mon chum a opté pour un gâteau café-amandes et les filles pour des churros, dont l’un arborait une chandelle pétillante afin de célébrer la fêtée. Une parfaite soirée.

Le lendemain, après une grasse matinée (obtenue grâce à plusieurs menaces en amont), nous avons brunché de nouveau puis avons rejoint Sutton pour y débuter une balade réputée familiale : le sentier village-montagne reliant Sutton à la Marmite aux Sorcières. Depuis l’église, nous avons marché une dizaine de minutes jusqu’à rejoindre le début du sentier. Bien abritée dans la forêt et circulant en surplomb de la rivière, la balade est très agréable et ponctuée de petits bancs où s’arrêter pour une collation. Plusieurs points de vue permettent aussi de prendre de belles photos. A noter que les chiens, tenus en laisse, sont les bienvenus.

Après un nouveau passage à la Rumeur affamée (une soudaine envie de fromage à raclette), nous avons retrouvé notre chalet pour une dernière nuit, avant de rejoindre notre maison principale le lendemain.

En résumé, si vous allez à Sutton, vous pourriez :

  • Loger chez Annly;
  • Faire un tour à La Rumeur Affamée (mais aussi chez Mollies, pour son café et ses gourmandises, chez Snöbol pour déguster une crème glacée, chez Fleurs & Smoothies pour les jolis plantes et les breuvages);
  • Souper au Tartinizza (ou à la Brouerie, au Gato, etc);
  • Aller marcher jusqu’à la marmite aux sorcières (ou faire le Lac Spruce, le Round Top ou encore l’un des sentiers du Diable Vert);
  • Faire une activité intérieure cool comme chez Amedaka Evasion (ou le Miniputt, ou Backbone, ou le Balnea Spa si vous êtes entre adultes).

Et vous, c’est quoi votre go-to en matière de « petit week-end au chalet » ?

-Lexie Swing-

Crédit photo : Lexie Swing