Où il est question de taille

50 cm à la naissance./ Photo DR Lexie Swing

50 cm à la naissance./ Photo DR Lexie Swing

La taille a toujours été un truc qui me fascine. Et bien sûr ça fait moitié perverse à ce stade mais attendez que je m’explique. Je suis dans la courbe basse des adultes. Pas minuscule, mais ce que l’on a coutume d’appeler « petite ». Même Anthropology en a fait une taille à part. Et même si « tout ce qui est petit est mignon », quelques centimètres de plus n’auraient pas fait de mal à mon estime personnelle, surtout à l’adolescence. Quand je maîtrisais encore mal la séduction. Et les talons.

Miss Swing est née dans la courbe moyenne. Elle y est restée jusqu’à ses deux mois environ, et puis la courbe a commencé à flancher. Aucune cassure, juste du très normal : Miss Swing était « petite » elle aussi. Elle continue à l’être, représentant indifféremment le clan des petits-mais-pas-minuscules.

Je me suis débattue durant toute sa première année avec des tailles de vêtements qui ne correspondaient que trop bien. Trois mois à trois mois, six mois à six mois, neuf mois à neuf mois… voire un peu plus! Les gilets étaient souvent de la taille en dessous, et les pantalons doivent désormais être resserrés à la ceinture pour tenir.

Et puis E. est arrivée. Elle faisait exactement la même taille que sa soeur à la naissance. Même taille, même poids, à quelques grammes près. Des copies conformes. Deux semaines plus tard, rendez-vous chez le médecin. Elle avait pris deux centimètres. Et mes prédictions ont pris l’eau.

Depuis, la petite mandarine a tout d’une belle orange. Elle grossit et grandit à vive allure. Et si elle daignait s’asseoir ou ramper, on la prendrait facilement pour un bébé de quelques mois de plus. Impossible de fermer les cache-couches, difficile de couvrir les jambes avec le pantalon. E. aura quatre mois dimanche, et hier j’ai sorti à reculons la boîte estampillée « 9 mois – 12 mois ». J’ai vidé entièrement le six mois pour faire de la place. Je me suis dit qu’au pire, les pantalons tirbouchonneraient quelque temps.

Ils n’ont pas tirbouchonné.

Je ne me leurre pas. Elle n’a pas soudainement atteint 75 cm dans la nuit. Tout au plus toise-t-elle 64 ou 65 cm. C’est le haut de la courbe, pour ses quatre mois. Et elle ne rentre plus dans le six mois car les créateurs de vêtements pour enfants ont prévu les choses ainsi depuis que la mode est monde : une taille de plus que l’âge.

Je sais autre chose : elle sera probablement à peine plus grande que moi. Combien d’entre nous ont vécu ce passage incroyable de dominer les autres de quelques centimètres pour se retrouver finalement dans les fonds du classement l’adolescence venue? En attendant, chaque fois que le temps de la mesurer est venue, je ressens un fond d’excitation mêlé d’appréhension. Combien désormais? Et pourquoi? A qui as-tu pris ça ma petite mandarine? Resteras-tu mon bébé géant? Le temps me le dira…

Et vous, la croissance vous a-t-elle joué des tours?

-Lexie Swing-

Pratiquer le yoga maman-bébé

Yoga avec bébé./ Photo Aktiv I Oslo.no

Yoga avec bébé./ Photo Aktiv I Oslo.no

Au Québec, le duo congé maternité-congé parental est une institution. Et une institution longue durée! Près d’un an pour celles qui choisissent le congé à son plus long terme. Et durant cette année, il faut bien s’occuper! Les associations sportives l’ont bien compris, elles sont donc nombreuses désormais à proposer des activités maman-bébé. Causeries, café mais aussi sport et relaxation. Parmi elles, le yoga. Un doux combiné!

Le mot d’ordre est la liberté : le bébé a faim, on le nourrit. Il dort? On le laisse à ses rêves. Il est réveillé? On l’implique dans les exercices. A plat dos entre nos mains pendant la position du chien. Bien droit entre nos bras tandis que l’on cherche son équilibre debout sur un pied. En bascule sur nos tibias pendant que l’on pratique quelques abdominaux. Le café qui organise les cours a également prévu un équipement de choix : balancelle et tapis de jeux pour tous les petits yogi.

J’ai été vite épatée de la réceptivité de la petite mandarine. Elle n’a jamais manqué un seul cours au profit d’un sommeil pourtant bien mérité. Chaque mercredi, à 10 heures tapantes, elle est d’attaque, prête à battre des mains et à pousser ces cris propres à ceux qui se découvrent une voix pour la première fois. Elle rit quand je l’embrasse à chaque contraction de mes abdominaux, m’arrache les cheveux lorsque je prends la position du chien et me bave abondamment dessus en toute situation.

Les Fêtes se profilant, la session touche à sa fin. Mais j’ai déjà ressorti mon tapis, à la grande joie de ma grande fille qui l’accapare pour inventer de nouvelles postures consistant à se mettre les pieds sur la tête. Une position que mon grand âge m’empêche d’imiter. Mais il est certain que je continuerai à pratiquer.

Et vous, avez-vous participé à des activités maman-bébé?

-Lexie Swing-

 

 

Faire des biscuits de Noël avec ses enfants

Miss Swing aime cuisiner. Miss Swing aime Noël (mais pas le Père Noël). Il était donc certain que réaliser des biscuits de Noël était une activité qui allait la botter. Mon amie A. avait fait une petite session du genre quelques jours avant, elle m’a donc orienté vers ce site riche en gâteaux en tout genre pour trouver mon bonheur : les Gourmandes d’Isa dont j’ai tiré cette recette : les biscuits de Noël glacés au sucre.

Confection des biscuits./ Photo DR Lexie Swing

Confection des biscuits./ Photo DR Lexie Swing

Le matin, un peu avant le repas de midi, nous avons donc préparé la pâte. C’est la partie « cuisine ». J’utilise un robot, j’ai donc assis Miss Swing à côté afin que – sous ma surveillance toujours – elle verse à mesure les ingrédients préparés dans des petits bols à l’avance. Comme proposé par Isa, nous avons ensuite réfrigéré la pâte pour deux heures (4 en fait pour nous, le temps d’aller faire les courses, de dîner, de faire un temps calme) (qui n’a pas duré).

J’ai sorti la pâte du frigo un peu avant la fin dudit temps calme. Puis, le moment venu, j’ai prélevé juste un morceau. Les enfants ont le chic pour placer les empreintes de moules au beau milieu de la pâte soigneusement étalée, avec seulement un petit morceau, on évite de devoir étaler 50 fois une pâte longue d’un mètre! De plus, j’ai montré à la Miss – deux ans et demi – comment placer son morceau de pâte sur un côté du papier parchemin (cuisson), puis replier par dessus l’autre côté du papier pour passer ensuite le rouleau dessus. Nounou-la-débrouille a rapidement maîtrisé le concept, à sa grande joie! Ensemble, nous avons donc découpé nos biscuits dans des formes de sapin, anges et autres classiques du genre. Avec le recul, j’ai préféré lorsque la pâte était étalée sur une épaisseur d’1 cm (plutôt que plus fine, comme préconisé par la recette) : plus facile à manipuler pour Miss Swing, plus moelleuse à la sortie du four.

Le moment déco./ Photo DR Lexie Swing

Le moment déco./ Photo DR Lexie Swing

Sitôt découpés, sitôt enfournés (à 340°F, 11 minutes, pour nous). Une fois la première fournée refroidie, nous avons pu commencer la décoration. J’avais choisi deux options : le glaçage royal d’Isa (dans la même recette) et des petits tubes de déco pour gâteaux dénichés à l’épicerie. J’ai donc trempé mes gâteaux tandis que Miss Swing tartinait les siens de rouge, jaune, vert et bleu. Le glaçage royal apporte beaucoup de moelleux, ceux de Miss Swing étaient donc un peu secs après dégustation. A refaire, je les tremperais tous dans le glaçage royal avant de lui faire réaliser une décoration colorée avec ces petits tubes bien pratiques!

L’activité était parfaite : cuisine, découpage, gribouillage. Ma toute petite a pu s’en mettre absolument partout (elle avait même les cheveux bleus) et c’était sans danger! Les biscuits sont très bons, ils ont disparu en deux jours à peine. D’ici janvier, nous investirons dans des moules différents, histoire de recommencer souvent!

Et voilà le résultat:

Nos biscuits de Noël./ Photo DR Lexie Swing

Nos biscuits de Noël./ Photo DR Lexie Swing

-Lexie Swing-

Une grande fille

En conférence avec les nounous./ Photo DR Lexie Swing

En conférence avec les nounous./ Photo DR Lexie Swing

Deux grands yeux. Des cheveux volages. Des lèvres charnues. Un nez retroussé. Une voix haut perchée. Elle n’est plus un bébé. Et j’ai parfois bien du mal à me souvenir que cette petite fille là est la mienne, la mienne à moi.
C’est plus évident avec un bébé, que l’on promène souvent accroché à soi. Il y a ce lien visible, omniprésent et palpable. Mais à deux ans et demi, elle a déjà pris son envol. Elle existe en dehors de nous. Elle passe des journées dont je ne sais pas tout. Parfois je l’observe derrière les portes vitrées, et je souris de cette existence, de cette minuscule vie où je n’ai pas ma place. Des histoires qu’elle invente, des mots chuchotés à l’oreille des amis, de son air pensif, de ses cheveux qu’elle repousse en arrière. Je souris de ses mimiques, je m’agace devant l’enfant qui lui arrache un jouet des mains pour le jeter au loin. La vitre dissimule ses cris mais je sais qu’elle dit « non je n’aime pas ça » comme on lui a appris.
Elle a un peu de lui, un peu de moi. Beaucoup d’elle-même. Quelque chose d’indéfinissable, qui la rend unique, indépendante, détachable. Elle n’est plus mon extension, mon bébé baveux que je promenais partout, solidement arrimé dans mon dos, et qui faute de posséder les mots, se contentait souvent de sourire. Désormais elle marche à mes côtés. Elle rit aussi fort qu’elle pleure. Elle tempête, elle tourbillonne. Elle remet en question, nous jetant à la face ses « pourquoi » sans fin.

Elle est une fille. La mienne. Mais plus seulement. Et je suis fière d’avoir contribué à mettre au monde et éduqué une petite personne douée de paroles et d’émotions. Capable de réciter l’alphabet jusqu’à G. De pleurer jusqu’à en rire. De nous imiter. De dire que le Père noël est une personne bizarre qui ne devrait pas exister. De répéter chaque mot pour l’assimiler. Et d’avoir compris que pour tout obtenir il suffit de commencer une phrase par … « mon petit papa chéri ».

-Lexie Swing-

Deux enfants

Les jolies twins./ Photo Donnie Ray Jones

Les jolies twins./ Photo Donnie Ray Jones

Deux, pour moi, c’était le chiffre idéal. Assez pour avoir quelqu’un avec qui jouer, pas trop nombreux quel que soit le mode de locomotion. C’était l’aboutissement, la famille parfaite. Le reste serait du surplus (mais pas forcément du superflu). J’avais bien géré avec un. Un c’est un chiffre facile. Une bataille facilement gagnée. Le clan enfant est en minorité. Au pire, on se retrouve en tête-à-tête avec l’avantage de la taille, du poids et de la maturité. Deux, c’était les doigts dans le nez. Une simple formalité.

Que dalle.

Deux et ce fut le bouleversement. Les jours de pluie, je vous dirais que c’est la galère. Les jours de nuages, que c’est un « bonheur oui mais… ». Les jours de soleil, je vous dirais que nous sommes au complet, et puis qu’elle est belle, la vie, ainsi, avec elles qui se regardent, se chamaillent et se sourient. Déjà. Je l’imaginais grande soeur. Je le voyais « dad-of-two ». Je m’étais oubliée dans l’équation. Etais-je prête moi? Pas si sûre.

Je les aime intensément. L’une après l’autre. L’une sans l’autre. L’une et l’autre? Ensemble? C’est un autre challenge. Heureusement tout s’apprend, mais éduquer un parent, c’est fatigant…

Nous avons notre petit rythme du matin. Je me douche. Je m’habille. Elle débarque, pieds nus sur le plancher, les bras bien serrés autour de son oreiller. Elle me dévisage. Dans le bain. Devant le lavabo. Assise dans ma chambre en train d’enfiler mes chaussettes. Elle me surprend toujours. C’est rarement tout à fait le moment. Je la prends par la main et nous partons déjeuner. Le sommeil la berce encore, il faut un peu de temps dans les bras de maman pour qu’elle se réveille et attaque ses petits gâteaux préférés. Alors il est temps. Je desserre mon étreinte. Lui jure de revenir très vite. Depuis la chambre de sa soeur je lui parle. « Je mets la couche. Un autocollant. Deux autocollants. La couche est mise. C’est bon chérie? C’est quoi ce bruit? Comment ça un gros dégât? J’arrive… » Sur sa table à langer, la petite mandarine gazouille en agitant furieusement les pieds pour m’empêcher de les rentrer dans les jambes du pyjama. Le bébé sur un bras, je reviens dans la cuisine, essuie la flaque de lait, les traces de chocolat. Je m’assois pour donner le biberon. Pour retirer un bavoir en plastique. Pour souffler, juste un instant. Ensuite il faudra repartir. Poser le bébé. Soulever sa grande soeur. Brosser les dents. Peigner les cheveux. Habiller. Remettre les chaussettes qu’elle aura enlevées. Changer de nouveau la couche. Et peut-être le body si le pipi a fui. Les empoigner à deux. Descendre l’escalier sans trop vaciller. Enfiler les manteaux, les mitaines, les tuques. Moucher les nez, encore. Serrer les bottes, les ceintures des sièges autos. Déposer. Embrasser. Consoler. Embrasser encore. Repartir.

Et puis parfois, le matin prend une tournure dramatique. La couche fuit deux fois. Le terrible two s’empare de Miss Swing qui se traîne en geignant d’une pièce à l’autre en jetant tout objet aperçu sur son passage. La couette dans ses cheveux ne tient pas. Il n’y a plus de culotte dans le tiroir. Le bébé s’est réveillé en même temps que sa grande soeur et hurle son désespoir dans les hauts de la gamme. Le lait n’est pas celui que Miss Swing voulait. Ni le jus. Ni le gâteau d’ailleurs. Le chandail n’est pas joli. Elle veut le leggins gris. Et mettre ses sandales, même s’il pleut à verse. Je râle, je souffle, je crie, je punis, je supplie, je regarde l’heure qui tourne et le temps qui passe. Je voudrais qu’il soit 8h30 alors qu’il est déjà 9h et que nous en sommes toujours au même point. Je voudrais qu’elles soient deux, mais seules.

Il y a ces matins parfaits, où l’on a le temps pour un dernier câlin, pour les rires, pour jouer avec le poupon, pour se laisser faire, pour être d’accord, pour être raccords.

Et puis les autres. Ces maudits autres.

-Lexie Swing-

Le bain libéré

Barboter les oreilles dans l'eau./ Photo DR Lexie Swing

Barboter les oreilles dans l’eau./ Photo DR Lexie Swing

Allonger le bébé au fond de la grande baignoire pour lui faire prendre son bain, nous avons fait ça pour nos deux filles. Vers 5 mois pour Miss Swing, après avoir vu des amis faire de même et leur bébé s’amuser à éclabousser partout. A deux pour la petite Mandarine, parce que lui donner le bain était devenu un challenge tant elle se tortillait, se jetant dans tous les sens pour se sortir de notre empoigne et du transat de sa baignoire préformée. Nous le pratiquions sans savoir qu’il s’agissait d’une technique validée et de plus en plus recommandée : le bain libéré (ou la motricité pendant le bain).

L’auteure Michèle Forestier l’évoque dans son livre « De la naissance au premier pas ». Le principe est simple : on met un peu d’eau au fond de la baignoire familiale, on chauffe la salle de bain à fond, on allonge bébé sur le dos et on reste tout proche.

En pratique pour la petite Mandarine, cela donne : un gant sous la tête car elle bouge bcp et je ne veux pas qu’elle se fasse mal, de l’eau qui recouvre juste ses épaules et que je réchauffe fréquemment, moi assise sur le tapis de bain avec ma main dans l’eau qui l’arrose (nous n’avons pas la possibilité de chauffer la salle de bains exclusivement alors, même si E. semble peu frileuse, je l’arrose fréquemment pour éviter qu’elle ne se refroidisse).

Les deux premières fois, elle était un peu anxieuse, en tout cas clairement circonspecte. Cela fait maintenant un mois qu’elle prend son bain ainsi et elle traverse la baignoire dans un crawl approximatif qui m’oblige à la redescendre fréquemment près du robinet puisqu’elle se retrouve coincée en haut de la baignoire. Clairement : elle adore. S’agiter en tout sens, être libre de ses mouvements, c’était ce qu’il fallait à ma petite cascadeuse. Le bain n’est plus le moment pénible qu’il était au départ quand je tentais tant bien que mal de la ceinturer d’une main sur le transat pour éviter qu’elle ne plonge la tête la première dans l’eau de sa baignoire d’enfant. En plus, j’ai mes deux mains libres pour jouer et la savonner.

Dans son livre, Michèle Forestier évoque aussi le développement du bébé vers des mouvements de plus en plus libres, découvrant l’espace autour de lui, prenant ainsi confiance en ses capacités et appréciant l’eau.

A-t-elle déjà bu la tasse? Oui. Une fois. Parce que j’avais mis trop d’eau. Les enfants de cet âge apprennent-ils de leurs erreurs ? J’en doute. Les adultes eux-mêmes en sont rarement capables. Depuis je mets moins d’eau. Et non elle n’en a pas gardé peur ou rancune (mais j’ai quand même du la sortir immédiatement ce jour là).

Il y a deux jours, grand bonheur de Miss Swing : j’ai déposé sa sœur avec elle dans le bain. Oui, j’ai encore dû sortir le bébé avant l’heure. Elle arrosait tellement sa sœur et lui mettait tellement de coups de pied que celle-ci était trempée et pressée d’en finir. Oui oui. Vous avez bien lu. Ce n’est pas parce qu’on fait 60 cm qu’on ne sait pas prendre toute la place …

-Lexie Swing-

La veilleuse qui Veille sur Toi

La veilleuse de la petite mandarine./ Photo DR Lexie Swing

La veilleuse de la petite mandarine./ Photo DR Lexie Swing

Dimanche dernier, nous avons pris la route direction Drummondville, pour faire un tour à la première édition du marché des lutins. Là-bas, un certain nombre d’exposants présentaient leurs créations pour enfants : jouets, vêtements, bavoirs, couvertures et autres. Une promenade qui m’a permis de découvrir « en vrai » plusieurs vendeuses etsy dont je possédais des items (dont mon indispensable matelas à langer nomade réalisé par Little Marine Design).

Dès la première allée, nous sommes tombés nez à nez avec les géniales veilleuses de Veille sur Toi. Le petit hibou était sur notre liste de naissance et choisi par l’une des grands-mères de la petite mandarine. Mais les mois passant, nous avons oublié de commander notre précieux. Le retrouvant juste là sous nos yeux, il nous a été impossible de reculer. Nous avons même investi dans un petit renard dans la foulée, comme cadeau de naissance d’un (chanceux) petit garçon juste né.

Ces jolies veilleuses sont réalisées en verre fusion, une matière sur laquelle l’enfant ne peut pas se brûler. Elles se branchent directement sur la prise, et peuvent même être adaptées pour les prises de certains autres pays, notamment la France. Un petit interrupteur situé sur le bas permet d’allumer et éteindre la veilleuse, ce qui met en joie Miss Swing, trop petite pour atteindre les interrupteurs classiques, qui passe son temps à faire jour-nuit-jour-nuit dans la chambre de sa soeur. Mais ce qui me plaît le plus, ce sont leurs looks. Les animaux représentés ont des jolies bouilles de personnages de livres. Vous savez, ces jolis livres. Ceux que l’on achète plus pour les illustrations que pour l’histoire. Ce sont des compagnons parfaits. Et enchanteurs.

L’histoire de la boutique aussi est belle. Karine l’a créée sur Etsy en 2013. L’an dernier, elle a remporté le prix Etsy Canada et l’une de ses veilleuses a même été choisie pour figurer (un quart de seconde seulement, selon ce qu’elle raconte avec humour) dans le film américain Southpaw (La rage au ventre, avec Jack Gyllenhaal). C’est la success story d’une vendeuse très simple, très sympathique, maman de trois enfants dont un petit dernier à peine plus âgé que la petite mandarine et qui m’a fait grâce d’un superbe sourire au marché des lutins.

La boutique Veille sur Toi sera présente au marché Nënë cette fin de semaine, et tous les jours sur Etsy.

-Lexie Swing-

Faire ses nuits

Avant le coucher./ Photo serzhile

Avant le coucher./ Photo serzhile

Je suis chanceuse. Ma première fille a fait ses nuits à un mois et demi. C’est ce que j’ai marqué dans son carnet. Un mois et demi. Je pensais que cette chance ne se représenterait pas. Je l’avais accepté. Je croisais simplement les doigts pour ne pas accoucher d’un bébé à bras, qui n’aurait bien dormi qu’à côté de moi sur mon couvre-lit. Et puis la petite mandarine, ses crises herculéennes et sa joie débonnaire ont déboulé dans notre vie. Et malgré les fameuses crises de larmes qui font trembler les murs, notre petite a tout de suite adopté son lit avec plaisir. Alors quand la nuit est venue, elle s’est endormie pour ne se réveiller que vers 3h. Un jour, ce fut 4h, puis 5, puis 6. Nous avons alors décalé le biberon du soir, le rapprochant petit à petit d’un souper normal, à mesure que les doses de lait augmentaient et que le ratio biberons-jour diminuait. Un matin, elle s’est réveillée à 8h. Le dernier biberon datait de 20h la veille. Elle avait un mois.
Je suis chanceuse. Ma première fille a fait ses nuits à un mois et demi. Ma deuxième fille a un mois. Mes filles font leurs nuits. Mais moi je ne dors pas. Je n’avais jamais pensé à ça. Je ne fais pas mes nuits. J’en suis incapable. Je suis ce nouveau-né qui se réveille 5 fois, sauf que ce n’est pas pour manger. Ma seconde maternité a décuplé ma propension à me lever la nuit. Un rien me réveille. Le chien, les ronflements, un toussotement. Je me surprends à replacer une sucette avant même qu’elle ne soit tombée, à caresser un front perlé de sueurs avant même que le cauchemar n’ait provoqué les pleurs. Entre les mouvements des uns et des autres, je me suis déjà vue me lever toutes les vingt minutes, durant une nuit entière.
Ces matins-là, je m’extirpe avec difficulté du sommeil, agacée d’avoir réalisé un marathon nocturne quand les autres baillent mollement en effaçant les dernières esquisses de leurs rêves de la nuit. Pourtant, j’ai le sommeil facile. Quand l’amoureux est incapable de se rendormir après « l’appel à la suce » de 5h du matin, je me rendors aussi bien à minuit qu’à 3h. Mais je me réveille avec tout autant de facilité, comme ses mamans animaux dont on vante l’abnégation quand elles dorment l’œil ouvert pour protéger leurs petits.
A 29 ans, je ne fais pas mes nuits. Mais mes filles oui.

-Lexie Swing-

La publicité qui interroge

./ Photo Famili

./ Photo Famili

Il y a toujours un article, une émission, une photo, qui nous fait nous interroger sur ce que nous sommes et ce que nous souhaitons. Comme cet article récent sur une Instagrameuse accomplie qui a choisi brutalement de dénoncer la « perversité » des médias sociaux en révélant l’envers du décor de ses photos.

Pour ma part, c’est une publicité récente d’Ikea qui m’a fait réfléchir. Il ne s’agit d’ailleurs pas d’une publicité à proprement parler, mais d’un projet vidéo d’Ikea visant à faire parler de la grande chaîne. Les réactions des enfants et parents filmés sont censées être honnêtes, mais comme je ne peux en attester, je préfère voir ça comme une publicité. Ce qui ne change rien au message qu’elle véhicule.

 

Dans le cadre de ce projet vidéo intitulé « The other letter », Ikea fait intervenir dix familles. Parents et enfants sont séparés. Individuellement, les enfants sont amenés à écrire une lettre au Père Noël. Puis une seconde à leurs parents. « Que voudrais-tu demander à tes parents pour Noël? » interroge une voix derrière la caméra. Les enfants flanchent un peu puis retrouvent l’inspiration, pour une ligne ou deux, pas plus. Face caméra, les parents découvrent ensuite la lettre qui leur est destinée. Emotion, culpabilité, sourires, larmes, je vous passe les réactions parfois mièvres, mais les mots sont là. Pour Noël, ces enfants voudraient plus de temps avec leurs parents, plus de soupers en famille, plus de parties de jeu. L’un demande à sa maman de jouer au soccer avec lui, quand d’autres aimeraient plus de sorties familiales. Une maman résume la pensée de tous : « On voudrait leur donner le meilleur, on est prêt à dépenser des fortunes alors qu’on a déjà tout ce qu’ils veulent vraiment, en nous ».

On connaît tous l’histoire de l’enfant très riche dont les parents travaillent beaucoup et qui le couvrent de cadeaux pour remplir le gouffre de la culpabilité de laisser leur gamin unique dans une maison immense administrée par une nanny qu’il considère comme sa mère puisqu’elle est la seule à lui donner un peu d’amour. C’est un scénario mille fois repris, qui a déjà bien rempli les poches de Disney Channel.

Mais il y a un peu de vrai (beaucoup, en fait) dans ceci. Quand on regarde en arrière, ce ne sont pas nos dizaines de cadeaux de Noël qui nous restent en mémoire, mais le moment où on les a ouvert, un sourire sur un visage, une chanson qui faisait la tradition familiale, ou une tourte aux pommes spéciale. Il y a bien longtemps que j’ai remisé ma gameboy et mes Polly Pocket, mais les instants restent, eux.

Faible que je suis… J’ai visionné la vidéo quelque temps avant d’aller chercher Miss Swing à la garderie. Son papa devait rentrer un peu tard. Nous avions prévu de la faire dîner seule, du coup. Mais qu’est-ce qui était vraiment important? Qu’elle goûte en rentrant, quitte à souper une heure plus tard que d’habitude, ou qu’elle suive son train-train mais soupe seule devant son assiette et ne voit guère son père?

En rentrant, j’ai repoussé l’ordinateur, j’ai éloigné le téléphone, je me suis assise sur le banc à côté d’elle. A ses côtés, j’ai empoigné un crayon de couleur pour colorier le chapeau d’une sorcière (rapport à l’Halloween de la semaine dernière). Elle a dessiné, sa hanche contre la mienne, tandis que la petite mandarine l’observait, perchée sur le genou opposé. Elle m’a regardé tenir mon crayon (mal d’ordinaire, mais pour une fois je faisais un effort). Elle m’a demandé de lui placer le sien pareil. Ensuite, elle l’a fait seule. J’ai gagné un joli moment, dont je me souviendrais sûrement encore dans quelques mois. Elle, elle oubliera peut-être. Mais elle se souviendra du sentiment, de l’impression de partage. Je le sais, parce qu’en se levant elle m’a dit « Maman et moi on a dessiné hier. J’ai fait la maman et elle a fait le papa ». Oui, la grosse sorcière large d’épaules était un papa, et la petite aux cheveux filasses une maman.

Il va falloir qu’on ait une discussion.

-Lexie Swing-

Le congé parental au Québec : en profiter?

En pleine découverte./ Photo DR Lexie Swing

En pleine découverte./ Photo DR Lexie Swing

Le Québec possède quelque chose que le monde occidental nous envie (sauf les nordiques, je suis sûre que les nordiques ont inventé un truc mieux encore) : le congé parental bien rémunéré. Les prestations se présentent ainsi :

Congé maternité :

  • 18 semaines (congé long) rémunérées 70% de votre revenu hebdomadaire moyen.
  • 15 semaines (congé court) rémunérées 75% de votre revenu hebdomadaire moyen.

Congé paternité :

  • 5 semaines (congé long) rémunérées 70% de votre revenu hebdomadaire moyen.
  • 3 semaines (congé court) rémunérées 75% de votre revenu hebdomadaire moyen.

L’avantage par rapport aux autres pays, c’est ce qui suit : le congé parental. Un congé pris par la majorité des parents, bien ancré dans la conscience collective et qui est généralement (mais pas universellement, faut pas déconner) bien admis par les employeurs.

Congé parental (partageable entre les deux parents) :

  • 32 semaines (congé long) dont 7 semaines payées à 70 % et 25 semaines payées à 55%
  • 25 semaines (court court) payées à 75%.

Le congé long permet donc à la famille qui le choisit de garder son enfant pratiquement jusqu’à ses un an, en admettant que la mère se soit arrêtée de travailler juste avant la naissance (il n’y pas de moment type pour s’arrêter, c’est au choix de la mère et/ou du médecin).

Pour notre part, nous avons fait le choix du congé court, mieux rémunéré. Nous l’avons également partagé. Aux 6 mois de la petite mandarine, je passerai la main à son papa pour reprendre le travail. Il s’en occupera à temps plein jusqu’à fin avril, date à laquelle elle prendra le chemin de la garderie (pour laquelle nous venons d’obtenir une place, hourra!).

Et vous, Québécoises, quel choix avez-vous fait? Et autour de la planète, ça donne quoi les congés maternité/paternité/parentaux?

-Lexie Swing-