6mois, le magazine que vous devez découvrir

Les influenceuses made in Japan. La victoire de l’IVG en Irlande. L’insolente petite ville de Calabre, exemple réussi de l’intégration des migrants parmi la population locale, désormais menacée par l’extrême-droite au pouvoir. Le luxe au Liban. Le 6mois du printemps 2019 est sorti, plein de sa richesse habituelle, de ses histoires qui commencent au creux même des photos, dans les visages las, les yeux émerveillés, les sourires interrogateurs. Dans les fonds flous des conflits, dans les horizons dorés des palaces de l’Orient, dans les recoins des chambres miteuses de ce monde et le vert parfois terni des campagnes de la planète entière.

Le magazine de photos «6mois» est à la fois mon précieux et mon vecteur. Je le lis depuis ses premières parutions. Je le partage, mais demande toujours à ce qu’il me revienne. Après avoir fait le tour de ses admirateurs, celui-ci ne dérogera pas à la règle, il reviendra à sa place sur l’étagère qui leur est dédié.

Son tour commencera par ma collègue anglophone, qui survole les légendes et s’accroche aux images. Il parcourra d’autres mains tendues, sur le chemin. Ouvert en son cœur par des lecteurs distraits par la couverture. Ils l’emprunteront sans un mot, déjà absorbés. Le ramèneront avec un post-it mal collé, remerciement silencieux. Il échouera finalement sur la table de la cuisine de mon ami et collègue, féru de petites et grandes histoires.

Pour le moment, il gît sur mon propre bureau. Je le savoure, reportage par reportage, tandis que les informations affluent ensuite dans mon esprit, nourrissant les discussions de fin de soirée et les repas de midi. J’en suis à peine à la moitié, et je trépigne déjà de découvrir le reste.

-Lexie Swing-

6mois est en vente au prix de 26 euros, avec deux parutions annuelles, au printemps et à l’automne. Il est livré chez moi – au Québec – pour un coût de 10 euros.

Connaissez-vous Passe-Partout?

Moi, la première fois qu’on m’a parlé de Passe-Partout, ici au Québec, j’ai cru qu’on mentionnait le monsieur qui porte toujours un immense jeu de vieilles clés, dans Fort-Boyard. Je me suis demandée où ils le mettaient, leur fort, sur le Saint-Laurent. Mais ça ne m’a pas émue plus que ça.

Et puis, en début d’année, de nouveaux épisodes de «Passe-Partout» ont été tournés, provoquant une marée de commentaires enthousiastes de la part des parents québécois, eux-mêmes issus de ce que l’on a appelé ici «la génération Passe Partout».

C’est le moment où je n’ai pas pu m’empêcher de demander : «Mais p***** c’est qui Passe-Partout?». Comme je suis polie et que les enfants ont toujours les oreilles qui trainent, j’ai plutôt dit «Qui est ce fameux Passe-Partout dont le monde (québécois) entier a le nom sur les lèvres?»

Bref, il s’avère que Passe-Partout est une fille (et toc). Elle partage la vedette de l’émission avec Passe-Carreau et Passe-Montagne – respectivement une fille et un garçon. D’autres personnages sont également présents, tels que Fardoche, Julie et André, ainsi que la famille de marionnettes qui reproduisent des saynettes de la vie quotidienne.

L’émission a été diffusée de 1977 à 1991, puis remisée, jusqu’au tournage de nouveaux épisodes l’an dernier.

Ça ressemble-tu aux Minikeums?

Nope. Les Minikeums, qui d’ailleurs ont correspondu à la génération suivante – ils sont apparus en 1993 – étaient bien des marionnettes, mais elles avaient été créées à l’effigie de personnes célèbres en France : Antoine de Caunes, Vanessa Paradis, la chanteuse Elsa, Mc’Solaar… Personnellement, et mise à part «Vaness’», je n’avais aucune idée à l’époque qu’ils étaient censés représenter des personnes réelles. Les saynettes qu’ils reproduisaient étaient plus des copies d’émissions existant sur les ondes («Question pour un lampion», «Taratatouille»…) que des saynettes de la vie courante.

Le concept de Passe-Partout est pour sa part moins un divertissement qu’un outil pédagogique télévisuel. L’enfant se retrouve dans les saynettes, il apprend des mots, des concepts, des façons d’agir aussi.

Et pis, t’as aimé ça, la première saison de Passe-Partout?

On n’a pas la télé ici, et j’ai toujours eu l’impression de passer à côté d’une certaine forme de culture québécoise. Quelle que soit l’idée que l’on se fait de la culture télévisuelle, je trouve qu’elle peut être une forme de découverte et d’apprentissage lorsqu’on immigre dans un nouveau pays.

Passe-Partout était pour moi une belle façon de découvrir un concept qui avait bercé l’enfance de mes amis, et qui s’apprêtait à accompagner mes petites Québécoises dans les prochaines années. Si l’émission se poursuit, elles feront directement partie de la nouvelle génération Passe-Partout, une belle forme de ralliement.

En janvier dernier, j’ai donc téléchargé l’application de Télé-Québec, j’ai lancé le premier épisode et… je suis allée me servir un verre de vin. Je n’étais clairement pas assez alcoolisée pour apprécier le concept. L’épisode s’ouvrait sur la marionnette Cannelle, la fille de la famille, et si mes souvenirs sont bons elle parlait à son phoque en peluche. J’étais tassée au fond de mon sofa, roulant des yeux. Je pense que je manque de sensibilité à l’égard des marionnettes.

Mais vous savez qui a directement accroché à l’émission? Mes filles. Tandis que je regardais d’un œil torve, B. a levé la main pour répondre à une question posée face caméra par Passe-Partout. Je me suis rassise plus droite. Passe-Montagne et Passe-Carreau ont proposé une série de mouvements pour se défouler. Tempête s’est levée d’un bond et j’ai repris une gorgée. Les protagonistes ont entamé une chanson. Et les filles ont repris en chœur tandis que je murmurais l’air entêtant. Et puis un enfant – un vrai enfant – est apparu sur l’écran. «C’est un ami de ma classe», a crié B. J’ai laissé échapper un sourire.

La vérité, c’est que je n’irais pas me farcir Passe-Partout en proie à une vaine solitude. Mais comme parent… bon sang que c’est sain. Ça fait tellement du bien, de voir une émission proposée aux enfants qui soit aussi saine. Qui montre aux enfants comment exprimer leurs sentiments. Qui leur apprend le nom des oiseaux et le cycle des saisons. Qui soit aussi interactive, les enjoignant à chanter, à s’exprimer et à bouger.

Pour vous donner un exemple, la photo d’illustration montre l’épisode que les filles ont regardé ce matin, tandis que je finissais de me préparer. À l’image – petite et flou, j’en conviens – Passe-Montagne et Passe-Carreau, qui rencontrent le chien de Fardoche. Passe-Montagne a peur des chiens. Passe-Carreau, qui est le personnage énergique et «physique» (au sens d’exercices physiques) de l’émission, lui répond : «Tu sais, il y a une façon d’aborder les chiens si tu en croises un. Déjà, tu commences toujours par demander au maître du chien si son animal est gentil et si tu peux le caresser. Ensuite…»

Vous voyez l’idée? Vous croyez que ça n’a pas d’impact? Détrompez-vous! Au premier chien que nous avons croisé, Tempête s’est précipitée, et B. est intervenue : «Souviens-toi, tu dois d’abord demander…»

Je vous encourage à découvrir l’émission, juste pour le fun, juste pour voir. Avec votre âme de parent, en laissant le sarcasme au vestiaire. Parce que oui, la première fois que Passe-Montagne a raconté une histoire courte en s’appuyant sur des illustrations au mur, puis qu’il a ensuite repris l’histoire une nouvelle fois depuis le début, j’ai cru faire une crise d’apoplexie. Et puis il a dit «mmmh rappelez-moi, il se passait quoi, à ce moment-là, déjà?» et mes filles ont répondu en criant et riant, ravies d’avoir tout retenu. J’ai su à cet instant que le plaisir du divertissement me resterait inaccessible. Me reste donc celui de bouquiner en toute tranquillité pendant 23 minutes en sachant mes enfants absorbés par une émission de valeur.

Et ça, je vote pour.

-Lexie Swing-

Pour découvrir l’émission, rendez-vous sur Coucou Télé Québec.

Crédit photo : Lexie Swing

C’était journée tempête

Les commissions scolaires n’ont pas pris de risque. 30 cm de neige annoncés dans la nuit : la fermeture des écoles a été anticipée dès la veille au soir. Rapidement, les garderies ont suivi. Le personnel plus que restreint – les éducatrices sont souvent des mamans d’écoliers également – rendait l’ouverture impossible. Le train passait, ou peut-être pas. Les bus seraient ralentis, visibilité réduite oblige.

C’était journée tempête. On avait tous anticipé le chaos à venir. Pas de lunchs prêts, pas de devoirs faits, pas d’habits préparés. A peine une recette de pancakes au yogourt sortie sur le comptoir. Et un accès travail à distance demandé pour la cause. A 6h du matin, le potager avait disparu, ainsi que l’allée, une partie des escaliers et l’arbuste au fond de la cour. La neige était au rendez-vous.

On a ouvert nos ordinateurs, mélangé la pâte des pancakes et fait chauffer le café. Alors que l’ancienne génération s’émouvait sur les ondes que « de (notre) temps, on allait à l’école quand même », une commentatrice a fait remarquer : « pourquoi voulons-nous à tout prix braver les éléments ? Pourquoi prendre des risques ? Nous sommes au Québec, adaptons-nous à notre nordicité ». J’ai trouvé ça juste et vrai. Pourquoi lutter ?

Nous avons fait comme nos enfants, excités comme des puces de passer un mercredi en pyjama en regardant la neige tomber – le mercredi n’est jamais un jour off pour les écoliers ici. Nous avons accepté la lenteur du jour et le travail entrecoupé de constructions de legos, et de découpage de sablés.

Il a fallu pousser la voiture prise dans la neige haute, juste à temps pour voir arriver notre service de déneigement privé, venue refaire une petite tournée. Sortir n’est jamais une bonne idée en ces jours enneigés.

Car c’est aussi ça, le Québec. Des journées tempête et de la neige à foison. Légèrement hors du temps.

-Lexie Swing-

Dans mes bottes d’hiver

On lit beaucoup de choses quand on immigre au Canada. On apprend l’été indien, on s’interroge devant les expressions, on s’impatiente devant l’incroyable nature. On ne sait pas vraiment, en revanche, le quotidien. Ça ne peut pas vraiment se raconter, le quotidien, ça ne peut pas vraiment se décrire. Surtout le quotidien d’hiver. Cette saison qui commence parfois dès novembre et s’attarde jusqu’en avril. Ces mois passés bottes de neige aux pieds et manteau de ski long sur le dos. Six mois durant, la masse est faite de silhouettes vaguement informes, épaissement vêtues et coiffées de bonnets sombres. Au diable l’accoutrement, le but est de survivre face à un ressenti -30 au petit matin sur le quai d’une gare de banlieue. Un quai de plein pied, ouvert aux quatre vents, parfaitement bucolique, cruellement froid. 

6 mois où la neige ne quitte plus le jardin, où l’herbe s’endort sous son chaud manteau. 6 mois où l’on paie le déneigement après avoir difficilement tenté de le faire soi-même et avoir renoncé à la 18ème tempête de neige de janvier, quand il n’est plus possible  de dépasser l’entrée du garage parce que la neige s’en vient jusqu’à la taille. 

Des semaines à patiner sur le lac, à descendre les cotes des parcs en luge, ou même l’allée du garage ! Des week-ends à sortir les raquettes, les fatbikes et les skis. Une vie à mi-chemin entre la ville où nous travaillons et les pistes de ski du mont qui surplombe la maison. 

Le matin, droite dans mes bottes, et frissonnant dans mes collants, je ferme les yeux. La lumière, cette  luminosité incroyable propre au grand froid, baigne nos visages endormis. Sur le quai de la gare, luttant contre le vent, je fais des ronds blancs de froid dans l’air qui se blanchit. Respirer chaque seconde, pour ne jamais oublier sa chance de se trouver ici. Il faut la mesurer, sa chance. Elle nous tiendra chaud cette semaine : les -20 s’annoncent déjà. 

-Lexie Swing-

La ferme Guyon et le Garde-Manger de François

L’absence d’articles ne reflètent pas l’absence d’aventures, bien au contraire. Mais si peu de moments figés sur écran pour tant d’instants vécus … La vie s’est faite pleine, tellement pleine, mon amoureux devant filer soudainement pour la France, croisant sa maman à l’aéroport de Lyon, en partance pour Montréal. Les allers-retours à Dorval, pour déposer les uns et récupérer les autres, le désormais habituel trajet école – garderie – train, et puis train – garderie – école. Le karaté que l’une ne fait plus, faute de fatigue écolière et de piscine le samedi. Le karaté que l’autre fait toujours, et nos moments désormais en tête-à-tête, juste avant le cours qui est désormais le sien.

Et puis les aventures du week-end donc, qui nous ont conduit à Chambly samedi, à la Ferme Guyon.

Le programme était simple : ferme pédagogique, papillons en liberté et marché couvert avec des produits locaux et bios, entre autres.

Nous sommes arrivés peu de temps après l’ouverture et avons ainsi bénéficié du privilège de ceux qui se lèvent tôt – aka les parents de jeunes enfants : une ferme presque vide de monde.

A l’intérieur de la ferme pédagogique, nous avons déambulé au milieu des stalles, caressant les deux chèvres laissées en liberté, recevant les explications de l’une des soignantes, qui tenait dans ses bras une poule qu’elle flattait comme un petit chien. Nous sommes entrés dans l’espace réservé aux lapins, à quelques canards et poules. Et nous avons observé les canetons jusqu’à ce que Tempête obtienne le privilège d’en tenir un. Un bébé dans les mains d’un bébé…

Comme nous étions peu nombreux, les filles ont pu nourrir les cochons de morceaux de tomates maladroitement jetés dans la souillure – ils ne leur en ont pas tenu rigueur !

Elles ont été aussi aux premières loges pour découvrir les poussins nouveaux-nés serrés sous leurs lampes chauffantes ou pour flatter les moutons, bêlant en ligne pour attirer leur attention.

La visite terminée, et après un détour par la ruche (à mon corps défendant), nous avons marché jusqu’à la serre abritant les papillons. Ils voletaient, magnifiques, dans une serre bien chauffée. Il n’y avait que nous cinq et des dizaines de papillons se perchant sur nos tuques d’automne et nos sacs à dos. Une belle découverte à peine altérée par les cris d’orfraie poussée par ma petite dernière, peur des insectes oblige.

Un détour par le marché couvert, écourté par l’impatience enfantine à l’approche du repas, mais définitivement à redécouvrir : envoyant les enfants à la voiture avec leur père et grand-mère, j’ai bénéficié de quelques minutes pour acheter plusieurs fromages, des œufs frais et un yaourt de ferme…

Nous avons choisi de nous arrêter à la boulangerie le Garde-Manger de François pour le lunch. Une boulangerie installée depuis plus d’un siècle, et qui recèle de trésors, à l’image de son pain curry-noix-érable, que nous dénichons habituellement au marché de Longueuil. Point de photos ici, tout a été dévoré bien trop vite, mais les options végétariennes ne manquaient pas, comme mon sandwich aux légumes grillés agrémenté d’une mayonnaise épicée, ou le sandwich au pâté de lentilles de mon conjoint, qui ressemblait à s’y méprendre à des rillettes. Une superbe adresse !

Tarifs de la ferme : 12 dollars duo adulte (ferme + papillonnerie) et 6 dollars le duo enfant (gratuit pour les 3 ans et moins.

-Lexie Swing-

Road-trip en famille au Nouveau Brunswick

Ces dernières semaines, c’était silence radio. Et pour cause! Nous nous trouvions loin de notre « ici », à un souffle de l’océan. Depuis que je suis arrivée au Canada il y a – bientôt – 5 ans, j’ai toujours voulu explorer ces provinces que l’on appelle Les Maritimes. Nous souhaitions un lieu accessible facilement en voiture, avec un maximum de deux jours de voyage. Le Nouveau-Brunswick s’est imposé de lui-même, après avoir parcouru quelques articles, notamment celui du BestJobersblog et celui de la très regrettée Julie de Carnets de Traverse.

A mon tour, alors, de vous conter ces lieux qui nous ont enchantés. De Edmunston à Saint-John, de Saint-John à Shédiac, de Shédiac à Kouchibouguac, nous avons parcouru la moitié sud de cette province, je crois, assez méconnue, où l’on parle français avec un accent différent de tout ce que l’on a pu entendre auparavant. Les paysages y sont spectaculaires, les routes vallonnées, la nature est partout et l’océan est à portée de cils. C’est un royaume majestueux pour qui apprécie les grands espaces et les sports d’extérieurs.

Coucher de soleil

Mais reprenons au commencement: ce voyage était mon bébé. Pour des raisons de calendrier surchargé du côté de mon amoureux, je l’ai organisé majoritairement seule. Nous nous étions cependant accordés sur les détails pratiques. Forts de notre premier road-trip en famille, nous avions quelques impératifs : pas plus de dix heures de voyage pour se rendre sur place, pas de location pour une seule nuit (sauf pour couper le trajet) et une alternance entre les visites et les moments de jeux/ de balade. Aidée des blogs susmentionnés et de discussions sur la page Facebook « Voyager en famille », j’ai élaboré un trajet qui me paraissait adapté. Un peu plus de 5h de route pour se rendre à Edmunston, puis 3h40 de route pour se rendre à Saint-John où nous passions trois nuits. De Saint-John, nous avons ensuite rejoint Cap-Pelé, proche de Shédiac, sur la côte Atlantique, où nous avons logé durant quatre nuits dans une maisonnette avec accès privé à la plage. Notre dernière étape nous a conduit à Saint-Louis-de-Kent, aux abords du parc Kouchibouguac, pour deux nouvelles nuits. Au retour, nous nous sommes arrêtés une nouvelle fois à Edmunston (même hôtel!) et puis nous sommes rentrés.

Pour chaque étape, j’avais préparé une liste d’activités possibles et une proposition d’agenda. A mes filles, j’avais remis un petit document créé par mes soins avec les différentes étapes et des photos, à la fois des lieux où nous résidions et des choses que nous allions peut-être voir. Une idée en passant qui s’est trouvée être un incontournable à chaque nouvelle étape, B. se référant aux photos pendant que sa cadette apprenait par coeur le nom du prochain lieu tout en proclamant « Mais je croyais qu’on allait chez John! », et puis « C’est qui John? ». Par ailleurs, passer quelques jours au bord de la plage était aussi leur choix, un choix que je leur avais laissé faire en leur proposant de passer quelques jours à Moncton (la plus grande ville du NB) ou de passer quelques jours à la plage. Elles ont opté avec joie pour la plage et n’ont eu de cesse de s’y rendre tout le long des vacances.

Plage Nouveau Brunswick

Il faut que je vous raconte, le probable et le surréel. Le carré aux dattes sucré-salé croqué à Edmunston, l’arrêt à Frédéricton, Saint-Andrews et l’amoureux qui ne voulait plus partir, le type saoul qui a frappé à notre porte à 6h du matin pour qu’on lui prête un téléphone, l’entrée que l’on veut payer au parc de Fundy et les insectes fous qui envahissent d’un coup l’habitacle, provoquant une hystérie collective. L’espèce de minibus qui nous a emmené en 5 minutes à la porte des Hopewell Rocks et a fait notre journée, la voiture qui flambe dans Moncton et nos fenêtres qui surchauffent alors que nous la contournons, l’océan qui nous happe et le temps qui s’arrête, les filles qui dansent lors d’un souper-concert, la salle de jeux qui sauve notre après-midi pluvieuse, le temps qui s’arrête encore une fois, à Kouchibouguac, et le chaton qui danse dans l’herbe haute.

Si la vie est un voyage, alors les road-trips en famille sont probablement cette sortie en kayak sur le fleuve. Tantôt tumultueux, tantôt apaisés, toujours fascinant. Ce sont des voyages qui rapprochent, qui font grandir. On découvre un peu plus l’autre, un peu plus ses enfants. On se découvre un peu plus soi-même également.

Et à les observer, couchées ce soir dans le même lit au sous-sol pour cause de canicule, ou jouant en se tenant la main dans les jeux d’eaux cet après-midi, je crois avoir trouvé la réponse à ma question : « Comment leur apprendre à être des soeurs qui s’aiment?« . En vivant des aventures, probablement.

De Saint-Bruno à Saint-John

Au matin du jour 1, je suis bien occupée. Le chien a rejoint la veille sa demeure de vacances, et je m’active désormais pour plier les dernières affaires et faire du ménage. Alors que j’espère faire profiter les filles de quelques jeux en extérieur avant les nombreuses heures de voiture, une pluie torrentielle s’abat. La détente en extérieur se transforme en gym intérieur et je charge le coffre la voiture enfoncée à mi-chemin dans le garage. Finalement, nous sommes prêtes à partir! Les filles découvrent leur sac de voyage, contenant jeux de voiture, carnet de coloriage et de devinettes, photos du voyage et … un sac de bonbons chacune. Miss Swing a l’esprit pratique et me serine « tu aurais pu te contenter du sac de bonbons finalement, c’est ce qu’on aime le plus ». Je souris (jaune) et prends la direction de Longueuil pour récupérer mon partenaire (de vie et de voyage) qui revient d’un examen. Il monte en voiture, la pluie se dissipe, les vacances peuvent commencer!

A mi-parcours, la pluie se réinvite, et nous parcourons 250 km sous le déluge, une habitude dans nos voyages. Après un arrêt à Rivière-du-Loup, un souper au restaurant et nos mines béates devant le superbe coucher de soleil sur le Saint-Laurent, nous reprenons la route en direction d’Edmunston. J’y ai réservé le Four Points, via Hotwire. Le personnel est accueillant, les lits sont confortables et les filles s’endorment pour leur première nuit dans un lit commun. Au réveil, nous grignotons des barres de céréales et filons essayer la piscine. Nous avons au passage changé d’heure, à ma grande surprise (+1h). A 11h, nous prenons enfin la route, passons acheter cafés et carrés aux dattes (à tomber!), et des sandwichs aux oeufs pour le lunch. Notre tentative de repas dans la voiture se solde par notre premier (et dernier heureusement) vomi du voyage, Tempête engouffrant la nourriture comme un chiot ses premières croquettes. Il est 16h lorsque nous arrivons dans la capitale du Nouveau-Brunswick, Fredericton. Les rues Queen et King – deux appellations qui seront présentes dans la plupart des villes – semblent les principales. Aussitôt stationnés, nous lorgnons du côté des boutiques qui ont le charme des petits magasins indépendants. Un magasin de musiques, une vitrine pleine de jolies robes, des jouets attirants qui débordent des étals, une boutique de santé bio, des meubles de décoration scandinave… Je sais à peine où donner de la tête. Après un tour sur le pont pour cyclistes qui enjambe le fleuve Saint-Jean, nous nous promenons du côté des ateliers d’artistes ouverts sur la rue. Nos ventres sont vides et nos enfants affamés, il est temps pour nous de s’arrêter dans un restaurant végé / galerie qui partage l’espace avec une cidrerie. Lorsque nous arrivons à Saint-John, après une heure de route, il fait nuit. Le GPS nous mène au bord de l’autoroute, dans un quartier délabré, devant une bicoque posée au bout d’un grand stationnement. La surprise est grande et l’inquiétude plus encore. Au volant, Mr Swing ne s’arrête pas. Après quelques respirations et une relecture de l’annonce Air BnB, nous faisons demi-tour et retournons nous garer devant la petite maison du bord de l’autoroute. La porte poussée, nous entrons dans le lieu promis : confortable, bien pensé et plein de petites attentions laissées par la propriétaire. N’eut été le quartier – c’est dans cet appartement qu’un type saoul a débarqué dès potron-minet pour réclamer un téléphone – l’appartement aurait mérité 5 belles étoiles.

Saint-John

Ville Nouveau Brunswick

Nous sommes restés 3 nuits à Saint-John. La première journée sur place a été dévolue à l’ouest, à savoir Saint-Andrews. Ville au bord de l’eau, Saint-Andrews est une véritable carte postale de vacances. Après un tour sur le ponton, nous avons rejoint un phare aperçu au loin. Surpris par la marée, nous avons dû rapidement plié bagages, sous les cris ravis des filles qui découvraient leurs premiers coquillages. Après le goûter, et une heure de jeux au parc proche de l’école (les jeux sont un indispensable, je trouve, lorsqu’on voyage avec des jeunes enfants) nous avons roulé plus loin, jusqu’à Saint-Stephen, réputée être la capitale du chocolat. Ville sans beaucoup de charme à mon goût, sinon celui d’être une porte sur les Etats-Unis (littéralement, nous sommes passés à quelques mètres du poste frontière), Saint-Stephen nous a laissés indifférents et c’est sans tarder que nous avons rejoint nos pénates à Saint-John.

La deuxième journée sur place a été consacrée à l’Irving Nature Park. Le pique-nique dans les sacs à dos, nous avons commencé l’ascension du chemin Ecureuil, le chemin familial. Aux alentours de midi, avisant une table à l’ombre, nous avons sorti le pique-nique et … fait face à un écureuil un peu trop volontaire. Devant la tournure prise par les événements – nos tentatives désespérées pour l’éloigner, ses cris perçants et son galop rageur sur la tôle au dessus de la table – nous avons pris la poudre d’escampette et terminé notre repas plus loin! Le Irving Nature Parc est sublime, et les différents chemins permettent des balades tout autant en sentier que sur des routes goudronnées plus larges qui seront adaptées aux vélos et aux petites jambes qui maitrisent mal le passage des grosses racines. Après l’effort, le réconfort : en contrebas, la plage nous attendait!

Fin de journée à Saint-John. Un goûter pris d’abord dans un délicieux café indépendant, puis une balade dans les rues avant un passage aux jeux (nouvelle édition!). Saint-John a un charme très à l’européenne avec de belles maisons victoriennes qui rappellent certaines de nos balades dans Londres.

Le troisième jour dans le Sud fut celui du départ. Prenant la direction de l’Est, cette fois-ci, nous avons conduit jusqu’au Parc Littoral de la Baie de Fundy. Alors que mon amoureux baisse sa vitre pour payer l’entrée, les moustiques et autres insectes volants entrent en grande pompe dans la voiture, provoquant des cris perçants (les miens, j’haïs les insectes!). Nous renonçons finalement à une balade en forêt pour privilégier un pique-nique avec vue sur le littoral…

Vue sur Alma

Passage par Alma (RAS), puis nous arrivons à hauteur des Hopewell Rocks vers 15h. Le plan initial était d’y revenir en faisant la route depuis Shediac mais nous décidons finalement d’y aller en passant. Une excellente décision, qui nous vaut de découvrir l’endroit avec peu de monde, considérant l’heure un peu avancée. Pour le grand plaisir des filles, nous achetons des jetons pour prendre le minibus, une sorte d’automobile à 8 places entièrement ouverte qui dévale en tressautant les sentiers jusqu’à l’escalier qui mène aux Hopewell Rocks. Ce lieu, un incontournable du NB, est réellement surprenant. On serpente entre les rochers façonnés par l’océan, tentant d’imaginer que, quelques heures plus tard, à marée haute, le site sera recouvert d’eau. Le billet d’entrée permet d’ailleurs de revenir le lendemain. Le chemin du retour se fera au milieu des arbres, sur des sentiers parfaitement aménagés. A noter que la boutique du site est parfaitement achalandée. Si vous avez le projet de ramener des souvenirs thématiques, c’est le moment.

La route vers Shédiac se déroule sans heurts, à l’exception d’une voiture en flammes dans un quartier résidentiel que nous devrons contourner un peu trop près à mon goût. Après un arrêt au restaurant à Shédiac pour un souper-concert impromptu durant lequel les filles transforment le restaurant en une piste de danse improvisée, nous rejoignons notre nouvelle demeure : une maisonnette au bord de l’océan.

Shédiac et Moncton

Quatre jours à la plage, ce sont les filles et mon amoureux qui avaient tranché. Les deux premières journées y ont donc été consacrées, les plages des environs offrant cette particularité d’avoir pied très longtemps. Des îlots de sable se forment au gré de la marée et donnent l’impression d’avoir atteint le bout du monde. L’eau y est, dit-on, parmi les plus chaudes de la côte.

Eaux chaudes du Nouveau Brunswick

Au matin du troisième jour sur place, il a fallu se rendre à l’évidence, la météo avait vu juste. Réveillés par et sous le déluge, nous avons pris la décision de nous rendre à Moncton en espérant que la ville nous permettrait quelques visites. Rappelés à l’ordre par le besoin de sieste de la plus petite, nous avons finalement repris la route jusqu’à la ville à majorité francophone de Dieppe où nous avons échoué sur un stationnement… pour une sieste collective bien méritée! La pluie ne faiblissant pas mais les enfants ayant retrouvé leur pleine énergie, nous avons eu la chance de tomber sur une salle de jeux intérieure plus que digne de mention : Hop! Skip! Jump!, une enseigne présente au NB et en Nouvelle-Ecosse. L’espace est parfaitement pensé, avec une partie réservée aux plus petits vraiment riche en jeux et ateliers (dont une glissade réservée, ce qui n’est pas si courant!) et une partie pour les plus grands suffisamment sécuritaire pour laisser des plus petits s’y aventurer.

Coucher de soleil Nouveau Brunswick

D’autres activités étaient prévues, telle que la place Resurgo et les marchés du samedi matin à Moncton et à Dieppe mais nous avons préféré profiter de la plage et se relaxer. Un minimum pour des vacances non? Le lendemain matin, avant de repartir, nous avons fait un détour par l’Ecomusée dédié au homard dont les explications très précises et la rencontre avec le homard bleu a fait passer l’envie à mes amoureux des produits de la mer d’en déguster pendant les jours qui ont suivi!

Parc National de Kouchibouguac

Pas de surprise pour la location : nous avons eu le coup de coeur pour L’Ancrage, cette même place testée par Julie et les BestJobers. Ils n’avaient déjà plus de chambres disponibles pour nous, mais nous ont proposé un cottage qui était juste parfait pour nous quatre. Depuis le lit de la chambre je voyais le canapé du salon, la cuisine était grande et parfaitement équipée, les enfants pouvaient jouer sans fin dans l’immense espace herbeux devant les cottages, et je me souviens m’être dit que je pourrais probablement rester là pour l’éternité.

Dès la première soirée, nous avons traversé les longs ponts suspendus du Parc National de Kouchibouguac pour rejoindre la plage Kelly, la plus connue du parc, où les eaux sont chaudes (pour le lieu). Le lendemain, point de répit pour les braves! Mon amoureux est parti à la fraîche essayer le « fatbike », ce vélo à grosses roues roi des sentiers. Une heure et demi de plaisir au milieu de la forêt, à passer dans des sentiers étroits et des passerelles au-dessus de l’eau, croisant les doigts pour ne pas croiser d’ours!

Dès son retour, nous avons repris le chemin du parc pour tester la balade familiale proche de la plage des Callenders. Un trente minutes à grands pas au milieu des moustiques, suffisantes pour tester le parc sans finir piquer de la tête aux pieds! Puis direction la plage des Callenders, au bord de la lagune, où la faible profondeur de l’eau a permis de nombreux jeux!

Parc National de Kouchibouguac

Une nuit et c’était déjà la fin du voyage. Nous avons repris la route d’Edmunston, puis celle de Saint-Bruno, le lendemain matin. Sur la route, un arrêt parfait à Beaumont, proche de Lévis, où des tables de pique-nique côtoient des jeux pour enfants de toute sorte. De quoi se défouler sur le retour d’un long voyage en voiture…

-Lexie Swing-

Crédit photos : Lexie Swing

Sandbanks et le comté du Prince Edouard

L’été dernier, à la faveur d’un week-end prolongé, nous avons volé quelques jours au bonheur et mis le cap vers l’Ouest, direction Sandbanks et le Prince Edward County. Sea, wine and sun. C’était tellement magique que quelques rayons de soleil et la brise de la fin d’après-midi suffisent à m’y replonger, l’espace d’un instant. J’ai tout aimé : les maisons, la luminosité, les champs de vignes, la douceur de vivre, l’urgence de profiter des Ontariens venus en gang chiller sur un coin de plage, les sentiers parfois impraticables, l’impression d’avoir découvert un secret jalousement gardé.

Vous voulez passer de beaux moments? Prenez la route pour Sandbanks! Il y a tellement de belles choses qui vous attendent…

Nous sommes partis trois jours et demi. La première étape a consisté à rouler jusqu’à Kingston, où nous avons dormi dans un hôtel non digne de mention. L’aventure commence au matin de cette nuit-là.

Jour 1 – De Kingston à Picton (et plus si affinités)

Nous devions originellement rejoindre Belleville, au nord du comté, où nous avions réservé un appartement. Mais de Kingston à Belleville, c’est de l’autoroute, de l’asphalte et des kilomètres avalés sans se retourner. A l’approche d’Odessa, alors que nous roulions sur la 401, nous avons brusquement opté pour les chemins de traverse. Tournant plein sud, nous avons cheminé jusqu’à rejoindre la 33, route du littoral. De là, nous avons côtoyé le lac Ontario jusqu’à ce que la route s’arrête abruptement à Adolphustown. Devant nous, une dizaine de voitures sagement arrêtées. Et puis l’eau, scintillante dans la lumière du matin. A peine le temps de se quereller pour savoir qui s’était trompé de route que le traversier arrivait, glissant silencieusement sur l’eau du lac. Quelques minutes plus tard, nous débarquions de l’autre côté, et après une pause pipi – toute cette eau avait affolé les mini vessies – nous avons roulé jusqu’à Picton.

Picton restera pour moi une grande rue – faute d’avoir eu le temps d’en voir plus. Une grande rue ceinte de boutiques engageantes et de petits cafés. A l’approche de midi, les estomacs criaient famine, nous avons poussé la porte d’un restaurant-café que je vous recommande chaudement : le « Bean Café », tout à la fois un choix savoureux, et judicieux pour nos papilles végétariennes.

Après avoir visité quelques boutiques, nous avons repris la route pour Belleville où nos amis étaient déjà arrivés. La journée s’est terminée sur les courses habituelles de début de week-end et sur une sortie au parc de jeux tout proche : le parc East Zwick’s Centennial Park. L’horizon est gris mais la richesse et la diversité des jeux valent à elles seules le détour. Je suis persuadée que si la nuit et la pluie n’avaient pas menacé tomber, nos filles – nous n’avions que des fillettes à bord de cette aventure – y seraient encore.

Jour 2 – Wellington, pique-nique chic et plage de galets

Un détour au Café-Vélo Brake Room, à Belleville, a permis aux gars de ramener les nécessaires cafés, avant de prendre la route, direction Wellington, et son marché du samedi matin. Disséminés autour de la grand’rue du village et de l’église, les étals offrent produits régionaux et artisanat local. Les gâteaux y sont délicieux, le miel a le goût des vacances et la vue du lac en contrebas offre cette sérénité propre aux congés estivaux. Jouxtant le marché, un beau et grand parc de jeux permet aux enfants de lâcher leur fou.

Un appel plus tard, nous avons repris les voitures pour nous rendre dans un vignoble, repéré quelque temps avant et mille fois savouré des yeux : « The Grange of Prince Edward County ». Le chemin est ponctué de vignobles mais un seul a retenu notre attention et l’on s’y rend tout doucement, en roulant avec précaution sur l’allée caillouteuse. La porte du grand bâtiment poussée, on se dirige vers le bar central où nous récupérons notre repas du jour, un pique-nique chic avec vins, fromages, amuse-bouches et petits desserts. Nous ressortons pour accaparer une table de pique-nique nichée dans les hauteurs du stationnement. Le pique-nique est déballé, le vin débouché. Midi est l’heure du plaisir. Les gamines boulottent les miettes de fromage et mangent en dansant dans l’herbe. Les vacances ont le goût du pain frais, et les vignes luisent sous le soleil. La vie s’illumine sous ces instants parfaits, qui me bercent encore aujourd’hui.

Les derniers morceaux digérés et le vin bu jusqu’à la dernière goutte, nous remontons en voiture avec l’idée de rouler suffisamment longtemps pour offrir aux plus petites un repos nécessaire. Nous prenons la direction du sud, vers Sandbanks. Nous aimerions marcher près de l’eau, nous hésitons, descendons explorer, évitons un putois et tombons nez à nez avec un cul-de-sac en forme de vue magnifique. Nous rebroussons chemin, coupons par un sentier. La carte n’indique pas à quel point la route est chaotique et nous retenons tous un peu notre souffle. Un dernier virage à droite et nous replongeons vers le littoral. Une flèche bien cachée indique une balade. Ce qui nous accueille, au terme de notre procession, est à couper le souffle. L’eau scintille au point du jour, et les galets douloureux sous les pieds ont dû décourager bien des chalands. Nous trouvons un espace pour nous et profitons de cette vue imprenable et de ce temps suspendu que nous offre la « Little Bluff Conservation Area », avant que l’heure ne s’en mêle et que nous remettions le cap vers Belleville.

Jour 3 – Plage Outlet de Sandbanks (et retour)

Nous avons terminé ce week-end par l’un des principaux attraits touristiques de Sandbanks : ces plages de sable. Après avoir dû s’arrêter acheter des serviettes – nos sorties à la plage sont plutôt rares de ce côté-ci du monde – nous avons pénétré dans le domaine payant du Sandbanks Provincial Park, direction la plage Outlet. Les touristes y sont fortement présents en ce dimanche d’août fort ensoleillé mais nous trouvons un espace suffisant pour nous installer. Les baigneurs y sont présents par famille entière – des dizaines de personnes parfois. Certains ont amené musique et barbecue, et les groupes se mêlent avec cette facilité qui m’émeut toujours un peu au Canada. L’heure du repas est ponctuée des cris des mouettes, très peu farouches, et de ceux, tout aussi perçants, des vacanciers dont elles tentent de voler le dîner.

Après quelques jeux dans le sable, et quelques sauts dans les vagues, nous plions bagages. Les enfants ont plus de regrets que nous, mais l’endroit restera une découverte à faire.

Nous reprenons la route du retour avec deux enfants qui hurleront de concert pendant plus des deux tiers du trajet. La beauté du week-end restera intacte; les cris – eux – s’affaisseront dans les dernières lueurs du jour.

-Lexie Swing-

Crédit photos : B. Schmautz et Lexie Swing

Les belles adresses de Saint-Jean-sur-Richelieu

Hier, nous avons passé une partie de la journée à Saint-Jean (aux musettes – j’aurais toujours cette phrase dans la tête). Saint-Jean-sur-Richelieu, capitale des Montgolfières au détour du mois d’août, a un secret bien gardé : des petites boutiques, créées par des entrepreneurs locaux. Des magasins qui ponctuent la balade, des restaurants et cafés qui permettent une pause méritée certes, mais surtout savoureuses.C’est pour deux de ces initiatives que j’avais envie de venir hier à Saint-Jean-sur-Richelieu. Un article listant quelques bonnes adresses pour enfants sur la Rive-Sud m’avait permis de découvrir en photos l’une des plus belles boutiques pour enfants du coin. Lors des vacances de Noël, j’avais même enfin mis les pieds dans la ville pour découvrir les plaisirs de Machin Chouette, une salle de jeux locale absolument géniale installée dans la zone attenante au centre-ville. Il fallait que je revienne, j’avais vu bien trop de boutiques alléchantes.  Pour bien commencer notre visite, nous avons d’abord cherché un joli endroit pour se sustenter. Toute bonne exploration commence par un remplissage de ventre, n’est-ce  pas? En retrait par rapport à la rue, nous avons suivi un panneau inspirant et poussé la porte de MJ et Cie, un joli café-salon de thé. La vitrine de desserts nous a accueillis – un excellent moyen de retenir les corps affamés. La salle, petite, était à elle seule une invitation : des banquettes remplis de coussins, des tables en bois, des petits objets faits mains à vendre ici et là, et de jolis cadres au mur.La grande ardoise, au dessus du comptoir, regorge de plats appétissants, tant pour les convives qui aiment les recettes carnées que pour les végés et véganes. Notre table en sera un bel exemple : un sandwich brie-poulet-oignons caramélisés-mayonnaise corsée, un autre dinde-chutney de mangues-chèvre, et même un jambon-fromage-mayonnaise-salade, gentiment coupé en deux et réparti dans deux assiettes, pour mes filles. Pour mon amoureux et moi, les plats véganes ont eu notre préférence avec un sandwich aux légumes grillés et « parmesan » (levure alimentaire) absolument savoureux (pour moi) et un cari de légumes bien relevé (pour lui). A noter que tout est fait maison, et ça se sent! On y mange comme chez cette amie qui connaît les accords parfaits et les recettes les plus savoureuses. La façon de s’adresser à nous, chaleureuse et arrangeante, en est d’ailleurs un autre exemple. Les produits y sont beaux, généreux. On en redemanderait bien, mais les desserts nous font de l’oeil.Malgré nos ventres déjà bien remplis, nous avons donc fini sur une note sucrée. Je réalise en l’écrivant que chacun y est allé avec sa préférence et que nous avons encore une fois réussi à tester à nous tous la moitié des mets proposés. Gâteau au fromage, verrine chocolat-caramel salé ou red velvet, biscuit graines de courge et chocolat, et des macarons pour mes filles, qui choisissent en toutes circonstances ces douceurs très sucrées et très colorées qui tiennent facilement dans le creux de leurs mains.Ainsi repus, nous avons pu traverser à pied le chemin de fer – j’adore! – et descendre jusqu’à l’une des grandes rues du Vieux Saint-Jean. J’avais une destination en tête : Le Petit Cocon, le magasin de livres et jouets que j’avais admiré depuis l’extérieur. Une chose est certaine : l’intérieur est encore mille fois supérieur à ce que j’avais imaginé. L’endroit est rempli d’objets et accessoires pour les tout-petits, de jeux pour tous les âges et de livres superbes. Il est de ces magasins où vous vous arrêtez à chaque pas en soupirant « j’aimerais acheter ça, et ça aussi! ».Notre choix s’est finalement porté vers un objet en bois créé par la marque local Castor et compagnie. Sur la planche en bois, des petites plaques à choisir parmi celles proposées en magasin avec les tâches que vous souhaitez voir votre enfant accomplir au quotidien. A côté, un petit personnage qui se promène entre les cases « A faire » et « Fait ». Conseillé dès 5 ans, il a déjà trouvé son public auprès de B. mais aussi de sa petite soeur, qui se fie aux dessins pour savoir quoi faire. Autre achat, un de ces animaux bondissants que Tempête a pu chevaucher dans le magasin et qu’elle demande depuis longtemps.

Nous reviendrons. Pour la déco – avez-vous déjà vu les adorables veilleuses de A little lovely company? – pour les jouets (comme le Toy Van, que j’adore) – pour les boites à lunchs, vu que la maternelle se profile pour nous. Et puis pour les livres surtout, soigneusement rangés devant le mur de briques. De ces murs que vous rêveriez d’avoir chez vous.

Et c’est un peu comme ça qu’on se sent ici, chez nous. Que ce soit chez MJ et Cie ou au Petit Cocon, on se sent bien, tranquille, presque en famille. La gentillesse inégalable des propriétaires et/ou employés est à elle seule une raison de revenir.

-Lexie Swing-

Plongez-vous dans les Ted Talks

Les Ted Talks ont commencé pour moi comme un «devoir» : c’était une façon intéressante d’écouter la télévision en anglais, et donc de le pratiquer. Il y a quelques mois encore, je ne connaissais pas ces mini-présentations de 15 à 20 minutes, qui abordent des sujets variés et précis dans des domaines très différents. Pour preuve, une rapide visualisation de la page d’accueil du site :

  • A one-man audio-visual musical phenomenon
  • Want to be more creative ? Go for a walk
  • How we can stop Africa’s scientific brain drain
  • How adaptive clothing empowers people with disabilities

Ça, ce sont les nouvelles mini-conférences publiées sur le site. Parmi celles qui sont les plus visionnées ces jours-ci, les conférences «trendy», nous avons plutôt :

  • How to find a wonderful idea
  • The leaders who ruined Africa, and the generation who can fix it
  • Could future devices read images from our brains?
  • Why bees are disappearing?

Cette courte liste vous donne déjà une idée de la diversité des sujets : culture, psychologie et développement personnel, géopolitique, société et diversité, environnement, sciences et technologies… Elle ne met d’ailleurs par en avant les sujets que je consulte le plus souvent, à savoir l’éducation et la pédopsychologie.

Et plus je continue à scroller, plus j’identifie des sujets que je classe dans les «à visionner». «Ce que l’on manque dans le débat au sujet de l’immigration», «Le pouvoir des personnes introverties», ou «Qui êtes-vous, vraiment? Le puzzle de la personnalité»… Je vois des interventions politiques, des conseils pour prendre soin des plantes, une chanson en hommage à cette femme qui a traversé un ouragan… Ça n’arrête jamais!

Si vous avez Netflix, les Ted Talks sont disponibles sur la même page d’accueil, lorsque vous allumez votre télévision. C’est en tout cas ici le cas en Amérique du Nord, vous me confirmerez pour ceux qui ont Netflix France ou ailleurs dans le monde. Dans tous les cas, les vidéos sont également disponibles sur Internet. Elles sont en anglais, mais sur la page internet vous pouvez afficher le texte (intégral ou sous-titrage selon le cas) de la conférence dans la langue que vous souhaitez.

Sur une autre note :

– Lundi, je serai de retour sur Instagram. Je vous expliquerai bientôt pourquoi. Rien de très fou, mais après avoir maintes fois justifié mon départ de ce réseau, il est quand même nécessaire que j’explique la raison de mon retour.

– La semaine prochaine, je publierai (enfin) un article sur «l’affaire Catherine D. et consorts», huit jours après tous les autres. Passé le choc, le déni et la violence de mes pensées, je suis désormais dans l’analyse et j’ai hâte de connaître vos opinions face à cette nouvelle controverse. On s’en reparle!

– Il fait 5 degrés et il pleut aujourd’hui. Demain il fera -5 et il neigera. Dimanche nous attendons -20 degrés. Tout va bien.

TGIF – profitez de ce deuxième week-end de janvier, 2018 est bien installé!

Lexie Swing-

Enfants : 3 activités en intérieur sur la Rive-Sud

Il faisait -10 degrés, c’était presque comme un mois d’août : on se promenait, à peine vêtus, sillonnant dans la blancheur de l’hiver, ahanant sous le poids des luges chargées de marmots. Et puis soudain, black-out, -20 degrés, ressentis -1000. On a testé quelques descentes dans l’allée du garage, après une oreille et deux orteils de perdus, il a fallu se rendre à l’évidence et les armes avec : il nous fallait des activités en intérieur.

Nous avons donc établi un programme serré pour permettre à notre petit cheval fou de se dépenser. L’occasion pour nous de découvrir de nouveaux endroits sur la Rive-Sud. Pas convaincus? Suivez la guide (moi)!

Machin Chouette, à Saint-Jean-sur-Richelieu

Saint-Jean est ma nouvelle place-I-must-visit. Elle a tapé dans mon top 3 après un tour rapide dans le vieux Saint-Jean (je cherchais le magasin pour enfants Le Petit Cocon, j’ai pu admirer ses murs de briques depuis l’extérieur mais malheureusement, considérant l’heure tardive, les portes étaient déjà fermées). Mais Saint-Jean est aussi la ville où se trouve Machin Chouette, une salle de jeu pour enfants qui tranche franchement avec les gros complexes où l’on se rend d’ordinaire. Un gros module multi-âges avec différents passages, trois glissades moyennes et une grande glissade tube; un espace 0-3 ans avec petite piscine à boules, glissade, jeux accrochés au mur, gros dada…, un(e) trampoline, et un mur d’escalade (payant). Un deuxième espace est dévolu à la pratique du hockey en salle (ç’a-tu un nom?). Un troisième est estampillé “jeux calmes”, avec dinette, cuisine, jeux de concentration, magasin… Clairement pas la tasse de thé de Tempête, qui a filé à l’anglaise rejoindre le GROS module, la GRANDE glissade, les GRANDS enfants (c’est incroyable la vitesse à laquelle court cette petite). Au milieu, plusieurs grandes tables et un espace restauration avec de vraies choses appétissantes (et du pop-corn pour Miss Swing qui considère que c’est la meilleure chose au monde) (avec les pâtes au saumon).

Pour quel tarif? 6,95 dollars de 1 à 3 ans, 11,95 dollars pour les plus de 3 ans. Les parents paient 4,95 dollars, les grands-parents ne paient pas (les veinards). On a trouvé l’espace restauration bon marché, payant moins de dix dollars pour plus de choses que notre cabaret (plateau) pouvait en contenir.

Plus d’infos? Sur le site internet de Machin Chouette


Corporation aquatique maskoutaine, à St-Hyacinthe

Oui oui vous avez bien lu, on va à la PISCINE. Range-moi ce petit air dubitatif, je sais qu’il fait -20 degrés mais l’eau, elle, est à 31 degrés! C’est Hawaï à St-Hyacinthe, avec les petits jets d’eau qui éclaboussent ton poupon rieur.

A St-Hyacinthe, il y a un grand bassin découpé en une pataugeoire pourvue de mutliples jeux (avec une progression “niveau pour bébés”, “niveau pour toddlers”) et deux glissades (le parent qui se pelait sur le bord parce que sa deux ans avait décidé que c’était tellement chouette la glissade, c’était moi) (ok, c’était Mr Swing, mais c’est parce que je suis frileuse et que j’ai dit “c’est toi qui y va” la première). Un couloir d’eau mène à une partie plus profonde et à des lignes de nage. De l’autre côté de la piscine, il y a un bassin avec des lignes de nage plus longues et des plongeoirs. Comme il y faisait 5 degrés de moins, je l’ai admiré de loin. Pour les plus grands, ou les petits pas peureux, il y a une grande glissade chronométrée avec record à battre. Pour les “sans-enfants”, il y a un aussi un bain à remous et un sauna. C’est the-place-to-be pour fatiguer ses enfants en une heure de temps. Et tes oreilles avec. Ne me remercie pas.

Pour quel tarif? L’accès sans carte Loisirs revient à 5 dollars pour les enfants de plus de 3 ans et à 7 dollars pour les adultes. Les plus de 60 ans ne paient pas, je vais finir par croire qu’on cherche à les privilégier!

Plus d’infos? Sur le site internet de la Corporation aquatique maskoutaine


iSaute, à Brossard

Je n’ai pas testé iSaute, je préfère vous l’annoncer tout de go. Cependant je sais de source sûre que c’est un chouette lieu pour les enfants qui ont besoin de se dépenser.

Il s’agit d’un grand entrepôt avec 20 000 pieds carrés de trampolines. Il y a majoritairement des trampolines classiques mais aussi un espace de basket-ball trampoline et un autre de ballon-chasseur trampoline.

Nous prévoyons y aller prochainement à un moment réservé aux tout-petits. Pour un tarif avantageux, l’espace est ainsi réservé aux 6 ans et moins les vendredis, samedis et dimanches de 9h à 10h.

Pour quel tarif? Pour la tranche horaire réservé aux 6 ans et moins, le prix est de 10 dollars pour un enfant + un adulte. Le tarif régulier est sinon de 16 dollars la première heure.

Plus d’infos? Sur le site internet de iSaute

-Lexie Swing-

Crédit photos : Lexie Swing + iSaute