Tortilla fondante

Tortilla fondante aux champignons./ Photo DR Lexie Swing

Tortilla fondante aux champignons./ Photo DR Lexie Swing

J’avais promis de travailler sur les photos. J’ai pas dit que j’allais le faire là, maintenant. Et puis vous avez déjà essayé de prendre en photo quelque chose d’aussi désespérément plat qu’une tortilla?
Sous cette platitude se cache heureusement une recette à réaliser en un claquement de doigts, parfaite pour accompagner la soupe et les giboulées de mars. On peut en faire un repas principal, accompagné d’une petite salade, ou en faire seulement une, coupée en pointes et proposée au partage familial.

La recette de base est simplissime : deux belles tortillas, de la crème épaisse (au Québec, privilégiez la crème sûre, sa légère acidité se marie à merveille avec la tortilla), du fromage râpé, de l’huile d’olive.

Une idée de préparation parmi d’autres : poulet – champignons.

Prenez une tortilla. Déposez-la à plat. Répartissez tous vos ingrédients finement émincés. Puis quelques généreuses cuillères à soupe de crème. Déposez la seconde tortilla par dessus. Versez deux cuillerées d’huile d’olive dans votre poêle, faites chauffer puis déposez votre sandwich de tortilla. Appuyez doucement pour qu’elle dore. Retournez pour faire saisir l’autre côté. Et servez.

Si vous avez été généreux en crème et fromage, le retournement de la bête ne devrait pas vous poser de problème. J’ai à peine retrouvé quelques champignons par terre, vite englouti par mon aide-cuisine-poubelle (le chien) (Dieu merci la petite ne mange pas le champignon tombé par terre).

Tentez, vous m’en donnerez des nouvelles!

-Lexie Swing-

On a adopté Culiniste

Miss Swing aux commandes./ Photo DR Lexie Swing

Miss Swing aux commandes./ Photo DR Lexie Swing

Culiniste, c’est le gars qui te prépare ton épicerie et te dit quoi en faire. En gros. Sauf qu’ils sont probablement plusieurs gars. Et filles. Et que c’est un peu plus fancy que ça.

Il y a quelques mois, mes blogs québécois préférés se relayaient pour annoncer la bonne nouvelle : une nouvelle tendance venait de voir le jour, celle de proposer à messieurs-dames tout le monde de devenir d’excellents cuisiniers d’un jour, à domicile, dans sa propre cuisine. Grâce à mon amie A., j’ai bénéficié d’une offre pour tester l’un d’entre eux : Culiniste. J’aurais pu vous en parler d’entrée de jeu. Donner ma première impression. J’ai voulu faire un peu plus que ça : vous annoncer que ça y’est, nous étions conquis! Car nous avons déjà commandé de nouveau, par deux fois. C’est une preuve non?

Comment ça marche?

Carton, ouvre toi!/ Photo DR Lexie Swing

Carton, ouvre toi!/ Photo DR Lexie Swing

Culiniste, pour notre famille, c’est trois repas pour deux-trois personnes par semaine, pour 59 dollars. La livraison se fait le mardi, directement sur notre perron. Les aliments sont emballés par recette, avec un sac particulier pour les viandes et poissons, dans un grand carton réfrigéré prévu pour conserver ainsi les produits pendant 24h. Ceci dit, avec le temps qu’il fait depuis lundi, un trou dans le jardin aurait suffi.

Chaque semaine, avant le mercredi, un choix de six recettes est proposé sur le site. Trois sont présélectionnées, en fonction du profil que vous aurez enregistré au moment de votre inscription (viande, poisson, végétarien, envie de tester des recettes exotiques, etc.). Mais vous pouvez les changer comme bon vous semble.

Attention, il faut penser à « sauter la semaine » si vous ne souhaitez pas en bénéficier, sinon vous serez prélevés et recevrez les trois repas présélectionnés.

Chacune des recettes est présentée sur une fiche de papier cartonné, avec les étapes à suivre et des photos pour les accompagner. Il n’y a plus qu’à retrousser ses manches et à s’y mettre.

Saumon grillé, nouilles ramen et soupe miso./ Photo DR Lexie Swing

Saumon grillé, nouilles ramen et soupe miso./ Photo DR Lexie Swing

Est-ce que c’est cool?

C’est awesome! Si le carton arrive suffisamment tôt le mardi, on remonte nos manches et c’est parti! Miss Swing sort méticuleusement chaque ingrédient tandis que son père et moi découpons. Elle a le droit de mélanger et d’ajouter les épices. Une vraie team!

On aime particulièrement le fait que chaque ingrédient soit dans une quantité précise, tout comme les épices ou encore les crèmes. Aucune perte! Autre point intéressant : on a pu tester quelques recettes d’ailleurs, qui nécessitent des ingrédients que l’on trouve parfois difficilement. Pas de gros sac d’épices que l’on ne réutilisera pas, pas de temps perdu à arpenter Montréal à la recherche de l’ingrédient magique : il est dans le carton, dans son mini-sac, pesé au gramme près.

Depuis qu’on utilise Culiniste, je me rends compte que notre façon de cuisinier a un peu évolué. On pense au fond de viande pour faire une sauce, on réutilise la même poêle entre nos préparations pour un même plat, on met plus d’échalotes et d’oignons, et aussi plus de moutarde. On a découvert des aliments, ou de nouvelles façons de les préparer, et on refait maintenant certaines des recettes qui nous ont vraiment plu.

Des points négatifs?

Il n’est pas noté l’origine des produits sur les contenants. Je voulais leur poser la question mais j’oublie à chaque fois. Est-ce de la viande issue de l’élevage du coin ou est-elle importée d’ailleurs? J’avoue que j’aimerais savoir. En tout cas, les produits sont frais.

Autre petit défaut : selon le secteur où l’on se trouve, le livreur (mais cela ne dépend pas de Culiniste en vérité) ne peut passer qu’en toute fin d’après-midi. Pas facile de préparer une des recettes le soir même lorsque le carton est livré à 18h30.

Le principe du site fait que, si l’on oublie de « sauter la semaine », il n’est plus possible de faire marche arrière et les recettes sont alors livrées, et notre compte débité. Parfois, cela tombe bien. D’autres fois, les recettes qui débarquent ainsi ne sont pas du tout à notre palais et tendent à nous dégoûter un peu du système (mais c’est le jeu ma pauvre Lucette!).

Dans l’ensemble, sur trois commandes, nous avons été conquis! A tester donc

-Lexie Swing-

Faire des biscuits de Noël avec ses enfants

Miss Swing aime cuisiner. Miss Swing aime Noël (mais pas le Père Noël). Il était donc certain que réaliser des biscuits de Noël était une activité qui allait la botter. Mon amie A. avait fait une petite session du genre quelques jours avant, elle m’a donc orienté vers ce site riche en gâteaux en tout genre pour trouver mon bonheur : les Gourmandes d’Isa dont j’ai tiré cette recette : les biscuits de Noël glacés au sucre.

Confection des biscuits./ Photo DR Lexie Swing

Confection des biscuits./ Photo DR Lexie Swing

Le matin, un peu avant le repas de midi, nous avons donc préparé la pâte. C’est la partie « cuisine ». J’utilise un robot, j’ai donc assis Miss Swing à côté afin que – sous ma surveillance toujours – elle verse à mesure les ingrédients préparés dans des petits bols à l’avance. Comme proposé par Isa, nous avons ensuite réfrigéré la pâte pour deux heures (4 en fait pour nous, le temps d’aller faire les courses, de dîner, de faire un temps calme) (qui n’a pas duré).

J’ai sorti la pâte du frigo un peu avant la fin dudit temps calme. Puis, le moment venu, j’ai prélevé juste un morceau. Les enfants ont le chic pour placer les empreintes de moules au beau milieu de la pâte soigneusement étalée, avec seulement un petit morceau, on évite de devoir étaler 50 fois une pâte longue d’un mètre! De plus, j’ai montré à la Miss – deux ans et demi – comment placer son morceau de pâte sur un côté du papier parchemin (cuisson), puis replier par dessus l’autre côté du papier pour passer ensuite le rouleau dessus. Nounou-la-débrouille a rapidement maîtrisé le concept, à sa grande joie! Ensemble, nous avons donc découpé nos biscuits dans des formes de sapin, anges et autres classiques du genre. Avec le recul, j’ai préféré lorsque la pâte était étalée sur une épaisseur d’1 cm (plutôt que plus fine, comme préconisé par la recette) : plus facile à manipuler pour Miss Swing, plus moelleuse à la sortie du four.

Le moment déco./ Photo DR Lexie Swing

Le moment déco./ Photo DR Lexie Swing

Sitôt découpés, sitôt enfournés (à 340°F, 11 minutes, pour nous). Une fois la première fournée refroidie, nous avons pu commencer la décoration. J’avais choisi deux options : le glaçage royal d’Isa (dans la même recette) et des petits tubes de déco pour gâteaux dénichés à l’épicerie. J’ai donc trempé mes gâteaux tandis que Miss Swing tartinait les siens de rouge, jaune, vert et bleu. Le glaçage royal apporte beaucoup de moelleux, ceux de Miss Swing étaient donc un peu secs après dégustation. A refaire, je les tremperais tous dans le glaçage royal avant de lui faire réaliser une décoration colorée avec ces petits tubes bien pratiques!

L’activité était parfaite : cuisine, découpage, gribouillage. Ma toute petite a pu s’en mettre absolument partout (elle avait même les cheveux bleus) et c’était sans danger! Les biscuits sont très bons, ils ont disparu en deux jours à peine. D’ici janvier, nous investirons dans des moules différents, histoire de recommencer souvent!

Et voilà le résultat:

Nos biscuits de Noël./ Photo DR Lexie Swing

Nos biscuits de Noël./ Photo DR Lexie Swing

-Lexie Swing-

Le goût chez l’enfant : et la diversification?

Diversification autonome./ Photo Ani-Bee

Diversification autonome./ Photo Ani-Bee

Il y autant de modèles de diversification que de cultures, de tendances ou encore de pays. Quand nous avons commencé la diversification, nous étions encore en France. C’était l’été et nous avions fait goûter à la miss ses toutes premières cuillères : des carottes en purée. Arrivés un mois et demi plus tard au Canada, nous avions quelques aliments de retard, n’en déplaise aux médecins canadiens qui recommandent les céréales en premier lieu.

Chacun fait finalement comme bon lui semble, en accord avec ses propres idées. De notre côté, nous avons choisi de :

  1. Ne pas commencer par les céréales. Les céréales sont plutôt pauvres en goût et ont souvent pour mission de rassasier les petits gloutons. A moins que la petite mandarine ne se révèle un enfant soudainement affamé, nous nous en tiendrons au « plan initial ».
  2. Commencer vers 5 mois. Selon les guides français et canadien, la diversification devrait commencer entre 4 mois révolus (l’enfant fête donc son 5e mois) et 6 mois révolus. Pour miss Swing, nous avions coupé la poire en deux. Elle n’était pas spécialement intéressée par la nourriture, mais en bons parents-pour-la-première-fois, nous avions hâte de lui faire goûter toutes sortes de légumes. Si la petite mandarine montre de l’intérêt pour la nourriture avant cela, nul doute que nous testerons quelques légumes et fruits. Après tout, c’est LE premier signe que l’enfant est prêt.
  3. Lui faire boire l’eau de cuisson des légumes. Cela peut sembler scabreux de prime abord, et pourtant. A partir du 5e mois (un mois avant de commencer la diversification donc), nous avons acheté des légumes bios que nous faisions cuire à l’eau. Avec cette eau, nous préparions nos biberons (et nous mangions nos légumes cuits à l’eau donc ;)) (ceci dit, ça peut-être l’occasion de préparer et congeler quelques purées). L’idée est de préparer le corps du bébé à recevoir les nutriments lors de la future diversification. Elle vient de l’homéopathe de mon amie A., si mon souvenir est bon, et elle se tient.
  4. Faire « trois jours ». Donner le même aliment plusieurs jours de suite, c’est s’assurer que l’enfant n’y est pas allergique. Car si certaines allergies interviennent immédiatement, d’autres peuvent mettre plus de temps à se déclarer. Et quid alors de l’aliment à incriminer?
  5. Oublier les patates. L’amidon de la pomme de terre est dur à digérer pour un nouveau-né. Pourtant, les médecins français recommandent volontiers de proposer des purées « légumes et patates ». Nous avons donc dit « oui oui » à notre médecin tout en pensant le contraire. Et nous avons effectivement fait le contraire.
  6. Tout tester. Au Canada, on recommande aujourd’hui d’introduire le plus tôt possible des aliments qui, hier, étaient introduits très tard car réputés très allergènes. Comme la plupart des pays occidentaux sont en train de rejoindre le Canada sur ce point, nous suivrons la tendance en introduisant arachides et autres fruits tropicaux dès les premiers mois de la diversification.
  7. Donner des purées. Je me suis intéressée à la diversification autonome, durant laquelle l’enfant découvre les aliments, en morceaux, par lui-même, et j’ai trouvé le principe très pertinent. De nombreux exemples montrent aujourd’hui qu’il s’agit d’une excellente façon de faire découvrir de nouveaux goûts à l’enfant. Pour autant, c’est un principe que nous n’appliquerons pas car il ne convient pas à notre mode de vie, ni d’ailleurs à notre degré de patience. Nous sommes tous deux des obsessionnels des miettes sur la table, nous peinons à garder notre calme lorsque la miss échappe des morceaux saucés, nous avons une peur bleue de l’étouffement (nous avons attendu les un an et de nombreuses dents de Miss Swing pour lui donner un morceau de pain), la garderie où elle commencera à 8 mois donne les repas à la cuillère… bref, les conditions ne sont pas vraiment réunies pour tester la diversification autonome de notre côté (même s’il y a une évidente mauvaise volonté parentale de notre bord).

Je crois qu’il est indispensable de donner la chance à l’enfant de découvrir le vrai goût des choses : une carotte sans sel, une compote sans sucre (ajouté), un yogourt sans arômes. On a trop tendance à adapter nos propres goûts et à les reproduire sur notre enfant, au motif qu’il ne pourra aimer les sardines ou le yaourt sans sucre puisque nous-mêmes sommes bien incapables d’en manger. C’est comme le couvrir systématiquement sous prétexte que l’on porte toujours un pull ou bien le faire dormir avec une veilleuse parce que les enfants ont peur du noir. Il y a toutes sortes d’enfants. Et certains n’aiment pas le chocolat.

Et chez vous, quelle diversification? A la cuillère? Autonome? A partir de quel âge? Qu’avez-vous introduit plus tard?

-Lexie Swing-

Cours de cuisine pour enfants

Petit chef./

Petit chef./

Lorsqu’on a un enfant, on aspire à passer du temps seul avec lui. A fortiori encore plus lorsqu’il est au coeur d’une fratrie et que tous les pedopsys de la terre recommandent de passer du temps de qualité avec chacun d’eux. Pas évident, en effet, de passer de bons moments lorsqu’il faut jongler tous les jours avec le rangement, le ménage, les devoirs, les cris du premier, les pleurs du deuxième. On voudrait bien faire mais rapidement l’attention dérape. Et puis, ce n’est pas toujours drôle pour un parent de jouer à la poupée ou de faire des puzzles niveau 3+.

Je suis d’avis que, si l’on veut partager une activité avec son enfant, il est important d’en choisir une qui plaise aux deux, et pas seulement chercher quelque chose qui plaira à sa progéniture en se pliant à ses desiderata. Faire quelque chose pour son gamin, c’est bien, faire quelque chose pour vous deux, c’est encore mieux.

Chez nous, faire la cuisine est un plaisir. C’était déjà quelque chose qui nous plaisait en tant que couple, et nous l’avons transmis, je crois, à notre fille. J’aime peut-être ça un peu plus que Mr Swing, en tout cas je m’y plie plus volontiers. C’est pourquoi j’ai pensé que partager un cours de cuisine mère-fille serait sûrement une bonne idée. Pour le moment nous cuisinons ensemble à la maison, car à deux ans et demi elle n’a pas encore l’âge requis. Mais j’ai découvert avec plaisir que l’école culinaire du Provigo de Saint-Bruno proposait des cours dès 3 ans. Il y a fort à parier que les chefs nous verrons débarquer dès février!

En attendant, voici quelques adresses pour les parents qui aimeraient apprendre à cuisiner avec leurs enfants. J’en ai trouvé beaucoup plus en France qu’au Québec. J’ignore si seul le référencement de Google en est la cause, ou si l’offre est définitivement moins importante.

Au Québec :

En France :

Listes non exhaustives, n’hésitez pas à communiquer vos bonnes adresses!

 

-Lexie Swing-

Le goût chez l’enfant : comment lui faire manger de tout?

Souper./ Photo Natasha Mileshina

Souper./ Photo Natasha Mileshina

Je pose la question mais je n’ai pas la réponse. Je n’ai que des pistes de réponses. Le goût de chaque individu lui est propre, et les enfants habitués à manger exactement les mêmes plats développeront parfois des goûts diamétralement opposés, l’un préférant le sucré, quand le second ne jurera que par la charcuterie. Il s’agit moins d’une habitude que d’une conséquence physiologique.

Mais comment faire en sorte que, sans prétendre lui faire « aimer » tout, on le pousse à manger le plus de choses possibles. Je ne prétends à aucune expertise, si ce n’est celle-ci : je suis l’enfant qui n’aimait rien. Votre pire cauchemar de parents. Celui avec qui chaque dîner est une foire, et chaque sortie au restaurant une crise de nerfs. L’enfant avec qui vous n’irez jamais en Asie parce qu’il ne mange ni le riz, ni les sauces, ni le « mélangé ». L’enfant qui fait une crise quand la sauce de la viande a touché la purée mousseline. Pour qui il faut demander un hamburger « nature » dans les fast-food avec l’échange surprenant que l’on sait (« Nature s’il-vous-plaît. », « Nature? Sans rien? », « Sans rien », « Sans le steak? », « Non avec le steak quand même »). Ou renvoyer une énième fois un plat de pâtes parce que « pâtes nature » pour les Italiens impliquent forcément des herbes dessus, et que l’enfant difficile ne mange pas les pâtes avec des herbes dessus (il les mange avec du Pavé d’Affinois).

Je pourrais continuer sur des lignes et des lignes ainsi. J’ai commencé à manger des tomates vers 12 ans, des oeufs sur le plat vers 14 (j’aimais les oeufs, mais pas sur le plat. Pourquoi? Mystère), le fromage de chèvre à peu près au même moment… Vers 20 ans, j’ai commencé à ajouter de la sauce dans la salade verte, puis enfin passé l’étape du riz à 22 avant d’accepter de manger des pâtes à la sauce tomate quelques années plus tard. Votre pire cauchemar, je dis.

Avec le recul, je me rends compte de la galère que ça a été pour mes parents, pour mon grand frère qui ne pouvait jamais choisir un restaurant, pour la famille qui me gardait en vacances, et pour moi-même, terrifiée de devoir dîner chez des gens que je connaissais pas, et devoir faire honneur à du foie de veau, des brocolis ou encore du boudin. J’ai voulu épargner à ma fille (celle qui mange autre chose que du lait) mes difficultés. Alors très tôt, je me suis plongée dans le petit guide du « tout faire manger à votre enfant », et j’ai su qu’il n’y avait pas de solution.

Mais qu’il y avait des possibilités.

  1. De deuxième plat jamais tu ne feras. C’est un principe établi. A moins d’avoir un enfant dont le goût est déjà bien marqué et qui mange presque de tout. On peut alors lui proposer un plat qu’il aime le jour où ses parents ont décidé de s’offrir des petites douceurs pour le repas du soir (généralement : des huîtres). Pour tous les autres, on oublie le deuxième plat. On goûte une bouchée, une seule. Il n’aime pas? Ce n’est pas grave. Il mangera au repas suivant. Non il ne mourra pas de faim.
  2. Dix fois tu reproposeras. Le goût d’un enfant se développe lentement. Des choses qu’il mangeait bien (exemple : les carottes) peuvent devenir son pire ennemi, quand il se mettra soudainement à aimer les champignons. Les spécialistes estiment qu’une dizaine de tentatives peuvent être nécessaires avant que l’enfant décide que « finalement, c’est bon ». Et quelque chose qu’il n’aimait pas à 5 ans peut soudainement devenir agréable à son palais à 10 (j’en suis la preuve).
  3. De dessert tu ne priveras pas. Il est mieux de ne jamais faire de la nourriture un enjeu, pour éviter des dérapages à l’adolescence vers les troubles alimentaires. L’enfant ne veut pas manger son plat, même après avoir goûté une bouchée? Il attend à table et prend ensuite son yogourt avec tout le monde. On ne menace pas « si tu ne manges pas tu seras privé de dessert ». Par contre on ne lui file pas deux petits suisses et la moitié du brie au motif que « le pauvre petit va avoir faim ». La dose normale. Il se rattrapera au prochain repas on a dit.
  4. Resservir tu oublieras. On ne ressert pas le même plat au goûter à son enfant, ni le soir. Et d’ailleurs on ne le laisse pas des heures devant en espérant qu’il finisse. Qu’espérez-vous en réalité?
  5. Décorer le plat tu feras. Il y a mille façons d’appâter l’enfant, en dessinant un bonhomme dans ses asperges ou des avions dans ses saucisses. On peut aussi dissimuler les légumes maudits dans une panure légère, noyer le poisson dans de la purée (ça fait de la brandade) (je déteste toujours ça)… Il y a  plein d’idées!
  6. Cuisiner avec lui tu essaieras. Faire cuisiner l’enfant est l’un des actes positifs à faire pour l’aider à apprécier la nourriture. Il sera plus enclin à goûter le plat qu’il a lui-même préparé. Il appréhendera aussi différemment la nourriture, les repas, etc. Et puis vous créerez peut-être une vocation.
  7. Un plat spécial tu ne commanderas pas. J’ai lu il y a quelques années le témoignage d’un chef français qui disait que, selon lui, on faisait une erreur en commandant des menus pour enfants dans les restos. Souvent, ceux-ci sont en effet des plats « faciles » : pâtes, poulet, etc. Les enfants ne font donc pas l’expérience culinaire que l’on réserve souvent à un moment au restaurant. Je trouve cependant sympa que les enfants puissent manger ce dont ils ont envie au restaurant, histoire que ce soit un moment agréable pour tous. Ceci dit, l’avis de ce chef est intéressant. Comme Miss Swing mange des petites quantités, nous avons renoncé à lui commander des menus enfants pour le moment. Nous demandons plutôt une petite assiette supplémentaire, dans laquelle nous lui mettons ce qu’elle désire de nos propres plats. C’est ainsi qu’elle a découvert les crevettes (son grand-père n’a pas pu y goûter lui), la moutarde, le poulet curry, etc. A tester donc, au moins de temps en temps. Ledit chef suggérait aussi, pour un enfant plus grand qui aime la gastronomie, de lui faire faire une assiette spéciale (par là entendez « plus petite ») avec un plat de la carte.

Le point 4 m’inspire d’ailleurs quelque chose. Demandez-vous ce que vous attendez de l’apprentissage du goût. Voulez-vous que votre enfant mange? Aime? Goûte? Vous obéisse? Un enfant que l’on laisse des heures devant son plat avec les pires menaces n’apprendra pas pour autant à aimer un plat. Il ne l’aimera toujours pas la fois suivante, même si vous lui mettez de force dans la bouche, et il y a fort à parier que le plat le dégoûtera encore plus. La nourriture doit se découvrir et s’apprécier, car elle est un élément important de notre vie. Pour notre propre survie, bien sûr mais aussi pour tout ce qu’elle véhicule : le plaisir, le partage, les moments entre amis ou en famille.

-Lexie Swing-

 

Goût, enfants et cuisine : le gâteau à 4 mains

Gâteau chocolat-noix de coco./ Photo DR Lexie Swing

Gâteau chocolat-noix de coco./ Photo DR Lexie Swing

Je lance ma semaine cuisine, goût et enfants. Parce que développer le goût, c’est important. La vache, j’aurais pu bosser pour mangerbouger.fr…

Dimanche, Miss Swing, vêtue de son plus beau tablier (à découvrir vendredi!!), a retroussé ses manches pour nous concocter un dessert. En vérité, il était « pour papa » mais celui-ci ne goûtant rien du tout à cause d’un rhume carabiné, je me suis sacrifiée de bonne grâce pour le tester. Le gâteau du jour : noix de coco – chocolat. D’une simplicité enfantine donc. Et une super idée pour un moment de cuisine parents – enfants. La recette d’origine est issue de ce site. Je voulais que nous réalisions ensemble un gâteau qui soit bon (ça va de soi), mais aussi présentable pour un repas un peu chic, facile à réaliser pour un enfant, et avec une partie réservée à l’adulte (pour la touche « à 4 mains »). Le voici.

Ingrédients :

  •  2 œufs
  • une tasse de sucre
  • une tasse de farine
  • 1/2 tasse de lait
  • 1/4 de cuillère à thé de vanille liquide
  • 15 ml de beurre
  • 1/2 cuillère à thé de poudre à pâte (levure)
  • Une tasse de grosses pépites de chocolat ou de pistoles

Glaçage

  • 1/2 tasse de cassonnade
  • 1/2 tasse de noix de coco rapée
  • 45 ml de beurre
  • 60 ml de lait

Couvrez l’enfant. Couvrez la table. Couvrez le sol. Couvrez le chien.

Armez l’enfant d’un fouet à sa taille, et c’est parti.

Préchauffez votre four à 340° F ou 170°C.

Cassez les œufs dans un cul-de-poule, et laissez votre petit ajoutez le sucre. Battez la préparation. Lui d’abord, pour mélanger. Vous ensuite, pour obtenir un mélange mousseux.

Faites chauffer le beurre 30 secondes par 30 secondes au micro-ondes dans un bol. Ajoutez le lait et la vanille, et aidez votre enfant à verser précautionneusement le tout dans le cul-de-poule. Laissez-le mélanger. Ajoutez « plus vite » quand il faiblit (au bout de 4 secondes généralement).

Incorporez progressivement le mélange farine-levure au mélange liquide. Le deal? Au début, vous versez, l’enfant mélange. Ensuite vous échangez. La tendance voudra que votre tout petit verse d’un coup la fin malgré les « doucement » que vous répétez, vous serez alors bien avisé de fouetter nerveusement votre préparation afin d’éviter les grumeaux.

Laissez-le ajouter les pépites de chocolat, veillez à ce qu’il n’ait pas déjà mangé la moitié du paquet et anticipez en lui proposant quelques morceaux au préalable. Versez la préparation dans un moule à gâteau beurré (ou recouvert de papier sulfurisé pour ma part). Rendez le cul-de-poule à votre cuisinier en herbe afin qu’il fasse ce que tout cuistot qui se respecte devrait faire : lécher le plat.

Enfournez pour 35 minutes. Un peu plus si nécessaire.

Au bout de 25 minutes de cuisson, enfilez votre tablier, c’est votre tour de cuisiner! Saisissez une casserole et faites fondre le beurre pour le glaçage. Ajoutez-y la cassonade, le lait et la noix de coco, et portez à ébullition. Versez ce mélange chaud sur votre gâteau tout juste sorti du four et démoulé.

Laissez solidifier le glaçage au moins une heure à l’air libre.

Ce gâteau est excellent légèrement tiède. Pour cette raison, il est idéal à congeler. Coupez-le en parts puis congelez-le. Vous n’aurez qu’à le décongeler une minute et demi environ avec le mode adapté du micro-ondes. Chocolat fondant garanti :)

-Lexie Swing-

 

Le cake marbré parfait (recette personnelle)

Cake marbré./ Photo DR Lexie Swing

Cake marbré./ Photo DR Lexie Swing

Vous connaissez le marbré Savane ? Ça m’a démangé pendant des années de trouver une version maison qui l’égale. Mais force est de constater que mes marbrés maison tombaient toujours à plat : pas assez de goût, pas assez gonflés, pas assez appétissants et surtout… pas assez moelleux! Certains avaient un joli aspect à la sortie du four mais perdaient tout attrait après quelques heures. Bref, j’ai renoncé quelque temps au cake marbré, et puis à la faveur d’un lait un peu spécial, j’y suis revenue. J’ai décidé de me servir de ma tête pour créer la recette que je voulais, en me servant bien entendu de recettes existantes, mais aussi de mes goûts personnels.

Voici cette recette. Elle peut être modifiée, améliorée. À vous de me donner vos impressions, vos corrections, pour la rendre vraiment parfaite. Trois ingrédients font, selon moi, la différence : le lait babeurre, fermenté ou lben (selon les différents noms) pour le moelleux, le beurre (ou purée) de noisettes pour le goût, et les pépites de chocolat, pour la gourmandise.

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Ingrédients :

– 210 grammes de farine

– 140 grammes de sucre

– 80 grammes de beurre

– 3 oeufs

– 160 ml de lait babeurre ou lben

– 2 cuillères à soupe de cacao

– 2 cuillères à soupe de pépites de chocolat

– 2 cuillères à café de beurre (ou purée) de noisettes

– 1 cuillère à café bien bombée de levure chimique

– 1 cuillère à café de bicarbonate

– 1 cuillère à café d’extrait de vanille

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– Préchauffez votre four à 350 degrés F. ou 180 degrés C.

– Prévoyez deux bols ou saladiers. Dans le premier, battez les oeufs puis ajoutez le sucre. Fouettez jusqu’à ce que le mélange blanchisse.

– Faites fondre le beurre puis ajoutez-le à la préparation. Versez petit à petit la farine. Puis la levure et la bicarbonate de soude.

– Ajoutez progressivement le lait babeurre.

– Séparez votre préparation en deux (c’est là que se révèle l’utilité du deuxième bol). Au premier mélange, ajoutez le cacao et les pépites de chocolat. Dans le second mélange, versez l’extrait de vanille et le beurre de noisette.

– Versez dans un moule à cake beurré en alternant les couches, ou en versant d’abord la pâte blanche puis ensuite la pâte au cacao.

– Enfournez pour 40 minutes environ.

J’ai atteint l’orgasme gustatif en doublant les quantités de pâte. Pour ce faire, je vous conseille de réaliser individuellement vos pâtes dans chacun des bols plutôt que de doubler les quantités dans un seul. À la fin, vous n’avez qu’à mettre cacao et pépites dans un, vanille et beurre de noisettes dans l’autre, en pensant à doubler les quantités pour ces 4 ingrédients.

Bon à savoir : versez l’équivalent d’une préparation et demi dans un seul moule peut avoir des conséquences fâcheuses pour votre four eu égard à la quantité de levure. J’en sais quelque chose : Mr Swing gratte encore le brûlé tout au fond :) Mais le goût est là, c’est indéniable!

 

-Lexie Swing-

 

Des baguettes sans pétrissage en quelques tours de cuillère en bois

Le titre le plus long, ever, pour parler d’une recette ridiculement courte à préparer… J’ai commencé à faire mes baguettes maison lorsque j’en ai eu marre d’acheter à prix d’or les baguettes rances proposées par les grandes chaînes de boulangerie soit-disant françaises d’ici. Du pain dégueu on en trouve partout, en France comme ailleurs, mais vendre du pain rance au prix normal semble être une spécialité du coin.

J’ai un Kitchen Aid pour pétrir mais j’ai toujours eu du mal à trouver un pain qui goûte convenablement. Je suis loin d’être la reine de la boulange disons! Alors j’ai franchement été charmée le jour où j’ai découvert la recette de la baguette magique de Rose, chez Cooking Mumu.

Depuis, j’en fais plusieurs fois par semaine. Cette recette présente un seul défaut : la pâte est très liquide et donc difficile à séparer en deux parties. Je le fais grossièrement et sans état d’âme mais ceux qui apprécient les formes arrondies et régulières devront investir dans des moules à baguettes et peut-être même se tourner vers d’autres recettes avec pétrissage. Cependant, le goût est celui d’un bon pain et la mie est aérée.

Pour deux baguettes, comptez 375g de farine, une cuillère à café de sel, 6g de levure sèche et 300 ml d’eau tiède.

Mon bol de pâte (à 8h tapantes)./ Photo DR Lexie Swing

Mon bol de pâte (à 8h tapantes)./ Photo DR Lexie Swing

Mélangez la levure avec 30g d’eau tiède environ dans un grand bol, et laissez buller une dizaine de minutes. Ajoutez l’eau restante (donc environ 270g d’eau – je sais je suis forte en calcul mental). Puis la farine et le sel. Mélangez à la cuillère en bois jusqu’à ce que toute la préparation soit bien amalgamée. Placez le bol recouvert d’un linge humide dans un endroit chaud, ou dans votre four préchauffé quelques minutes puis éteint.

Lorsque la pâte a doublé, versez-la sur une plaque de cuisson ou un moule à baguettes, recouverts dans les deux cas de papier parchemin ou sulfurisé. Le but du jeu est de séparer votre pâte en deux, et là c’est l’école de la débrouille : vous pouvez prélever la moitié de la pâte dans le bol et façonner votre première baguette, puis la seconde. Ou bien tout verser et séparer la pâte une fois celle-ci versée sur la plaque. J’ai une préférence pour la première version car les traces de pâte (dues à la séparation) ont tendance à noircir. Faites des grignes sur le dessus de vos baguettes (mais n’attendez pas que je vous explique comment on fait je suis nulle pour ça). Vous pouvez essayer ce tutoriel.

Préchauffez votre four à 460°F ou un 240°C en plaçant un ramequin d’eau rempli sur une grille du four (oui c’est carrément tropical) ou en remplissant la lèchefrite d’eau. Vous pourrez en rajouter pendant la cuisson. Enfournez pour 28 minutes environ (c’est le temps idéal chez moi, ce sera peut-être 30 chez vous mais commencez à surveiller vers 25 minutes).

Vous pouvez les dévorer, attendre le lendemain matin ou les congeler. A vous de voir mais n’oubliez pas de goûter à la sortie du four (après que le pain ait refroidi hein), c’est délicieux!

-Lexie Swing-

Ce fabuleux pain aux bananes, noix et chocolat…

Cake banane./ Photo DR Lexie Swing

Cake banane./ Photo DR Lexie Swing

Il est désormais emballé précieusement dans le congélateur, tranche par tranche. Chaque matin, nous en sortons deux, que nous dégustons dans la journée. Avant ça, nous mangions des muffins. Demain? Je ne sais pas. Mais cette semaine, c’était pain aux bananes et… dieu que c’était bon!

J’avais goûté la recette lorsque mon amie et collègue A. a fêté son départ et son nouvel emploi autour d’un petit déjeuner tardif. J’aime beaucoup les bananes, beaucoup moins lorsqu’elles sont écrasées dans une préparation quelconque. Mais bon, je suis gourmande et puis je suis enceinte (et j’ai toujours faim). Donc j’ai goûté. 3 fois.

C’est peu de dire que j’ai aimé. Ça a été une révélation pour moi! Je trouvais des épices là où il n’y avait que de la farine et du sucre. Je pensais sentir un petit goût de noisette alors qu’il n’y en avait aucune. J’ai été séduite!

Alors dimanche dernier, je m’y suis attelée. Sucre, farine, beurre, oeufs, bananes (of course)… et puis du chocolat, pour mon chéri qui l’imaginait comme ça, et puis des noix, des vraies, parce que le goût c’est bien, mais la petite sensation de croquant, c’est mieux!

Ingrédients :

– 2 tasses de farine

– 2 cuillères à thé ou café de levure chimique (poudre à pâte)

– 125 ml ou 1/2 tasse de beurre (le mien était demi-sel et c’était parfait comme ça)

– 1 tasse de cassonade

– 1 cuillère à thé ou café d’extrait de vanille

– 2 oeufs battus

– 3 bananes

– 1/2 tasse de lait

– 1/2 tasse de noix concassées

– 1/2 tasse de pépites de chocolat

 

Préchauffez le four à  180 °C (350 °F).

Sortez deux saladiers. Dans le premier (le plus petit des deux, votre bol « bis »), mélangez la farine et la levure, puis réservez (loin des petites pattes aventureuses, la farine c’est dur à ramasser, j’ai testé pour vous).

Dans le second (votre bol principal, celui dans lequel vous faites habituellement vos préparations), fouettez le beurre (mou, voire légèrement fondu), et la cassonade pendant une bonne minute. Ajoutez les oeufs, puis la vanille.

Laissez votre enfant écraser les bananes à la cuillère (non pas avec les mains chérie, bon ok les mains c’est bien aussi, elles sont propres tes mains ? On les a lavées hier ? Parfait!) et profitez-en pour beurrer votre moule.

Mélangez la purée de bananes avec le mélange beurre – cassonade – oeufs. Puis ajoutez peu à peu les ingrédients secs, en alternance avec le lait.

Ajoutez les pépites de chocolat et les noix concassées. Puis versez la pâte dans le moule.

Enfournez pour une heure environ. Si vous faites une découpe dès le démoulage, vous aurez l’impression que le cake est encore légèrement humide. C’est parfait!

Le pain ou cake aux bananes est très courant ici au Québec. Il est de toutes les fêtes et de tous les goûters. Et honnêtement… je sais maintenant pourquoi :)

-Lexie Swing-