
Le côté légèrement penché c’est voulu… Si, si, c’est de l’art./ Photo DR Lexie Swing
Alerte Twitter dans mes courriels ce matin: vous avez créé le Twitter “Lexie Swing” il y a deux ans, bon anniversaire!
Deux ans, flash-back: je suis dans un appart-hôtel à Paris, dans une rue de Saint-Germain des prés. Je songe à toutes ces fois où je me tais, parce que j’estime que les autres n’ont pas besoin de mon opinion. Je me dis que ce serait bien, des fois, de pouvoir donner mon opinion. Avec mes mots, ces mots qui coulent comme de l’eau lorsque je saisis crayon ou clavier. Ces mots qui restent souvent bloqués, à la barrière de mes lèvres, après l’inspiration de trop et le “bof il est trop tard”.
J’ai le courage des anonymes.
Je créé ce blogue et le partage à quatre de mes proches. Trois mois plus tard, toute la famille est abonnée. L’année qui suit, je partage certains posts de Lexie sur ma page Facebook et accepte enfin qu’on me juge pour ce que je suis, et pour ce que je dis.
Et qu’est-ce que ça fait de bloguer?
1) On parle de soi à la troisième personne. “Le dernier billet de Lexie”, “Il faut que j’aille voir Lexie”… On se dédouble avec plaisir, au rythme des articles et des commentaires. Mais nous allons bien, merci.
2) On cache son identité. Une bonne moitié de mes lecteurs me connaissent “pour de vrai”, ils savent donc que je porte un nom long comme un jour sans pain. Pour les autres, Lexie, tiré d’un nom courant dans ma famille, est une bonne alternative. Un nom qui, sous certains aspects, me ressemble un peu plus.
3) On cache l’identité de ses proches. En deux ans, j’ai mis en tout et pour tout une photo de Miss Swing et aucune de Mister (il a l’âge de porter plainte). Internet étant ce qu’il est, je n’ai aucune envie d’exposer leurs visages aux yeux d’un pédophile psychopathe de Trugudu-sur-mer. Je vous rassure, ils sont très beaux, sinon j’aurais déjà déménagé.
4) On a des urgences intellectuelles. On voit passer une mariée très pomponnée, un bébé joufflu, une pétition pour sauver les baleines et hop, l’esprit se met en marche. La réflexion se fait frénétique, l’envie d’écrire impérieuse. Alors on note, sur un coin de table, une serviette, un carnet. Ou sur son iPhone, onglet Notes, directement délivré dans les courriels de Lexie.
5) On fait des moments difficiles des instants comiques. Quand vous vous retrouvez allongée sur un trottoir en train de tenter de rattraper Léo l’hélico sous une voiture, vous ne pestez plus, non. Vous vous dites: “Je tiens l’histoire du jour”. Voilà. C’est un remake du “scoop” en journalisme. Sauf que c’est vous qui avez mal.
6) On raconte des trucs improbables. Vos phrases commencent par “Y’a une fille qui racontait l’autre jour…”. Au début vos proches pensent que vous parlez de votre voisine de table à la cantine de midi, mais très vite ils comprennent que non, vous parlez d’une blogueuse, une fille qui vit probablement à 10000 km de là (ça arrive souvent quand vous immigrez :)) et que sa diatribe ne vous était pas adressée, mais a bien été “entendue” par quelques centaines de lecteurs, dont vous. C’est une copine donc.
Et vous, blogueurs, blogueuses, ça a changé quoi à votre vie?
-Lexie Swing-
PS: Il y a deux ans, assise dans ma chambre d’appart-hôtel à choisir le nom de mon blogue, j’ignorais que quelques mois plus tard, je devrais choisir un autre nom: celui de ma fille. J’étais enceinte de 5 jours.