Lexie a deux ans

Le côté légèrement penché c'est voulu... Si, si, c'est de l'art./ Photo DR Lexie Swing

Le côté légèrement penché c’est voulu… Si, si, c’est de l’art./ Photo DR Lexie Swing

Alerte Twitter dans mes courriels ce matin: vous avez créé le Twitter “Lexie Swing” il y a deux ans, bon anniversaire!

Deux ans, flash-back: je suis dans un appart-hôtel à Paris, dans une rue de Saint-Germain des prés. Je songe à toutes ces fois où je me tais, parce que j’estime que les autres n’ont pas besoin de mon opinion. Je me dis que ce serait bien, des fois, de pouvoir donner mon opinion. Avec mes mots, ces mots qui coulent comme de l’eau lorsque je saisis crayon ou clavier. Ces mots qui restent souvent bloqués, à la barrière de mes lèvres, après l’inspiration de trop et le “bof il est trop tard”.

J’ai le courage des anonymes.

Je créé ce blogue et le partage à quatre de mes proches. Trois mois plus tard, toute la famille est abonnée. L’année qui suit, je partage certains posts de Lexie sur ma page Facebook et accepte enfin qu’on me juge pour ce que je suis, et pour ce que je dis.

Et qu’est-ce que ça fait de bloguer?

1) On parle de soi à la troisième personne. “Le dernier billet de Lexie”, “Il faut que j’aille voir Lexie”… On se dédouble avec plaisir, au rythme des articles et des commentaires. Mais nous allons bien, merci.

2) On cache son identité. Une bonne moitié de mes lecteurs me connaissent “pour de vrai”, ils savent donc que je porte un nom long comme un jour sans pain. Pour les autres, Lexie, tiré d’un nom courant dans ma famille, est une bonne alternative. Un nom qui, sous certains aspects, me ressemble un peu plus.

3) On cache l’identité de ses proches. En deux ans, j’ai mis en tout et pour tout une photo de Miss Swing et aucune de Mister (il a l’âge de porter plainte). Internet étant ce qu’il est, je n’ai aucune envie d’exposer leurs visages aux yeux d’un pédophile psychopathe de Trugudu-sur-mer. Je vous rassure, ils sont très beaux, sinon j’aurais déjà déménagé.

4) On a des urgences intellectuelles. On voit passer une mariée très pomponnée, un bébé joufflu, une pétition pour sauver les baleines et hop, l’esprit se met en marche. La réflexion se fait frénétique, l’envie d’écrire impérieuse. Alors on note, sur un coin de table, une serviette, un carnet. Ou sur son iPhone, onglet Notes, directement délivré dans les courriels de Lexie.

5) On fait des moments difficiles des instants comiques. Quand vous vous retrouvez allongée sur un trottoir en train de tenter de rattraper Léo l’hélico sous une voiture, vous ne pestez plus, non. Vous vous dites: “Je tiens l’histoire du jour”. Voilà. C’est un remake du “scoop” en journalisme. Sauf que c’est vous qui avez mal.

6) On raconte des trucs improbables. Vos phrases commencent par “Y’a une fille qui racontait l’autre jour…”. Au début vos proches pensent que vous parlez de votre voisine de table à la cantine de midi, mais très vite ils comprennent que non, vous parlez d’une blogueuse, une fille qui vit probablement à 10000 km de là (ça arrive souvent quand vous immigrez :)) et que sa diatribe ne vous était pas adressée, mais a bien été “entendue” par quelques centaines de lecteurs, dont vous. C’est une copine donc.

Et vous, blogueurs, blogueuses, ça a changé quoi à votre vie?

 

-Lexie Swing-

 

PS: Il y a  deux ans, assise dans ma chambre d’appart-hôtel à choisir le nom de mon blogue, j’ignorais que quelques mois plus tard, je devrais choisir un autre nom: celui de ma fille. J’étais enceinte de 5 jours.

Une journée à l’île d’Orléans: nos adresses

Maisons sur l'ïle d'Orléans./ Photo Eric Couture

Maisons sur l’ïle d’Orléans./ Photo Eric Couture

Fin de semaine à Québec, petites rues piétonnes et bons restos. Dimanche matin, on quitte les touristes et les pots d’échappement pour retrouver la quiétude de l’île d’Orléans, à 20 minutes de là.

On enjambe le Saint-Laurent. Dans notre dos, les chutes de Montmorency éclaboussent joyeusement leurs environs, scintillantes sous le soleil du mois de mai. Et puis on pose la roue sur l’île d’Orléans, avec ses maisons typiques du bord de l’eau, terrasse circulaire et rocking-chair qui se balance au gré du vent. Le repos à l’état pur.

Un bon resto?

Oui, un pub! Au Mitan, la nourriture est correcte mais c’est surtout la bière qui fait la différence! J’ai opté pour une Soeur Marie Barbier, une blanche de froment, quand les autres ont choisi la Suzanne Marceau, une bière à l’érable. Cette petite micro-brasserie profite également d’une belle terrasse abritée.

Pub Le Mitan, 3885 Chemin Royal, Sainte-Famille, Île d’Orléans, Québec, Canada, G0A 3P0

Une activité sympa?

Faire du vélo! Si l’on a déploré les pistes cyclables inexistantes et les automobilistes un peu trop chevronnés, on a quand même pu largement profiter du petit tour en bicyclette, entre bord du Saint-Laurent et routes de campagne. Vue panoramique, resto casse-croûte, tout y est, vous n’avez plus qu’à profiter!

Ecolo-cyclo, 517 Chemin Royal, Saint-Pierre-de-Île d’Orléans, QC, G0A 4E0.

Téléphone: +1 418.828.0370

 

-Lexie Swing-

 

Comment sortir maintenant qu’il boit du lait frais?

À 12 mois, Miss Swing est passé au lait de vache. Ici, pas vraiment de débat lait de croissance vs lait de vache, le premier étant relativement anecdotique au Québec. Pour elle qui buvait du lait en poudre à température depuis sa naissance, c’est un gros changement!

Exit les dosettes de lait en poudre transportables partout, il a fallu chercher une autre idée. Parce que donner du lait en poudre à température ambiante nous avait simplifié la vie, nous n’avions jamais eu à penser « café équipé de micro-ondes » ou « chauffe-biberon qui se branche sur l’allume-cigare ».  Et au Québec, le lait en bouteille qui se conserve au sec est une denrée rare. Après deux heures d’intense réflexion, nous avons trouvé la parade et repris nos pérégrinations.

Parmi les solutions que nous avons préférées, il y a donc:

Baboo, de Natrel./

Baboo, de Natrel./

– le lait de croissance. À ma connaissance (qui ne demande qu’à être améliorée), il n’existe qu’un seul lait de croissance au Québec: Baboo de Natrel. Celui-ci présente un véritable avantage: il est vendu en petits carton de 250 ml. C’est notre allié parfait des voyages en voiture! Nous en avons toujours un pack à la maison pour les visites médicales, départs en vacances et autres voyages en avion. À tester!

– le lait frais en micro-pack. Les Québécois, jeunes et moins jeunes, sont de gros fans du lait frais à boire à même le pack. On trouve donc du lait demi-écrémé dans tous les coffee-shops des centre-villes en version mini-pack de 400 ml. Si vous avez un petit gourmand, il existe également du lait au chocolat et du lait à la vanille vendus dans le même format. Alors oui c’est du demi-écrémé, mais il faut bien compenser le muffin que vous venez de vous enfiler!

– le lait frais des cafés. Starbucks n’a pas de micro-packs, par contre il fait des latte! Et si votre champignon a peu de chances d’aimer le latte, il devrait bien supporter le lait 2% dont se servent ces cafés. Vous n’avez plus qu’à demander « un Americano, un muffin au chocolat dégoulinant et un biberon de lait » en poussant le récipient du petit vers le serveur. Vous verrez, ça les fait capoter! Et en plus, ils vous le chauffent à la machine à mousse :)

 

Et vous, comment faites-vous?

 

-Lexie Swing- (qui s’apprête à partir en week-end à l’île d’Orléans avec ses Baboo sous le bras)

L’horloge affolée de la maternité

En Inde./ Photo Philippe Put

En Inde./ Photo Philippe Put

“L’horloge tourne, je le sens dans mes tripes, ça ne semblait pas pour moi et je ne pense plus qu’à ça.” Voici, en substance, ce que j’ai lu, ce qu’on m’a dit. De l’autre côté de l’horloge, assises à même le mécanisme, ces filles qui ont “toujours su” qu’elles seraient mères.

Et moi, et nous?

Qu’en est-il des parents qui ont juste suivi le cheminement, le bon moment. Un bébé? Ok vas-y je t’attends dans la chambre (dans la buanderie, sous un porche, dans le jardin derrière le grand saule…). Est-ce que toutes les femmes ont senti un jour les aiguilles s’affoler au point de leur donner le vertige?

Parce qu’entre nous, pour moi c’était plutôt “Un bébé? Oui je pourrais, il sentirait bon, il serait beau, mais là c’est pas le moment tu vois”. Et puis quelques années plus tard: “Tiens il est joli ce bébé, il est beau, il sent bon… T’as quelque chose de prévu ce midi chéri?” ;)

Pourquoi chez certaines l’horloge devient-elle angoissante? Est-ce parce qu’elles sont célibataires? Pourtant je l’entends aussi de filles en couple. Est-ce parce que l’autre ne veut pas? Une amie m’a dit qu’elle n’en avait jamais discuté avec son conjoint, de peur “qu’il dise non”.

Je plaide en faveur de l’incertitude. Quand j’entends, quand je lis, je comprends que ce n’est pas toujours la vie ou le conjoint qui freine les ardeurs de parentalité, mais bien les gens eux-mêmes. Ils se triturent l’esprit à coup de “serais-je capable?”. Ils se font saigner les neurones au gré de leur “est-ce que c’est vraiment le moment?”.

Moi je suis une fille sage. Parfois. Ok rarement. Mais quand on m’a demandé si c’était vraiment le bon moment alors que j’étais enceinte (oui les gens aiment bien te demander si c’est vraiment le bon moment alors que tu es DEJA enceinte, comme si tu pouvais dire “mmmh tu crois? T’as raison ça fitte pas avec ma job actuelle, allez dégage le marmot, j’suis pressée là”).

Ok, circonvolutions. Quand on m’a posé cette question j’ai répondu invariablement: “Il n’y a jamais de bons moments” (avec un ton laconique, ça en impose).

Il y a de vrais mauvais moments. Genre une période de chômage, des études tout juste reprises, une maladie. Là c’est chaud, mais ça peut marcher quand même (il peut s’en passer des choses en 9 mois). Mais il n’existe aucun moment parfait, même le pack CDI-hypothèque-grands-parents à la retraite est sujet à changement sans préavis.

Le seul truc vraiment indispensable pour avoir un baby, c’est l’envie. Ça ne fait pas tout, mais c’est un moteur. Avec l’envie réelle d’avoir un enfant on dépasse beaucoup: les grossesses compliquées, les nuits blanches, les soirées qu’on doit décommander.

Je connais mille nullipares qui assurent “qu’ils ne sont pas prêts à renoncer aux soirées beuverie pour avoir un enfant”, mais pas un parent qui regrette d’avoir eu son enfant “parce qu’il ne peut plus boire en soirée”.

Vous savez pourquoi? Hein? Vous savez? L’amour? Le bonheur? La joie d’être parent?

Non, les nounous ça existe, c’est tout.

 

-Lexie Swing-

 

Honte: les revers de parent

Angry baby./ Photo Andy Matthews

Angry baby./ Photo Andy Matthews

“Miss, you have a lovely grass in your hair…” La vendeuse saisit ma mèche et dénoue les feuilles mortes qui s’y agrippent. Je trouve un miroir et découvre avec horreur que je n’ai pas une “lovely grass”, mais des dizaines, et que ça n’a rien de “lovely”. Comment en suis-je arrivée là? Facile: je suis parent!

Flash-Back. Il est 16h49, j’arrive essoufflée devant le bus 103. Il est bondé mais le chauffeur refuse que je reste à l’avant avec ma poussette. Me voyant incapable de bouger, il s’arrête à l’arrêt suivant, sort de son fauteuil, avance dans l’allée et lance un retentissant “Allez on se pousse, la dame doit passer avec son carrosse, restez pas au milieu”. 108 personnes me dévisagent et s’écrasent les pieds pour que je puisse passer. Super.

Je suis enfin assise avec Miss Swing à mes côtés, coincée entre deux sièges pour plus de “sécurité”. Le chaton sort ses griffes et se débat comme un beau diable pour s’extirper de cette place exiguë en poussant des feulements stridents. Allez plus que deux minutes avant mon arrêt…

Deux minutes et deux arrêts plus tard, le bus s’est encore rempli. La foule est compact et respire avec peine. Impossible de sortir la poussette sans tuer deux ou trois personnes. Il faudrait littéralement leur “passer sur le corps” et mon mètre 60 vient de rougir devant le grand monsieur en forme d’armoire Louis XV.

Lorsque je peux enfin descendre, nous sommes arrivés au métro… à 4 stations de chez moi. Qu’importe, c’est l’occasion rêvée de se balader dans le Monkland village et de profiter de l’accalmie, si rare en ce printemps pluvieux.

Je m’arrête au Starbucks, pour partager une brioche entre mère et fille. Ce rendez-vous en tête-à-tête tourne rapidement au moment entre mère et serpillère, Miss Swing s’étant prise d’affection pour le carrelage boueux du café après avoir généreusement dispersé sa brioche sur le fauteuil club où elle était juchée.

Entre les menaces et le compromis, je choisis le compromis. Après 10 minutes supplémentaires et quelques miettes sur le manteau du voisin, notre équipage repart, direction la boutique de livres et jouets de la rue. J’ai repéré un joli hélicoptère Tututbolid parfaitement adapté aux menottes et vélléités d’exploration quatrepattiennes de la demoiselle.

Retour dans la rue, je déballe. Elle couine. Le carton ne veut pas céder. Elle hulule. L’hélicoptère est encore arrimé par de solides attaches en plastique. Elle vagit comme au premier jour, lorsque, pas encore tout à fait sortie du ventre de sa mère (moi), elle choisit de tester la pleine capacité de ses poumons de bébé tout neuf.

Je prends le parti de lui donner le jouet avec les attaches et le carton, après avoir désespérément limer mes caries sur le plastique dur. Elle est ravie, appuie sur tous les boutons, et gigote dans sa poussette au rythme des chansons de Leo le p’tit hélico.

Je veux le saisir une dernière fois pour tenter de glisser les liens en plastique dans les roues, et les éloigner ainsi des yeux grand ouverts de la miss qui se rapprochent dangereusement. Mais c’était compter sans miss autonomie 2014, mademoiselle “si-tu-tentes-ne-serait-ce-qu’une-seconde-de-me-reprendre-cette-cuillère-avec-laquelle-je-barbouille-le-chien-d’épinards-depuis-dix-minutes-je-la-jette-derrière-la-cuisinière-et-tu-pourras-jamais-la-rattraper”.

Miss Swing s’adapte à toutes les situations, le derrière de la cuisinière s’est ainsi transformé en dessous de voiture garée. « Fille brune, 1m60, aux oreilles fumantes et aux dents abîmées, a été repérée allongée sur la voie publique, les cheveux dans les feuilles mortes du caniveau, tentant d’attraper un objet non identifié ».

On vous offre un petit shampooing avec ça?

-Lexie Swing-

 

Parent: moi, en mieux

Vous êtes leur super-héros./ Photo Mohd Shukur Jahar

Vous êtes leur super-héros./ Photo Mohd Shukur Jahar

«Ma fille, j’ai fait quoi pour elle? Je lui ai donné des biberons, j’ai changé ses couches… Elle, elle a changé ma vie.» C’est sur cette belle phrase qu’un collègue de Mr Swing a résumé son statut de papa la semaine dernière.

Lorsqu’on parle de la venue de ses enfants, on n’est jamais avare de compliments: Ils sont «tout», ils ont eux-mêmes «donné vie à leurs parents», ont «éclairé leur existence» ou leur ont donné la «force de se battre».

Aucun de nous n’est un super-héros. Ou peut-être que chacun d’entre nous a quelque chose en lui qui ressemble à de supers pouvoirs. Parce qu’il y a une vérité: en devenant parent, vous devenez responsable de quelqu’un d’autre. Et ça, ça vous habite. Ça vous file des coups de pied au cul lorsque vous voudriez rester cuver votre mauvaise humeur dans votre lit. Ça vous pousse à taire vos gros mots et vos critiques, ne serait-ce que par peur que votre cinq-ans répète tout haut à la grosse dame ce que vous venez de dire tout bas. Ça vous colle de la bonne humeur en sac de huit kilos quand vous les voyez vous sourire au réveil, la mèche hirsute et le doudou moisissant arrimé au pouce.

Ça vous rend unique aussi. Vous devenez le point de repère, le phare au milieu de tempête, celle ou celui vers qui l’enfant se précipite en le serrant dans ses bras comme si c’était la toute première fois. Et c’est dans la tempête, la vraie, que je me suis dit ça hier soir. Emprisonnée par la neige battante, en plein milieu d’un quartier résidentiel, protégeant du mieux que je pouvais Miss Swing dans sa poussette canne sans capote de pluie, j’ai vu le bus me passer devant. J’étais à 20 minutes à pied, le prochain bus passait 30 minutes plus tard. J’aurais volontiers pleuré. Ou appeler Mister Swing pour me plaindre. Mais entre la poussette et le parapluie, je n’avais pas de main de libre pour décrocher mon téléphone ou sortir un mouchoir. Et puis la neige s’est faite plus cinglante encore, et mon bébé a menacé de virer au rouge écrevisse. Alors j’ai joué le tout pour le tout, j’ai chargé la poussette de nos sacs et saisi ma quatorze-mois de 9 kilos à bras le corps. Abritées sous notre frêle parapluie, nous avons traversé le quartier. Mille fois je me suis dit “Mais quel enfer!”, mille fois j’ai juré “putain de neige de merde”. Mille fois, elle a ri, mille fois, j’ai senti ses cils sur ma joue, mille fois, elle a secoué le parapluie comme un prunier et s’est ébrouée sous les gouttes.

Je ne me suis pas sentie plus forte ou plus sûre, mais je me suis sentie responsable. Peu importait ma propre carcasse tant que la sienne était sauve.

J’ai repensé à cette phrase du collègue d’Alex. Combien de premiers-nés ont joué ce rôle? Nous oeuvrons toute notre vie à tenter de rendre les autres heureux, sans nous souvenir que nous avons déjà fait tellement, il y a longtemps…

 

-Lexie Swing-

Balade au Mont-Saint-Hilaire

Sentiers./ Photo DR Lexie Swing

Sentiers./ Photo DR Lexie Swing

Un soleil radieux et une belle neige (oui oui, de la nei-geuh) nous ont donné l’enthousiasme nécessaire à un chouette dimanche. Après avoir barboté à la piscine, et fait quelques courses au petit magasin local-bio-gourmet de Monkland, nous avons déjeuné (ou dîné, en bons Québécois) et pris la route direction le Mont-Saint-Hilaire. Après quelques tours de quartier à admirer les belles maisons, nous avons enfin trouvé la bonne route, la rue de la montagne, pour nous présenter à l’entrée du Centre de la nature. 12$ (2 adultes – grominou ne marche pas donc elle ne compte pas :))  et une levée de portillon plus tard, nous avons investi l’accueil et ses toilettes pour un changement de couche et un équipement anti-moins-dix-degrés-un-23-mars : veste, jambières, tuque et combinaison.

La balade est ultra agréable avec ses petits sentiers bien aménagés et ses voies pour skis de fond. Nous avons piqué vers le lac, avant de suivre le sentier du ruisseau et de remonter vers le Pain de sucre. Nous avons rebroussé chemin au bout d’une quarantaine de minutes de peur de se retrouver avec un Mister Freeze dans le porte-bébé!

Un endroit à découvrir donc, et à reparcourir lorsque les beaux-jours-chauds auront enfin pointés leur nez!

Lac gelé au Mont-Saint-Hilaire./ Photo DR Lexie Swing

Lac gelé au Mont-Saint-Hilaire./ Photo DR Lexie Swing

-Lexie Swing-

Vie(rtuelle)

J’ai un groupe de copines, vous l’ai-je déjà dit? Ce sont des mamans, comme moi, des mères de bébés de 13 mois, comme moi. C’est un peu ce qui nous a réunies, en fait. Par quel heureux hasard? Par un forum. Sur internet, il n’y a pas de coïncidences, rien que du bon référencement.

On se connait depuis 21 mois environ: 13 mois + 8 de grossesse (moins un mois le temps de se trouver). On a une relation bizarre, intime et lointaine, tout à la fois. Une relation virtuelle. On connaît la date de nos règles respectives mais pas nos noms de famille. On se raconte par le menu nos repas du jour mais on ne connaît nos salons que sur des photos. On se soutient les jours de pluie, à toute heure et surtout la nuit, pendant les insomnies; mais aucune de nous ne sera là aux mariages des autres.

Pourquoi en parler tout à coup? Parce qu’il y a quelques semaines encore, nous étions 12. Et que désormais, nous ne sommes que 11. L’une de nous a fait sécession, en silence. Dans la vie virtuelle, nul besoin de claquer la porte, un désabonnement suffit. Je l’aimais beaucoup, et si elle passe par là, je voudrais lui dire encore que je regrette son départ. Elle dit qu’elle ne se reconnaissait plus dans les conversations, qu’elle ne se sentait pas intégrée.

Cinq amies./ Pub Diet Coke

Cinq amies./ Pub Diet Coke

Et là, ça m’a sauté aux yeux: était-ce vraiment si important, tout ça? Assez pour qu’elle prenne la peine de quitter notre groupe, quand elle aurait pu se contenter d’y naviguer en sous-marin, picorant dans les conversations et affichant quelques photos de son joli dernier-né? La vie virtuelle est-elle devenue la vie réelle? Et si demain je dois appeler mes 15 meilleures copines, seront-elles seulement mes bonnes amies de l’école, du lycée et de quelques boulots, ou compterais-je dans mes rangs ces mamans, forumeuses ou blogueuses, qui font mon quotidien à coup de notifications?

J’ai passé ces dernières années à dire des phrases qui commençaient par « oui mais dans la vraie vie… » Mais c’est la vraie vie, la vie physique et la vie virtuelle sont aujourd’hui solidement imbriquées. Et certains ont beau se dissimuler derrière des pseudonymes et de l’anonymat pour abuser des commentaires insultants et du cyber-harcèlement, tous nos actes virtuels ont un impact, exactement comme nos actes physiques. Si demain je traite de salope ma voisine dans la rue, elle sera blessée. Si je le fais sur son profil Facebook, elle le sera également, et peut-être même plus. Car d’une rue peu passante et d’une insulte lâchée dans le vent, on sera passé à un site monté comme Big Browser sur lequel mon insulte serait affichée au su et vu de tout le monde et livrée à la vindicte populaire.

Les amitiés virtuelles ne sont pas moins réelles. Mais tant que l’on n’en maîtrisera pas mieux les codes, ces amitiés-là resteront plus difficiles à gérer. A nous d’apprendre à communiquer, à nous de nous demander « Vais-je vexer quelqu’un? », à nous, surtout, de ne pas oublier qu’il existe aussi une autre vie, physique, faite de contacts, de mélodies et de sourires. Une vie où l’on peut moins tricher, une vie où l’anonymat n’a pas droit de cité. Une vie où la vie(rtuelle) a une vraie place, mais pas TOUTE la place.

-Lexie Swing-

Liebster award: tout, vous saurez tout!

Le Liebster Award, c’est ce jeu inter-blogues où un blogueur pose des questions persos à d’autres blogueurs. La vraie règle, c’est: je dis 11 choses sur moi, je réponds aux 11 questions posées par des blogueurs, et j’en pose 11 autres à des blogueurs.

J’ai été taguée deux fois ces deux dernières semaines (merci beaucoup à Max, Sophie et Sydney, et à Hélène B. de Fabuleuses au foyer), je vais donc répondre à leurs 11 questions respectives directement (22 en tout, accrochés vos ceintures!).

Les questions de Max, Sophie, et surtout de Sydney ;)):

1) Combien de pays as-tu visité ?

Une dizaine peut-être, proches de la France comme les Pays-Bas ou l’Irlande, ou plus lointain comme les USA ou les Maldives (je sais, vous baver).

2) Quel a été ton premier voyage et pourquoi avoir choisi cette destination?

Mon premier vrai voyage en tant qu’adulte, c’était un road-trip au Danemark avec ma mère. Je venais d’avoir mon bac. Nous avions une tente dans la voiture et un budget serré parce que j’avais voulu payer ma part. Je voulais tellement économiser mon argent qu’on a dormi dans la voiture, sur le parking d’une zone industrielle en Allemagne. On se gelait et un néon grésillait juste devant nous! On a eu la chance de découvrir les campings fabuleux du Danemark, sauvages et ultra-propres.

3) Quel serait le voyage de tes rêves et pourquoi?

La Patagonie. Je ne connais qu’en photos bien sûr, et ça me semble féérique, sauvage, fabuleux. Je pense que c’est tellement beau et mystique que quand on revient d’un voyage comme ça, on est plus tout à fait le même.

Pascua River, Patagonia./ Photo Peakwater

Pascua River, Patagonia./ Photo Peakwater

4) Quel type d’hébergement privilégies-tu en vacances (hôtel, chez l’habitant, tente…)?

Les bed and breakfast, ou Couette et Café au Québec. On est chez l’habitant, donc on rencontre des gens, et en même temps, si je n’ai pas envie de parler ou de passer la soirée avec mes hôtes, rien ne m’y oblige. C’est un concept qui me va parfaitement!

5) Quelle est ta meilleure expérience de voyage?

Sans surprise: les Maldives. On a atteint notre îlot après 30 minutes d’hydravion, on a été accueillis comme des VIP, et on a passé une semaine allongés, soit dans un lit immense bercés par le bruit des vagues, soit sur une plage de sable fin, bercés par le bruit des vagues, soit en faisant la planche dans l’eau, bercés par… bref, vous avez compris!

6) As-tu un objet fétiche que ne dois tu pas oublier pour un voyage?

Nope, j’ai jamais été une fétichiste et j’oublie régulièrement guides de voyage et jeux de cartes.

7) Es tu plutôt sac à dos ou grosse valise?

On a investi avant le Canada dans un gros sac Eastpack, le genre qui roule mais qui a plein de poches.

8) Avoir un/des enfant(s) as-t-il changé ta façon de voyager? Comment?

On essaye de partir dans la nuit pour qu’elle dorme dans la voiture, on fait plus de pauses, on profite aussi de choses différentes et on reste plus longtemps au même endroit. Mais fondamentalement, on n’a pas changé grand chose; elle adore bouger, visiter, elle s’émerveille facilement et elle adore le restaurant!

9) Et sinon, à part les voyages, quels sont tes hobbies?

Ecrire, tout le temps.

10) Quel équipement photo emmènes-tu toujours avec toi?

On vient de changer notre vieux réflex pour un Nikon 3200 (rouge!) et on a un petit CanonPowerShot compact qui fait aussi des vidéos.

11) Quel plat local goûté lors de tes voyages recommanderait le plus ?

Euh… la Guinness?

Pfiou, que de réflexions, j’en ai mal aux méninges! On continue? Voici les questions d’Hélène B.

1) Ton jeu de société préféré ?

Le Time’s Up! Avec ma belle-soeur on est imbattables (et on triche honteusement ;))

2) Ton meilleur souvenir d’enfance ?

On est au Pilat (forêts, montagnes, cailloux, etc), près de Saint-Etienne, et on déjeune au refuge avec mes grands-parents: pommes de terre et cervelas au feu de bois, hum… Autre âge, autre souvenir: je suis à Paris, avec A., on a une dizaine d’années, ses parents m’ont invitée. Je détestais Paris, je la découvre sous un tout autre jour, au rythme des pas de son père, qui y a grandi et la connaît comme sa poche. A ses yeux, Paris est belle, alors sur elle mon regard change.

3) La dernière fois que tu as trop mangé, c’était quoi ?

De la raclette, ça fait deux mois et je ne peux plus regarder de la viande des Grisons (qui n’est toujours pas un animal, malgré mon insistance) sans avoir des hauts-le-coeur.

4) Tu te vois comment dans 20 ans ?

J’ai presque 48 ans, et j’ai un peu les boules parce que la cinquantaine approche :) Ma fille a 20 ans, elle suit les études qui lui plaisent et qu’elle a choisies (allez… disons… Yale! Soyons modestes!). Son frère ou sa soeur (j’ai pas une boule de cristal non plus) glande sur les bancs du Cegep ou finit son secondaire. Mister Swing et moi partons pour Seattle, où nous avons une résidence secondaire (c’est notre troisième résidence, avec l’appartement à Miami ;)).

5) La chanson que tu connais par coeur ?

Ca f’zait un, deux, trois, Pretty Mama, 4, 5, 6, I miss you, 7,8,9… de Frédéricks, Goldman et Jones.

6) Quand tu vas à la boulangerie, tu prends quoi ?

Du pain aux noix et aux raisins (le temps qu’on arrive à la maison, nous avons tout mangé, et la petite n’en a pas eu au motif que les noix c’est risqué :) le pain décuple notre égoïsme!)

7) Le dernier film que tu as vu au cinéma ?

La vie secrète (ou rêvée, selon qu’on le voit en France ou en Québec) de Walter Mitty, un film avec Ben Stiller. On est loin des personnages à l’humour grossier qu’il se plaît à jouer d’habitude et les paysages du film sont superbes sur grand écran.

La vie Secrète de Walter Mitty

La vie Secrète de Walter Mitty

8) La personne la plus célèbre que tu as rencontrée ?

Dieudonné, à l’aéroport de Malé (CQFD), et Stéphane Rousseau, à la sortie d’un théâtre à Paris. Je ne sais pas si on peut le voir comme une célébrité, mais j’ai aussi interviewé François Hollande, lorsqu’il était candidat. Enfin, pour ceux qui aiment le jazz, j’ai rencontré un paquet de jazzmen et women célèbres lorsque je couvrais Jazz in Marciac, et ce sont de loin les artistes les plus sympas.

9) La première chose que tu fais au réveil ?

Je repousse mon réveil de dix minutes.

10) Quand et à quelle occasion as-tu envoyé pour la dernière fois une lettre par la poste ?

Pour l’anniversaire de ma nièce, en janvier. Lorsqu’on vit loin, on est beaucoup plus susceptibles d’envoyer des colis et des lettres par la poste.

Et voilà! Je fais l’impasse sur les questions à poser, mais niveau interview, vous pouvez me retrouver tous les 15 jours dans le cadre de la Famille du Vendredi.

-Lexie Swing-