La liste de Rose

En dansant./ Photo Jane Rahman

En dansant./ Photo Jane Rahman

La liste de Rose, c’est cette toune qui tournait sur les ondes il y a sept ans. Sept ans, c’est l’âge de mon histoire d’amour. Alors il y a sept ans, je chantonnais cette rengaine facile les yeux dans les yeux avec le type qui a changé ma vie. La liste de Rose, ça aurait pu être celle de n’importe qui. Et comme je suis aussi n’importe qui, ça aurait pu être la mienne.

On est allés à des concerts, des tas,

Évitant de repeindre la chambre en vert, parce que tu n’aimes pas ça.

Boire de la vodka, c’est l’fun mais le vin c’est mieux,

Quant à Ikea, il a fait des heureux (notre salon de Saint Cyprien, notre salon de Ramonville, notre salon d’Orbessan, notre salon… ok, merci Ikea)

J’ai mis des décolletés, mais surtout dans le dos,

Jamais loué d’meublés, on est bien trop bobos!

Et puis tout massacrer, c’est un truc de friqués…

Et nous le fric, on n’avait pas vraiment ça, tu vois…

J’pleure souvent pour un rien, Rose ne m’a rien appris.

On a acheté un chien, bien mal nous en a pris!

Le jour où t’as eu mal tu faisais pas semblant,

Tu n’as pas mis les voiles, même si c’était tentant,

Et fumer beaucoup trop, ce n’est plus notre affaire.

Cet automne ça f’ra 5 ans qu’on respire mieux notre air.

Prendre le métro est devenu mon quotidien,

Et te prendre en photo, un truc que je fais bien.

Même que t’es affiché en grand chez ton père, et que c’est de ma main.

Après… après j’ai jamais su jouer de la guitare et t’as renoncé à m’apprendre,

Sortie de mon saxophone je ne savais plus rien comprendre

J’ai eu mon permis bien avant la chanson

Et remplir un caddy me met toujours en pamoison.

Je n’ai plus dansé sur un comptoir depuis le soir de notre bac

Quand nos yeux se sont croisés, le sourire saoul et l’air en vrac

Nous étions bien loin de savoir qu’un jour la vie nous réunirait

Et que l’on connaîtrait ce soir où l’on s’est dit que l’on s’aimait.

Il y a sept ans je fredonnais les envies de quelqu’un d’autre

Appuyant sans le savoir une réalité qui s’rait la nôtre

“Jouer de la guitare, danser sur un comptoir, remplir un caddy, avoir une p’tite fille…”

Ces mots ce sont les siens, ces mots ce sont les miens

Il y a sept ans, les yeux dans les yeux, nous avons formulé ce voeu.

Un voeu devenu réalité, qui dort dans son lit douillet.

Les poings fermés, la bouche rêveuse.

Le point d’exclamation d’une vie savoureuse.

 

-Lexie Swing-

 

 

 

 

Vice(s) de nounou

Lui lisent des histoires, souvent.../ Photo J. Seattle

Lui lisent des histoires, souvent…/ Photo J. Seattle

J’adore les nounous de Miss Swing, ce sont deux femmes très aimantes qui lui apportent le meilleur. Les gardiennes d’enfants – « ass mat » en France – ont ceci de merveilleux qu’elles éduquent, rassurent, apprennent et prennent notre relais. Sauf parfois. Parfois elles essayent plutôt de saborder notre beau projet éducatif ardemment mené depuis plusieurs mois, voire années. Par exemple, quand elles…

– Font des frites tous les midis en plus des légumes

– Mettent la télé pour endormir nos chères têtes blondes surexcitées après le rab’ de crème glacée du vendredi

– Décident de porter toute la journée dans leurs bras l’enfant que tu as mis 20 mois à rendre indépendant de ton propre corps

– Proposent du jus du raisin le jour où tu as jugé bon de mettre à ton deuzans un t-shirt blanc

– Lui font réaliser un dessin géant peuplé de paillettes qui collent mal

– L’habillent comme un oignon en plein été ou comme un plagiste en plein hiver, bref, se contrefichent du temps qu’il fait et du rhume qui pointe son nez

– Te soutiennent que cet unique bouton sur son bras c’est certainement la varicelle et qu’il faut que tu le ramènes chez toi illico presto

– Se trompent dans les biberons et te donnent l’embout de sein spécial pompe à lait maternel d’une maman dont tu ne croiseras plus jamais le regard

– Disent « oui » en se retournant quand mini-toi leur courent après en disant « maman? »

 

Ceci dit, ce n’est rien à côté de tout ce qu’elles font pour nos tout-petits, en leur offrant une découverte du monde et de la vie en toute sécurité. Genre quand elles…

– Lui font manger tous les midis féculents – viande – légumes, autorisant ainsi le parent à refiler à sa douce progéniture des crêpes surgelées en toute sérénité

– Lui apprennent à dire merci et à descendre du sofa sans se faire mal

– Prennent le relais pour la propreté, patiemment, même quand d’autres bébés hurlent à côté

– Prévoient du rab de bleuets pour ta toute-petite, parce qu’elles savent qu’elle y voue un amour sans faille

– Et pensent à lui offrir une mini fête d’anniversaire

– Donnent à tous leurs petits pensionnaires un petit déjeuner à leur arrivée au cas où ils n’aient pas mangé

– Font des photos et des vidéos régulièrement, qu’elles t’envoient pour partager avec toi ces moments précieux où tu n’es pas là

– Te racontent ce qu’il a fait dans la journée, du premier pipi à son score aux dominos, même si les autres parents trouvent ça idiot

– Te disent « Je l’aime drôlement tu sais »… et tu sais que c’est vrai.

 

-Lexie Swing-

Premières minutes de réveil

Juste avant./

Juste avant./

Le réveil sonne. Tu t’extirpes avec lenteur des bras lourds du sommeil. Parfois, si t’es comme moi, tu repousses l’heure pour 15 minutes de plus. Dans le noir, tu tâtonnes pour couper court à ce bruit insolent. La sonnerie des cellulaires n’a rien à envier à mon réveil Flik-Flak d’enfant. Tu éteins la répétition infernale, les yeux à peine ouverts. Et puis ?

Quand je pose la question à quelques copains, ils me répondent : « Et puis je me lève d’un bond tel Bambi surpris par le soleil levant » (version sportif), « Et puis je dévore quelques pages du dernier Alice Munro, prix Nobel de littérature » (version cultivé), « Et puis je lance France Inter, c’est la radio que je préfère » (version journaleux). C’t’une blague les gars ? Vous venez de vous extirper des mains délicatement manucurées du rêve d’Angelina Jolie et vous avez la vaillance d’un faon à l’orée du matin ?

Bon. Admettons. Moi quand le réveil sonne et que mon cerveau tourne à trois à l’heure (sa version rapide du demi-sommeil) pour calculer si je peux encore m’octroyer 15 minutes avec Johnny D., j’ai l’esprit aussi vif qu’une fougère sur le bord d’un lac. La première chose que je fais c’est donc… consulter mon cellulaire. WHAT??? Oui j’assume pleinement. À 6h du matin je suis une loque peu vêtue qui consulte ses messages. Et attention, on est pas dans un film, je ne vérifie pas fébrilement mes mails pros pour savoir si le chef bidultruc m’a promue responsable de je-ne-sais-trop-quoi (oui je viens de finir un bouquin qui parle d’une fille comme ça, comment avez-vous deviné?), je regarde Whatsapp. Et Facebook. Non pas Twitter, je me fous des infos, je ne veux pas savoir que la place des femmes a reculé de 132% dans la moitié des pays de l’hémisphère sud ou que mon ex-président a fait péter un bouton de chemisette dans des circonstances incertaines. Je veux savoir ce que font mes amis, même que certains m’envoient de doux messages, genre « j’ai testé ta recette, pis t’es une déesse de la cuisine rapide et simple » ou mieux : « J’ai lu ton dernier article et c’était carrément du Ronsard, t’es la meilleure écrivaine au monde, ever ».

Voilà. Un jour ton Nobel, ce sera moi.

Bon ok, ton Bridget Jones plutôt.

-Lexie Swing-

Instants

Preuve d'amour./ Photo Nicola Romagna

Preuve d’amour./ Photo Nicola Romagna

Je retiens ta main. « Non, restons encore un peu ». Nous avons du temps à tuer, nous pourrions rentrer, mais je veux rester là, face à toi. La table est bancale, le café minuscule ne durera pas. Tant pis, je le boirai froid. Pour prolonger le plaisir et projeter encore avec toi des milliers de choses. Ton regard se perd, tu souris. Derrière moi, il y a un « un jour, peut-être », une fillette tout juste née qui te sourit en babillant. Un jour, peut-être, nous aurons un autre enfant. Tes yeux croisent le mien, tu ris de notre connivence, saisis ma main, imagine notre future demeure, anticipe nos prochains voyages. « Restons encore ». Je renverse la tasse de café contre mes lèvres entrouvertes et les dernières gouttes s’étiolent le long de la porcelaine. L’heure sur nos cellulaires nous rappelle que le temps joue contre nous. Il faut partir, on nous attend.

Recommençons.

Je suis en retard. Tu es à l’heure. Je suis à pied. Tu grimpes en voiture. « Je te dépose ». On dirait que nous serions des inconnus. On dirait que je ne me serais pas assise mille fois là, à côté de toi. A 21, 22, 25, 28 ans, heureuse, déprimée, déboussolée, amoureuse, agacée, enceinte, accouchant, t’étreignant, débattant et rêvant. On n’est plus des inconnus. Dans la voiture qui me conduit au métro, nous rions de la vie que nous menons, des projets que nous faisons, de la route que nous prenons, de ces instants à deux que nous retenons, ravis de se retrouver assis là, côte-à-côte, comme la toute première fois.

-Lexie Swing-

Toi et moi

Montréal mon amour./ Photo Gerry Lauzon

Montréal mon amour./ Photo Gerry Lauzon

Je ne me souviens pas du moment précis de notre coup de foudre, mais je pense qu’il s’est produit sur papier glacé, avant même que l’on se rencontre pour de vrai. Je t’ai aimé au premier regard. Tu étais charmant, accueillant, tranquille et bienveillant. Tu n’étais pourtant pas de tout repos! Les premières semaines, tu soufflais le froid et le chaud, m’obligeant à redoubler d’ingéniosité pour te suivre.

Grâce à toi, j’ai redonné un souffle à ma carrière professionnelle, attrapant au vol les rênes que l’on me tendait, et me rendaient désormais responsable d’un site tout entier.

Grâce à toi, j’ai donné à ma fille la chance de connaître deux nounous parfaites, qui la font rire et danser chaque jour, et lui apprennent tant de choses que je reste souvent pantoise de ses progrès au quotidien.

Grâce à toi, mon amoureux poursuit sa carrière avec brio, et a choisi sans hésitation de changer de parcours, parce que tu lui as rappelé que, oui, c’était possible, et qu’avec toi toute expérience était une expérience de plus, et pas une tache dans un CV.

Tu m’as fait découvrir la tarte au sucre, et le hockey, le cidre en petites bouteilles, les expressions comme « sa blonde » même si je suis brune, « avoir la fale à l’air » qui m’a valu quelques quiproquos, et « ça me bouillonne dans le fond d’la flûte » , sans commentaires! Tu m’as fait aimer les orignaux et détester les écureuils, parce qu’ils vident ma poubelle sans vergogne dès que j’ai le dos tourné.

Tu m’as appris à traverser les tempêtes et les canicules,  à résister au -40 degrés de l’hiver dernier et aux +35 d’il y a quelques jours. Tu m’as montré que j’avais des ressources, des tas, même en plein blizzard, perdue au milieu de nulle part, ma fille sur la hanche, avec pour seule vision le bus qui file au loin.

Grâce à toi, je sais désormais prendre mon temps. Je ne râle plus. Je ne critique presque plus. Sauf les vélos, qui continuent à me griller la priorité à tous les coins de rue.

Tu as fait de moi quelqu’un de meilleur, je crois, et de plus heureux, c’est sûr.

Joyeux premier anniversaire mon Canada.

 

-Lexie Swing-

To leave her behind (and not)

Christmas time./

Christmas time./

On a fermé la portière, baissé la vitre, fait coucou une dernière fois, remonté la vitre. On a roulé quelques minutes en silence, et le premier qui l’a rompu a lâché : « la vache c’est dur quand même ». On lui a dit qu’elle allait nous manquer, mais une fois seulement, pour ne pas l’étouffer. On aurait voulu lui dire encore, pour se rassurer, pour abandonner sur place un peu du poids qui lestait notre cœur. On est rentré, on s’est arrêté, on a dîné dans ce restau rapide, songé qu’elle aurait adoré ces frites. On a parlé de notre programme, de notre semaine de couple sans enfant. On a passé la porte, détourné le regard devant la chambre vide. On a pensé à cette nuit sans réveil, sans pleurs, juste du sommeil, beaucoup de sommeil. A nos activités, aux moments que l’on va partager. On a imaginé le moment où on allait la retrouver, à son sourire, à nos bras qui la serreraient si fort, à nos nez dans ses cheveux, sa peau chaude, sa voix douce, et son rire, son rire surtout…

Canapé, restaurant, cocktails et cinéma… Nous voilà!!

-Lexie Swing-

Quartier multilingue

Montréal-Ouest./ Arianne Relocation

Montréal-Ouest./ Arianne Relocation

On dit souvent que l’Ouest de Montréal est celui des Anglophones, et pour nous qui vivons à l’ouest de la 15 (Décarie), c’est une réalité. On préfère te dire « sorry » ou « how can I help you » qu’une phrase francophone. La presse-librairie n’affiche des magazines français qu’en vitrine et le rayon des bouquins pour enfants anglophones de la boutique de jouets est deux fois mieux achalandé que celui des livres francophones. C’est dans les paramètres; dans le quartier, l’anglais est la langue par défaut.

J’ai longtemps cru vivre au contact de quelques Canadiens anglos privilégiés (au vu des prix de l’immobilier), oscillant entre le dandy anglais et le pro-environnement de Seattle. Et puis je me suis mise à tendre l’oreille. Non pas au coeur de Monkland, où la population a la peau désespérément laiteuse et l’anglais châtié, mais dans le bus qui me conduit chaque jour un peu plus à l’ouest encore. J’y ai vu de toutes les couleurs, entendu des langues parfois inconnues, reconnu des signes d’autres langages sur des cellulaires dernier cri. A Montréal, en particulier à l’ouest, les communautés se mélangent, s’interpellant dans un anglais parfois hésitant. Mais toutes et tous, de la vieille dame équatorienne de 80 balais au p’tit cul originaire de Chine, ont conservé leur langue. Ils sont là, parfois, depuis trois générations, mais la technologie et les verbes qu’ils manient reflètent leur appartenance d’origine, quand parfois même leurs traits ne la montrent plus. Je trouve ça à la fois charmant, et perturbant. Comment cet ado Japonais que je croise parfois dans le bus, né au Canada de parents nés Canadiens, manie-t-il mieux la langue de ces ancêtres que celle du pays qui l’a vu naître? Comment conservent-ils tous si précieusement leur langue, quand le Québec peine à maintenir son français en l’état? Et comment font-ils pour cohabiter tous avec cette indifférence joyeuse, retrouvant dans l’anglais une langue de rassemblement (quoique souvent maltraitée) et de partage ?

Je vais continuer à creuser la question…

 

-Lexie Swing-

En silence

6 jours./ Photo DR Lexie Swing

6 jours./ Photo DR Lexie Swing

J’ai bondi. Il était 2 heures 40. Tu étais perdu, endormi depuis quelques minutes à peine. J’ai bondi et c’était le jour J. L’aventure commençait. On nous avait parlé des photos, de ces visages tirés, de la fatigue visible. On a fait fi de tout ça. On a ri. On s’est douché. On s’est lavé les cheveux. Tu les portais déjà longs. On les a séchés. Un peu plus vite que d’habitude. Je me suis maquillée. Pour que tout soit parfait. Il était 3 heures 45. On a pris la route. On avait une heure. On avait craint les bouchons, la neige, les contractions chaotiques. On était dimanche, le jour n’était encore qu’un espoir et la route parfaitement dégagée. On a sillonné les routes de notre campagne. Toutes les cinq minutes, notre conversation s’arrêtait. Je serrais ta main plus fort. C’était le signe. Imprévu. Inaudible. Compris de toi seul. Dans un virage, nous avons échangé un regard. Je t’ai dit « nous allons être parents ». Ou peut-être est-ce toi. Nous repasserons cent fois encore par ce virage, changés à jamais. Mais c’est le jour J. Nous ne sommes encore que deux, avec des pieds qui dansent la sarabande dans mon ventre. Il est presque 5 heures, Toulouse est silencieuse. Nous pénétrons doucement dans notre ancien quartier, notre premier quartier, à quelques mètres à peine de ce cocon suspendu qui fût notre maison. Je te dis que je peux marcher. Je fais dix pas, et je te dis que peut-être pas. Je serre les dents, tu me soutiens. Il en sera ainsi jusqu’au bout du chemin. L’hôpital chuchote. Une heure passe. Lasse de serrer les dents en silence, je lâche la seule phrase qui traversera mes lèvres ce matin là : s’il vous plaît, faites quelque chose. Serrer ta main ne suffit plus. En silence, on me fait asseoir, me pencher en avant, plonger mes yeux dans les tiens. Voilà, madame, bientôt ce sera mieux. La voix est douce à mon oreille. Et puis l’éternité baigne la pièce, le temps est suspendu. Deux heures encore. Deux heures à rire, deux heures à dormir (pour moi), deux heures indécises. Il est temps. Elle est là. Quelques minutes à peine. Elle n’est pas encore sortie qu’elle pousse déjà un cri. Affronte le monde avec cette personnalité si forte et si calme à la fois, qui la caractérise. Elle est au milieu des courbes, à l’heure du café, arrivée sur un nuage de coton blanc au détour de nos vies. Plus tard, un médecin dira : « Elle est si sage, sa venue au monde a dû être très douce, je ne suis pas sûre qu’elle sache qu’elle est née ». Mais nous sommes là pour en témoigner. Toi et moi. On a accompli ce miracle pourtant banal. Il y aura dix-huit mois dans quelques jours, un peu de toi, un peu de moi, tes yeux, mon nez, et une bouche indécise, sont entrés dans nos vies… en rompant le silence. Elle est de nous, unique au monde.

-Lexie Swing-

Je la croise souvent…

Juliana Just Costa./

Juliana Just Costa./

… elle joue au moins une fois par semaine à ma station. Le guichet à peine passé, sa voix résonne en moi, rebondissant sur les larges murs du métro. Je souris aussitôt. Je suis habituée à la voir, toujours bercée par sa musique et envoûtée par sa voix mélodieuse. Elle me fait cadeau de quelques minutes de jazz entre ma maison et mon travail, un petit pont, une main tendue. Le métro qui s’annonce et la voix métallique annonçant un retard sur la ligne verte m’agacent, et j’incendie du regard les hauts-parleurs invisibles qui couvrent son timbre pourtant puissant.

Elle s’appelle Juliana Just Costa. Native du Québec, elle est fille de musiciens et se nourrit, si j’en crois sa biographie, de la richesse de quelques mois ou années passé(e)s à Mexico. Elle chante pour moi trois minutes à peine et j’ai le sourire (et sa chanson dans la tête) pour deux heures au moins. Merci à elle et à toutes ces « étoiles du métro » qui me donnent envie d’esquisser quelques pas de danse chaque matin.

 

-Lexie Swing-

Résultat d’examen

Doctor and patient./ Seattle municipal archives

Doctor and patient./ Seattle municipal archives

Examen médical… Je vais chercher le compte-rendu, mon médecin ayant choisi ce moment opportun pour partir en vacances.

La secrétaire médicale me tend le document, et puis se ravise:

 » Votre médecin les a eus ? »

« Non, il est en vacances. »

Elle insiste : « Et vous allez voir un autre médecin du coup ? »

Je commence à avoir des sueurs froides :

 » Non, mais le mien sait que je devais récupérer les résultats… »

Et alors que je vais enfin les saisir, elle me les retire des doigts :

 » Vous l’appellerez hein? »

Je hoche la tête, les prend fébrilement, sort la feuille en tremblant. Le texte est ponctué du mot « négatif », avant la conclusion finale (en substance) : « Tout est ok ».

Je regarde la secrétaire : « Pourquoi voulez-vous que je parle à mon médecin s’il n’y a rien? »

« Ah, il n’y a rien?, me répond-elle. Tant mieux! Mais je n’en savais rien, je n’ai pas lu vos résultats, je vous posais juste les questions habituelles ».

Ne jamais se fier…

 

-Lexie Swing-