Française de l’étranger

Un pont entre deux mondes./ Photo MFE

Un pont entre deux mondes./ Photo MFE

Mon amie J. est de retour en France après 6 mois passés sur notre continent. Son retour s’est fait avec l’apprentissage des différences culturelles auxquelles on échappe rarement lorsque l’on passe un certain temps dans un autre pays. Du bon et du mauvais. Elle en fait le constat ici.

C’est le lot de tout Français de l’étranger que de comparer à un moment ou un autre ce qu’il a connu et ce qu’il a découvert, son passé et son quotidien, son éducation et celle qu’il délivre désormais à ses enfants sur un sol différent. Avec le temps, on n’oublie de comparer. Parce que le présent prend le pas. On se met alors à évoquer la géographie et la politique d’un pays nouveau, à débattre de la dernière mesure gouvernementale d’un premier ministre qui est désormais le nôtre ou à trépigner devant l’offre démesurée des festivals d’été de ce qui est devenu « notre » ville. Se mêlent des bribes d’information venues de ce pays dans lequel on a grandi et qui nous a donné la nationalité que nous portons ici avec plus ou moins de fierté.

Lorsqu’on demande aux Français de l’étranger, immigrés canadiens, pourquoi ils ont quitté leur patrie, tous ne sont pas critiques envers ce qui fut leur pays. Ils évoquent plutôt l’envie de découvrir autre chose, la perspective d’aborder un nouveau continent, la richesse d’une culture différente. Ils sourient aussi, l’air incertain : « Peut-être que nous rentrerons un jour ». Parce que c’est vrai. Parce que nous n’avons pas toujours le choix. Parce que les envies changent. Parce que certains sont partis sans s’interroger sur le caractère définitif de leur choix et qu’ils n’ont jamais exclu de revenir. Parce que tous se refusent à fermer la porte, au cas où la vie les prendrait de court. Parce qu’ils refusent d’essuyer un sentiment d’échec.

Je suis Française. De nationalité, de racines, d’origines. De souvenirs. De famille. Mais pas de patrie. Je ne me sens d’aucune patrie. Je refuse de faire partie d’un tout, sauf s’il englobe le monde. Je suis partie parce que je voulais découvrir autre chose. Je suis partie parce que je ne supportais plus la France. Et c’est ma propre vérité. Je refuse de caresser le dos du pays qui m’a vu naître pour lui planter un couteau ensuite. Je suis partie parce que je ne supportais plus le manque de perspectives, parce que je ne voulais plus de l’obscurantisme, parce que l’esprit français m’engloutissait peu à peu dans sa morosité latente. Parce qu’à l’aube de mon départ, les manifs anti et pro mariage pour tous, la haine visible, le rejet de l’autre palpable, m’ont mis le coup de grâce.

Être Français, ce n’est pas pour moi être un râleur, un profiteur, un égoïste qui oublie de lever le nez pour se préoccuper des autres. C’est avoir des souvenirs communs, des concordances. Pouvoir répéter en coeur « But, where is Brian? » et se moquer de nos pauvres cours d’anglais dont le niveau fait sourire le monde entier. Rire du Club Dorothée et se demander ce qu’est devenue Justine de Premier Baiser. Critiquer Paris. Oublier qui est le premier ministre. Savoir que nos destinations soleil pas chères, c’était l’Italie, l’Espagne ou le Maghreb, plutôt que Cuba, le Mexique ou la Floride. Louer la proximité que nous avions de l’Europe, toute l’Europe, des pays merveilleux et différents à un jet d’avion à petit prix.

J’aime mon histoire. Je chéris mes souvenirs. Je ne regrette pas la France. Ce n’est pas ma patrie. Je reviendrais pour ma famille. Je ferais le trajet pour mes amis. Le reste est avec moi, en chacune des personnes que je rencontre et qui a les mêmes racines géographiques. Dans la langue que nous partageons et qui est, par la richesse de son vocabulaire, l’une des plus belles au monde. Dans nos lieux communs. Dans nos anecdotes. Et nous sommes capables de les partager sur n’importe quel continent, faisant fi du concept de nationalité, à cheval entre plusieurs mondes. Apatrides, mais tellement libres…

-Lexie Swing-

 

La Saint-Jean à Saint-Bruno

Dévaler la colline dans un ballon./ Photo DR Lexie Swing

Dévaler la colline dans un ballon./ Photo DR Lexie Swing

Quand nous étions plus jeunes avec Mr Swing, et surtout nullipares, nous fréquentions peu les événements et fêtes de village. Rencontrer des voisins, aller « jouer aux boules », faire la conversation… Tout cela importait peu aux antisociaux que nous étions :) Notre toute-petite a définitivement changé cette perspective. Plus elle grandit, plus l’envie grandit avec elle de lui faire découvrir les choses autour de nous.

C’est ainsi qu’hier, j’ai arrimé l’enfant dans sa poussette pour l’entraîner jusqu’à la fête du village. Malgré toute ma bonne volonté, le principe de fête du village sonne inévitablement ringard (ou quétaine, selon d’où l’on vient) à mes oreilles. Je m’attendais donc à quelques tristes jeux, noirs de monde et dispendieux. Mais j’étais résolue à aller voir malgré tout (et à occuper un enfant de 28 mois un après-midi de jour férié).

Bien m’en a pris! Nous avons été accueillis par un petit stand, tenu par des étudiants, qui gonflaient à mesure que les enfants se présentaient des ballons aux couleurs de la fête. J’ai instinctivement levé le nez vers le ciel pour voir combien avaient déjà été échappés, et fût curieuse de n’en découvrir aucun, au vu du nombre d’enfants au mètre carré. Et pour cause : les jeunes avaient conçu un ingénieux système de ficelle à attacher au bras de l’enfant (ou à la poussette!). Notre tour rapidement venu, un jeune homme s’est donc agenouillé vers Miss Swing pour lui prendre doucement le bras et y attacher la précieuse « balloune » bleue, tout en lui demandant comment elle allait et en l’enjoignant à passer un bon moment. La fête commençait bien!

Nous avons découvert une démonstration d’escrime, observé des enfants qui dévalaient des pentes, enfermés dans des immenses ballons. Nous avons dépassé la carriole tirée par un cheval, avant de rejoindre un parcours pour tout-petits, installé par « Karibou », un organisme de baby-gym présent un peu partout au Québec. Après avoir dévalé la glissade et testé les slaloms, sans être jamais gênée par un groupe d’enfants, Miss Swing s’est essayée au château gonflable, malheureusement sans succès (à réessayer l’an prochain :)).

Autour du lac./ Photo DR Lexie Swing

Autour du lac./ Photo DR Lexie Swing

Nous avons continué le tour du lac, agité la main pour faire coucou aux familles qui avaient loué des canots, puis rejoint la file du carrousel des poneys. Celle-ci a fermé avant que la miss ait pu grimper sur une petite selle. Mais son papa, arrivant sur ses entrefaites, en a profité pour remarquer que « les poneys semblaient bien traiter, d’ailleurs ils étaient abrités du soleil » (je l’ai bien éduqué hein? Devant ce genre d’activités il fait désormais comme moi : il vérifie que l’animal a de l’eau pas loin, qu’il ne semble pas fatigué et qu’il bosse dans d’apparentes bonnes conditions).

Nous avons terminé l’après-midi par une limonade, la seule chose pour laquelle nous ayons eu à débourser quelques dollars, toutes les activités étant complètement gratuites.

En attendant l’année prochaine, on lorgne déjà sur la Fête du Canada, le 1er juillet, et sur le cinéparc, qui commence le 3.

Et vous, qu’avez-vous fait pour la Saint-Jean ?

– Lexie Swing-

17h30

Souper en famille./ Photo USDA

Souper en famille./ Photo USDA

17h30. Nous sommes sur le perron devant chez nous. Le chien trépigne derrière la porte que je tarde à ouvrir. Miss Swing caresse d’une main tendre les fleurs de l’allée déjà fanées. 17h30, c’est l’heure où, dans une autre vie, je partais m’acheter un goûter avant de faire les relectures, de réaliser une dernière interview et d’envoyer les bons à tirer. 17h30, ça a été l’heure où je sortais du lycée, où je sortais du cours de piano ou de l’heure de danse.

17h30, c’est l’heure où désormais je rentre à la maison. 17h30, c’est l’heure où parfois nous soupons. Oui, tu as bien lu. Nous sommes tombés du côté obscur. Du côté des anglo-saxons dont on se moquait volontiers jadis au motif qu’ils mangeaient comme les poules, ou comme les vieux. Et l’on se trouvait terriblement cools, je crois, de dîner au coucher du soleil. A 19 ou 20h, pour ceux dont les parents finissaient un peu tard.

On a résisté quelques semaines. 17h30, qui a faim à 17h30? Et puis doucement, tout doucement, l’heure du repas a pris ses aises à la place du goûter. La collation de la miss était aux alentours de 15h et elle débarquait à la maison réellement affamée. Bientôt, nous nous sommes demandés « pourquoi rajouter un goûter quand nous pourrions juste souper? »

Alors nous avons rangé nos préjugés au placard pour nous mettre à table. En vrai, il n’est pas si courant que nous puissions manger à 17h30. Cela implique que le repas soit déjà prêt, qu’il n’y est pas de courses à faire ou que la journée de Mr Swing n’ait pas trop duré. Mais il est rare, désormais, que nous commencions à manger après 18h.

J’avais des tas d’idées reçues sur le concept, je n’en ai retiré que des bénéfices. Plus de goûter supplémentaire en attendant le dîner, plus de plat un peu gras qui reste sur l’estomac parce qu’il a été dégusté un peu trop tard. Souper tôt, c’est aussi s’autoriser une deuxième vie, un deuxième temps dans sa journée. Pour jouer dehors ou jardiner, pour bouquiner, pour faire du sport ou pour retourner faire quelques magasins, puisque ceux-ci ferment souvent vers 21h en semaine.

Aux petits Français qui rentrent de l’école affamés, on clame toujours « arrête de grignoter, ce n’est pas l’heure de manger! ». Et si, justement, c’était l’heure de manger ? Une revendication corporelle doublée d’une manifestation des papilles que l’on n’écoute rarement, bercés par nos habitudes. Aujourd’hui, si je rentrais chez moi à 17h30 et que l’on me disait « Nous mangerons à 20h », je ne pourrais pas m’empêcher de me demander « Mais pourquoi, t’es-tu sérieux ? »

Et vous, à quelle heure soupez-vous ?

 

-Lexie Swing-

Crêpanita et le Marché Saint-Jacques

Crêpanita est tenu par un couple de Bretons./ Photo DR Lexie Swing

Crêpanita est tenu par un couple de Bretons./ Photo DR Lexie Swing

Depuis quelque temps, nous n’avons plus de poêle à crêpes. Notre cuisinière électrique a été remplacée par une autre, induction cette fois-ci, avec les accessoires coûteux que l’on connaît. Au vu du prix des casseroles, nous avons donc fait l’impasse sur ladite poêle. Mais cela faisait plusieurs semaines que je me languissais d’en manger. En attendant l’investissement, je me suis abonnée au fil Instagram du restaurant breton-montréalais Crêpanita, histoire de saliver à défaut de dévorer.

Et puis hier, à la faveur d’un post, j’ai découvert que les propriétaires lançaient « L’Oiseau matinal », une formule à 10$ proposée les fins de semaines de 9h à 11h et qui comprend une crêpe sucrée, une boisson froide et une boisson chaude. Nous n’avions rien de prévu le lendemain matin, c’était encore un peu les vacances dans notre tête (nous rentrons d’une semaine aux USA), nous avons donc jugé le moment opportun (enfin j’ai jugé, et vu mon débordant enthousiasme n’admettant aucun refus, Mr Swing s’est incliné) pour tester la petite enseigne, tenue par un couple de Bretons, dont nous avions déjà plusieurs fois entendu parler.

Voici le menu tel qu’il était inscrit sur Instagram et Facebook :

– 1 crêpe beurre-sucre OU 1 crêpe sucre-citron OU 1 hermine (au sarrasin, caramel au beurre salé et pacanes torréfiées OU au froment, caramel au beurre salé et amandes effilées) – 1 boisson froide (jus d’orange ou de pamplemousse fraîchement pressé, limonade à l’eau de rose, jus d’hibiscus, jus de pomme) – 1 boisson chaude (thé, café, jus de pomme chaud à la cannelle, chocolat chaud).

Nous sommes arrivés à 9h30, nous étions les seuls et avons donc pu profiter pleinement de l’endroit, assis autour d’une jolie table en bois, tandis qu’Erwan le propriétaire expliquait à voix basse à son second les rudiments de – je pense – la confection du Kouign Amann (à en juger par le fait qu’ils touraient la pâte, mais je m’avance peut-être lol, c’est parce que je rêve désormais de tester le Kouign Amann, j’y ai vu un signe!!).

La miss au marché Saint Jacques./ Photo DR Lexie Swing

La miss au marché Saint Jacques./ Photo DR Lexie Swing

Nous avons choisi des crêpes (citron et sucre), mais n’avons pas résisté à l’envie de goûter une hermine (un petit gâteau en forme d’étoile filante – superbe… et impossible à photographier puisqu’il a été dévoré sitôt posé sur la table – non non, pas par l’enfant…) à la farine de sarrasin, caramel au beurre salé et pacanes). Les crêpes sont fines et goûteuses, les jus de fruits pressés servis dans de jolies bouteilles à l’ancienne et le café est bon. Je recommande, notamment si vous avez la chance de vous asseoir à la table du fond que Miss Swing a nettoyée en long, en large et en travers durant toute la fin du repas (c’est son plaisir du moment).

Je ne vous referais pas le topo sur tout ce que le resto propose de fameux, notamment la pâte à tartiner et le caramel au beurre salé maison mais vous pourrez en savoir plus en lisant l’article de ma copine Marie (et puis elle, elle a mis des photos des plats ;)).

Avant de rentrer, nous avons voulu voir le marché Saint-Jacques juste à côté, inconnu au bataillon pour nous. Et c’est une sacrée découverte! Le marché – intérieur – est très mignon. Petit mais bien achalandé. Nous avons testé le primeur (et les légumes et fruits goûtés ce midi y sont bons), ainsi que le saucissier allemand qui vend également du Milka (je trépignais) et le boulanger. J’y ai vu aussi un frigo de fromages estampillé « 3 pour 14 dollars ». Une affaire quand on voit le prix du fromage au Québec! Un peu plus loin, un café turc et une très jolie pâtisserie ferment la marche. Vous laisserez vous tenter?

-Lexie Swing-

 

Bilingue, le Québec?

Enfant bilingue

Enfant bilingue

« Bonjour, Hi » a longtemps été l’expression qui nous accueillait dans les magasins à Montréal. Il faut dire que nous vivions à NDG, quartier majoritairement anglophone, et que je travaillais (et c’est toujours le cas) proche de la station Peel, le quartier des affaires. L’anglais était donc partout roi, mais les vendeurs et serveurs passaient avec aisance d’une langue à l’autre comme s’ils étaient nés avec les deux depuis toujours.

Pourtant, je me rends compte de plus en plus que cette aisance n’a rien de répandu. Par ma profession, j’ai l’occasion d’échanger avec des personnes travaillant dans l’administration québécoise. Or selon elles, un fossé se crée de plus en plus entre le niveau réel des postulants (qui possèdent souvent un anglais fonctionnel tout au plus) et le niveau de maîtrise d’anglais demandé à Montréal.

Alors quoi? On peut être une petite Française et débarquer en terrain conquis avec sa langue maternelle comme seul bagage ? Que dalle. Je n’en crois pas un mot. La plupart des offres d’emploi requièrent un certain niveau d’anglais. Parfois, celui-ci n’est même pas utilisé, mais c’est « au cas où ». Au cas où l’entreprise ouvrirait des antennes plus à l’Ouest, ou plus au Sud, aux « États » (comme on dit ici). Au cas où le boss serait remplacé par un (une) autre, anglophone cette fois. Au cas où, sur les 10 000 requêtes quotidiennes, il y en aurait une toute petite en anglais dans le texte.

Mais le fait est qu’on se débrouille. Je fais désormais sans problème des entrevues en anglais, même si j’ai toujours un petit chouillas de doute avant de décrocher mon téléphone. Et regarder Netflix (non francophone) est devenu notre lot quotidien. Je suis persuadée aujourd’hui qu’on peut passer sa vie au Québec sans décrocher un mot d’anglais, mais si l’on veut s’y intégrer, c’est le minimum. Ne serait-ce que pour déjouer les traductions parfois douteuses sur les aliments et autres produits du commerce.

Et de votre côté, anglais obligatoire ou non?

-Lexie Swing-

 

 

Entre deux wagons

Métro Berri./ Photo Michel Filion

Métro Berri./ Photo Michel Filion

Il m’a adressé la parole sur le quai du métro, plaisantant poliment sur l’information que je lisais avec tant d’attention. Je l’ai ignoré, feint la surdité. Ils sont tous les mêmes. Ils abordent avec des sourires et des ronds de jambe, demandent l’heure en estimant le monde au balcon. Ils te complimentent quand ils t’approchent et te conspuent quand ils sont forcés de te quitter, agacés parce qu’ignorés.

Enfin ça, c’était avant.

Il m’a adressé la parole sur le quai du métro, plaisantant poliment sur l’information que je lisais avec tant d’attention. Je ne savais pas vraiment ce que le texte disait. Je relisais pour la cinquième fois la même phrase, les yeux encore à moitié fermés par une nuit trop courte. Je me suis un peu raidie. J’ai relevé la tête et j’ai souri. Il avait 40 ans et des tresses africaines. J’ai dit que c’était une information de première main, quelque chose entre la météo glaciale et les retards de train. Il m’a demandé si j’étais Française, m’a avoué que j’avais été trahie par mon accent. M’a demandé d’où j’étais Française. La formulation m’a amusée. Il m’a dit qu’il connaissait Toulouse, m’a cité la brique, la violette et le Capitole. A ajouté que c’était beau le Capitole. Mais qu’il y avait trop de crottes de chien. Pourquoi les Français ne ramassent-il pas les crottes de chien ?, s’est-il exclamé. J’ai hoché la tête, reconnu l’urgence du problème. Dit que Toulouse c’était à peu près ça. La brique, la violette et les crottes de chien. Il a ri. Le métro est arrivé. Je me suis engouffrée pour trouver une place assise pour mon gros ventre et moi. Je n’ai pas relevé la tête. Je me suis replongée dans l’article. Je ne sais toujours pas de quoi il parlait.

Ce matin j’ai échangé 20 mots avec un parfait inconnu. Ce n’était ni bon, ni mauvais. Mais pour la première fois depuis des années, je ne me suis pas sentie oppressée, je ne me suis pas sentie comme une brebis piégée qui évalue les chances de s’éclipser avant d’être interpellée. Et le Canada, pour moi, c’est aussi ça.

-Lexie Swing-

OH, les p’tits produits écolos

J’ai été élevée par des parents écolos, amoureux des animaux, et qui se sont volontiers tournés vers le bio lorsque celui-ci s’est démocratisé. Cependant, devenue adulte, ma conscience écolo a été proportionnelle à mon budget courses : faible! J’ai perpétué ce qu’on m’avait enseigné : le tri du papier, les emballages réduits, les petits producteurs, sans pour autant y consacrer beaucoup de réflexion.

On réutilise le même flacon./ Photo Montréal Gazette

On réutilise le même flacon./ Photo Montréal Gazette

J’ai connu OH de Baleco lorsque j’ai voulu, non pas réduire mon empreinte écolo, mais réduire mon budget à l’épicerie. Marre des notes sans fin avec un chiffre équivalent à un abonnement au gym. Alors on a fait le tri dans nos impératifs et on s’est naturellement tournés vers certaines solutions plus économiques. C’est ici que OH fait son apparition.

Dans mon IGA, il est apparu un samedi, trônant entre les Monsieur Propre et les mouchoirs. Quatre bonbonnes pleines de liquide, voisinant des savons pour les mains, des liquides vaisselle ou encore des détergents affublés du même logo. Samedi, après avoir comparé les prix avec nos bonnes vieilles marques, nous nous sommes décidés à tester un savon pour les mains. Un dollar de moins que les autres marques, lorsque nous remplirons notre précieux flacon à ces bonbonnes.

Au passage en caisse, le flacon s’est retrouvé orné d’un autocollant, qui nous permettra désormais de payer le prix faible, le prix du savon pour les mains à la pompe, lorsqu’on le remplira de nouveau. Mention spéciale à l’hôtesse de caisse, à qui j’ai demandé « Et comment ça marche? » (le concept) : « Ben, vous mettez le flacon en dessous de la pompe pis… vous appuyez, comme sur les bonbonnes d’eau… vous voyez? » Je vois…

Le concept est prometteur : écolo (réutilisation des flacons), contenants sans BPA, produits sans paraben, sans parfum, non testés sur les animaux, biodégradables en 28 jours, entre autres. Mieux encore : l’achat est local car OH est une entreprise québécoise.

J’ai lu un test sur ces produits : l’auteur, un habitué des tests de produits sanitaires et ménagers, s’attendait à l’inefficacité habituelle de certains produits écolos, mais il s’est dit agréablement surpris par le liquide vaisselle et la lessive, même si l’absence d’odeur peut-être déconcertante.

À voir sur le long terme donc, mais l’initiative méritait, grandement, d’être saluée. Gamme complète sur le site de Baleco.

-Lexie Swing-

PS Oui j’ai payé de mes piastres propres mon flacon, pas de sponsoring dissimulé ici!

Tu seras développeuse ma fille – apprendre HTML et CSS avec le Ladies Learning Code

Le Ladies Learning Code à la maison Notman./ Photo Branchez-vous

Le Ladies Learning Code à la maison Notman./ Photo Branchez-vous

Il y a quelques mois, j’ai eu l’occasion d’interroger les deux « Montreal chapters » (les responsables donc) du Ladies Learning Code. Créée par une Torontoise d’environ 25 ans à l’époque (vous pouvez pleurer, c’est ce que j’ai fait), l’organisme vise à rendre accessible l’apprentissage des codes html et css, de javascript, de WordPress ou encore de Python aux femmes (mais aussi aux hommes), un public qui, selon la fondatrice, se sent plutôt mal venu d’ordinaire dans ce genre de cours.

Avec mon amie et collègue, nous avons été séduites par l’idée et avons donc décidé de rejoindre les rangs d’un cours de six heures sur le langage HTML et les CSS dispensé en français un samedi après-midi. La leçon a lieu à la maison Notman, une vieille maison qui a pour habitude d’accueillir de nombreux organismes et start-ups dans le domaine des nouvelles technologies.

Nous sommes une soixantaine, installés par table de trois ou quatre, avec chacun notre ordinateur personnel. Café et thé à volonté, le cours peut commencer.

On attribue à chaque groupe un mentor, chargé de nous aiguiller pendant la séance et de nous réexpliquer au besoin des notions inconnues.

Pendant cinq heures, on code. Petit à petit, on chemine dans le cours, créant de nos mains un site internet à notre effigie. On apprend à rentrer dans le style et le body, à partir d’une page blanche pour réaliser un contenu vivant. Quand je clique sur un onglet, le site m’amène directement à la page concernée. C’est moi qui ai fait ça?

C’est attractif, c’est simple, c’est fatiguant aussi. Après 5 heures, plus une heure de pause dîner offerte par la maison, on a les yeux comme des soucoupes et la tête qui flanche. Tant mieux, on a terminé! Et si le coeur nous en dit, on peut approfondir nos connaissances avec d’autres cours plus avancés.

Alors, tenté(e)?

Ladies Learning Code, 60$ avec taxes. Calendrier à retrouver sur Ladieslearningcode.com. Cours disponibles dans tout le Canada. À noter que des sessions existent pour enseigner le code aux petits gars… et aux petites filles, à un âge où les stéréotypes de genre n’ont pas encore trop marqué les jeunes esprits.

-Lexie Swing-

 

Tannée du froid

Froid./ Photo Geert Schneider

Froid./ Photo Geert Schneider

Je suis tannée du froid. À en croire les gens qui vivent ici depuis des décennies, c’est la première fois qu’il fait aussi froid aussi longtemps. Appréciez la précision. Il a déjà fait aussi froid. Il a déjà fait froid longtemps. Mais aussi froid aussi longtemps, non.
Malgré les températures redoutables de ce mois (le -20 indiquait presqu’un redoux), ce n’est pas tant le froid extrême que la longueur qui commence à me moutarder le nez. Si le soleil est bien présent pendant l’hiver, il ne réchauffe guère. Point de caresse apaisante d’un rayon bienvenu, le froid est bien trop froid pour autoriser une telle entorse à l’hiver.
Je n’envie pourtant pas l’hiver français de mes régions. La pluie et le brouillard sont deux expressions climatiques dont je me passe avec facilité désormais. Mais la longueur de l’hiver est déprimante.

Demain, bientôt, ce sera mars. Les cabanes à sucre, le (vrai) redoux annoncé. -2 en fin de semaine. Et puis avril. Avril et … la pluie. Exit la douceur du printemps, avril est devenu mon number 1 des worst months ever, à peine éclairé par les bougies soufflées pour mon anniversaire. Deux ou trois semaines de pluie infamante pour ce mois réputé être celui du renouveau, de chaussures mouillées, de cheveux trempés. Lorsque l’on sort de six mois d’hiver, la pluie c’est l’enfer, c’est l’ennemi.

Je suis tannée du froid, et si j’en crois les gens qui persiflent le matin dans mon train, cela ferait presque de moi une vraie Québécoise. Car celui qui croit que les Québécois ne sont heureux que dans la neige ne les a jamais croisés au sortir de l’hiver, quand les jupes sont plus courtes que la barre rouge et verticale sur le baromètre.

Heureusement, bientôt mai sera là, dans deux mois?

-Lexie Swing-

Prendre un cours de couture avec les Triplettes

Direction les ateliers./ Photo DR Lexie Swing

Direction les ateliers./ Photo DR Lexie Swing

Je n’ai pas beaucoup de passion durable dans la vie, en dehors des livres et de l’écriture. Mais je saute joyeusement d’un projet à l’autre, toujours en quête de nouveautés.

Quand j’étais enfant, mon amie A. et moi étions gardées par “Tatie”, une nounou comme vous n’en trouverez plus et qui, de métier, était couturière. C’est donc tout naturellement qu’à 4 ou 5 ans elle nous a appris à coudre. Des boutons sur une forme dessinée d’abord, et puis des choses plus compliquées. À la même époque, j’ai eu ma première machine à coudre (et la dernière à ce jour). Et puis je me suis lassée.

Ceci dit, mon amie A., elle, s’y est remise il y a quelques années, et avec talent. Elle a cousu plusieurs choses pour Miss Swing dont sa couverture préférée et la cape de Petit Chaperon Rouge de son dernier costume d’Halloween. Si j’admire énormément ses créations, j’ai vite ressenti moi-même l’envie de faire d’aussi jolies choses. Alors quand ma mère, pour ma fête (oui nous fêtons les fêtes) m’a demandé ce que je voulais, j’étais enfin prête : “un cours de couture”.

Comme mon amie A., je voue un culte au Liberty, un tissu difficile à trouver ici au Canada. Il y a un an, j’avais fini par dénicher le coussin de mes rêves – à plus forte raison parce que c’est un nuage – dans une petite boutique montréalaise tenue par une Française. Elle donne aussi des cours, c’est donc tout naturellement que je me suis tournée vers elle le moment venu.

Marion, la propriétaire, propose plusieurs cours et plusieurs projets à réaliser, comme des coussins, des sacs, des vêtements. Pour ma part, j’ai choisi de réaliser une pochette à dessin pour Miss Swing, en deux cours.

Premier samedi, je me rends donc à Rosemont, dans une bâtisse surprenante abritant de nombreux artistes. Je salue l’autre “étudiante” et me plonge dans les tissus pour choisir avec Marion ce qui sera le plus adapté à ma réalisation.

La pochette terminée./ Photo DR Lexie Swing

La pochette terminée./ Photo DR Lexie Swing

Je mesure, je coupe, et puis il est temps de passer aux choses sérieuses : la machine. J’avais quelques appréhensions et des doutes quant à ma capacité à comprendre des consignes simples comme “passe le fil dans le chas” alors j’ai lu quelques tutos et regardé des vidéos. Heureusement, Marion se charge de remplir ma canette, une étape qui me semble insondable à ce stade.

Finalement, les gestes reviennent, ou s’apprennent, vite. L’aiguille court le long du tissu à mesure que mon pied enfonce la pédale. Je prends les courbes, suis les traits droits tracés au crayon et retiens mon souffle au moment de faire un point arrière pour fixer le tout.

Le cours passe à toute allure, je range mon travail en haut d”une étagère et prend congé. Deux semaines plus tard, retour à Rosemont où mon travail m’attend sagement. Nous sommes un peu plus nombreuses et je pense que mes nombreux appels ont retiré quelques minutes d’attention aux autres apprenties couturières. Mais je suis la seule à réaliser un tel projet et la tâche est un peu plus ardue que prévu. Finalement, c’est avec l’aide et la patience de Marion que mon sac à dessin se terminera.

J’ai hâte de recommencer, peut-être pour un programme complet d’apprentissage (travail des différents points et plusieurs projets à réaliser) et je convoite déjà une jolie petite machine pour mon anniversaire le mois presque prochain…

Les Triplettes, Atelier au 5795 de Gaspé, suite 213 B, Montréal

A partir de 24 dollars le cours.

 

-Lexie Swing-