Tortilla fondante

Tortilla fondante aux champignons./ Photo DR Lexie Swing

Tortilla fondante aux champignons./ Photo DR Lexie Swing

J’avais promis de travailler sur les photos. J’ai pas dit que j’allais le faire là, maintenant. Et puis vous avez déjà essayé de prendre en photo quelque chose d’aussi désespérément plat qu’une tortilla?
Sous cette platitude se cache heureusement une recette à réaliser en un claquement de doigts, parfaite pour accompagner la soupe et les giboulées de mars. On peut en faire un repas principal, accompagné d’une petite salade, ou en faire seulement une, coupée en pointes et proposée au partage familial.

La recette de base est simplissime : deux belles tortillas, de la crème épaisse (au Québec, privilégiez la crème sûre, sa légère acidité se marie à merveille avec la tortilla), du fromage râpé, de l’huile d’olive.

Une idée de préparation parmi d’autres : poulet – champignons.

Prenez une tortilla. Déposez-la à plat. Répartissez tous vos ingrédients finement émincés. Puis quelques généreuses cuillères à soupe de crème. Déposez la seconde tortilla par dessus. Versez deux cuillerées d’huile d’olive dans votre poêle, faites chauffer puis déposez votre sandwich de tortilla. Appuyez doucement pour qu’elle dore. Retournez pour faire saisir l’autre côté. Et servez.

Si vous avez été généreux en crème et fromage, le retournement de la bête ne devrait pas vous poser de problème. J’ai à peine retrouvé quelques champignons par terre, vite englouti par mon aide-cuisine-poubelle (le chien) (Dieu merci la petite ne mange pas le champignon tombé par terre).

Tentez, vous m’en donnerez des nouvelles!

-Lexie Swing-

Long time no see

Saint-Bruno sous la neige./ Photo DR Lexie Swing

Saint-Bruno sous la neige./ Photo DR Lexie Swing

Ça fait quelque temps qu’on ne s’est pas vu, vous et moi. Je passe en coup de vent, le temps d’évoquer quelque jouet, et puis je repars. Vous vous dites probablement que la conciliation travail-famille m’a aspiré dans son vortex avant de me rejeter chaque soir sur la jetée, ou mon lit plutôt, et vous n’avez pas tort. Mais ce n’est pas toute la vérité.

La vérité est que nous avons récemment été pris aux griffes d’un montre puissant, implacable, vindicatif et assoiffé, qui est revenu maintes fois à la charge avant d’être terrassé. La ma-la-die. Une maladie qui a frappé bruyamment à la porte un samedi matin en assaillant Miss Swing d’un bon petit 40 de fièvre qui l’a laissée exsangue et fatiguée. À peine semblait-elle avoir repris du poil de la bête que nous avons dû à notre tour livrer bataille. Plusieurs fois. Au point de ne plus pouvoir se lever. Au point de défiler à la clinique. Au point de finir à l’hôpital parce que le monstre avait pris trop d’ampleur. Il a fallu les bons médicaments et l’appui indéfectible de nos amis Aurore et Thomas pour que le vilain prenne ses microbes sous le bras et s’en aille terrasser d’autres foyers que le nôtre. Une semaine à ne pas pouvoir se lever. Une semaine à tituber. Une semaine à manger des restes et du congelé. Une semaine à espérer que demain serait meilleur et à ne pas voir le jour se lever.

Je le répète : sans nos amis, qui sont la famille que nous n’avons pas ici, nous serions probablement encore dedans, faute d’avoir pu se libérer du temps pour se soigner. Alors prenez soin des vôtres, tous les vôtres, pas seulement ceux dont le sang et le nom resplendissent dans votre arbre généalogique.

Et que cet hiver que je n’ai presque pas vu, arrivé tard et parti tôt (je sais je sais, « on va sûrement se prendre une autre tempête dans les dents», mais c’est ça qu’on aime non? La belle tempête finale après avoir ressorti le barbecue?), s’éloigne tout à fait. Lui, ses températures mitigées, sa slush et ses moues dépitées à la gare le matin, qui me laissent à penser que tout le monde est définitivement tanné de ce demi-hiver qui prend fin.

À nous les cabanes à sucre.

À nous les beaux trenchs de printemps.

À nous l’herbe et les fleurettes, bien gardées au chaud sous leur manteau de neige.

À nous les factures Hydro qui reviennent à des montants raisonnables.

À nos enfants les parcs à jeux qui réouvrent leurs glissades et leurs balançoires.

Et à moi les trente printemps.

-Lexie Swing-

 

PS Ce n’est pas parce que je n’écris pas que mon esprit ne fonctionne pas, lui. Plusieurs idées me sont venues au fil de mes jours d’agonie. Ainsi, plus de photos devraient bientôt apparaître sur le site, un blogroll, une rubrique spéciale sur les boutiques et créateurs pour enfants québécois et même une vidéo pour vous faire découvrir en sons et en images notre dernier coup de cœur de la littérature enfantine. See you!

La lampe à histoires de Moulin Roty

La lampe à histoires Cirque de Moulin Roty./ Photo DR Lexie Swing

La lampe à histoires Cirque de Moulin Roty./ Photo DR Lexie Swing

C’est notre petit rituel du soir, en ce moment. On éteint, on se couche côte-à-côte sous les draps et de son petit doigt menu, elle enclenche le bouton magique. Derrière l’ampoule de la lampe de poche, une petite roue pleine d’images qu’elle tourne doucement. Sur le plafond, dans l’angle à gauche (elle ne vise pas encore très bien) des images drôles et colorées : la locomotive, un lion dans sa cage, un singe avec un chapeau, Monsieur Loyal, un éléphant jovial, etc. Cette baguette magique, c’est la lampe à histoires de Moulin Roty, magasinée à l’occasion de son anniversaire, le mois dernier. Nous avons choisi le thème cirque, avec trois petits disques inclus, mais d’autres existent : le Jardin du Moulin, Mademoiselle et Rimbambelle, les Jolis pas beaux… Si, au départ, je m’évertuais à raconter une histoire nourrie et passionnante selon moi, le visionnage quotidien a désormais laissé la place à des phrases comme « Oh, as-tu vu le chien avec un manteau?» ou « Et ça, c’est quoi comme animal ? ». Le côté lampe de poche permet également de jouer aux jeux d’ombres chinoises, un classique de nos enfances…

Le petit aspect négatif, c’est l’absence de recharges, si je puis dire : impossible d’acheter d’autres disques sans racheter une lampe, et disons qu’au bout d’un mois, on a plus que fait le tour des animaux du cirque.

Par ailleurs je m’étais enquis des avis et j’avais pu constater que certaines personnes éprouvaient un souci de netteté des images. À noter donc qu’il faut tourner la lentille pour régler l’image. Oui, fou n’est-ce pas ? Ah, ces maudits articles défectueux et ces deux mains gauches qui refusent d’obtempérer…

12,99 euros chez Oxybul, en France. Et chez Bagnoles et bobinettes, à Montréal. Elle est également disponible en ligne sur le site US de Bonjourpetit.com.

-Lexie Swing-

PS Ne mets pas la lumière dans tes yeux. Non pas dans tes yeux. Qu’est-ce que je viens de dire ? Noooon pas dans les yeux de ta soeur non plus. Tempête, lâche cette lampe tout de suite tu vas blesser quelqu’un.

PPS Côté ombre chinoise, je fais super bien le lama.

La reprise

Father and son./ Photo Frank Lindecke

Father and son./ Photo Frank Lindecke

J’ai repris le travail. Ça s’est vu : j’ai brusquement disparu de la blogosphère emportant avec moi mes couches sales et mes nuits trop courtes. Je vous rassure, mes nuits sont toujours courtes. Pour les couches sales, en revanche, j’ai passé la main et les paquets de lingettes au super papa.
Depuis dix jours, nous avons échangé les rôles. Je suis l’homme qui travaille, il est la mère au foyer. Voilà ce que, dans des contrées reculées et des temps anciens, nous aurions pu dire. Mais au Canada, au XXIe siècle, je suis une femme qui travaille et il est père au foyer. Le matin je me lève en premier, déjeune à la va-vite en devisant sur la neige qui fond et la vitesse du camion-poubelles avec Miss Swing, et puis je saute dans mes bottes et je cours jusqu’au bus, direction le centre-ville de Montréal, les grands immeubles, le boulot. Dans mon dos, à Saint-Bruno, la routine s’enclenche. Couche, biberon, déjeuners, vêtements propres et dents brossées. A l’heure dite, l’amoureux glisse le bébé dans sa poussette et Miss Swing dans ses vêtements de neige, et prend cahin-caha le chemin de la garderie.
Souvent, à la fin de la journée, je vais chercher Miss Swing à la garderie. Nous prenons notre temps, heureuses de se retrouver puisque nous nous sommes manquées. J’ai l’esprit et les bras libres. Nous marchons dans l’air froid du soir en chantant des chansons.
Quand nous rentrons, ça sent bon dans la maison. L’aspirateur est passé et les lits faits. Le repas cuit doucement dans le four ou la poêle. La table est mise. Le temps est suspendu.
Je les emmène prendre leur bain, le temps que le repas soit prêt et le papa délivré un instant des petits bras potelés qui l’accompagnent partout. La soirée file, souvent douce, parfois électrique. Alors c’est la nuit, la dernière série, les lignes un peu brouillées dans un bouquin. C’est la cuisine qu’on laisse rangée pour que Mister Swing ne se retrouve pas agressé par une pile d’assiettes sales au réveil. C’est le confort d’une maison habitée, bichonnée. Le confort d’une ampoule réparée, d’une mission exécutée. Le confort de la confiance, de pouvoir partir les yeux fermés et le cœur léger puisque l’autre est là, les manches relevés, tout à son rôle de père au foyer,
Ce n’est qu’un temps. Les photos de mon amoureux vêtu d’un porte-bébé, le four qui tourne à 17h, le confort d’avoir le temps, la liberté. Ce n’est qu’un temps. En mai, mon chéri reprendra le chemin du travail. La petite mandarine celui de la garderie. Nous inventerons autre chose, une autre vie.

 

-Lexie Swing-

Nostalgie

Balade dans le Vieux-Port. Entre la slush et le grésil, je navigue à vue. Les roues de la poussette s’embourbent en bas des trottoirs et je lutte tant bien que mal pour rejoindre la voiture. À quelques mètres de celle-ci, je souris. Fais quelques pas. Recule. Et m’arrête enfin. Devant moi trône une affiche épinglée sur une porte vitrée. Une grande affiche, ancienne. Deux gamins s’y embrassent, dans l’oubli du monde. Leurs culottes courtes sont le reflet de leur époque. Je connais bien cette image. Il y a longtemps, elle était accrochée au dessus du cadre de lit, dans la chambre d’amis qui nous accueillait, de passage chez mes grands-parents.

Elle me paraissait déjà trop rétro pour l’époque, je n’aimais pas vraiment cette image d’un temps plus ancien encore, trop révolu. Son caractère désuet me faisait frissonner, moi qui ait souvent du dégoût pour la nostalgie. Mais de la voir là, suspendue dans une vitrine, m’a fait me plonger en un instant dans une pièce désormais inoccupée. Une pièce perchée au 10e étage d’une tour HLM, et dans laquelle trônait un lit un peu bancal collé contre un autre, pliant et blanc, d’une place pour enfant. Une pièce dans laquelle j’ai pioché et dévoré des tas de bouquins, tous annotés sur la page de garde de l’écriture fine et serrée de ma grand-mère, dans cette petite dédicace habituelle qu’elle faisait à ma mère, dévoreuse de livres depuis ses premiers mots.

Il y eu trois temps. Trois temps très courts. La découverte. Le sourire. La douleur. La douleur de la nostalgie. De ce temps révolu. De cette pièce habitée par d’autres âmes que je ne connaîtrais pas. Et qui, dans un autre espace-temps, côtoient des âmes que je ne connais que trop bien. Et qui ont disparu. Cette photo, c’est un peu un naufrage. Celle de mon coeur, qui a, à cet instant précis, pris en pleine gueule la déferlante du temps qui s’enfuit et qui détruit tout. Restent alors les souvenirs. Me font une belle jambe les souvenirs. Eux qui ne sont que des mots, que des sourires, que des images. Qu’une affiche placardée sur une porte vitrée. Il n’y aura pas d’odeur de rates grésillant dans la poêle pleine de beurre, pas de petites saucisses cocktails pas très bonnes dans le bol des apéros, pas La Snoop’ gras et vaguement malade occupé à croquer des petits beurres, pas mon oncle racontant, soucieux du détail, l’erreur faite à ce point de l’Histoire, pas d’insouciance derrière ces mains veinées, et guère plus d’anecdotes rendues grandiloquentes par leur introduction : « Madame D., m’a-t-il dit, je suis d’accord avec vous!»

Restent les souvenirs. Et la nostalgie au détour d’une rue. Cette fichue nostalgie qui laisse un goût amer dans la bouche. Parce qu’elle goûte l’absence. Elle goûte la mort. Elle goûte ce passé qui ne reviendra pas. Ces gens qu’on ne serrera plus dans nos bras. Ce qui fut, et ne sera jamais plu. Et qu’il ne subsiste qu’une affiche.

Et une affiche moche, en plus.

 

-Lexie Swing-

Le calendrier Oxybul

Le calendrier Oxybul./ Photo DR Lexie Swing

Le calendrier Oxybul./ Photo DR Lexie Swing

Les articles se font rares, rapport au fait que j’ai repris le travail depuis peu. Une nouvelle routine qui demande quelques ajustements…

Il y a peu nous fêtions les trois ans de Miss Swing. À cette occasion, elle a reçu moult cadeaux (bien trop pour nos valises). Parmi eux, un calendrier Oxybul, qui avait fait l’objet d’une demande expresse et que j’attendais de pied ferme pour pouvoir enfin lui expliquer quel jour nous étions et qui serait l’éducatrice de la garderie ce jour-là.

– On est quel jour ?

– Mardi.

– C’est C. le mardi ?

– Non, c’est L.

– Je pense pas non.

– Si si je te jure.

– Mais L. c’est demain.

– C’est quoi pour toi demain?

– C’est quand c’est Papa qui vient me chercher.

– Ah non ça c’est le vendredi…

Vous voyez le truc… Rapport au temps, date, passé composé, c’est un peu du pédalage dans la semoule de couscous à trois ans… On a donc été heureux de pouvoir accrocher dans sa chambre notre nouveau calendrier en tissu Oxybul. Velcros résistants, petites pièces faciles à agripper, dessins mignons, ce calendrier est parfait pour les petits qui commencent à vouloir se repérer dans le temps et les changements. Un petit regret : pas d’espace « personnalisable » pour rajouter ses propres pièces de tissu. Qu’à cela ne tienne, je compte bien coller le visage de l’éducatrice du jour, soigneusement dessinée par mes soins, à côté de la date du jour. Affaire à suivre donc…

Calendrier Oxybul – 29,99 euros.

-Lexie Swing-

Vie d’expat : comment profiter des vacances en France

Les quelques petits cadeaux de B./Photo DR Lexie Swing

Les quelques petits cadeaux de B./Photo DR Lexie Swing

On a bien tassé les vêtements, sauté sur les valises, tire-bouchonné le linge sale dans les recoins pour qu’il prenne le moins de place possible. On est sur le départ, sur le retour. La maison est au bout du parcours. La maison… Le Canada. Puisque désormais c’est chez moi.

Voyager à quatre, avec deux enfants en bas âge, c’est comme sauter sans savoir si le parachute est encore opérationnel. Ça fout un peu la trouille, un peu le vertige, mais on est plein d’espoir. « Au pire on fera comme si on savait voler » se dit-on. Mais ça nécessite quelques préparations. N’est pas oiseau qui veut. Icare l’a bien compris.

Voici quelques conseils pour vous qui rentrez au pays pour les vacances.

1) Ne vous jetez pas sur la bouffe. La bouffe, c’est l’essence de l’enfance. On raille volontiers les expats qui se plaignent toujours que ce qui leur manque le plus, c’est la nourriture française. Le fromage, le vin, le foie gras, le bon pain… Mais en vrai, ce n’est pas parce que la nourriture française est réputée délicieuse, c’est parce que c’est la nôtre, qu’elle est empreinte de souvenirs, qu’elle nous enracine et nous réunit. Elle nous manque alors on se jette dessus sitôt passé le portillon des douanes. Grossière erreur. Après huit repas d’affilée « fromage-pommes de terre » mon estomac s’est mis en grève, refoulant tout ce qui n’était pas des légumes et des céréales bios. Impossible de profiter du meilleur de la nourriture française avec une telle diète! Alors un peu de retenue, histoire de profiter pendant toutes les vacances de la fleur de nos belles régions.

2) Méfiez-vous des virus. Le temps français est un salaud. Mielleux et mitigé, il entraîne dans son sillage tout plein de virus sournois. Sortez couverts, n’oubliez pas de vous laver les mains, la bouche et pourquoi pas les pieds. Tenez les morveux à distance, sans quoi vous aurez la chance de tester – tout comme nous – le système de santé français dont vous ne faites plus partie et que vous pouvez donc désormais payer de votre poche.

3) Pensez au sac en plus. Il y a toujours de bonnes choses à ramener. Il y aussi toujours des gens bien intentionnés pour offrir à vos enfants des cadeaux de la taille d’une vache prête à mettre bas. Pas commode pour faire tenir le tout dans la valise. Anticipez en trimballant un sac souple (pour le faire tenir dans votre valise à l’aller) que vous pourrez bourrer de toutes ces choses indispensables que vous avez jugé bon d’acheter. Au retour, soit vous payez un supplément bagages, soit vous raquettez votre enfant et faites passer votre sac digne d’un boulimique alcoolo pour le sien.

4) Voyagez léger. Vous ne voyagez pas dans le tiers monde : la France dispose de tous les essentiels vitaux comme le shampooing, le dentifrice et les flocons d’avoine. Passez une liste discrète à votre famille histoire qu’elle s’équipe de vos indispensables avant votre arrivée. Pour les bébés, seul le lait est à transporter (de quoi avoir de la place au retour pour tout ce vin qui a malencontreusement croisé votre route) (sauf si, comme nous, vous oubliez finalement de prendre le lait en cabine et qu’il occupe une généreuse place dans vos bagages tandis que votre bébé crie famine à 9000 mètres d’altitude).

5) Restreignez les distances. En tant qu’expats on fait tous la même chose : la première fois on rentre deux semaines et on tente de caser tout le monde dans notre calendrier. On prend des cafés debout entre deux tables, le pied sur l’accélérateur et l’œil sur la montre. Sitôt la dernière gorgée d’expresso avalée, on dit « c’était sympa de te voir » et on file au prochain rdv. On rentre au Canada épuisé et déconfit, avec le sentiment de n’avoir vraiment vu personne. La fois suivante, on ne se fait pas avoir. Prévoyez des distances courtes et des pauses longues. Surtout si vous avez des bébés. Enjoignez vos amis à se déplacer un peu, créez des événements mondains « on se réunit tous les dix en même temps », et gardez une bonne après midi pour profiter de ceux qui vous sont chers et dont l’âge fait planer le doute quant au « on se reverra » à chaque visite.

6) Profitez. Parce que le voyage est long et les cohabitations parfois chaotiques, on a tendance parfois à broyer du noir au bout d’une semaine, répétant à l’envi « mais elle était pénible comme ça avant? » en parlant de l’invasive tante Georgette et tentant de récupérer son enfant parmi la marée de bras qui cherchent à l’agripper. Pour se préparer au mieux et ne pas se gâcher le voyage, mieux vaut positiver dès le départ. Ouvrez les yeux! La France est un pays plein de charme dans lequel vous êtes désormais des touristes. Vos familles veulent profiter de vos enfants à toute heure du jour et de la nuit quitte à casser votre petite routine? Mais à quoi vous raccrochez-vous? Abandonnez vite votre marmaille au plus offrant et barrez-vous en courant profiter de la vie! Acceptez que vos proches ont des défauts. Oui, certains vous donnent le goût de vous pendre mais, chanceux que vous êtes, vous n’êtes pas là au quotidien pour les subir. Faites abstraction ou riez-en mais ne passez pas deux semaines à énumérer à votre conjoint(e) les défauts de la famille entière.

Et bonnes vacances surtout. Quelqu’un pourrait ramener du vin? Ma valise était pleine à craquer de lait !

-Lexie Swing-

A mi-chemin

Course dans le cloître./ Photo DR Lexie Swing

Course dans le cloître./ Photo DR Lexie Swing

On s’était dit « rendez-vous à mi chemin ». Entre Aix et Moissac, au milieu, trônait Narbonne, la vieille du sud, avec sa Via Domitia, ses Halles et ses rues piétonnes. J’ai pris la voiture après une nuit sans sommeil, 15 réveils et la fin d’une nuit dans un autre lit. A l’arrière, Miss Swing chantonnait. Je m’étais volontairement séparée pour la journée de ma cadette, trop petite encore pour suivre le rythme.

On a roulé deux heures durant, épousant le soleil à mesure que nous descendions vers le sud. Trop longtemps après l’heure dite – incorrigible retard – nous nous sommes glissées hors de la voiture. Une volée de marches et puis le cours de la République. Elle m’avait dit « rendez-vous au bord de l’eau ». On avait ri de trouver ça romantique. Je les ai aperçues en quelques secondes, ses filles courant sur la promenade. Il y avait juste un pont entre nous. Juste un pont, quand hier il y avait des milliers de kilomètres d’eau. Juste un pont, que nous avons emprunté en retenant un peu notre souffle.
Les heures ont passé en une fraction de secondes, en un claquement de doigts. Nous avons mangé, ri, raconté. Elles ont couru, se sont promenées, ont dessiné, joué à la dînette au milieu d’un magasin de vêtements et décidé de camper à la belle étoile au milieu d’un autre. Elles avaient l’enfance, on a eu l’insouciance. Nous avions leur âge au temps de notre premier regard. Nous avons vécu nos vies en parallèle, amusées de donner vie à tant de filles, nous qui n’avions connu que la fraternité. Nous avons échangé, comparé. Nous nous sommes conseillées, à des heures parfois indues, au rythme des réveils nocturnes et des inquiétudes. Nos babillages sont plus élaborés qu’il y a 27 ans mais notre amitié reste la même. Légère. Indélébile. Inébranlable.

-Lexie Swing-

Happy 3

Un gâteau chien pour les trois ans./ Photo DR  Lexie Swin

Un gâteau chien pour les trois ans./ Photo DR Lexie Swin

Son sourire. Ses dents du bonheur. Ses cils de vamp. Ses cheveux en bataille. L’odeur de pain d’épices qu’elle dégage dans son sommeil. Sa retenue. Son goût pour les t-shirts manches courtes portés sur des t-shirts manches longues. Ses petits bras chauds. Son poupon métisse qu’elle traine partout. Ses mains pleines de feutre. Son rire. Sa franchise enfantine. Sa gentillesse. Ses « que j’aime » dont elle ponctue chaque demande depuis que son père s’amuse à lui faire dire « s’il te plaît papa que j’aime » et qui se termine en « du pain, s’il te plait que j’aime ». Ses chansons, improvisées ou écorchées. Son regard, si plein de tendresse pour sa sœur. Sa bouche charnue et adorable. Ses jambes graciles. Son déhanchement quand elle court. Sa bulle. Son nez en trompette. Sa passion pour tout ce qui court, nage ou vole. Ses phrases incroyables. Ses imitations. Son goût des livres, immense.

Je suis toute toute petite. Voilà ce qu’elle me dit. Toute toute petite. Mais je suis une grande fille hein?

Trois ans ma douce. Tu es une grande fille de trois ans.

Putain, si tu savais à quel point je t’aime.

Joyeux anniversaire minou…

-Lexie Swing-

 

Bonnes adresses clermontoises

La rue des gras, et les volcans en fond./ Photo Marcel Musil

La rue des gras, et les volcans en fond./ Photo Marcel Musil

Clermont-Ferrand, c’est cette ville en plein cœur de l’Auvergne où l’horizon est vert et la pierre résolument noire. La raison ? Les volcans, dont les pentes herbeuses environnantes verdissent à perte de vue tandis que la pierre de Volvic, extraites de ces mêmes volcans, noircissent le paysage immédiat.

C’est aussi la ville où beaucoup de choses ont commencé : des amitiés de longue date, notre famille à deux, nos principaux souvenirs scolaires, etc. On avait hâte de la quitter mais on y revient désormais avec plaisir, contents de (re)découvrir des coins sympas, des vestiges de notre passé et de nouvelles boutiques.

Malgré la morosité dont on accuse souvent les Français, ils n’ont pas leur pareil, ces dernières années, pour ouvrir des petits salons de thé et des magasins regorgeants de produits locaux dont les tissus sont bios et doux, et les aliments savoureux. Grâce aux suggestions de mes ami(e)s, voici quelques découvertes du cru, essentiellement autour de la rue des Gras, rue qui monte à la cathédrale. Prenez donc de la hauteur!

La Librairie
La Librairie est, effectivement, une librairie. Surpris, hein? Située proche de la cathédrale, tout en haut de la bien connue rue des Gras, elle regorge de jolies trouvailles littéraires. Si j’en crois l’amie qui me l’a conseillée, la libraire connaît chacun des livres qu’elle propose. Elle a ainsi pu m’en faire la démonstration, sortant tour à tour des livres pour enfants de 8 ans et plus (public concerné : ma nièce) en me disant « Ça c’est super, les gamins adorent », « Ca j’ai beaucoup aimé, c’est poétique ». Des best-sellers aux petits romans d’auteurs inconnus, il y aura de quoi vous contenter !

La Librairie, 5bis rue des gras, 63000 Clermont-Ferrand

Cousin Cousine

Ce n’est pas réellement une découverte, en ce sens que Cousin Cousine existe depuis pas mal d’années déjà. Mais en termes de « jolies choses à offrir à des enfants », Cousin Cousine est un incontournable du genre. Mobiles, veilleuses, jouets en bois, marques Corolle, Moulin Roty, l’Oiseau Bateau, etc. De quoi trouver la perle rare.

Cousin, Cousine, 5 rue des gras, 63000 Clermont-Ferrand

L’Instant T
A peine plus loin, tout près de la cathédrale, découvrez l’Instant T, une bonne adresse de salon de thé. Le crédo de la propriétaire des lieux : le fait maison. Grand choix de thés, belle carte de cafés et de chocolats chauds, il y a en pour tous les becs. A noter que des tartes salées et des salades sont également proposées le midi. En dessert et au goûter : crêpes et pâtisseries maison. Bref, vous passez quand?

L’Instan T, 1 rue Verdier Latour, 63000 Clermont-Ferrand

Le bougnat burger
Quand mon amie C. m’a suggéré le bougnat burger pour notre lunch de retrouvailles, j’ai googlé aussitôt le nom du resto. Baver devant les menus j’adore ça! A l’heure du rendez vous, j’avais déjà fait mon choix. J’ai donc opté pour un burger végétarien (croquettes de pommes de terre, poivrons, tomates…) et frites à la sauce au Cantal. Léger, pis tout’. Le restaurant est désormais célèbre pour ses steaks bios et son amour des fromages locaux. Une bonne adresse donc, quand on est touriste!

Bougnat Burger, 10 Boulevard Léon Malfreyt, 63000 Clermont-Ferrand

 

-Lexie Swing-