Que cette année nous soit douce

Je me souviens parfaitement du début de 2018. Nos 5 ans riaient dans le salon, leurs cadets roupillant déjà sur leurs matelas. Nous avions projeté les coucher un peu plus tard, nos grands, mais leur résistance valait la nôtre. Un peu plus et le matin se serait levé avec eux ! 2018 a donc commencé comme ça, sous les éclats de rire. J’aurais aimé que cela soit une prophétie de l’année à venir, malheureusement il n’en a pas toujours été ainsi.

Début janvier nous, les lecteurs de longtemps, de toujours, avons appris le décès prématuré de Julie, la blogueuse voyageuse de Carnets de traverse. Cette impression irréelle de manquer de souffle. La projection forcée, l’implacable froideur de la réalité. L’impression, surtout, de voler leur tristesse à d’autres. Et puis garder au bout des doigts, aux confins de l’avenir le message important, l’urgence de vivre et de se réaliser, en pimenter chaque minute, en saupoudrer chaque paysage. En hommage, et parce qu’il s’agit là d’une vérité fondamentale, sinon primordiale.

L’année a été souvent amusante, parfois éprouvante. Mais je m’en souviendrai comme d’une année épaulée, une année d’amitié, une année à s’écouter et à s’entraider.

2018 est surtout l’année de notre premier vrai voyage à 4, sur les routes du Nouveau-Brunswick. Nos premières véritables aventures en tant que famille, au rythme de nos filles, au gré des paysages et selon la carte des cartes des restaurants (végétariens, toujours ;)).

L’existence se fait douce, douce et trépidante, douce et triste parfois. Ce ne sont plus des montagnes russes, ce sont des cheminements. J’ai 32 ans. Cette année j’ai glané autant de certitudes que de rides. A ce rythme je serai bientôt flétrie comme une pomme.

Merci pour cette année, les copains, les amis. Merci pour cette douceur de vivre, merci pour nos rires et nos vives discussions. Que 2019 nous soit douce, qu’elle soit pleine d’aventures, riche en retrouvailles. Qu’elle soit un pas de plus vers la tolérance, un regard de plus vers les autres. Qu’elle soit tendre et lumineuse avec nous tous.

Très belle année !

-Lexie-

Et les congés furent!

16h30 ont sonné. La fin d’une année, la clôture du rush. Courriels fermés, message d’absence enclenché. Les appels me rappellent les fesses à peine posées dans le train, mais le souci n’est plus là, l’esprit est déjà ailleurs. J’ai la tête qui dodeline, prise dans ce vertige qui m’habite chaque jour ou presque, depuis que mes jours vont trop vite et que mes nuits sont trop courtes. Je me promets de dormir, me tance devant mes couchers tardifs, tandis que je grappille quelques minutes de plus à ma lecture, quelques secondes à une série, bouffée d’air solitaire dans une vie trop remplie. 

Demain, c’est Noël. Demain et après demain, et encore après. Les faux jours et les vrais. Ceux qui précéderont, ceux qui annonceront, ceux qui seront et ceux qui laisseront glisser sur nous encore un peu de ce parfum particulier. Les Fêtes sont là, les congés, le repos. Les bois touffus et mon chien qui se roule dans la neige. Le chalet joli dans les monts de l’Estrie et les enfants qui dormiront dans le même lit. 


Je vous souhaite du repos, du calme et de la sérénité, avant que la course folle ne reprenne.


Bon Temps des Fêtes !


-Lexie-

Le concours de nouvelles

Je vous dirais bien l’hésitation, les ratures, les phrases trop longues, les signes trop courts. Je pourrais vous conter l’inspiration, la scène si présente, l’océan sous mes yeux. Mais je préfère vous laisser lire, vous laisser voter si vous le souhaitez, vous laisser filer si vous ne voulez pas vous attarder.

https://www.aufeminin.com/ecrire-aufeminin/entre-chien-et-loup-s2974103.html

Merci !

-Lexie Swing-

Plaidoyer en faveur des jouets pour tous

Noël d’entreprise. Cadeau spécial 3 ans. Pâte à modeler. Un gros succès auprès de Tempête. Mais il ne s’agit pas de n’importe quelle pâte à modeler. Celle-ci vient en kit avec des princesses en robe longue et des diamants colorés. De la pâte à modeler “spécial fille” dois-je rapidement en conclure, en lorgnant du côté des garçons de trois ans dont la pâte à modeler est d’une couleur résolument différente. “C’est quoi ça?”, demande ma douce et décidée Tempête en enfonçant vigoureusement les faux diamants dans la pâte molle. L’enfer est pavé de bonnes intentions.
La société a fait son oeuvre. Ma grande fille choisit les Kinder Surprise rouges en se targuant de préférer «Les Kinder de garcons». Là où hier nous répétions inlassablement «il n’y a pas de couleur de filles et de couleur de garcons, et il n’y a pas non plus de jouets de filles et de jouets de garcons», nous sommes passés à une autre étape. Les menaces. (Non, je plaisante). Nous sommes passés aux interrogations. Pourquoi le rose est-il une couleur de fille? Tu en penses quoi, toi, d’un garcon qui joue à la Barbie? Est-ce qu’on peut aimer Spiderman quand on est une fille? On fait remarquer l’évidence. Tu utilises quoi, toi, pour jouer à la poupée? Tes mains? Ok. Est-ce qu’un garcon ça a des mains? («La plupart du temps mais pas toujours», parfait :)) Est-ce qu’un garcon ça a des bras pour faire un câlin à la poupée? Est-ce que tu penses qu’un garcon ça peut pousser une poussette? Est-ce que, quand tu vois un papa avec son bébé tu te dis qu’il devrait le laisser car les bébés ce n’est pas fait pour les papas ? («Non mais c’est la maman qui porte le bébé dans son ventre») («On s’égare, Jacqueline»). 
Ensuite, on enfonce le clou. T’aimerais ça, toi, qu’on te dise que t’as pas le droit d’avoir les jouets cools du Kinder rouge parce que tu es une fille? Voudrais-tu qu’on t’empêche de monter sur la balançoire parce que tu es une fille? («C’est pour tout le monde, la balançoire»). Tout est pour tout le monde, ma chérie. Il suffit d’avoir des doigts pour jouer aux billes, des poings pour tirer un cerf-volant, des bras pour bercer une poupée, des pieds pour taper dans un ballon. Il faut des mains pour conduire, des mains pour cuisiner, des mains pour dessiner. Notre envie, ma chérie, c’est la seule variable valable. 
Cette leçon, je la voudrais universelle. Je voudrais que les cadeaux spécifiques soient offerts dans l’intimité d’un foyer, qu’ils soient le fruit de l’amour parental qui connait ses enfants et leur goût et cherchent à les satisfaire. Je voudrais que la société ne s’en mêle pas, qu’elle ne dise pas à mes filles qu’elles doivent porter du rose et bercer des bébés, qu’elles ne cherchent pas à les convaincre que jouer à la guerre et construire des tours incroyables sont des affaires de garcons. Je voudrais que les petits garcons qui m’entourent se sentent autorisés à empoigner une poupée ou une casserole. Je voudrais qu’ils arborent – aussi – du rose, des paillettes, des licornes et des volants, parce que si c’est pimpant, si ça rend heureux, alors ça devrait être le cas pour tous. Qui a dit qu’un garcon devait se coltiner des teintes marronnasses et des chandails dinos?
Ma petite fille, ma toute petite, aime le rose. Je suis fière de pouvoir dire qu’elle aime vraiment le rose. Pas parce que sa garde-robe en est garnie, pas parce que ses poussettes et poupées et Barbies l’ont aveuglée, pas non plus parce que l’ensemble du monde cherche à lui faire voir la vie en rose pailletté. Je suis fière de dire qu’elle aime le rose, pour des raisons qui lui sont propres. Parce qu’il est lumineux à son regard, parce qu’il est invitant, parce qu’il est chatoyant. 
Et je suis contente d’ajouter qu’elle aime cette couleur qui fut il y a longtemps réservée aux élites masculines, même si elle est une fille…
-Lexie Swing-

L’intrépide

Une seconde et elle a disparu. Je suis debout dans un rayon, les bras chargés. J’entends ma grande fille chantonner dans le rayon d’à côté, celui des céréales. Mais de Tempête, plus une trace. Je marche vite, à sa recherche. Pas le temps d’imaginer le pire, j’œuvre méthodiquement. Un rayon après l’autre, un coup à droite, un coup à gauche, ondulant dans l’allée centrale. Le temps s’étire, mais je la retrouve enfin, les bras chargés de gourdes de compotes et le nez levé, détaillant les sucettes pour bébé, qu’elle devra bientôt laisser – c’est la dentiste qui l’a dit. Je lui demande de revenir, ne pense même pas à la gronder. Ce serait les battements de mon cœur qui rythmeraient mes mots, mais il n’a pas battu plus vite, et il n’a pas battu plus fort. Il n’a pas eu peur, pas encore. Alors je lui demande de se coller à moi, et je lui adjoins sa grande sœur, qui pépie toujours, à quelques mètres à peine. Un pas de côté, et elle est repartie. Vers les caisses automatiques cette fois, où à genoux sur la tablette, elle s’escrime à marteler l’écran tactile pour lancer le processus et scanner ses articles. Sa grande sœur, avec toute l’autorité que lui confère son droit d’aînesse, la ramène en la traînant par le manteau. « T’as pas le droit », lui rappelle-t-elle sans ciller, avant de quémander des pâtes à lettres pour le repas du soir. Passage en caisse, tentative maternelle pour accélérer la cadence. Je détourne le regard vers le lecteur de carte bancaire. Trois secondes. La mèche que je relève de mes yeux me révèle Tempête, debout sur un marchepied, pianotant sur l’ordinateur à la caisse dédiée aux retours d’articles. La vie est une aventure. Surtout avec elle.

Je n’ai pas eu peur quand elle a disparu. C’est plus tard, bien plus tard, en la revoyant traverser le magasin de son pas assuré, que j’ai mesuré son absence. Elle serait partie. Ne me trouvant pas, elle aurait passé la caisse et serait probablement retournée à la voiture, sur le stationnement enneigé, à la nuit tombée.

Elle est mon intrépide. Celle qui enfonce les portes et réclame ses dûs. Il n’y a pas de situation dont elle ressorte les yeux mouillés et les lèvres tremblantes. Elle met le monde à sa hauteur, c’est à dire à genoux. Elle prend, insiste, quémande, revient, rassure, et argumente. 

Fête d’enfants, le sous-sol est envahi par les plus grands. Elle est là, au milieu. Trois ans de vie, des années d’expérience. On l’entend qui insiste “donne moi la manette, s’il te plaît”. La politesse, toujours. On lui refuse l’objet convoité. Elle revient à la charge. Encore. Elle attend. Les autres ont cinq ans de plus. Elle ne se démonte pas. La manette est délaissée, faute de batterie. On la met sur son socle. La lumière passe au vert. Elle est prête, elle est là, elle saisit l’objet avant que les grands ne s’y opposent. “Maintenant, c’est à moi”.

Elle n’aura pas besoin de nous pour lui ouvrir les portes. Je gage qu’elle aura trouvé ses propres marchepieds. Il nous faut simplement l’y conduire. Lui tenir la main en lui rappelant les règles. Assurer ses arrières, pour qu’elle puisse courir loin devant. Elle nous essouffle, nous étourdit, nous rend aphones à force de l’appeler. Mais dans mon lit, ma tête répond aux battements de mon cœur: il faut sécuriser le chemin, la course sera la sienne. 

-Lexie Swing-

Les astuces zéro-déchet qui simplifient la vie

Je ne suis pas vraiment partie, mais quand même un peu. Je m’étais perdue entre mes compotes zéro-déchet et mon implication professionnelle. Bien sûr, mon amie la culpabilité maternelle me tenait compagnie, avec sa copine l’amoureuse nostalgique (l’adepte du «c’était bien avant hein? Quand on avait du temps pour nous deux»), et je ne vous parle même pas de l’email-pro addict, celle qui réserve des salles de conférence depuis le resto, à 19h.

En parallèle, je continue mon cheminement vers le «moins tu as de déchets, mieux tu te portes». Mon chum fait un peu la sourde oreille (ça doit être depuis que je rationne les coton-tiges jetables), et pourtant il n’y a pas que des efforts incommensurables, en bout de ligne. Il y a aussi des aspects positifs, outre le salut de ton âme, s’entend.

Les poubelles

C’est mon aspect préféré. Une fois vides, mes bocaux repartent dans leur placard, parfois après un détour par le lave-vaisselle. Il n’y a pas de cartons de coquillettes à recycler, pas de plastique souillé dont je ne sais que faire, pas même de pot de yaourts géants que j’empile une fois rincés dans l’espoir de leur offrir un jour une vie meilleure. Ma poubelle de recyclage est assez petite, comparativement à la place prise par trois boites de céréales empilées par-dessus deux cartons de mouchoirs en papier. Les allers-retours quotidiens ne sont (presque) plus un cauchemar. Maintenant, ce sont les 10 dessins quotidiennement ramenés du service de garde de l’école qui la remplissent. On ne peut pas gagner partout!

Les mouchoirs

À la fin de l’été, j’ai lancé un grand appel familial, invoquant partage, trousseau, dot et héritage au besoin, pour récupérer les mouchoirs de nos aïeuls. Exit les mouchoirs en papier – sauf pour le nez fin de vous-avez-compris-qui – un lot conséquent (quoique jamais suffisant, rapport à l’hiver qui a fait son entrée en grandes pompes la semaine dernière, neige et rhume inclus) a donc rejoint nos tiroirs. Plus de petites choses tristement fripées sur le sol des chambres, fini les bouloches sur les vêtements après un malheureux oublié dans une poche de pantalon avant lavage : une fois utilisés, les mouchoirs en tissu familiaux rejoignent la panière de linge sale. J’en glisse dans les poches des manteaux (plus facile de se frotter le nez – on est tous d’accord pour dire qu’en bas de 6 ans, les enfants ne se mouchent pas vraiment, en tout cas pas sans son parent qui s’époumone à ses côtés «mais souuuuffle bon sang, Mamie ne t’a pas entendu de l’autre côté de l’Atlantique»), j’en laisse dans les tiroirs et sous les oreillers, j’en utilise même pour emballer une madeleine ou un morceau de pain.

Les boites à lunch

Ici, au Québec, ma fille amène chaque jour son lunch à l’école. Pâtes ou soupe dans un Thermos, sandwich dans une poche en tissu dédié, compote dans une gourde réutilisable, eau dans une bouteille également Thermos. Les idées de repas manquent parfois mais les contenants jamais. Grâce à ça, j’évite la perte des cuillères, malencontreusement jetées avec les contenants de yaourts, je n’ai pas non plus de maudit sachet qui s’ébroue l’aluminium en déversant leurs restants de miettes à l’intérieur du sac de lunch, ni d’opercule de yaourt se séchant la couenne dans un recoin de la boite à collation. La consigne ici est «ne jette rien», même dans le doute. Certes, je récupère des gourdes jetables mal rebouchées – j’ai pas dit qu’on était parfait – mais c’est un moindre mal, n’est-ce pas?

Les serviettes de table

Le grand appel familial susmentionné à porter ses fruits en matière de serviettes de table en tissu également – c’est qu’on était écolo dans le temps! Elles ont rejoint le lot de serviettes mignonettes achetées à une couturière du coin. Le sopalin/scott towel mène désormais une vie de patate de sofa. Il peut garder ses feuilles plus longtemps qu’un palmier en Floride et c’est un grand pas pour l’humanité de trois ans qui déroule habituellement le sopalin avec un peu trop d’enthousiasme. La serviette peut se réutiliser plusieurs fois, dans tous les coins, et elle est une nouvelle raison parfaite de dispute fraternelle. Vous pensiez vos serviettes parfaitement similaires, et bien non! Là maman tu vois il y a un renard à vélo, et bien sur celle-là le renard on le voit pas son vélo. Voilà, bien fait pour toi maman, t’avais qu’à y penser aussi.

-Lexie Swing-

« J’ai pas de plan »

Le plan de naissance, vous connaissez cette idée? C’est un plan, écrit ou oral, que vous pensez, rédigez et communiquez aux médecins, aux sage-femmes, à votre mère (qui en critiquera la moitié) et qui donne vos préférences quant à l’accouchement : pour ou contre l’épisio, épi(péri)durale* ou non, allaitement au sein ou au biberon, permission de griffer le conjoint s’il continue à dire en regardant le moniteur des contractions «oh la la, celle-ci elle va être grosse» comme un surfer sur la plage de Seignosse un soir de tempête.

A quelques semaines de l’accouchement de ma première à naître, j’avais lu des tas de choses sur les plans de naissance, mais je n’avais encore rien prévu. Plus encore que l’envie, je n’en ressentais pas le besoin. La planète entière savait que je ne voulais pas allaiter – à commencer par ma sage-femme à qui je l’avais mentionné en introduction, drette après mon prénom – et c’était à peu près la seule chose qui m’intéressait. À la sage-femme qui s’interrogeait, j’ai répondu «non, je n’ai pas de plan» et elle a eu ces mots «ne pas avoir de plan, c’est encore le meilleur plan possible». J’avais une vague idée de ce qu’elle voulait dire, j’avais lu ces futures mamans, terrifiées de voir leur accouchement leur échapper, ces héroïnes montées au combat parce qu’on tentait de raisonner leurs souhaits, à tort ou à raison. J’ai lu mille témoignages, a posteriori, de femmes qui avaient dû accoucher par césarienne plutôt que par voie basse et qui se sentaient lésées, volées, qui se sentaient fautives même, de ne pas avoir su donner la vie comme elles pensaient qu’on le devait. Ça me rendait triste pour elles. Pourquoi se flageller ainsi devant une situation généralement imprévue et incontrôlable? Que pouvons-nous prévoir de cela, et qu’y faire?

J’ai répété «non, je n’ai pas de plan» et j’ai demandé à ce que, quand même, elle nous explique comment faire si je n’arrivais pas à temps à l’hôpital. Nous aurions une heure de route pour nous y rendre et je voulais parer à l’éventualité d’un accouchement en cours de route. J’avais totalement confiance en la capacité de mon amoureux à accoucher notre premier enfant (lui beaucoup moins). Il avait une seule consigne : passer le panneau Toulouse. Je voulais qu’elle naisse dans une grande ville. J’étais snob. J’étais prête à accoucher sur le stationnement du Carrefour pour ça. (Depuis j’ai changé) (Je suis prête maintenant à accoucher avec les biches).

Quand la sage-femme – j’ai accouché avec des sage-femmes seulement – m’a demandé de me mettre sur les genoux et a installé une affaire pour que je m’y accroche, je crevais d’envie qu’elle aille se faire f***** parce que j’avais une contraction folle et l’envie de mourir. Elle a dit «vous me faites confiance?» et j’ai dit oui. Parce que je leur faisais confiance. Parce que c’était leur job. Parce que je sais que quand on fait confiance aux gens et qu’on le leur dit, ils font un meilleur boulot. Et que vu où elle avait ses mains, ce n’était pas le moment de lui faire passer un bilan de compétences.

Quand l’anesthésiste est venu me saluer, m’a expliqué la procédure et a ajouté « quand vous avez besoin de moi, faites moi signe », j’ai répondu « j’ai besoin de vous maintenant ». Je n’avais aucun défi personnel à relever face à la douleur et mon col était suffisamment ouvert. J’aurais pu attendre, j’imagine. Mais il était là et il serait probablement introuvable au moment où j’aurais besoin de lui (qui a dit « comme tous les hommes? »), alors j’ai décidé que c’était le bon moment.

Ne pas avoir de plan, c’est devenu un leitmotiv. Pour accoucher comme dans la vie en général. Se laisser porter. Tout prévoir, et puis rien du tout aussi. Ça devrait être le crédo de tous ceux qui, comme moi, stressent devant l’imprévu. Parce que sortir du cadre n’est plus un stress quand il n’y a pas de cadre. Et que l’on croit à tort que tout planifier diluera l’anxiété, ce qui est faux. Tout planifier, c’est mettre des barrières occultantes en carton-pâte. Des barrières fixes d’apparence mais qui s’effondreront au moindre imprévu, brisant du même fait le carcan de nos certitudes.

Pour vivre sereins, vivons libres donc. Que l’impossible soit notre seul horizon.

Surfons ces vagues, aussi hautes soient-elles. Il y aura bien quelques mains à griffer, s’il le faut.

-Lexie Swing-

*La péridurale en France se nomme l’épidurale au Québec

Une simple histoire de compote

Je suis à ma table de dîner, épluchant des pommes, comme presque tous les soirs. C’est long d’éplucher 6 ou 7 pommes, chaque soir. C’est long considérant le faible rendement. De la compote pour trois personnes, pour un seul repas. Cette compote est notre dessert du midi, et la collation du matin de ma fille aînée, que je glisse dans sa petite gourde réutilisable. Parfois je m’arrête à 4 pommes, et je décide que l’un de nous se contentera de croquer dans le fruit directement. Plus de vitamines et moins de trouble.

Je fais de même pour tous les desserts, pour la plupart des plats. Je prépare des flans, des crèmes soja caramel ou chocolat, des mousses au chocolat. Je fais des gâteaux, du pain et des brioches pour le matin, et la collation de l’après-midi de ma fille. M’avez-vous croisée dans ma cuisine à 5h30? C’est l’heure à laquelle je mélange une dernière fois ma préparation avant de l’enfourner. Souvent, je l’ai préparée la veille au soir et réfrigérée. Parfois, et notamment lorsqu’elle est végane, je me contente de mélanger les éléments secs, ajoutant le lait, l’huile, les fruits ou le chocolat au saut du lit.

Hier soir, ma main était molle sur l’éplucheur et je me suis ouvert un doigt. Mon amoureux m’a dit «va passer ton doigt sous l’eau froide un bon moment», et j’ai automatiquement répondu «je n’ai pas le temps». Avant la compote, j’avais fait la pâte de mon saucisson brioché du lendemain et mon mélange de tofu pour mes sandwichs aux œufs (sans œufs). Il restait encore à mélanger les ingrédients secs de mes muffins à la banane du petit déjeuner.

Je n’ai jamais de regret de faire ainsi. Je ne me sens pas lasse, je ne me sens pas frustrée du temps que j’y consacre. Cuisiner est un plaisir infini pour moi, et bien manger, au sens goûteux du terme, l’est tout autant.

Mais je voudrais que l’on arrête de jeter à la figure des gens qu’ils devraient privilégier le fait-maison. Comme si c’était une affaire qui s’achetait au supermarché. Le fait-maison, c’est le fait par soi. C’est du temps, beaucoup de temps, consacré à la préparation, mais aussi à la planification. Êtes-vous de ceux qui planifient leur menu pour la semaine à venir? Vous voyez de quoi je parle. C’est le poids de «charge mentale». Le reste, c’est du temps consacré à découper, mesurer, soupeser, cuire et mélanger. Dans la vie d’une personne qui travaille, d’une personne qui a potentiellement des enfants et/ou des implications hebdomadaires, c’est un temps qui ne peut s’acheter.

Le fait-maison a bien des qualités. On contrôle mieux ce que l’on mange, la provenance et la qualité des ingrédients que l’on utilise, et on économise, aussi! Mais il n’est, et ne sera, jamais accessible à tous. C’est la raison pour laquelle de belles initiatives se développent : pots mason traiteurs consignés, plats traiteurs dans des plats en verre à rapporter, etc.

C’est un luxe, le fait-maison. Un luxe de temps plus qu’un luxe d’argent. Le fait-maison, c’est une femme qui enfile son tablier tous les soirs quand les enfants sont couchés, c’est un homme qui découpe les légumes en aidant aux devoirs, c’est un couple qui fait la liste des menus hebdomadaires le vendredi soir, c’est un groupe d’amis qui cuisinent ensemble le week-end et se répartit les plats pour la semaine. C’est moi, qui épluche mes fruits tous les soirs, pendant que le repas du lendemain cuit.

Écologiquement, c’est le mieux (je pense). Pour notre santé, également. Doit-on accuser ce qui ne le font pas? Certainement pas. Ou alors, allez cuisiner maison pour eux, tiens.

-Lexie Swing-

Les autres ont-ils le droit d’exister ?

Croyez-vous au polyamour? Un de mes contacts a récemment posé cette question, sur les réseaux sociaux. C’est drôle car j’avais lu plusieurs témoignages à ce sujet. Des individus qui étaient amoureux de plusieurs personnes à la fois, des couples où une autre personne s’invitait, pas pour une relation sexuelle à plusieurs mais parce que l’un des personnes du couple était amoureuse de deux personnes à la fois. «Entre les deux, mon cœur balance», pourrait-on citer. Mais qui a dit qu’il fallait forcément choisir? C’est ce que martèle le polyamour.

À la question «Croyez-vous au polyamour», j’ai surtout eu envie de répondre par une autre question : «Pourquoi devrais-je y croire?». Il ne s’agit pas d’une théorie scientifique, ou d’une croyance religieuse, il s’agit de personnes exprimant leurs préférences relationnelles. Si elles l’expriment, c’est que cela est vrai, pour elles. Il s’agit de leur vérité. Vous pourriez me demander par contre «Penses-tu être le genre de personnes à être amoureuse de plusieurs personnes à la fois?», et je vous dirais que non. Je suis le genre de personnes qui, passionnellement parlant, semble avoir un réservoir à sortie unique. Donner mon amour à une nouvelle personne signifie généralement que je cesse d’en donner à la personne précédente (sentimentalement toujours, s’entend). Je garde des liens amicaux (parfois à sens unique, les ruptures n’étant pas vraiment le meilleur moyen de se découvrir une amitié avec quelqu’un), mais mon intérêt sentimental disparaît, pour se reporter.

Il y a cette idée répandue que les préférences d’existence des gens, qu’elles soient relationnelles, sexuelles, individuelles, sont quelque chose sur lesquelles on doit avoir une opinion. C’est la version adulte de l’éducation par les haricots : «On ne dit pas C’est pas bon, on dit je n’aime pas ça». Parce que sa vérité n’est pas celle des autres.

Nous avons de la difficulté à voir la vie des gens qui nous entourent à travers leurs yeux. Nous la voyons à travers le prisme de notre propre existence, à travers nos réussites, notre éducation, nos erreurs. Nous frissonnons de leurs certitudes, de leurs choix. Comme si c’était… Comme si c’était quoi? Contagieux? Comme si cela remettait en cause notre propre existence?

Les choix des autres ne nous définissent pas, ils enfoncent seulement les rideaux occultants des fenêtres de notre monde. Il n’y a pas de décision à prendre, pas de validation à donner. Personne n’attend de recevoir une validation.

Pourtant, c’est ce que nous donnons toujours. En interrogeant quelqu’un sur son célibat, en quémandant la venue d’un premier enfant, en calculant la pertinence du deuxième, en interrogeant sur la nécessité d’en avoir d’autres ensuite, en s’indignant sur la couleur d’une peau ou sur le genre de l’être aimé, en pressant une situation maritale, en remettant en cause le recours à la Procréation médicalement assistée.

Nous le faisons sur les réseaux sociaux, nous le faisons surtout dans la vie. L’annonce d’une grossesse est assortie de son lot de commentaires, la révélation d’un amour de son tas de phrases affligeantes. Personne pourtant n’est investi de la mission divine d’ouvrir les yeux scellés de ce monde aveuglé.

La réponse à «vous êtes sûr que ça ne va pas faire trop, trois enfants?», ne sera jamais «ah oui, au temps pour moi, je vais le renvoyer d’où il vient». Comme on le lit souvent, si vous n’avez rien de gentil à dire, taisez-vous.

Mais faites l’effort, juste un instant, et essayez les chaussures des autres. Elles sont peut-être un peu petites, vous y êtes inconfortable, et c’est correct. Faites quelques pas avec. Regardez le tracé du chemin parcouru, soupesez les obstacles franchis, observez les liens défaits, frissonnez au contact de cette existence. Ce n’est pas la vôtre. Elle n’attend pas votre absolution. Mais elle est là, elle existe. Vous n’avez pas à y croire, elle est sous vos yeux, c’est une réalité.

Vous pouvez prendre le temps de vous questionner, vous pouvez choisir de passer votre chemin. Mais vous ne pouvez pas nier la rencontre, vous ne pouvez pas nier l’existence. Un monde existe au-delà de vous, de nous, et il se moque des croyances.

-Lexie Swing-

La bonne différence d’âge entre deux enfants

Je ne sais pas vous, mais moi j’ai lu de nombreux articles sur le sujet. Et la conclusion était toujours, toujours la même : il n’y a pas de différence d’âge idéal. En résumé : deux pages de lecture pour n’être aucunement avancé!

Je plaisante, bien sûr, car c’est certainement là une vérité importante : il n’y a pas d’écart d’âge idéal. Il y a autant de possibilités qu’il existe de familles, et chaque famille a sa propre vérité. Mais il est faux de dire que tous les écarts d’âge se valent. Voici pourquoi.

2-3 ans – l’écart idéal, mais pas tout le temps

Mes filles ont deux ans et demi d’écart. 2-3 ans, voire 4 ans, c’est ce que nous considérions comme le bon écart d’âge. Nous avons la grande (grande) chance d’avoir des facilités de conception et ainsi d’avoir pu, en quelque sorte, décider de cet écart d’âge.

Ndla : Nous portons tous un jugement sur les autres, et l’écart d’âge entre deux enfants fait partie des choses «jugeables» facilement. Pour autant, dans la grande majorité des cas, ce n’est pas quelque chose que l’on décide. Les 7 ans d’écart que vous décriez auprès de votre amie sont possiblement le résultat d’une difficulté à concevoir, tout comme des enfants d’âge très rapprochés peuvent être le résultat d’un échec de contraception et/ou d’une hyperfertilité. Nous avons tous un jugement mais il n’est que rarement nécessaire de le partager.

Ndla(bis) : Décider d’attendre 7 ans avant de concevoir un second ou troisième enfant, ou souhaiter avoir plusieurs enfants très rapprochés, est aussi un choix personnel. Votre jugement n’est toujours pas attendu dans ce cas non plus.

2-3 ans est un bon écart d’âge… mais pas toujours au début. Selon le sexe des enfants, la maturité du premier, la facilité du deuxième et votre état de fatigue, cela peut même se révéler être le cocktail explosif idéal. L’enfant de 18 mois – 2 ans et demi a, comme chacun sait, une tendance aux débordements. Ses émotions sont aussi fortes qu’un tour dans le Rock’n’Roll Coaster à 9h du matin après une nuit trop courte (le vécu…). Ajoutez-y des parents à partager, un nouveau-né couvert de cadeaux, des hormones maternelles bouillonnantes et changeantes qu’il ressent instinctivement, un tout-petit poussé dans un statut de grand réputé autonome alors qu’il porte encore des couches, et vous devinerez la difficulté que peut représenter la transition.

3 ans, c’est peut-être un bon écart d’âge mais c’est le temps qui nous a été nécessaire pour remonter la pente. 3 ans pour tempérer les jalousies, 3 ans pour apprendre à être quatre, 3 ans pour redormir correctement la nuit (et encore, je fais fi de toutes les nuits où nous nous levons encore), 3 ans pour apprendre à jouer ensemble sans s’empoigner à tout bout de champ.

Alors est-ce que ça vaut vraiment la peine, 2-3 ans d’écart?

Oui, je le pense sincèrement. Du point de vue des enfants, et à compter de 2 ans et demi – 3 ans environ (pour le plus petit), c’est un frère ou une sœur avec qui partager ses jeux, avec qui discuter, avec qui regarder la télévision, etc. En France, c’est aussi le moment où les deux enfants vont commencer à aller à l’école en même temps.

De façon concrète, nos filles peuvent aujourd’hui jouer ensemble au Memory, à un jeu de bataille, à la poupée, aux voitures, aux légos (même si la petite essaye encore d’avaler les petites pièces…). La plus grande est désormais suffisamment autonome pour préparer des choses pour sa cadette, comme le petit déjeuner, pour l’aider à faire ses lacets ou remonter sa fermeture éclair.

Du côté des parents, 3 ans, et en admettant qu’on ne veuille pas d’autres enfants, c’est l’assurance de régler toute la partie «bébé», puis «jeunes enfants», puis «enfants», etc., au même moment. B. était déjà propre à la naissance de sa sœur, mais pas depuis assez longtemps pour que nous ayons perdu la main. Les biberons étaient encore dans le placard, la poussette encore utilisée, le porte-bébé encore réglé. Cet écart a permis le transfert facile de certaines choses : siège-auto, vêtements, etc. Aujourd’hui, leurs tailles se rapprochent même suffisamment pour que je transfère directement les vêtements d’une garde-robe à une autre, sans passer par la case stockage. J’ai dit récemment que je ne pensais pas avoir d’autres enfants et cette dimension fait partie de ce qui motive notre décision. Nous n’avons pas le goût de replonger, maintenant que nos enfants ont gagné en autonomie.

5 ans et + – l’écart parfait, sauf au milieu

Après les errements de notre première année de vie à 4, je me suis mise à penser que nous aurions dû attendre. Récemment encore, B. me demandait d’avoir un bébé frère ou sœur, et alors que je rétorquais qu’elle avait déjà eu un bébé sœur, elle m’a répondu «je m’en suis pas rendue compte, et maintenant elle est plus bébé».

Et ça, c’est la vérité toute nue des aînés. B. était trop petite à deux ans et demi pour prendre vraiment du plaisir à son statut de grande sœur d’un bébé. Celles et ceux qui se sont retrouvés aînés à 5-6 ans, voire plus, se souviennent souvent avec bonheur du tout petit dont ils avaient désormais «la responsabilité». À cet âge, l’enfant est plus construit. Il connaît bien des inquiétudes mais les choses mises en jeu par l’arrivée d’un nouvel enfant, comme l’attachement, sont plus ancrées qu’à deux ou trois ans. C’est un âge où l’enfant a besoin d’être responsabiliser, ce qui tombe – il faut le dire – parfaitement avec le fait de devenir grand frère ou grande sœur.

Les difficultés surviennent souvent plus tard, quand l’aîné entre dans la préadolescence, au secondaire ou au collège, alors que son cadet est encore chez les petits du primaire. Tout sexe confondu, la configuration devient souvent ennuyeuse pour le plus grand, et difficile pour le plus petit qui perd parfois son compagnon de jeu. Vient ensuite l’autre moment difficile : le départ de l’aîné(e) de la maison, qui se produit dans tous les cas dans une fratrie (dans un sens ou d’un autre, ce n’est pas toujours l’aîné qui part le premier), mais est parfois vraiment marqué temporellement dans la vie du cadet qui n’est alors qu’au collège ou au début du secondaire. Le salut de ce type de fratrie, c’est l’âge adulte. Je pense connaître plus de frères et sœurs avec un écart d’âge important qui sont très proches aujourd’hui, que de frères et sœurs qui sont pourtant proches en âge. Je ne compte pas le nombre de fois où un ami m’a dit «j’ai seulement 18 mois de différence avec mon frère/ma sœur et on ne se parle jamais, on ne peut pas faire plus différents que nous deux!».

La différence de caractère

Il y a un autre point qui m’intéresse et m’interpelle de plus en plus. Je serais curieuse de savoir si vous avez fait les mêmes observations : dans une fratrie, a fortiori proche en âge, les traits de caractère semblent se répartir. Il n’est pas rare d’avoir un premier enfant très nerveux, et le second très calme, un aîné fort en dessin, un cadet fort en sport, un grand très indépendant, un petit toujours entouré d’amis, etc. En observant mes propres enfants – l’échantillon d’études est un peu court j’en conviens – je me suis posée la question suivante :

– Le caractère de Tempête s’est-il forgé au contact de celui de sa sœur?

Comme si, pour certains traits de caractère, le deuxième enfant prenait ce qui est disponible dans la palette des possibles.

Cette différence de caractère qui se retrouve quand même dans beaucoup de fratries peut engendrer autant d’amour que de rancœur. Différence peut vouloir dire autant complémentarité qu’opposition, et selon le sexe des enfants, leur âge et l’éducation reçue des parents, il peut osciller plus d’un bord que d’un autre.

La différence d’âge, côté parents

Si je devais répondre à la question initiale «C’est quoi le bon écart d’âge», je dirais que c’est celui dans lequel se reconnaissent les parents, celui qu’ils sont prêts à vivre. Il y a les avantages des enfants rapprochés, en mode «on donne un bon coup de collier et dans 5 ans c’est derrière nous». Les enfants deviennent autonomes à peu près en même temps, ils peuvent véritablement être des compagnons de jeux, pour peu qu’ils parviennent à s’entendre. Le pendant, c’est que chaque période difficile l’est deux fois plus : petite enfance, adolescence.

Il y a ceux qui préfèreront aller au bout de l’histoire avec leur premier enfant, avant de recommencer avec un deuxième. Accompagner le premier jusqu’à ce qu’il soit capable de voleter, avant de faire de même avec l’enfant suivant.

Avant d’être une question de personnalité des enfants, je pense qu’il s’agit donc avant tout de la personnalité des parents, de ce qu’ils sont prêts à porter, et comment.

Alors, je ne vous demanderai pas «c’est quoi selon vous le bon écart d’âge?», je vous propose plutôt qu’on compte les points de ceux qui ont le plus tapé sur leurs frères et sœurs. Quelle est la pire bêtise que vous leur ayez mise sur le dos? La pire phrase jamais dite? Qu’est-ce qui vous fait toujours penser à lui/elle/eux?

Bref, comme me le dit chaque soir, le «monsieur de la guérite» à l’entrée de la garderie «on lâche pas, la vie est belle».

-Lexie Swing-