Combat de femmes

Elle a osé. C’est quoi cette blague. Elle a bu ou quoi? Et puis t’as vu…

Autour de moi, les remarques ont sifflé, les langues engourdies par l’hiver se sont déliées. Après tout ça, après ces scandales, ces échanges, les prises de position vigoureuses sur les réseaux sociaux… Après, surtout, cet accord au féminin, cette cacophonie de voix devenue une chorale parfaite. Plus soprano que ténor, certes, mais définitivement collégiale.

Après tout cela, voilà qu’une tribune importune vient rompre l’harmonie. Et plus que sur le contenu, je me suis interrogée sur le pourquoi. Grand bien leur fasse de penser ce qu’elles pensent, Catherine(s) et consorts, mais quel est le but de ce partage? N’y a-t-il aucune cause qui mérite plus d’être défendue que la liberté d’importuner (b****** de m**** la liberté d’importuner?). Est-ce que cela méritait une tribune?

“Je pense et ai soupesé chaque mot pour lequel j’ai signé”, ont juré devant le grand public – ce Dieu moderne -les 100 signataires de l’article. Force est de constater que l’on peut signer n’importe quoi et que la balance de valeur qu’on attribue à nos propos n’engage que nous. Car ce manifeste, si elles le pouvaient, elles l’élèveraient au rang de celui qui fut jadis auréolé pour son courage, et pour les 343 signataires qui l’avaient ainsi porté. Preuve si l’en fallait que le terme de salope connaît plus d’une vérité. Nous aurons eu divers combats pour accéder à l’égalité : l’accès au travail, l’égalité salariale, le droit à disposer de son corps. S’y ajoute donc désormais la liberté d’importuner, et j’en rirais bien si cela ne me donnait pas tant le goût d’en pleurer.

Mon père arborait il y a longtemps un t-shirt qui scandait que l’homme est un loup pour l’homme. Les récents scandales ont galvanisé l’idée que l’homme est surtout un loup pour la femme. Mais ma plus ancienne analyse, du haut de mes presque 32 ans, est que la femme est surtout un ennemi pour la femme elle-même. Et je n’utiliserai point le mot loup, ou louve, car l’animal est noble et il n’attaque que par nécessité, quand les femmes (et les hommes) attaquent par orgueil. Manquait-il des feux de ce côté-là de la rampe? Les fauves tournaient-ils en rond au point de manquer de proies? Pauvreté, violence et  faim dans le monde devaient manquer de saveur.

J’ai appris cette fin de semaine – par un chum dopé aux nouvelles du matin – que le troupeau avait choisi de se désolidariser de la brebis galeuse. Celle-là même qui a jugé opportun d’accoler viol et jouir, dans la même expression. Pour sa défense j’ai été journaliste et je dois reconnaître qu’il n’y a certainement pas plus putaclic comme titre. Niveau SR, 10 sur 10. Niveau notoriété, 10 sur 10 également. Brigitte est certainement en passe de devenir le nom le plus googlé de l’année 2018 (pour quelqu’un qui était passablement inconnue au Nouvel An, on peut tout de même évoquer une célébrité fulgurante).

Niveau bienséance, intelligence et empathie, on repassera en revanche. A peine la moyenne. “A force de voler au raz des pâquerettes, on finit le nez sur le bitume” ironisait mon prof de physique, non sans une certaine poésie.

Cependant, loin de m’emballer pour si peu – nous sommes au XXIe siècle et on peut dire que la vie nous choie en termes de commentaires dégueulasses et d’idées paranos véhiculées sur les Internet – je me suis surtout amusée de ce soudain retournement de situation. Oubliées les défenseures des dragueurs importuns, sus à Brigitte, l’outrageante, la débauchée, la vile capable de réunir jouissance et violence, quand d’autres défendent harcèlement et agression.

Au royaume des aveugles, celle qui psalmodie le plus fort est une cible parfaite. On oubliera le manifeste, la position plus que contestable, le combat indécent mené par des femmes, contre les femmes. Mais au bénéfice des hommes.

Restera la brebis. Qui n’éveille ni ma pitié ni même mon intérêt. Mais qui a eu le mérite de me sortir de ma torpeur face à toute cette débâcle de mauvais goût. Faisons pire que les autres, et voyons où ça nous mène.

Et comme l’écrivait finalement mon professeur, de ses pattes de mouches illisibles : “Pauvre petite, elle est drôle quand même, dommage qu’on ne puisse plus rien faire pour elle”;

-Lexie Swing-

Photo : Ian Schneider

Plongez-vous dans les Ted Talks

Les Ted Talks ont commencé pour moi comme un «devoir» : c’était une façon intéressante d’écouter la télévision en anglais, et donc de le pratiquer. Il y a quelques mois encore, je ne connaissais pas ces mini-présentations de 15 à 20 minutes, qui abordent des sujets variés et précis dans des domaines très différents. Pour preuve, une rapide visualisation de la page d’accueil du site :

  • A one-man audio-visual musical phenomenon
  • Want to be more creative ? Go for a walk
  • How we can stop Africa’s scientific brain drain
  • How adaptive clothing empowers people with disabilities

Ça, ce sont les nouvelles mini-conférences publiées sur le site. Parmi celles qui sont les plus visionnées ces jours-ci, les conférences «trendy», nous avons plutôt :

  • How to find a wonderful idea
  • The leaders who ruined Africa, and the generation who can fix it
  • Could future devices read images from our brains?
  • Why bees are disappearing?

Cette courte liste vous donne déjà une idée de la diversité des sujets : culture, psychologie et développement personnel, géopolitique, société et diversité, environnement, sciences et technologies… Elle ne met d’ailleurs par en avant les sujets que je consulte le plus souvent, à savoir l’éducation et la pédopsychologie.

Et plus je continue à scroller, plus j’identifie des sujets que je classe dans les «à visionner». «Ce que l’on manque dans le débat au sujet de l’immigration», «Le pouvoir des personnes introverties», ou «Qui êtes-vous, vraiment? Le puzzle de la personnalité»… Je vois des interventions politiques, des conseils pour prendre soin des plantes, une chanson en hommage à cette femme qui a traversé un ouragan… Ça n’arrête jamais!

Si vous avez Netflix, les Ted Talks sont disponibles sur la même page d’accueil, lorsque vous allumez votre télévision. C’est en tout cas ici le cas en Amérique du Nord, vous me confirmerez pour ceux qui ont Netflix France ou ailleurs dans le monde. Dans tous les cas, les vidéos sont également disponibles sur Internet. Elles sont en anglais, mais sur la page internet vous pouvez afficher le texte (intégral ou sous-titrage selon le cas) de la conférence dans la langue que vous souhaitez.

Sur une autre note :

– Lundi, je serai de retour sur Instagram. Je vous expliquerai bientôt pourquoi. Rien de très fou, mais après avoir maintes fois justifié mon départ de ce réseau, il est quand même nécessaire que j’explique la raison de mon retour.

– La semaine prochaine, je publierai (enfin) un article sur «l’affaire Catherine D. et consorts», huit jours après tous les autres. Passé le choc, le déni et la violence de mes pensées, je suis désormais dans l’analyse et j’ai hâte de connaître vos opinions face à cette nouvelle controverse. On s’en reparle!

– Il fait 5 degrés et il pleut aujourd’hui. Demain il fera -5 et il neigera. Dimanche nous attendons -20 degrés. Tout va bien.

TGIF – profitez de ce deuxième week-end de janvier, 2018 est bien installé!

–Lexie Swing-

Cet immigrant que je ne saurais voir

Pour défendre une certaine notion de patrie, certains, s’érigeant en pourfendeurs de l’immigration, sont portés à croire que la citoyenneté devrait reposer sur des origines, une couleur de peau, la sonorité d’un nom. Ainsi, en France, on a tendance à estimer, par défaut, que le jeune Nicolas est plus français que son ami Chen. Je ne dis pas ces noms au hasard.

Nicolas est certes d’origine française mais il ne connaît rien à la France. Son père était perpétuellement muté dans un nouveau pays, il a notamment passé 12 ans en Afrique et il est né au Kenya.

Chen est né dans un bled à côté de Strasbourg, de parents chinois immigrés en France une dizaine d’années avant sa naissance. Il a été à l’école à Strasbourg, et il a été à Lyon à l’Université. Un jour, un ami commun lui a demandé comment c’était « là d’où il venait » et il a décrit un village de carte postale où les gens parlaient un français mâtiné d’allemand. Je ne sais pas s’il a fait exprès de parler de son village alsacien mais la vérité, et je l’ai su plus tard, c’est que Chen n’était jamais allé en Chine. Il s’y est rendu plus tard, seul et en backpack, pour découvrir un pays qui était celui de ses origines certes, mais qui lui était inconnu.

J’ai toujours eu plus de points communs avec Chen qu’avec Nicolas. C’était fascinant d’entendre Nicolas raconter ses premiers pas dans la brousse (sérieusement, c’est plus fancy que les trottoirs de Paris ou d’Alger pour apprendre à marcher non ??) mais on n’avait pas la même culture. Il ne connaissait pas les Minikeums, il restait de marbre devant les répliques cultes de la Cité de la peur ou du Père Noël est une ordure, il n’avait jamais lu Astrapi. Chen, si.

C’est cependant en arrivant au Québec que j’ai pris la mesure de la citoyenneté que je portais, et de l’étrangère que j’étais. Même si j’assimile parfaitement l’accent, et que je finis par connaître Montréal comme ma poche; même si je participe à élire le prochain gouvernement et qu’on me délivre un passeport en règle, je ne deviendrais réellement québécoise que le jour où j’en assimilerais la culture. Lorsque le nom des politiques et l’humour des comédiens trouveront écho dans mon esprit et que je pourrais fredonner une toune connue.

Et il y aura d’ailleurs ceci de différent entre mes filles et leurs cousins, qui les rendront définitivement plus proches de leurs amis d’école – quelles que soient leurs origines – qu’elles auront les mêmes souvenirs musicaux, littéraires et bien sûr télévisuels. Parce que la langue elle-même est différente et que rien – à commencer par les films – ne porte le même nom des deux bords de l’Atlantique.

Et c’est bien la preuve, s’il en faut, qu’on ne voit jamais plus loin que le bout de notre nez. Que parce que nos voisins ont les yeux allongés, le teint olive et l’accent marqué, on s’imagine qu’on sait tout : comment ils vivent, pour quel Dieu ils prient et à quoi ils aspirent. On prétend surtout savoir qu’ils ne sont pas d’ici, sans jamais se demander ce que c’est, être d’ici. Est-ce que c’est d’avoir le teint pâle et le ton affecté? Ou bien est-ce d’aimer une terre si fort qu’on a été prêt à traverser le monde pour la rejoindre? Est-ce que c’est respecter des traditions, en les faisant siennes ? Adopter des coutumes, des habitudes et tout un peuple ? Choisir un pays pour y travailler, pour y élever ses enfants et pour s’y endormir chaque soir, en s’y sentant en sécurité et à la bonne place ?

Je me souviens d’une fille, interviewée lors de ma première année au Québec, qui me disait être victime de ce que j’appellerais un double délit : nom et faciès. Elle avait un nom vietnamien, elle avait le type asiatique, et avait été estampillée « français balbutiant » par tout employeur qui croisait son CV, réduisant à néant ses possibilités d’être embauchée dans ce petit coin du Québec où elle vivait. Je lui ai parlé au téléphone. Je ne lui ai parlé qu’au téléphone même. Et pour moi elle n’est restée qu’une voix. Un accent québécois marqué. Des expressions typiques. Rien ne trahissait ses origines. Mais ses parents lui avaient légué ce qu’il y a de plus lourd à porter aujourd’hui pour un enfant d’immigrés : un nom à consonance étrangère et des traits d’ailleurs.

Notre connaissance des autres est construite sur des présupposés. Une femme au foyer est forcément inéduquée, des piercings nombreux sont l’apanage de la marginalité, l’enfant qui court au restaurant est victime d’une éducation laxiste, quand celui qui dort avec ses parents est un enfant-roi.

Notre vision est faite de cases étriquées dans lesquelles nous tentons de faire rentrer le monde qui nous entoure. Nous faisons fi de ceux qui font le grand écart, des funambules, suspendus entre deux réalités, de ceux qui résistent et de ceux dont l’esprit est trop large pour rentrer dans la case assignée.

Nous imaginons notre monde comme l’un de ces immeubles à clapiers, comme ils en poussent par dizaines dans les banlieues françaises. Ces champignons qui empoisonnent la société. Ces cages à poules minuscules qui dégueulent d’immigrants.

Ça ne rentre pas. Quand est-ce que les arriérés de ce monde se rendront compte que ça ne rentre pas? Que la vie n’est pas un putain de sudoku avec un chiffre par case. Que la palette ne suffit plus à créer tous ces métissages. Qu’il va falloir changer de plan. Cesser la linéarité. Accepter les nuances, les contours flous, la cacophonie des accents chantants.

L’aquarelle n’est pas terminée et la réalité n’est pas immuable. Essorez les pinceaux, il est temps de changer le décor.

-Lexie Swing-

Photo : Slava Bowman

Enfants : 3 activités en intérieur sur la Rive-Sud

Il faisait -10 degrés, c’était presque comme un mois d’août : on se promenait, à peine vêtus, sillonnant dans la blancheur de l’hiver, ahanant sous le poids des luges chargées de marmots. Et puis soudain, black-out, -20 degrés, ressentis -1000. On a testé quelques descentes dans l’allée du garage, après une oreille et deux orteils de perdus, il a fallu se rendre à l’évidence et les armes avec : il nous fallait des activités en intérieur.

Nous avons donc établi un programme serré pour permettre à notre petit cheval fou de se dépenser. L’occasion pour nous de découvrir de nouveaux endroits sur la Rive-Sud. Pas convaincus? Suivez la guide (moi)!

Machin Chouette, à Saint-Jean-sur-Richelieu

Saint-Jean est ma nouvelle place-I-must-visit. Elle a tapé dans mon top 3 après un tour rapide dans le vieux Saint-Jean (je cherchais le magasin pour enfants Le Petit Cocon, j’ai pu admirer ses murs de briques depuis l’extérieur mais malheureusement, considérant l’heure tardive, les portes étaient déjà fermées). Mais Saint-Jean est aussi la ville où se trouve Machin Chouette, une salle de jeu pour enfants qui tranche franchement avec les gros complexes où l’on se rend d’ordinaire. Un gros module multi-âges avec différents passages, trois glissades moyennes et une grande glissade tube; un espace 0-3 ans avec petite piscine à boules, glissade, jeux accrochés au mur, gros dada…, un(e) trampoline, et un mur d’escalade (payant). Un deuxième espace est dévolu à la pratique du hockey en salle (ç’a-tu un nom?). Un troisième est estampillé “jeux calmes”, avec dinette, cuisine, jeux de concentration, magasin… Clairement pas la tasse de thé de Tempête, qui a filé à l’anglaise rejoindre le GROS module, la GRANDE glissade, les GRANDS enfants (c’est incroyable la vitesse à laquelle court cette petite). Au milieu, plusieurs grandes tables et un espace restauration avec de vraies choses appétissantes (et du pop-corn pour Miss Swing qui considère que c’est la meilleure chose au monde) (avec les pâtes au saumon).

Pour quel tarif? 6,95 dollars de 1 à 3 ans, 11,95 dollars pour les plus de 3 ans. Les parents paient 4,95 dollars, les grands-parents ne paient pas (les veinards). On a trouvé l’espace restauration bon marché, payant moins de dix dollars pour plus de choses que notre cabaret (plateau) pouvait en contenir.

Plus d’infos? Sur le site internet de Machin Chouette


Corporation aquatique maskoutaine, à St-Hyacinthe

Oui oui vous avez bien lu, on va à la PISCINE. Range-moi ce petit air dubitatif, je sais qu’il fait -20 degrés mais l’eau, elle, est à 31 degrés! C’est Hawaï à St-Hyacinthe, avec les petits jets d’eau qui éclaboussent ton poupon rieur.

A St-Hyacinthe, il y a un grand bassin découpé en une pataugeoire pourvue de mutliples jeux (avec une progression “niveau pour bébés”, “niveau pour toddlers”) et deux glissades (le parent qui se pelait sur le bord parce que sa deux ans avait décidé que c’était tellement chouette la glissade, c’était moi) (ok, c’était Mr Swing, mais c’est parce que je suis frileuse et que j’ai dit “c’est toi qui y va” la première). Un couloir d’eau mène à une partie plus profonde et à des lignes de nage. De l’autre côté de la piscine, il y a un bassin avec des lignes de nage plus longues et des plongeoirs. Comme il y faisait 5 degrés de moins, je l’ai admiré de loin. Pour les plus grands, ou les petits pas peureux, il y a une grande glissade chronométrée avec record à battre. Pour les “sans-enfants”, il y a un aussi un bain à remous et un sauna. C’est the-place-to-be pour fatiguer ses enfants en une heure de temps. Et tes oreilles avec. Ne me remercie pas.

Pour quel tarif? L’accès sans carte Loisirs revient à 5 dollars pour les enfants de plus de 3 ans et à 7 dollars pour les adultes. Les plus de 60 ans ne paient pas, je vais finir par croire qu’on cherche à les privilégier!

Plus d’infos? Sur le site internet de la Corporation aquatique maskoutaine


iSaute, à Brossard

Je n’ai pas testé iSaute, je préfère vous l’annoncer tout de go. Cependant je sais de source sûre que c’est un chouette lieu pour les enfants qui ont besoin de se dépenser.

Il s’agit d’un grand entrepôt avec 20 000 pieds carrés de trampolines. Il y a majoritairement des trampolines classiques mais aussi un espace de basket-ball trampoline et un autre de ballon-chasseur trampoline.

Nous prévoyons y aller prochainement à un moment réservé aux tout-petits. Pour un tarif avantageux, l’espace est ainsi réservé aux 6 ans et moins les vendredis, samedis et dimanches de 9h à 10h.

Pour quel tarif? Pour la tranche horaire réservé aux 6 ans et moins, le prix est de 10 dollars pour un enfant + un adulte. Le tarif régulier est sinon de 16 dollars la première heure.

Plus d’infos? Sur le site internet de iSaute

-Lexie Swing-

Crédit photos : Lexie Swing + iSaute

Des vacances à la maison

A l’heure des rétrospectives en tout genre, je peux vous dire que notre année 2017 s’est terminée sur une nouveauté : des vacances à la maison. En dix ans de vie commune, c’était la toute première fois que mon amoureux et moi restions à la maison pour dix jours de vacances. Adultes à peine pubères, nous profitions toujours de nos congés pour retrouver nos familles dans un autre département. Devenus parents, puis expatriés, nous avons joui de chaque jour de vacances (plutôt rares, si vous vous rappelez), pour rentrer en France, partir au chalet, rouler jusqu’en Floride. Rester à la maison était donc une aventure en soi.

Une aventure qui s’est vite révélée extraordinaire, avec ses -20 degrés devenus quotidiens. Les sorties en luge des premiers jours ont donc laissé la place à des jeux à l’abri et nous avons dû redoubler d’inventivité pour trouver de quoi occuper le petit monstre de 13 kilos qui galopait – littéralement – partout dans la maison en assurant être un cheval, un muffin vissé dans la bouche comme un mors mal ajusté.

Mais ces premières vacances à la maison ont aussi été celles du premier Noël à quatre, tous les quatre et à quatre seulement (plus Eleven!). Chacun de nous a pu choisir son menu, nous avons préparé le souper ensemble, et il n’y a pas eu de chicanes quant au contenu des assiettes. Il n’y avait pas huit services, les filles ont pu sortir de table au bout de dix minutes et nous avons terminé notre repas de Noël en tête-à-tête. La soirée du réveillon a été celle de notre premier film en famille : en rang d’oignon sur notre canapé, nous avons visionné l’excellent Arthur Christmas (“Mission Noël” en France). Une semaine plus tard, B. en est à 5 visionnages de plus.

Le Père Noël est passé dans la nuit, et les cadeaux ont été tous déballés sans précipitation. Il n’y avait pas d’attente, elles ont pu prendre le temps de savourer chaque surprise, et de deviner le contenu des paquets. Les cadeaux arboraient la photo de chacune des personnes de la famille qui avaient expressément demandé au Père Noël d’amener ce cadeau en particulier. Magie de Noël, ok, mais pas sans gratitude.

Un brunch a suivi l’ouverture des cadeaux. Il était bon, et il a été également écourté, appel du jeu oblige.

Je vous souhaite d’avoir pris le temps de profiter de ces congés, d’avoir profité des vôtres, même de loin. 2018 est désormais notre actualité, nous y sommes entrés quelque peu alcoolisés, et en compagnie de nos enfants – dopés aux crottes de fromage, qui ont veillé pour l’occasion jusqu’à deux heures du matin.

Qu’elle soit douce avec vous, qu’elle soit joyeuse surtout, qu’elle voit naître vos plus beaux projets, vos meilleures réalisations, qu’elle vous donne les moyens, l’envie, et les ailes pour vous réaliser. Bonne année !

-Lexie Swing-

Ton petit hiver au Canada

Aux futurs immigrants, on annonce sans détours «tu verras, le Canada, c’est six mois d’hiver». Et si ce n’est pas tout à fait vrai, ce n’est pas complètement faux non plus. Mais alors que j’attaque mon cinquième hiver sous ces cieux, je me rends compte que c’est moins la longueur de l’hiver que les paysages qui me dépaysent.

Il y a quelques soirs de ça, un samedi je crois, nous avons pris la voiture en direction de la piste de luges, aménagée au cœur d’un parc proche. C’est courant par chez nous, des pistes de luges aménagées, même si cela ne signifie en rien que le vin chaud t’attend à l’arrivée.

Nous étions donc au sommet, à contempler la pente et les alentours, perchés alors entre deux écoles. La francophone de Montarville, et l’anglophone de Mount Bruno. Je regardais la cour de la première, recouverte de son épais manteau blanc. Leur petite école sous la neige. J’ai dit ça à voix haute parce que je pensais que ça ferait un bon titre. Bien sûr, comme j’ai dit ça sans préambule, mon amoureux m’a regardé bizarrement. Mais pas trop quand même puisqu’en dix ans il a largement pris la température de mon étrangeté. Il a donc dit «quoi?», et j’ai répondu que nos filles grandiraient dans ce pays-là, où l’on va à l’école par moins 15 degrés et où les cours sont recouvertes de neige. Nous ne côtoyons pas encore ces écoles-là, mais la cour de notre garderie est bien remplie elle aussi de cette neige impeccable. Et c’est un bonheur de les voir grimper à la file en haut de la petite butte, pour glisser chacun leur tour dans leur petit traîneau de plastique. C’est toute une enfance, une certaine enfance en tout cas.

Certains grandiront les pieds dans le sable et les yeux dans l’eau, pour ne plagier personne, d’autres feront leurs premiers pas sur les trottoirs de Manille, de Paris ou d’Alger, et ne me remerciez pas pour l’air qui vous trotte désormais dans la tête. Mais mes filles grandiront les pieds dans la neige, marcheront d’un équilibre précaire sur les trottoirs verglacés et feront de la luge six mois par année.

Et c’est vrai que j’aime tellement ça la neige. La première, la dixième aussi. La banlieue nous convie volontiers dans sa blancheur immaculée. Comme à Montréal les routes se salissent, les voitures garrochant de la slush boueuse le long des trottoirs. Mais nos rues transversales, nos cours arrières, nos stationnements, nos parcs de jeux, conservent leur manteau d’hiver. Et c’est un peu des vacances que l’on transporte chaque jour au fond de nos poches, un peu de Noël, un peu de ces jours lents, de ces histoires au coin de feu, de ces pistes dévalées, de ces raclettes avalées.

Saint-Bruno, ma ville chérie, n’est pas en reste dans cette féérie. Ainsi vêtue, elle s’illumine encore un peu plus, devenant durant quelques mois la représentation québécoise des stations de ski de mes jeunes souvenirs. On souffle alors dans l’air froid, les joues rougies, les mains blanches. On presse le pas vers Caffellini, vers le Markina, vers la Tasse Verte ou même en direction de la nouvelle boulangerie du Pain dans les Voiles. On jette les mitaines sur la table avant d’agripper le café chaud, le chocolat bouillant et ses petits chamallows flottants, le thé aux effluves de cannelle. On prend le temps de s’arrêter, puisque la neige impose cette lenteur. On reprendra la course plus tard…

De très belles Fêtes à vous tous, soyez heureux!

-Lexie Swing-

Journal de famille pour mamy esseulée : on a testé Neveo

Quand Simon m’a proposé de tester Neveo, j’étais un peu agacée. Je suis vieille ok, j’ai trente ans, mais la personne dans le fauteuil qui feuillette le petit journal photos de sa famille en radotant sur comment c’était avant…? Bon ok, c’est un peu moi quand même, surtout quand je m’avachis (ma mère dit que je vais finir bossue). Après, j’ai compris que je n’étais pas la clientèle visée. La clientèle, c’était Mamy. Et Mamy, pour le coup, elle allait kiffer le cadeau.

Non, Mamy ne sait pas ce que kiffer veut dire. C’est parce que je suis une jeunesse de 30 ans moi Monsieur. Madame. Vous êtes surtout des dames non?

Avec Neveo, Mamy allait avoir la possibilité de recevoir chaque mois un journal papier, textes et photos (photos légendées disons) de mon quotidien. C’est devenu encore plus sympathique à mes yeux quand j’ai su que je pouvais inclure toute ma famille dans le projet.

La mienne s’est limitée à mes parents et à mon frère, je me suis chargée de faire le lien avec ma cousine qui n’avait qu’un accès modéré à Internet. Quant à nous, il nous a suffi de télécharger la nouvelle application Neveo sur nos téléphones pour pouvoir ajouter directement nos photos.

Les pipelettes dans la neige? Hop, une photo légendée. Les pancakes du samedi matin? Hop, une photo légendée. Ma magnifique robe rouge de Noël? Hop, une photo légendée (chuuut, c’est encore un secret).

Comment ça marche ? Il suffit de télécharger l’application gratuite Neveo, de créer votre compte, de rentrer vos infos et celles de Mamy (Papy ça marche aussi) et c’est parti. Vous n’avez qu’à «peser» (québécois inside) sur le petit plus pour ajouter vos photos, une par une, ou dix par dix si ça vous chante. Vous pouvez aussi aller dans «inviter ma famille» et envoyer le lien à vos 200 cousins. Selon le plan que vous avez choisi, vous êtes limité à 50 ou 100 photos par mois.

Est-ce que c’est cool? Oui, vraiment! Mon frère et moi sommes expatriés, mes parents habitent loin de ma grand-mère, dans une maison où elle n’aura probablement plus jamais la chance de se rendre… Je trouve que c’est vraiment une belle façon de lui faire partager notre quotidien. Souvent j’envoie des photos que ma tante imprime, mais il n’y a pas de textes, ou bien je raconte des choses au téléphone que Mamy ne peut pas voir… C’est un peu le meilleur des deux mondes, et en version papier, ce qui est parfait pour quelqu’un comme ma grand-mère qui est particulièrement hermétique aux nouvelles technologies.

Les inconvénients? Ils viennent de l’application elle-même, qui est toute récente et probablement encore en rodage. Pour faire court, nous nous sommes arrachés les cheveux pour comprendre pourquoi l’application fonctionnait parfaitement pour mon frère et moi, mais pas du tout pour mes parents. Pourtant eux et moi avons le même modèle d’iPhone, et j’ai le même iOs que l’un des deux. À date, nous n’avons pas déjoué le mystère. Il est cependant possible d’utiliser l’interface internet.

Est-ce que je peux essayer? Oui! Et pas n’importe comment ma chère (sérieusement, y a-t-il un gars par ici?). Neveo organise un concours. Chaque participant gagne les deux premiers mois à 0,99 euros (contre 6,99 euros par mois normalement pour un journal de 50 photos). Mais surtout, 10 gagnants remporteront 1 an d’abonnement gratuit à Neveo (un journal de 50 photos pendant 12 mois). Pour participer, il te suffit de suivre le lien : https://goo.gl/pCuqeZ

Et si tu veux voir la réception du journal par une grand-mère en action, c’est par ici : https://drive.google.com/drive/folders/1QVFl4weMXxtfLtofxET1cYe7KfNLggs1?usp=sharing

La mienne, elle, le découvrira demain, le secrétariat de la maison de retraite ayant «oublié» de distribuer le courrier (on en parle, du fonctionnement des maisons de retraite?).

-Lexie Swing-

Cet article a été réalisé en partenariat avec Neveo

Noël : s’inventer des traditions

Cette année, c’est à cinq que nous passerons les fêtes. A quatre humains et un poilu, nous réveillonnerons, souperons, déjeunerons et ouvrirons des cadeaux arrivés par la poste depuis le Vieux Continent.

C’est la première année, de toutes les années passées, que nous le faisons seuls, tous les cinq, tous les deux.

Dans ma famille, Noël n’a jamais eu l’effervescence des grandes tablées familiales. Il y en a eu, certainement, puis le départ de certains, à commencer par les aïeuls, a comme dispersé les traditionnelles retrouvailles. Les habituels grands écarts géographiques familiaux nous ont conduit à fêter Noël parfois bien avant l’heure, quand ce n’était pas quelques jours après. Enfant, j’ai même été à DisneyLand, pour les fêtes de Noël, remplaçant les réunions familiales par une autre féerie.

Lorsque nous sommes devenus un couple, Mr Swing et moi avons commencé à nous diviser nous mêmes entre les familles. Tantôt dans la même ville, le hasard voulant que nos familles soient originaires toutes deux de la Loire. Et parfois entre le Sud-Ouest et l’Auvergne. Nous avons alors quelquefois fait étape devant une minuscule église, sur le bord de la départementale, pour nous échanger nos cadeaux. Juste les nôtres, loin du flou et du folie qui règne d’ordinaire au moment de l’ouverture familiale des cadeaux. Un moment suspendu. Notre propre début de tradition.

Cette année, seuls pour la première fois, nous en inventons des nouvelles. Comme le sapin que nous sommes allés chercher à pied, pour notre troisième hiver. Ou le calendrier de l’avent que je pensais ouvrir le matin, comme on faisait chez moi, et que l’on découvre finalement le soir, comme cela se faisait chez mon amoureux, parce que le temps du matin file si vite que l’on ne le saisit jamais.

Nous en imaginons d’autres, magasinant notre table de Noël et notre guirlande extérieure. Créant nos photophores. Décidant que le Père Noël ne se nourrira pas seulement de biscuits, mais de pop-corn. Inventant la règle du « chacun s’habille comme il préfère le jour de Noël, moi en pyjama et toi maman dans ta robe de soirée ». Choisissant des pâtes au saumon, « parce que c’est mon plat préféré de toute la vie ». Votant pour un brunch de Noël, le 25 décembre. Sachant déjà, puisque c’est une tradition chez nous de longue date, que Diana Krall chantera en fond sonore, le soir du réveillon.

Il y a des choses qui restent encore à inventer: ferons-nous de la luge le jour de Noël ? Le Père Noël acceptera-t-il autre chose que des clémentines ? Fera-t-on des jeux ? Et surtout, quel dessert cuisinerai-je?

Quels souvenirs aussi, garderont-elles de ces jours heureux ? Le rire de leur père ? Le goût du saumon? Les poils du chien pris dans le scotch des paquets cadeaux ? Les jeux, le repas, la musique ?

Autour de moi, chacun aura sa propre façon de vivre Noël. En famille, entre amis souvent aussi, spécialité des expats et immigrants, en couple, seul, au travail, avec son association bénévole, avec sa troupe … Il y aura les Noels prévus. Et les impromptus. Les retards d’avion, la tempête tardive, la grippe malvenue.

Surtout, ne vous mettez pas la pression. Que vous soyez hôte ou visiteur, seul, entre amis ou entre collègues, prenez le temps d’apprécier l’instant. Asseyez-vous par terre dans les poils du chien, ou d’une fesse sur le bras du canapé. Laissez-vous porter par le moment, ne jouez pas de rôle imposé par des années de pratique en réunions familiales. Riez avec les enfants et commencez par la bûche si le cœur vous en dit. Ce soir la tradition c’est vous qui l’inventerez.

-Lexie Swing- (fête bientôt Noël)

Crédit photo : Denise Johnson

Mère (très) active

Avoir une activité à soi est primordial. Encore plus quand on est en couple. Encore plus quand on est parent. Tous les magazines vous le diront. Votre horloge interne, elle, vous dira que vous n’allez certainement pas aller taper la baballe alors qu’il y a trois machines de linge à plier et que vous avez 1201 heures de sommeil à rattraper depuis la naissance de votre deuxième marmot. Comme toute femme du monde moderne, j’ai décidé que les magazines détenaient la clé de mon bonheur. J’ai donc dit merde au sommeil, fermé les yeux sur le linge et j’ai révolutionné mon emploi du temps. Explications:

J’avais toujours rêvé d’apprendre la langue des signes. Pourquoi? Aucune idée. Mais comme la question m’est posée quotidiennement, il serait temps que je trouve une réponse plus fournie que « beeeeuah ché pa, comme ça ». Reste que, je voulais tellement en faire que j’ai demandé à mes parents d’investir dans mon futur en m’offrant des cours de LSQ pour mon anniversaire. En avril donc. Après, j’ai réalisé que je n’avais pas le temps de m’inscrire, ma volonté est donc restée lettre morte, jusqu’à août, au moment où telle la cigale je me suis réveillée. J’avais bien chanté tout l’été, il était temps d’apprendre à signer.

Au même moment, une alerte judicieusement placée par la moi de juin 2017 sur mon calendrier Outlook a rappelé à la moi de fin août 2017 (édition limitée) qu’il était temps de s’inscrire au sport si je voulais profiter d’un remboursement partiel de mon entreprise. Je n’allais pas passer à côté d’une telle opportunité alors que mon porte monnaie ET mon tour de taille post-grossesse me pressaient de me bouger la couenne. J’avais déjà investigué la question quelques mois avant et me suis donc inscrite à une session de pilates sur table à l’école de danse contemporaine, chaque jeudi midi.

Ça, c’était juste avant que l’on me rappelle que je m’étais portée volontaire pour des cours d’anglais. Deux midis par semaine.

C’est ainsi que la chrysalide (que dis-je, la larve) roulée en boule sur son canapé, entre deux piles de linge à plier, est devenue un papillon de compétition. Une espèce courbaturée, à l’esprit encore plus chargé, avec une tonne de linge à plier (je pense qu’il se reproduit), mais avec un je-ne-sais-quoi de plus, une nouvelle corde (pas pour se prendre, mauvaise langue) à son arc, un surplus de liberté.

J’étais devenue pas mal juste une amoureuse, juste une travailleuse, et surtout juste une mère. Maintenant je suis pas mal plus. Un peu trop peut être. Tout est une question d’équilibre… J’avais prévu de le retrouver, mais avec ma folie des grandeurs habituelle, je me suis déjà réinscrite pour le trio infernal, tout en m’interrogeant: est-ce que j’aimerais la chorale ? Mon accent français m’empêcherait-il de faire du théâtre ? Où puis-je louer des skis ? Et le quotidien : Chéri, comment règles-tu le vélo d’appartement ?

Bref, on n’est pas couché.

Et vous?

-Lexie Swing-

L’heure folle

Ça recommence tous les matins. Le téléphone qu’on glisse sous l’oreiller, après avoir repoussé le temps. Le bain qu’on se dispute, car celui qui n’ira pas profitera encore un peu de la chaleur des draps. Le petit déjeuner que l’on prépare, toujours trop tard. Le biberon chaud et câlin du matin, les petits bras doux, les cheveux un peu fous, le sofa moelleux sur lequel on ne reste pas car on le sait, le temps manque. Le lait qui se renverse, les céréales qui se dispersent, et le chien qui attend, tranquillement, le bout de pain qui tombera inexorablement. Les « dépêche-toi » qu’on jugule et murmure, pour mieux les contenir. Les dents difficiles à brosser, le dentifrice mal recraché, le pipi qu’il faut rappeler, et la bouche qu’il faut laver… plusieurs fois. Cette chaussette sur laquelle on ne remet jamais la main, ces jeans toujours trop larges et ces hauts toujours trop courts. Ces couleurs qu’on voudrait assortir, pour le meilleur mais souvent pour le pire. Et la liberté de choisir affronte l’envie de plaire, fille contre mère.

Il y a les bottes que l’on glisse, le manteau qui fait cacahuète et les cagoules qu’on enfile par la tête. Il y a les ceintures du siège auto, toujours trop serrées de la veille, les bras qui ne passent pas, le manteau qui se prend au jeu et fait de son mieux pour bloquer la patente. Il y a l’enfant qui niaise, et qui biaise, la peluche sur les genoux et l’air ailleurs. Il fait fi des injonctions, se moque des directions, le nez perdu dans les hésitations du ciel.

« Quelle matinée de merde! », « What a fucking morning! », les exclamations n’ont pas la poésie que l’esprit voudrait leur dicter. Et l’on se retrouve pogné dans le trafic du matin, dans le bal des mondes, entre deux familles harassées, deux professionnels trop pressés, et quelques jeunes anesthésiés par les vacances prochaines… On est là, pare-chocs contre pare-chocs, à pester contre l’heure folle. Quand soudain, l’aînée déclare : « Ça fait chier quand même, ce trafic ».

Et l’on réalise que c’est la couleur du matin qui sort de la bouche d’un enfant trop petit pour porter sur ses épaules le poids de cette routine. Et que la vie mérite qu’on s’y attarde autrement. Lundi sera un jour nouveau.

-Lexie Swing-

PS On ne fait pas cacahuète chez vous, pour les manteaux ?