L’effet papillon du sourire (bis)

L'effet papillon./ Photo Steven Depolo

L’effet papillon./ Photo Steven Depolo

J’en ai déjà parlé parce que je l’avais étudié : une personne à qui l’on sourit, fait un compliment ou tend la main est beaucoup plus susceptible de recréer ce même comportement (sourire, compliment, aide) qu’une personne à qui l’on n’offre rien (et a fortiori encore plus si l’on agresse cette personne, l’insulte ou l’ignore alors qu’elle a besoin d’aide, l’effet papillon fonctionne également dans le sens négatif. Plus l’on est insulté, plus on est susceptible de le faire.).

J’essaye autant que faire se peut de me ranger à cette théorie et d’offrir le maximum aux gens qui m’entourent. C’est à la fois altruiste et assez égoïste car on se sent généralement assez en paix avec soi-même après avoir offert un sourire ou un coup de main. Mais aujourd’hui j’ai vécu la situation inversée, j’ai été celle qui a recueillie la bonne humeur transmise par quelqu’un d’autre. Explications.

Me voilà à la caisse. La dame devant prend tout son temps et le mien au passage. Je ne fulmine pas. Cela ne sert à rien. J’ai été caissière et les gens qui rouspètent et se plaignent attendent toujours deux fois plus que les autres. C’est le cercle de l’agacement (et c’est toujours la caissière qui gagne). Donc je me tais et pianote sur mon téléphone. La dame agite enfin sa carte bancaire sous le nez de la caissière. Celle-ci remercie poliment. Elle a le regard las. Je le remarque. Et je ne suis pas la seule. La dame devant moi l’interpelle (tout en retirant soudainement sa carte qu’elle n’a toujours pas mise dans le lecteur, on est multitâches ou on ne l’est pas) : « Vous paraissez fatiguée…? », « Oh oui, le petit ne fait pas ses nuits…(elle raconte) et donc, j’ai des cernes, c’est affreux non? », « Mais non… », « Mais si. », « Mais non, et d’ailleurs j’ai ce qu’il vous faut, regardez! ». Et la voilà qui brandit un tube neuf de ce qui doit être une crème correctrice de cernes. « C’est la meilleure. J’en sais quelque chose je la vends. Mais je vous la donne, vous en avez bien besoin. Je sais ce que c’est un petit qui ne dort pas la nuit. Je n’ai pas la solution pour lui, mais pour votre visage, oui! » (Notre coach beauté est visiblement une fétichiste de la rime :)).

La caissière sourit. Elle semble un peu gênée mais elle est probablement très touchée. Assez pour que, mon tour venu, elle prenne le temps de feuilleter le catalogue des rabais. « Je suis sûre qu’il y avait des réductions qui allaient avec vos produits ». Je n’ai rien vu, je ne feuillette pas souvent les circulaires (je m’en sers plutôt de protection quand Miss Swing repeint le monde). Je lui dis que ce n’est pas grave, je n’ai pas de bon. « Mais si, mais si, vous n’allez pas payer en plus. Regardez, je l’ai trouvé. 3 dollars sur votre produit. Réduction immédiate. Il suffit de découper le bon. » Et la voilà qui s’éloigne en trottinant, pour revenir armée de ciseaux. Aussitôt découpé, aussitôt scanné. Trois dollars en plus dans mes poches et son sourire qu’elle me tend comme une offrande. « Passez une très belle journée Madame, une très belle, et profitez de ce soleil surtout. » J’ai saisi mon sac et son sourire, et puis je suis partie. Je n’y ai pas réfléchi mais je suis sûre qu’en sortant, je le portais sur mon visage.

J’ai souri à une dame en passant, je lui ai tenu la porte même si elle avait le temps. Le papillon flottant.

-Lexie Swing-

(Des) espoirs


Je me suis mise dans un bain. Quelque part derrière la porte, la petite mandarine sanglotait. Son papa veillait alors j’ai mis l’eau à couler. Le flot de mes pensées se diluaient dans celui du robinet. Un peu plus chaud. Jamais assez chaud. Réchauffer le froid qui saisit mon cœur.

Mon téléphone vibre. Vous avez dix amis en sécurité. En sécurité. Des amis perdus au milieu d’un état de siège. C’est la guerre à leur porte. Ils se géocalisent. Twittent leur angoisse. Relaient leur souffrance. Ils entendent des cris. Des cris qu’ils étouffent. Ce sont les leurs. Ce sont des voisins. Ce sont ceux de mon peuple, et de mes amis parisiens, pris dans les feux d’une bataille qui n’est pas la nôtre. C’est un temps de guerre. Ce n’est ni l’Afrique, ni le Moyen-Orient, ni l’insécurité des bidonvilles des pays en développement. C’est la France. C’est l’Occident. Et c’est la peur, partout.

L’eau va déborder mais je refuse de l’arrêter. Elle noie mes pensées, elle dilue mes angoisses, elle baigne les espoirs qui accompagneront mon soir.

A tous mes amis, courage. Demain se lève déjà.

-Lexie Swing-

La veilleuse qui Veille sur Toi

La veilleuse de la petite mandarine./ Photo DR Lexie Swing

La veilleuse de la petite mandarine./ Photo DR Lexie Swing

Dimanche dernier, nous avons pris la route direction Drummondville, pour faire un tour à la première édition du marché des lutins. Là-bas, un certain nombre d’exposants présentaient leurs créations pour enfants : jouets, vêtements, bavoirs, couvertures et autres. Une promenade qui m’a permis de découvrir « en vrai » plusieurs vendeuses etsy dont je possédais des items (dont mon indispensable matelas à langer nomade réalisé par Little Marine Design).

Dès la première allée, nous sommes tombés nez à nez avec les géniales veilleuses de Veille sur Toi. Le petit hibou était sur notre liste de naissance et choisi par l’une des grands-mères de la petite mandarine. Mais les mois passant, nous avons oublié de commander notre précieux. Le retrouvant juste là sous nos yeux, il nous a été impossible de reculer. Nous avons même investi dans un petit renard dans la foulée, comme cadeau de naissance d’un (chanceux) petit garçon juste né.

Ces jolies veilleuses sont réalisées en verre fusion, une matière sur laquelle l’enfant ne peut pas se brûler. Elles se branchent directement sur la prise, et peuvent même être adaptées pour les prises de certains autres pays, notamment la France. Un petit interrupteur situé sur le bas permet d’allumer et éteindre la veilleuse, ce qui met en joie Miss Swing, trop petite pour atteindre les interrupteurs classiques, qui passe son temps à faire jour-nuit-jour-nuit dans la chambre de sa soeur. Mais ce qui me plaît le plus, ce sont leurs looks. Les animaux représentés ont des jolies bouilles de personnages de livres. Vous savez, ces jolis livres. Ceux que l’on achète plus pour les illustrations que pour l’histoire. Ce sont des compagnons parfaits. Et enchanteurs.

L’histoire de la boutique aussi est belle. Karine l’a créée sur Etsy en 2013. L’an dernier, elle a remporté le prix Etsy Canada et l’une de ses veilleuses a même été choisie pour figurer (un quart de seconde seulement, selon ce qu’elle raconte avec humour) dans le film américain Southpaw (La rage au ventre, avec Jack Gyllenhaal). C’est la success story d’une vendeuse très simple, très sympathique, maman de trois enfants dont un petit dernier à peine plus âgé que la petite mandarine et qui m’a fait grâce d’un superbe sourire au marché des lutins.

La boutique Veille sur Toi sera présente au marché Nënë cette fin de semaine, et tous les jours sur Etsy.

-Lexie Swing-

Faire ses nuits

Avant le coucher./ Photo serzhile

Avant le coucher./ Photo serzhile

Je suis chanceuse. Ma première fille a fait ses nuits à un mois et demi. C’est ce que j’ai marqué dans son carnet. Un mois et demi. Je pensais que cette chance ne se représenterait pas. Je l’avais accepté. Je croisais simplement les doigts pour ne pas accoucher d’un bébé à bras, qui n’aurait bien dormi qu’à côté de moi sur mon couvre-lit. Et puis la petite mandarine, ses crises herculéennes et sa joie débonnaire ont déboulé dans notre vie. Et malgré les fameuses crises de larmes qui font trembler les murs, notre petite a tout de suite adopté son lit avec plaisir. Alors quand la nuit est venue, elle s’est endormie pour ne se réveiller que vers 3h. Un jour, ce fut 4h, puis 5, puis 6. Nous avons alors décalé le biberon du soir, le rapprochant petit à petit d’un souper normal, à mesure que les doses de lait augmentaient et que le ratio biberons-jour diminuait. Un matin, elle s’est réveillée à 8h. Le dernier biberon datait de 20h la veille. Elle avait un mois.
Je suis chanceuse. Ma première fille a fait ses nuits à un mois et demi. Ma deuxième fille a un mois. Mes filles font leurs nuits. Mais moi je ne dors pas. Je n’avais jamais pensé à ça. Je ne fais pas mes nuits. J’en suis incapable. Je suis ce nouveau-né qui se réveille 5 fois, sauf que ce n’est pas pour manger. Ma seconde maternité a décuplé ma propension à me lever la nuit. Un rien me réveille. Le chien, les ronflements, un toussotement. Je me surprends à replacer une sucette avant même qu’elle ne soit tombée, à caresser un front perlé de sueurs avant même que le cauchemar n’ait provoqué les pleurs. Entre les mouvements des uns et des autres, je me suis déjà vue me lever toutes les vingt minutes, durant une nuit entière.
Ces matins-là, je m’extirpe avec difficulté du sommeil, agacée d’avoir réalisé un marathon nocturne quand les autres baillent mollement en effaçant les dernières esquisses de leurs rêves de la nuit. Pourtant, j’ai le sommeil facile. Quand l’amoureux est incapable de se rendormir après « l’appel à la suce » de 5h du matin, je me rendors aussi bien à minuit qu’à 3h. Mais je me réveille avec tout autant de facilité, comme ses mamans animaux dont on vante l’abnégation quand elles dorment l’œil ouvert pour protéger leurs petits.
A 29 ans, je ne fais pas mes nuits. Mais mes filles oui.

-Lexie Swing-

La ritournelle

Entre soeurs./ Photo DR Lexie Swing

Entre soeurs./ Photo DR Lexie Swing

Pas comme ça. Pas cette tuque. Laisse ces chaussons. Non, ce ne sont pas les chaussons de bébé. Ce sont ceux-là les chaussons de bébé. Où as-tu pris ces chaussettes? Et cette couche, à qui est cette couche? On avait dit que c’était la dernière. Tu peux aller me chercher une couche? Sa tuque? Ses chaussons? Occupe-là. Raconte-lui une histoire. Tu peux lui chanter une chanson? Je suis sûre qu’elle aimerait une chanson. Maman doit faire la vaisselle, peux-tu veiller sur elle? Que fait-elle? Elle a sa suce? Ne touche pas sa suce. Ne touche pas sa suce. Ne touche pas sa suce! J’avais dit quoi pour la suce? Non je dois laver la suce maintenant. Tu as mis tes doigts dessus. Si, il y a des « microkes » sur tes doigts. Non, pas des microkes de nez. Du moins, je n’espère pas. Voilà j’ai lavé la suce. Tu peux aller me chercher la suce? Fais-lui une caresse. Non, pas sur la tête. Pas sur les joues. Tu ne t’es pas lavé les mains. Sur la bouche encore moins. Sur le pied, oui, tu peux. Sur la main d’accord, mais viens on va laver les tiennes. Un câlin? Si tu veux, mais je la tiens. Non, tu ne peux pas la prendre encore. Tu es trop petite. Ok, mais assieds-toi. Non, pas comme ça. Soutiens-là. Tiens-là bien. Regarde, elle te sourit. Elle t’aime tu sais. Elle t’aime déjà. C’est précieux ce qu’il y a entre elle et toi…

-Lexie Swing-

La publicité qui interroge

./ Photo Famili

./ Photo Famili

Il y a toujours un article, une émission, une photo, qui nous fait nous interroger sur ce que nous sommes et ce que nous souhaitons. Comme cet article récent sur une Instagrameuse accomplie qui a choisi brutalement de dénoncer la « perversité » des médias sociaux en révélant l’envers du décor de ses photos.

Pour ma part, c’est une publicité récente d’Ikea qui m’a fait réfléchir. Il ne s’agit d’ailleurs pas d’une publicité à proprement parler, mais d’un projet vidéo d’Ikea visant à faire parler de la grande chaîne. Les réactions des enfants et parents filmés sont censées être honnêtes, mais comme je ne peux en attester, je préfère voir ça comme une publicité. Ce qui ne change rien au message qu’elle véhicule.

 

Dans le cadre de ce projet vidéo intitulé « The other letter », Ikea fait intervenir dix familles. Parents et enfants sont séparés. Individuellement, les enfants sont amenés à écrire une lettre au Père Noël. Puis une seconde à leurs parents. « Que voudrais-tu demander à tes parents pour Noël? » interroge une voix derrière la caméra. Les enfants flanchent un peu puis retrouvent l’inspiration, pour une ligne ou deux, pas plus. Face caméra, les parents découvrent ensuite la lettre qui leur est destinée. Emotion, culpabilité, sourires, larmes, je vous passe les réactions parfois mièvres, mais les mots sont là. Pour Noël, ces enfants voudraient plus de temps avec leurs parents, plus de soupers en famille, plus de parties de jeu. L’un demande à sa maman de jouer au soccer avec lui, quand d’autres aimeraient plus de sorties familiales. Une maman résume la pensée de tous : « On voudrait leur donner le meilleur, on est prêt à dépenser des fortunes alors qu’on a déjà tout ce qu’ils veulent vraiment, en nous ».

On connaît tous l’histoire de l’enfant très riche dont les parents travaillent beaucoup et qui le couvrent de cadeaux pour remplir le gouffre de la culpabilité de laisser leur gamin unique dans une maison immense administrée par une nanny qu’il considère comme sa mère puisqu’elle est la seule à lui donner un peu d’amour. C’est un scénario mille fois repris, qui a déjà bien rempli les poches de Disney Channel.

Mais il y a un peu de vrai (beaucoup, en fait) dans ceci. Quand on regarde en arrière, ce ne sont pas nos dizaines de cadeaux de Noël qui nous restent en mémoire, mais le moment où on les a ouvert, un sourire sur un visage, une chanson qui faisait la tradition familiale, ou une tourte aux pommes spéciale. Il y a bien longtemps que j’ai remisé ma gameboy et mes Polly Pocket, mais les instants restent, eux.

Faible que je suis… J’ai visionné la vidéo quelque temps avant d’aller chercher Miss Swing à la garderie. Son papa devait rentrer un peu tard. Nous avions prévu de la faire dîner seule, du coup. Mais qu’est-ce qui était vraiment important? Qu’elle goûte en rentrant, quitte à souper une heure plus tard que d’habitude, ou qu’elle suive son train-train mais soupe seule devant son assiette et ne voit guère son père?

En rentrant, j’ai repoussé l’ordinateur, j’ai éloigné le téléphone, je me suis assise sur le banc à côté d’elle. A ses côtés, j’ai empoigné un crayon de couleur pour colorier le chapeau d’une sorcière (rapport à l’Halloween de la semaine dernière). Elle a dessiné, sa hanche contre la mienne, tandis que la petite mandarine l’observait, perchée sur le genou opposé. Elle m’a regardé tenir mon crayon (mal d’ordinaire, mais pour une fois je faisais un effort). Elle m’a demandé de lui placer le sien pareil. Ensuite, elle l’a fait seule. J’ai gagné un joli moment, dont je me souviendrais sûrement encore dans quelques mois. Elle, elle oubliera peut-être. Mais elle se souviendra du sentiment, de l’impression de partage. Je le sais, parce qu’en se levant elle m’a dit « Maman et moi on a dessiné hier. J’ai fait la maman et elle a fait le papa ». Oui, la grosse sorcière large d’épaules était un papa, et la petite aux cheveux filasses une maman.

Il va falloir qu’on ait une discussion.

-Lexie Swing-

Le congé parental au Québec : en profiter?

En pleine découverte./ Photo DR Lexie Swing

En pleine découverte./ Photo DR Lexie Swing

Le Québec possède quelque chose que le monde occidental nous envie (sauf les nordiques, je suis sûre que les nordiques ont inventé un truc mieux encore) : le congé parental bien rémunéré. Les prestations se présentent ainsi :

Congé maternité :

  • 18 semaines (congé long) rémunérées 70% de votre revenu hebdomadaire moyen.
  • 15 semaines (congé court) rémunérées 75% de votre revenu hebdomadaire moyen.

Congé paternité :

  • 5 semaines (congé long) rémunérées 70% de votre revenu hebdomadaire moyen.
  • 3 semaines (congé court) rémunérées 75% de votre revenu hebdomadaire moyen.

L’avantage par rapport aux autres pays, c’est ce qui suit : le congé parental. Un congé pris par la majorité des parents, bien ancré dans la conscience collective et qui est généralement (mais pas universellement, faut pas déconner) bien admis par les employeurs.

Congé parental (partageable entre les deux parents) :

  • 32 semaines (congé long) dont 7 semaines payées à 70 % et 25 semaines payées à 55%
  • 25 semaines (court court) payées à 75%.

Le congé long permet donc à la famille qui le choisit de garder son enfant pratiquement jusqu’à ses un an, en admettant que la mère se soit arrêtée de travailler juste avant la naissance (il n’y pas de moment type pour s’arrêter, c’est au choix de la mère et/ou du médecin).

Pour notre part, nous avons fait le choix du congé court, mieux rémunéré. Nous l’avons également partagé. Aux 6 mois de la petite mandarine, je passerai la main à son papa pour reprendre le travail. Il s’en occupera à temps plein jusqu’à fin avril, date à laquelle elle prendra le chemin de la garderie (pour laquelle nous venons d’obtenir une place, hourra!).

Et vous, Québécoises, quel choix avez-vous fait? Et autour de la planète, ça donne quoi les congés maternité/paternité/parentaux?

-Lexie Swing-

Mon petit cuisinier de l’Halloween

Pour son premier Halloween, Miss Swing était déguisée en lion (mon plaisir). Pour son deuxième, grâce à une team d’amies, ma belle s’est retrouvée avec un très beau costume de Petit Chaperon Rouge, incluant le loup et mère-grand.

Cette année, je voulais lui faire plaisir tout en tuant dans l’oeuf toute envie de déguisement de princesse (joke)(or not). Un soir j’ai été saisie d’une idée qui m’a semblé lumineuse : un déguisement de petit chef. Elle parlait depuis longtemps d’avoir son propre tablier. L’occasion était parfaite d’en faire réaliser un personnalisé et sur-mesure.

La toque assortie./ Photo DR Lexie Swing

La toque assortie./ Photo DR Lexie Swing

Après quelques recherches sur Etsy, je suis tombée sur la page d’une couturière québécoise qui proposait exactement ce que je recherchais. Elle suggérait de lui envoyer un courriel pour soumettre nos préférences. Au final, ce n’est pas un mais une dizaine de courriels que nous avons échangés, tandis qu’elle me suggérait des couleurs et des motifs, ou m’interrogeait sur la personnalisation du tablier.

Le tablier replié par mes soins./ Photo DR Lexie Swing

Le tablier replié par mes soins./ Photo DR Lexie Swing

Son service a été parfait. Sa rapidité d’exécution incroyable. Son travail… Superbe! Le tablier n’a rien à envier aux grandes marques de la couture. Il est personnalisé d’un bouton de bois marqué « Chef B… » et Julie a réalisé une toque assortie au tablier. J’ai fait quelques points de couture sur l’ensemble car il a été confectionné pour lui aller plusieurs années et je ne voulais pas qu’elle s’empêtre dans le bas en jouant avec ses amis, ce matin, à la garderie. En tout cas, aux dires de son papa, lorsqu’elle a passé la porte, elle a largement remporté les suffrages…

La boutique de Julie, nommée « Ça, c’est à moi » est à découvrir sur Etsy.

-Lexie Swing-

Carnets de bord

Late writing./ Photo Terry Brock

Late writing./ Photo Terry Brock

Il y a tout dedans. Toutes les aventures de mes petites moussaillonnes. Leurs premiers sourires, leurs premières dents, leurs tailles, leurs chansons préférés et les livres que nous lisons. Il y a aussi mes impressions et la liste des noms que nous avions retenus. Aussi souvent que possible, je leur raconte. Comment c’est la vie, ce que nous faisons comme travail, qui est venu en visite et leurs jeux du moment. Parfois je leur pose la question : « Qui es-tu au moment où tu me lis? A quoi ressembles-tu? Et à quoi penses-tu? »

Ce sont leurs carnets de bord. Tout à la fois contextuel et émotionnel. J’y note le nom du premier ministre et la couleur de leur chandail préféré. Je veux me rappeler. Et je veux qu’elles puissent se nourrir des détails de leur enfance, comme je le fais avec la mienne, tannant ma mère pour en savoir plus. Qui étais-je? A qui ressemblais-je? Est-ce que je dormais bien? Est-ce que j’étais petite, ou grande? Etais-je timide? Extravertie? Qui était ma meilleure amie?

Lorsqu’on devient parent, le besoin de retrouver l’enfant qu’on était devient pressant. Moi j’aime bien comparer, me référer. Sont-elles comme moi? Ont-elles les mêmes habitudes? De qui ont-elles hérité ce goût pour le sommeil? Je suis chanceuse, ma maman est là pour égayer mes souvenirs. Mais j’ai beau frapper de la phalange le bois de ma table à dîner, je ne peux leur assurer que je serais là, toujours, pour leur raconter. Alors je leur écris. Et de temps en temps, je plonge dans leurs carnets pour en retirer une date, une mensuration. Nul besoin de fouiller à la recherche du carnet de santé, j’ai mon mémo personnel. Les dates y sont précises, les impressions franches. Et je garde précieusement ce petit bout de leur enfance, avant de le leur transmettre.

Et vous? Album photo? Carnet ? Boîte à souvenirs? Avez-vous fait quelque chose?

– Lexie Swing-

30 bougies à souffler

Happy Birthday./

Happy Birthday./

30. Ça fait un paquet 30. Ton souffle tiendra-t-il jusque là? Quel vœu feras-tu? Hier je suis sortie de la salle de bain, j’ai embrassé du regard notre maison que tu améliores petit à petit, notre bébé endormi dans son petit lit, notre grande fille accroupie près du chien, les genoux déjà plein de poils dans la douceur du matin. Sur le pas de la porte, nous parlions de ton travail. Je souriais. Tu souriais. Quel voeu feras-tu? Nous avons déjà tout…

En quelques années, la vie s’est accélérée. D’étudiants, de prétendants à des jobines, nous sommes devenus des professionnels. De jeune couple, nous sommes devenus une famille. Et au matin de tes 30 ans, nous ne pouvons que constater : nous avons réussi à avoir la vie que l’on voulait.

Tu as gagné des cheveux et des poils au menton. Peu d’hommes peuvent s’en targuer. Tu es bien plus grand aussi que le petit bonhomme que j’ai rencontré il y a 15 ans. Sais-tu cela? Nous aurons désormais passé plus d’années à nous connaître que dans l’ignorance l’un de l’autre. Cette année, celle de tes 30 ans. C’est un signe, tu crois?

Je ne suis pas sûre que tu sois de ceux pour qui le cap de la trentaine était angoissant. Mais si quelques relents d’inquiétude flottent dans ton air, sache ceci : les meilleures années arrivent.

Mon amour, à 23h55, heure française, tu auras 30 ans. Tu attaques une nouvelle dizaine, les bras plus chargés, l’esprit plus encombré, le coeur plus large encore mais l’horizon définitivement plus lumineux.

Joyeux anniversaire.

-T.-