Le Spa-Coiffure Au Premier sur Monkland

Au Premier./

Au Premier./

Le sac était noir, la grande carte était noire, la petite était blanche et elle scintillait. Dedans il y avait des tas de dollars et une foule de possibilités. Massages, manucure, coiffure, j’en passe et des meilleurs. Pour mon anniversaire, Mister Swing m’avait ramené la clé du pays des merveilles: des dollars à dépenser au Spa-Coiffure Au Premier sur l’avenue Monkland.

Pour moi, pas de tergiversations inutiles, je ne vis que pour les massages pieds-jambes-dos-nuque, suédois ou californien, appelez-les comme vous voulez. Je réserve. On me prévient que ce sera avec “B.” (son p’tit nom), qu’elle est “excellente” et que je vais “beaucoup l’aimer”.

Je suis un vrai coeur d’artichaut, ça ne va pas être difficile.

Le matin du jour J., un dimanche, à l’heure où certains se trémoussent sur les bancs de l’église, j’enfile le gros peignoir en polaire chocolat que l’on m’a confié, et chausse mes pantoufles spéciales. La démarche traînante, drapée dans la nonchalance de circonstance, j’atteins le petit salon d’attente. Une bouilloire, une grosse fontaine d’inspiration bouddhiste, et du thé à profusion. Me voici parée pour le massage.

“B.” se présente. En bonne ennedidgienne (habitante d’NDG, mon quartier), elle commence sa phrase en anglais pour la finir en français, puis, devant mon “oui bonjour je suis votre rendez-vous du brunch”, elle embraye définitivement en français dans le texte.

« B. » me demande où j’ai mal et me propose un massage adapté à ma situation, c’est-à-dire celle d’une croûlante de 28 ans au dos enrayé et aux jambes perclues de mauvaise circulation. Côté pile, côté face, malgré la suggestion de l’hôtesse d’accueil, j’ai gardé le bas. Mon talon flirte avec ma queue de cheval et mes vertèbres jouent la sarabande. Mais bientôt “B.” dialogue avec mes omoplates tandis que je m’endors.

Une heure plus tard, j’ouvre les yeux, à la faveur du bandeau qu’elle me retire. Au dessus de ma tête, les faibles lumières scintillent, et dans mon corps détendu, c’est comme si je naissais à nouveau. “B.” me laisse me rhabiller, puis prend de grandes images pour m’expliquer où c’est coincé et ce que je peux faire pour améliorer les choses. Une séance thérapeutique jusqu’au bout des ongles.

Retour au vestiaire. Je note au passage la marque du thé et réenfile mes jeans-boots et perfecto. Mon dos est plus agile, ma démarche plus souple. Après tous ces efforts, j’irais bien dévorer quelques chocolatines…

 

-Lexie Swing-

Spa Coiffure Au Premier, 5487 avenue Monkland à Montréal. Environ 98$ avec taxes le massage thérapeutique personnalisé d’une heure.

 

 

Honte: les revers de parent

Angry baby./ Photo Andy Matthews

Angry baby./ Photo Andy Matthews

“Miss, you have a lovely grass in your hair…” La vendeuse saisit ma mèche et dénoue les feuilles mortes qui s’y agrippent. Je trouve un miroir et découvre avec horreur que je n’ai pas une “lovely grass”, mais des dizaines, et que ça n’a rien de “lovely”. Comment en suis-je arrivée là? Facile: je suis parent!

Flash-Back. Il est 16h49, j’arrive essoufflée devant le bus 103. Il est bondé mais le chauffeur refuse que je reste à l’avant avec ma poussette. Me voyant incapable de bouger, il s’arrête à l’arrêt suivant, sort de son fauteuil, avance dans l’allée et lance un retentissant “Allez on se pousse, la dame doit passer avec son carrosse, restez pas au milieu”. 108 personnes me dévisagent et s’écrasent les pieds pour que je puisse passer. Super.

Je suis enfin assise avec Miss Swing à mes côtés, coincée entre deux sièges pour plus de “sécurité”. Le chaton sort ses griffes et se débat comme un beau diable pour s’extirper de cette place exiguë en poussant des feulements stridents. Allez plus que deux minutes avant mon arrêt…

Deux minutes et deux arrêts plus tard, le bus s’est encore rempli. La foule est compact et respire avec peine. Impossible de sortir la poussette sans tuer deux ou trois personnes. Il faudrait littéralement leur “passer sur le corps” et mon mètre 60 vient de rougir devant le grand monsieur en forme d’armoire Louis XV.

Lorsque je peux enfin descendre, nous sommes arrivés au métro… à 4 stations de chez moi. Qu’importe, c’est l’occasion rêvée de se balader dans le Monkland village et de profiter de l’accalmie, si rare en ce printemps pluvieux.

Je m’arrête au Starbucks, pour partager une brioche entre mère et fille. Ce rendez-vous en tête-à-tête tourne rapidement au moment entre mère et serpillère, Miss Swing s’étant prise d’affection pour le carrelage boueux du café après avoir généreusement dispersé sa brioche sur le fauteuil club où elle était juchée.

Entre les menaces et le compromis, je choisis le compromis. Après 10 minutes supplémentaires et quelques miettes sur le manteau du voisin, notre équipage repart, direction la boutique de livres et jouets de la rue. J’ai repéré un joli hélicoptère Tututbolid parfaitement adapté aux menottes et vélléités d’exploration quatrepattiennes de la demoiselle.

Retour dans la rue, je déballe. Elle couine. Le carton ne veut pas céder. Elle hulule. L’hélicoptère est encore arrimé par de solides attaches en plastique. Elle vagit comme au premier jour, lorsque, pas encore tout à fait sortie du ventre de sa mère (moi), elle choisit de tester la pleine capacité de ses poumons de bébé tout neuf.

Je prends le parti de lui donner le jouet avec les attaches et le carton, après avoir désespérément limer mes caries sur le plastique dur. Elle est ravie, appuie sur tous les boutons, et gigote dans sa poussette au rythme des chansons de Leo le p’tit hélico.

Je veux le saisir une dernière fois pour tenter de glisser les liens en plastique dans les roues, et les éloigner ainsi des yeux grand ouverts de la miss qui se rapprochent dangereusement. Mais c’était compter sans miss autonomie 2014, mademoiselle “si-tu-tentes-ne-serait-ce-qu’une-seconde-de-me-reprendre-cette-cuillère-avec-laquelle-je-barbouille-le-chien-d’épinards-depuis-dix-minutes-je-la-jette-derrière-la-cuisinière-et-tu-pourras-jamais-la-rattraper”.

Miss Swing s’adapte à toutes les situations, le derrière de la cuisinière s’est ainsi transformé en dessous de voiture garée. « Fille brune, 1m60, aux oreilles fumantes et aux dents abîmées, a été repérée allongée sur la voie publique, les cheveux dans les feuilles mortes du caniveau, tentant d’attraper un objet non identifié ».

On vous offre un petit shampooing avec ça?

-Lexie Swing-

 

L’effet papillon de la politesse

Help me./ Photo Vdtainfo

Help me./ Photo Vdtainfo

« Dis merci à la dame ». La politesse, c’est l’une des valeurs principales qu’on voudrait tous transmettre. Mais remercier, ça ne se fait pas du bout des lèvres, les yeux baissés et le sourire fermé. Ça prend un échange de regards, un sourire franc, une voix qui porte. « Dis merci à la dame, souris lui, et regarde la suffisamment longtemps pour voir si elle a souri en retour ». Voilà ce que je voudrais vraiment enseigner à ma fille.

Le partage de générosité, ce sont ces petites réactions en chaîne qui font que, parce que quelqu’un te laisse traverser à 10h, tu cèderas avec plaisir ta place dans le métro à 10h30. Au passage, tu auras avalé une bonne dose d’optimiste et de bonne humeur.

Hier soir dans le bus, dix personnes ont accepté de se pousser pour laisser circuler ma poussette. Deux l’ont saisie pour la glisser à la place sé-cu-ri-taire que réclamait le chauffeur. Une dame s’est levée pour laisser sa place à un vieux monsieur. Vieux monsieur qu’une jeune fille et moi avons rattrapé par les deux mains alors que le démarrage du bus le projetait contre la foule congestionnée. Il s’est assis en expirant difficilement, nous gratifiant au passage d’un chaleureux « Thank you very, very much ». A la descente du bus, il est sorti dans les premiers, soudainement revigoré, et a tenu la porte du fond ouverte pour l’ensemble des passagers qui sortaient (terminus).

CQFD. C’est l’effet papillon du coup de main.

Il y a quelques années, quand j’étais  encore jeune et frivole sur les bancs de Science Po (non, pas Paris ;)) j’ai assisté à un cours, de communication je crois, qui évoquait une étude sur ce phénomène. Un monsieur demandait de l’aide à des passants sous prétexte qu’il était perdu, puis il les remerciait à plusieurs reprises, leur disant au passage qu’ils étaient « vraiment des gens biens ». Ainsi portés aux nues, les passants repartaient, le cœur léger, et apercevaient… une dame qui laissait tomber un billet de son sac.

Lorsque l’étude initiale avait été réalisée, on laissait juste tomber le billet du sac, il n’y avait pas de passant perdu. 50% des gens environ ramassaient le billet et interpellaient sa propriétaire pour le lui rendre. Après l’intervention du passant, ce chiffre montait à 80%.

Faire preuve d’altruisme et en être remercié, c’est le meilleur moyen d’avoir envie de recommencer. Le sourire de la vieille dame qui traine sur le passage piéton légitime les minutes perdues avant d’arriver au travail. Les remerciements de la maman lourdement chargée font oublier le mal de dos qui s’est pointé après les 60 marches grimpées en soulevant un carrosse taille XXL. Les mimiques d’un enfant qui profite d’une place assise rendent nos propres pieds légers, même après dix stations debout.

Les sourires de remerciement m’accompagnent au moins dix minutes, un échange de politesse amusée peut me faire la demi-journée. Aider les autres ça commence par tenir une porte et rendre un sourire. Pas si compliqué, si?

-Lexie Swing-

PS: Oui il y a 20% de connards!

Objectif du week-end: trouver des lunettes de soleil pour bébé

Babiators./

Babiators./

Je suis une acharnée anti-soleil. Je l’aime beaucoup et je dois avouer qu’en ce moment j’irais bien courir les terrasses en sa compagnie, s’il daignait seulement se montrer. Mais je le crains autant qu’il me manque.

J’ai lu trop de grains de beauté qui viraient, de vilaines maladies qui commencent par un “C”. J’ai vu trop de peaux abîmées et prématurément ridées. Alors je protège. Je mets des chapeaux et des lunettes XXL. Je mets de la crème anti-UV toute l’année, même quand les vaches du ciel pissent de trop.

Avec Miss Swing c’est pareil. Je ficelle sur sa tête des chapeaux qu’elle arrache, j’utilise des coupons de réductions pour acheter des casquettes et mon maxi-lange pour protéger sa peau fragile pendant les siestes en poussette. Je lui mets de la crème 50 aussi. Partout. Même là où la peau n’est pas exposée, parce qu’on est jamais à l’abri d’une bretelle qui s’évade ou d’un pantalon qui glisse.

Quand je l’ai vu plisser les yeux début avril, j’ai su que le moment était venu. Et que ça n’allait pas être facile. Parce que Miss Swing déteste la contrainte d’un chapeau, d’une crème à étaler ou d’un élastique de lunettes accroché derrière sa tête.

Dimanche, nous avons fait un tour chez Rose ou Bleu avec des lunettes de soleil comme objectif. Première tentative: des solaires spécial bébé, avec un gros élastique pour seule monture. A peine arnachée, la voilà qui se débat comme si sa vie en dépendait, pour finalement s’arracher l’objet du délit, et quelques cils en prime.

Et puis nous repérons des Babiators: des lunettes pour enfants en forme de lunettes d’aviateur. Taille 0-3 ans, noires avec des branches à damier. Elles paraissent grandes mais on les lui enfile “juste pour rigoler”. Alors on rigole, parce qu’on est de vilains parents, et puis on arrête. Parce qu’elle les a toujours sur le nez. Et qu’elle attend. Au bout de vingt secondes, une éternité, elle les retire pour mieux les regarder. Les voilà adoptées!

Pas d’élastique pour les faire tenir, on étouffe un soupir. Joie de savoir les lunettes bientôt cassées. De l’argent jeté par les fenêtres? Pas vraiment! Sur le côté de la boîte, une mention spéciale attire mon regard (traduction libre): “ Babiators, les seules lunettes pour enfant garanties en cas de perte ou de casse”.

L’objet parfait pour notre bébé au poing agacé? “La garantie perte, c’est parfait pour sa mère surtout”, ai-je entendu Mister Swing se moquer au téléphone.

Je me vengerai.

 

-Lexie Swing-

 

Montréal, la nuit

Les nombreuses visites franco-touristiques dont nous avons été la cible récemment (avec bonheur ceci dit) ont eu raison de mon assiduité. Pourtant, du bon se prépare: lunettes babiators pour baby, où se fournir en lait quand son toddler ne boit plus de lait en poudre, un résumé de notre virée au restaurant japonais le Kyo Bar, un nouveau travail herculéen d’immigration… la recherche d’un travail (justement), et quelques gourmandises à venir!

En attendant, voici une photo de Montréal, vue du belvédère du Mont-Royal, à une heure du matin. La ville aux pieds de A., notre ami et parrain de Miss Swing, 30 ans et quelques heures (happy birthday, again…).

Montréal, vue du Mont-Royal./ Photo DR Lexie Swing

Montréal, vue du Mont-Royal./ Photo DR Lexie Swing

N’hésitez pas à cliquer pour voir l’originale… bien meilleure que ce que le blog permet d’afficher.

 

-Lexie Swing-

La famille du vendredi: Christophe et Mélanie en Australie

 

Un vendredi sur deux, Lexie rencontre une famille, un couple, un voyageur en solo, des Français partis poursuivre leur vie loin de leurs contrées d’origine. Cette semaine, c’est Christophe, du blogue Tof et Mel, qui s’invite dans la rubrique avec le quotidien de sa famille à Perth, en Australie.

./ Photo C.Baudia

./ Photo C.Baudia

 

Quel est ton p’tit nom?

Moi, c’est Tof et Elle, c’est Mel :-). Le dernier arrivé, c’est James!

De quel coin de France viens-tu?

Nous sommes tous 2 originaires du Sud de la France. Moi de Montpellier et Mélanie de Tarascon (sur Rhône!). James, quant à lui, est bel et bien Australien!

Où es-tu parti(e) vivre ta vie?

Nous avons posé nos valises (plutôt nos sacs-à-dos en fait) en Australie.

Mais surtout quand, comment et pourquoi?

Nous sommes arrivés en Australie le 3 juin 2008. Tout d’abord à Sydney pendant presque 2 ans, puis à  Perth sur la côte Ouest où nous habitons depuis 4 ans maintenant.

Qui as-tu emmené dans ta valise?

Ma meilleure amie, ma confidente, supportrice, femme de ma vie et maman de mon p’tit surfer: Mélanie.

Où travailles-tu, avec quels horaires, tu déjeunes sur place? Je veux tout savoir de ton job!

La, ça se complique un peu… J’ai travaillé 2 ans sur Sydney and tant que Chef de Projet (Scrum) pour une startup spécialisée en sites e-commerce et applications mobiles. Puis j’ai bifurqué vers du consulting et j’ai atterri à Perth en 2010. 3 ans en tant que manager chez Accenture puis… licenciement économique 2 semaines apres que Mel ait donné naissance à James et 2 semaines avant que je ne commence le Founder Institute (www.fi.co), un accélerateur de start-up. Je suis donc parti avec mon package de licenciement et j’ai démarré ma start-up: www.geomoby.com. Nous sommes maintenant 4 personnes et nous sommes en phase de levée de fonds.

Comment est la rue où tu vis?

Nous vivons à Scarborough (ou Scarbs) à 300m de l’Océan Indien et à près de 12kms de la city. Scarborough bouge assez durant la periode estivale mais est plutot (tres… trop ?) calme hors saison. Hormis quelques alcoolisés que l’on récupère errants et l’oeil hagard assoupis sous un arbre devant notre maison, il n’y pas beaucoup d’actions nocturnes…

Ah si, il y a aussi les “hooners” ou “bogans” – lisez “australopithèques fondus de voitures tunées” – qui viennent user leurs pneus sur les carrefours alentours…

Christophe, Mélanie et James, 14 mois./ Photo C.Baudia

Christophe, Mélanie et James, 14 mois./ Photo C.Baudia

Quelles sont les choses nouvelles pour toi à Perth?

Il y a énormement de nouveautes à Perth comme dans la plupart des grandes villes australiennes d’ailleurs. Quelques-unes qui me viennent en tête sont:

– Le réveil matinal par un kookaburra

– L’envie de dézinguer un australian raven à 5h du mat qui braille à votre fenêtre

– L’absence de rideaux/stores dans les chambres

– Les vols gracieux des black cockatoos en plein centre-ville

– L’absence de changement d’heures en WA

– Le surf à 5h du mat en regardant le lever du soleil

– L’arrivée en claquettes des “working girls” le matin au boulot avec les talons hauts dans le sac à main

– Les quokkas à Rottnest Island

– La discipline des Australiens qui attendent le bus en rangs d’oignons

– Faire ses courses et conduire pieds nus

– Horaires de travail : on ne demande pas à un ingenieur australien de rester jusqu’à 20h… La plupart des gens rentrent chez eux autour de 17h / 17h30. Mais c’est vrai qu’ils commencent plus tôt …

Dur de se cantonner à Perth car le WA représente presque la moitié de l’Australie et c’est de loin l’état qui nous a plu le plus!

Une petite vidéo qui vante les merites du South Australia mais qui donne la part belle au  Western Australia: https://www.youtube.com/watch?v=r5XDGcYu1Lw

Où vas-tu manger lorsque tu n’as pas le temps (ou l’envie) de faire le repas?

Question difficile… Avec un enfant de 14 mois, on ne part plus souvent au restaurant… On opte pour un repas avec des amis, à la maison… ou un take-away thai !

Je suis gluten-free alors lorsque je suis en deplacement, pour Mélanie, c’est plutot soirée pizza ou pasta!

./ Photo C.Baudia

./ Photo C.Baudia

Quel rythme ont tes enfants à l’école, quelles sont les différences avec la France?

Pour être tout a fait honnête, nous n’en savons trop rien. James (notre fils) va à la creche de 7.30am à environ 5.30pm. Difficile de pouvoir comparer, nous connaissons très peu le système français pour les enfants de son âge …

Est-ce qu’il y a du bon fromage où tu vis? Et du bon vin?

Pour le fromage, on va repasser: on a déjà vu du roquefort à $120 le kilo sur le marché de Freo (Fremantle)… L’Australie interdit le fromage fait à base de lait non pasteurisé alors cela limite la production locale! Pour le vin pas contre, nous sommes servis entre la Hunter Valley au nord de Sydney, Barossa Valley en SA, Yarra Vallye dans le Victoria ou Margaret River à 3h30 de route au sud de Perth… Un peu éloigné du Bordeaux tanique que  j’apprécie particulièrement mais on trouve tout de même du très bon vin… et de la piquette! Le prix n’est pas toujours signe de bonne qualité alors autant demander de l’aide à un amateur avant de choisir!

Tu pars où en vacances?

Ces dernières annees, les vacances se sont résumées à revenir en France mais j’avoue que les prochaines seront sur une plage déserte, sans téléphone ni laptop, avec une lagune pour la plongée, du vent pour le kite et un reef pour le surf. En gros, on va rester en Australie :-). Le prochain trip pour moi commence pour le week-end de Paques: 14h de route pour rejoindre Gnaraloo Station et le spot de surf le plus isolé d’Australie: Red Bluff. Un trip que je fais avec un copain, car ça va faire un peu long avec le loulou dans la voiture. Melanie, quant à elle, part au Brésil en Juillet pour les championnats du Monde de Beach Handball: elle vient d’apprendre sa séléction dans l’équipe nationale australienne la semaine dernière! Mais peut-on vraiment parler de vacances ?!

Bon Mel me fait signe que nous avons déjà pas mal voyagé en 6 ans: Nouvelle-Zélande, le Red Center, Esperance, Shark Bay, Exmouth, Broome, la grande barrière de corail… C’est vrai, l’Australie est un terrain de jeu incroyable!

Et, last but not least, que fais-tu le vendredi?

Pour Mélanie, le vendredi, c’est sacré! Le vendredi marquant la fin d’une rude semaine de travail, il faut savoir célébrer les efforts fournis! En règle générale, nous partons chez des amis! Il y a 2 ans, j’aurais pu dire que nous sortions dans les pubs branchés de Perth, mais depuis le 27 Janvier 2013, nos vendredis sont moins sportifs mais nous en profitons toujours… autrement!

-Lexie Swing-

Parent: moi, en mieux

Vous êtes leur super-héros./ Photo Mohd Shukur Jahar

Vous êtes leur super-héros./ Photo Mohd Shukur Jahar

«Ma fille, j’ai fait quoi pour elle? Je lui ai donné des biberons, j’ai changé ses couches… Elle, elle a changé ma vie.» C’est sur cette belle phrase qu’un collègue de Mr Swing a résumé son statut de papa la semaine dernière.

Lorsqu’on parle de la venue de ses enfants, on n’est jamais avare de compliments: Ils sont «tout», ils ont eux-mêmes «donné vie à leurs parents», ont «éclairé leur existence» ou leur ont donné la «force de se battre».

Aucun de nous n’est un super-héros. Ou peut-être que chacun d’entre nous a quelque chose en lui qui ressemble à de supers pouvoirs. Parce qu’il y a une vérité: en devenant parent, vous devenez responsable de quelqu’un d’autre. Et ça, ça vous habite. Ça vous file des coups de pied au cul lorsque vous voudriez rester cuver votre mauvaise humeur dans votre lit. Ça vous pousse à taire vos gros mots et vos critiques, ne serait-ce que par peur que votre cinq-ans répète tout haut à la grosse dame ce que vous venez de dire tout bas. Ça vous colle de la bonne humeur en sac de huit kilos quand vous les voyez vous sourire au réveil, la mèche hirsute et le doudou moisissant arrimé au pouce.

Ça vous rend unique aussi. Vous devenez le point de repère, le phare au milieu de tempête, celle ou celui vers qui l’enfant se précipite en le serrant dans ses bras comme si c’était la toute première fois. Et c’est dans la tempête, la vraie, que je me suis dit ça hier soir. Emprisonnée par la neige battante, en plein milieu d’un quartier résidentiel, protégeant du mieux que je pouvais Miss Swing dans sa poussette canne sans capote de pluie, j’ai vu le bus me passer devant. J’étais à 20 minutes à pied, le prochain bus passait 30 minutes plus tard. J’aurais volontiers pleuré. Ou appeler Mister Swing pour me plaindre. Mais entre la poussette et le parapluie, je n’avais pas de main de libre pour décrocher mon téléphone ou sortir un mouchoir. Et puis la neige s’est faite plus cinglante encore, et mon bébé a menacé de virer au rouge écrevisse. Alors j’ai joué le tout pour le tout, j’ai chargé la poussette de nos sacs et saisi ma quatorze-mois de 9 kilos à bras le corps. Abritées sous notre frêle parapluie, nous avons traversé le quartier. Mille fois je me suis dit “Mais quel enfer!”, mille fois j’ai juré “putain de neige de merde”. Mille fois, elle a ri, mille fois, j’ai senti ses cils sur ma joue, mille fois, elle a secoué le parapluie comme un prunier et s’est ébrouée sous les gouttes.

Je ne me suis pas sentie plus forte ou plus sûre, mais je me suis sentie responsable. Peu importait ma propre carcasse tant que la sienne était sauve.

J’ai repensé à cette phrase du collègue d’Alex. Combien de premiers-nés ont joué ce rôle? Nous oeuvrons toute notre vie à tenter de rendre les autres heureux, sans nous souvenir que nous avons déjà fait tellement, il y a longtemps…

 

-Lexie Swing-

Tarte chèvre, roquette et pignons

J’aime bien répéter une recette jusqu’à la maîtriser parfaitement. Ma famille mange donc le même crumble un mois de suite. Et ensuite plus jamais.

Quand j’ai vu cette recette de tarte salée à la roquette chez Marcia, ça m’a interpellé. La petite roquette qu’on jette négligemment sur un bout de pizza pouvait donc être incorporée directement à la préparation? Il fallait que je tente!

A la faveur d’un potluck (repas où chacun amène un plat) entre collègues, j’ai donc sorti mes ustensiles et mis ma nièce à l’ouvrage (c’est elle qui avait demandé :) ).

Toujours ce flou parfaitement maîtrisé ;) ./ Photo DR Lexie Swing

Toujours ce flou parfaitement maîtrisé ;) ./ Photo DR Lexie Swing

Première version: la tarte chèvre-roquettes-pignon de Marcia.

Prévoyez deux œufs, 20 cl de crème liquide, un pot de fromage type Chavroux ou Cabridoux, des pignons de pin et de la roquette.

Pour la pâte brisée, j’ai utilisé celle-ci, trouvée sur le site de Marmiton, à laquelle j’ai ajouté un œuf pour seulement 60 ml d’eau. Pour le dosage des liquides, n’oubliez pas qu’un biberon pour mouflet fait parfaitement l’affaire.

Préchauffez votre four à 200°C, 400°F.

Battez les œufs, ajoutez la crème liquide et le pot de fromage de chèvre. Salez et poivrez.

Répartissez deux bonnes poignées de roquette sur le fond de votre pâte, roquette que vous aurez grossièrement hachée à la main (l’intervention d’un enfant est amplement recommandée).

Versez votre préparation. Parsemez d’une poignée de pignons de pin (noix de pin au Québec).

Enfournez pour 40 minutes environ.

Pour la recette originale, c’est par ici.

Chèvrement vôtre./ Photo DR Lexie Swing

Chèvrement vôtre./ Photo DR Lexie Swing

Seconde version: la quiche roquette-chèvre corsé et pignons.

A la dégustation de la première tarte, ils nous manquaient à nous, amateurs de fromage, un je-ne-sais-quoi de plus corsé. Si la première version a plu à mes collègues, nous avions envie de retenter autre chose. Nous avions dans le frigo un brie de chèvre qui exploitait totalement son pouvoir olfactif destructeur depuis dix bons jours. Il était temps qu’il trépasse.

Prévoyez trois œufs, 20 cl de crème, des pignons, de la roquette, du chavroux/cabridoux et une bûchette ou un brie de chèvre.

La technique est la même que pour la première version. La seule différence est qu’au dessus de la roquette soigneusement découpée par votre progéniture, vous pouvez répartir une dizaine de généreux morceaux de votre bûchette ou de votre chèvre. Versez l’appareil, parsemez de pignons (de noix de pin), et enfournez dans le four préchauffé pour 30 minutes.

La version parfaite? « Il faudrait enlever la roquette et mettre des tomates confites et de la menthe ». Ok, merci chéri…

Et vous? Laquelle préférez-vous?

-Lexie Swing-