Muchachas 2, de Katherine Pancol

Muchachas 2./ Photo DR Lexie Swing

Muchachas 2./ Photo DR Lexie Swing

Hortense. Ce personnage si intrépide, cette fille si indépendante, qu’on déteste tout autant qu’elle nous fascine, est de retour dans le deuxième volet de Muchachas, de Katherine Pancol. On suit sa recherche acharnée de la pièce qui changera tout, on réprouve ce dédain pour Gary, son amoureux, si convaincue qu’ils forment un tout indissociable qu’elle pourrait le perdre. On s’éprend d’une virtuose violoniste au minois de souris, au même rythme que Gary, confus devant ses sentiments. On oublie les premières muchachas qu’on avait accompagnées, mais elles reviendront. La trame est là, le dénouement est proche. Où est le troisième ?

J’ai gardé la couverture bleue pour la photo, mais pour de vrai, je l’ai enlevée dès les premières lignes. Le livre s’est révélé authentique, tout nu, sans artifices. Notre tête-à-tête pouvait enfin commencer! Contrairement au précédent que j’avais emprunté, celui-là m’appartient bel et bien (c’est même un Ontarien), alors si mes copines montréalaises le veulent, il est dispo pour un empruntage massif et organisé :)

-Lexie Swing-

En laisse

Il regarde à droite, puis à gauche, hésitant. Il ose un peu mais dans son dos la laisse se tend. Une main impatiente le ramène, le rabroue. « Non pas par là, là c’est la route, tu ne comprends pas? » Non, il ne comprend pas. Il tire un peu plus sur la laisse. Au loin un ballon roule. Un ballon rouge. Il aimerait bien rattraper le ballon rouge qui danse devant ses yeux. Mais il ne peut pas. Elle ne veut pas.

Il renonce et repart en zigzagant dans l’herbe, écrasant au passage quelques fleurs de pissenlit. Il est indifférent, arc-bouté au bout de la laisse, tendu de tout son être pour échapper au baudrier. Il lutte, tire vers l’avant. Incroyable la force que dégage ce si petit corps. Elle a relevé la tête pour observer une fillette qui se roule dans l’herbe et voilà qu’il lui échappe! Libéré du joug de la laisse, il galope dans les herbes folles. Elle hurle son nom mais il ne l’entend pas. Ivre de sensation, il ne quitte pas des yeux le ballon rouge qui rebondit sur le terrain de basket en contrebas.

Elle hurle aux gens de l’aider mais ils ne savent que faire. L’attraper au vol? Saisir la laisse? L’hésitation les paralyse et ils assistent impuissants à la cavalcade. Et puis le ballon s’arrête de tournoyer et la course s’arrête enfin. Il s’en empare. Il le dorlote, le presse contre lui. C’est un beau ballon rouge. Ce n’est qu’un petit garçon de deux ans. Un petit garçon qui voulait juste un ballon rouge. Et la chaleur d’une main contre la sienne, et non d’un baudrier froid entre ses maigres omoplates. Et encore moins d’une laisse, avec sa mère accrochée au bout.

Depuis quand les enfants sont-ils des chiens en laisse? D’où vient cette mode ridicule, ces sacs-à-dos-choupi-mignons avec une laisse au bout? Est-ce si dur d’apprendre à ses enfants à regarder avant de traverser? A ne pas lâcher la main? A écouter ses parents?

Essayez un « au pied », et vous verrez.

En laisse./

En laisse./

 

-Lexie Swing-

Une journée à l’île d’Orléans: nos adresses

Maisons sur l'ïle d'Orléans./ Photo Eric Couture

Maisons sur l’ïle d’Orléans./ Photo Eric Couture

Fin de semaine à Québec, petites rues piétonnes et bons restos. Dimanche matin, on quitte les touristes et les pots d’échappement pour retrouver la quiétude de l’île d’Orléans, à 20 minutes de là.

On enjambe le Saint-Laurent. Dans notre dos, les chutes de Montmorency éclaboussent joyeusement leurs environs, scintillantes sous le soleil du mois de mai. Et puis on pose la roue sur l’île d’Orléans, avec ses maisons typiques du bord de l’eau, terrasse circulaire et rocking-chair qui se balance au gré du vent. Le repos à l’état pur.

Un bon resto?

Oui, un pub! Au Mitan, la nourriture est correcte mais c’est surtout la bière qui fait la différence! J’ai opté pour une Soeur Marie Barbier, une blanche de froment, quand les autres ont choisi la Suzanne Marceau, une bière à l’érable. Cette petite micro-brasserie profite également d’une belle terrasse abritée.

Pub Le Mitan, 3885 Chemin Royal, Sainte-Famille, Île d’Orléans, Québec, Canada, G0A 3P0

Une activité sympa?

Faire du vélo! Si l’on a déploré les pistes cyclables inexistantes et les automobilistes un peu trop chevronnés, on a quand même pu largement profiter du petit tour en bicyclette, entre bord du Saint-Laurent et routes de campagne. Vue panoramique, resto casse-croûte, tout y est, vous n’avez plus qu’à profiter!

Ecolo-cyclo, 517 Chemin Royal, Saint-Pierre-de-Île d’Orléans, QC, G0A 4E0.

Téléphone: +1 418.828.0370

 

-Lexie Swing-

 

Les Gardiennes

Nounou./ Photo Aaron Rothman

Nounou./ Photo Aaron Rothman

Ici, on les appelle Gardiennes. Elles protègent le joyau de la couronne, garde l’oeil sur ses envies d’émancipation. Chez nous, on les appelle plutôt nounous. Deux appelations mais un but commun: éduquer nos enfants.

Peut-être que certains vont pousser les hauts cris, rappeler à grands renforts d’arguments qu’éduquer les enfants est le rôle des parents. Un rôle premier, oui, mais un rôle exclusif, non. Car mes gardiennes ne se contentent pas de hocher la tête devant les prouesses de ma progéniture du fond de leur canapé. Elles la guident aussi, lui tenant la main fermement pour lui faire faire ses premiers pas dans la vie.

Je suis convaincue que certains parents choisissent des nounous peu impliquées car ils se sentiraient, sinon, dépossédés de leur autorité parentale. Ils ne supportent pas qu’elles les câlinent de trop, encore moins qu’elles les grondent. Ils sont les seuls détenteurs de l’autorité devant mère Nature, et puis-qui-c’est-qui-l’a-porté-pendant-9-mois-tu-veux-te-battre-la-nounou?

8 heures. C’est le nombre d’heures que Miss Swing passe chaque jour à la garderie. Impossible pour nous de recruter un simple garde-fou qui allait juste veiller à ce que notre bambine ne se blesse pas. Il nous fallait plus que ça. Il nous fallait une seconde main, un relais, une deuxième maman.

Et puis Gabi et Lili sont arrivées dans notre vie. Avec leurs rires et leur accent roumain. Avec leurs chansons et leurs créations artistiques à chaque fête du calendrier. Avec leur envie féroce d’apprendre toujours plus à notre fille, de l’aider à s’autonomiser, à manger seule, à marcher, à mimer, à chanter, à jouer avec les autres, et à jouer seule aussi. Et puis avec leur fermeté, leur « Non, on ne met pas son doigt dans son nez » et « Sors ton pouce de ta bouche, on ne te comprend pas », et même leur « si tu tapes encore, tu vas au coin ».

Elles sont notre reflet, notre soutien. On leur confie notre fille les yeux fermés, chaque matin, et on repart le pas léger, certains qu’elle est au mieux, qu’elle est choyée, qu’elle est aimée. Je le sens et j’en suis convaincue. Elles m’ont convaincue, chaque soir  où elles me l’ont tendue en me disant « Tu sais, je l’aime tellement »…

 

-Lexie Swing-

1924 : il n’y a pas d’époque pour désobéir!

C’est mercredi,  jour de la photo ancienne… John, né en 1923 (à moins que ce ne soit son père, né au siècle d’avant, l’auteur a un doute) , a beau porter des culottes bouffantes, il était un toddler comme les autres: affreusement têtu et sourd à toutes formes de négation du type « NOOOOON John, ne touche pas ce vase Louix XV ». Quant aux couches, j’espère pour sa pauvre nourrice qu’elles étaient absorbantes car ce devait être un sacré embarras de défaire cette combinaison là!

 

1924 : il n'y a pas d'époque pour désobéir!

John B. Queern Jr. (1923-2005)./ Photo Dave Pape

 

-Lexie Swing-

Québec : nos adresses

La neige était encore présente début avril à Québec./ Photo DR Lexie Swing

La neige était encore présente début avril à Québec./ Photo DR Lexie Swing

La fin de semaine dernière, nous avons filé à Québec pour la deuxième fois en un mois. A chaque fois que je retrouve cette jolie ville historique, j’ai l’impression de l’aimer un peu plus. En même temps, on était partis de très bas, notre première rencontre s’étant déroulée sous la pluie et terminée dans un motel!

Un bon logement?

Via Hotwire, nous avons pu bénéficier de tarifs très abordables et réserver ainsi une chambre à l’hôtel Victoria, à dix pas de la grande rue piétonne. Tapis rouge, piscine intérieure et porteur de valises en soutien, nous n’avons manqué de rien!

Hôtel Manoir Victoria, Côte du Palais, à Québec.

Un bon resto?

Bernard Cazes, Gersois d’origine, Québécois depuis 40 ans, a ouvert un restaurant appelé le Mistral Gagnant. C’est un ami d’ami, proche du propriétaire du restaurant le Papillon, à Montaut-les-Créneaux dans le Gers. Il parle d’ailleurs de la France comme s’il en était parti hier mais reconnaît qu’il aurait du mal à rentrer à présent…

Au menu pour nous, linguini au pistou et poulet au chèvre, sorbets en dessert et excellent vin pour accompagner le tout. Pour Miss Swing, le chef a eu la gentillesse de servir de délicieux légumes, redécoupés par le jeune serveur qui les jugeait « trop compliqués à manger pour une petite comme ça ». En dessert, elle a eu droit à une orange finement découpée, qu’elle a dévoré en entier avant de s’attaquer au sorbet fruits rouges de sa grand-mère!

Le restaurant est situé sur le Vieux-Port de Québec, n’oubliez pas de retirer de l’argent en haute-ville si vous voulez payer en cash car il n’existe pas de banque sur le port et la montée est rude!

Le Mistral Gagnant, 160 rue Saint-Paul à Québec

Un bon plan?

J’aime beaucoup la librairie Pantoute, une librairie indépendante qui a pignon sur rue dans la haute-ville. L’espace est aéré, les propriétaires gentils et le magasin regorge de bouquins en tout genre. A noter que j’ai même déniché quelques exemplaires de livres de l’école des loisirs! Un doux retour en enfance…

Librairie Pantoute, 1100 Rue Saint-Jean à Québec

 

Et vous? Resto, dodo, cadeaux, quels sont vos bonnes adresses à Québec?

A venir: notre petit tour sur l’île d’Orléans

 

-Lexie Swing-

 

 

Comment sortir maintenant qu’il boit du lait frais?

À 12 mois, Miss Swing est passé au lait de vache. Ici, pas vraiment de débat lait de croissance vs lait de vache, le premier étant relativement anecdotique au Québec. Pour elle qui buvait du lait en poudre à température depuis sa naissance, c’est un gros changement!

Exit les dosettes de lait en poudre transportables partout, il a fallu chercher une autre idée. Parce que donner du lait en poudre à température ambiante nous avait simplifié la vie, nous n’avions jamais eu à penser « café équipé de micro-ondes » ou « chauffe-biberon qui se branche sur l’allume-cigare ».  Et au Québec, le lait en bouteille qui se conserve au sec est une denrée rare. Après deux heures d’intense réflexion, nous avons trouvé la parade et repris nos pérégrinations.

Parmi les solutions que nous avons préférées, il y a donc:

Baboo, de Natrel./

Baboo, de Natrel./

– le lait de croissance. À ma connaissance (qui ne demande qu’à être améliorée), il n’existe qu’un seul lait de croissance au Québec: Baboo de Natrel. Celui-ci présente un véritable avantage: il est vendu en petits carton de 250 ml. C’est notre allié parfait des voyages en voiture! Nous en avons toujours un pack à la maison pour les visites médicales, départs en vacances et autres voyages en avion. À tester!

– le lait frais en micro-pack. Les Québécois, jeunes et moins jeunes, sont de gros fans du lait frais à boire à même le pack. On trouve donc du lait demi-écrémé dans tous les coffee-shops des centre-villes en version mini-pack de 400 ml. Si vous avez un petit gourmand, il existe également du lait au chocolat et du lait à la vanille vendus dans le même format. Alors oui c’est du demi-écrémé, mais il faut bien compenser le muffin que vous venez de vous enfiler!

– le lait frais des cafés. Starbucks n’a pas de micro-packs, par contre il fait des latte! Et si votre champignon a peu de chances d’aimer le latte, il devrait bien supporter le lait 2% dont se servent ces cafés. Vous n’avez plus qu’à demander « un Americano, un muffin au chocolat dégoulinant et un biberon de lait » en poussant le récipient du petit vers le serveur. Vous verrez, ça les fait capoter! Et en plus, ils vous le chauffent à la machine à mousse :)

 

Et vous, comment faites-vous?

 

-Lexie Swing- (qui s’apprête à partir en week-end à l’île d’Orléans avec ses Baboo sous le bras)

L’horloge affolée de la maternité

En Inde./ Photo Philippe Put

En Inde./ Photo Philippe Put

“L’horloge tourne, je le sens dans mes tripes, ça ne semblait pas pour moi et je ne pense plus qu’à ça.” Voici, en substance, ce que j’ai lu, ce qu’on m’a dit. De l’autre côté de l’horloge, assises à même le mécanisme, ces filles qui ont “toujours su” qu’elles seraient mères.

Et moi, et nous?

Qu’en est-il des parents qui ont juste suivi le cheminement, le bon moment. Un bébé? Ok vas-y je t’attends dans la chambre (dans la buanderie, sous un porche, dans le jardin derrière le grand saule…). Est-ce que toutes les femmes ont senti un jour les aiguilles s’affoler au point de leur donner le vertige?

Parce qu’entre nous, pour moi c’était plutôt “Un bébé? Oui je pourrais, il sentirait bon, il serait beau, mais là c’est pas le moment tu vois”. Et puis quelques années plus tard: “Tiens il est joli ce bébé, il est beau, il sent bon… T’as quelque chose de prévu ce midi chéri?” ;)

Pourquoi chez certaines l’horloge devient-elle angoissante? Est-ce parce qu’elles sont célibataires? Pourtant je l’entends aussi de filles en couple. Est-ce parce que l’autre ne veut pas? Une amie m’a dit qu’elle n’en avait jamais discuté avec son conjoint, de peur “qu’il dise non”.

Je plaide en faveur de l’incertitude. Quand j’entends, quand je lis, je comprends que ce n’est pas toujours la vie ou le conjoint qui freine les ardeurs de parentalité, mais bien les gens eux-mêmes. Ils se triturent l’esprit à coup de “serais-je capable?”. Ils se font saigner les neurones au gré de leur “est-ce que c’est vraiment le moment?”.

Moi je suis une fille sage. Parfois. Ok rarement. Mais quand on m’a demandé si c’était vraiment le bon moment alors que j’étais enceinte (oui les gens aiment bien te demander si c’est vraiment le bon moment alors que tu es DEJA enceinte, comme si tu pouvais dire “mmmh tu crois? T’as raison ça fitte pas avec ma job actuelle, allez dégage le marmot, j’suis pressée là”).

Ok, circonvolutions. Quand on m’a posé cette question j’ai répondu invariablement: “Il n’y a jamais de bons moments” (avec un ton laconique, ça en impose).

Il y a de vrais mauvais moments. Genre une période de chômage, des études tout juste reprises, une maladie. Là c’est chaud, mais ça peut marcher quand même (il peut s’en passer des choses en 9 mois). Mais il n’existe aucun moment parfait, même le pack CDI-hypothèque-grands-parents à la retraite est sujet à changement sans préavis.

Le seul truc vraiment indispensable pour avoir un baby, c’est l’envie. Ça ne fait pas tout, mais c’est un moteur. Avec l’envie réelle d’avoir un enfant on dépasse beaucoup: les grossesses compliquées, les nuits blanches, les soirées qu’on doit décommander.

Je connais mille nullipares qui assurent “qu’ils ne sont pas prêts à renoncer aux soirées beuverie pour avoir un enfant”, mais pas un parent qui regrette d’avoir eu son enfant “parce qu’il ne peut plus boire en soirée”.

Vous savez pourquoi? Hein? Vous savez? L’amour? Le bonheur? La joie d’être parent?

Non, les nounous ça existe, c’est tout.

 

-Lexie Swing-

 

Les uns les autres

"Marcel learning to eat"./ Photo Phyllis Buchanan

« Marcel learning to eat »./ Photo Phyllis Buchanan

Avec mon groupe de copines mamans, les filles de février, on aime bien comparer. C’est maaaal. Mais on aime bien comparer quand même. Ainsi, l’air de rien, on note que Y. a marché à 10 mois, que JJ fait des phrases avec l’intonation mais sans les mots, que Loulou est capable de passer sous la barrière de protection de l’escalier… Il y a celles qui dorment depuis la naissance, celles qui ne sont jamais malades, ceux qui mangent de tout, et ceux qui mangent tout seuls. Alors c’est vrai, parfois, on s’apitoie, on voit faire les autres et on se dit qu’on est bien loin de ça.

Mais finalement, souvent aussi, c’est positif. Car de loin, ils se tirent vers le haut. Y. a inspiré Miss Swing pour manger à la cuillère, qui a elle-même donné le feu vert à Loulou pour boire seule son biberon, et ainsi de suite. Comment savoir de quoi ils sont capables? Qui peut nous dire si un enfant de 15 mois est capable de piquer à la fourchette ou d’apprendre à se laver les mains?

Alors on regarde les autres, on pose des questions, on suit le mouvement. On dit des choses comme « non sérieux il sait mimer Frère Jacques? Il faut que je lui apprenne! » Tous les enfants n’apprennent pas au même rythme mais ils s’inspirent les uns les autres, ils sont des moteurs. A nous de leur laisser le temps, certes, à nous aussi de leur laisser la possibilité de montrer qu’ils sont capables.

Et oui, à 15 mois, ça passe inévitablement par des haricots sur le chien, des chaussettes mal mises, des cheveux mal coiffés et une bouche mal essuyée. En même temps ça se voit que vous n’avez jamais essayé de faire toutes ces choses avec des mains de 5 centimètres.

 

-Lexie Swing-