La deuxième vie des chaussettes H&M

Eleven./ Photo DR Lexie Swing

Eleven./ Photo DR Lexie Swing

Eleven (très cher) ne résistant pas à l’envie, comme nombre d’entre nous, de se lécher les coussinets sur lesquels une gentille dame (moi) a appliqué une crème pour les hydrater après une folle promenade dans la slush et le sel des trottoirs, il a adopté un accessoire tendance: la chaussette H&M imitation dentelle.

Eleven./ Photo DR Lexie Swing

Eleven./ Photo DR Lexie Swing

-Lexie Swing-

Liebster award: tout, vous saurez tout!

Le Liebster Award, c’est ce jeu inter-blogues où un blogueur pose des questions persos à d’autres blogueurs. La vraie règle, c’est: je dis 11 choses sur moi, je réponds aux 11 questions posées par des blogueurs, et j’en pose 11 autres à des blogueurs.

J’ai été taguée deux fois ces deux dernières semaines (merci beaucoup à Max, Sophie et Sydney, et à Hélène B. de Fabuleuses au foyer), je vais donc répondre à leurs 11 questions respectives directement (22 en tout, accrochés vos ceintures!).

Les questions de Max, Sophie, et surtout de Sydney ;)):

1) Combien de pays as-tu visité ?

Une dizaine peut-être, proches de la France comme les Pays-Bas ou l’Irlande, ou plus lointain comme les USA ou les Maldives (je sais, vous baver).

2) Quel a été ton premier voyage et pourquoi avoir choisi cette destination?

Mon premier vrai voyage en tant qu’adulte, c’était un road-trip au Danemark avec ma mère. Je venais d’avoir mon bac. Nous avions une tente dans la voiture et un budget serré parce que j’avais voulu payer ma part. Je voulais tellement économiser mon argent qu’on a dormi dans la voiture, sur le parking d’une zone industrielle en Allemagne. On se gelait et un néon grésillait juste devant nous! On a eu la chance de découvrir les campings fabuleux du Danemark, sauvages et ultra-propres.

3) Quel serait le voyage de tes rêves et pourquoi?

La Patagonie. Je ne connais qu’en photos bien sûr, et ça me semble féérique, sauvage, fabuleux. Je pense que c’est tellement beau et mystique que quand on revient d’un voyage comme ça, on est plus tout à fait le même.

Pascua River, Patagonia./ Photo Peakwater

Pascua River, Patagonia./ Photo Peakwater

4) Quel type d’hébergement privilégies-tu en vacances (hôtel, chez l’habitant, tente…)?

Les bed and breakfast, ou Couette et Café au Québec. On est chez l’habitant, donc on rencontre des gens, et en même temps, si je n’ai pas envie de parler ou de passer la soirée avec mes hôtes, rien ne m’y oblige. C’est un concept qui me va parfaitement!

5) Quelle est ta meilleure expérience de voyage?

Sans surprise: les Maldives. On a atteint notre îlot après 30 minutes d’hydravion, on a été accueillis comme des VIP, et on a passé une semaine allongés, soit dans un lit immense bercés par le bruit des vagues, soit sur une plage de sable fin, bercés par le bruit des vagues, soit en faisant la planche dans l’eau, bercés par… bref, vous avez compris!

6) As-tu un objet fétiche que ne dois tu pas oublier pour un voyage?

Nope, j’ai jamais été une fétichiste et j’oublie régulièrement guides de voyage et jeux de cartes.

7) Es tu plutôt sac à dos ou grosse valise?

On a investi avant le Canada dans un gros sac Eastpack, le genre qui roule mais qui a plein de poches.

8) Avoir un/des enfant(s) as-t-il changé ta façon de voyager? Comment?

On essaye de partir dans la nuit pour qu’elle dorme dans la voiture, on fait plus de pauses, on profite aussi de choses différentes et on reste plus longtemps au même endroit. Mais fondamentalement, on n’a pas changé grand chose; elle adore bouger, visiter, elle s’émerveille facilement et elle adore le restaurant!

9) Et sinon, à part les voyages, quels sont tes hobbies?

Ecrire, tout le temps.

10) Quel équipement photo emmènes-tu toujours avec toi?

On vient de changer notre vieux réflex pour un Nikon 3200 (rouge!) et on a un petit CanonPowerShot compact qui fait aussi des vidéos.

11) Quel plat local goûté lors de tes voyages recommanderait le plus ?

Euh… la Guinness?

Pfiou, que de réflexions, j’en ai mal aux méninges! On continue? Voici les questions d’Hélène B.

1) Ton jeu de société préféré ?

Le Time’s Up! Avec ma belle-soeur on est imbattables (et on triche honteusement ;))

2) Ton meilleur souvenir d’enfance ?

On est au Pilat (forêts, montagnes, cailloux, etc), près de Saint-Etienne, et on déjeune au refuge avec mes grands-parents: pommes de terre et cervelas au feu de bois, hum… Autre âge, autre souvenir: je suis à Paris, avec A., on a une dizaine d’années, ses parents m’ont invitée. Je détestais Paris, je la découvre sous un tout autre jour, au rythme des pas de son père, qui y a grandi et la connaît comme sa poche. A ses yeux, Paris est belle, alors sur elle mon regard change.

3) La dernière fois que tu as trop mangé, c’était quoi ?

De la raclette, ça fait deux mois et je ne peux plus regarder de la viande des Grisons (qui n’est toujours pas un animal, malgré mon insistance) sans avoir des hauts-le-coeur.

4) Tu te vois comment dans 20 ans ?

J’ai presque 48 ans, et j’ai un peu les boules parce que la cinquantaine approche :) Ma fille a 20 ans, elle suit les études qui lui plaisent et qu’elle a choisies (allez… disons… Yale! Soyons modestes!). Son frère ou sa soeur (j’ai pas une boule de cristal non plus) glande sur les bancs du Cegep ou finit son secondaire. Mister Swing et moi partons pour Seattle, où nous avons une résidence secondaire (c’est notre troisième résidence, avec l’appartement à Miami ;)).

5) La chanson que tu connais par coeur ?

Ca f’zait un, deux, trois, Pretty Mama, 4, 5, 6, I miss you, 7,8,9… de Frédéricks, Goldman et Jones.

6) Quand tu vas à la boulangerie, tu prends quoi ?

Du pain aux noix et aux raisins (le temps qu’on arrive à la maison, nous avons tout mangé, et la petite n’en a pas eu au motif que les noix c’est risqué :) le pain décuple notre égoïsme!)

7) Le dernier film que tu as vu au cinéma ?

La vie secrète (ou rêvée, selon qu’on le voit en France ou en Québec) de Walter Mitty, un film avec Ben Stiller. On est loin des personnages à l’humour grossier qu’il se plaît à jouer d’habitude et les paysages du film sont superbes sur grand écran.

La vie Secrète de Walter Mitty

La vie Secrète de Walter Mitty

8) La personne la plus célèbre que tu as rencontrée ?

Dieudonné, à l’aéroport de Malé (CQFD), et Stéphane Rousseau, à la sortie d’un théâtre à Paris. Je ne sais pas si on peut le voir comme une célébrité, mais j’ai aussi interviewé François Hollande, lorsqu’il était candidat. Enfin, pour ceux qui aiment le jazz, j’ai rencontré un paquet de jazzmen et women célèbres lorsque je couvrais Jazz in Marciac, et ce sont de loin les artistes les plus sympas.

9) La première chose que tu fais au réveil ?

Je repousse mon réveil de dix minutes.

10) Quand et à quelle occasion as-tu envoyé pour la dernière fois une lettre par la poste ?

Pour l’anniversaire de ma nièce, en janvier. Lorsqu’on vit loin, on est beaucoup plus susceptibles d’envoyer des colis et des lettres par la poste.

Et voilà! Je fais l’impasse sur les questions à poser, mais niveau interview, vous pouvez me retrouver tous les 15 jours dans le cadre de la Famille du Vendredi.

-Lexie Swing-

Tout ce que tu sais déjà

Il y a quelques mois encore, tu souriais en nous écoutant. Les pédiatres étaient formels: « Elle comprend déjà tout, vous savez ». Mais à part ton regard aux cils sans fin bien planté dans le mien, je n’étais pas sûre de ce que tu comprenais, ou pas. Maintenant tu as 13 mois. Et je sais que tu sais. Du moins je sais ce que tu sais. Et chaque jour, ça me laisse sans voix. Parce que tu es haute comme deux pommes qui auraient poussé à la fin de l’automne et que tu suces ton pouce à tout bout de champ, ce qui te fait perdre un peu de crédibilité. Mais à 13 mois tout ça (et seulement ça), tu sais déjà:

Kappa, îles Tonga./ Photo Kristopher Radder

Kappa, îles Tonga./ Photo Kristopher Radder

– Allumer la lumière

– Ouvrir et fermer les portes

– Jouer à coucou, caché avec un sens du spectacle digne de Monsieur Loyal

– Dire mon prénom, alors qu’il est très long

– Enfiler ton T-shirt, et tendre tes bras quand je te le demande

– Mettre les formes dans les trous qui correspondent

– Y mettre aussi des formes qui ne correspondent pas mais qui, en poussant bien, rentrent quand même

– Traverser la maison en couche pour venir prendre ton bain quand je t’appelle

– Manger seule (et finir par te gratter la tête avec la cuillère pleine de céréales)

– Participer aux chansons à mimer de la garderie, au grand étonnement de tes nounous

– Ne pas râler quand on te réveille au milieu de la nuit parce que la couche a débordé. Prendre une peluche pour te bercer, tendre les bras pour le body à réenfiler, et sans un pleur te recoucher

– Te rouler par terre avec les grosses larmes qui conviennent parce que j’ai quitté la pièce pour ranger un manteau

– Te coincer le bras dans ta chaise haute parce que tu as voulu caresser la tête du chien

– Chantonner

-Lire, beaucoup. Et tirer les languettes, appuyer sur les boutons qui font du bruit, sortir la souris verte du chapeau parce qu’il paraît qu’elle a trop chaud. Et la mettre dans ta bouche.

-Bercer poupées et peluches, tout contre ton coeur, la tête dans leurs rares poils ou leurs cheveux.

– Ranger les chaussures par paires

Le temps que je finisse cette liste tu auras fait de nouvelles choses et je devrais tout recommencer. 13 mois, et tout un monde devant toi.

-Lexie Swing-

La blague du muffin (vous l’aurez voulu)

Fut un temps, je vivais en Irlande, où j’ai découvert moult séries dont… Mon oncle Charlie (Two men and a half). Charlie est redevenu poussière et Jake a bien grandi mais voici néanmoins la blague qui me fait rire avant même que je commence à la raconter (oui le mot prout me fait rire aussi), parfaite à introduire après quelques nuits blanches ou une soirée martini pas jolie jolie.

-Lexie Swing-

Au boulot, le parent est facilement identifiable…

Dad and son./ Photo  Richard Leeming

Dad and son./ Photo Richard Leeming

Vous arrivez dans un nouveau travail et vous vous demandez (saine curiosité de la pause de 10h30) qui a des enfants dans vos collègues. Trop timide pour demander? Pas grave: l’observation suffit. Au boulot, un parent se repère à:

– son goûter. Exit les chocolatines trop grasses et les mélanges de graines santé, le parent a un vrai goûter: des Prince de Lu goût vanille-chocolat. Ce que vous ignorez: ses gamins détestent les Prince de Lu, mais ça lui donne une excuse.

– sa rengaine. Il fredonne sans cesse des trucs agaçants comme « Ce rêve bleu », susurré par Aladin à l’oreille de Jasmine, ou « Mignon, mignon », de René la Taupe, qui vous donne une furieuse envie de planter vos dents dans sa main.

– son sac. Vous y apercevez des trucs improbables, réminiscences d’un week-end au parc agité: poney Fisher Price, verre à bec encore plein d’eau, paquet de lingettes vides et barre de céréales écrasée constituent la majeure partie du trésor.

– ses maux de ventre. Il arrive barbouillé le lundi matin. Week-end arrosé? Pas du tout! Indigestion aux crêpes à l’érable et lait frais qui a tourné.

– ses nausées. Nouveau week-end arrosé? Toujours pas! Plutôt une gastro-enterite que ses mômes se refilent comme un ballon de rugby sur la ligne des 22.

– son humour. C’est un Belge, un Français et un Anglais narcoleptique qui discutent dans un bar. Le Belge aperçoit une femme unijambiste… STOP, vous avez perdu le parent! Il rit à l’humour simple, audacieux, facile à analyser après 15 nuits de trois heures. La blague du muffin ou toute remarque à base des mots prout et caca pourra déclencher son hilarité.

– ses mouchoirs. Il a des paquets partout: dans les poches du manteau, dans la doublure de la veste, roulés en boule au fond du sac. Des mouchoirs en tissus, des mouchoirs en papier, des mouchoirs propres… ou pas toujours! Il les dégaine en toutes occasions, pour secourir un nez qui coule ou faire un bandage de fortune à une poupée blessée.

– son sourire béat. Malgré des cernes jusqu’aux épaules et des habits d’une propreté parfois douteuses (eu égard aux régurgitations, et autres « tiens ‘gade Papa » accompagnés d’une tartine de Nutella vicieuse), le parent est heureux. Il porte collé sur son visage un sourire niais, dopé aux photos de bébés mignons et autres vidéos de premiers pas. A toute heure de la journée, il fait résonner dans l’open-space le rire cristallin de son dernier né qu’il vient de filmer. Il rit de bon coeur, même après l’avoir visionnée dix fois. Et vous, dans votre coin, nullipare averti, vous vous surprenez à soupirer d’aise. Le bonheur, c’est contagieux!

-Lexie Swing-

Le sixième des douze travaux: trouver un médecin de famille

Au Québec, ne pas avoir de médecin de famille signifie bien souvent faire la queue plusieurs heures dans une clinique sans rendez-vous. A ce propos j’ai d’ailleurs expérimenté par deux fois celle de Westmount: café proche et wifi inside m’ont permis de travailler en attendant mon tour!

Mais bon, les visites sont souvent expéditives et le suivi inexistant. Autant dire que tenter d’obtenir un médecin de famille est l’une des premières démarches à faire. Si l’on veut éviter de se faire le bottin médical entier, les CSSS possèdent des listes des médecins qui prennent encore des patients. Car il s’agit d’une autre réalité québécoise: les médecins de famille sont peu nombreux et saturés.

Jouer au docteur./ Photo James Willcox

Jouer au docteur./ Photo James Willcox

Notre première bataille était de trouver un pédiatre référent pour Miss Swing. Faire la file pour une bronchite d’adulte, ok. Faire les visites mensuelles au petit bonheur la chance, pas question. Les bébés nés ici trouvent parfois des médecins de famille par le biais des maternités, mais notre Toulousaine n’y avait, bien sûr, pas accès.

Ce qui a marché pour nous? Le bouche-à-oreille. A la garderie, un papa québécois avec qui je discute de temps en temps a été une source d’info précieuse. Il m’a ainsi recommandé Tiny Tots, une clinique pédiatrique située sur Décarie. Un service payant (40$ de cotisation et 10$ par visite ensuite), mais des RDV rapides et des urgences le dimanche. Nous avons rapidement eu un rendez-vous, avec l’un des nombreux pédiatres de la clinique.

Comme il fallait rattraper le calendrier de vaccination, nous avons cherché à avoir RDV au CLSC où ceux-ci se font gratuitement, mais pas de disponibilités avant un mois. Qu’à cela ne tienne, notre clinique possède également un service de vaccination, payant également (une vingtaine de dollars pour les rappels habituellement faits à 6 mois). Quelques jours après, nos rappels de vaccins étaient à jour!

Depuis, nous avons également déniché un médecin de famille dans la clinique Forcemedic à Montréal-Ouest. Ce n’est pas mentionné mais il est évident que montrer sa frimousse de temps à autre permet de garder sa place dans le fichier (éliminer les patients qui ne viennent plus ou pas, c’est ainsi que les cliniques font le ménage et libèrent des place pour les gens sur liste d’attente). «On n’aurait jamais dû te dire ça», s’est moqué Mister Swing…

Si vous cherchez un médecin de famille, sachez qu’il existe un guichet d’accès dans chaque CSSS d’arrondissement, pour se mettre sur la liste d’attente d’un médecin près de chez soi. Mais surtout, n’hésitez pas à poser la question autour de vous, à vos collègues, au pédiatre, aux autres parents… 300 000 Québécois sont encore sur liste d’attente, mais suivant votre région ou vos arrondissements, vous pourriez trouver la perle rare. Et en attendant, pas de panique, les cliniques sans rendez-vous sont faciles d’accès et ouvertes presque tous les jours.

-Lexie Swing-

La famille du vendredi: Virginie et Pierre en Thaïlande

Un vendredi sur deux, Lexie rencontre une famille, un couple, un voyageur en solo, des Français partis poursuivre leur vie loin de leurs contrées d’origine. Cette semaine, c’est Virginie et Pierre, du blogue Les Dessales thaï’s story, qui s’invitent dans la rubrique avec le quotidien de leur famille en Thaïlande! En amoureux, ils racontent leur histoire…

./ Photo DR Viryze

./ Photo DR Viryze

Quels sont vos p’tits noms ?

Virginie: Pi Nit en Thaï, et Viryze sur le net

Pierre: Pi “R” en Thaï.

De quel coin de France venez-vous?

Virginie: France, Evreux

Pierre: Belgique, près de Mons

Où êtes-vous partis vivre votre vie?

Après nous être rencontrés sur Toulouse, nous avons déménagé en Bourgogne, puis dans le Périgord et enfin expat’ vers Ranong en Thaïlande.

Mais surtout quand, comment et pourquoi?

Départ en Septembre 2013, pour un contrat d’expatrié disponible dans le groupe européen pour lequel Pierre travaille. Il a postulé, nous avons fait un voyage de reconnaissance et avons misé que ça marcherait…et qu’en plus ça enrichirait toute notre petite famille de belles découvertes.

Qui avez-vous emmené dans votre valise?

Nos filles de 6 et 2 ans, leurs doudous et nos souvenirs.

Où travaillez-vous, avec quels horaires, vous déjeunez sur place? Je veux tout savoir de vos jobs!

Virginie: Je suis devenue par la force des choses maîtresse de CP pour notre fille aînée. J’organise le homeschooling avec le CNED et avec l’aide que je peux trouver sur internet. J’ai aussi fait appel à une coach, Bernadette Dullin, du site Happyparents.com, pour préparer cette éventualité avant de partir car on a tenté d’inscrire notre fille dans une école thaï mais elle ne s’est pas adaptée. C’était le risque.

Bernadette est une aide précieuse et connaît bien l’expatriation et l’éducation des enfants.

Je gère aussi la logistique, les courses, les relations avec la nursery et je suis maman aussi à 100% quand je récupère la plus petite etc…

Pierre : Je travaille dans la montagne près de Ranong, dans une carrière de kaolin (argile blanche). 6 jours par semaine de 8h à 17h. Je déjeune toujours avec de nombreux collègues dans un minuscule resto à 30 baths le repas (moins d’un euro). Tout est délicieux, typique, frais et super épicé. Cuisine plus birmane que thaï. Des fruits frais tous les jours.

Mon job consiste à diriger 80 personnes pour produire de l’argile qui servira à fabriquer du carrelage, des assiettes, des cuvettes de toilette ou de douche.

./ Photo DR Viryze

./ Photo DR Viryze

Comment est la rue où vous vivez?

Résidentielle, toutes les maisons ont le même design, mais pas la même grandeur, c’est donc une rue calme avec des chiens et des chats errants, comme partout en Thaïlande. Les voisins sont tous Thaïlandais, on les connaît peu mais les filles ont été invitées pour jouer avec des enfants. Quelques rares soirées karaoké chez les voisins et les bruits des geckos (gros lézards)  animent nos nuits.

Quelles sont les choses nouvelles pour vous en Thaïlande? 

La vie 3 à 5 fois moins cher qu’en France. Les scooters avec 3 ou 4 personnes dessus, parfois même des tronçonneuses ou des plantes, car c’est le moyen de transport le plus fréquent ici. L’extrême pauvreté, notamment dans la population Birmane car Ranong est frontalière de la Birmanie. La chaleur: depuis 3 mois pas une goutte de pluie, ça manque un peu j’avoue…il fait 37 degrés! Suivie d’une pluie abondante et incessante pendant 8 mois (Ranong est surnommée “Ranong 84” : 8 de pluie, 4 de soleil).

La corruption, le détournement des lois etc…

A Ranong le ramassage des ordures est très mal organisé : les déchets du quartier finissent poussés dans la rivière bien souvent, faute de place dans les “containers”.

La faible influence américaine nous a beaucoup étonnés. Ici tout est tournée vers l’Asie, à savoir la Chine, pour son modèle économique, et le Japon, pour sa culture.

Le bouddhisme mélangé à des croyances comme la numérologie, le spiritisme, le chamanisme : ils croient aux fantômes, au pouvoir des chiffres sur une plaque d’immatriculation, la couleur de la voiture doit se choisir en fonction du jour de naissance, etc.

Où allez-vous manger lorsque vous n’avez pas le temps (ou l’envie) de faire le repas?

N’importe où dans la rue, il y a des commerçants ambulants et de la nourriture à vendre. Tout se vend et surtout n’importe où, ou presque. Un opticien peut vendre des sodas ou des biscuits…. Manger est important pour un Thaïlandais et donc se pratique toute la journée, mais en petites quantités!

En quoi l’école ou la garderie sont différentes de la France?

Les enfants thaïlandais, pour les plus riches d’entre eux du moins, étudient sans arrêt car les parents considèrent que c’est bien de “payer” des cours à ses enfants en plus de l’école. Ils le font dès la crèche, avec enseignement de l’anglais en deuxième langue.

Ils chantent l’hymne national tous les matins à 8h pour le roi et les plus grands animent les récréations en musique pour les plus petits. C’est ce qui se passait tout du moins dans l’école où notre fille a passé deux mois.

Nous avons aussi assisté à une soirée de Gala, en l’honneur du roi, et comment dire….c’est GRANDIOSE tant au niveau du nombre de participants que des costumes, coiffures et danses des enfants. Notre fille a eu la chance de le vivre, ça restera un très beau souvenir.

Est-ce qu’il y a du bon fromage où vous vivez? Et du bon vin?

Du bon vin, oui, très cher mais très bon : les alcools importés sont très fortement taxés. On en boit peu car on a peu l’occasion de partager un verre avec des expats ici. Nous n’avons pas de communauté d’expats comme dans une grande ville. Les Thaïs ne boivent pas de vin mais plutôt du whisky/eau gazeuse. Pas de bon fromage, mais bizarrement ça ne nous manque pas, à cause de la chaleur sans doute. Il faut se rendre dans les grandes villes pour en acheter.

Vous partez où en vacances?

Sur l’île de Koh Phayam, à 45 minutes de speed boat de Ranong. Une île calme et tranquille, où les touristes du monde entier viennent se reposer et buller pendant la saison sèche.

Nous avons aussi visité Phuket, Khao Lak et Bangkok et bientôt Koh Samui. Retour en France pour trois semaines prévu aussi en avril…

./ Photo DR Viryze

./ Photo DR Viryze

Et, last but not least, que faites-vous le vendredi?

Rien de spécial….Pierre travaille les samedis, alors c’est une soirée comme les autres. Il nous est arrivé de sortir tous les deux ou avec un couple de Français que nous connaissons ici, quand nous avions une baby-sitter, mais ce n’est plus le cas. Je pense aussi avoir fait une soirée aux bains chauds de Ranong une fois, ouverts tard le soir.

-Lexie Swing-

Timide et journaliste: la combinaison impossible?

L'image romantique du journalisme d'antan./

L’image romantique du journalisme d’antan./

Aussi loin que je me souvienne, la boulangère m’a toujours fait peur. Tout comme le prof de maths, la dame de la réception, la secrétaire du cabinet médical et tout interlocuteur potentiel nécessitant un appel téléphonique. Gamine, j’étais collée à la porte d’entrée et j’observais, affolée, la personne à qui il allait falloir parler.

Autant dire que le jour où mes parents ont appris que je voulais devenir journaliste, ils ont ri (un peu jaune).

Parents d’enfants timorés, je vais vous soulager d’un poids terrible: on peut être journaliste et avoir « peur de parler au monsieur ». Si si. Le journaliste timide va créer une espèce de double de lui-même. Il sera ainsi capable de mener une conversation à bâtons rompus avec un futur chef d’Etat, mais il aura peur d’appeler le dentiste pour prendre un rendez-vous.

Il y a peu j’ai passé cinq appels dans la même journée, dérangé des présidents d’entreprise et des courtiers immobiliers très occupés, juste pour obtenir LA bonne phrase qui me manquait. Après j’ai vu un appartement qui m’intéressait, j’ai vu qu’il y avait un courriel ET un numéro de téléphone. Au téléphone j’aurais su si c’était pour tout de suite, si l’électricité était incluse dans le prix et si les chiens étaient acceptés. Mais j’ai peur du monsieur. Alors j’ai envoyé un courriel. C’est facile la technologie pour les gens comme moi. Ça prend quelques bons mots et un peu de temps. Mais je suis prête à perdre une heure si cela peut m’éviter de prendre rendez-vous par téléphone. Par contre quand j’ai besoin d’une interview c’est tout de suite, et je suis prête à harceler s’il le faut.

Où est le divan, que je m’allonge?

-Lexie Swing-

6 heures de moins (bonheur inside)

A vol d'oiseau (un gros oiseau)./ Photo Juanedc

A vol d’oiseau (un gros oiseau)./ Photo Juanedc

Ici, au Canada, c’est comme en France, mais avec 6 heures de moins (là je vous sens impressionnés par la révélation ;))

C’est rien le jet-lag. Un truc qu’on prend en considération au retour des vacances, quand bébé se la joue diva sans ses douze heures de sommeil ou quand on va en Océanie. C’est banal quoi.

Mais ça ne cesse de m’enchanter. Je trouve des tas de bonnes choses à ces six heures de moins. Par exemple…

– Lorsque je me couche, mes amis se lèvent. Je m’endors en imaginant les autres s’activer, se plonger dans leur boulot et les cris des enfants, et j’apprécie encore plus d’être dans mon lit, comme lorsqu’on est malade les jours d’école ou que l’on fait la sieste en plein été tandis que les enfants s’époumonent dehors.

– Lorsqu’en Europe le dimanche se termine, il fait encore jour chez moi. Je lance des « bonne soirée » tout en me demandant ce que je vais bien pouvoir faire de mon après-midi.

– Il y a toujours une copine avec qui discuter en pleine insomnie. Elle est en train de prendre son petit-déjeuner, elle vient d’arriver au boulot, elle gave sa petite dernière… bref elle est toute prête à entendre mes jérémiades à base de “je fais l’étoile dans le lit, mon oreiller est moelleux, ma couette douce mais je n’arrive pas à dormiiiir”.

– J’ai 6h de rab pour fêter les anniversaires. Hier, je commençais invariablement mes textos d’anniversaire par “je suis en retard certes mais j’aurais le privilège d’être la dernière à te le souhaiter, être le premier c’est tellement quétaine”, aujourd’hui je dis plutôt, “hé hé tu sais que c’est encore ton anniversaire au Canada? Et même qu’on dit Bonne fêêêête ici… t’es dépaysé hein? Quoi, tu dors?”

– J’ai gagné 6h de vie. Pas question que je reparte, j’aurais peur de tomber en poussières d’un coup comme une momie qu’on déroule.

– J’écris des courriels et des textos le soir, et quand je me lève le matin j’ai des tas de messages. Des doux, des réacs, des partages d’articles, des petits mots gentils et des photos. Mon fil Facebook est plein de nouvelles, mon cellulaire s’est autosabordé à Whatsapper tout seul toute la nuit et ma boite à courriels m’annonce 10 nouveaux messages. Je me lève en forme, déjà connectée mais légère comme quelqu’un qui se sent porter par les paroles d’autrui. Géographiquement loin, mais tellement proches.

-Lexie Swing-