Bébé : le savoir à toute allure

C’est une drôle de chose que le savoir… Miss Swing aura 9 mois dimanche et en moins d’une année, elle a appris plus de choses que moi en cinq ans.

Elle a appris à s’asseoir, à manger. Elle a appris à dire non, à sourire. Elle a appris à dire bye-bye, à se déplacer en rampant, à mettre en route ses jouets électroniques, à reconnaître nos voix, à caresser son chien, à faire des câlins, à mettre une balle dans un circuit, à enlever un capitaine de bateau d’un pot en plastique à peine plus grand, à faire du toboggan. Elle a appris son nom, aussi.

Il découvre le monde./ Photo Aurimas Mikalauskas

Il découvre le monde./ Photo Aurimas Mikalauskas

D’ici deux ans, elle aura appris couramment une langue. Et probablement quelques mots d’une autre, garderie trilingue oblige. Moi depuis 15 ans que je l’apprends, je baragouine à peine l’espagnol.

Hier, elle rampait à plat ventre, aujourd’hui elle met les genoux sous elle, à deux doigts du quatre pattes. Moi il m’a fallu trois cours pour maîtriser les rudiments du Pilates.

Quand je commence une nouvelle chose, quand je dois affronter de nouveaux défis, je pense toujours à elle et à sa formidable capacité à apprendre. J’essaye de me dire « aujourd’hui tu ne sais pas, mais demain tu maîtriseras ». Et même si ça ne m’empêche pas de me morfondre, de me plaindre et de me lamenter, ça marche! Je bloque sur de nouveaux logiciels, je me heurte à des tournures de langue et puis quelques jours ou semaines plus tard, je n’y prête plus attention, je les ai intégrés, vaincus. Preuve qu’apprendre, on sait faire à tout âge. On a juste tendance à l’oublier, parfois. Alors que nous aussi, on a su marcher en un an (bon ok 16 mois pour moi ;)) et parler en à peine plus…

Quand je galère vraiment, quand la concurrence me semble trop rude et les obstacles insurmontables, il m’arrive même de penser: « Je m’en fous, moi aussi je suis arrivée première une fois, ce sera peut être la seule fois, mais quelle victoire quand même! » On a gagné la vie :)

Joli samedi!

-Lexie Swing-

La famille du vendredi – Marianne au Brésil

Un vendredi sur deux, Lexie rencontre une famille, un couple, un voyageur en solo, des Français partis poursuivre leur vie loin de leurs contrées d’origine. Cette semaine, c’est Marianne, du blogue Mamagalo qui inaugure la rubrique avec le quotidien de sa famille à Curibita, au Brésil.

Quel est ton p’tit nom? Marianne, mais sur mon blog c’est Mamagalo.

De quel coin de France viens-tu? Toulouse! La ville rose, la ville de Nougaro, de la saucisse et de la violette!

Où es-tu partie vivre ta vie? Au Brésil. A Curitiba, la ville la plus européenne du Brésil.

Mais surtout quand, comment et pourquoiiiii? Mon mari et moi sommes profs, nous avions donc un grand choix d’écoles françaises dans le monde. Le Brésil nous faisait envie : c’est un continent à lui tout seul. Il est immense et très varié. Et puis, on avait dans un coin de la tête, des musiques de samba, des paillettes, des bikinis et des tongs… Mais le Brésil, ce n’est pas que ça. On est partis il y a un peu plus de 2 ans et il ne nous reste que cette année encore. Nous avions très envie de partir depuis longtemps, guidés par notre goût des voyages et surtout des découvertes de nouvelles cultures et de gens qui vivent autrement. Nous voulions faire voir à nos enfants comme la vie peut être riche ailleurs, aussi.

Qui as-tu emmené dans ta valise? Mes 3 hommes : mon chéri et mes enfants de 6 et 9 ans.

Où travailles-tu, avec quels horaires, tu déjeunes sur place? Je veux tout savoir de ton job! Je travaille dans une petite école française, située au sein d’une grande école brésilienne. Je commence à 8h25 et termine à 15 h15, avec une heure seulement pour manger : c’est un peu la course, mais, comme cela, je peux bien profiter de mes loulous en fin d’après-midi. Je mange à la cantine des profs brésiliens, avec au menu : salade, riz et feijão (haricots marron), tous les midis (il y a d’autres choix en plus, quand même!)!

Comment est la rue où tu vis? Nous vivons dans une très grande ville (3 millions d’habitants), ce qui implique beaucoup d’immeubles et de béton. Notre quartier reste cependant assez arboré et agréable, avec des petits commerces en bas de la rue : on est plutôt bien installé, bien que la vie en appartement ne nous réjouisse pas particulièrement!

La famille de Marianne./

La famille de Marianne./

Où vas-tu manger lorsque tu n’as pas le temps (ou l’envie) de faire le repas? Souvent, dans un resto japonais, car il y en a en grand nombre à Curitiba, la ville accueillant beaucoup d’immigrants du pays du soleil levant. On en a même découvert un, récemment, qui propose tout un tas de sushis et makis qui sont présentés sur une sorte de tapis roulant : ça plaît beaucoup aux enfants!

Quel rythme ont tes enfants à l’école? Le même que le mien! Nous avons peu de petites vacances, mais deux grandes périodes de un mois et demi en juillet- août et la même chose en décembre-janvier…ça nous a permis de faire de beaux voyages à travers l’Amérique du Sud.

Est-ce qu’il y a du bon fromage où tu vis? Et du bon vin? Le fromage est quasiment et tristement inexistant ici, à l’exception du parmesan…les papis et mamies glissent quelques cabécous dans les valises quand ils viennent nous voir! Le vin brésilien est affreux! On trouve, par contre, du bon vin venant d’Argentine ou du Chili : nos repas entre copains ne se font donc pas qu’au soda ou à l’eau!!

Tu pars où en vacances? Nous voyageons bien sûr beaucoup au  Brésil, qui a tant de choses à offrir : de la nature la plus profonde (Amazonie, Pantanal), aux coins plus urbains (Rio, Brasilia), en passant par les lieux chargés d’histoire (Minas Gerais, Salvador). Mais nous profitons aussi de la proximité d’autres pays : nous sommes allés au Guatemala, un pays encore peu touristique, qui nous a pourtant ébloui. Et nous avons prévu, au mois de janvier, d’aller traîner nos valises en Argentine, en Patagonie, la région des glaciers, des animaux du froid et de la ville la plus australe du monde : Ushuaia.

Et, last but not least, que fais-tu le vendredi? Le vendredi, tout est permis : soirée télé-cocooning-pantoufle-pizza avec mon chéri, soirée apéro dinatoire improvisée avec les copains, soirée belote, les filles contre les garçons ou soirée on lâche les watts- caipirinha-musique…on décompresse et on savoure le week-end qui débute!

Tarte au citron meringuée (meringue italienne)

La tarte au citron meringuée, c’est la recette phare chez les Swing. Avec le fondant de Nathalie, c’est un peu le dessert qu’on ressort à toutes les occasions. Incroyablement chic, délicieusement équilibrée entre l’acidité du citron et la douceur de la meringue italienne.

C’est aussi la toute première recette réalisée ici, outre-Atlantique. Il a fallu fouiner pour dénicher les ingrédients indispensables à la réussite d’une bonne tarte au citron meringuée, mais la voilà…

Comme toute bonne recette, celle-ci est un mélange, un tâtonnement. Elle se compose donc d’une pâte sablée, façon Trish Deseine, d’un appareil au citron tiré (et légèrement modifié au fil des ans) de cette recette, et d’une meringue italienne.

Tarte au citron meringuée./ Photo DR Lexie Swing

Tarte au citron meringuée./ Photo DR Lexie Swing

La pâte sablée (farine, deux oeufs, sucre glace et une demi plaquette de beurre)

Trish, c’est un peu mon Dieu en terme de pâtisserie, surtout depuis qu’elle a publié un livre avec plein de caramel dégoulinant sur la couverture… Sa pâte sablée est un modèle du genre! Préchauffez votre four à 180°.

Mélangez 75g de sucre glace, deux jaunes d’oeufs (réservez les blancs pour la meringue)  et 125g de beurre froid et souple, coupé en cube. Utilisez un robot ou vos petites mains.

Versez en pluie 200g de farine tamisée et mélangez le tout une nouvelle fois. Formez une boule. Emballez-la de film alimentaire et réservez-la au frais une demi-heure.

Abaissez votre pâte dans le diamètre voulue sur une feuille de papier cuisson (parchemin), plutôt épaisse si vous le pouvez (elle n’en sera que plus moelleuse). Placez-la dans votre moule. Piquez. Enfournez pour 10 minutes.

L’appareil au citron

Ici nous aimons les tartes bien citronnées mais sans zestes. Si vous avez les mêmes goûts, prévoyez 3 citrons jaunes non traités (2 plus des zestes selon la recette originale), 120g de sucre en poudre (180 selon la recette), 2 oeufs + 2 jaunes (réservez les blancs pour la meringue) et 20 cl de crème fraîche (Liberté en fait une excellente ici au Québec).

Battez les oeufs, ajoutez le sucre, puis la crème fraîche. Versez le jus des trois citrons.

Répartissez votre appareil sur votre pâte cuite à blanc.

Enfournez, toujours à 180°, pour 30 minutes.

Après cuisson, laissez refroidir au moins 20 minutes.

La meringue italienne

Pour faire une meringue italienne, il faut un thermomètre de cuisine. Si vous avez omis d’en acheter un et que vous êtes déjà à cette étape, privilégiez une meringue française, en battant vos 4 blancs avec une pincée de sel et 100g de sucre glace environ.

Mais si vous avez l’instrument magique, dégainez-le et c’est parti!

Pesez vos blancs, ajoutez le double de leur poids en sucre, et la moitié en eau. Pour des blancs de 120g, pesez 240g de sucre semoule et 60g d’eau.

Mélangez le sucre et l’eau dans une casserole et placez-les sur un feu moyen. Près de vous, vos 4 blancs prêts à être sauvagement battus, et à qui vous avez ajouté une pincée de sel.

Commencez à mesurer votre mélange eau-sucre. La température idéale se situe entre 116 et 125°C. A 113°, commencez à battre vos blancs à grande vitesse. Dès qu’ils ont bien monté, ralentissez un peu la vitesse du batteur et versez votre sirop de sucre en éclaboussant au minimum les parois de votre bol.

Battez encore une minute et dès que vos blancs sont brillants et bien fermes, arrêtez tout.

Savourez le résultat… on les dévalerait tout schuss, le vent dans les cheveux, le soleil dans les yeux…

Retour au jaune (soleil) de notre tarte : attrapez la poche à douille/votre sac congélation percé au bout, remplissez la (le) de blancs d’oeufs et dessinez de jolies rosaces sur l’ensemble de votre tarte.

Vous pouvez aussi dessinez des coeurs.

Ou les nénuphars de Monet si vous êtes vraiment douée.

Vous pourrez déguster votre tarte telle quelle ou préalablement dorée quelques minutes sous le grill du four (surtout si vous devez la transportez, les blancs se tiendront mieux).

Alors, verdict ?

-Lexie Swing-

Faisant fi de l’âge

Grand-père et petite-fille./ Photo Dirty S.

Grand-père et petite-fille./ Photo Dirty S.

Bus 51 Ouest, direction Notre-Dame-de-Grâce (NDG). 50 minutes que je suis assise. Ca aurait dû faire 20, mais j’ai commencé par prendre le bus dans le mauvais sens.

Debouts à mes côtés, deux hommes. Un jeune et un vieux. Un just-twelve et un over-sixty. A un virage, le vieux tombe sur le jeune. Extrait.

– Pardon, sorry, je suis tombé à cause de l’autobus. (un silence) Tu comprends le francais? (ndla : à NDG, la majorité est anglophone).

– Oui, je parle les deux langues, répond fièrement le gamin. Le français et l’anglais!

– Mmmmh je sens une petite hésitation quand tu parles en français. D’où viens-tu?

– Je suis né ici… mais mes parents sont de Bulgarie. Avec maman, je parle français et bulgare. Avec papa, je parle anglais et bulgare.

– C’est où la Bulgarie?

– En Europe (le gamin cherche dans ses souvenirs de vacances). Vers la mer Noire. A côté de la Roumanie.

– Mes grands-parents étaient roumains, souligne le vieux.

– Alors on presque voisins! s’exclame le jeune, tout content.

(Le vieux doit sourire, je le sens dans mon dos)

-Lexie Swing-

Guenon… avec deux « u » ou un seul?

Ce matin, vers 8 heures, je me suis retrouvée à taper Guenon dans Google. J’ai tapé avec un « u » puis avec deux, et force est de constater que mon ami le moteur de recherche était aussi peu réveillé que moi puisque un « u » ou deux, ça lui allait, il voulait bien me donner l’info que je voulais, à savoir : « quelle est la conne de Française qui me fait honte à l’autre bout de la planète? »

Jeu de peau./ Photo Roberto Ferrari

Jeu de peau./ Photo Roberto Ferrari

Conne. Oui, là, je suis polie. Filez moi deux mules et une casquette de charretier et vous verrez comment j’étais polie, avant.

Il y avait deux infos françaises dans les journaux montréalais ce matin. La première, c’était sur l’expulsion de la famille Rom. La seconde, sur le FN qui portait plainte contre Christine Taubira. Là, déjà, ça vous pose une actualité.

A côté des mots FN et Taubira, il y avait bébé guenon, qui s’écrit donc avec un seul « u ».

Je ne vais pas vous raconter cette histoire que vous connaissez déjà. Sur ce montage photo, sur la réponse de Taubira, sur le renvoi de l’auteure du montage, ou sur la réplique du FN. Non, je vais vous dire ce que j’ai trouvé comme commentaires aux articles qui relataient les faits.

« Ce montage, c’est surtout méchant pour le bébé guenon. »

Voilà, aujourd’hui la France est tellement ancrée dans le mépris, la différence, la critique et le repli sur soi que la seule réponse qui vient aux esprits des mignons internautes bien au chaud le cul dans leur canapé, c’est de blaguer sur la guenon. Personne pour s’étonner, personne pour monter au front, personne pour dire combien c’est honteux, combien c’est petit.

Combien c’est raciste.

J’aimerais que ces internautes là, ces facétieux commentateurs, ces trous-du-cul bien lotis, prononcent juste une fois, juste pour voir, le mot nègre à voix haute, dans un métro bondé par exemple. Avec le sourire, avec les vannes qui vont bien, avec l’aplomb qu’ils ont, assis derrière leur laptop, en parfaits anonymes.

-Lexie Swing-

Forum : être un troll crédible

Chaque semaine, sur les forums, des trolls se font dénoncer. Vous savez, les trolls, ces gens qui s’inventent délibérément une vie au bénéfice de leurs amis virtuels. Le mensonge dure un jour souvent, parfois 5 ou 10 ans. Mais au bout du compte, un jour ou l’autre, à cause d’un mensonge mal maîtrisé, le masque tombe. Comment ne pas se faire repérer?

Ne s'invente pas une nouvelle identité qui veut./

Ne s’invente pas une nouvelle identité qui veut./

1) Le nom qui sonne juste. Marie Dupont c’est too much. Ça fait premier de la classe chez Google référencement. Pour troller en sécurité, on choisit un nom qui colle avec sa génération, une fille qui se coltinait douze homonymes par classe. Julie par exemple (je suis née dans les années 80, si vous m’avez devancée sur cette planète, vous pouvez tenter Sabine ou Sylvie).

2) Les photos d’enfants raccord. On peut faire des montages, mais on évite ceux d’enfants connus. Evitez les petits Pitt-Jolie, beaucoup trop exposés, ou la petite Giulia S., à moins d’avoir du temps à perdre au tribunal. Préférez des inconnus, de jolies photos Flikr libres de droit par exemple.

3) La connexion partielle. On ne passe pas sa vie sur le forum malheureux! Vous êtes censé avoir une vie en dehors du forum alors évitez la connexion perpétuelle. Choisissez vos moments : sieste présumée du petit dernier, insomnies de grossesse, café du matin en revenant de l’école… Postez régulièrement pour ne pas qu’on vous oublie, mais mettez quelques heures à répondre, pour bien montrer que vous étiez occupé ailleurs.

4) Les positions modérées. Outre les filles qui racontent des aventures extraordinairement douteuses, les moi-je-sais-tout et autre je-critique-donc-je-suis ont facilement tendance à se faire taxer de trolls. Pour passer entre les gouttes, adoptez une position modérée. Riez aux blagues, félicitez les jeunes mamans et surtout, soyez d’accord. Sur tout.

5) Une petite aventure vaut mieux qu’un grand voyage. Le mauvais troll se repère à ses histoires farfelues. Il part en voyage au fin fond du Cambodge mais trouve une connexion internet depuis sa pirogue. Il se dit Russe mais bloque au premier « Da » venu. Il photographie des impalas en Australie. Préférez de petits mensonges, un Château Margaux à la place d’un Côte-du-Rhône, un week-end à Rome plutôt qu’à Palavas-les-Flots, une job de pilote de ligne plutôt que de conducteur de train.

Bref, travaillez vos mensonges, renseignez-vous sur la faune des pays que vous évoquez, soyez incollable sur les coutumes, l’actualité, la société. Et n’oubliez jamais qu’un bon troll est un troll curieux.

-Lexie Swing-

Le cinquième des douze travaux : trouver une garderie

Prenez n’importe quel blogue ou message de forum et vous y lirez immanquablement la même rengaine : impossible de trouver une nounou à Montréal à moins d’avoir le portefeuille de Bill (Gates).

Je suis votre lueur d’espoir.

Car, lisez bien ceci : j’ai trouvé une garderie en un jour. A côté de chez moi. A 7 dollars la journée.

A long time ago./ Photo Biblioarchives Canada

A long time ago./ Photo Biblioarchives Canada

Bon, ce n’est pas un CPE (Centre de la petite enfance) mais comme Miss Swing toise à peine 70 cm, je craignais qu’elle ne se sente perdue au milieu d’une quarantaine d’enfants hurlant, courant, se jetant des jouets et de la poutine (ok ceci est totalement un cliché je plaide coupable, mais vu de la France ça fait exotique la Poutine comprenez-moi). Nous avons donc trouvé une garderie familiale subventionnée avec deux nounous et 9 enfants au maximum.

Comment je m’y suis prise…

Jeunes parents nouvellement immigrés, je vous tiens en haleine… Vous rêvez de vous débarrasser de votre progéniture pour aller courir le Mont-Royal n’est-ce pas?
Depuis la France, je me suis enregistrée sur le site Enfancefamille.org. J’ai rempli le dossier de Miss Swing et demandé des CPE et des garderies dans le quartier que l’on visait. Puis je me suis connectée sur le site Ma Garderie qui regroupe la plupart des offres de garde et j’ai fait une recherche par secteur.

Et puis je suis tombée sur une adresse, dans une rue de Notre-Dame-de-Grâce. Des photos sympathiques, des appréciations dithyrambiques, deux gardiennes, une place de libre et un chiffre qui m’apaisa : 7$ par jour. Je la contacte sans trop y croire, depuis la France. Et quelques heures plus tard j’ai sa réponse dans ma boite mail : je vous attends. Nous avons atterri un dimanche, et deux jours plus tard Miss Swing rencontrait ses nounous.

Elle a pleuré pendant une heure et j’ai du venir la chercher. Ça aurait été trop facile sinon.

Mais on est revenu, un peu plus à chaque fois. Et jour après jour, elle s’est habituée. En à peine une semaine, elle y passait la journée, sieste comprise.

Et puis est arrivé  le soir. Ce fameux soir où, lorsque j’ai voulu récupérer Miss Swing, elle m’a regardée longtemps… avant de se cacher dans le cou de la nounou. Adoptée, elle l’avait.

-Lexie Swing-

Faire-parts Facebook : ode à mes amis parents

Toutes les semaines environ, j’apprends par Facebook un bébé à venir, une naissance de plus. J’enregistre les prénoms, je note les dates d’anniversaire, je commente les bouilles rosies par l’effort, étourdies de fatigue. Au milieu des partages d’articles politiques, entre les photos de guerre, jouxtant presque les blagues salaces, des bébés s’épanouissent.

Facebook, c’est un peu mon carnet rose, mon incubateur de bonnes nouvelles et de petits pieds tout juste nés. C’est ma surprise du matin, quand j’ignorais qu’une amie était enceinte, qu’un copain allait être papa. Je me shoote à cette déferlante, à ce bonheur, à ces changements, à ces prénoms qui m’interpellent, à ces ressemblances que je ne devine jamais parce que je suis nulle à ce jeu là.

Le compte est bon./ Photo Lauren Nelson

Le compte est bon./ Photo Lauren Nelson

Facebook, c’est aussi mes clics frénétiques, quand j’attends qu’une copine accouche. Quand je la sais partie à la maternité pour le jour J, le grand évènement qui va changer sa vie. Je compte les heures, j’imagine les efforts. Je me rappelle. Combien d’heures pour un col complètement dilaté? Combien de minutes de poussées? Combien de milliers de secondes à savourer, à découvrir, à rencontrer, seuls?
Combien de temps avant que je connaisse le prénom? La taille, le poids, le nombre de cheveux, le bon compte d’orteils?

De près ou de loin, à chacun de vos bébés, je me réjouis. Je souris devant les enfants de mes amis du collège ou du lycée, applaudis à deux mains les nourrissons de mes proches. Je m’étonne, de ces vies qui changent, de ces copains de beuverie qui changent des couches à 4 heures du matin, de ces copines de nuits blanches qui passent désormais les leurs à caresser un front grand comme ma paume.

Je voulais vous dire : je suis fière de vous.

 

-Lexie Swing-

Pourquoi je ne fais jamais de psycho-tests

Sur les sites féminins, après psycho, sexo et vie de couple, il y a souvent la rubrique « Testez-vous ». Et en matière de tests, on ne fait pas toujours dans la dentelle : « Quelle mère Noël êtes-vous? », « Savez-vous profiter de votre dimanche soir? », « Le kitesurf est-il fait pour vous? ». Sans parler de l’inénarrable « Quelle est votre part d’homosexualité? », le genre de trucs sur lequel tu ne cliques pas puisque, lorsque tu es homosexuel, tu n’as pas attendu le test pour le savoir, et lorsque tu es hétérosexuel, tu ne cliques SURTOUT PAS, on sait jamais si ça te révélait un truc!

Hésitation./ Photo Paul Papadimitriou

Hésitation./ Photo Paul Papadimitriou

Alors, vous je ne sais pas (et j’aimerais bien savoir), mais moi je ne fais jamais ces tests parce que :

– Que ce soit mes parents, mon chum, belle-maman, ma fille ou le chien, personne ne rentre jamais dans ces foutus choix multiples. Quand on me demande « que faîtes-vous pour punir votre enfant lorsqu’il a fait une bêtise? » et qu’on me propose 1) Vous le mettez au coin, 2) Vous le privez de dessert, 3) Vous ne faîtes rien, j’hésite… je priverais bien Miss Swing de ses gâteaux Baby Mum Mum chaque fois qu’elle fracasse ses cubes en bois sur le parquet mais comment dire… elle s’en fout, pour elle le lait ou le baby Mum Mum, c’est pareil, sauf que le deuxième s’écrase mieux sur le tissu du canapé. Donc je ne fais rien, et le test me répond: « Vous êtes une mère laxiste ».

– Quand j’arrive à la 29e question, le site bugue. Vous pouvez en être sûr. Jamais je ne parviens à atteindre la dernière et ultime question, celle qui va me permettre de savoir qui je suis vraiment. Non, le site bugue et je dois tout recommencer. Tout depuis le début. Et comme ça m’a déjà pris une demi heure sur ma pause lunch je laisse tomber. Je saurais « quelle star (me) ressemble » une autre fois.

– Justement, quand je veux savoir quelle star me ressemble, je suis appâtée par Angélina et autre Kate (Moss ou Winslet). Alors je clique, je dis oui aux baleines, non aux fourrures, non à la faim (et pas fin) dans le monde, oui aux films d’auteur, et là le test me révèle qui je suis vraiment. Attention. Tadam. Je suis…. Isabelle Huppert. Genre le site a mis une seule Française dans les résultats, pour faire patriote et c’est tombé sur moi. Et puis ils m’auraient pas mis Marion Cotillard. Alors je me dis que Lexie Swing, c’est bien aussi, je vais me proposer pour le prochain test.

– Le résumé est toujours chiant comme la pluie. Tu réponds à des questions drôles, joliment tournées, et on te sort un résultat pseudo psychologique, qui t’explique en trois lignes pourquoi tu es une timide pathologique (mais pas trop – le test atténue toujours la dure réalité) avec le jargon qui va bien.

– Je connais déjà la réponse. Les sites de tests ne proposent pas une psychanalyse complète (enfin si, mais moyennant la modique somme de 1000 euros éventuellement), seulement des analyses superficielles. Je sais déjà que je vois le verre à moitié plein, que j’ai la fibre consumériste, que je préfère les romans aux livres historiques et que je crois en l’amitié homme-femme. Je n’ai pas eu besoin de dix questions à choix multiples pour le savoir. Je n’ai qu’à me regarder dans la glace.

Et vous, accro aux psycho-tests ou non?

-Lexie Swing-

Promenons-nous dans les champs

Se promener dans les champs de blé en décembre sur la place des Festivals de Montréal… L’idée est romantique, la vision assez fantastique. Le concours Luminothérapie a désigné Kanva et son projet « Entre les rangs » comme gagnant. La firme multidisciplinaire a ainsi imaginé 28 000 tiges souples coiffées de réflecteurs qui oscilleront au passage des promeneurs et au gré du vent.

Un champ de lumières donc, en plein Montréal, et un peu de magie au coeur de l’hiver…

La campagne dans la ville./ Photo Kanva

La campagne dans la ville./ Photo Kanva

-Lexie Swing-