Faux-semblants

Le terme se veut critique, s’entend même péjoratif parfois, au bord de la dissimulation. Moi j’aime les faux-semblants, dans le sens premier du terme. Ces choses qui sont autre chose. Ces personnes qui ne sont pas ce qu’elles semblent être. J’aime le mystère et les surprises.

Homme ou gorille?/ Photo Juanedc

Homme ou gorille?/ Photo Juanedc

La première surprise que j’ai eue en arrivant venait de ce couple, rencontré dans une journée d’intégration. Il en impose, il parle beaucoup, surtout avec les mains. Il est technicien, il espère trouver rapidement du boulot, ça recrute ici on lui a dit. Il a deux enfants. Et une femme. Elle se trouve près de lui, assise bien droite, souriante. Effacée. Dans son ombre, elle tire son foulard jusqu’à l’orée de sa chevelure sombre. Puis c’est son tour de parler, et d’une voix tranquille elle dit son nom, celui de ses enfants. Et puis elle ajoute : “Je suis architecte, c’est moi qui subvenait au besoin de notre famille”. Voilà. Comme ça. Elle est discrète, voilée, architecte et chef de famille.

La seconde surprise est venue d’une interview. Arpentant le site internet pour lequel je travaille, je tombe sur une entrevue réalisée par une de mes anciennes collègues. Son interlocutrice : une immigrée d’origine bulgare travaillant comme secrétaire chez Emploi-Québec. Elle était titulaire d’un DEP en secrétariat canadien. Mais aussi d’une maîtrise en droit bulgare et de plusieurs années d’expérience comme avocate. On peut donc être les deux : avocate et secrétaire. Et aimer cette nouvelle vie.

La troisième surprise, je l’ai eue hier. J’avais demandé à l’une des nounous de Miss Swing, d’origine roumaine, si elle avait toujours été garde d’enfants. Elle m’a dit que non. Juste non. Sans un mot de plus mais avec les yeux brusquement voilés et une moue qui ajoutait au mystère. Je me suis imaginée une vie un peu rock’n’roll, une vie de baroudeuse sans le sou, sa fille vissée à la hanche. Hier, quand je lui ai dit que j’avais trouvé un travail “dans ma branche”, elle m’a répondu “tu as de la chance, j’aurais aimé aussi…” La question me brûlait les lèvres, alors je la lui ai posée : “Tu faisais quoi?”

“Génie”, elle m’a dit. J’ai pensé à la lampe et j’étais déjà en train de compter mes voeux quand elle a ajouté “enfin ingénieur je veux dire, ingénieur en urbanisme”. C’était mieux que génie. Enfin que celui de la lampe je veux dire. C’était classe, c’était fou, c’était un peu triste aussi. C’était triste parce qu’elle aurait aimé continuer à être ce génie là. Mais il fallait repasser des diplômes, obtenir des équivalences. Il fallait aussi subvenir à ses besoins et à ceux de sa fille, qui du haut de ses 18 ans est un peu trop grande pour être transportée sur une hanche. Mais pas assez pour voler sans appui. C’était triste parce qu’elle avait du changer de voie, et que ce n’était pas un choix.

Après, elle a saisi Miss Swing et me l’a collée dans les bras en clamant: “C’est une poupée, je l’adore!” Et comme elle lui faisait coucou dix fois en partant, je me suis dit que garde d’enfants, ce n’était pas ce qu’elle voulait être, mais elle le faisait drôlement bien quand même.

-Lexie Swing-

Le coup de trop

Tu sanglotes à la barre. Tu sanglotes et je vois quelques jurés qui étreignent leur mouchoir.

“Racontez-nous, mademoiselle, racontez-nous cette tragique soirée et n’omettez aucun détail”, te presse la juge. Ton regard croise le mien. Un instant, tu sembles perdue et puis la détermination reprend le dessus.

“Le coup est parti tout seul”, affirmes-tu. “Il se tenait là, devant moi, il me disait qu’il était désolé. Il répétait sans arrêt qu’il était désolé.” J’étais désolé, figure-toi.

Et tu reprends, sûre de toi. “Il m’a parlé de cette autre femme, de cette femme blonde. Il m’a dit qu’il l’avait vue, hier. Il l’avait vu, chez nous.” Et, après un silence: “J’ai paniqué vous comprenez?” Les femmes du jury baissent les yeux avec assentiment. Les femmes du public étouffent un soupir de connivence. Madame le juge, elle-même, ne peut s’empêcher d’esquisser un sourire.

“Alors vous avez tiré?”

C’est vraiment une question? Elle veut que je me mette à poil? Que je lui montre le trou dans les côtes? La balle à quelques centimètres du coeur?

Tu hoches la tête. Dans ta voix, les sanglots s’avachissent sur les mots. On n’entend rien de plus que tes reniflements bruyants. Et puis tu lâches un “oui”. Du bout des lèvres d’abord. Et puis le “i” s’éternise, dans une longue plainte. La plainte de la femme apeurée.

“Je ne voulais pas, je ne voulais pas!” Tu hoquettes à présent. “Le coup est parti tout seul”, tu répètes. Tu me dévisages, encore. Ton regard soutient le mien et tes yeux candides dissimulent la noirceur de ton âme.

Tu ne voulais pas mais tes yeux disaient le contraire. Tes yeux me crachaient au visage nos années à vivre côte à côte sans jamais se regarder en face. Tes yeux me menaçaient de partir, loin de moi. Tes yeux me prévenaient : “Un mot de plus et cette balle est pour toi”. J’ai voulu parler d’elle. Et tu as tiré.

La juge te fera un signe de tête, compatissante. Le procureur requerra plusieurs années de prison, sans trop y croire. Les jurés amoindriront ta peine, à quelques mois.

Ils ne creuseront pas plus profond, à l’orée de tes yeux vert d’eau.

Ils croiront la femme blonde, qui se dira mon amante alors qu’elle était la tienne.

Ils n’interrogeront pas ta mère, dont le regard est resté sec de désillusion.

Ils rangeront ma photo et mon sourire interrogateur.

Et je ne serai jamais en paix, du fond de ma dernière demeure.

-Lexie Swing-

74 mots/minute

Clavier d'antan./ Photo Renaud Camus

Clavier d’antan./ Photo Renaud Camus

74 mots/minute, c’est le score maximum que j’ai réalisé après trois essais. Pour les secrétaires que j’interviewe au quotidien, avoir une prise de note rapide est un gage d’excellence, une mention en bonne place sur leur curriculum vitae.

La clé du succès (du mien en tout cas) : être capable de taper sans regarder ses doigts. Le petit truc qui change tout (et que je n’ai pas) : savoir utiliser au moins 8 des 10 doigts.

Voici le site que j’ai utilisé… on se fait une compet’?????

A vos claviers!

-Lexie Swing-

Abonnée à la 4ème place

Je vous parlais il y a quelques semaines d’un concours de nouvelles. J’ai omis de vous dire que j’ai fait partie, ensuite, des 7 finalistes désignés par la rédaction d’Aufeminin.com (avec les sélections par les votes des électeurs Facebook, nous étions donc 14). Hier a eu lieu la remise des prix, à laquelle je n’étais pas puisque je n’ai pas gagné.

En même temps, ce n’est pas un mal, j’aurais été bien en peine d’y être dans tous les cas.

Peut être qu’ils auraient mis un écran et qu’ils m’auraient skyper à travers l’Atlantique.

Ou que mes parents auraient pris le train cet après-midi pour Paris.

Mais bon, je n’ai pas eu besoin d’y réfléchir puisque je ne fais pas partie des trois gagnantes. (Aparté : allez lire la première nouvelle, je l’avais désignée comme étant la meilleure à mes yeux et j’ai eu du flair, elle est juste parfaite).

C’est d’ailleurs une habitude. Et puisque là où vous vous dites tous “ooooh” en me prenant en pitié, je vous arrête. Je participe à des concours de nouvelles depuis l’adolescence et je n’ai jamais gagné (oooh). Par contre je fais toujours partie des finalistes. Toujours. Il y a eu parfois 30 sélectionnés, parfois 10, parfois 5. Sur 300, 400, voire plus de candidats. Et je fais toujours partie de la sélection. Si j’étais dans Top Chef, je gagnerais les épreuves du public mais jamais celles des chefs.

Il y a quelques années encore, ça m’affectait beaucoup. J’annonçais, ravie, ma pré-sélection, avant de devoir affronter le cuisant échec quelques semaines plus tard. Au début, on vous dit “C’est pas grave, tu débutes”, mais au bout de trois ou quatre expériences du genre, vos proches gardent le silence. D’autant qu’ils apprécient, eux, vos histoires et votre plume.

Je suis abonnée à la 4ème place (ou à la 5e, 6e, 7e…), elle n’est pas très confortable mais j’ai fini par l’arranger. Je suis adossée au podium, assise contre la marche la plus haute. J’y ai installé un petit coussin en tissu liberty, un gros mug de café chaud, mes livres préférés et mon Macbook pour tout noter. C’est de cette place que je tape mon roman, le premier. Il n’aura pas de jury à convaincre, juste un ou deux éditeurs et surtout des tas, des tas de lecteurs.

A tous ceux qui, comme moi, ont pris un abonnement près du sol, félicitations! Choyez cette place si près des étoiles, et n’oubliez pas que si trois personnes vous narguent, des centaines d’autres vous envient.

-Lexie Swing-

PS Merci à la talentueuse Ginie (dont j’envie les milliers de followers, faut qu’elle me donne son secret), également finaliste et qui vient de me dire « On se disait justement avec Chut! Maman bavarde que c’est toi qui aurait du être 3e ».

Fringues de mômes : comment je dépense deux fois plus que les autres

Avant d’avoir un enfant, j’ai soutiré toute l’information possible à D., A. et à la bande de copines qui s’étaient reproduites avant moi. J’ai appris comment changer une couche, comment tenir la tête d’un nouveau-né, quelles étaient les bonnes poussettes, quel lait infantile valait le coup… Ce qu’on ne m’a pas appris, en revanche, c’est à ne pas acheter n’importe quelle fringue un peu jolie. Ni à éviter les petits-boutons-qui-glissent-entre-les-doigts-tandis-que-bébé-se-tortille. Ou à privilégier les manches larges pour pouvoir attraper la mimine du tout-petit sans retrousser celle du body en dessous.

Du coup je passe mon temps à acheter des chaussures qui ne sont jamais adaptées et des pulls que Miss Swing ne met jamais. Pour ne pas reproduire mes erreurs, je suis immensément généreuse, je vous raconte les miennes. Petite liste non exhaustive…

Mon conseil spécial nouveau-né: les chaussons-chaussettes./ Photo DR Lexie Swing

Mon conseil spécial nouveau-né: les chaussons-chaussettes./ Photo DR Lexie Swing

– Les bodys à enfiler par la tête pour les 6 mois et moins. Un nouveau-né, c’est mou, ça ne tient pas assis et ça déteste qu’on le manipule. Alors tenter de lui enfiler un body par la tête, c’est prendre le risque de recevoir quelques décibels dans le cornet. Préférez les bodys croisés, avec pressions partout (oubliez le petit lien mignon, ça se défait à tous les coups) et savourez votre paix intérieure.

– Les vestes en laine avec boutons mignons. La veste en laine en tant que telle est une riche idée. La maille, c’est souple, ça s’étire et c’est enveloppant. Mais, à moins d’avoir des doigts de fée et une patience d’ange, ne tentez pas le coup des boutons en forme de castor ou de chatons jolis. L’encoche n’a pas la bonne forme, vous poussez, vous tirez, vous vous essoufflez, et quand vous êtes enfin parvenus à saucissonner bébé dans la veste, les boutons lâchent! Choisissez de gros boutons faciles à manipuler et sympathiques à téter (bébé tête toujours le bouton du haut, c’est psychologique, à croire que c’est un spécial goût caramel).

– Les bottines molles. Passés 4 mois, les petits pieds s’agitent un peu, beaucoup, du moins suffisamment pour enlever en quelques secondes ce que vous avez mis plusieurs minutes à enfiler (bébé s’échine à faire des pointes pendant que vous tentez d’enfiler la bottine). La bonne idée c’est le scratch au niveau de la cheville et les pieds nus l’été (les podologues le conseillent et ça ne mange pas de pain niveau gain de temps).

– Le manteau tout raide. Je suis presque sûre que toute maman de fille a un manteau tout raide. Vous savez ces jolis manteaux qui font presque manteaux de grands, avec col claudine et petites poches. Quand je l’enfile à Miss Swing, on dirait un culbuto. Elle tend les bras de chaque côté, complètement engoncée dans ce truc immettable. N’ayons pas peur des mots: acheter un manteau tout raide à un enfant qui ne tient pas debout et se roule sur la table à langer quand vous lui enfilez les bras est une idée à la con. Vraiment. A la con. Ce qu’on aime, nous, parents pressés, c’est le manteau souple. Et imperméable. Un truc en matière doudoune, doublé polaire, suffisamment large pour mettre des pulls dessous et, très important, avec des trous assez grands aux manches pour que vous puissiez passer vos mains à la recherche de l’ensemble manche de pull/ main/ pouce compris, de bébé.

– Les bonnets en laine tout ronds. Le bonnet en laine ça gratte et quand il est rond il ne tient pas. Préférez-lui sa version doublé polaire avec oreilles couvrantes, voire écharpe intégrée pour éviter de la perdre en route. Si vous aimez le look intégral, tentez directement la cagoule. Moche, mais efficace.

– Les jolis vêtements (Catimini, Souris Mini, Ikks et tutti quanti) pour la garderie. Il y a deux bacs d’habits dans votre armoire, le « spécial garderie » et le « pour week-ends, action de grâce, Noël et grandes vacances ». Vous mettez Cati et ses copines dans le deuxième, bien fermé, et vous balancez tous vos vieux trucs dans le premier. Tous les cadeaux moches, les fringues prêtées, les lots par trois, l’usagé, le bon marché… Vous secouez bien et vous en sortez la tenue parfaite pour l’automne à la garderie: bonnet cache-oreille fin et ajusté, blouson chaud et souple de couleur sombre, sweat et jean renforcé aux genoux. Le bonnet a disparu? Pas grave, vous en avez un autre, le même, ni vu ni connu. Vous avez peur que votre nounou, et ses copines de parc, trouve que vous habillez vos enfants avec de vieilles sapes? Prévenez dès le premier jour que vous lui avez mis « des habits qui ne craignent pas » et appréciez son sourire. Ne culpabilisez pas, si elle est comme la gardienne de Mlle Swing, elle lui change son joli gilet et son bonnet Catimini contre un pull étiranché et une tuque qui a fait la guerre dès que vous avez le dos tourné. Et ce qui est chouette, c’est qu’elle vous la rend, habillée de propre, sans traces de purée ou de vomi suspectes, et vous n’avez plus qu’à récupérer votre merveille richement vêtue. Et à tenter de lui enfiler le manteau mignon tout raide pour lequel vous venez de vous ruiner.

-Lexie Swing-

A ces personnes…

A ces personnes qui m’ont tendu la main, juste comme ça, et pour des petits riens. Pour une pièce ramassée, pour une porte grande ouverte, pour un sac soulevé dans le métro bondé. Pour une nouvelle relue, un article corrigé et des conseils sensés. Pour un canapé offert une nuit de tourmente, pour un café épongé et, avec le sourire, remplacé. Pour un petit cadeau supplémentaire dans un colis, quelques mots griffonnés juste pour être gentil.

C'est le 100e, on est sur les rails./ Photo Antonin Remond

C’est le 100e post, on est sur les rails./ Photo Antonin Remond

Pour cette fille qui, voyant mon désarroi, fit la police et une place me dégagea. Pour son « les enfants on se tasse, on laisse passer la dame », même si ça faisait pas 50 ans, la somme de nos deux âmes. Pour ce refuge, au milieu du bus bondé, auquel, grâce à elle, nous avons accédé.

A ces personnes qui donnent sans arrières pensées. Qui distribuent sourires et coups de mains, sans jamais les compter. Un grand, très grand merci. Vous faîtes de mon quotidien un chemin juste un peu plus facile.

-Lexie Swing-

PS C’était le centième!!!

Possible interdiction des concours de mini-miss en France

Jeudi. 8h04 heure locale (comment ça j’étais en retard?), je tourne une nouvelle page de mon journal tout en faisant un pas de côté pour esquiver le rétroviseur du bus qui tente de me mettre une baffe. Je vais trébucher lorsque j’aperçois un article titré (en substance) : « France: les concours de mini-miss interdits« .

Wow.

Aux USA, les mini-miss ont leur propre télé réalité./ Photo Szapucki

Aux USA, les mini-miss ont leur propre télé réalité./ Photo Szapucki

Je pense à toutes ces princesses qui vont devoir replier leur jupon et ranger leurs couronnes. Je songe à toutes ces Belle au bois dormant qui vont devenir un peu plus Rebelle. Je me rappelle ce procès civil à Auch, lorsque la mairie, recevant les foudres du Planning familial local, avait refusé de prêter sa salle municipal à un concours de mini-miss. Je me dis « on est capable finalement ».

Capable de conjurer les mauvais sorts, de se battre pour des causes évidentes, de faire un pied de nez aux coutumes américaines qui s’abattent sur nous comme une chape de plomb dont on peine à se défaire.

Au Sénat – et avec tout mon respect – j’ai envie de dire… Bien joué les gars!

-Lexie Swing-

Parle à mon dos

Les gens parlent à mon dos. Toute la journée, je les vois qui gigotent, rigolent bêtement, s’adonnent à des mimiques compliquées et à des « bababa » pleins d’éloquence. Quelqu’un qui m’ignorait superbement se met tout à coup à me sourire et à bêtifier, mais quand je croise son regard j’aperçois que celui-ci se perd par-delà mon épaule.

Moi, je ne les regarde pas. Je baisse la tête en souriant. Je m’abîme dans mes pensées. Je les laisse parler à mon dos. Je leur laisse un peu de ce plaisir, un peu de ces jolis moments, un peu de ses sourires.

Et puis je sors du bus et dans la vitre qui se referme j’aperçois des petits pieds qui se balancent contre mes hanches et une mèche de cheveux rebelle qui brave le vent d’automne. Et mon dos qui roucoule.

"Y'a quelqu'un qui te suit"./ Photo Eric Kilby

« Y’a quelqu’un qui te suit »./ Photo Eric Kilby

-Lexie Swing-

PS Ce soir, le chauffeur m’a gratifiée d’un « Tu sais que quelqu’un te suit? »

;-)

Le quatrième des douze travaux : trouver un appartement (avec gros chien accepté)

Les chiens… la terreur des propriétaires montréalais. Sitôt la bête annoncée, les voilà secouant vigoureusement la tête d’un air navré. « Non, non, non, ce n’est pas possible. J’ai rien contre les chiens mais (rayez la mention inutile) ils salissent/ils jappent/ ils pissent sur mes plantes/ ils font du bruit sur le parquet ».

C’est plein d’espoir que nous avons sélectionné les annonces de Kijiji avec « chiens acceptés ». Je suis presque convaincue aujourd’hui que la case « animaux acceptés » cache en réalité « taudis à refourguer ». Parce que des taudis on en a vu quelques uns. Comme si, vu l’état, les propriétaires se disaient « pourquoi pas, on point où j’en suis » pour le chien. Les poils nourriront les cafards.

Quartier résidentiel pour vie péri-urbaine./ Photo DR Lexie Swing

Quartier résidentiel pour vie péri-urbaine./ Photo DR Lexie Swing

Je vais vous révéler un truc, un secret suffisamment bien gardé pour qu’il nous ait fallu mettre les pieds dans ce quartier pour découvrir que les chiens y étaient rois. Monkland (du nom de l’avenue qui traverse le quartier) adore les chiens. Et pas que les petits tou’ qui aboient dès qu’un écureuil les regarde de travers. Non, les GROS chiens. Gros comme un golden retriever en pleine force de l’âge. Gros comme le dogue allemand qui a pris ses quartiers sur le balcon voisin. Gros comme le couple de lévriers irlandais croisé au détour d’une ruelle. Monkland aime les chiens, et contrairement au reste de la cité québécoise, on en voit partout : dans les parcs, à la sortie de l’école, aux terrasses des cafés, en train de boire devant l’un des nombreux magasins de la rue qui mettent à leur disposition des gamelles d’eau.

Pour trouver un chouette appartement : à vous les petites annonces de Kijiji, Craiglist et des journaux. Demandez à vos connaissances et surtout, parcourez les quartiers. Une fois que vous aurez trouvé celui où vous rêvez de vous installer, sélectionnez le quartier sur les sites de recherche d’appartement. C’est ainsi qu’en une heure nous avons trouvé la perle, alors que nous errions depuis quatre jours, à visiter des appartements sans grande conviction, perplexes devant les quartiers où nous débarquions.

A vous qui cherchez encore: bon courage! Vous serez bientôt au chaud, chez vous.

-Lexie Swing-