Le concept dit « de la nuit de merde »

Asleep? It will not last!/ Photo Amanda Tipton

Asleep? It will not last!/ Photo Amanda Tipton

Une nuit de merde est un incontournable pour tout parent qui se respecte. Un enfant, deux enfants, trois enfants… Il n’y a pas de règles mais plus on est nombreux, mieux on joue. Prenez deux parents. Deux parents contents de leur repos dominical mais fatigués d’avoir passer le week-end à ranger et occuper les marmots en goguette levés dès potron-minet. Prenez également un enfant, voire deux ou trois. Plus on en a, plus la partie est divertissante.

La nuit tombe. Piochez une carte. Minuit 13, cris stridents. Le parent, après deux machines à étendre et le lave-vaisselle à remplir est tombé assoupi dans son lit. Il bondit. Se prend les pieds dans la pile de bouquins qu’il projette de lire depuis 3 ans (laps de temps qui correspond étonnement à l’âge de son premier enfant). Se cogne le genou, côté creux, sous la bosse. Étouffe un cri. Part en claudiquant dans la chambre du cadet. C’est un bébé? Empochez 20 000 dollars et rejouez. Le parent atteint le berceau. Le bébé a réussi à regober seul sa sucette à la faveur d’une contorsion du corps impliquant une figure qui démembrerait n’importe quel adulte et il dort. Paisiblement. Le parent ne dort plus, lui. Mais c’est pour mieux le préparer à la nuit qui l’attend.

Piochez une nouvelle carte. Le parent s’est recouché après avoir jeté un oeil à l’heure sur son cellulaire. Il est minuit 19 lorsqu’il ferme l’oeil. Minuit 21, le bébé hurle. Il a perdu sa sucette. Le parent sacre. Il pousse du coude l’autre parent. Celui-ci fait le mort. Pas dupe et peu désireux de quitter la couette chaude, le premier parent assène un coup de genou dans la fesse gauche de son partenaire, qui bondit du lit, et se cogne contre la table de nuit. Etouffant un juron, le second parent part en claudiquant éteindre le feu de forêt d’hystérie qui monte de la chambre voisine. La sucette, c’est la vie. C’est donc en mobilisant l’ensemble de son énergie vitale et en produisant un son supérieur à celui d’une rave-party en pleine Lozère que le bébé réclame sa dope. 45 minutes et quelques pleurs – parentaux – plus tard, le second parent se recouche. 45 minutes, c’est le jackpot. Empochez 100 000 et relancez les dés.

Piochez une nouvelle carte. Il est 2h30. Vos deux protagonistes adultes dorment depuis au moins une heure trente à eux deux. Le-mot-que-vous-ne-voulez-surtout-pas-entendre-à-deux-heures-du-matin s’impose dans le silence de la maison endormie. Pipi. PIpi signifie que le pipi est à faire. PIPI que le pipi est à faire TOUT DE SUITE et qu’il vaut mieux bondir tel un cabri du lit parental pour empoigner l’enfant et le coller la fesse nue sur les toilettes. Pipiiiiiiiiiii, version lamentation, signifie en revanche que le pipi est fait. Avec tout ce que la richesse du jeu et l’imagination enfantine peut apporter à cette bonne main : peluches imbibées, pipi traversant sur trois couches atteignant la mousse du matelas, enfant qui ne se réveille que deux heures après histoire de laisser l’odeur s’installer et les draps moisir… La carte Pipiiiiiiiiiii est une excellente carte car elle implique plusieurs protagonistes : le parent 1, responsable des draps; le parent 2, responsable de doucher l’enfant; l’enfant aîné, occupé à geindre. Si vous avez de la chance, ses geignements peuvent même réveiller l’enfant cadet. La chance n’est pas avec vous et le cadet reste sourd aux bruits, plongé dans un sommeil bienheureux ? Patience, votre tour viendra! Empochez la coquette somme de 30 000 (10 000 par protagoniste, ne vous sous-évaluez pas si le cadet s’est aussi réveillé) et rejouez.

Piochez une nouvelle carte. Les parents sont dans leur lit. L’enfant propre dont le lit est mis hors d’état de nuire a rejoint le couchage parental, allongé en étoile entre ses parents qu’il laboure de coups de pied tout en écrasant son pouce mouillé sur leur visage en égrénant « Grand front, petits yeux, nez de cancan… » fier d’avoir retenu la jolie comptine apprise de ses parents. La machine à laver ronronne, menaçant d’endormir toute la sainte famille. Pas de panique, vous avez pioché un joker, mention « la machine à laver en train d’essorer se met à ruer dans un bruit infernal réveillant morts et voisins ». Vous abattez le joker et le bébé sirène, promptement tiré de ses précieux rêves de lait et couches propres, se met à hululer, façon voiture en mode «panic». Parent 1 menace de se pendre. Parent 2 hurle sur la maisonnée. Enfant 1 fait des sauts périlleux sur le lit parental. Enfant 2 improvise une sérénade en mi-majeur façon queue de chat coincée dans la porte. L’ensemble des protagonistes est réveillé. Vous avez gagné la partie.

-Lexie Swing- (qui va se refaire un café)

Pâques, tradition familiale et chocolat

Il y a autant de façons de fêter Pâques que de familles dans mon entourage. Il y a ceux qui offrent des vêtements, ceux qui offrent des jouets, ceux qui cachent des chocolats, ceux qui offrent du chocolat moyen avec une belle surprise dedans, ceux qui optent pour le gros oeuf Kinder et le finissent en cachette, ceux qui se tournent vers le chocolatier, ceux qui font un peu de tout ça…. et ceux qui ne font rien, par conviction religieuse, par non-conformisme ou par volonté de ne pas céder à une tendance qu’ils jugent consumériste.

La gamme 2016 de la pâtisserie Rolland./ Photo Rolland

La gamme 2016 de Christophe Morel proposé par la pâtisserie Rolland./ Photo Rolland

Dans ma famille, mes parents (ma mère) ont opté pour le chocolatier. Pour ce jour spécial, ma mère se rendait chez un bon professionnel et choisissait deux animaux (parce que nous sommes deux, CQFD) de taille moyenne, à la bouille d’ange et au chocolat au lait (parce que c’est ce que mon frère et moi on préférait). Il y a certainement eu des chocolats planqués dans le jardin, des petits oeufs dans un bol à disposition sur la table et un repas traditionnel en famille de temps en temps, mais le moment marquant, pour moi, c’est lorsqu’elle ramenait nos précieux de cellophane vêtus. Je ne me souviens pas avoir cru aux cloches ou au lapin, mais en la capacité de ma mère à ramener des bestioles extraordinaires, oui.

Les lapins de Christophe Morel./ Photo CM

Les lapins de Christophe Morel./ Photo CM

Souvent, lorsqu’on créé soi-même une famille, chacun distille ses traditions familiales et s’amuse de celle de l’autre. Quoi, vous ouvriez les cadeaux le 24 ? Quoi, un Noël sans les grands-parents ? Et puis c’est quoi cette sombre histoire de sou pour faire sauter la première crêpe à la Chandeleur ? Lorsque ce fut notre tour de créer Pâques, nous avons trouvé que le joli chocolat du chocolatier était une bonne idée. Je le voulais petit et mignon. Et anti-conformiste. Parce que oui, chez moi, les animaux étranges avaient le dessus sur les poulettes, lapins, oeufs et friture que l’on retrouve souvent à Pâques. J’ai envoyé Mr Swing. Il a ramené une poule. Pas une fille non. Une poulette au chocolat au lait. Une poulette adorable. J’ai décidé que je l’aimais. Les deux. La poule et l’amoureux. Même si l’an prochain, côté chocolat, je prendrais autre chose. Une abeille par exemple. Ou une grenouille. Ou un chien. On a trouvé notre bonheur chez l’incroyable Christophe Morel mais ils sont beaucoup à faire des chocolats originaux, tels Chocolat Andrée, Juliette et chocolat, Le comptoir chocolat…

Les moutons de Juliette et Chocolat./ Photo Juliette et Chocolat

Les moutons de Juliette et Chocolat./ Photo Juliette et Chocolat

Comme je connais le pouvoir d’attraction du chocolat Kinder, j’ai quand même opté pour une chasse aux oeufs dans le jardin. Ce sera moins facile de les chercher, avec les moufles, mais tsé… c’est ça d’implanter sa tradition pascale au Québec!

Alors, comment fête-t-on Noël chez vous ?

 

-Lexie Swing- (qui a déjà mangé la moitié des oeufs Kinder)

 

La lampe à histoires de Moulin Roty

La lampe à histoires Cirque de Moulin Roty./ Photo DR Lexie Swing

La lampe à histoires Cirque de Moulin Roty./ Photo DR Lexie Swing

C’est notre petit rituel du soir, en ce moment. On éteint, on se couche côte-à-côte sous les draps et de son petit doigt menu, elle enclenche le bouton magique. Derrière l’ampoule de la lampe de poche, une petite roue pleine d’images qu’elle tourne doucement. Sur le plafond, dans l’angle à gauche (elle ne vise pas encore très bien) des images drôles et colorées : la locomotive, un lion dans sa cage, un singe avec un chapeau, Monsieur Loyal, un éléphant jovial, etc. Cette baguette magique, c’est la lampe à histoires de Moulin Roty, magasinée à l’occasion de son anniversaire, le mois dernier. Nous avons choisi le thème cirque, avec trois petits disques inclus, mais d’autres existent : le Jardin du Moulin, Mademoiselle et Rimbambelle, les Jolis pas beaux… Si, au départ, je m’évertuais à raconter une histoire nourrie et passionnante selon moi, le visionnage quotidien a désormais laissé la place à des phrases comme « Oh, as-tu vu le chien avec un manteau?» ou « Et ça, c’est quoi comme animal ? ». Le côté lampe de poche permet également de jouer aux jeux d’ombres chinoises, un classique de nos enfances…

Le petit aspect négatif, c’est l’absence de recharges, si je puis dire : impossible d’acheter d’autres disques sans racheter une lampe, et disons qu’au bout d’un mois, on a plus que fait le tour des animaux du cirque.

Par ailleurs je m’étais enquis des avis et j’avais pu constater que certaines personnes éprouvaient un souci de netteté des images. À noter donc qu’il faut tourner la lentille pour régler l’image. Oui, fou n’est-ce pas ? Ah, ces maudits articles défectueux et ces deux mains gauches qui refusent d’obtempérer…

12,99 euros chez Oxybul, en France. Et chez Bagnoles et bobinettes, à Montréal. Elle est également disponible en ligne sur le site US de Bonjourpetit.com.

-Lexie Swing-

PS Ne mets pas la lumière dans tes yeux. Non pas dans tes yeux. Qu’est-ce que je viens de dire ? Noooon pas dans les yeux de ta soeur non plus. Tempête, lâche cette lampe tout de suite tu vas blesser quelqu’un.

PPS Côté ombre chinoise, je fais super bien le lama.

Le calendrier Oxybul

Le calendrier Oxybul./ Photo DR Lexie Swing

Le calendrier Oxybul./ Photo DR Lexie Swing

Les articles se font rares, rapport au fait que j’ai repris le travail depuis peu. Une nouvelle routine qui demande quelques ajustements…

Il y a peu nous fêtions les trois ans de Miss Swing. À cette occasion, elle a reçu moult cadeaux (bien trop pour nos valises). Parmi eux, un calendrier Oxybul, qui avait fait l’objet d’une demande expresse et que j’attendais de pied ferme pour pouvoir enfin lui expliquer quel jour nous étions et qui serait l’éducatrice de la garderie ce jour-là.

– On est quel jour ?

– Mardi.

– C’est C. le mardi ?

– Non, c’est L.

– Je pense pas non.

– Si si je te jure.

– Mais L. c’est demain.

– C’est quoi pour toi demain?

– C’est quand c’est Papa qui vient me chercher.

– Ah non ça c’est le vendredi…

Vous voyez le truc… Rapport au temps, date, passé composé, c’est un peu du pédalage dans la semoule de couscous à trois ans… On a donc été heureux de pouvoir accrocher dans sa chambre notre nouveau calendrier en tissu Oxybul. Velcros résistants, petites pièces faciles à agripper, dessins mignons, ce calendrier est parfait pour les petits qui commencent à vouloir se repérer dans le temps et les changements. Un petit regret : pas d’espace « personnalisable » pour rajouter ses propres pièces de tissu. Qu’à cela ne tienne, je compte bien coller le visage de l’éducatrice du jour, soigneusement dessinée par mes soins, à côté de la date du jour. Affaire à suivre donc…

Calendrier Oxybul – 29,99 euros.

-Lexie Swing-

Bébé : 5 choses à prendre dans l’avion

./ Photo DR Lexie Swing

./ Photo DR Lexie Swing

Voici ce que j’avais préparé à quelques jours de notre départ la semaine dernière. Et j’étais décidément bien inspirée! Moi qui pensais que le voyage avec la petite mandarine se passerait comme sur des roulettes à billes, je me suis retrouvée prise aux pièges à 9000 mètres d’altitude avec un bébé fiévreux et hurlant, qui ne daignait baisser en décibels que secoué dans un porte-bébé. Bienvenue dans mon cauchemar. Heureusement j’étais équipée…

Vendredi, nous décollons. Direction la France, la famille, les amis, les vacances, les « on vous laisse les filles on part respirer se promener une heure », la vie quoi! Miss Swing va célébrer son troisième anniversaire entourée de sa famille, et c’est déjà un beau cadeau. Elle en parle souvent d’ailleurs, au point que ses amis de la garderie lui ont dit que « ce n’était pas vrai qu’elle allait en France » et elle a boudé pour la peine. Dire qu’ils n’ont que trois ans…

Nous allons donc prendre l’avion avec elle, mais aussi avec sa petite soeur, pour qui ce sera un baptême de l’air. Pour nous, ce sera le troisième voyage avec un enfant de moins de deux ans (et le premier avec un enfant de PLUS de deux ans, notre porte-monnaie ne va pas s’en remettre question prix des billets d’avion). Il y a tout un tas de choses que l’on recommande de prendre lorsqu’on voyage avec un bébé, mais voici cinq choses qui ne sont pas toujours précisées, et tout aussi utile selon moi.

Une gigoteuse. Certains préféreront prendre une couverture mais je sais qu’avec un bébé de cinq mois qui gigote beaucoup je ne dormirais que d’un oeil si je lui mets une couverture. J’ai donc choisi encore une fois l’option gigoteuse, histoire qu’elle soit bien couverte, sans risquer de se retrouver la tête sous les couvertures en plein vol. A noter que des tas de couvertures sont toujours disponibles, et qu’il est toujours bon d’en demander une dès le départ pour la mettre dans le fond du berceau, histoire que le bébé n’ait pas l’impression de dormir sur une planche en bois. (Grâce à la gigoteuse elle n’avait pas froid. Ceci dit côté sommeil dans le berceau on repassera. A noter que sur Air Transat, si tu n’es pas club ou option plus tu n’as pas le droit à ta couverture, ou alors tu la paies.)

Un porte-bébé ou une écharpe. Pour moi, c’est le truc indispensable. Je n’ai jamais emmené la poussette canne (parapluie) dans l’avion par peur qu’elle finisse en petits morceaux et parce que je n’ai pas envie d’avoir à négocier avec le personnel pour qu’elle voyage en cabine plutôt qu’en soute. De plus, lorsque je suis arrivée seule avec Miss Swing au Canada, c’est bien le porte-bébé qui m’a sauvé la vie. Je n’aurais pas pu pousser mes bagages si j’avais eu la poussette en plus. L’autre avantage, c’est que, si votre bébé ne dort bien que sur vous, vous vous assurez avec le porte bébé de pouvoir vous-même dormir sans risquer de l’échapper. (C’est LE truc qui m’a sauvé. Avion, changement de terminal, TGV, j’ai voyagé avec bébé arrimé à mes épaules. Pendant une dizaine d’heures donc. Appelez-moi un osthéo!)

Des affaires de rechange… pour soi. On pense toujours à prendre un deuxième body et une autre tenue. Mais rarement un deuxième t-shirt pour nous. On se dit qu’au pire, si on se fait vomir dessus, on en achètera un. Ou qu’une amie nous en prêtera. Sauf que dans l’avion, il n’y aura personne pour se porter volontaire pour un échange de chandails. Alors soyez prévoyant, pensez à la deuxième tenue… pour tout le monde! (Et à une troisième éventuellement!)

Du lait tout prêt. Ça n’existe pas partout mais, quand on a un bébé qui boit du lait, c’est bien de pouvoir compter sur une préparation « prêt-à-boire ». Rien à mélanger, pas de doublon « eau + poudre » qui encombre le sac à couches. Pratique! (Parfait même)

Du Tylenol, Doliprane ou autre version du genre. Personne n’a envie de se retrouver avec un enfant malade à des milliers de mètres d’altitude sans pouvoir faire quoi que ce soit. (Je ne sais pas ce qu’on aurait fait si nous l’avions oublié. Car bien sûr, la petite mandarine a déclaré une forte fièvre en plein vol, à 4h de l’atterrissage. Les prémices de plusieurs nuits blanches qui allaient bientôt nous poursuivre).

Et pour vous, quel est le truc indispensable à avoir en avion pour bébé?

-Lexie Swing-

Tempête

Love is all you need./ Photo DR Lexie Swing

Love is all you need./ Photo DR Lexie Swing

Tempête. C’est le nom qu’on lui donne dans l’intimité. Vivre avec E., c’est comme être dans l’oeil du cyclone. En apparence, tout est calme. Pas de bruit, pas de geste brusque, pas de murmure. Et puis soudain les murs tremblent, la maison s’emplit de rugissements suraigus et de gestes désordonnés. Tempête. Elle est aussi calme qu’agitée. Déterminée à secouer la vie comme un prunier pour accéder plus vite à ce qu’elle a de meilleur : des biberons, des couches propres et du yaourt nature volé au coin d’une cuillère qu’on aura attrapée au vol alors qu’elle ne nous était pas destinée. Tempête. Elle s’agrippe, pour mieux comprendre, pour mieux observer, pour mieux saisir. Surtout aux cheveux de sa soeur, au besoin. Sa soeur qui, comme souvent les deuxièmes, la fascine. Il n’y a personne de plus drôle, de plus intelligent et de plus beau au monde que B., pour la petite mandarine. Mais un bisou de trop et voilà qu’elle l’empoigne. Quitte à danser, autant le faire à deux, voilà ce que doit se dire ma cadette, qui ne lâche prise qu’après de longues minutes et toujours à regret. Tempête. Qui a déboulé si vite dans l’existence que l’obstétricienne a failli l’échapper. Bien décidé à faire sa place. Ce n’est pas parce qu’on arrive en deuxième que l’on n’a pas son mot à dire et des cris à pousser. Tempête. Qui se secouait dans tous les sens, les premières semaines, pour échapper à l’emprise des bras ou du porte-bébé. Toujours mieux seule, dans son lit ou à terre, pour observer. Tempête. Tempête qui retombe désormais lorsqu’on la promène. A l’abri contre nous, ou lovée dans sa poussette, elle se tord le cou pour découvrir le monde. Aucun bébé n’aime autant qu’elle parcourir les magasins et manger au restaurant. Tempête. Qui se dévisse la tête pour regarder la télé malgré nos tentatives pour qu’elle reste le dos tourné. Et qui est l’interlocuteur idéal de nos familles sur Facetime, les yeux fixés sur la caméra, babillant à mesure. Enfant de son siècle, définitivement. Tempête, qui m’a renversée, chamboulée mais jamais lassée, malgré ses cris aigus et son appétit démesuré. Tempête, mon bébé chéri, ma cadette, mon portrait craché. Mon Erin d’amour.

-Lexie Swing-

Miss Swing et la surdité sélective

Je ne sais pas de quand ça date. Quelques semaines tout au plus. Un problème de vieillesse. Car Miss Swing aura bientôt atteint l’honorable âge de 3 ans. Et les jours avançant elle a développé un trouble assez commun paraît-il : la surdité sélective.

J’ai été tentée de croire qu’il s’agissait avant tout d’une affaire de mots. Comme « consigne », « dormir » ou « manger des choux de Bruxelles ». Mais j’ai vite compris que si la surdité apparaissait pour la phrase « j’ai dit non pour le chocolat », Miss Swing répétant à l’envi « donne un morceau, donne un morceau s’il-vous-plaît maman que j’aime », elle saisit toujours du premier coup la question « Veux-tu du chocolat? ». Il ne s’agissait donc pas d’un problème de mots. Ni de chocolat.

J’ai donc étudié et théorisé la question. Et je peux désormais vous dire ceci : « la surdité sélective se caractérise par un comportement généralement rétif de l’enfant faisant fi des consignes pour jeter délibérément un objet dans les toilettes ou traverser un stationnement en courant, nonobstant les appels répétés de son superviseur parental. Synonyme : bourrique ».

Cette surdité réapparait de manière fréquente. J’ai pu le constater encore ce matin lorsque Miss Swing a jeté un livre sur sa soeur alors que je hurlais à 3 centimètres de son oreille droite « si tu jettes ça, tu es punie! ». Alors qu’elle revenait après sa période de « réflexion », elle m’a avoué benoîtement qu’elle ne m’avait « pas entendue ». Et son visage innocent montrait bien qu’elle n’était en aucun cas responsable de cette surdité soudaine.

Heureusement, si j’en crois les écrits, elle reste temporaire. Disparaissant au bout de quelques mois pour réapparaître dans une dizaine d’années, aux alentours d’une période charnière de la vie autrement appelée « la mule – le retour ». Rdv à l’adolescence.

-Lexie Swing-

Calme et concentré, un beau livre pour les petits yogi

Calme et concentré, aux éditions Nathan./ Photo DR Lexie Swing

Calme et concentré, aux éditions Nathan./ Photo DR Lexie Swing

Il est arrivé par la Poste un matin de décembre. « Cadeau des cousins » était-il estampillé. En vrai, moi je le sais, c’était un présent de Tatie D. Un présent qui a tout de suite enthousiasmé Miss Swing. Sous le papier, elle a découvert un joli livre cartonné. Elle s’est assise, elle a gratté de l’ongle les mandalas à toucher, penché la tête devant les dessins de petit yogi et m’a finalement tendu le livre : « Qu’est-ce qu’il faut faire maman? »

Le livre a pour but de recentrer l’enfant, et de le calmer. Grâce aux mandalas à suivre du doigt tout en respirant, l’enfant apprend à inspirer et expirer. D’autres pages lui expliquent comment se masser des zones spécifiques du corps. Notre préféré : la main. Son père et moi en tenons chacun une, et lui massons au gré des explications de la page : replier les doigts un à un, appuyer là où est dessinée la petite coccinelle (le mont de Vénus), masser les doigts en les tournant, etc.

Une petite aide pendant le Terrible Two./ Photo DR Lexie Swing

Une petite aide pendant le Terrible Two./ Photo DR Lexie Swing

Un autre exercice que l’on fait souvent avant d’aller se brosser les dents : les positions de yoga. Faire le gros dos comme un chat, s’étirer dans la position du chien… Les enfants de l’âge de Miss Swing sont souples et c’est une façon amusante de les aider à se détendre et s’étirer.

Des petits jeux de concentration sont également proposés : transvaser de l’eau, danser et s’immobiliser lorsque la musique s’arrête ou encore transporter des choses en équilibre sur un livre. Des exercices qui rappellent la pédagogie Montessori.

Notre avis :

Adopté par nous, les parents, comme par notre aînée de 3 ans. Vouloir apprendre à son enfant à se relaxer, à bien respirer, c’est une bonne chose, mais avec un support, c’est parfois plus aisé. Tout y est : l’apprentissage durable (savoir respirer et se recentrer est un apprentissage incontournable dans la vie), le moment parent-enfant, le bénéfice d’un enfant calmé et prêt à s’endormir, etc.

« Mes premières activités pour être calme et concentré », collection Haut comme trois pommes aux éditions Nathan. Pour les enfants de 3 à 6 ans. 24,95$ au Québec chez Archambault, 15,90 en France à la Fnac.

-Lexie Swing-

Dans sa bulle

Il a eu trois ans, il pousse la porte de la garderie. Il est souvent exubérant, perpétuellement en mouvement. Ma fille le salue mais ce matin il est grognon. Alors sa maman se penche un peu : « Tu as besoin de ta bulle? »

Sa bulle. L’image est jolie et elle me parle. Sa bulle l’enveloppe, protectrice. A l’orée de son petit monde, vaguement aux aguets, il regarde ses amis qui courent, qui rient déjà, la bouche barbouillée des fruits de la collation du matin. Ce sont ses quelques minutes, indispensables et salvatrices. Et puis la bulle éclate, la paroi cède. Le gamin bondit comme une biche dans le groupe toujours en mouvement. L’appréhension a disparu, et le voilà qui court déjà à la rencontre de l’autre petit garçon – ils ne sont que deux les pauvres – de la classe.

Je connais bien cette bulle. J’ai mis presque trois ans à l’accepter. Trois ans durant lesquels j’ai tenté souvent de la percer, tantôt enjôleuse, tantôt consolante. Tantôt énervée, voire excédée, même. Trois ans pour comprendre que la bulle était nécessaire.

Alors voilà. On est samedi. C’est l’heure de la gym des tout-petits. La ronde frémit, crépite, les enfants bondissent, rient et courent en tout sens. Ma douce est assise, indolente. A l’abri de mes jambes en tailleur, elle observe. Le groupe s’anime, les monitrices réclament l’enthousiasme, l’attention. Secouer les maracas en rythme. Chanter avec elles les chansons. J’entonne l’hymne, je secoue les petites billes dans leur écrin de bois, mon poing fermé sur le sien, qui tient l’instrument. Elle est une poupée, molle et absente. La musique s’arrête, la gym commence.

Mon enfant bondit. Elle est juchée sur le toboggan. Elle roule en bas du tapis. Elle escalade, rampe, tombe parfois, et recommence. Elle est partout, elle qui n’était pas vraiment là. La bulle a fondu.

Et chaque jour, et chaque samedi, et chaque fois qu’un groupe se réunit, la bulle revient. Palpable et increvable. Difficile à admettre. Agaçante. Mais indispensable.

-Lexie Swing-

Les aléas de l’habillage d’hiver

Quand E. voyage incognito./ Photo DR Lexie Swing

Quand E. voyage incognito./ Photo DR Lexie Swing

C’est beau l’hiver. C’est même féérique. Si vous étiez avec moi ce matin, à déguster un café en grains pas très bon parce que j’ai la flemme de courir à Montréal en racheter, nous nous installerions devant la fenêtre tels deux petits vieux pour regarder la neige tomber. Elle est lourde, épaisse, immaculée, et scintillante dans le jour déjà levé. J’adore la neige. Ça fait couic couic sous les pieds quand on marche, et dans ma petite ville de la rive-sud recouverte de son manteau blanc, j’ai l’impression perpétuelle d’être en vacances aux sports d’hiver, comme on disait avant. Mon âme d’enfant embrasse pleinement toute cette neige. Mon âme de mère, en revanche…

Au Québec, les températures avoisinent volontiers les -15 – 20 l’hiver. Parfois beaucoup moins bien sûr – les fameux pics à -40, et parfois plus. Après tout, le 24 décembre, il faisait 14 degrés. Mais disons que -15, c’est une température avec laquelle nous avons l’habitude de composer. Les habits sont faits en fonction, particulièrement les habits d’enfants, qui ont le chic pour tomber tous les trois mètres (enfin pas tous les enfants, mais la mienne oui) et faire l’ange au milieu du jardin. Les habits sont chauds. Les habits sont étanches. Les habits sont une horreur à mettre. Une crise de nerfs matinale. A vous faire regretter l’été et ses robes-sandales. Jugez plutôt du déroulé :

  • Il est 8h20. Vous devez être à la garderie à 8h30. Vous avez sept minutes de marche. Donc trois pour vous préparer. Vous êtes en retard avant même d’avoir commencé.
  • Vous posez le bébé dans son transat.
  • Vous enfilez son manteau au toddler. Puis ses mitaines (ses gants). Puis sa tuque (son bonnet).
  • Il enlève ses gants au motif qu’ils n’étaient « pas bien mis ».
  • Vous remettez les mitaines.
  • Vous vous rendez compte que vous n’avez pas mis le pantalon de neige. Celui avec les bretelles qui passent sur les épaules.
  • Vous enlevez le manteau du toddler. Il jette ses mitaines par terre. Et sa tuque, parce que « je veux pas de la tuque sans le manteau, c’est moche ».
  • Le bébé pleurniche. Vous lui remettez sa sucette.
  • Vous mettez une jambe dans le pantalon. L’autre. Vous remontez le tout. Le toddler crie parce que le chandail est remonté à mi-dos. Vous poussez avec les doigts pour faire glisser le chandail. Vous malmenez un peu les bras pour les faire passer dans les bretelles. Vous accrochez le tout. Vous voulez mettre le manteau. Mais le toddler veut d’abord mettre les bottes parce que le pantalon sans les bottes, « ça va pas ».
  • Vous mettez les bottes (et rattrapez l’enfant avant qu’il tombe à la renverse). Vous mettez le manteau. Vous mettez la tuque et les mitaines.
  • Vous enfilez votre manteau et votre tuque. Vous attachez le porte bébé.
  • Le bébé crache la suce sur le plancher, directement dans la neige souillée qu’il y avait sous les bottes.
  • Vous partez nettoyer la sucette sous l’eau (et bénissez les anciens proprios d’avoir fait construire une sdb au sous-sol).
  • Quand vous revenez, le toddler a jeté ses mitaines par terre une nouvelle fois. Vous vous acharnez à les lui remettre. Le pouce ne rentre pas. Puis il crie « par dessous par dessous », parce qu’il ne veut pas que les mitaines recouvrent son manteau. Vous les mettez dessous. Il ne veut pas « dessous comme ça », il veut « dessous avec l’élastique noir par dessus ». Vous allez chercher ledit élastique noir dans la manche (la protection pour la neige), vous le mettez par-dessus le gant, puis passez le reste de la manche sur le tout. Vous serrez l’attache au poignet. C’est trop serré. L’enfant veut le faire lui-même. Mais il a des moufles et il n’y arrive pas. Il essaye d’enlever ses moufles. Vous menacez. Il boude et se jette à plat ventre par terre.
  • Vous attrapez le poupon, le glissez dans sa combinaison. Il fait 40 degrés dans votre manteau. Le bébé ne coopère pas d’un poil et tient ses bras serrés sur sa poitrine. Vous arrachez un bras pour le glisser dans la manche. Il hurle comme un petit cochon. Vous enfilez la cagoule. Arnachez le bébé. Suez pour attacher le porte bébé entre les omoplates.
  • Vous ramassez l’enfant. Le bébé hurle de se retrouver la tête en bas. Vous parvenez à enfiler vos bottes sans défaire les lacets. Vous vous rendez compte que vous n’avez pas mis de moufles au bébé sous sa combinaison. Renoncez à l’idée de le défaire et partez à la garderie les coudes serrés le long du corps, pour garder au chaud les mains du bébé glissées dessous (il y a a combinaison par dessus quand meme hein, mais par -20 une paire de moufles supplémentaire n’est pas superflue).

Ouf. Je suis épuisée rien que de l’écrire. Bien sûr il y a des jours où Miss Swing est à la fois autonome et coopérative. Elle enfile ses affaires seule, aide à attacher le porte-bébé, me rappelle que j’ai oublié de mettre les moufles, etc. Il y a des matins, beaucoup d’ailleurs, où la petite mandarine rigole tout le long, en jouant avec sa sucette. Et puis il y a aussi d’autres jours, où il faut remettre les moufles dix fois, où les nez n’arrêtent pas de couler, où je me souviens que j’ai laissé le chèque pour la garderie dans la cuisine à l’étage alors que j’ai déjà mes bottes. Il y a l’arrivée à la garderie aussi, toujours périlleuse. Il faut aider Miss Swing à se déshabiller sans trop balloter sa soeur dans le porte-bébé, puis enlever ses propres bottes souillées pour se rendre au local des 3 ans.

J’aime la neige. J’adore même. Mais j’avoue, je gagne chaque jour en admiration pour ces éducatrices qui doivent chaque jour habiller des dizaines d’enfants. Patiemment. En sachant que pour 30 minutes de préparation, ils passeront à peine 15 minutes dehors.

« Oui mais avec Miss Swing c’est facile, elle fait tout toute seule, elle est parfaitement autonome », nous a dit récemment l’éducatrice. Ah…

-Lexie Swing-