J’ai passé l’épreuve du premier trimestre. Les nausées (pas trop), la fatigue (beaucoup), la sciatique (omniprésente, chez moi c’est un symptôme de grossesse, c’est dire!). C’est mon deuxième bébé. Il sera tamponné Canadien à la naissance (non pas sur son front) quand sa soeur navigue encore avec un passeport uniquement français (désolée chérie).
Quand j’attendais ma fille je me demandais souvent quelles étaient les différences dans le suivi de grossesse entre le Canada et la France. Je n’étais pas la seule à me poser la question puisque les mots-clés « différences France-Canada suivi de grossesse » m’ont menée à bien des forums. Eurêka! Aujourd’hui je sais. J’ai la réponse, ou du moins un ressenti. Voici mes premiers trimestres de grossesse, en dates.
France
3 sa (semaines d’aménorrhée, le mot que je ne sais jamais écrire) : le test est positif! Je cours faire un test sanguin au laboratoire que je paies de ma poche, je demanderai une ordonnance par la suite à mon médecin pour me faire rembourser. J’ai le résultat le soir même.
3 sa +1 jour : j’appelle ma gynéco, elle me propose un rendez-vous autour de 8 sa pour une échographie de datation et un premier bilan sanguin.
8 sa : on voit un petit coeur clignoter pour la première fois et c’est très émouvant. La gynéco nous fait l’ordonnance pour un premier bilan sanguin complet, incluant la toxoplasmose. Je devrais faire ce dernier test tous les mois jusqu’à l’accouchement. Celui-ci est estimé autour du 21 février, soit à 41 sa.
12 sa : on revoit la gynéco. Notre bébé est un nageur de compétition! La clarté nucale est mesurée afin de déterminer les risques de trisomie. On nous propose le test sanguin qui va avec, que l’on accepte. « Si je ne vous appelle pas dans dix jours c’est que tout va bien », m’assure-t-elle. Je lui demanderais bien si des fois ils oublient d’appeler mais elle est déjà passée à la suite. Elle remplit les papiers de la déclaration de grossesse, à envoyer aux organismes concernés avant la 14e semaine.
12 sa+1 : je contacte la maternité que nous avons choisie pour nous inscrire pour l’accouchement comme ils le demandent. Ouf, il reste des places, ce n’est pas toujours le cas! Ils feront le suivi à partir du 7e mois, ainsi que l’écho morphologique à 22 sa. Le bébé est bien arrimé, la grossesse est en route!
Canada
3 sa : le test est positif! J’en fais un second quelques jours plus tard. Pas de test sanguin possible pour vérifier le taux. Je fais trois clearblue supplémentaires, de semaine en semaine pour vérifier que mon 1-2 semaines passe à 2-3, puis à 3+. Ici, pas d’inscription à la maternité, c’est en fonction du médecin qui va faire le suivi de grossesse. Je choisis un centre de périnatalité proche de chez moi. J’appelle. RDV à… 11 sa.
4 sa : je suis en France, et si j’allais faire une prise de sang? Je me raisonne.
5 sa : du foie gras ? Je peux manger du foie gras déjà? J’appelle les copines : « Non mais t’es folle ou quoi? »
6 sa : je passe un message angoissé à mon médecin de famille : « Dis, c’est normal que le premier rdv soit si tard? ». « Oui, prends tes vitamines, tout va bien se passer », me répond-elle, laconique.
8 sa : mon centre de suivi organise une rencontre pour parler de ce qui va se passer et découvrir les lieux. Le moment est chouette, je découvre d’autres femmes dont les termes sont proches du mien, on parle des différentes étapes et de ce que le centre propose. C’est agréable d’entendre verbaliser enfin sa grossesse, même si ce n’est pas à titre personnel.
9 sa : je me demande pour la 32e fois si son coeur bat encore.
11 sa : RDV, écrit dans l’agenda en Verdana police 42. Mr Swing et moi avons réservé une heure de notre matinée à ce premier rendez-vous qu’on dit long. On passe au crible les antécédents, les maladies, la première grossesse (ah bon c’est votre deuxième grossesse? Et oui, j’ai toujours autant l’air d’avoir 16 ans), les éventuelles difficultés. Le terme est estimé à fin août, à 40 sa. C’est une semaine de moins qu’en France. On passe ensuite à l’écoute du coeur. On retient son souffle, le médecin a prévenu avant : « parfois même à ce terme on n’entend rien ». Notre petit pois tord le nez à son parfois : elle tombe pile poil dessus dès la première seconde et le coeur qui bat la chamade résonne dans l’appareil. Nous sommes encore tout sourire lorsqu’elle nous explique les différentes options pour la trisomie : test sanguin en hôpital remboursé par la RAMQ, test sanguin en hôpital et écho en clinique privée à la charge du participant, euh du parent, les deux tests en clinique privée. On choisit la troisième option car notre assurance privée prend en charge une partie et l’on repart l’ordonnance en main.
12 sa : en passant par Ovo, qui est aussi une clinique de fertilité, nous avons pu avoir un rdv rapidement. Direction l’écho. Le bébé est là, allongé, sage, parfait. L’échographiste mesure dans tous les sens, nous évoque une clarté nucale très bonne et estime même le sexe (non non je ne dirais rien, même sous la torture) (ok combien vous me donnez?? :)) Je passe dans la salle suivante pour la prise de sang. Comme il s’agit d’une clinique privée, le package est complet : estimation des risques pour la trisomie 18, mais aussi 21 et 13, ainsi que pour la spina bifida. « Je vous appelle dans quelques jours », me certifie l’infirmière.
12 sa +3 : le téléphone sonne, l’infirmière prend son temps, pour finalement m’annoncer que le risque est minime, « le plus bas du plus bas » souligne-t-elle. Nous voilà bien engagés pour le deuxième trimestre :)
Alors, au final? Et bien, sur le papier, c’est évident, notre suivi en France a été bien plus important sur le premier trimestre. Ceci dit, il est important de souligner que ce n’est pas le cas de tout le monde. Certaines de mes amies n’ont pas eu d’écho de datation. D’autres copines au Canada ont eu une écho avant les 12 sa pour vérifier que tout allait bien ou pour dater la grossesse. Je suis cependant soulagée d’avoir eu une première grossesse en France, grâce à laquelle je connais les risques potentiels : huiles essentielles, viande pas cuite, légumes mal lavés, etc, car si, au Canada, dès la première visite à l’hôpital vers 13-14 sa, on vous fournit un guide très très complet avec toutes les infos qu’il faut, on est complètement démunis en attendant. Quant à celles qui pourraient subir une fausse couche les premières semaines, quel est le suivi médical et psychologique lorsqu’aucun rdv n’est prévu ?
Et vous qui avez connu les deux ou seulement l’un des deux, comment avez-vous trouvé le suivi au premier trimestre? Et dans les autres pays, est-ce plus light que la France, plus complet encore? J’attends vos comparaisons!!
-Lexie Swing-