Les nouvelles wonderwomen

Gants de soie./ Création Vanessa Lekpa

Gants de soie./ Création Vanessa Lekpa

Elle Québec publiait récemment un (bon) article intitulé « les nouvelles wonderwoman ». J’aurais mis women mais c’est un autre débat. Avant même de lire l’article, qui traitait en réalité de femmes ayant monté leur propre business afin de concilier vie de famille et vie professionnelle, je me suis demandée ce qu’était pour moi une wonderwoman. Pas celle des vieux comics en collant nylon mais nos héroïnes d’aujourd’hui. Quelle serait pour moi une femme +++, celle qui réunirait toutes les qualités possibles?

  • Elle serait drôle, façon ironico-cynique, avec une touche d’humour de bas niveau, genre maîtrise de la blague du muffin.
  • Elle serait brune, parce que les brunes, c’est mieux. Si. C’est une brune qui vous le dit, vous pouvez me croire.
  •  Elle serait travailleuse et passionnée. Elle pourrait être esthéticienne ou politicienne, elle pourrait même être mère au foyer, mais elle serait investie, avec des idées à mille à l’heure et des réalisations à couper le souffle. Je vous fais le maillot en sapin de noël pour les fêtes ? Pas de problème!
  • Elle serait humaine et humaniste. Elle aurait un passé dans l’humanitaire et une pensée pour le sans domicile fixe qui gîte en bas de son immeuble. Elle connaîtrait son prénom, son histoire et son gâteau préféré. Elle s’arrêterait le soir, juste pour lui demander comment il va, pas par politesse, mais parce qu’en vrai ça l’intéresse.
  • Elle serait écolo et amie des animaux. Elle trierait, économiserait, achèterait local et commerce équitable. Elle militerait pour les baleines et les orang-outans. Elle s’investirait de longue date et pas seulement quand le sang de milliers de dauphins salit l’eau d’une baie féerique.
  • Elle serait mère. Mère présente. Mère aimante. Mère amusante. Mère investie. Mère pas coupable, surtout. Elle serait de ses mères qui se fichent du qu’en dira-t-on. Qui suivent leur instinct. Qui font de leur mieux. Qui aiment sans étouffer. Qui épaulent sans porter. Qui soignent sans s’apitoyer.
  • Elle serait bien sapée. Elle porterait des tenues rétros et des robes bien coupées. Elle serait vêtue plus années 20 que 2010. Plus gants de dentelle que string ficelle.
  • Elle serait curieuse. Ouverte au monde, aux autres. A la culture, aux sciences, à l’éducation, aux religions. Elle connaîtrait les dates et les contextes. Toujours connaître les contextes.
  • Elle serait à l’écoute. Très. Et elle parlerait peu.
  • Elle serait brune. Comment ça je l’ai déjà dit?
  • Elle serait militante. Elle afficherait ses convictions. Elle se battrait pour un monde meilleur. Pour l’égalité. Pour le respect. En bas nylon et gants de soie.

Parce que les bobettes étoiles et les bottes rouge électrique, c’est un peu has been.

Et pour vous, elle ressemble à qui wonderwoman?

-Lexie Swing-

Parent : de l’indispensable « temps pour soi »

J’ai longtemps cru que la chose qui pouvait vraiment me faire dégoupiller, c’était le manque de sommeil. C’était certainement au temps où, petite étudiante, mon seul souci était de me préoccuper de mon petit nombril et où mes motifs de plainte étaient les lendemains de soirées trop arrosées après lesquelles je manquais de sommeil (et d’eau). A ce stade, je pouvais effectivement devenir fort désagréable.

Ma première fille n’a pas trop entamé cette perception. Nous étions deux à l’élever quasiment à plein temps. Lorsque je me lassais de la bercer, je passais la main et le bébé à son papa et partait disputer une partie du tennis ou répéter les lignes de mes pièces de théâtre (écrit comme ça je trouve que j’avais vraiment une vie trépidante, on dirait pas que je vivais au milieu des canards gavés et de l’herbe fraîche de mon Gers d’adoption). Je manquais parfois de sommeil mais rarement de temps.

Me voici désormais mum-of-two et le bus de la réalité vient de me rentrer dedans. Ce qui me manque le plus, ce n’est pas le sommeil, c’est le temps. Le temps pour moi. Le temps pour lire. Le temps pour écrire. Le temps pour placoter. Le temps pour clavarder. Le temps pour m’arrêter, un instant, et rêvasser.

Or ce temps est indispensable. Je m’en rends compte aujourd’hui. Je sors d’une journée marathon où j’ai dormi, mangé, conduit et respiré en gardant toujours un oeil sur mes oisillons, et sitôt Mr Swing revenu, je n’aspirais qu’à une chose : lui larguer notre progéniture pour prendre le large. Mais ce n’est pas toujours possible. Et la routine alors semble interminable : jeux, repas, bain… qu’est-ce qui vient après? As-tu vraiment envie d’une histoire ce soir? Comment ça tu veux faire pipi? Tu as déjà fait pipi… Dis-moi, E., cette suce, tu comptes la recracher encore longtemps? Non, plus de bisous. Tu te lèves encore, je ferme la porte. Attention, je compte jusqu’à trois. Oh et puis non, je ne compte pas, ras le bol. Et là, on atteint le point de dégoupillage. On se met à hurler, à rager. On tire l’amoureux du lit, « viens tout de suite, je vais perdre mon calme, comment ça je hurle déjà? »… Le moment pour soi devient le seul salut…

Il y a quelques jours, nous avons couché la miss, et tandis que sa petite soeur s’endormait dans les bras de son papa, j’ai attrapé les clés de la voiture, et je suis partie. Direction les magasins. Nous avons la chance au Canada qu’ils ferment à 21 heures en semaine… Dans ma voiture qui roulait dans la nuit, je chantais à tue-tête. J’ai erré dans les magasins déserts. J’ai acheté des trucs inutiles. J’ai posé des questions aux vendeurs esseulés qui n’attendaient que mon départ pour fermer. J’ai chanté encore sur le trajet du retour. J’ai imaginé comment j’aimerais me marier peut-être un jour. J’ai songé à nos prochaines vacances. Je me suis demandée quelle couleur de rouge à lèvres m’irait le mieux. Et interrogé sur les paroles de la chanson Rosie de Cabrel. Je l’ai braillée encore une fois, phares éteints, devant la maison. Et puis je suis rentrée. C’était calme, endormi. C’était doux. J’ai embrassé du bout des livres mes poupées. Et puis j’ai raconté à l’amoureux mon analyse psycho-cabrelistique sur fond de « si on se marie, j’aimerais que… », et il s’est foutu de moi.

C’était une belle soirée.

-Lexie Swing-

Pourquoi le travail a fait de moi une (bonne) mère

Mother and son./ Photo Blue Skyz Studios

Mother and son./ Photo Blue Skyz Studios

Pendant un temps, il y a eu deux clans : les mères au foyer et les mères qui bossaient. Ces dernières s’autoproclamaient mères imparfaites et s’enorgueillissaient volontiers de leur absence dans le but ultime de faire râler les mères à la maison, elles-même un peu trop vertueuses pour être vraies.

Les bad mothers ont plus ou moins disparu, ou du moins ont-elles cessé de se vanter d’en être, se cachant désormais derrière ce terme pour reconnaître une certaine culpabilité quant à leur absence du foyer. Ça me gène, moi, cette culpabilité. Ça me gène, car je ne la ressens pas. Et je me sens parfois coupable de ne pas la ressentir. On a un esprit tortueux ou pas…

Je ne serais pas devenue mère si je n’avais pas travaillé. En tout cas je ne serais pas devenue « cette mère-là ». Le travail, qu’il m’ait passionnée ou donnée envie de m’exiler au fin fond de l’Afrique (coucou Heidi ;)) m’a toujours équilibrée, épanouie, donnée envie d’aller plus loin et de chercher ailleurs lorsque l’envie s’en faisait sentir. Je suis de celles pour qui il est un pan de vie. Pas une option alimentaire, encore moins quelque chose que j’abandonnerais volontiers si mon mari était un riche entrepreneur. Je suis de celles-ci. Tout comme certaines de mes amies s’épanouissent pleinement dans le fait d’être mères au foyer. Il y a une pluralité de mères et toutes n’aspirent pas à s’occuper à la journée longue de leurs enfants.

Si l’on m’avait dit que faire des enfants signifiait rester à la maison, je n’en aurais probablement pas eu, ou peut-être bien plus tard, ou bien trop tard. Tout le monde peut-être parent au foyer mais ce n’est pas si courant de s’y épanouir, de rester un bon père ou une bonne mère lorsque l’on vit 24h sur 24 avec ses enfants, de garder du recul et de la patience. Mes copines mères au foyer savent à quel point je leur tire mon chapeau. Je leur dis souvent mon admiration. Cela me semble, à moi, aussi compliqué et inatteignable qu’être ingénieur aérospatial. Et j’étais nulle en maths, c’est dire!

Je suis de ces mères qui ont besoin de parfois prendre leur distance, qui n’ont pas un centre d’intérêt mais mille. Si mon enfant, et bientôt le second, est ma priorité, il n’est pas toute ma vie. Il est un (grand) pan de ma vie seulement, et j’ai besoin du reste pour tenir debout. Travailler me rend plus patiente, plus prompte à jouer, plus prête à accorder tout mon temps lorsque je suis présente. Cela m’aide à délimiter mes moments, ce que je ne sais pas faire les week-ends, quand coincée entre le linge à plier et la vaisselle à essuyer, je ponctue ses demandes d’un « plus tard chérie ».

Est-ce que la culpabilité vient en combo avec la peur lorsque l’enfant naît? Pourquoi culpabiliser de ce que l’on est, de ce que l’on fait, quand parallèlement on donne le meilleur de soi pour être un bon parent? Je préfère me donner pleinement à mon enfant quatre heures par jour qu’à moitié durant dix. Tout comme je préfère donner le biberon avec un plaisir évident que de donner le sein sous la contrainte. Je préfère être une mère heureuse. Il paraît que ça peut faire des enfants heureux. Et je ne crois pas que l’on devrait culpabiliser de cela.

-Lexie Swing-

 

Premier trimestre de grossesse : France VS Canada

France VS Canada./ Photo Mohamed Kharbouch

France VS Canada./ Photo Mohamed Kharbouch

J’ai passé l’épreuve du premier trimestre. Les nausées (pas trop), la fatigue (beaucoup), la sciatique (omniprésente, chez moi c’est un symptôme de grossesse, c’est dire!). C’est mon deuxième bébé. Il sera tamponné Canadien à la naissance (non pas sur son front) quand sa soeur navigue encore avec un passeport uniquement français (désolée chérie).

Quand j’attendais ma fille je me demandais souvent quelles étaient les différences dans le suivi de grossesse entre le Canada et la France. Je n’étais pas la seule à me poser la question puisque les mots-clés « différences France-Canada suivi de grossesse » m’ont menée à bien des forums. Eurêka! Aujourd’hui je sais. J’ai la réponse, ou du moins un ressenti. Voici mes premiers trimestres de grossesse, en dates.

France

3 sa (semaines d’aménorrhée, le mot que je ne sais jamais écrire) : le test est positif! Je cours faire un test sanguin au laboratoire que je paies de ma poche, je demanderai une ordonnance par la suite à mon médecin pour me faire rembourser. J’ai le résultat le soir même.

3 sa +1 jour : j’appelle ma gynéco, elle me propose un rendez-vous autour de 8 sa pour une échographie de datation et un premier bilan sanguin.

8 sa : on voit un petit coeur clignoter pour la première fois et c’est très émouvant. La gynéco nous fait l’ordonnance pour un premier bilan sanguin complet, incluant la toxoplasmose. Je devrais faire ce dernier test tous les mois jusqu’à l’accouchement. Celui-ci est estimé autour du 21 février, soit à 41 sa.

12 sa : on revoit la gynéco. Notre bébé est un nageur de compétition! La clarté nucale est mesurée afin de déterminer les risques de trisomie. On nous propose le test sanguin qui va avec, que l’on accepte. « Si je ne vous appelle pas dans dix jours c’est que tout va bien », m’assure-t-elle. Je lui demanderais bien si des fois ils oublient d’appeler mais elle est déjà passée à la suite. Elle remplit les papiers de la déclaration de grossesse, à envoyer aux organismes concernés avant la 14e semaine.

12 sa+1 : je contacte la maternité que nous avons choisie pour nous inscrire pour l’accouchement comme ils le demandent. Ouf, il reste des places, ce n’est pas toujours le cas! Ils feront le suivi à partir du 7e mois, ainsi que l’écho morphologique à 22 sa. Le bébé est bien arrimé, la grossesse est en route!

Canada

3 sa : le test est positif! J’en fais un second quelques jours plus tard. Pas de test sanguin possible pour vérifier le taux. Je fais trois clearblue supplémentaires, de semaine en semaine pour vérifier que mon 1-2 semaines passe à 2-3, puis à 3+. Ici, pas d’inscription à la maternité, c’est en fonction du médecin qui va faire le suivi de grossesse. Je choisis un centre de périnatalité proche de chez moi. J’appelle. RDV à… 11 sa.

4 sa : je suis en France, et si j’allais faire une prise de sang? Je me raisonne.

5 sa : du foie gras ? Je peux manger du foie gras déjà? J’appelle les copines : « Non mais t’es folle ou quoi? »

6 sa : je passe un message angoissé à mon médecin de famille : « Dis, c’est normal que le premier rdv soit si tard? ». « Oui, prends tes vitamines, tout va bien se passer », me répond-elle, laconique.

8 sa : mon centre de suivi organise une rencontre pour parler de ce qui va se passer et découvrir les lieux. Le moment est chouette, je découvre d’autres femmes dont les termes sont proches du mien, on parle des différentes étapes et de ce que le centre propose. C’est agréable d’entendre verbaliser enfin sa grossesse, même si ce n’est pas à titre personnel.

9 sa : je me demande pour la 32e fois si son coeur bat encore.

11 sa : RDV, écrit dans l’agenda en Verdana police 42. Mr Swing et moi avons réservé une heure de notre matinée à ce premier rendez-vous qu’on dit long. On passe au crible les antécédents, les maladies, la première grossesse (ah bon c’est votre deuxième grossesse? Et oui, j’ai toujours autant l’air d’avoir 16 ans), les éventuelles difficultés. Le terme est estimé à fin août, à 40 sa. C’est une semaine de moins qu’en France. On passe ensuite à l’écoute du coeur. On retient son souffle, le médecin a prévenu avant : « parfois même à ce terme on n’entend rien ». Notre petit pois tord le nez à son parfois : elle tombe pile poil dessus dès la première seconde et le coeur qui bat la chamade résonne dans l’appareil. Nous sommes encore tout sourire lorsqu’elle nous explique les différentes options pour la trisomie : test sanguin en hôpital remboursé par la RAMQ, test sanguin en hôpital et écho en clinique privée à la charge du participant, euh du parent, les deux tests en clinique privée. On choisit la troisième option car notre assurance privée prend en charge une partie et l’on repart l’ordonnance en main.

12 sa : en passant par Ovo, qui est aussi une clinique de fertilité, nous avons pu avoir un rdv rapidement. Direction l’écho. Le bébé est là, allongé, sage, parfait. L’échographiste mesure dans tous les sens, nous évoque une clarté nucale très bonne et estime même le sexe (non non je ne dirais rien, même sous la torture) (ok combien vous me donnez?? :)) Je passe dans la salle suivante pour la prise de sang. Comme il s’agit d’une clinique privée, le package est complet : estimation des risques pour la trisomie 18, mais aussi 21 et 13, ainsi que pour la spina bifida. « Je vous appelle dans quelques jours », me certifie l’infirmière.

12 sa +3 : le téléphone sonne, l’infirmière prend son temps, pour finalement m’annoncer que le risque est minime, « le plus bas du plus bas » souligne-t-elle. Nous voilà bien engagés pour le deuxième trimestre :)

Alors, au final? Et bien, sur le papier, c’est évident, notre suivi en France a été bien plus important sur le premier trimestre. Ceci dit, il est important de souligner que ce n’est pas le cas de tout le monde. Certaines de mes amies n’ont pas eu d’écho de datation. D’autres copines au Canada ont eu une écho avant les 12 sa pour vérifier que tout allait bien ou pour dater la grossesse. Je suis cependant soulagée d’avoir eu une première grossesse en France, grâce à laquelle je connais les risques potentiels : huiles essentielles, viande pas cuite, légumes mal lavés, etc, car si, au Canada, dès la première visite à l’hôpital vers 13-14 sa, on vous fournit un guide très très complet avec toutes les infos qu’il faut, on est complètement démunis en attendant. Quant à celles qui pourraient subir une fausse couche les premières semaines, quel est le suivi médical et psychologique lorsqu’aucun rdv n’est prévu ?

Et vous qui avez connu les deux ou seulement l’un  des deux, comment avez-vous trouvé le suivi au premier trimestre? Et dans les autres pays, est-ce plus light que la France, plus complet encore? J’attends vos comparaisons!!

-Lexie Swing-

Hommes au volant

Tu seras un homme mon fils./ Photo  Christian Senger

Tu seras un homme mon fils./ Photo Christian Senger

7h17. Nous sommes en avance à la gare. L’occasion d’attendre quelques minutes au chaud et d’observer le ballet incessant des voitures qui déposent leurs passagers. Mr Swing attire mon attention : “Regarde, encore un gars qui ne veut pas que sa femme le conduise” En effet, devant nous, un cinquantenaire bedonnant s’extirpe du siège conducteur, avant de saisir son attaché-case à l’arrière. A l’intérieur, une femme se contorsionne depuis le siège passager pour glisser ses jambes sous le volant. “Je trouve ça fou, je lui dis. Que ce gars est vieux jeu! Heureusement, plus beaucoup de gens sont comme ça aujourd’hui.” Mon amoureux s’esclaffe, me dit qu’il en voit plein, chaque matin, réaliser cette gymnastique. Abandon du volant pour l’homme, contorsion intérieure pour la femme.

Ça me laisse pantoise. La plupart des gens qui se présentent à la gare sont des habitants du village. 5 minutes en voiture pour tout le monde. Mais pour ces 5 minutes, ces si ridicules 5 minutes, au moins 10 hommes des environs, chaque matin, empoignent leurs clés de voiture pour ne pas laisser leur chère et tendre conduire.

Pourquoi ? Je ne sais pas. Dans un couple, il y a souvent cette règle implicite qui veut que l’un des deux prenne plus facilement le volant. C’est un automatisme, un confort qui se créé à mesure que les années passent et que des habitudes s’installent.

Il y a aussi les conjoints qui ne conduisent pas, ou plus. Mais on est bien d’accord qu’on ne joue pas ici dans la même catégorie. Ici, dans la douce ville qui est la mienne, des femmes conduisent… tant que leur chum n’est pas dans l’habitacle. Sinon elles lui laissent le volant. Même pour 200 mètres.

Ça m’outre.  On me dira que les gens font ce qu’ils veulent dans leur chaumière. Et dans leur voiture. Et que si Monsieur se plaît à être un fier macho, c’est son droit le plus strict. C’est vrai. Mais ça m’outre quand même.

Il y a quelques temps, la nièce d’une amie lui a tapé sur l’épaule, alors qu’elle s’installait au volant, en disant “Ben Tatie, les femmes ça conduit pas…” La glotte de ma copine a joué au ping-pong contre ses mâchoires serrées et puis elle a demandé : “Ben pourquoi tu dis ça chérie ?” avec toute la bienveillance dont est capable une fille de 27 ans qui passe sa vie sur les routes. Facile : maman ne conduit pas, mamie ne conduit pas, mamie-de-l’autre-côté ne conduit pas, les femmes ne conduisent pas. CQFD. Il y a plein de raisons pour lesquelles certaines personnes ne conduisent pas. Par peur, par paresse, parce que c’est plus facile de se faire transporter. Le problème, c’est lorsque cela devient une opposition de sexe. Papa est là donc Maman ne conduit pas. Les femmes ne conduisent pas quand les hommes sont là, c’est quand même simple comme principe non ? Ma nièce, la mienne à moi, m’avait fait pareil avec la bière. Sa maman et sa grand-mère n’en boivent pas. Ce sont des femmes d’élégance vous noterez et c’est, quelque part, une qualité que de ne pas boire de la bière. Mais il est facile dans l’esprit d’un enfant de sauter des faits au conclusion.

C’est pour ça que je bois de la bière.

 

-Lexie Swing-

 

PS Un jour je vous raconterai mon aversion pour cette douce phrase qui est : « Mmmmh je pense qu’on va avoir besoin d’un homme ».

 

La cup oui, mais pas chez moi

Diva Cup et The Keeper./ Photo Michelle Tribe

Diva Cup et The Keeper./ Photo Michelle Tribe

La cup. Partout on ne parle que de ça. J’ai longtemps pris ça pour la nouvelle lubie de quelques écolos mal rasées sous les bras. Ignarde que j’étais, j’imaginais ça comme une mini-barque logée au fond de tes bobettes. Manquait que les rames pour naviguer. Deux ans ont passé, et le nom est réapparu sous mes yeux, le phénomène prenant de l’ampleur à mesure que blogosphère et journaux féminins s’en emparaient. Tout le monde y est allé de son « j’ai testé pour vous ». Il y a quelques mois, j’ai donc investi une trentaine de dollars dans Mon Précieux (en plastique). Je l’ai pris taille 1. Grossière erreur. Femme qui accouche n’a plus un vagin de jeune fille, malgré les tentatives pour envoyer les vagues sur le fond de la grotte, exercice autrement appelé rééducation périnéale. Les 3, 4, voire 5 kilos parfois (beauseignes) de poulets plumés ont raison des femmes les plus élastiques. Bref, amie maman, sache que c’est une taille 2 ou rien, pas besoin de minauder parce que tes foufounes rentrent dans du 36 de collégienne.

(EDIT : Mr Swing me demande de souligner le fait que non, aucune femme n’a plusieurs vagins – Tampax aurait fait fortune depuis longtemps – mais qu’au Québec, les foufounes sont bien les fesses)

La cup, c’est tout un art. D’origami premièrement. Vous ignorez la technique des cocottes en papier? Vous apprendrez à faire toutes les lettres de l’alphabet avec votre bouchon de silicone. D’une main en plus. Mais le mieux reste encore la suite : « Enfoncez, puis faites tourner la cup sur elle-même pour l’ouvrir en corolle telle une fleur ». La vache! Une fleur! Et pourquoi pas une hirondelle qui déploie ses ailes tant qu’on y est?

Bref, la blogosphère applaudit des deux mains cette initiative formidable qu’est la coupe menstruelle. Moi aussi. C’est écolo, économique, généralement pratique, discret, inodore, etc. Surtout chez les autres. Parce que chez toi, ça peut vite virer au cauchemar quand :

– Ton origami en Y refuse de devenir une rose et préfère se la jouer pissenlit en boule.

– Ton col de l’utérus s’est carapaté pleine droite, loin de la fameuse corolle.

– Ta maladresse est légendaire.

– Ton corps tout entier a décidé d’expulser le mécréant et te refile des contractions dignes de la conception du monde (le tien) (celui qui faisait 3 kilos).

Tu te retrouves donc à stresser, vérifier huit fois que tout est en place, tu abuses des protections supplémentaires « au cas où » et tu subis les assauts de ton utérus qui s’est levé de l’ovaire gauche. Tu supplies père, mère et chum de mettre fin à tes souffrances et, enfin, tu renonces, vaincue, agitant tes bobettes blanches devant la ligne ennemie.

La cup, tout un combat.

-Lexie Swing-

PS Je plaisante dessus mais même avec un corps retors comme le mien, la cup peut s’avérer très pratique. Le mieux est encore de se laisser une petite marge avant de sortir, pour ne pas être tentée d’entrer dans le premier café venu pour vérifier que tout est en place (vécu). Et dans les dix cafés suivants (vécu aussi). Elle est notamment parfaite pour celles qui ont un débit vraiment important, par exemple avec le stérilet. Car là où le tampon « super plus » vaincu en heure vous donne l’effet d’un revival des chutes Victoria, la cup vous montre que le flux n’est pas si important et qu’elle peut largement le contenir en 4 à 5 heures. De quoi travailler ou danser l’esprit serein. En admettant que cette foutue corolle… ;)

Harcèlement de rue, on lève le voile (ou le pan de la jupe)

Fille en jupe./ Violaine Bavent

Fille en jupe./ Violaine Bavent

Ça bouillonne sur la Toile, dans les tumblrs, sur Facebook et Twitter.

#harcelementderue

On ne parle que de ça.

D’habitude je n’y prends pas part, je transmets mais je ne donne pas mon avis. À l’heure des réseaux sociaux, ce n’est pas une personne, mais 20 qui se renvoient la balle dès qu’un sujet fait l’actu. Je suis encore nauséeuse de l’avalanche de posts Facebook qui ont suivi le décès de la photographe Camille Lepage. 48 heures plus tard, sur mon fil, elle était comme retombée dans l’anonymat.

Mais bref, là on parle du harcèlement de rue. Un de mes combats de longue date. Pas sur la Toile mais dans la vie. La vraie, celle qui fait résonner vos talons sur le pavé et tourner vos jupes. Qui vous oblige à détourner le regard pour ne pas « inciter » la remarque. À baisser la tête pour ne pas croiser le sourire d’approche. À marcher vite. Et rarement seule.

Moi aussi.

Moi aussi, je me suis greffée à un groupe que je ne connaissais pas pour donner l’illusion que je ne marchais pas seule.

Moi aussi, j’ai emmené des tenues de rechange en soirée, pantalon long et col roulé, pour ne pas rentrer en jupe.

Moi aussi, j’ai appris à éviter les rues isolées.

Moi aussi, j’ai retenu ma respiration en passant devant un groupe de jeunes mecs qui barraient le passage.

Moi aussi, « on » m’a emmerdée.

On nous dit tout, qu’on est jolies, belles, sexys, bonnes, tu suces, tu fais quoi ce soir, vas-y meuf, et sinon tu baises, c’est quoi ton signe astro, t’as perdu ton sourire, tu te prends pour qui, vas-y connasse tu m’ignores, t’es lesbienne, t’aimes les meufs, j’aimerais te voir avec une meuf, t’es vraiment bonne…

Pris en flagrant délit, certains voient rouge mais d’autres se justifient, disent que c’est juste un compliment, et quoi on ne peut plus complimenter, et les filles sérieux vous ne savez pas ce que vous voulez.

Si, la paix.

Ne pas être emmerdées parce qu’on est juste soi. On ne porte pas un nez rouge, ni une combinaison de ski en plein été, on n’a pas choisi la célébrité, mais on ne peut pas être juste des anonymes. On est des femmes, et parce qu’on est des femmes, on ne nous laisse jamais en paix.

Un jour, un ami m’a dit « Mais si je l’aborde et qu’il se passe quelque chose? Si je le fais pas, peut-être que je vais regretter toute ma vie de ne pas l’avoir fait?’ Lâche l’affaire, ou change de ton. Oublie sa jupe, ses bas, son sourire. On n’est pas dans un film. C’est la vraie vie ici, l’ami. Et dans la vraie vie, aucune fille ne sera à tes pieds parce que tu l’abordes dans la rue en lui disant qu’elle est belle. Encore moins qu’elle est bonne. Les dés sont pipés. Dix types avant toi ont eu la même démarche, ça laisse des traces. Enlève ta main de son épaule, garde tes distances, elle suffoque déjà, tu ne vois pas? Garde tes compliments, parle de la pluie et du beau temps. Vous êtes deux et tu n’es pas le maître du jeu. Elle dit non? C’est non alors. Ce n’est pas non peut-être. Ce n’est pas non, mais avec les filles on sait jamais. C’est non, passe ton chemin.

Tu veux savoir ce que ça fait d’être une femme dans la jungle urbaine ? Pas une femme en mini-jupe, pas une femme en string apparent, non, juste une femme. Attache-toi un chapelet de saucisses, et rends-toi à la SPA. Tu les entends aboyer? Tu les sens te humer? Tu vois ces dix regards posés sur toi? Tu sens leur pression sur ta jambe? Est-ce que t’as une échappatoire? Mais pourquoi t’as choisi un terrain sans issue? Essaye d’appeler le gardien là-bas… Merde, il fait semblant de ne pas t’avoir vu! Quelle idée aussi, de te balader avec un chapelet de saucisses au milieu d’une meute de chiens, franchement tu cherches là! Baisse les yeux, quand on les regarde c’est encore pire. Essaye d’avancer en les ignorant, des fois quand on les ignore ils s’en vont…

T’as eu chaud hein? Moi aussi, tous les jours.

Et des fois, certains mordent.

 

-Lexie Swing-

J’ai le gène de la couche sale, c’est Pécresse qui l’a dit

J’avais entendu un entrefilet à la radio. J’avais lu les commentaires déchainés de mes ami(e)s sur Facebook et Twitter. J’ai attendu pour comprendre. Pas pour comprendre s’il y avait une vérité derrière ces propos. Non, ça, définitivement, non. Mais pour comprendre comment de tels propos pouvaient être tenus aujourd’hui.

"Les pères préfereront s'occuper de problèmes plus compliqués (que de changer des couches)"./ Photo ThepeachPeddler

« Les pères préfèreront s’occuper de problèmes plus compliqués (que de changer des couches) »./ Photo ThepeachPeddler

Vous avez deviné… Je parle de ces quelques mots, jetés avec indifférence dans la mare de l’égalité hommes-femmes, par l’ancienne ministre Valérie Pécresse. « Pensez-vous que le plus grand nombre sont les pères qui ont envie de changer des couches ? Si on veut rééquilibrer les responsabilités des pères et des mères dans l’éducation, il faut certes inciter les pères à prendre un congé, mais ils le prendront d’autant plus volontiers avec un enfant un peu plus âgé, et cela sera socialement mieux vécu par les entreprises de voir les pères s’impliquer dans des problèmes un peu plus compliqués », a déclaré Valérie Pécresse, sur le site du Journal des Femmes.

Pour rappel, Valérie Pécresse réagissait à l’annonce de la loi du 3 juillet 2013, proposée par la ministre Najat Vallaud-Belkacem, qui prévoit notamment de réserver 6 mois du congé parental de trois ans au second parent (le papa est bien entendu directement visé). Ça fout la famille dans la mouise (je traduis) parce que les papas n’aiment pas quand l’enfant ne sait pas encore faire les divisions à huit chiffres et conjuguer le verbe « absoudre » au passé simple. Je sais c’est moche, mais c’est une réalité: en dessous de 3 ans, l’enfant préfère Popi à Proust. Mais comme, si on suit l’idée diablement sexuée de V. Pécresse, l’homme préfère le magazine Auto Plus à Sartre, ils peuvent peut-être se rejoindre. Y’a pas mal d’images dans les deux.

Non, sans rire. Les couches de caca, ça ne fait rêver personne. Ni la maman, ni le papa. Le chien si, mais il préfère manger la sale que d’en remettre une propre, du coup c’est compliqué. Nous on compte: « une couche pour toi, une couche pour moi ». Des fois, on en fait deux de suite mais on prévient: « Si bébé se réveille cette nuit, c’est pour ta pomme ». On est sympa, mais faut pas nous conter du Prévert non plus. On a jamais vu un porte-plume se transformer en oiseau. Et contrairement à ce qu’on raconte à nos charmants bambins, non, la jolie princesse joufflue ne fait pas que des pétales de roses. Donc on partage, c’est ça l’égalité des sexes. Et ses neurones sont tout aussi qualifiés que les miens pour savoir qu’il faut sortir les-petites-ailettes-sous-les-cuisses-sinon-ta-couche-elle-fuit.

Emma Defaud, de mauvaisemère.fr, explique en quoi les propos de Valérie Pécresse sont une insulte pour elle, et pour les mères en général. J’en profiterais pour ajouter qu’ils sont une insulte pour nous tous, pères compris. Ces mères à qui l’ont dit sans cesse qu’elles ne sont bonnes qu’à changer des couches et à cuisiner des petits pots. Ces pères à qui l’on assène sans remords qu’ils n’ont pas les couilles, les gènes pardon, pour s’occuper d’un enfant en bas âge. Comme me l’a dit un ingénieur et super-papa rencontré il y a quelque temps: « L’âge, le métier, le sexe, tout ça est secondaire. A vrai dire, on a tous la même sale tête quand on est planté dans la cuisine, à 4h du matin, en train de faire chauffer le biberon du petit dernier. »

-Lexie Swing-

Mariage pour tous : on écrit l’Histoire

L’Histoire de France telle qu’on l’apprend aujourd’hui sur les bancs de l’école est en marche. Les écoliers français de 2100 et des brouettes apprendront ainsi que le 29 mai 2012 (au siècle dernier donc), le maire de Montpellier a célébré le premier mariage homosexuel du pays. Dans les petites lignes qui suivront, ils apprendront que les heureux élus s’appelaient Vincent Autin et Bruno Boileau, que de nombreux policiers avaient été appelés en renfort, peut-être même que la porte-parole du gouvernement d’alors, Najat Vallaud-Belkacem, était présente au mariage.

L'Hôtel de Ville de Montpellier imaginé par Jean Nouvel./

L’Hôtel de Ville de Montpellier imaginé par Jean Nouvel./

Pour écrire la suite de l’Histoire, il faudrait connaître l’avenir. A l’heure où moi j’écris, le champ des possibles est encore vaste. Je croise les doigts pour que le petit chiffre, à gauche, celui qui met en exergue un événement particulier, évoque le nombre de mariages gays qui ont été célébrés depuis lors et non le nombre de personnes mises en garde à vue ce jour-là. J’invoque les étoiles pour que le Nota Bene, tout en bas, n’explique pas que ce mariage fut le début de longues manifestations qui plongèrent la France dans le chaos, juste parce que certains Français auraient préféré que leurs concitoyens ne se voient pas attribuer les mêmes droits qu’eux.

Si j’ai de la chance, et si les Français sont plus tolérants et ouverts que les médias le laissent à penser, la photo de gauche montrera une foule en liesse, la grande de droite des visages heureux. Et en petit, tout en haut, on verra un arbre généalogique. Avec des tas de branches. A l’intérieur, il y aura des noms d’hommes, des noms de femmes, des gens qui ont réussi, d’autres qui se sont perdus, des bons, des lâches… Et tout en haut de cet arbre, il y aura deux noms: Autin-Boileau.

Et si le futur m’exauce, alors le professeur demandera « qui dans cette classe a des arrières grands parents, des grands-parents, des grands-oncles ou des grandes-tantes, qui se sont mariés avec quelqu’un du même sexe? » Et plusieurs enfants, un quart, la moitié ou même tous, lèveront la main. Non pas honteux, mais ravis au contraire, comme peuvent l’être les enfants qui sont contents quand leur histoire, la petite, la leur, s’inscrit dans l’Histoire, avec un grand H.

-Lexie Swing-

Egalité hommes-femmes: ces pubs qui nous défrisent

Petite sortie ciné hier après-midi pour voir le dernier Tarantino. 17h, la lumière s’éteint et quelques pubs se succèdent. Et puis là, un pop-corn se coince. Pas dans les rouages de la salle de projection, non non, dans ma gorge. Bien au fond. Et j’en éructe de surprise. Puis de rage. Car au milieu des habituelles publicités pour les magasins et restos de la ville, la Région a calé sa propre annonce promotionnelle pour les études en Midi-Pyrénées. Tout à fait louable de sa part me direz-vous. Sauf que…

Sauf que… première image… un garçon. Il clame « je veux être docteur » (grand bien lui fasse). La fille à côté de lui répond, du tac-au-tac, « et moi infirmière ». C’est ce qui s’appelle avoir de la répartie. Enfin en 1960. Parce qu’à mon époque les filles répondent plutôt, « et moi ingénieur ». Mais bon, voyons la suite, on est joueur.

Les femmes n'aspirent qu'à une chose: être des princesses./ Photo D.C.Atty

C’est bien connu, les femmes n’aspirent qu’à une chose: être des princesses./ Photo D.C.Atty

Deuxième image. Le garçon « je veux être cariste » (un bon choix, le bâtiment manque de main d’oeuvre). La fille? « Et moi coiffeuse! » (jusqu’à preuve du contraire, la coiffure est un secteur qui lui, ne manque pas de volontaires). Mais allez, allez, y’a sûrement une leçon à tirer de tout ça, MidiPy est moderne, MidiPy veut nous dire quelque chose.

Troisième et dernière image. Le garçon: « Je veux être sportif de haut niveau » (un métier d’avenir, c’est certain…). La fille: « je veux être… secrétaire! » WHAT…THE…FUCK!! (Pop corn-étranglement-éructations-larmes-jurons-menaces). Alors là, une seule possibilité: la Région nous dit tout ça pour afficher ensuite un grand « NON », genre avec un sens interdit, un poing levé, un truc un peu révolutionnaire quoique, histoire de nous montrer que non, MidiPy ne mange pas de ce pain rassis.

Tu parles Charles… Le seul petit message qui a suivi? Un truc genre « MidiPy regorge de formations et d’études en tout genre, venez chez nous ». C’est marrant parce que pour moi, les études en MidiPy c’est plutôt ingénierie, aéronautique, informatique, audiovisuel, journalisme, droit et politique… Que des trucs « d’hommes » assurément!

J’en profite pour vous rappeler l’existence de cet excellent bouquin d’Annie Pastor: « Les pubs que vous ne verrez plus jamais« , un véritable recueil de sexisme et de racisme dont on n’est pas toujours si éloigné aujourd’hui.

-Lexie Swing-