Shoot de bonheur

Certains rires seront toujours francs./ Photo  WiLPrZ

Certains rires seront toujours francs./ Photo WiLPrZ

Je vois leurs sourires sur leurs photos de profil, sur leurs clichés de vacances. Ils sont partis au soleil, ont dévalé les premières pentes de ski de l’année. Toutes dents blanches dehors, ils affichent un bonheur insolent en 12 millions de pixels. Je clique sur « j’aime », je parcours les albums, envie ce plaisir qui se dégage, ces amitiés que j’ai autrefois partagées et qui ne sont plus que des ersatz de messages envoyés au hasard, lorsque l’on se rend compte que l’on ne sait plus bien qui ils sont.

Les minutes passent et puis je me demande: qu’y a t il derrière ce bonheur figé? Que s’est-il passé une fois l’appareil rangé? Ont-ils partagé ce bonheur qu’ils affichent? Piqué une tête, dévalé une pente en riant? Ou ont-ils replongé dans leur somnolence en songeant au roulis de la lassitude dans leurs entrailles ? A-t-elle demandé à ce qu’on refasse la photo parce que l’étiquette de son maillot dépassait? A-t-il enlevé exprès son bonnet parce qu’il sait que ça lui donne l’air niais?

En grattant le vernis on retrouve l’horizon du quotidien. On se rappelle que ces deux corps bronzés amicalement entrelacés préféraient se détester, il y a 15 ans. Et que cette fille qui affiche avec fierté sa bague en or certifié nous a confié il y a un an que c’était « l’enfer la vie avec lui ».
Il y a des photos qui respirent la joie parce que le cœur de ceux qui posent vibre de bonheur. Et celles qui en disséminent trop pour qu’il en reste suffisamment à ceux qui les partagent.

Libre à tous de publier ainsi des photos de bonheur volé, qu’il soit palpable ou fictif. Mais vous, spectateurs cachés dans l’ombre de votre écran, cessez de comparer du photoshoppé à votre propre réalité. Photographiez votre café-journal là, votre petit bonheur du quotidien. Saisissez le sourire endormi de vos enfants quand vous les câlinez le matin. Shootez du vrai, du personnel, votre bonheur à vous, sans cocotiers, sans skis aux pieds, mais avec ce tout petit filet d’air, à l’odeur ténue de biscuit chaud, qui s’enroule autour de votre cœur.

 

-Lexie Swing-

Mères et pairs

Tribu./

Tribu./

Chaque matin, je trace ma route sur le trottoir de l’avenue Monkland, après avoir embrassé conjoint et fille devant la maison. Sur mon chemin, je croise des habitudes similaires, des mères qui fendent la foule des écoliers de NDG pour aller prendre le métro, des pères qui remontent la rue en sens inverse, leur progéniture accrochée aux épaules, arrimée à la poussette ou tirée à l’arrière d’une bicyclette. Particularité du quartier? Peut-être. Dans le Monkland Village, les hommes convoient, les mères ramènent. Ou c’est mon imaginaire qui se satisfait de ce partage des affaires équitable.

J’aime cette idée que nous avons atteint un intérêt commun pour la vie que nous avons créée. Que ce ne soit plus seulement un problème de femmes. Je l’ai portée en moi mais il est le premier à l’avoir portée dans ses bras. Allongée sur moi pour notre premier peau à peau, c’était lui qu’elle regardait.

J’aime cette chorégraphie d’un père et d’une mère, de deux mères ou de deux pères, de deux individus qui s’accordent ensemble pour jouer la même mélodie. Elle rattrape l’enfant, il sort le mouchoir, elle essuie, il jette, elle pousse le carrosse, il transporte comme un baluchon leur petit dernier. Et son torse bombé n’est plus le synonyme d’une fierté de jeune premier mais le refuge de l’enfant qu’ils ont porté.

J’aime ce chemin que nous faisons désormais à deux, reliés par un, deux, trois enfants ou plus, encadrant et protégeant ensemble cette famille qui est la nôtre. L’égalité est là, pas dans le partage de l’aspirateur ou la capacité à faire un lit au carré, mais dans la possibilité d’être deux pour aimer, et s’entraider.

-Lexie Swing-

5 à 7

Party./ Photo Fe llya

Party./ Photo Fe llya

J’assistais hier soir à une soirée de lancement. Un 5 à 7 comme on dit communément au Québec. Et l’ambiance, c’est plutôt champagne et cartes de visite glissées entre deux rires forcées que valse lente au milieu des draps, si vous voyez ce que je veux dire. Le réseautage, c’est mon truc, je suis à l’aise comme un saumon de l’Atlantique dans un bain de friture. J’ai donc passé la première partie de la soirée à parler d’amour avec l’amie et collègue qui m’accompagnait. C’est tout l’intérêt du 5 à 7 : retrouver de vieux amis pour s’enquérir des dernières nouvelles tout en s’empiffrant de petits fours.

Mais le plus fabuleux, c’est peut-être ce qui suit. Mettez 30 professionnels dans une salle, inscrivez leur nom et leur entreprise sur le revers de leur veste, donnez leur un verre de vin. De quoi parleront-ils ? D’enfants. Les choses dérivent inexorablement vers les progénitures. C’est un peu le pied d’égalité. Tu gagnes peut-être dix fois mon salaire mais t’essuies des nez coulants tout comme moi. C’est fabuleux ce don que nous avons, nous les adultes, de nous raccrocher aux seules choses – êtres – qui nous connectent les uns aux autres. L’enfant donne un sens à sa vie. Pas le seul sens. Mais un nouveau sens. Et c’est l’enfant, plus que n’importe quel autre aspect de la vie, qui nous rapproche des gens qui nous côtoient. Pas seulement comme une gang de géniteurs, mais parce que, qui que nous soyons, nous sommes capables de nous définir par rapport à l’enfant : comme parents, comme parents-to-be, comme parents-never-be. Qu’on en veuille un jour ou jamais, l’enfant est une définition en soi, une définition de soi. Où que je me retrouve, ma fille est mon ticket gagnant, mon billet d’or dans la tablette de chocolat de Willy Wonka. Elle est ma féérie, mon introduction. Je suis un packaging, avec la maternité comme noeud de cabestan. Et j’y exerce un appui constant. Car, c’est bien connu, noeud de cabestan lâchement fixé tend à se desserrer.

-Lexie Swing-

Ces jeux d’adulte

Escarpins./ Raphaël Labbé

Escarpins./ Raphaël Labbé

« Je vais à une réunion sur les investissements immobiliers… des trucs d’adulte quoi! » Elle pouffe. Des trucs d’adultes. Comme les responsabilités, les papiers à trier et le linge à repasser. Ces trucs d’adulte avec lesquels on jongle sans y croire vraiment, persuadés que c’est une scène, un rôle attribué. Le rideau va retomber et la maîtresse va crier : « Allez Lexie, enlève ton masque, c’est la récréation, n’as-tu pas entendu la cloche sonner? »

S. et moi, on est comme ça. Elle paye, je rédige, elle coache, je materne, et demain peut-être, nous investirons. Mais ce sont des trucs d’adultes. On regarde Disney Channel, on braille en voiture, chantant « et toujours le poing levé » en tenant la (fausse) note, on compare nos escarpins, nos robes, notre poids sur la balance.

Hier, elle m’a dit « il a pris un coup de vieux non? ». « Il » a notre âge : la trentaine en lointaine ligne de mire. Ses joues se sont creusées, ses yeux sont plus cernés et ses cheveux… enfuis! Il porte un costume et des chaussures qui craquent, et souvent il rentre tôt parce que « demain il bosse ». Nous aussi. Lorsque je me couche deux soirs de suite à minuit, j’ai un oeil qui tourne en rond et la bouche qui s’affaisse dès 13 heures venu. J’ai les joues plus creuses, et les yeux plus cernés. Mais Dieu merci, mes cheveux tiennent bon.

Est-ce ça, la vie d’adulte? Ce sens des responsabilités, mêlé à une envie féroce de sauter à pieds joints dans les flaques? Cet argent que l’on gagne, précieusement, pour le claquer dans la première robe venue? Ces enfants qu’on aime passionnément? Cette vie dont on est enfin maître? Cet appartement rien que pour soi… et rien qu’à soi?

Si on m’avait dit que la vie d’adulte était l’addition compliquée d’un gros lot d’amour, d’une sensation de contrôle, d’un stress permanent, d’un tas de choses à découvrir et d’une acceptation presque totale de soi, j’aurais dit vas-y donne, je prends, je prends tout. Le bébé, le chum, la job, l’exil, le chien, les rires, les doutes, et les rides aussi. Je prends tout. Le bonheur j’aime ça, et puis je connais un excellent anti-rides.

 

-Lexie Swing-

L’indignation à l’heure du web

Toile./ Photo Garuna bor-bor

Toile./ Photo Garuna bor-bor

Schumacher est sorti du coma. Le saviez-vous? Moi non. Et quand j’ai lu la nouvelle, j’ai pensé “ah oui, tiens…”

Parce qu’on oublie. Assommés d’informations, on se prend des shoots quasi quotidiens de nouvelles intenses. Une victoire, un attentat, une phrase symbolique, une vie en suspend. L’info jaillit sur un média, aussitôt relayé par 1000 autres médias qui se refilent la dépêche comme des miettes de pain pendant la Grande famine irlandaise de 1845.

Un ricochet raté et c’est toute la Toile qui se met à vibrer. Pendant 24 ou 48h, les posts Facebook se jumellent, les petites phrases sont retweetées, et chaque détail analysé. On décortique, on découpe en 200 la moindre pensée et la moindre expression, même celles qui ne prennent que trois lettres à écrire.

Lorsqu’un cravaté un brin politisé dit merde à voix haute, son juron est disloqué jusqu’aux plus hautes sphères des médias. France Info nous rend l’info brute, Le Monde nous apprend le contexte, France Inter nous refait l’histoire du mot merde, quand le HuffPost nous donne le top 50 des meilleures-insultes-à-cinq-lettres-déjà-prononcées-par-des-hommes-politiques. Outre Atlantique, on déplore la fin de la bienséance à la française quand Outre Manche, on se moque du taulé général provoqué à cause d’un mot lâché par un type haut placé, mais humain donc.

La toupie tourne si vite que le tournis vous vient. Et puis soudainement tout s’arrête. Cela fait 25 heures, une autre journée commence. Un nouveau mot, de nouveaux morts, de nouvelles naissances, de nouveaux scandales. Les partages reprennent, tambour battant, et déjà, vous oubliez. Quel était le mot? Et qui était cet homme? Comment, déjà, l’a-t-il prononcé? Et pourquoi cela vous a-t-il écoeuré?

Demain, vous n’aurez qu’un souvenir flou, l’image d’un type cerné, la cravate desserrée. Dans dix jours, vous googlerez un pan de mémoire incertain: politique+cravate rouge+ insulte. Dans vingt ans, il mourra, et l’info ressurgira, intacte. L’homme qui avait dit merde est décédé, lirez-vous alors dans la presse en ligne. “Ah oui, tiens…”.

Schumacher, Maddy, Camille, nine eleven, Game of Thrones, Paul Walker et les seins nus de Facebook, l’info va et vient, au gré du partage croissant, des réactions violentes et de l’indignation réelle. Et puis elle s’enfuit, elle glisse entre les fils de la Toile, et l’indignation se met en veille, en même temps que le fond d’écran.

 

-Lexie Swing-

L’effet papillon de la politesse

Help me./ Photo Vdtainfo

Help me./ Photo Vdtainfo

« Dis merci à la dame ». La politesse, c’est l’une des valeurs principales qu’on voudrait tous transmettre. Mais remercier, ça ne se fait pas du bout des lèvres, les yeux baissés et le sourire fermé. Ça prend un échange de regards, un sourire franc, une voix qui porte. « Dis merci à la dame, souris lui, et regarde la suffisamment longtemps pour voir si elle a souri en retour ». Voilà ce que je voudrais vraiment enseigner à ma fille.

Le partage de générosité, ce sont ces petites réactions en chaîne qui font que, parce que quelqu’un te laisse traverser à 10h, tu cèderas avec plaisir ta place dans le métro à 10h30. Au passage, tu auras avalé une bonne dose d’optimiste et de bonne humeur.

Hier soir dans le bus, dix personnes ont accepté de se pousser pour laisser circuler ma poussette. Deux l’ont saisie pour la glisser à la place sé-cu-ri-taire que réclamait le chauffeur. Une dame s’est levée pour laisser sa place à un vieux monsieur. Vieux monsieur qu’une jeune fille et moi avons rattrapé par les deux mains alors que le démarrage du bus le projetait contre la foule congestionnée. Il s’est assis en expirant difficilement, nous gratifiant au passage d’un chaleureux « Thank you very, very much ». A la descente du bus, il est sorti dans les premiers, soudainement revigoré, et a tenu la porte du fond ouverte pour l’ensemble des passagers qui sortaient (terminus).

CQFD. C’est l’effet papillon du coup de main.

Il y a quelques années, quand j’étais  encore jeune et frivole sur les bancs de Science Po (non, pas Paris ;)) j’ai assisté à un cours, de communication je crois, qui évoquait une étude sur ce phénomène. Un monsieur demandait de l’aide à des passants sous prétexte qu’il était perdu, puis il les remerciait à plusieurs reprises, leur disant au passage qu’ils étaient « vraiment des gens biens ». Ainsi portés aux nues, les passants repartaient, le cœur léger, et apercevaient… une dame qui laissait tomber un billet de son sac.

Lorsque l’étude initiale avait été réalisée, on laissait juste tomber le billet du sac, il n’y avait pas de passant perdu. 50% des gens environ ramassaient le billet et interpellaient sa propriétaire pour le lui rendre. Après l’intervention du passant, ce chiffre montait à 80%.

Faire preuve d’altruisme et en être remercié, c’est le meilleur moyen d’avoir envie de recommencer. Le sourire de la vieille dame qui traine sur le passage piéton légitime les minutes perdues avant d’arriver au travail. Les remerciements de la maman lourdement chargée font oublier le mal de dos qui s’est pointé après les 60 marches grimpées en soulevant un carrosse taille XXL. Les mimiques d’un enfant qui profite d’une place assise rendent nos propres pieds légers, même après dix stations debout.

Les sourires de remerciement m’accompagnent au moins dix minutes, un échange de politesse amusée peut me faire la demi-journée. Aider les autres ça commence par tenir une porte et rendre un sourire. Pas si compliqué, si?

-Lexie Swing-

PS: Oui il y a 20% de connards!

Douce France qui a perdu son insouciance

Il y a un mois, je publiais sur le site internet de mon travail un article volontairement sarcastique sur les choses à savoir avant de proposer un rendez-vous à une secrétaire. Au programme : mise en avant des petits détails maniaques et autodérision. Mes lectrices québécoises, adjointes et secrétaires en tête de peloton, ont adoré, argumentant que c’était « tout à fait elles », « que ça allait bien faire rire leur mari », qu’elles allaient envoyer cet article « à tous leurs contacts pour qu’ils sachent à quoi s’en tenir ».

Hier, nous avons repris l’article pour le publier sur l’un de nos sites français. Les termes qui sont le plus revenus dans les commentaires? « Affligeant », « misogyne », « idiot », j’en passe et des meilleurs. Je ne le prends pas personnellement car ce n’est pas la première fois que le phénomène se produit. Dès que nous publions un article qui nécessite un bon sens d’autodérision ou qui se veut humoristique, les Québécois applaudissent pendant que les Français crient au scandale.

French flag./ Photo Luc Legay

French flag./ Photo Luc Legay

Pourquoi? Lorsque j’ai soufflé ma colère sur mon Facebook privé, une amie parisienne m’a rappelé le cynisme latent, la mauvaise humeur palpable, les broyeurs de noir qu’elle côtoie au quotidien. Elle m’a surtout rappelé, avec toute l’honnêteté possible, qu’elle-même était comme ça.

Mais moins que le cynisme, que j’apprécie lorsqu’il est bien manié, je déplore les réflexions des bien-pensants. Sur Internet, ils sont partout. Avez-vous déjà regardé les commentaires d’articles de Rue89? La première moitié critique le travail du journaliste, quand les seconds se déchirent sur le fond. Ils se taclent les uns les autres, égratinant au passage l’auteur, revenant sans cesse argumenter, à n’importe quelle heure du jour et de la nuit, comme s’il n’y avait que cette vie désespérément virtuelle qui comptait.

Je suis partie aussi pour ça, parce que j’avais besoin d’une espèce de joie de vivre enveloppante, fusse-t-elle culturelle ou superficielle. Depuis que je suis ici, j’ai connu des hauts, des bas, des obstacles, mais je n’ai jamais connu la morosité. J’ai réussi chaque matin à croiser des visages souriants, et même le soir, même avec la fatigue qui pèse sur les épaules, j’ai vu des yeux qui brillaient, j’ai entendu des voix qui s’animaient, j’ai admiré de la politesse, j’ai intégré de la bonne humeur. Et ça m’a porté.

– Lexie Swing-

She’ll be your Valentine

Be my Valentine./ Photo Craftivist Collective

Be my Valentine./ Photo Craftivist Collective

Veille de la Saint-Valentin. Les chocolatiers, les restaurateurs et surtout les boutiques de lingerie se frottent les mains. Cette fille a tout: le chocolat, le sac plein de lingerie fine et sûrement la réservation de 18 heures dans le resto de leur première fois. Assise à mes côtés dans le bus, elle trifouille la dentelle et la soie à travers le papier fuchsia qui dissimule son trésor.

Quand lui sortira-t-elle le grand jeu? Avant même le repas, comme au troisième rencard? En revenant de leur douce soirée, la porte à peine passée?

Attraperont-ils un chocolat au vol? Lui rappelera-t-il qu’il l’aime?

Ce sera leur dernière Saint-Valentin comme ça. L’an prochain ils seront trois. Ou peut-être même dès ce printemps, si j’en crois le rebondi de son ventre qui frémit dans la soie, sous le froufrou fuchsia.

Et sous les chocolats.

Que vous la fêtiez ou non, je vous souhaite une excellente Saint-Valentin, puisse-t-elle être douce comme la soie et gourmande comme du bon chocolat…

-Lexie Swing-

Madiba est mort

Madiba est mort. J’étais dans le bus quand ils l’ont annoncé. A croire que je suis toujours dans le bus d’ailleurs. J’ai laissé échappé un cri de surprise, pourtant il ne pouvait pas y avoir d’erreurs, ce n’était pas Paul Walker, il n’avait pas la trentaine. L’annonce de sa mort prochaine était devenue une vieille rengaine.

Nelson Mandela./

Nelson Mandela./

Madiba est mort. Demain, dans les journaux, il y a aura des hommages internationaux. On parlera d’un homme courageux. On évoquera quelqu’un qui parlait de la même façon, aux Grands de ce monde et aux opprimés. Ce sera un peu du déjà-vu, on transposera les hommages à Desmarais et on leur collera de la chaleur africaine, pour faire plus vrai.

Ca fait beaucoup de gentillesse perdue en peu de temps, ça va finir par nous gâcher Noël. C’était un peu un surhomme Madiba. Il faut être quelqu’un de fort pour se relever après 27 ans de prison. Il faut être un surhomme pour pardonner, oeuvrer pour la paix, louer l’amitié.

C’est chouette les héros. On se raccroche à leurs exploits. On se dit que l’espèce humaine n’est pas encore gangrenée jusqu’à la moelle puisqu’il y a encore des hommes comme ça. On balance leurs grandes phrases à voix haute. Genre « Aucun de nous, en agissant seul, ne peut atteindre le succès ». On se sent philosophe.

Madiba, il avait sûrement eu plus que sa part de bonté au départ. Et comme l’Histoire l’a souvent montré, ça ne va pas toujours de pair avec la chance. Maintenant qu’il est parti, il y a peut-être eu redistribution pour donner un peu de bon sens à une poignée de malfrats, en ce bas-monde.

Ou bien il y a une fille (chacun son tour) qui vient de naître quelque part, et quelques bonnes fées tiennent un conciliabule au-dessus du berceau. Changera le monde ou ne changera pas?

Votre regard nous manquera.

-Lexie Swing-