Rive-Sud : prendre le train de banlieue

Au bords des rails./ Photo DR Lexie Swing

Au bord des rails./ Photo DR Lexie Swing

Depuis un mois maintenant nous vivons sur la rive-sud de Montréal. À la faveur d’un achat de maison longuement soupesé – les poids du chien et de l’enfant combinés ne laissaient aucun doute – nous avons rejoint la petite ville de Saint-Bruno-de-Montarville. Parc naturel, pistes de ski, nombreuses activités sportives et de loisirs, coeur commerçant à l’image des gros villages tels qu’on en voit encore en Europe, on pouvait difficilement trouver mieux.

 Si nul ne remet en cause les qualités d’une vie en maison (seuls!!) (pas de voisins bruyants, s’engueulant, claquant ses portes, injuriant leurs femmes et maris, insomniaques, et j’en passe) et celles d’un jardin, on s’inquiète souvent des transports. “Mais comment tu fais pour venir?”, me demande-t-on sans cesse. Mr Swing travaille sur la Rive-Sud, il voyage donc en voiture, et a du même fait la responsabilité de la miss à couettes (matin et soir, jalousez-moi :)) qu’il dépose et reprend à la garderie.

Et moi ? Moi j’ai découvert le transport en train. Que j’appréhendais, je dois le reconnaître. Sera-t-il à l’heure (une vraie question à se poser lorsqu’il fait -23 comme aujourd’hui) ? Ressemble-t-il à un RER parisien ? Trouverais-je une place assise ? Et puis combien de temps ça me prendra pour arriver au travail ?

 Dire que j’ai été agréablement surprise est un euphémisme (quoique les euphémismes sont d’ordinaire réservés aux idées négatives il me semble). La gare de Saint-Bruno est située un peu en dessous de la ville, sur le chemin de Mr Swing, mon chauffeur particulier! En fait de gare, il s’agit vraiment de quelques abris dispersés le long de la voie de chemin de fer, située à même hauteur que nous. Une vraie gare de campagne! Le train arrive à petite allure, nous montons, le chauffeur observe les passagers debout sur le marchepied. Lorsque les retardataires ont rejoint leurs sièges, il redémarre, toujours à petite allure (50 km heure environ).

 A l’intérieur, c’est neuf, propre et riche en places assises. En montant à Saint-Bruno, peu de chances de se retrouver debout, les sièges ne manquent pas! On s’assoit confortablement, pour un court voyage, au son des gens qui pianotent et des pages de livres qui se tournent. Deux nouvelles gares et nous attaquons la traversée du fleuve Saint-Laurent par le pont Victoria. Un moment assez magique.

 

Traversée du pont Victoria./ Photo DR Lexie Swing

Traversée du pont Victoria./ Photo DR Lexie Swing

25 minutes après notre départ, nous entrons en gare de Bonaventure, tout près du métro du même nom. Les passagers sortent en rang d’oignons, laissant patiemment s’intercaler les voyageurs des autres wagons. Nul ne peste et tout le monde attend son tour, encore un peu endormis que nous sommes par le doux voyage.

 10 minutes et une petite balade à pied – dont une partie en souterrain commercial – plus tard, je rejoins la rue Peel où je travaille. À cinq minutes près, mon temps de voyage est donc équivalent à celui que j’avais en provenance du quartier d’NDG à l’ouest de Montréal, mais je n’ai aucun changement et j’ai toujours une place assise.

 Le soir, trajet retour. Un bus attend les passagers pour remonter en une dizaine de minutes vers le centre-ville où je demeure.

 Un bémol ? Les trains ne circulent qu’aux heures de travail, c’est-à-dire entre 7 et 9h (en gros) et entre 16 et 18h le soir. Un trajet se fait à midi entre la gare et Saint-Bruno mais je m’y suis deja laissée prendre : aucun bus n’attendait à l’arrivée et la gare étant décentrée, j’ai dû finir par appeler – après moult péripéties – un taxi. En journée, le trajet se fait donc par bus, directement vers la station Longueuil depuis laquelle on rejoint la station Berri Uqam. Comptez une heure au moins…

 

 

-Lexie Swing-

 

Tous ces m-eaux…

"Visiting tap falls"./ Photo Stevie Spiers

« Visiting tap falls »./ Photo Stevie Spiers

Hier, branle bas de combat. La nouvelle était partout: 28000 litres de diesel s’étaient déversés dans le fleuve rendant impropre à la consommation l’eau de 4 villes de la Rive-Sud de Montreal, dont la nôtre et celle où notre fille va à la garderie. Tout le monde était tellement au courant que mon propre père m’a envoyé un message, prévenu par un ami commun qui me veut du bien. C’est fichtrement la merde mais j’ai quand même trouvé que le destin avait vachement d’humour. Les problèmes d’eau ces temps-ci ça nous connaît. Entre le drain bouché inversant la pesanteur dans nos toilettes du bas et le chauffe-eau trop vieillot que l’on s’apprête à changer, on était comme qui dirait déjà dans le bain (j’me trouve drôle).

Ceci dit, l’amoureux a un peu paniqué et m’a demandé, moi qui travaille sur l’île de Montréal, d’aller acheter quelques bouteilles d’eau pour pallier la pénurie qui s’est installée sur la Rive Sud quelques heures à peine après l’annonce de ce matin. Nous ne buvons que de l’eau en bouteille, élevés tous deux à la sainte source de l’eau minérale délicatement empaquetée, mais on est jamais trop prudents. Je rentre donc, lourdement chargée mais bien armée. L’essence ne passera pas par nous.
-Lexie Swing-

Back in France

Aéroport nous voilà./ Photo  abdallahh

Aéroport nous voilà./ Photo abdallahh

7 heures d’avion et au bout du chemin la France. Et mes parents à l’arrivée. Depuis 18 mois nous avons fait moults fois le trajet aller et retour pour l’aéroport. Attendre. Empêcher Miss Swing de lécher les poteaux qui retiennent les cordons. Apercevoir nos proches. Sourire. Trépigner. Serrer dans nos bras. Prendre des nouvelles du vol. Présenter Montréal. Vivre de doux moments. Revenir à l’aéroport. Serrer encore dans ses bras. Retenir ses larmes. Ne pas s’attarder.

Pour la première fois nous sommes ceux qui arrivent, ceux qui repartiront. Nous débarquerons à l’aéroport de Montréal en taxi, chargés comme des mulets et nous installerons dans l’avion en croisant les doigts pour que Miss Swing hurle moins que les dix autres petits enfants aperçus dès l’enregistrement. Le vol se passera. Nous arriverons à Amsterdam, avant de rembarquer pour Toulouse. On nous aura attendus, en trépignant peut-être. Avec le sourire sûrement.

On est contents d’être pour une fois ceux qui partent, ou qui arrivent. Ceux qui sont de passage. Même si l’une de nos valises portera 20 kilos de linge sale… Parce que notre récent déménagement et quelques péripéties avec l’électroménager ne nous a pas permis de faire tourner assez de machines.
Notre agenda est celui d’un candidat à la présidentielle, et la liste de plats gras-au fromage que l’on a prévu de manger effrayante. Ce sera intense, joyeux, éreintant, sûrement triste un peu aussi…. Et puis nous rentrerons nous reposer au travail en janvier.

Et vous, que faites-vous pour les fêtes ?

 

-Lexie Swing-

J’ai signé l’achat de ma maison, c’était un mercredi et il neigeait

Nouvelles clés./ Photo Linus Bohman

Nouvelles clés./ Photo Linus Bohman

Rendez-vous à 18h. Nous prenons la route sous la poudrerie, cette neige fine et battante qui fait des siennes depuis 24 heures. Les rues sont bouchées, les principales artères impraticables, il est 18h10 quand nous passons la porte du notaire.

Ils sont plusieurs à nous attendre déjà : le notaire donc, mais aussi le vendeur et son courtier. Le nôtre, gardien bienveillant, nous rejoindra plus tard, lorsqu’il aura lui -même dompté la tempête.

“Madame, Monsieur…”. Devant tant d’importance, Miss Swing est saisie. Elle profite de l’occasion pour attraper un crayon gras et retapisser le bureau en bois verni du notaire. J’essuie discrètement les traces d’un index humidifié, sans trop de succès.

On nous présente le bâti, les plans, précise que l’occupante a laissé les rideaux. Et puis une pelle, un escabeau, quelques plafonniers, bien trop pressée de partir après des mois d’une succession difficile. “Voici le papier qui vous rend propriétaires”, souligne le notaire. La tension est à sa comble, Miss Swing n’en perd pas une miette, dévorant avec force bruits et postillons une viennoiserie à l’érable dénichée au fond d’un sac et qui devait revenir à son père.

“Signez ici Madame”. Je transfère enfant, sac et miettes à Mr Swing et saisis un stylo au hasard – le notaire en a une bonne trentaine absolument identiques sur son bureau – et signe d’une main et d’un oeil, tandis que l’autre tente d’identifier les possibilités qu’une petite main graisseuse se pose sur le papier au moment où je vais glisser celui-ci vers mon co-signataire.

 Et puis il est l’heure de sortir. On nous tend les clés sans cérémonie. De toute façon, l’un de nous est déjà parti à la recherche d’un nain repu égaré dans le couloir. On se retrouve sur le parking un peu hébétés, nos nouvelles clés carillonnant dans nos mains. Un détour par une boutique de sandwichs pour s’approvisionner et nous traversons lentement la petite zone de commerces située au dessus de la maison. La neige continue sa valse tourbillonnante et le sol uniformément blanc donne à Saint-Bruno un petit air de village de ski.

 On a fêté notre achat accoudés (ou assis, selon nos tailles respectives) aux meubles de la cuisine, avec des sandwichs chauds, des chips (les premières pour Miss Swing dont l’appétit était déjà revenu) et du jus de pomme. Un pique-nique improvisé dans notre maison vide et silencieuse, toute prête pour notre nouvelle vie.

 

Ensuite Miss Swing a découvert les placards où se cacher, les escaliers à descendre sur les fesses, la chasse d’eau que l’on peut tirer quinze fois de suite, les poignées de porte à sa hauteur… Et le spectacle a commencé.

 

-Lexie Swing-

 

Mères et pairs

Tribu./

Tribu./

Chaque matin, je trace ma route sur le trottoir de l’avenue Monkland, après avoir embrassé conjoint et fille devant la maison. Sur mon chemin, je croise des habitudes similaires, des mères qui fendent la foule des écoliers de NDG pour aller prendre le métro, des pères qui remontent la rue en sens inverse, leur progéniture accrochée aux épaules, arrimée à la poussette ou tirée à l’arrière d’une bicyclette. Particularité du quartier? Peut-être. Dans le Monkland Village, les hommes convoient, les mères ramènent. Ou c’est mon imaginaire qui se satisfait de ce partage des affaires équitable.

J’aime cette idée que nous avons atteint un intérêt commun pour la vie que nous avons créée. Que ce ne soit plus seulement un problème de femmes. Je l’ai portée en moi mais il est le premier à l’avoir portée dans ses bras. Allongée sur moi pour notre premier peau à peau, c’était lui qu’elle regardait.

J’aime cette chorégraphie d’un père et d’une mère, de deux mères ou de deux pères, de deux individus qui s’accordent ensemble pour jouer la même mélodie. Elle rattrape l’enfant, il sort le mouchoir, elle essuie, il jette, elle pousse le carrosse, il transporte comme un baluchon leur petit dernier. Et son torse bombé n’est plus le synonyme d’une fierté de jeune premier mais le refuge de l’enfant qu’ils ont porté.

J’aime ce chemin que nous faisons désormais à deux, reliés par un, deux, trois enfants ou plus, encadrant et protégeant ensemble cette famille qui est la nôtre. L’égalité est là, pas dans le partage de l’aspirateur ou la capacité à faire un lit au carré, mais dans la possibilité d’être deux pour aimer, et s’entraider.

-Lexie Swing-

In french please

Not a word./

Not a word./

Montréal, c’est cette belle ville résolument francophone, joyeuse et fière de faire résonner dans ses rues la langue de Molière. Montréal, c’est aussi une ville où l’on peut passer 60 ans à parler anglais sans avoir jamais appris autre chose que « merci » ou « au revoir » en français.

Ce paradoxe me fascine. D’ailleurs ça fait 4 fois cette semaine que je raconte la même histoire et nous ne sommes que jeudi.

Tout s’est passé lundi, dans le bus bondé qui m’entrainait vers mon quartier. Une coreligionnaire, qui me sait francophone, m’a ainsi demandé la traduction de « brain » en français. Je la lui donne donc un peu étonnée, avant de lui dire « Mais vous parlez bien les deux langues vous non? » (C’était l’impression que j’avais eu à force d’observation – le bus de 4 heures est mon territoire d’enquête privilégié). Et celle-ci de m’expliquer que, malgré sa naissance il y a 60 ans en plein cœur de Montreal, elle n’a jamais eu le loisir d’apprendre autrement le français qu’au travers de l’heure hebdomadaire de cours durant laquelle on faisait ânonner le passé simple à des élèves fatigués de tant de théorie grammaticale. Elle a fréquenté les écoles anglophones, atterri dans une entreprise qui l’était tout autant, puis une autre, et a filé ainsi à travers les années sans vraiment maîtriser les rudiments de cette langue consœur. Et ce – tenez vous bien – alors qu’elle a épousé la vingtaine à peine sonnée un montréalais francophone! Mais visiblement peu patient, et certainement bilingue, il a fait de l’anglais la langue officielle du couple, remisant aux oubliettes le partage de cette langue qui était la sienne de naissance.

Le voyage s’arrête là, mon arrêt est le prochain. Je ne saurais pas si leurs enfants ont pu glaner quelques rudiments de français du côté paternel, ni comment on fait lorsqu’on grandit dans une province majoritairement francophone. On verra demain peut-être, au prochain trajet.

-Lexie Swing-

Toi et moi

Montréal mon amour./ Photo Gerry Lauzon

Montréal mon amour./ Photo Gerry Lauzon

Je ne me souviens pas du moment précis de notre coup de foudre, mais je pense qu’il s’est produit sur papier glacé, avant même que l’on se rencontre pour de vrai. Je t’ai aimé au premier regard. Tu étais charmant, accueillant, tranquille et bienveillant. Tu n’étais pourtant pas de tout repos! Les premières semaines, tu soufflais le froid et le chaud, m’obligeant à redoubler d’ingéniosité pour te suivre.

Grâce à toi, j’ai redonné un souffle à ma carrière professionnelle, attrapant au vol les rênes que l’on me tendait, et me rendaient désormais responsable d’un site tout entier.

Grâce à toi, j’ai donné à ma fille la chance de connaître deux nounous parfaites, qui la font rire et danser chaque jour, et lui apprennent tant de choses que je reste souvent pantoise de ses progrès au quotidien.

Grâce à toi, mon amoureux poursuit sa carrière avec brio, et a choisi sans hésitation de changer de parcours, parce que tu lui as rappelé que, oui, c’était possible, et qu’avec toi toute expérience était une expérience de plus, et pas une tache dans un CV.

Tu m’as fait découvrir la tarte au sucre, et le hockey, le cidre en petites bouteilles, les expressions comme « sa blonde » même si je suis brune, « avoir la fale à l’air » qui m’a valu quelques quiproquos, et « ça me bouillonne dans le fond d’la flûte » , sans commentaires! Tu m’as fait aimer les orignaux et détester les écureuils, parce qu’ils vident ma poubelle sans vergogne dès que j’ai le dos tourné.

Tu m’as appris à traverser les tempêtes et les canicules,  à résister au -40 degrés de l’hiver dernier et aux +35 d’il y a quelques jours. Tu m’as montré que j’avais des ressources, des tas, même en plein blizzard, perdue au milieu de nulle part, ma fille sur la hanche, avec pour seule vision le bus qui file au loin.

Grâce à toi, je sais désormais prendre mon temps. Je ne râle plus. Je ne critique presque plus. Sauf les vélos, qui continuent à me griller la priorité à tous les coins de rue.

Tu as fait de moi quelqu’un de meilleur, je crois, et de plus heureux, c’est sûr.

Joyeux premier anniversaire mon Canada.

 

-Lexie Swing-

Cours de secourisme

Chien sauveteur./ Photo Mirror

Chien sauveteur./ Photo Mirror

Je suis désignée pour suivre le cours de secourisme et sauver ainsi la vie de mes congénères. Enfin de mes collègues. Oui, ils ont peur maintenant.

Le secourisme au Québec, ça ressemble en tout point au secourisme en France, sauf sur deux points : on aborde la question des procès (« vous lui avez planté un stylo d’épinéphrine, vous agissiez en toute bonne foi, non il ne peut pas vous attaquer parce que son coeur s’est emballé après ça ») et la fameuse question « Mais qui va payer l’ambulance » (que celui qui vient de répondre « la Sécu » veuille bien reboucher un peu du trou qu’il a creusé).

Sinon, on a rigolé un peu. Il faut bien. C’est pas facile de mettre sur le côté quelqu’un qui fait le mort. Surtout quand on te crie : « Mais attrape-là par ses jeans je te dis. Ses jeans! Je t’ai pas dit ses bobettes non plus ».

Extrait :

La monitrice :  Tu sais qu’elle est asthmatique. Elle se met à respirer difficilement, tu fais quoi ?

Moi : J’vais lui chercher sa ventoline.

Un autre stagiaire : Attends, qu’est-ce qu’elle a dit?

– Elle a dit sa ventoline. Elle veut dire sa pompe.

– Ok, je vais chercher sa pompe. Et là?

– Et là tu reviens et t’as pas la pompe.

– J’ai pas la pompe?

– T’as pas la pompe!

– Pourquoi j’ai pas la pompe?

– Parce que t’as oublié de lui demander la clé de son casier.

 Extrait 2 :

– C’est quoi l’hémophilie?

– C’est une maladie génétique qui ne te permet pas de bien cicatriser, du coup si tu te blesses, tu saignes et ça ne s’arrête pas.

– C’est ça! L’hémophile, il a des plaquettes solitaires. Alors que pour consolider, c’est une gang de plaquettes qui s’tiennent par les épaules qu’il te faut!

 

– Lexie Swing-

 

Génération expat

Canada./ Photo Lynn Harris

Canada./ Photo Lynn Harris

Il est 6h. Il dort encore. Je me lève. Ils mangent. Elle goûte. Ils s’endorment… pour leur nuit suivante. Génération d’expatriés. Nous étions du même endroit minuscule, et nous avons envahi le monde, à la recherche d’aventures, de meilleurs jobs, d’une plus belle vie. On a suivi quelqu’un, on est parti seul, on a déconstruit, reconstruit, on s’est invité, on a décidé qu’ici c’était chez nous, et que là-bas, c’était chez nous aussi.

A l’échelle de l’expatriation massive de notre génération, les océans sont des piscines à bulles. Il n’y a plus vraiment de frontières, plus vraiment de patries. On picore le meilleur de chaque, recevant par colis tout ce qu’on ne trouve pas, dévalisant les commerces de tout ce qui fait la richesse d’ici. On mange des chèvres chauds au sirop d’érable, de la poutine au camembert. On a plus de mots d’argot que n’importe qui à notre vocabulaire.

Folle génération d’expatriés, qui partout s’est évadée. Toujours vus comme des fugitifs, alors que nous ne sommes que des assoiffés, qui voulons perdre nos habitudes, se mettre en danger, recommencer de zéro, et aimer à nouveau, poser un regard neuf, s’extasier, apprécier, rentrer, repartir, se trouver, se choisir un endroit, pour poser ses bagages. Planter les fils de sa vie, avec des sardines branlantes, regarder la toile se défaire, et dévaler dans la pente. Être près à s’envoler, n’être ni d’ici ni d’ailleurs, mais toujours, toujours, chercher le meilleur.

(J’ai plus de souffle, trop longue tirade)

 

-Lexie Swing-

Balade à Sainte-Anne-de-Bellevue

Sainte-Anne de Bellevue./ Photo DR Lexie Swing

Sainte-Anne de Bellevue./ Photo DR Lexie Swing

Nous étions partis pour Fundissimo (qui s’appelle en réalité FundoMundo mais impossible de retenir le bon nom), une aire de jeux intérieure pour les enfants. Mais la place étant déserte, les proprios ont décidé de tout fermer une heure avant l’horaire habituel. Les bras ballants et la mine coupable, nous avons donc digéré le refus et choisi de nous replier un peu plus à l’ouest de Montréal : à Sainte-Anne-de-Bellevue.

La belle a pignon sur fleuve. Au vu des vacanciers léchouillant des glaces à la vanille et des enfants courant sur le ponton, un sentiment de vacances nous a chatouillé l’estomac. Les yeux mi-clos dans le soleil et les cheveux rabattus par le vent marin, nous avons longé le fleuve, découvrant au passage les jolies terrasses et les bateaux avec Monsieur aux commandes et Madame à l’ancrage. Nous avons même admiré l’imbattable combo: vieux beau au volant, Barbie sur la proue et le caniche sur la poupe.

Arrivés sur la jetée, nous avons fait demi-tour pour traverser le village, tout aussi sympathique! Un joli spot qui sent bon les vacances. Parfait pour se sortir la tête du quotidien durant quelques heures!

Le petit plus de la sortie : Nous avons repris la voiture direction l’Ile-Perrot où Mr Swing connaît un excellent restaurant. C’est un secret bien gardé: un japonais installé dans la zone commerciale, pas loin de l’IGA. Appelé le Zento, il propose des plats très variés, aussi bien bar à sushis que poulet frit sauce sucrée. Un délice! Quant aux minipouces, ils vous blufferont pour leur goût des épices et leur capacité à manger avec des baguettes! A tester absolument…

-Lexie Swing-