Parce que tu m’épates

La petite Sophie à 19 mois./ Photo Jen Spenningsby

La petite Sophie à 19 mois./ Photo Jen Spenningsby

Chaque jour nous assistons, incrédules, à la façon dont tu ordonnes ton petit monde. Si tu parles déjà bien pour tes 19 mois, tu comprends encore mieux, et presque tout. Chaque jour, tu nous laisses pantelants d’admiration. D’ailleurs récemment…

– Ton père t’a descendue de ta chaise haute avant de glisser à ton oreille : « Va chercher le livre avec Elmer, et attends moi sur le canapé ». Tu n’avais lu l’histoire d’Elmer qu’une seule fois, mais qu’importe, tu l’as sortie triomphalement de ta pile de livres avant de te hisser avec force efforts sur le canapé trop haut.

– Tu nous a dit que tu avais « fini » tandis que tu étais dans le bain. Lorsque ton père est arrivé, tu avais rangé tous tes jouets, et tu désignais ta serviette.

– Ce matin, tu es partie dans la chambre parentale, et puis tu es revenue, désolée : « Papa dodo »…

– Tu as regardé l’image, puis le puzzle, puis l’image, puis le puzzle, puis en deux temps, trois mouvements, tu as assemblé le puzzle, posé triomphalement l’image dessus avant de passer au suivant.

– « Passe moi le cochon » demande ta marraine en désignant ton nouveau jeu. Tu n’as jamais vu de cochon. Qu’importe, tu cours vers la table, soulève les animaux un à un, et puis voilà, finalement, si, tu sais : tu empoignes la pièce de bois rose et la ramène ravie.

– Nous partons en balade. Tu es impatiente. D’ailleurs tu as déjà tes chaussures et ton chapeau. Tu nous vois nous activer et hop tu passes à l’action, saisissant les chaussures de chacun avant de les lui poser devant les pieds, sans jamais te tromper. « Nan chérie, je ne veux pas celles-là, je vais prendre mes baskets », je te dis. Aussitôt dit, aussitôt fait, tu remportes les ballerines, les échangent contre mes baskets, que tu tentes ensuite désespérément de m’enfiler sur les pieds tandis que je finis la vaisselle.

Chaque jour qui passe apporte son lot de découvertes et de stupéfaction. Et vous, comprennent-ils tout?

-Lexie Swing-

Mug cake au chocolat

Mug cake au chocolat./ Photo DR Lexie Swing

Mug cake au chocolat./ Photo DR Lexie Swing

La semaine dernière, c’était les vacances. L’occasion de revisiter Québec, de prendre un bol d’air entre (grandes) filles, de magasiner et de se dorloter devant des repas vins-fromages et des gâteaux au chocolat préparés en quelques minutes. Parce que oui, dix minutes, c’est le temps qu’il te faudra pour choisir une tasse, y touiller deux trois ingrédients, mettre le tout au micro-ondes et t’asseoir pour savourer le tout devant la saison 8 de The Big Band Theory (au hasard).

Enclenche le générique, et c’est parti. Marraine-la-meilleure-du-monde te file sa recette.

Pour un mug cake (si ton bébé-mignon a un appétit proportionnel à sa taille, un mug cake pour deux suffira), il te faut : 2 barres + 3 carreaux de chocolat pâtissier, de la farine, du sucre, un oeuf.

Fais fondre au micro-ondes le chocolat dans le fond de ta jolie tasse avec un peu d’eau, ajoute 2 à 3 cuillères à soupe de sucre et mélange. Ajoute un oeuf et touille bien. Puis 4 cuillères à soupe de farine. Mélange activement, puis glisse au milieu (dans le sens de la hauteur) 3 carreaux de chocolat (attention, pas trop bas sinon ça brûle!) pour faire un coeur fondant (range cette langue que je ne saurais voir).

Place ta tasse sur le bord du plateau du micro-ondes (et non au milieu)  et laisse cuire une minute à pleine puissance. Pique au couteau et remets 30 secondes au besoin.

A déguster à la petite cuillère….

-Lexie Swing-

 

5 à 7

Party./ Photo Fe llya

Party./ Photo Fe llya

J’assistais hier soir à une soirée de lancement. Un 5 à 7 comme on dit communément au Québec. Et l’ambiance, c’est plutôt champagne et cartes de visite glissées entre deux rires forcées que valse lente au milieu des draps, si vous voyez ce que je veux dire. Le réseautage, c’est mon truc, je suis à l’aise comme un saumon de l’Atlantique dans un bain de friture. J’ai donc passé la première partie de la soirée à parler d’amour avec l’amie et collègue qui m’accompagnait. C’est tout l’intérêt du 5 à 7 : retrouver de vieux amis pour s’enquérir des dernières nouvelles tout en s’empiffrant de petits fours.

Mais le plus fabuleux, c’est peut-être ce qui suit. Mettez 30 professionnels dans une salle, inscrivez leur nom et leur entreprise sur le revers de leur veste, donnez leur un verre de vin. De quoi parleront-ils ? D’enfants. Les choses dérivent inexorablement vers les progénitures. C’est un peu le pied d’égalité. Tu gagnes peut-être dix fois mon salaire mais t’essuies des nez coulants tout comme moi. C’est fabuleux ce don que nous avons, nous les adultes, de nous raccrocher aux seules choses – êtres – qui nous connectent les uns aux autres. L’enfant donne un sens à sa vie. Pas le seul sens. Mais un nouveau sens. Et c’est l’enfant, plus que n’importe quel autre aspect de la vie, qui nous rapproche des gens qui nous côtoient. Pas seulement comme une gang de géniteurs, mais parce que, qui que nous soyons, nous sommes capables de nous définir par rapport à l’enfant : comme parents, comme parents-to-be, comme parents-never-be. Qu’on en veuille un jour ou jamais, l’enfant est une définition en soi, une définition de soi. Où que je me retrouve, ma fille est mon ticket gagnant, mon billet d’or dans la tablette de chocolat de Willy Wonka. Elle est ma féérie, mon introduction. Je suis un packaging, avec la maternité comme noeud de cabestan. Et j’y exerce un appui constant. Car, c’est bien connu, noeud de cabestan lâchement fixé tend à se desserrer.

-Lexie Swing-

J’ai vu ton nom

Fillette./ Photo Courtney Carmody

Fillette./ Photo Courtney Carmody

C’était dans un flot de commentaires, une fille était taggée, une fille blonde, une ado tout juste sortie des rondeurs de l’enfance. J’ai cliqué sur son profil, lu un commentaire sur sa photo, un commentaire qui la nommait, qui te nommait. Elle porte ton prénom. Ou tu portes le sien, puisqu’elle a la primeur des années. Chaque fois que je le vois sur un message, dans un livre, que je l’entends dans un film ou dans une chanson, je m’imagine un peu de toi. Tu es tour à tour une héroïne, une journaliste new-yorkaise, la serveuse d’un bar perdu, une musicienne enviée, une jeune fille d’un blond presque blanc qui sourit de toutes ses dents à l’objectif. Tu es mille personnages. 

Et chaque fois que je vois ton nom, et que tu revêts, dans mon imagination débordante, les chaussures d’une autre, j’applaudis ce choix que nous avons fait de te donner un prénom qui résonne comme un rire à mes rires à mes oreilles, rond et scintillant, doux, et jamais anodin. 

– Lexie Swing –

En morceaux…

Jeu de patience./ Photo Joachim Schlosser

Jeu de patience./ Photo Joachim Schlosser

Miss Swing est une huuuuge fan des puzzles. À bientôt 19 mois, elle peut rester une petite heure, à imbriquer et renverser ses puzzles à empiècements. Mais voilà, son doigté est de plus en plus rapide et il n’est pas rare de lui présenter un nouveau puzzle et de voir la demoiselle le remplir en deux temps trois mouvements, avant de repartir chercher d’autres jouets plus attractifs. Nous avons donc commencé par trouver de nouveaux tableaux à pièces, avant de se rendre à l’évidence : il lui fallait du plus complexe. Voici notre cheminement puzzléen pour toddler amoureux des morceaux.

Les tout-premiers

Ils sont en formes d’animaux, de personnages, de voitures… On a commencé avec les animaux de la jungle, de plusieurs natures différentes, avant de passer à des empiècements un poil plus compliqué : les instruments de musique. Guitare et violon se ressemblent, tout comme trompette et euphonium, tandis que piano et batterie ont des tailles plutôt imposantes et de multiples coins. Le petit plus, c’est la petite musique qui correspond à l’instrument que le tableau joue chaque fois qu’une pièce est mise. C’est charmant et instructif. C’est chiant aussi, alors après quelques jours nous avons retiré les piles!

Sound Puzzle de Melissa et Doug

Sound Puzzle de Melissa et Doug

 

 

 

 

 

 

 

Les tâtonnements

Il existe des encastrements à plusieurs morceaux. Grâce à la marraine de Miss Swing, nous avons pu passer directement à un petit bijou de Djeco, le puzzle en relief. Avec, une nouvelle fois, des animaux de la jungle, les dix doigts de notre fée apprennent plus ou moins patiemment à faire glisser l’encoche de la pièce pour accrocher les deux morceaux ensemble. C’est la partie d’apprentissage la plus compliquée pour elle à ce stade. Elle maîtrise à merveille les deux morceaux du toucan, et séduit tranquillement le crocodile. Mais le tigre à 4 morceaux demande encore l’intervention parentale pour le moment. À noter que les puzzles peuvent se monter à plat ou debouts.

Puzzle Tunga and co de Djeco

Puzzle Tunga and co de Djeco

 

 

 

 

 

 

 

 

Les vrais morceaux

J’ai acheté rapidement des animaux qui avaient tout de vrais puzzles. Problème : ils sont relativement plats. Miss Swing, à peine sortie de l’encastrement, s’est donc échinée à pousser les morceaux l’un vers l’autre avant de s’avouer vaincue et de me les jeter à la figure. La manipulation du jeu précédent contribue à lui faire comprendre le principe du puzzle en carton : elle est à présent capable de faire glisser le morceau et de l’accrocher à l’autre s’il est posé au-dessus. Attraper le morceau de carton elle-même reste encore trop compliqué, sauf si c’est pour le jeter par terre bien entendu…

Primo puzzle de Djeco

Primo puzzle de Djeco

 

 

 

 

 

 

 

 

Le puzzle des grands

Je me pâme devant ce joli puzzle en attendant que le moment soit venu de l’acheter pour y jouer. Je trouve les images des chiens très amusantes et j’ai hâte que l’on puisse assembler ensemble ces mini-puzzles « pour de vrai ». Pour les avoir vu en magasin, ils sont la digne continuité des précédents. Estampillés 2 ans et +,  ils sont toutefois un poil (de chien) plus compliqués et nécessitent que l’enfant commence à appréhender l’idée d’un dessin à reconstruire. Mais on y viendra! Comme les autres puzzles, ils se présentent sous des formes de plus en plus évoluées : de 4 à 9 morceaux. Rendez-vous dans quelques mois…

Primo puzzle chiens de Djeco

Primo puzzle chiens de Djeco

 

 

 

 

 

 

 

 

 

– Lexie Swing-

Première fois

Estampillée "first time" sur Flikr./ Sean McGrath

Estampillée « first time » sur Flikr./ Sean McGrath

Il le tient entre ses doigts, ridé comme un escargot recroquevillé. Le plonger ou attendre encore un peu ? Savourer ce moment, cette première fois, ce face-à face imperturbable. Elle l’a laissé seul, c’est son moment à lui. Elle en a déjà vécues tant, de premières fois. Elle a été la coquille et le corps mou, tout à la fois.

Sous ses doigts, l’eau tiède est comme une caresse. Bientôt, elle lui paraîtra trop froide, habitué qu’il est aux plongeons matinaux brûlants. Sa peau rosie par l’expérience des années a oublié cette sensation apaisante d’une eau à peine chauffée. Il hésite. Derrière la porte, elle veut interroger. Se tait. C’est sa première fois. Son intimité.

Au contact du liquide, le corps chaud se rétracte encore, s’accroche, se débat, hurle son refus en agitant les bras. Et puis sa voix douce, sa voix grave, qui chantonne et apaise, répétant son prénom, mille fois. Et puis elle, la main sur la poignée, qui sourit, qui expire, silencieusement. Il sait. Elle savait qu’il saurait. Une connaissance instinctive.

Être un père qui baigne son enfant, pour la toute première fois.

Être un bébé qui prend son bain, pour la toute première fois.

Être une mère qui apprend à faire confiance, pour la toute première fois.

Et pour toutes les autres, ensuite.

 

-Lexie Swing-

 

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Il s’agissait de la troisième rencontre des Jolies Plumes, autour du thème « La première fois ». Si vous souhaitez y participer, vous pouvez écrire à latelierdesjoliesplumes@gmail.com.

 

Les autres participants : Ma vie de bruneXelouIllyriaMiss BlemishCamilleLa fille hVirée dans l’espaceLaNeThe endless journalD. – I feel Blue

 

Saumon wellington

Saumon wellington./ Photo DR Lexie Swing

Saumon wellington./ Photo DR Lexie Swing

Ça a commencé par une surprise. Au détour d’un commerce local, nous avons découvert l’une des créations du chef : un chateaubriand. Le principe ? Un pavé de saumon, délicatement roulé sur lui-même, avec en son coeur quelques épinards et un joli morceau de chèvre. De quoi saliver non? Il n’en fallait pas plus pour nous donner une bonne idée : recréer ce mélange entre deux pâtes feuilletées, histoire d’apporter une saveur croustillante et de donner au saumon un côté plus « plat principal familial ».

Pour 4 personnes, comptez donc deux beaux filets de saumon, deux pâtes feuilletées, de 300 à 500g d’épinards, et une grosse bûchette de chèvre ou un morceau généreux de chèvre frais.

Ensuite, c’est un jeu d’enfant : étalez votre pâte, puis répartissez vos épinards préalablement cuits (pour nous, des épinards en branches surgelés ont fait la job). Déposez par dessus vos filets de saumon émincés dans l’épaisseur, puis vos morceaux de chèvre. Recouvrez de la seconde pâte et badigeonnez de jaune d’oeuf.

Vous pouvez aussi essayer en sens inverse, ou de mixer le tout avant de répartir sur la pâte… une fois la seconde pâte mise, on y verra que du feu!

Enjoy!

-Lexie Swing-

Mon ado fume du pot

Je peux t'appeler Samuel?./ Photo Meral Crifasi

Je peux t’appeler Samuel?./ Photo Meral Crifasi

Mon ado fume du pot. Je suis certaine de gagner un bon référencement avec ça. Mais ce n’est pas le but.

Il y a quelques matins de ça, les ados québécois (ainsi que leurs petits frères et soeurs, ne chipotons pas) ont fait leur rentrée.  À grands renforts d’uniformes (mon quartier en est friand) et de mines renfrognés, ils ont repris le chemin de l’école tandis que le journal Métro décryptait leur « eux » profonds avec un portrait type digne d’une enquête de police en règle. Et le portrait de l’ado québécois, c’est un type qui s’appelle Samuel. Salut Samuel. Rien d’inquiétant à s’appeler Samuel me direz-vous. Non. Sauf que Samuel n’a rien d’un enfant sage. Démonstration. Selon Métro, Samuel :

– a 16 ans (rien que l’âge est une menace pour tout parent bien informé)

– boit de l’alcool

– mange mal

– est en surpoids

– a déjà eu des relations sexuelles

– et fume du pot donc…

Super. Déjà quand t’es parent d’un schtroumph de moins de cinq ans t’as moyennement envie de le voir grandir, ses petits bras qui te serrent le matin sont bien trop doux pour les laisser filer si vite. Mais quand, en plus, on t’apprend que ton ado va devenir… ça! Ça donne follement envie. Merci Métro. Vous pensiez être à l’abri parce que vous avez une fille. Ne bougez pas, on vous gâte! L’édition de l’année dernière a fait le profil de la coquine.

Elle s’appelle Audrey, elle a 16 ans, elle a déjà consommé alcool et drogue (cannabis, en majorité, on est pas dans Breaking Bad non plus), elle a déjà eu des relations sexuelles (vous commencez à flipper hein? Moi aussi), et… attention tenez-vous bien… elle envoie plus de 4000 sms par mois. 4000. Actionnaire chez Fido, c’est un métier à temps plein.

Parlons-en du métier ceci dit. C’est une donnée tout à fait nouvelle pour moi française. Audrey, comme Samuel, et comme 50% de leurs petits camarades, occupe un emploi occasionnel. Pas mal à 16 ans non? Et cela lui a servi à payer… une voiture d’occasion!

Finalement, pas de doute… mon ado dépote!

 

-Lexie Swing-

 

PS Si Métro pouvait arrêter d’écrire « Prendre des leçons de conduite avec PAPA ».

Et ta mère!

Touché, coulé, écroulé

Nounours est malade./

Nounours est malade./

La première année de garderie, niveau maladies vous êtes vernis. Votre tendre protégé revient – au choix – criblé de boutons, les oreilles rouge saignant, le nez cascadesque, le dos courbaturé, ou même tout à la fois. Mère Nature a parfois l’humour un peu lourd.

Mais il y a en réalité deux types d’enfants : le récepteur et le transmetteur de virus. Le premier a passé plus de temps dans son lit, son parent éploré lui épongeant le front, qu’à la garderie, et chaque fois qu’une épidémie se déclare vous réservez votre place en ligne chez le médecin. Il attrape tout, à se demander s’il n’y met pas du sien, traînant sa langue sur tous les jouets que contient sa pouponnière. Devant votre désarroi, le médecin vous a rappelé cette croyance ancienne : les enfants qui sont tout le temps malades ne le sont presque jamais adultes; et vous vous accrochez à cette illusion tel un capitaine cerné par une déferlante de pleurs et de morve gardant les yeux sur son phare.

Et puis il y a le deuxième modèle : l’enfant transmetteur. Ce bambin-là est d’une générosité sans égale. La maladie coule sur lui comme un canard bien emplumé. A peine remarquez-vous de temps en temps une petite éruption cutanée annonciatrice d’un virus à proximité. Il vous délivre alors, avec joie et bonne humeur, son cadeau secret: la grippe, la gastro ou tout autre charmant plaisir que compte la bible du médecin. Vous n’êtes pas malade, vous êtes mourant. Et quoi de plus charmant qu’une poupée qui dit non branchée sur 10 000 volts tentant de vider la cuisine tandis que ses parents – oui ses DEUX parents – peinent à garder les deux yeux symétriquement ouverts?

– Lexie Swing- (40 de fièvre)