La famille du vendredi: Christophe et Mélanie en Australie

 

Un vendredi sur deux, Lexie rencontre une famille, un couple, un voyageur en solo, des Français partis poursuivre leur vie loin de leurs contrées d’origine. Cette semaine, c’est Christophe, du blogue Tof et Mel, qui s’invite dans la rubrique avec le quotidien de sa famille à Perth, en Australie.

./ Photo C.Baudia

./ Photo C.Baudia

 

Quel est ton p’tit nom?

Moi, c’est Tof et Elle, c’est Mel :-). Le dernier arrivé, c’est James!

De quel coin de France viens-tu?

Nous sommes tous 2 originaires du Sud de la France. Moi de Montpellier et Mélanie de Tarascon (sur Rhône!). James, quant à lui, est bel et bien Australien!

Où es-tu parti(e) vivre ta vie?

Nous avons posé nos valises (plutôt nos sacs-à-dos en fait) en Australie.

Mais surtout quand, comment et pourquoi?

Nous sommes arrivés en Australie le 3 juin 2008. Tout d’abord à Sydney pendant presque 2 ans, puis à  Perth sur la côte Ouest où nous habitons depuis 4 ans maintenant.

Qui as-tu emmené dans ta valise?

Ma meilleure amie, ma confidente, supportrice, femme de ma vie et maman de mon p’tit surfer: Mélanie.

Où travailles-tu, avec quels horaires, tu déjeunes sur place? Je veux tout savoir de ton job!

La, ça se complique un peu… J’ai travaillé 2 ans sur Sydney and tant que Chef de Projet (Scrum) pour une startup spécialisée en sites e-commerce et applications mobiles. Puis j’ai bifurqué vers du consulting et j’ai atterri à Perth en 2010. 3 ans en tant que manager chez Accenture puis… licenciement économique 2 semaines apres que Mel ait donné naissance à James et 2 semaines avant que je ne commence le Founder Institute (www.fi.co), un accélerateur de start-up. Je suis donc parti avec mon package de licenciement et j’ai démarré ma start-up: www.geomoby.com. Nous sommes maintenant 4 personnes et nous sommes en phase de levée de fonds.

Comment est la rue où tu vis?

Nous vivons à Scarborough (ou Scarbs) à 300m de l’Océan Indien et à près de 12kms de la city. Scarborough bouge assez durant la periode estivale mais est plutot (tres… trop ?) calme hors saison. Hormis quelques alcoolisés que l’on récupère errants et l’oeil hagard assoupis sous un arbre devant notre maison, il n’y pas beaucoup d’actions nocturnes…

Ah si, il y a aussi les “hooners” ou “bogans” – lisez “australopithèques fondus de voitures tunées” – qui viennent user leurs pneus sur les carrefours alentours…

Christophe, Mélanie et James, 14 mois./ Photo C.Baudia

Christophe, Mélanie et James, 14 mois./ Photo C.Baudia

Quelles sont les choses nouvelles pour toi à Perth?

Il y a énormement de nouveautes à Perth comme dans la plupart des grandes villes australiennes d’ailleurs. Quelques-unes qui me viennent en tête sont:

– Le réveil matinal par un kookaburra

– L’envie de dézinguer un australian raven à 5h du mat qui braille à votre fenêtre

– L’absence de rideaux/stores dans les chambres

– Les vols gracieux des black cockatoos en plein centre-ville

– L’absence de changement d’heures en WA

– Le surf à 5h du mat en regardant le lever du soleil

– L’arrivée en claquettes des “working girls” le matin au boulot avec les talons hauts dans le sac à main

– Les quokkas à Rottnest Island

– La discipline des Australiens qui attendent le bus en rangs d’oignons

– Faire ses courses et conduire pieds nus

– Horaires de travail : on ne demande pas à un ingenieur australien de rester jusqu’à 20h… La plupart des gens rentrent chez eux autour de 17h / 17h30. Mais c’est vrai qu’ils commencent plus tôt …

Dur de se cantonner à Perth car le WA représente presque la moitié de l’Australie et c’est de loin l’état qui nous a plu le plus!

Une petite vidéo qui vante les merites du South Australia mais qui donne la part belle au  Western Australia: https://www.youtube.com/watch?v=r5XDGcYu1Lw

Où vas-tu manger lorsque tu n’as pas le temps (ou l’envie) de faire le repas?

Question difficile… Avec un enfant de 14 mois, on ne part plus souvent au restaurant… On opte pour un repas avec des amis, à la maison… ou un take-away thai !

Je suis gluten-free alors lorsque je suis en deplacement, pour Mélanie, c’est plutot soirée pizza ou pasta!

./ Photo C.Baudia

./ Photo C.Baudia

Quel rythme ont tes enfants à l’école, quelles sont les différences avec la France?

Pour être tout a fait honnête, nous n’en savons trop rien. James (notre fils) va à la creche de 7.30am à environ 5.30pm. Difficile de pouvoir comparer, nous connaissons très peu le système français pour les enfants de son âge …

Est-ce qu’il y a du bon fromage où tu vis? Et du bon vin?

Pour le fromage, on va repasser: on a déjà vu du roquefort à $120 le kilo sur le marché de Freo (Fremantle)… L’Australie interdit le fromage fait à base de lait non pasteurisé alors cela limite la production locale! Pour le vin pas contre, nous sommes servis entre la Hunter Valley au nord de Sydney, Barossa Valley en SA, Yarra Vallye dans le Victoria ou Margaret River à 3h30 de route au sud de Perth… Un peu éloigné du Bordeaux tanique que  j’apprécie particulièrement mais on trouve tout de même du très bon vin… et de la piquette! Le prix n’est pas toujours signe de bonne qualité alors autant demander de l’aide à un amateur avant de choisir!

Tu pars où en vacances?

Ces dernières annees, les vacances se sont résumées à revenir en France mais j’avoue que les prochaines seront sur une plage déserte, sans téléphone ni laptop, avec une lagune pour la plongée, du vent pour le kite et un reef pour le surf. En gros, on va rester en Australie :-). Le prochain trip pour moi commence pour le week-end de Paques: 14h de route pour rejoindre Gnaraloo Station et le spot de surf le plus isolé d’Australie: Red Bluff. Un trip que je fais avec un copain, car ça va faire un peu long avec le loulou dans la voiture. Melanie, quant à elle, part au Brésil en Juillet pour les championnats du Monde de Beach Handball: elle vient d’apprendre sa séléction dans l’équipe nationale australienne la semaine dernière! Mais peut-on vraiment parler de vacances ?!

Bon Mel me fait signe que nous avons déjà pas mal voyagé en 6 ans: Nouvelle-Zélande, le Red Center, Esperance, Shark Bay, Exmouth, Broome, la grande barrière de corail… C’est vrai, l’Australie est un terrain de jeu incroyable!

Et, last but not least, que fais-tu le vendredi?

Pour Mélanie, le vendredi, c’est sacré! Le vendredi marquant la fin d’une rude semaine de travail, il faut savoir célébrer les efforts fournis! En règle générale, nous partons chez des amis! Il y a 2 ans, j’aurais pu dire que nous sortions dans les pubs branchés de Perth, mais depuis le 27 Janvier 2013, nos vendredis sont moins sportifs mais nous en profitons toujours… autrement!

-Lexie Swing-

Parent: moi, en mieux

Vous êtes leur super-héros./ Photo Mohd Shukur Jahar

Vous êtes leur super-héros./ Photo Mohd Shukur Jahar

«Ma fille, j’ai fait quoi pour elle? Je lui ai donné des biberons, j’ai changé ses couches… Elle, elle a changé ma vie.» C’est sur cette belle phrase qu’un collègue de Mr Swing a résumé son statut de papa la semaine dernière.

Lorsqu’on parle de la venue de ses enfants, on n’est jamais avare de compliments: Ils sont «tout», ils ont eux-mêmes «donné vie à leurs parents», ont «éclairé leur existence» ou leur ont donné la «force de se battre».

Aucun de nous n’est un super-héros. Ou peut-être que chacun d’entre nous a quelque chose en lui qui ressemble à de supers pouvoirs. Parce qu’il y a une vérité: en devenant parent, vous devenez responsable de quelqu’un d’autre. Et ça, ça vous habite. Ça vous file des coups de pied au cul lorsque vous voudriez rester cuver votre mauvaise humeur dans votre lit. Ça vous pousse à taire vos gros mots et vos critiques, ne serait-ce que par peur que votre cinq-ans répète tout haut à la grosse dame ce que vous venez de dire tout bas. Ça vous colle de la bonne humeur en sac de huit kilos quand vous les voyez vous sourire au réveil, la mèche hirsute et le doudou moisissant arrimé au pouce.

Ça vous rend unique aussi. Vous devenez le point de repère, le phare au milieu de tempête, celle ou celui vers qui l’enfant se précipite en le serrant dans ses bras comme si c’était la toute première fois. Et c’est dans la tempête, la vraie, que je me suis dit ça hier soir. Emprisonnée par la neige battante, en plein milieu d’un quartier résidentiel, protégeant du mieux que je pouvais Miss Swing dans sa poussette canne sans capote de pluie, j’ai vu le bus me passer devant. J’étais à 20 minutes à pied, le prochain bus passait 30 minutes plus tard. J’aurais volontiers pleuré. Ou appeler Mister Swing pour me plaindre. Mais entre la poussette et le parapluie, je n’avais pas de main de libre pour décrocher mon téléphone ou sortir un mouchoir. Et puis la neige s’est faite plus cinglante encore, et mon bébé a menacé de virer au rouge écrevisse. Alors j’ai joué le tout pour le tout, j’ai chargé la poussette de nos sacs et saisi ma quatorze-mois de 9 kilos à bras le corps. Abritées sous notre frêle parapluie, nous avons traversé le quartier. Mille fois je me suis dit “Mais quel enfer!”, mille fois j’ai juré “putain de neige de merde”. Mille fois, elle a ri, mille fois, j’ai senti ses cils sur ma joue, mille fois, elle a secoué le parapluie comme un prunier et s’est ébrouée sous les gouttes.

Je ne me suis pas sentie plus forte ou plus sûre, mais je me suis sentie responsable. Peu importait ma propre carcasse tant que la sienne était sauve.

J’ai repensé à cette phrase du collègue d’Alex. Combien de premiers-nés ont joué ce rôle? Nous oeuvrons toute notre vie à tenter de rendre les autres heureux, sans nous souvenir que nous avons déjà fait tellement, il y a longtemps…

 

-Lexie Swing-

Tarte chèvre, roquette et pignons

J’aime bien répéter une recette jusqu’à la maîtriser parfaitement. Ma famille mange donc le même crumble un mois de suite. Et ensuite plus jamais.

Quand j’ai vu cette recette de tarte salée à la roquette chez Marcia, ça m’a interpellé. La petite roquette qu’on jette négligemment sur un bout de pizza pouvait donc être incorporée directement à la préparation? Il fallait que je tente!

A la faveur d’un potluck (repas où chacun amène un plat) entre collègues, j’ai donc sorti mes ustensiles et mis ma nièce à l’ouvrage (c’est elle qui avait demandé :) ).

Toujours ce flou parfaitement maîtrisé ;) ./ Photo DR Lexie Swing

Toujours ce flou parfaitement maîtrisé ;) ./ Photo DR Lexie Swing

Première version: la tarte chèvre-roquettes-pignon de Marcia.

Prévoyez deux œufs, 20 cl de crème liquide, un pot de fromage type Chavroux ou Cabridoux, des pignons de pin et de la roquette.

Pour la pâte brisée, j’ai utilisé celle-ci, trouvée sur le site de Marmiton, à laquelle j’ai ajouté un œuf pour seulement 60 ml d’eau. Pour le dosage des liquides, n’oubliez pas qu’un biberon pour mouflet fait parfaitement l’affaire.

Préchauffez votre four à 200°C, 400°F.

Battez les œufs, ajoutez la crème liquide et le pot de fromage de chèvre. Salez et poivrez.

Répartissez deux bonnes poignées de roquette sur le fond de votre pâte, roquette que vous aurez grossièrement hachée à la main (l’intervention d’un enfant est amplement recommandée).

Versez votre préparation. Parsemez d’une poignée de pignons de pin (noix de pin au Québec).

Enfournez pour 40 minutes environ.

Pour la recette originale, c’est par ici.

Chèvrement vôtre./ Photo DR Lexie Swing

Chèvrement vôtre./ Photo DR Lexie Swing

Seconde version: la quiche roquette-chèvre corsé et pignons.

A la dégustation de la première tarte, ils nous manquaient à nous, amateurs de fromage, un je-ne-sais-quoi de plus corsé. Si la première version a plu à mes collègues, nous avions envie de retenter autre chose. Nous avions dans le frigo un brie de chèvre qui exploitait totalement son pouvoir olfactif destructeur depuis dix bons jours. Il était temps qu’il trépasse.

Prévoyez trois œufs, 20 cl de crème, des pignons, de la roquette, du chavroux/cabridoux et une bûchette ou un brie de chèvre.

La technique est la même que pour la première version. La seule différence est qu’au dessus de la roquette soigneusement découpée par votre progéniture, vous pouvez répartir une dizaine de généreux morceaux de votre bûchette ou de votre chèvre. Versez l’appareil, parsemez de pignons (de noix de pin), et enfournez dans le four préchauffé pour 30 minutes.

La version parfaite? « Il faudrait enlever la roquette et mettre des tomates confites et de la menthe ». Ok, merci chéri…

Et vous? Laquelle préférez-vous?

-Lexie Swing-

Rhume de bébé: notre arsenal

Comment ça marche ce truc?/ Photo Thomas Kohler

Comment ça marche ce truc?/ Photo Thomas Kohler

Miss Swing n’a pas été beaucoup malade: une température de 19 degrés dans sa chambre, une maison bien aérée, des cheveux séchés et des vêtements adaptés ont eu raison des microbes. Les -20 degrés que nous avons parfois connus cet hiver aussi. Mais le printemps québécois et ses températures acrobatiques (26 degrés annoncés aujourd’hui, 5 mercredi), ajoutés aux quelques averses ont renversés toutes les barrières. Et depuis nous avons fait plus intimement connaissance avec le mouche-bébé et le sérum physiologique. Voici notre arsenal parfait pour vaincre les petits rhumes d’un toddler de 14 mois rapidement, créé à base de conseils et de « moi je n’utilise que ça ». – Un mouche bébé électronique et/ou un Pumpunel. J’affirme rarement officiellement qu’une façon de faire est meilleure qu’une autre, estimant que chacun fait comme il peut et s’adapte en fonction de ses propres mouflets. Mais le mouche-bébé manuel, tant vanté parce qu’il « vide vraiment le nez », est une aberration. Malgré le petit morceau de coton ou le je-ne-sais-quoi que vous allez mettre pour ne pas avaler le truc gluant que vous tenter de faire sortir du nez de votre progéniture, vous aurez quand même potentiellement droit aux microbes. Sans parler du fait que l’aspiration est vraiment forte pour un enfant de moins d’un an, ce qui explique les hurlements, les tortillements et autres gémissements. Un bon mouche-bébé électrique, éventuellement assorti d’un mouche-bébé suisse Pumpunel qui fonctionne comme une pompe manuelle, fera parfaitement l’affaire. Vous ne me croyez pas? Le bruit du mouche-bébé a un pouvoir apaisant, il suffit d’essayer de moucher bébé en pleine nuit pour s’en convaincre. Vous ne le trouvez pas assez efficace? Pas grave, vous n’avez à l’utiliser qu’en début ou fin de rhume. – Du sérum physiologique. Ou à défaut, une solution saline comme Hydrasense au Canada. L’intérêt majeur du sérum phy m’est apparu il y a peu. Alors que je textais en panique une amie à l’autre bout de l’Atlantique car je me retrouvais avec un bébé au nez plus que bouché à quelques minutes du coucher, sans mouche-bébé sous la main (hôtel oblige), elle m’a suggéré une technique infaillible: coucher la demoiselle sur le côté avec des mouchoirs sous le visage, et projeter un demi (ou un entier) flacon de serum phy dans la narine la plus en hauteur, tout en maintenant la bouche de bébé fermée pour qu’il n’avale pas. Rien qu’à voir la quantité de liquide qui est ressortie de la narine du bas, je suis convaincue aujourd’hui qu’il n’y a pas meilleure méthode. Comme c’est assez invasif cependant, je ne testerais pas avec un enfant de moins de 6 mois je pense, qui pourrait paniquer et avoir l’impression d’étouffer. Mais ce n’est que mon avis. – Du Kalium Bircromicum 9CH. Ce petit flacon de granules homéopathiques nous vient de la grand-mère de Miss Swing. Selon elle, il serait parfait pour limiter les nez qui coule (réduire la fluidité du moins). A raison de 3 granules par narine, ça fait 6 granules à faire fondre dans de l’eau. 9 ou 12 si Mère nature a été plus généreuse au niveau olfactif. A l’âge de ma demoiselle, les granules tendent à être avalées avant d’avoir eu un quelconque effet, je les fais donc fondre dans le bouchon du biberon qui devient un petit verre parfait… Et hop dans le gosier! – De l’extrait de pépins de pamplemousse. 3 gouttes 3 fois par jour à partir de 9 kilos. De quoi booster les défenses naturelles et accélérer la guérison!   Et vous? Quelles sont vos techniques infaillibles pour faire fuir le rhume de bébé?   -Lexie Swing-

Muchachas, de Katherine Pancol

Muchachas./ Photo Laeti

Muchachas./ Photo Laeti

Je n’étais pas partie pour l’aimer. J’avais lu ses trois précédents opus (plus quatre autres plus anciens) et j’avais sautillé entre les pages, attrapant au vol quelques lignes pour connaître le fin mot de l’histoire sans avoir à me plonger dedans.

J’étais d’autant moins partie pour l’aimer que le premier contact que j’avais eu avec ce livre était un article dans lequel Pancol expliquait qu’elle avait saisi l’inspiration après avoir assisté à une scène de violence conjugale dans le Gers. Le Gers d’où je viens. « Merci de ton aide Katherine, on va encore passer pour des bouseux sans éducation », a donc été ma première réaction.

Mais Muchachas est quand même arrivé jusqu’à moi, par la voie des airs, bien rangé au fond de la valise de Belle-maman, qui le tenait elle-même de D., ma belle-soeur. Qui l’avait acheté… Pourquoi l’as-tu acheté d’ailleurs D.? Bref, je l’ai saisi et je l’ai emporté dans ma chambre. Je suis pire qu’un écureuil avec des noisettes fraîches au début de l’automne quand il s’agit de bouquins. Je les vois, je les convoite, je les empoigne et je les cache dans ma tanière.

Je l’ai donc lu, zappant parfois quelques passages pour échapper aux circonvolutions que je jugeais inutiles. J’ai tenu la main de Stella, l’héroïne, comme je le ferais pour une bonne copine. J’ai serré les dents quand sa mère se faisait cogner, enragée comme à chaque fois que j’entends parler de violence conjugale, et j’ai souri à la fin. Je l’ai quitté le coeur léger, nourrie d’une bonne histoire et d’un bon shot d’espoir. Avec des questions aussi, des tas, des pourquoi et des « j’imagine qu’on en saura plus au prochain opus ». C’est un peu un contrat forcé d’acheter le bouquin suivant mais tant pis, Stella vaut bien ça.

Je regrette simplement certaines pistes jetées en début de bouquin et jamais retrouvées, comme la dispute de Gary et Hortense ou les amours de Joséphine en Italie.  J’accuse toujours un peu la profusion de détails, de lieux et surtout de personnages qui noient systématiquement les Pancol et me fait me demander toutes les dix pages « Attends, c’est qui lui déjà? »

Mais je loue ses personnages principaux, toujours attachants, qui donnent envie d’aller plus loin dans le bouquin. Et je lui montre tout mon respect pour avoir osé aborder, elle qui a d’habitude le scénario assez léger, un thème aussi lourd et nécessaire que les violences conjugales.

Pour une autre critique et des extraits, rendez-vous chez Mes bulles d’air à qui j’ai piqué la photo.

-Lexie Swing-

La famille du vendredi: Fafa au Nigéria

Un vendredi sur deux, Lexie rencontre une famille, un couple, un voyageur en solo, des Français partis poursuivre leur vie loin de leurs contrées d’origine. Cette semaine, c’est Fafa, du blogue Expat Stuff by Fafa, qui s’invite dans la rubrique avec le quotidien de sa famille au Nigéria.

Lagos./

Lagos./

Quel est ton p’tit nom?

Faniry

De quel coin de France viens-tu?

J’ai fait mes études à Perpignan, mais quand je rentre en France je vais à Paris car c’est la où habite ma famille. C’est aussi la ville de mes premières expériences professionnelles.

Où es-tu parti(e) vivre ta vie?

A Lagos, au Nigeria

Mais surtout quand, comment et pourquoi?

Apres notre expatriation en Angleterre, nous étions censés nous installer à Paris, mais mon mari (fiancé à l’époque) s’est vu proposer un poste à haute responsabilité à Lagos, les avantages ont été plus nombreux que les inconvénients, alors on s’est lancé. On  a déposé nos valises en juin 2011. Nous sommes partis avec seulement 4 valises, aujourd’hui nous avons de quoi remplir un conteneur!

Qui as-tu emmené dans ta valise?

Mon homme! La famille s’est agrandie sur place.

Où travailles-tu, avec quels horaires, tu déjeunes sur place? Je veux tout savoir de ton job!

La première année j’ai bosse dans une école bilingue en tant qu’instit, je ramenais ma lunch box pour déjeuner sur place, et quand je suis tombée enceinte j’envoyais mon chauffeur m’acheter de la junk food (oui je sais c’est mal!!!!). Et sinon, depuis la naissance de ma princesse, je me suis lancée dans l’écriture (scénario, livre.) Je tâtonne un peu, je m’instruis, via des ouvrages sur les techniques narratives du cinéma, et diverses lectures … et bien sur je geek pas mal avec mon blog :)

Marché de Lago./ Photo The Guardian

Marché de Lago./ Photo The Guardian

Comment est la rue où tu vis?

C’est une rue très calme avec quelques résidences où logent notamment beaucoup d’expats, au bout de la rue on trouve quelques boutiques, un supermarché et des restaurants.

Quelles sont les choses nouvelles pour toi au Nigéria? 

– Voir de temps en temps un petit gecko se balader dans la salle de bain comme si de rien n’était.

– Le doggy bag. Que ce soit dans un resto cheap ou un établissement très chic, quand tu ne finis pas ton assiette, on met tes restes dans une petite boite et ça te fait un deuxième repas à la maison!  Cette pratique est peu courante en France, les gens ont peur de passer pour des radins, ici, c’est la normalité, et puis c’est moche de gâcher de la nourriture.

Où vas-tu manger lorsque tu n’as pas le temps (ou l’envie) de faire le repas?

Sans hésitation a Chocolat Royal, c’est une institution ici pour les expats. C’est un mélange de resto-salon de thé -boulangerie-pâtisserie. Les menus n’ont rien d’exceptionnels, mais c’est frais, et de bonne qualité. On y retrouve pas mal de viennoiseries et de desserts français, on peut même y commander sa galette des rois et sa bûche de Noël!

Quel rythme ont tes enfants à l’école, quelles sont les différences avec la France?

Ma pepette a 1 an et demi donc pour le moment pas d’école pour elle, nous avons une nanny/maid qui s’occupe d’elle lorsque je suis occupée. Par contre chaque mardi, une animatrice (qui travaillait avec moi dans l’école bilingue)  vient a la maison pour faire un atelier bricolage avec elle et les enfants des voisins.

La famille de Fafa./

La famille de Fafa./

Est-ce qu’il y a du bon fromage où tu vis? Et du bon vin?

Oui, et même de la bonne charcuterie! Un Français a ouvert une épicerie fine dans le quartier des affaires. Par contre ça fait transpirer le portefeuille, les produits importes sont très chers.

Tu pars où en vacances?

Pour le moment rien de prévu, comme nous emménageons normalement au Congo en juin/juillet, on ne sait pas encore si il y aura de la place pour un petit voyage “touristique” cet été. Par contre nous ferons évidemment un saut en France  pour voir la famille et les amis of course!

Et, last but not least, que fais-tu le vendredi?

Le programme du vendredi est identique à celui des autres jours de la semaine, sauf qu’en général mon mari rentre un peu plus tôt du travail donc on va a la salle de sport ensemble.

A part ça c’est le jour où je me met en mode boulangère. En fin d’après midi je mets la main à la pâte pour préparer mes baguettes “home made” pour le weekend… C’est bon et bien moins cher que les baguettes traditions précuites importes de France!

 

-Lexie Swing-

 

Québec: échange de permis français

Carte de permis québécois./

Carte de permis québécois./

Nous avons notre précieux! C’est un simple papier, que j’ai indélicatement plié en trois pour le glisser dans la pochette de mon permis français. D’ici 10 jours au maximum, je devrais recevoir la précieuse carte en plastique qui me permet de conduire ici, au Québec.

Pour rappel, vous pouvez conduire six mois au Québec après avoir validé votre résidence permanente. Et vous avez un an pour changer votre permis. Au delà, vous repassez l’examen.

J’ai testé pour vous: prendre le rendez-vous à l’aube de la fin du 6e mois, se tromper d’endroit, ne pas pouvoir se rendre à la bonne adresse, et devoir reprendre un autre rendez-vous. Or sachez que pour avoir ledit RDV, c’est environ 40 jours de délai. J’ai donc abusé des transports en commun durant un mois, faute de pouvoir continuer à utiliser mon permis français.

La bonne adresse, c’est 855 rue Henri-Bourrassa Ouest, à Montréal. Ne croyez pas, comme moi, que n’importe quel bureau de la SAAQ fait l’affaire. A cette adresse, où vous trouverez un grand parking (mais seulement une gare de train proche, et pas de métro), vous devrez d’abord faire la queue pour obtenir un ticket. Puis rendez-vous dans un grande salle où les chiffres défilent (et où ce n’est jamais le vôtre bien entendu!). L’agent vérifie vos papiers. Vous avez donc besoin:

– De votre confirmation de résidence permanente

– De votre carte de résident, si vous l’avez

– De votre permis français

– D’une preuve de domicile, type facture d’Hydroquébec

L’agent vérifie le tout, vous fait lire et signer divers papiers. Vous demande de déclarer si vous n’avez pas: de problèmes de vue, de diabète, d’alcoolisme, etc. Je n’avais rien à déclarer, je ne sais pas ce qu’il est advenu des gens qui l’ont fait (mais il paraît qu’on ne les a jamais revus ;) ).

Quelques minutes d’attente supplémentaires et c’est le moment de la photo. L’agent a à peine le temps de dire « Regardez l’appareil s’il-vous-plaît » qu’il vous shoote. J’ai peur du résultat!

Vous payez chaque année à votre anniversaire. La première fois, vous payez donc en fonction du temps qu’il vous reste jusqu’à votre prochaine fête. Pour ma part, c’est ce mois-ci, j’ai donc déboursé un peu plus de 100$. Pour Mr Swing, qui sera un peu plus vieux dans six mois, c’était environ 65$.

La carte est à renouveler dans quatre ans, je vais m’entraîner pour la photo!

 

-Lexie Swing-

 

Bébé: les derniers bons achats

C’est a priori très féminin comme comportement, mais la venue de Miss Swing m’a jeté dans une frénésie d’achats. Au 6e mois de grossesse, j’avais suffisamment de vêtements pour l’habiller en naissance, un mois et trois mois. Au 7e, j’attaquais les vêtements pour l’été suivant.

Miss Swing est née, on nous a offert des tonnes de vêtements, on nous en a donnés beaucoup aussi (la belle a 4 cousines, j’aurais pu ouvrir un magasin). Ma frénésie a ralenti mais je shoppe toujours avec un bonheur non feint dans les boutiques pour enfants. Voici mes dernières trouvailles.

– Des bavoirs Ikea. A 13 mois et demi, plus besoin des grands bavoirs qui couvrent les genoux. On est un bébé adroit, qui sait boire un biberon sans en renverser sur son tee-shirt et sans en vomir le contenu dans la minute qui suit. Le must du chic, c’est donc d’arborer un bavoir façon cow-girl, triangulaire et rayée, parfait pour se tamponner le coin d’la bouche après un p’tit jus.

Bavoir Ikea./

Bavoir Ikea./

– Un verre à bec Avent. A 13 mois et demi, le biberon c’est has-been (même si on refuse de boire avec d’autres tétines que celles estampillées “3 mois et +”). Pour boire de l’eau, vive le verre à bec Avent, avec une petite vache mignonne sur le devant et surtout un bec qui ne fuit pas, même en le secouant sauvagement dans tous les sens au dessus de la tête du chien.

Tasse Avent./

Tasse Avent./

 

– Des patous. Ces chaussettes-jambières-pantoufles sont multifonctions. Elles s’enfilent par dessus un pyjama l’hiver pour tenir au chaud les gambettes en attendant la chaleur de la gigoteuse. Elles se portent l’été avec un body (cache-couche) pour éviter que les genoux rapent sur le sol et que les échardes du plancher menacent les petits pieds. Et en plus, elles sont antidérapantes.

Patou./ Photo Les trois taquins

Patou./ Photo Les trois taquins

 

– Le petit collectionneur de couleurs. Ce n’est pas un achat personnel mais celui de A., envoyé à l’occasion de l’anniversaire de Miss Swing. Chantant, lumineux, il parle de jaune, de rouge, de bleu, il parle de voyage, de baleine et de bulles de savon. Une vraie machine à rêves ce petit livre! Aux éditions Les belles histoires.

Le petit collectionneur de couleurs./

Le petit collectionneur de couleurs./

 

-Des chaussures Pediped. A 13 mois et demi, on explore sur ses deux pieds. Le printemps venu (s’il vient), Miss Swing pourra faire ses premiers pas dehors. Pour cette future grande occasion, nous avons cherché des chaussures souples, adaptés aux premiers pas. Pas de Kickers ici au Québec, nous avons donc déniché LA super marque pour enfants (qui existe aussi en France par ailleurs), Pediped. Pointure 19, puisqu’il-faut-pouvoir-passer-un-doigt-derrière-le-talon, collection Grip’n’go, grises et à scratchs (on aurait vendu le chien pour éviter le rose paillette). Elle a fière allure!

Pediped Grip'n'go./

Pediped Grip’n’go./

 

 

 

-Lexie Swing-

 

Mon amour de doudou

Doudous./ Photo DR Lexie Swing

Doudous./ Photo DR Lexie Swing

Miss Swing a une dizaine de doudous. Elle a commencé par un lapin qui la fixait de loin, de ses yeux en coton. Il était assis au bord du moïse, veilleur tranquille inatteignable pour ses petits bras. Quand elle a pris ses quartiers dans le lit à barreaux, dix doudous supplémentaires se sont alors invités. Notre volonté cachée: éviter de devoir vivre au rythme d’une seule et même peluche déchirée et dégoûtante, recouverte par les poils du chien et fréquemment perdue entre les coussins. Miss Swing avait donc des peluches à profusion et une seule consigne: le doudou est au dodo ce que la brioche est au nutella, deux indispensables qu’on ne peut séparer. Force est de constater qu’elle a bien intégré la règle! J’ai voulu prendre une peluche dans son lit hier pour qu’elle joue sur le canapé en attendant le petit déjeuner, elle me l’a arrachée des mains et l’a jetée sur son matelas :)

Miss Swing n’avait pas, jusqu’ici, de préférence. Elle attrapait au gré de ses nuits les peluches les plus près de sa menotte. Et puis A. a envoyé un doudou. Un doudou tout doux, une mini couverture avec de la peluche blanche d’un côté et un tissu Liberty de l’autre. Un doudou avec des étiquettes. Un doudou qu’elle avait elle-même cousu. Miss Swing a-t-elle apprécié l’effort? A-t-elle le même goût que sa mère pour le Liberty? Est-elle séduite par le tissu pelucheux contre sa joue et les étiquettes multicolores qu’elle triture de ses doigts libres?

C’est son doudou préféré. Préféré à la manière de ma fille. Elle ne pleure pas quand elle le laisse, ne le réclame pas lorsqu’il dort sur le séchoir, se saisit d’un autre lorsqu’il a été oublié entre deux bodys à ranger. Mais lorsqu’il est là, elle l’aime tout entier. Elle le glisse sous sa tête, l’enfouit sous sa joue, le colle contre son nez. C’est son compagnon de rêves, celui qui donne le feu vert au marchand de sable. Lorsqu’elle pleurniche à la faveur d’un cauchemar, il suffit de lui glisser ledit doudou dans la main pour qu’elle se rendorme. Il est le signal que la nuit peut continuer, en tout quiétude, apaisée.

Et chez vous, y a-t-il un doudou phare, ou bien une cargaison?

-Lexie Swing-

PS: A l’heure où j’écris ces lignes, le doudou vient de choir à côté du lit, abruptement jeté par une petite main énervée, il faut croire que la rupture est consommée!

Galette de sarrasin home-made

Une de mes collègues est Nantaise. Vous savez, les Nantais, ces gens qui ont l’air horrifiés quand on a le malheur de les confondre avec les Bretons… alors qu’ils sont dopés au caramel au beurre salé par intraveineuse :) (pas taper les Nantais)… En bonne Nantaise-pas-Bretonne, elle adore les galettes de sarrasin. Ici la farine de sarrasin se trouve aussi bien en magasin bio qu’à l’épicerie du coin type Provigo ou IGA. Lorsqu’elle m’a dit qu’en dix minutes à peine, c’était prêt (fromage fondu compris), je lui ai fait les yeux doux et j’ai récupéré sa recette.

C’était peine perdue, elle fait tout « à l’oeil ». Elle m’a donc expliqué qu’il y avait trois ingrédients principaux: un oeuf, de la farine de sarrasin, de l’eau. Sa recette était donc: « tu casses l’oeuf, tu verses de la farine au pif, et puis de l’eau jusqu’à ce que ça ait la bonne consistance ».

Voilà, débrouillez-vous :)

Galette complète (avant pliage et dégustation)./ Photo DR Lexie Swing

Galette complète (avant pliage et dégustation)./ Photo DR Lexie Swing

Bon, je vais juste vous donner un petit coup de pouce: pour deux personnes et demi (un couple et un gnome donc), cassez un oeuf dans un cul-de-poule, ajoutez une cup de farine (150g) de sarrasin et trois bonnes pincées de sel. Mélangez au fouet. Ajoutez de l’eau froide jusqu’à ce que votre pâte soit bien souple et coulante.

Préchauffez votre poêle à crêpes avec quelques gouttes d’huile ou un morceau de beurre (tant qu’à être Bretons, enfin Nantais, par là quoi). Versez une belle louche de pâte. Celle-ci va s’étaler difficilement, n’hésitez pas à la tirer vers les bords avec le dos de la louche ou une spatule en bois.

Dès qu’elle est bien cuite côté pile, retournez-la et garnissez-la selon vos envies. Lorsque le fromage a fondu ou que votre oeuf a pris, c’est prêt! Repliez-la, faites-la glissez dans une assiette et dégustez!

 

-Lexie Swing-