Quiche lorraine sans pâte

Une petite quiche comme ça, c’est comme un chamallow grillé en juillet ou l’odeur des châtaignes rôties en septembre… C’est réconfortant et ça colle parfaitement à la saison.

Ici à Montréal, l’hiver s’étire toujours de tout son long. Son manteau change au fil des jours, de la température et de la rouille qui gangrène la pelle de ma voisine mais le froid est là, toujours bien présent. Parfait pour une petite quiche lorraine sans pâte! (Il m’aura fallu plus de temps pour écrire cette intro que pour réaliser la recette, c’est dire!)

Quiche Lorraine./ Photo DR Lexie Swing

Quiche Lorraine./ Photo DR Lexie Swing

Pour une belle quiche soufflée et épaisse réalisée dans un moule à manqué, ou une petite quiche du soir et deux plats pour le lunch du lendemain, comme ici, prévoyez:

– 6 œufs

– 4 cuillères à soupe de farine

– 50 cl de crème liquide

– sel et poivre

– 4 tranches de jambon blanc ou des lardons ou de la pancetta

– 200g de fromage râpé type gruyère ou cheddar ou mozzarella.

Divisez toutes ces proportions en deux si vous souhaitez simplement une petite quiche du soir. Si vous ne parvenez pas à faire le calcul, je vous propose de contacter Miss Swing sur son Babyphone.

Préchauffez votre four à 200°C ou 400°F.

Battez les six œufs ensemble. Ajoutez la crème liquide.

Tamisez et versez la farine.

Salez et poivrez.

Ajoutez le jambon coupé en morceaux.

Et finissez par le fromage.

Versez dans un plat bien beurré et enfournez pour 35 minutes.

Si vous n’êtes pas arrivé à réaliser cette recette d’une simplicité enfantine, je vous rappelle que notre bébé assistant est disponible en tout temps. Sauf de 20h à 7h (Morphee’s time).

-Lexie Swing-

La famille du vendredi: Eva à Singapour

Un vendredi sur deux, Lexie rencontre une famille, un couple, un voyageur en solo, des Français partis poursuivre leur vie loin de leurs contrées d’origine. Cette semaine, c’est Eva, du blogue The Singapore Mimi News, qui s’invite dans la rubrique avec le quotidien de sa famille à Singapour!

Singapour./ Photo DR Eva B.

Singapour./ Photo DR Eva B.

Quel est ton p’tit nom?

Sur le blog je signe mes articles Mummy B. la plupart du temps, mais j’aime aussi prendre le clavier sous l’apparence de ma fille ou de mon chien pour raconter nos aventures d’un autre point de vue et je signe alors Mimi B. ou Doggy B. Par contre, je préfère discuter avec les autres blogueurs sous le nom de Eva B. parce que j’adore être maman, mais je ne me définis pas uniquement par ce rôle.

De quel coin de France viens-tu?

Avec mon mari, nous sommes tous les deux de la région nantaise, mais nous habitions à Paris depuis plusieurs années avant notre expatriation.

Où es-tu parti(e) vivre ta vie?

Nous nous sommes installés à Singapour, pays totalement inconnu et à l’autre bout du monde pour nous!

Mais surtout quand, comment et pourquoi?

Nous sommes arrivés courant juin 2013. Nous voulions tenter l’aventure à l’étranger et souhaitions connaitre “l’American way of life”, mais une opportunité de travail intéressante pour mon mari s’est présentée à Singapour et nous nous sommes lancés. En moins de 6 mois, nous avons boucler les valises, trier nos affaires pour n’emporter que quelques cartons et organiser la quarantaine de notre chienne Doggy B.

Qui as-tu emmené dans ta valise?

J’ai rejoins mon mari, qui était à Singapour 3 semaines avant nous, avec notre bébé de 13 mois et notre chienne.

Où travailles-tu, avec quels horaires, tu déjeunes sur place? Je veux tout savoir de ton job!

Pour le moment je ne travaille pas, je fais une formation en sophrologie qui me permettra, je l’espère, de m’installer à mon compte. Mon mari, quant à lui, est directeur de projets informatiques pour les médias sur la région Asie du Sud-Est. Il travaille à Singapour mais part aussi régulièrement en déplacements professionnels dans les différents pays alentours, notamment la Corée du Sud, les Philippines, le Vietnam, la Thaïlande et la Malaisie.

Comment est la rue où tu vis?

Notre quartier est très résidentiel et donc très calme. Nous habitons une résidence qu’on appelle ici condo (diminutif de condominium). Ces résidences sont principalement habitées par des expatriés et offrent de nombreuses installations très agréables comme une piscine, des courts de tennis, une aire de jeux pour les enfants et des barbecues. Notre grande chance est d’avoir juste en face un arrêt de MRT (le métro singapourien) qui nous emmène en 2 minutes dans un grand mall (centre commercial) sur 8 niveaux.

Quelles sont les choses nouvelles pour toi à Singapour?

Même si la Cité-Etat est très occidentale par rapport aux pays voisins, cela reste une destination très dépaysante. Il y a 4 langues officielles, on entend donc parler anglais dans la rue et on peut communiquer sans trop de difficultés, mais le chinois, le malais et le tamoul sont également très présents. La plupart de nos habitudes ont changé (de l’alimentaire au vestimentaire) et le paysage, tant urbain que nature, est très différent de ce qu’on connaissait à Paris ou à Nantes.

Où vas-tu manger lorsque tu n’as pas le temps (ou l’envie) de faire le repas?

Dans la culture singapourienne, les gens mangent souvent à l’extérieur. On trouve des food courts un peu partout. Ce sont des ensembles de petits stands de restauration traditionnelle qui proposent des plats simples et bon marché. Et quand on ne veut vraiment pas lever le petit doigt, on commande en ligne chez Mac Donald qui nous livre à domicile très rapidement.

Quel rythme ont tes enfants à l’école?

Mimi B. n’a que 21 mois et comme je ne travaille pas, elle reste à la maison avec moi. On verra l’an prochain si on travaille tous les deux comment on s’organisera. Mais j’avoue que le côté apparemment très strict des écoles locales (même pour les tout petits) me fait un peu peur. Dès 18 mois, ils ont déjà un emploi du temps à tenir avec cours de math, de chinois, d’anglais et on laisse peu de place à la créativité et à l’imagination… Ici les enfants subissent pas mal de pression au niveau scolaire et il n’est pas rare qu’ils aient des journées de ministres, car après l’école ils enchaînent les cours particuliers.

Est-ce qu’il y a du bon fromage où tu vis? Et du bon vin?

A Singapour, peu importe sa nationalité, on trouve à peu près tous les produits de sa région grâce à la forte population d’expatriés (près de 40% des personnes vivant à Singapour)… mais pas à n’importe quel prix! Alors du bon fromage et du bon vin, français de surcroît, il y en a, mais on en achète plutôt rarement. Du coup, on attend toujours avec impatience les colis venant de France et les visiteurs qui passent par chez nous!

Tu pars où en vacances?

Les vacances et les grands week-ends, c’est un des atouts majeurs de Singapour qui est vraiment un carrefour pour toutes les autres destinations d’Asie du Sud-Est. Nous sommes donc déjà allés plusieurs fois en Thaïlande et en Malaisie et nous ferons un petit tour au Cambodge le mois prochain. On espère avoir l’occasion de visiter également le Vietnam, le Myanmar, le Laos et un peu plus loin l’Inde, le Japon et l’Australie. Pas sûr qu’on est le temps de tout faire!

Les B. à Singapour./ Photo DR Eva B.

Les B. à Singapour./ Photo DR Eva B.

Et, last but not least, que fais-tu le vendredi?

Quand il y en a, j’aime bien participer à des activités mamans-bébés de l’association française de Singapour. Playground, waterplay, fit’n poussette, marche rapide à poussette, les occasions et les activités ne manquent pas pour se retrouver entre mamans françaises avec nos petits. Poussée par cette dynamique, je propose depuis peu des ateliers de sophro-relaxation maman-bébé pour apprendre à se détendre et prendre du temps pour soi quand on est maman d’un jeune enfant.

Mais surtout, le vendredi… je souris! C’est le dernier jour de la semaine. Je sais qu’on va se retrouver en famille pour les deux prochains jours et profiter ensemble de notre nouvelle vie.

Si vous voulez raconter votre vie au bout du monde (oui la Suisse peut être aussi le bout du monde), contactez-moi à lexie.swing@gmail.com.

-Lexie Swing-

Les fesses de cette fille

J’ai passé une heure et quart à mater les fesses d’une fille. Et maintenant j’ai mal aux jambes. Ça fait un peu vieux pervers, dis comme ça!

Elle était comme montée sur ressort, les jambes fuselées et gainées de noir. Sa queue de cheval tressautait au rythme de ses pas.

J’ai passé une heure et quart à mater les fesses de cette fille. Au début, j’étais envieuse. Un déhanché parfait, une vibration digne des meilleurs cabarets. Un coup à droite, un coup à gauche, ses fesses sautillent et marquent la mesure.

Des fesses au départ de la grande course en talons./ Photo Raphael Labbé

Des fesses au départ de la grande course en talons./ Photo Raphael Labbé

Au bout de dix minutes, j’étais en colère. Pourquoi mes propres fesses n’arrivaient-elles pas à suivre le même chemin? Lorsque les siennes partaient à droite, les miennes en perdaient leur latin, ne sachant plus si j’avais dit bleu ou noir ou si la dentelle était à la mode cette année. A leur contact, la samba ressemblait à du twist improvisé par un comptable alcoolisé.

Au bout de 30 minutes, j’étais lassée. Ses fesses frétillaient toujours, insolentes d’énergie. Les miennes ont rencontré le sol, pour mieux l’épouser. Les siennes continueront leur vie, lorgnées par des centaines de filles après moi. Les miennes vont se rasseoir sagement, sur un vélo, un cheval ou même un canapé.

J’ai passé une heure et quart à mater les fesses d’une fille. Et maintenant j’ai mal aux jambes. Les cours de remise en forme, façon danse brésilienne, ce n’est décidément pas pour moi.

Et vous, votre déhanché?

-Lexie Swing-

La bibliothèque façon Montessori

J’ai connu Montessori il y a quelques années, lorsque ma belle-sœur se renseignait sur les écoles du même nom. J’ai découvert cette pédagogie particulière et l’éducation individuelle qui en découlait. Je suis tombée sur des blogues de parents qui expliquaient comment ils menaient à bien cette éducation au quotidien, et quand j’ai trouvé qu’ils allaient trop loin, j’ai tout laissé tomber. Mais j’ai gardé dans un coin de ma tête cette impression d’autonomie, cette découverte par l’apprentissage, cette envie de faire avec du vrai (en cuisinant par exemple) plutôt que de tout faire passer par les jeux.

La bibliothèque de Miss Swing./ Photo DR Lexie Swing

La bibliothèque de Miss Swing./ Photo DR Lexie Swing

Il y a quelques semaines, j’ai découvert via Hellocoton un petit bonhomme de 15 mois environ qui fouillait dans sa bibliothèque Ikea pour y récupérer les livres qui lui plaisaient. Pas d’entraves, pas de « Maman, donne… » Pouvoir découvrir les livres comme on l’entend est d’une importance capitale à mes yeux, et tant pis si certaines pages se déchirent dans la hâte.

Alors la semaine dernière, après un tour au rayon enfant d’Ikea, nous avons investi dans un petit meuble blanc. Le dessus de cette bibliothèque est encore suffisamment haut pour que l’on puisse y poser cette veilleuse qu’elle démonte tout le temps. Le reste est accessible malgré ses 73 cm (l’infirmière l’a mesurée à 75 cm ce matin mais Mr Swing a reconnu qu’il était encore en train de l’installer lorsqu’elle a pris les mesures!) et elle s’en donne à cœur joie! Chaque soir, elle choisit le livre qu’on va lui lire, chaque matin elle en sort cinq ou six qu’elle abandonne sur le sol… Aimera-t-elle lire après ça? Je l’espère! Elle aura au moins le loisir de choisir car il n’y a rien de pire à mes yeux que des lectures imposées.

-Lexie Swing-

Douce France qui a perdu son insouciance

Il y a un mois, je publiais sur le site internet de mon travail un article volontairement sarcastique sur les choses à savoir avant de proposer un rendez-vous à une secrétaire. Au programme : mise en avant des petits détails maniaques et autodérision. Mes lectrices québécoises, adjointes et secrétaires en tête de peloton, ont adoré, argumentant que c’était « tout à fait elles », « que ça allait bien faire rire leur mari », qu’elles allaient envoyer cet article « à tous leurs contacts pour qu’ils sachent à quoi s’en tenir ».

Hier, nous avons repris l’article pour le publier sur l’un de nos sites français. Les termes qui sont le plus revenus dans les commentaires? « Affligeant », « misogyne », « idiot », j’en passe et des meilleurs. Je ne le prends pas personnellement car ce n’est pas la première fois que le phénomène se produit. Dès que nous publions un article qui nécessite un bon sens d’autodérision ou qui se veut humoristique, les Québécois applaudissent pendant que les Français crient au scandale.

French flag./ Photo Luc Legay

French flag./ Photo Luc Legay

Pourquoi? Lorsque j’ai soufflé ma colère sur mon Facebook privé, une amie parisienne m’a rappelé le cynisme latent, la mauvaise humeur palpable, les broyeurs de noir qu’elle côtoie au quotidien. Elle m’a surtout rappelé, avec toute l’honnêteté possible, qu’elle-même était comme ça.

Mais moins que le cynisme, que j’apprécie lorsqu’il est bien manié, je déplore les réflexions des bien-pensants. Sur Internet, ils sont partout. Avez-vous déjà regardé les commentaires d’articles de Rue89? La première moitié critique le travail du journaliste, quand les seconds se déchirent sur le fond. Ils se taclent les uns les autres, égratinant au passage l’auteur, revenant sans cesse argumenter, à n’importe quelle heure du jour et de la nuit, comme s’il n’y avait que cette vie désespérément virtuelle qui comptait.

Je suis partie aussi pour ça, parce que j’avais besoin d’une espèce de joie de vivre enveloppante, fusse-t-elle culturelle ou superficielle. Depuis que je suis ici, j’ai connu des hauts, des bas, des obstacles, mais je n’ai jamais connu la morosité. J’ai réussi chaque matin à croiser des visages souriants, et même le soir, même avec la fatigue qui pèse sur les épaules, j’ai vu des yeux qui brillaient, j’ai entendu des voix qui s’animaient, j’ai admiré de la politesse, j’ai intégré de la bonne humeur. Et ça m’a porté.

– Lexie Swing-

Hier, ils annonçaient 5 cm (neige inside).

J’ai toujours eu un faible pour la belle neige, celle qui peut tomber une nuit entière et tout recouvrir. Au réveil, on écarte les rideaux pour voir qu’une couverture polaire à tout recouvert.

Pas question de prendre le bus ce matin, je voulais marcher dans la poudreuse, sentir la neige craquer sous mes pas et m’entraver légèrement (largement aidée en ça par le chien qui marche sur mes talons).

Je vous en enverrai bien en France, vous qui désespérez sous la pluie battante. Un petit paquet rouge comme Noël avec un joli nœud et de la neige dedans, fraîche et douce, parfaite pour recouvrir la morosité…

Eleven./ Photo DR Lexie Swing

Eleven./ Photo DR Lexie Swing

Rue Draper./ Photo DR Lexie Swing

Rue Draper./ Photo DR Lexie Swing

-Lexie Swing-

She’ll be your Valentine

Be my Valentine./ Photo Craftivist Collective

Be my Valentine./ Photo Craftivist Collective

Veille de la Saint-Valentin. Les chocolatiers, les restaurateurs et surtout les boutiques de lingerie se frottent les mains. Cette fille a tout: le chocolat, le sac plein de lingerie fine et sûrement la réservation de 18 heures dans le resto de leur première fois. Assise à mes côtés dans le bus, elle trifouille la dentelle et la soie à travers le papier fuchsia qui dissimule son trésor.

Quand lui sortira-t-elle le grand jeu? Avant même le repas, comme au troisième rencard? En revenant de leur douce soirée, la porte à peine passée?

Attraperont-ils un chocolat au vol? Lui rappelera-t-il qu’il l’aime?

Ce sera leur dernière Saint-Valentin comme ça. L’an prochain ils seront trois. Ou peut-être même dès ce printemps, si j’en crois le rebondi de son ventre qui frémit dans la soie, sous le froufrou fuchsia.

Et sous les chocolats.

Que vous la fêtiez ou non, je vous souhaite une excellente Saint-Valentin, puisse-t-elle être douce comme la soie et gourmande comme du bon chocolat…

-Lexie Swing-

Pâte à sucre maison

Miss Swing a eu un an lundi. Je vous parlerai plus tard de la larme que j’ai failli verser en portant son gâteau d’anniversaire et de comment elle a manqué gober la bougie.

Après un premier essai quelque peu (très) désastreux, et une grosse remise en question parentale (« Sommes-nous vraiment des parents en dessous de tout? »), Mister Swing a joué les MacGyver et avec trois morceaux de pâte à sucre maison, il a créé la montgolfière parfaite pour notre petite voyageuse, notre Toulousaine néo-Montréalaise adorée.

Tadam.

La souris est dans la place./ Photo DR Lexie Swing

La souris est dans la place./ Photo DR Lexie Swing

J’ai eu un rôle déterminant dans cette création : j’ai mis la souris dans la nacelle. J’ai fait trois pas jusqu’au bac à jouets, j’ai pris la souris, je l’ai allongée sur le plateau et je lui ai collé de la pâte à sucre violette sous le nez. Paf. Chef-d’oeuvre.

Sans rire. La pâte à sucre nécessite une bonne dose de maîtrise et de patience mais avec beaucoup d’huile de coude et une bonne recette elle est facile à réaliser et bien meilleure marché que la pâte à sucre toute prête des commerces spécialisés. Tandis qu’on préparait l’anniversaire de Miss Swing, j’ai eu l’occasion de regarder des tas de recettes. Nous en avons essayé une première : un désastre! Une amie m’a même demandée si notre fille avait fait de la pâte à sel pour l’occasion!

La recette parfaite, nous l’avons trouvée dans ce tutoriel vidéo. Le grammage et le geste précis à avoir: tout y est! Vous n’avez plus qu’à!

-Lexie Swing