Laisser son enfant partir pour les vacances (+ liste pour les bagages)

Samedi dernier, ce sont trois personnes que j’ai conduit à l’aéroport : mes parents, ainsi que ma fille de 6 ans. Pour la première fois, elle allait prendre l’avion sans nous, direction la France, où elle allait passer deux semaines de vacances, avant qu’on l’y rejoigne.

On parle de la grande école, du premier coup de pédales sans roulettes, mais mettez un peu votre enfant tout neuf dans l’avion sans vous! Elle aura 18 ans demain alors qu’elle est née hier, c’est à n’y rien comprendre.

Mon grand enfant m’a donc quittée à la porte des contrôles, celle où vous ne pouvez aller plus loin sans billet sous peine de se voir courser par deux trois douaniers peu rieurs et un chien habilement denté. Je l’ai regardée avancer dans la file, poser ses affaires, passer sous le portique. J’ai attendu jusqu’à ce que mon père la soulève une toute dernière fois et qu’elle me lance un signe, par-dessus les têtes des voyageurs affairés, et puis elle est partie.

J’ai retrouvé une maison étrangement silencieuse, curieusement tranquille. Ma cadette a beau être un lapin Energyzer® dopé au Guronsan®, elle n’a pas la puissance vocale et l’agacement rapide de sa grande sœur. J’ai découvert les repas à un seul enfant, l’attention unique, le temps pour soi. J’ai vu ma petite lionne tourner dans sa cage de désarroi, inhabituée à se retrouver seule pour jouer. Jusqu’à ce que nous prenions nos marques, notre rythme, nos nouvelles places à table, pour ne laisser personne sur le côté.

De son côté, mon aînée s’amuse follement. Elle est, par la force des choses, devenue une cadette. Et je croise les doigts pour que cette place lui apporte quelque chose de nouveau et de positif dans ses difficultés passagères à être une grande sœur. Mais l’heure est surtout aux découvertes et aux apprentissages, elle qui dit désormais préférer la mer à la piscine et qui se laisse porter par les flots, son corps en étoile, quettant les rayons du soleil du sud Méditerranéen.

Dans sa valise, j’ai glissé peu de choses. L’essentiel. 8 kilos sur la balance de l’aéroport. J’ai googlé «liste pour bagages de colonies» et je me suis adaptée. J’en ai fait une liste «pour 15 jours sans parents, vol en avion inclus».

Les vêtements et accessoires

·         Autant de culottes que de jours passés sans pouvoir faire une machine

·         Quelques paires de chaussettes, dépendamment de la météo (+ de 20 paires s’il s’agit de la Bretagne à l’automne ou de l’Asie en pleine mousson)

·         Autant de chandails/ T-shirts que de culottes, et quelques rechanges pour les jours de bataille d’eau

·         Quelques vêtements intégraux, type robes ou combinaisons, pour éviter les mix&match improbables

·         Des gilets ou des sweat-shirts (pas trop, ils remettent le même jusqu’à ce qu’il se jette dans la machine par lui-même)

·         Un ou deux pantalons confortables pour les soirées moustiques au coin du feu

·         Deux maillots de bain – minimum – avec t-shirt anti UV

·         Trois ou quatre pyjamas (pour une semaine)

·         Une casquette (et une deuxième de rechange si vous avez un enfant qui perd tout) (qui a dit «il tient ça de sa mère»?)

·         Un imperméable (deux en Bretagne, le temps que le premier sèche).

·         Trois paires de chaussures (déjà utilisées pour éviter les mauvaises surprises des chaussures neuves) : des baskets, des sandales et des tongs/gougounes pour la plage (ou des sandales usées, aussi appelées «sandales de garderie»)

·         Une serviette de bain et une serviette de plage 

·         Des lunettes de soleil (pas besoin en Bre… bon ok j’arrête. Pas besoin dans le Nord de la France?)

·         Un sac à linge sale

 La trousse de toilettes

Pour savoir quoi mettre dans la trousse, j’ai observé sa routine du matin et du soir. Nul besoin d’un peigne, elle n’en utilise pas. On oublie l’après-shampooing, pas le temps quand on joue dans le bain avec les cousins.

·         Gel douche et shampooing, si possible dans des petits contenants

·         Du démélant en pshit pour les tignasses rebelles

·         Dentifrice Bubble Gum pour rendre les copains jaloux et brosse à dents avec tête protectrice

·         Un gant de toilette ou des débarbouillettes, pour se laver la frimousse

·         Une brosse à cheveux, des élastiques et des barrettes

·         Un gros tube de crème solaire

·         De l’anti moustiques

·         Des médicaments si nécessaire. Ici, après avoir hésité, j’ai finalement décidé de ne rien mettre. Je craignais qu’elle ait mal quelque part pendant le voyage mais j’ai préféré ne pas l’exposer au risque de prendre un médicament en trop grande quantité ou par inadvertance. Ce que j’aurais pu faire : un flacon avec juste une dose d’acétaminophène/paracétamol. Sur place, sa tante avait tout le nécessaire.

·         Le carnet de santé et la carte médicale (oubliés, pour le coup)

Les petits plus

·  Le dernier J’aime Lire qu’elle avait reçu

·         Un casque adapté aux enfants (taille et puissance sonore) pour écouter les dessins animés que ma mère avait téléchargé sur Netflix, ainsi que ceux disponibles sur l’écran de l’avion.

·         Un livre d’apprentissage du dessin ainsi qu’un bloc de dessins, acheté au magasin du dollar, et un nouveau set de feutres. Ma fille est férue de dessins, et s’est – aux dires de mes parents – pratiquée un bon moment pendant le vol.

·         Un cadre recto verso avec deux photos de notre famille, pour poser sur sa table de chevet ou garder dans son sac

·         Un cahier de vacances (acheté directement par ma belle-sœur qui la réceptionnait pour les vacances)

·         Des petits cadeaux à offrir aux cousins

·         Un calendrier plastifié de ses vacances

·         Sa gourde d’eau

·         Une lettre de consentement, mentionnant que nous étions d’accord pour qu’elle quitte le pays sans nous, ses parents.

J’avais plusieurs autres idées, mais pas forcément le temps nécessaire. Voici que j’aurais aimé ou pu faire en plus :

·         Des enveloppes avec les adresses de ses amis pour y glisser des cartes postales. À la place, j’ai envoyé les adresses à ma belle-sœur.

·         Un petit carnet de photos souples ou une photo sur un porte-clé, pour les plus grands qui ne veulent pas s’afficher avec la photo de leur famille, même si elle leur manque quand même.

·         Un baladeur MP3

·         Une console portative

·         Une lettre à lire pour les jours de cafard

·         Un petit message enregistré, à écouter sur un baladeur

·         Un stock de petits gâteaux secs, pour les fringales (surtout en colo!)

·         Un appareil photo qui va sous l’eau

·         Une lampe de poches

·         Un Lunii pour écouter des histoires

·         Des jeux de voyages

 

 Avez-vous d’autres idées à rajouter?

– Lexie Swing-

 

PS : y’a rien de plus chouette que la Bretagne. Il pleut parfois, certes, mais on y trouve le meilleur caramel au monde.

Découvrez l’ambiance apaisante de l’Ile Saint-Bernard

Avant la bucket list, relativement inatteignable selon les cas, il y a la to-do list. Celle des bons plans pas loin de chez toi, celle des endroits qui feraient comme des vacances pour quelques heures. Tu les notes précieusement et tu les rends réalité de temps en temps.

C’est comme ça que nous avons atterri à l’Ile Saint-Bernard.

J’avais découvert l’endroit il y a deux ans, à la faveur d’une recherche de «vergers bios sur la Rive-Sud». Mes parents s’y étaient alors rendus avec les deux mouflettes. «A peine le temps de ramasser une pomme qu’on retrouvait Tempête juchée en haut de l’échelle» m’a confié mon père. La bougresse avait deux ans. Imaginez ce dont elle est capable deux ans plus tard…

C’est sous un soleil tonitruant que nous y sommes allés le week-end dernier. L’île Saint-Bernard, nichée au bord du Saint-Laurent, non loin de Châteauguay, est un havre. De paix, de tranquillité, et de joie aussi. On a pique-niqué au bord de l’eau, l’air chaud rendu respirable par une douce brise venue du fleuve. Les moustiques n’étaient pas légion, malgré la proximité de l’eau, et je n’ai presque pas eu à bondir sur mes pieds pour éviter les vilains insectes dont j’ai la phobie (tout ce qui vole et surtout vrombit).

La recherche des toilettes publiques m’a ramenée au pavillon d’accueil, où j’ai découvert un joli espace où se sustenter. Des tartes sucrées et salées de chez Carrément tarte, des sandwichs gourmets, de délicieux cookies (oui j’ai testé, il le fallait bien), des sorbets aux mélanges surprenants : le meilleur du repas sur le pouce de la région semblait réuni derrière la petite vitre réfrigérante. Mieux : pour s’inscrire dans le zéro-déchet, l’endroit ne propose plus de bouteilles d’eau en plastique. Mais une fontaine permet de remplir sa gourde, ou de boire sur place, grâce aux verres offerts à côté. Notez qu’il est également possible de manger au Bistro La Traite, également sur l’Ile.

Après un café – offert dans de gros mugs comme à la maison – et plusieurs jeux de société (une grande bibliothèque en est remplie), nous avons repris le chemin de l’eau, pour explorer un peu plus l’île.

Au gré du chemin, vous découvrirez cette partie que l’on appelle le Tertre de l’île, qui fut la propriété des Sœurs grises durant plus de deux siècles, avant d’être racheté par la Ville de Chateauguay en 2011.

La majeure partie de l’Île, que nous n’avons pas encore eu le temps de découvrir, correspond au refuge faunique Marguerite-d’Youville, paradis des oiseaux. On dit que de nombreux animaux y sont également visibles, à commencer par le cerf de Virginie. Le refuge abrite 8 km de sentiers pédestres, serpentant entre marais, friches, chênaies et même érablières.

De multiples activités sont proposées tout au long de l’année, comme des visites guidées, du yoga, un éco-marché, une vente annuelle de plants bios, l’autocueillette à l’automne, la location de matériel nautique l’été, le ski de fond l’hiver, etc.

À noter qu’une navette fluviale est en service de fin juin à mi-septembre, et rallie Lachine à l’Ile Saint-Bernard.

Je reviendrai bientôt, pour tout ce que je n’ai pas vu encore. Pour le refuge, pour les paddle-boards, pour les bateaux, pour la petite tortue dont j’ai dû attendre la traversée avant de pouvoir repartir, et pour l’impression irréelle d’être un peu hors du temps.

-Lexie Swing-

Île Saint-Bernard, Châteaugay. Accès gratuit au tertre de l’île. Refuge faunique, 5$ adulte, 3,5$ enfant, 13.30$ pour les familles.

Crédit photo : Lexie Swing

Zéro-déchet : tout ce que tu peux éviter d’acheter au supermarché

Ceci n’est pas une leçon, ni une injonction. C’est une proposition. Parce que parfois je n’ai pas le temps et que je file au supermarché, parfois j’ai la flemme et je file au supermarché, parfois il me manque un truc et… oui, je file au supermarché. Et lorsque je dois y faire mes courses entières de la semaine, je suis désemparée de ramener autant de plastique, autant de cartons, et de voir ma poubelle de recyclage se remplir à mesure que je défais mes courses. Je reste persuadée que le meilleur allié de celui qui veut aller vers le zéro-déchet, c’est l’anticipation. Quand on sait ce qu’on veut cuisiner, quand on connaît ses habitudes, quand on prévoit son agenda, on sait quoi acheter. Même les cravings s’anticipent, et même les soirs de flemme intense, quand on serait bien tenté de se faire une pizza surgelée pour dépanner.

J’achète majoritairement des produits en vrac. Mais le magasin le plus fourni des environs reste loin de chez moi. J’ai pris l’habitude de m’y rendre seulement aux deux semaines – moins de temps investi et d’essence qui pollue – et de remplir ainsi deux fois plus de pots. Restent les impondérables, ce qui vient parfois à manquer et qui oblige à courir au supermarché du coin. Sans parler des courses de frais, qui nous poussent également à nous y rendre au moins une fois par semaine.

Chaque fois que je me rends chez IGA ou Provigo, nos supermarchés locaux, je pâlis un peu devant les légumes emballés individuellement dans du film plastique, les gourdes de compote non recyclables et les paquets de gâteaux en format individuel. Pourtant, presque tout à son équivalent en vrac. Petit tour de piste.

Fruits et légumes

La plupart des supermarchés proposent les légumes en vrac. Laissez de côté les petits sachets plastiques, vous n’en avez pas besoin. Au mieux, vous avez investi dans 5 ou 6 petits sacs fins et transparents en tissu, qui permettent au caissier d’identifier vos achats sans sortir les produits de leurs sacs. Au pire, vous les mettez en vrac dans votre panier. Si, si. Personne n’a écrit nulle part que vous deviez forcément les grouper dans des sacs individuels. Une astuce : groupez-les par contre sur le tapis roulant de la caisse, ils seront ainsi plus faciles à identifier et à peser pour la personne en face de vous.

Pâtisseries, pain, viennoiseries et autres

Dans mon supermarché, le pain et ses dérivés arrivent tout de suite après. Il est très rare que j’y prenne quelque chose, autant pour des considérations purement alimentaires (sucre raffiné, farine non bio, arômes et colorants ajoutés…) que pour les boites plastiques qui les entourent. Comme il fait 30 degrés et que je n’ai pas la clim, j’ai opté pour les petits délices de la boulangerie/pâtisserie. Le pain trouve sa place dans mon sac dédié (et j’ai même droit à un petit rabais pour ça) et les gâteaux logent dans des sacs à collation ou des tupperwares. La part de gâteau Reine Elizabeth que l’on aime se partager tous les 4 semble faite pour mon précieux contenant en verre rectangulaire, d’où la nécessité impérieuse d’en racheter chaque semaine…

Pâtes fraiches et gnocchis

Il n’y a rien de goûteux comme un gnocchi à poêler du supermarché. Mes préférés ? Ceux qui sont remplis de fromage. Ils sont un plat facile, avec une petite salade de tomates et basilic du jardin. Cependant, ils ont des équivalents meilleurs et moins polluants (que je ne choisis pas toujours, donc). Ainsi, mon épicerie zéro-déchet propose des gnocchis en vrac. Mieux encore : certains traiteurs italiens offrent des pâtes fraîches, et donc des gnocchis, que vous pouvez facilement ramener dans un contenant. Le top reste encore de les faire soi-même, voire de laisser les enfants le faire. Ma fille aînée loue souvent «les gnocchis de Maman» (que j’ai dû faire deux fois, pour être honnête). Le petit roulage, la marque de la fourchette sur le dessus… Je me dis qu’elle en sait désormais plus sur la provenance des aliments que moi au même âge.

Céréales, pâte à tartiner, biscottes

Je n’ai pas de solution pour les biscottes. As-tu une solution pour les biscottes? Ma solution est «oublie les biscottes, mange du pain», mais bon. Reste que les céréales et la pâte à tartiner sont deux choses que je n’ai pas acheté depuis des lunes, parce que c’est incroyablement facile à faire, que l’on peut – dans le cas des céréales – leur donner exactement le goût qu’on aime, et aussi parce que ce sont deux produits typiquement remplis de tout un tas de trucs que vous préféreriez ne pas avaler, en vrai. Ma recette préférée de pâte à tartiner reste celle que j’utilise depuis longtemps. Quant aux recettes de granola, vous en trouverez treize à la douzaine sur tous les moteurs de recherche de ce monde (en ligne), mais la base est simple : des flocons d’avoine, un produit sucrant type sirop d’érable et de l’huile.

Yaourts/yogourts, crème, lait, œufs et fromage

Pour les yaourts, deux options : je trouve ici (pas souvent) des pots en verre consignés. Mais plus souvent qu’autrement, je le fais moi-même avec l’Instant Pot. Je ne tire pas moi-même le lait du pis de la vache, on s’entend, mais je l’achète en bouteilles consignées. Au final, une batch de yogourt tient chez nous la semaine entière, pour un prix défiant toute concurrence. Ça goûte pas comme le petit suisse, diront probablement vos enfants. Ils ont raison : ça goûte meilleur. 

Vous aurez compris que le lait se trouve ici en bouteilles consignées. C’est aussi le cas de certaines crèmes, quoique le choix reste trop restreint à mon goût. Les œufs sont probablement l’une des choses les plus faciles à trouver en vrac : dans les magasins de vrac ou les magasins bios, pour les rats des villes; chez le fermier du coin ou au marché, pour les rats des champs. Certains élèvent même des poules chez eux, on peut difficilement faire plus circuit court que ça.

Le fromage se trouve également de plus en plus facilement en zéro-déchet. Plusieurs magasins de vrac des environs en proposent. Les fromagers semblent également s’y mettre, alors n’hésitez pas à vous renseigner auprès de vos commerces locaux. Un fromager qui propose de mettre ses fromages directement dans vos plats pourrait facilement devenir votre meilleur ami (ce serait le mien, en tout cas).

Et le reste?

Le reste, vous le savez déjà, se trouve facilement en vrac : légumineuses, pâtes et riz, huiles ou même café. L’important est de trouver un fonctionnement en adéquation avec son quotidien et avoir sur soi le nécessaire pour ne pas avoir à opter pour une option jetable : grands sacs à collation, sac à pain, boites réutilisables, boites à œufs, sacs fins pour les légumes, etc… Parfois aussi, la meilleure option reste de se demander «en ai-je vraiment l’utilité? Est-ce que je pourrais plutôt opter pour quelque chose de plus simple, plus sain et de moins cher?».

Et vous, quel est le truc que vous achetez toujours au supermarché? Vos gnocchis au fromage à vous (c’est la version industrielle de la madeleine de Proust)?

 -Lexie Swing-

20h30, le cours de sport

On se connaît bien, nous les parents du sport. On arrive en retard, essoufflés, délivrés de la routine du soir. Les enfants sifflent le rappel mais nous ne sommes plus là pour les entendre. Nous laissons ça à d’autres, à l’autre, le temps d’une heure, d’un cours, à peine.

On débarque mal chaussés et la couette de travers, fouillant à mains griffées dans nos totebags éculés. Le mignon sac de sport est indisponible, relégué au rang de sac de piscine pour l’aîné, ou de sacs à couches pour la petite dernière. On déniche triomphalement une paire de bas de sport, un bandeau fatigué, entre les mouchoirs douteux, les barres de céréales écrasées et le jouet Kinder oublié là, il y a longtemps déjà.

On se salue comme des braves, sortis indemnes de la bataille du 18-20. Celle des consignes mille fois répétées et des mains mal lavées, des petits pois triés, du dessert réclamé et du verre d’eau qui n’en finit plus d’être quémandé. Les premiers mots sont ceux d’un père, ceux d’une mère, comme si l’on emportait partout avec soi cette part de notre existence, telle une encre indélébile au creux du cœur et des conversations.

Et puis l’étoffe se fait plus légère. On la dépose entre deux coussins, à la va-vite sur la chaise des visiteurs. On enfile nos bas, nos gants, nos t-shirts trop grands. On noue nos cheveux et on redresse les épaules. On laisse un peu de nous derrière la porte vitrée. On laisse les contraintes, on oublie la routine, ne gardant que l’essence même de nos tout-petits, ceux-là mêmes qui avancent en surveillant notre présence rassurante par-dessus leur épaule. Nous sommes tourelles et levons les poings. Le courage au creux de la garde.

On court avec l’énergie brute d’une vie sur la corde raide, luttant pour rester éveillés. On frappe avec une férocité dont on ne se serait pas cru capable. Et c’est notre monde entier qui brûle dans nos veines. Nos inquiétudes, nos colères, nos impuissances. On danse avec la légèreté de ceux qui s’abandonnent, dans un dernier souffle, libérés des chaines du quotidien, et portés par l’amour des êtres qu’ils ont bercés.

Il n’y a que nous, au centre du ring. Avec le cœur qui bat vite, comme s’il en portait tant d’autres avec lui.

Nous ne sommes pas que des parents, nous sommes autres, nous sommes plus. Mais persiste, en filigrane, cette importance. Qui nous colle à terre et nous tient debout, le cœur à son apothéose, porté par mille battements de plus. Plus vivants que jamais.

-Lexie Swing-

Photo : Samantha Hurley

Question de valeurs

Quand on me demande pourquoi j’ai choisi de quitter la France, il est souvent question de travail, de carrière. Mais inévitablement, la réponse finit par s’orienter vers le climat social, et notamment l’acceptation des individus dans leur diversité.

J’ai quitté la France quelques mois après les premières manifestations contre le mariage gay. J’ai encore dans la bouche le goût de la haine qui flottait dans l’air. J’ai toujours, imprimé au fond de la rétine, les slogans déroutants d’intolérance, et la violence palpable.

Je n’ai pas voulu que mes enfants grandissent dans cet environnement. Qu’elles s’y sentent un jour en danger, parce qu’elles seront concernées. Ou qu’elles finissent par trouver ordinaire cette brutalité des mots et des actes.

On m’a souvent répondu que l’on défendait des valeurs. Celles de la famille, celles de la République. Pourtant, je n’ai jamais entendu personne, aucun postulant à une entrevue, aucun candidat d’un quelconque show télévisé, répondre «Moi mes valeurs, ce sont celles de la famille traditionnelle, celles d’un mariage hétérosexuel». Absolument pas. Les valeurs que l’on véhicule sont souvent celles de l’ouverture aux autres, de la transparence, de l’unité, et surtout de la tolérance.

Quatre valeurs qui ont largement pris le bord dans le contexte des manifestations contre le mariage homosexuel.

En 2013, j’avais dans mon entourage une amie de longue date, qui avait vécu des amours et amourettes autant avec des filles qu’avec des garçons. Je la pensais une alliée fidèle dans ma volonté de combattre l’obscurantisme qui drainait les foules en colère. J’ai pourtant eu la surprise de la découvrir farouchement opposée au mariage gay. Au nom de quoi? De la tradition mes amis.

Or il se trouve que j’ai grandi dans une famille où la tradition a mauvaise presse. Mes parents abhorrent la tradition, pour ce qu’elle convainc de faire de plus absurde les gens qui s’en réclament. Ça n’a aucun sens, pour moi, de penser et d’agir uniquement par tradition. Celle-ci est forcément le corollaire d’autre chose : le plaisir de se retrouver en famille pour les Fêtes, la nostalgie d’un lieu où l’on retourne chaque année, l’envie de déguster un mets spécifique à une période donnée. Si seule la tradition est le leitmotiv, alors il convient de s’interroger sur le bien-fondé des usages que l’on répète.

Le corollaire de la tradition, dans l’opposition au mariage gay, n’avait rien de glorieux. C’était la peur de la différence, c’était l’indifférence et la méconnaissance. C’était aussi, sans aucun doute, la perte de repères et de valeurs dans un quotidien incertain. Cette même anxiété qui pousse les individus à se replier sur eux-mêmes plutôt que de s’ouvrir au monde.

J’ai étudié dans la filière économique et sociale, au lycée (l’école secondaire). De mes cours, je n’ai que peu de souvenirs, à l’exception de quelques notions et termes. L’anomie d’Emile Durkheim est de ceux-là. Il établissait que l’affaiblissement du pouvoir des institutions dans les sociétés modernes pouvait conduire à une anomie, à savoir une perte de repères. Si Durkheim dressait ici l’une des causes possibles de suicide – le thème du livre où il aborde ce sujet – il n’en reste pas moins que la perte de repères peut avoir des conséquences vastes dont fait partie, notamment, le repli identitaire.

Pourtant, je suis persuadée que nous nous trompons de cibles. On se plaint souvent que la société évolue, que les lois contraignent ou obligent, lorsqu’elles ne sont que le reflet de l’existant, que la légitimation d’une réalité établie.

Dans les prémices des contestations, j’ai d’abord refusé d’entrer dans les polémiques. Pas parce que je n’étais pas en faveur du mariage homosexuel, vous l’avez compris, mais parce que je ne voyais pas où était le débat. C’était un non sujet, pour moi, une évidence, quelque chose qui n’aurait même pas dû être matière à débat. Honnêtement, même encore aujourd’hui, je suis ébahie de l’ampleur que cela a pris. «Mais pour qui te prends-tu pour décider qu’un couple majeur ne devrait pas avoir le droit de se marier», ai-je un jour crié, excédée, à quelqu’un. En la matière, je trouve que les contestataires se sont donnés beaucoup trop d’importance. Pire : le gouvernement, les autorités, leur ont donné beaucoup trop d’importance.

C’est comme si on avait invité Tatan Jeannine à la table des débats. Celle-là même qui déblatère sur l’étoffe trop mince de la robe de la mariée et sur l’épaisseur de son tour de cuisse. Tonton Pierrot n’étant jamais le dernier dans le bal des récriminations, assis au bar de la salle des fêtes et alcoolisé au dernier degré, vitupérant des phrases assassines à base de «Quand j’étais jeune….» et autres réjouissances hors d’âge. Vous trouvez que c’est cliché? Les contestations entendues contre le mariage gay sont elles-mêmes un pur cliché, qui serait drôle s’il n’était pas aussi malsain.

«Un enfant a besoin d’un couple fort, d’une maman ou d’un papa», tentait un jour de me convaincre l’amie citée plus haut, inquiète que le mariage gay puisse conduire à une légalisation de l’adoption par les couples homosexuels. Elle en profitait pour nier, inconsciemment, les réalités que nous vivions : cet ami commun dont les parents avaient divorcé avec toute la violence imaginable, cette voisine qui élevait avec tellement de force et de conviction ces enfants seule. Comme s’il n’y avait qu’une vérité, qu’une réalité, et que tous les couples de parents hétérosexuels étaient des modèles d’équilibre et des exemples de solidarité…

J’ai eu tort de ne pas afficher tout de suite mes convictions profondes, et je me suis bien rattrapée par la suite. On devrait toujours afficher ouvertement notre soutien à cette communauté… qui est la nôtre. Oui, il y a une communauté LGBTQI+ propre, et c’est essentiel, mais c’est aussi une part de notre communauté plus large. C’est notre enfant, notre parent, notre voisin, notre instit, notre médecin. C’est nous aussi.

On peut vouloir le meilleur pour notre enfant. L’environnement le plus pur, l’éducation la plus riche, les voyages les plus beaux et l’avenir le plus prometteur. On peut lire des bouquins et consulter des spécialistes. On peut trier nos déchets et cuisiner maison. On peut jouer, et rire, et participer. On peut travailler à 80% et profiter des mercredis après-midi. Si on refuse de s’ouvrir à notre communauté et de soutenir les droits de chacun, alors on n’aura fait tout ça pour rien. On dressera une tour savante sur une base fêlée. Parce qu’on aura nié l’individualité et l’identité propres. La diversité des sentiments.

C’est comme dire «je t’aime, mais…» quand on devrait aimer inconditionnellement.

-Lexie Swing-

Trois questions à poser à ses enfants

Souper à trois. Les filles sur les côtés et moi au milieu. C’est notre organisation, nos habitudes en trio lorsque Papa découche.

La dynamique est différente, plus enfant-centrée. Plus besoin d’écouter les conversations d’adultes, les échanges professionnels, les ritournelles parentales. Les questions sont à sens unique et les mots enfantins.

De ces soupers nous créons des confidences, nous inventons des compromis. Nous troquons le poivron contre trois petits pois. Nous promettons la crème glacée et peut-être le dessin animé, même si en semaine, vous savez bien, normalement on n’a pas le droit.

Mais on dira que c’est spécial, que c’est différent, que c’est un peu congé, finalement.

Je prends à cœur de leur poser des questions, de rebondir sur les menus détails. Je passe en revue dans ma tête les interrogations pertinentes. Celles qui ne se répondent pas par oui ou par non et qui m’en apprendront un peu plus que le sempiternel «Est-ce que vous avez passé une bonne journée?».

De notre dernier souper en trio, je garde en mémoire trois questions, et leurs surprenantes réponses. La toute première que j’ai voulu poser était avant tout une vérification.

«En dehors de (insérer ici le nom du meilleur ami / de la meilleure amie), avec quel(le) ami(e) aimes-tu passer du temps, et pourquoi?»

J’aime cette question, qui me permet de savoir qui sont leurs ami(e)s, en dehors de celles et ceux dont j’entends toujours le nom. Ce sont les amis plus discrets, ceux sur qui on peut compter et qui sauront rassurer notre enfant si d’aventure il devait se retrouver dans une classe différente. Je la rends parfois plus spécifique, précisant : «Avec quel ami qui n’est pas dans ta classe aimes-tu particulièrement jouer?». J’ai ainsi découvert que mon aînée passait ses heures au service de garde en compagnie d’enfants plus grands, qu’elle avait connus dans une précédente garderie. Ma toute petite, quant à elle, s’est avérée jouer avec l’enfant de nos amis, qu’elle connaît de longue date mais mentionne rarement puisqu’il est dans un autre groupe. Curieuse d’en savoir plus, j’ai par la suite interrogé les éducatrices qui m’ont confirmé que «ces deux-là passent beaucoup de temps ensemble» (et apparemment, surtout pour faire des bêtises :)).

J’apprécie aussi le pendant de cette question, celle qui interroge : «Quel enfant n’apprécies-tu pas du tout, avec qui tu n’aimes pas être lorsqu’il s’agit de jouer ou travailler en groupe?» C’est une question somme toute anodine, dont la réponse l’est généralement tout autant : «Je l’aime pas parce qu’il fait tout le temps des grimaces», «Il m’énerve car il veut jamais aider»; mais qui peut se révéler riche en enseignements : «Je l’aime pas parce qu’il porte des barrettes et un garçon ça porte pas de barrettes», «sa peau a une couleur bizarre». L’occasion de noter les petits réajustements nécessaires à faire en termes d’ouverture aux autres et de tolérance. Cette question, enfin, peut-être l’occasion d’apprendre que votre enfant n’a pas forcément une scolarité sereine, avec une réponse comme : «Je l’aime pas parce qu’il me pique toujours mon goûter/ parce qu’elle m’a enfermée dans une toilette/ parce qu’il me dit des vilains mots/ parce qu’elle me touche toujours alors que je lui dis que je n’aime pas ça…» Un bon point de départ pour une résolution de problèmes.

Finis les menus détails, j’avais envie de rêver un peu. Attaquant le fromage, j’ai demandé : «Ça serait quoi votre parfaite journée? On ferait quoi? On irait où?». Sans surprise, ma cadette voulait aller au cinéma (les écrans et le pop-corn, c’est la vie). Mon aînée, elle, avait une idée précise : elle voulait partir au Nouveau-Brunswick, comme lors de nos précédentes vacances. Alors que je cherchais à savoir si elle aimerait essayer d’autres endroits, elle a répondu : «N’importe où, avec une plage j’aimerais. On se dirait qu’on prend la voiture et on s’en va où on veut». Cet esprit d’aventures me fascine et me donne envie de les emmener sur un coup de tête au bout du monde. Nul doute que je le ferai un jour. Peut-être pas au bout du monde, mais au bout du Maine, certainement.

J’avais prévu des glaces pour le dessert. Parce que souper spécial, souvenez-vous. Je les avais voulues incroyables, «cochonnes» comme on dit ici au Québec, stupéfiantes pour les yeux. J’ai donc surmonté ma glace Coaticook au caramel fudge de morceaux de chocolat, de mini-guimauves et de Dulce de leche. La vie est courte les amis, il faut en profiter.

La première bouchée de ce décadent dessert m’a soufflée ma meilleure idée. «Une dernière question», j’ai annoncé. Et devant mon public très attentif (et surtout occupé à gober des mini-guimauves arrosées de caramel), j’ai lancé : «Où vous vous voyez, dans 25 ans?»

Et puis comme mes enfants ont seulement 3 et 6 ans et que «dans 1 an» est déjà un futur lointain, j’ai précisé : «Dans 25 ans, vous aurez l’âge de Maman environ (presque, on va pas chipoter), comment vous vous imaginez? Que ferez-vous comme métier? Vivrez-vous dans une maison, un appartement, une caravane toujours sur les routes? Est-ce que vous vivrez seule, avec quelqu’un, avec un amoureux, avec une amoureuse, avec des amis? Aurez-vous des enfants? Aurez-vous des animaux?»

J’ai adoré cette question, car je n’avais pas la moindre idée des réponses.

Ma 3 ans (qui répond toujours plus vite que son ombre) : Mon travail ce sera d’aller dans un bureau comme toi et de travailler sur l’ordinateur, ou de faire du soccer. Je vivrais dans une maison à Saint-Bruno (ndla : notre ville) avec (insérer le nom d’un garçon de son groupe), ce sera mon amoureux et on aura des enfants. Et puis j’aurais Loulou avec moi.

Loulou notre chien, ou son arrière-petit-fils, rendu 25 ans plus tard.

Ma 6 ans (qui prend toujours le temps de réfléchir) : Je serai inventeure mécanicienne, et je construirais des voitures et des bateaux. Je vivrais dans un appartement à Montréal avec mon chat, ou peut-être dans la maison là (indiquant d’un geste du bras la maison à côté de la nôtre), pas loin de vous. Je vivrais avec (insérer le nom d’un ami de la classe) et on aura deux bébés, un garçon et une fille. Mais c’est pas moi qui vais porter les bébés, ce sera mon amie (insérer ici le nom de sa meilleure amie).

On est sur une constante ici, ma grande ayant mentionné depuis des années son refus d’être un jour enceinte. L’indication d’un garçon comme amoureux est nouvelle, ma fille ayant par le passé toujours dit vouloir vivre avec une fille. Convention sociale ou évolution naturelle de l’identité? Je l’ignore encore, mais j’ai bien hâte de reposer cette question dans quelques mois.

Et vous, quelles sont les questions qui ont produit les réponses les plus intéressantes?

-Lexie Swing-

Insubmersibles

On a 15 ans. La vie est une surprise. On court, on flirte, on danse, on boit souvent trop, on s’époumone, on brûle de l’intérieur d’une flamme vive et ardente. On s’épuise à vivre, piquant du nez dans les soupers de famille, narguant les petits déjeuners dominicaux, la tête enfouie sous les oreillers. Nous oscillons dans un monde à part, en dehors du temps routinier, faisant fi des obligations, fatigués par avance des distances.

On a 23 ans. On étudie. On travaille. On amasse. On brûle encore. On paie l’alcool par des maux de tête cuvés sur toutes les tables de ce monde. On se targue de tenir la cadence. On se couche à 2h pour se lever à 6. On rit et on recommence. Inconscients que ce temps passera.

On a 30, 35, 40 ans. On est des travailleurs, des parents. On tient une maison. On orchestre des vies. On se lève avec l’aube, on se couche à minuit. Les jours se ressemblent, la matinée se célèbre dès l’aurore. On tient bon, phare imprenable. Le lever se fait d’un saut, le déjeuner se dévore d’une traite. La douche est prise à la volée, le café à peine avalé. On habille, on débarbouille, on débarrasse, on rassure, on supporte, on soutient, on emporte, main dans la main. Et on pousse, vers d’autres portes, vers d’autres bras. On délaisse, pour d’autres responsabilités. Qu’on assume, le nez dans les dossiers, les doigts agiles, la verve haute. On lustre nos chapeaux en jonglant comme des pros. La route du retour, l’habit que l’on défait. Les enfants que l’on récupère, les récits qu’on écoute, qu’on questionne, parce qu’il faut s’intéresser, toujours. Ne pas perdre le fil, ni de ses enfants, ni de son ou sa conjoint(e), ni de soi. Chôyer, entourer, écouter, pour ne jamais devoir répondre qu’on ne savait pas. Et puis rentrer, nourrir, laver, changer, nettoyer, bercer, entourer. De nos bras, de nos mots, de nos sourires, de nos encouragements. S’oublier, s’oublier tant. Aspirer au silence, trouver son inspiration dans la nuit tardive. Épouser le crépuscule, comme un salut quotidien. Finir tard dans la nuit, s’effondrer dans son lit. Se relever pour des cauchemars, se blottir pour éloigner les monstres. Compter les heures, saluer les étoiles. Éteindre le réveil et recommencer encore.

On a 23 ans. On est inconscients. On se croit résistants. On est insubmersibles. On aura 30, 35, 40 ans, on battra à la course les jours et les nuits, tutoyant le soleil, implorant les étoiles. On sera debout. Plus forts que jamais.

– Lexie Swing-

Crédit photo : Matthew Henry

Apprendre la couture avec une formation vidéo gratuite

(Pas intéressé(e) par la couture? File au dernier paragraphe!)

J’ai beaucoup évolué dans mon rapport à la couture. Alors que mon amie A. et moi avions appris à coudre toutes jeunes, à tout juste 5 ans, grâce à notre fabuleuse nourrice couturière, j’ai complètement oublié par la suite. Lorsque j’ai repris la couture, j’avais 29 ans et j’ai alors souffert d’une incompétence qui m’est propre : mon incapacité à me projeter dans l’espace et dans les étapes d’un projet. Impossible pour moi de deviner comment un assemblage de deux ou trois morceaux avait pu conduire aux résultats que j’avais sous les yeux. Rien n’était instinctif, ni le choix des tissus, ni le placement des bobines, ni le découpage du patron.

J’ai procédé de manière incertaine. J’ai tenté de réaliser sans patron une tuque – sans succès. J’ai cousu une pochette et quelques bavoirs – réussis après de nombreux ratés. J’ai abandonné ma machine quelque temps, un peu lasse certainement des efforts fournis comparativement aux piètres résultats, et je l’ai oubliée.

À la faveur d’un emploi du temps plus clairsemé, j’ai replongé. Entre temps, une amie m’avait convertie à l’importance d’utiliser un patron de bonne qualité, donc souvent un patron payant. J’ai investi dans quelques-uns, en fonction de ce que je recherchais comme pièces à coudre, et j’ai mis le pied à la pédale. Des trois pantalons d’enfants réalisés, chacun était plus abouti que le précédent.

Cependant, des problèmes persistaient. Je passais de nombreuses heures à comprendre les subtilités des patrons, à googler les termes, à interroger des couturières plus aguerries pour savoir quel tissu acheter. À force de visionner des vidéos Youtube pour apprendre certaines techniques, j’ai fini par rechercher une formation de base.

Et c’est ici que je voulais en venir. Si je peux vous épargner mon cheminement – quoiqu’aucun cheminement, fusse-t-il un chemin de traverse, ne soit jamais vain – je vous dirais de commencer votre pérégrination dans la couture avec un cours de base. Juste après vous être intéressé un peu à votre machine. Juste après avoir fait un premier tour dans un magasin de tissus.

Et si, comme moi, vous manquez de possibilités pour vous déplacer physiquement et assister à un cours de couture, googlez Aude Couture.

J’avais lu son nom au moins 10 fois sur mon groupe Facebook de couture avant de commencer à m’y intéresser. Je savais d’avance qu’elle était plébiscitée. Je peux désormais me joindre à ses groupies.

Aude Couture, c’est un site internet qui propose des formations vidéos de couture. Un set de 10 leçons gratuites est offert après inscription (gratuite). Ces leçons sont le B.-A. BA de la couture : notions de base, machines à coudre, tissus, outils nécessaires, comment lire un patron, etc.

Et non seulement le cours est indispensable – je pèse le mot choisi ici – à tous ceux qui aimeraient se lancer dans la couture ou même qui cousent déjà mais n’ont jamais eu le loisir d’apprendre vraiment les termes et les techniques, mais Audrey s’y montre particulièrement pédagogue, tout en étant parfaitement naturelle et humaine, ce qui est généralement ce qu’on loue comme qualités chez un professeur.

Si les premiers cours vous donnent ensuite l’envie d’aller plus loin, des cours payants sont également disponibles, visionnables à l’infini…

Audrey est Québécoise et les formations se donnent en français. Elle possède également une chaine Youtube sur laquelle elle propose différents tutoriels. Elle propose aussi l’achat de blocs d’assistance/conseil de 15 ou 30 minutes durant lesquels elle se rend disponible pour vous aider pour un problème donné, par exemple un blocage lors de la réalisation d’un projet, un souci récurrent avec votre machine, etc.

Si vous essayez, revenez me dire ce que vous en avez pensé! Et si la couture n’est pas votre truc, c’est le moment de me dire ce que vous faites de votre temps libre, ce qui vous intéresse, ce qui vous émeut, et quel est le projet tangible, physique, que vous rêveriez de réaliser.

-Lexie Swing-

 

Activités sportives : le dilemme du parent spectateur

Avez-vous déjà vu ces amusants petits panneaux, en bord des terrains de sport? Ces doux messages, destinés aux parents, qui rappellent les règles évidentes : ce match n’est qu’un jeu, l’enfant est là pour jouer, l’entraîneur n’est pas un punching-ball… J’en ai pris mille en photos, des affichettes du genre, amusée d’imaginer qu’il était nécessaire de brandir de telles consignes pour garder le parent au calme. Je veux dire…. Quel parent est vraiment du genre à trépigner en se mangeant le poing, au bord du terrain, les bras en moulinette désignant tantôt l’arbitre, tantôt l’enfant, dans un effort désespéré de rétablir de l’ordre dans cette partie dans laquelle personne ne semble mettre du sien? Qui sont ces parents, hein?

Moi. Moi, maintenant.

Je plaide coupable. Je ne prends ni la foule, ni l’entraîneur à témoin – bienséance oblige – mais l’interpellation de mon enfant se fait généralement en haut de l’octave, et sur tous les tons. Je trépigne tant que je laboure le terrain. Mon enfant conte fleurette au poteau du but alors qu’elle était censée jouer attaquant, on l’oublie trois fois de suite parce qu’elle triture sa gourde sur le bord du terrain, elle court droit devant, telle une Eugénie Le Sommer ou une Christine Sinclair, la foule criant déjà son nom… et elle évite soigneusement le but adverse pour continuer tout droit, loin là-bas, en direction des balançoires, entrainant dans sa course deux équipes entremêlées de fillettes fluettes hautement couettées et légèrement enragées.

Si, si… Si vous pensiez que les petites filles de 4 ans étaient toutes de douces créatures chantonnant À la claire fontaine à leurs poupons immaculés, vous n’avez jamais vu un match de soccer un lundi soir d’orage.

Mon enfant, c’est celle qui joue comme une pro. C’est celle aussi qui a inventé l’échelle négative dans le respect des consignes. Elle n’exécute pas, elle réinvente. Demandez-lui de faire une passe, elle vous frappe un but. Suggérez-lui de se laver les mains, elle enfile son manteau. Implorez-la de dormir, elle vous raconte le dernier épisode visionné de Masha et Michka, force grognements et gestes du bras à l’appui. A 23 heures.

C’est un amour. Têtue comme une porte de métal mais libre comme le vent du Sud. Imperturbable dans sa détermination à mener sa vie comme elle l’entend, y compris si cela consiste à s’inviter dans une équipe qui n’est pas la sienne et à participer au match de soccer du terrain d’à côté.  Parfaitement imperméable à tout requête, régulière dans sa volonté propre.

Ses rapports journaliers de la garderie sont ponctués de rappels à l’ordre. Les cours de karaté résonnent de son nom, avec la constance des «Ne fais pas…» accordée aux trouble-fête. Le soccer est son exutoire. Sa grande scène où elle mêle jeu de pieds habilement maîtrisés et désintérêt soudain pour la partie en cours.

Mais il n’y a pas de rôle de spectateur enviable n’est-ce pas? Le parent de l’enfant qui ne veut même pas jouer n’est pas mieux loti. Ni celui qui doit contrôler son enfant un peu trop vigoureux, celui-là même qu’on a rabattu sur le soccer faute d’avoir trouvé une place à la lutte. Ni même la mère de la joueuse star, lorsqu’elle devra faire face à sa propre déconvenue, alors que sa toute jeune championne préférera finalement aller sauter sur une (un) trampoline que de s’entraîner des jours durant.

Car ce sont des enfants. Juste des enfants. Jouant pour s’enthousiasmer, participant pour s’oxygéner. Des enfants qui se moquent de l’enjeu et font souvent fi des règles. Des enfants qui ne partagent qu’un but ultime : partager une crème glacée en famille une fois le match fini.

Certains entraîneurs l’ont mieux compris, finalement. Ils interdisent les présences parentales, ils ferment la porte derrière nos progénitures. Ils font taire les espoirs insensés, les ambitions démesurées. Ils nous laissent l’heur de penser que notre enfant participe servilement à l’exercice imposé, quand il rebondit sur le tapis au fond de la salle. Ils nous taisent les rappels à l’ordre, ils nient les impertinences, ils minimisent les pleurs. Ils privilégient l’enfance, probablement. Et nous devrions en faire autant.

Mais au prix qu’on paie, quand même…*

-Lexie Swing-

*Expression désabusée de la mère impuissante à déloger son enfant du poteau droit du but, malgré des moulinets des bras vigoureux indiquant avec précision un message clair «toi pas sur le terrain dans 10 secondes, toi pas de glace ce soir». 

Six astuces pour un petit déjeuner frais le matin

Ce n’est plus un secret : nous déjeunons régulièrement chez nous de gâteaux et pains frais. Ce n’est pas forcément l’idée que les nutritionnistes se font d’un petit déjeuner sain, mais sur mon échelle personnelle du bien manger, le gâteau fait maison se positionne devant les céréales sucrées du supermarché.

La perspective d’enfourner bientôt de la pâte à madeleines ou une brioche tressée dans le four préchauffé est une motivation suffisante pour me lever – tôt – le matin, et je me plais à croire que c’est une odeur qui, inconsciemment, teintera les souvenirs d’enfance de mes filles.

J’en profite souvent pour glisser une part dans la pochette à collation de ma grande, et une autre dans le sac de karaté de la petite, avant d’en garder quelques morceaux pour nos propres boites à lunch. Si mon conjoint les dévore, je crois, en dessert, ils sont pour moi une étape dans ma journée, soit avec mon café en arrivant, soit quelque temps avant de partir, en fin de journée, lorsque je sais le souper lointain et que les activités sportives des filles se profilent.

Si jamais vous aimeriez vous aussi vous offrir le luxe de profiter certains matins d’un petit déjeuner frais, voici quelques astuces glanées au fil des mois :

–       Préparez vos pâtes à gâteaux et à cookies la veille, et réfrigérez. Pour certaines préparations, réfrigérer est un incontournable. C’est le cas des madeleines – le changement de température entre le frigo et le four est le secret de leur bosse. Mais la plupart des pâtes s’y prêtent volontiers, pour autant qu’on les laisse tranquillement revenir à température ambiante avant de les enfourner.

–       Préparez vos pâtes à pains et à brioches la veille également. Pétrissez, laissez lever durant une heure dans le four à peine chauffé, puis éteint, en couvrant le bol d’un torchon mouillé. Dégazez ensuite la pâte et réfrigérez toute la nuit. Cela permet une deuxième poussée lente de la pâte.

–       Mélangez vos ingrédients secs lorsque les recettes ne se prêtent pas à une préparation en amont. Les biscuits véganes, par exemple, sont souvent meilleurs lorsque préparés minute. Pour gagner du temps, je mélange ensemble les ingrédients secs la veille au soir. Le matin, je n’ai donc plus qu’à ajouter les liquides : du lait de soya, de l’huile, du beurre végane, et à enfourner. De la même façon, il est facile de conserver un mélange d’ingrédients secs dans un pot Masson. Sur le même principe qu’un mélange à gâteaux «à offrir», on peut préparer quelques pots de mélanges à gâteaux pour la semaine avec la recette à portée de main.

–       Faites-vous des overnight oats. Ce n’est pas à mon goût mais certaines personnes adorent. Le principe : on mélange flocons d’avoine, yogourt, lait, graines de chia, confiture, sirop d’érable, name it… et on laisse au frigo toute la nuit pour pouvoir déguster ça bien frais le matin. La papesse du genre, Marilou, propose plusieurs recettes sur son site.

–       Congelez! Doublez vos recettes et congelez les restants. Un muffin ou un cookie passé au programme décongélation du micro-ondes, c’est juste délicieux.

–       Restez dans la simplicité. Personne n’a envie de commencer sa journée avec une recette compliquée, qui demande 16 ingrédients et quelques incantations. Tenez-vous en à vos recettes préférées, simples et épurées. Je vous livre mes préférées ci-dessous.

 

Nos recettes du quotidien :

–       Les muffins véganes à la banane de It doesn’t taste like chicken.

–       Les madeleines façon Lenôtre.

–       Les cookies véganes d’Une maman végane

–       Le pain sans pétrissage de Rose.

–       Les muffins chocolat-avoine, sur le blog.

 

Belle fin de semaine!

 

-Lexie-