Les douze petites phrases qui ponctuent nos matins

Brushing teethChaque matin, c’est le même rituel. Lever à 5h45, lever des enfants à 6h20, petit-déjeuner à 6h30. Et tout, mêmes nos réflexions, semble routinier. Il y a douze phrases que l’on dit souvent…

« Arrête de geindre, je t’avais dit d’arrêter de sauter sur ton lit et de dormir hier soir! »

« On est heureux, on est conteeents, aujourd’hui c’est garderiiiie, youpiiii (on essaye de motiver les troupes). Non, c’est pas encore la fin de semaine chérie. Non, pas demain. Bientôt. Vendredi. Non, c’est pas demain vendredi. »

« Finis ta tartine. Si, tu finis ta tartine, tu l’as voulue. Si, je me souviens bien, tu m’as dit ‘je veux une tartine de confiture’ alors tu la manges »

« Aujourd’hui, tu as le bol orange, c’est comme ça. Demain ce sera toi qui aura le bleu. Si, on PAR-TAGE, c’est chacune son tour »

« Reste ici, on a pas mis les chaussettes. Reste iciiiiii, je n’arrive pas à fermer les boutons du body. Bon sang il faut que je te ligote ou quoi? »

« T’as oublié de mettre ta culotte. Ah ben c’est facile, tu enlèves le pantalon et tu recommences. En mettant d’abord la culotte. Ok, tu peux mettre la grosse culotte si tu veux (le shorty) »

« Il est 7h12, dans 7 minutes tout le monde doit être dans la voiture! »

« Où est ta tuque? Où sont les mitaines? Pourquoi il n’y a plus qu’une mitaine? »

« Tu as fait pipi? »

« J’ai fait les lunchs. Oui, j’ai mis un fruit. Et un gâteau. J’ai pas fait mon café. T’as fait mon café? Il va jamais tenir dans mon sac à lunch. (Arrivés à la gare) J’ai oublié mon café. »

« On a sorti le chien? Il a mangé? Il a de l’eau? Les lumières sont éteintes? Le four? T’es sûr que t’as vérifié le four? « 

(Une fois dans la voiture) « M****, on a oublié le doudou/toutou, tu feras sans hein aujourd’hui chérie? Ok, gare le char, je vais chercher le toutou. Comment ça c’est pas le bon toutou? Si c’est un ours. Regarde, il a une tête d’ours. C’est pas l’OURS ok, pas celui que tu voulais. Tu voulais le bleu. Ça m’étonne pas. Je t’aurais ramené le bleu t’aurais voulu le petit moche et blanc. Non ok il est pas moche j’ai rien dit. « 

Et chez vous, quelles sont les phrases cultes du matin?

-Lexie Swing-

Crédit photo : No film

Muffins à l’avoine, noix de coco et chocolat au lait

dsc_0547Avoir quelques muffins ou cookies au congélateur est pour moi un incontournable bonheur. Plusieurs soirs par semaine, je retrousse mes manches et met la main à la pâte pour regarnir les sacs de congélation qui se vident un peu trop vite.

Ces muffins sont une friandise que nous préparons souvent, Miss Swing et moi, le dimanche après-midi des jours de pluie (l’automne nous rend particulièrement prolifiques, de fait!). Nous cuisinons en miroir, son bol, mon bol, et nos deux fournées, pour un total de 24 muffins (moins tous ceux qu’on aura engloutis dès le goûter) à congeler.

Je les ai garnis de noix de coco et de chocolat au lait, mais l’éventail des possibles est aussi large que votre gourmandise (pour ma part il est tellement large qu’il fait nuit chez moi ;))


Pour 12 muffins à l’avoine, noix de coco et chocolat au lait

  • 1 1/4 tasse (250 g – 300 ml) de lait
  • 1 1/4 tasse (115 g) de flocons d’avoine
  • 1 oeuf
  • 1/2 tasse (60 g) de cassonade et quelques pincées pour saupoudrer
  • 1/2 tasse (80 g – 125 ml) d’huile
  • 1/2 tasse de noix de coco râpée non sucrée
  • 1/2 tasse de chocolat en lait en pistoles ou en grosses pépites
  • 1 1/4 tasse (145 g) de farine
  • 1 cuillère à thé (à café) de bicarbonate de soude

Mélangez le lait et les flocons d’avoine dans votre bol de préparation et laissez reposer 15 minutes.

Préchauffez le four à 400 degrés F ou 200 degrés C.

Ajoutez l’œuf, puis l’huile et la cassonade.

Puis le chocolat et la noix de coco.

Versez la farine et le bicarbonate préalablement mélangés ensemble, et mélangez grossièrement au reste. On dit que le secret des bons muffins réside dans le fait de mélanger minimalement.

Versez dans vos moules à muffins beurrés ou pourvus de collerettes de papier cuisson (ou parchemin). Saupoudrez quelques pincées de cassonade sur chaque muffin.

Enfournez pour 20 minutes. Poussez encore 5 minutes si le muffin manque de cuisson.


 

J’ai souhaité pouvoir présenter une recette à la fois en tasses et en grammes. J’ai pesé ainsi tous mes ingrédients, sauf le chocolat et la noix de coco que je verse souvent à l’œil. Je vous invite à faire de même, ou à utiliser un mug que vous remplirez pour moitié de noix de coco et pour moitié de chocolat.

Vous pouvez utiliser de nombreux mélanges : chocolat blanc – canneberges, coulis de caramel et pacanes, pommes et érable… Pensez simplement à réduire la quantité de sucre en fonction.

Passez un excellent week-end!

-Lexie Swing-

Crédit photo : Lexie Swing

 

Les jours fériés

imageOn s’est levés un peu tard, un peu signifiant qu’il ne faisait plus nuit noire. C’est un jour particulier, pour nous c’est un jour férié. On a déposé les filles à la garderie, sans dire que sous nos habits et nos cheveux défaits, nous portions encore nos vêtements de la nuit. C’est qu’aujourd’hui, le temps ralentit. Nous avons choisi de traîner un peu, de prendre des bains trop longs et un brunch au milieu de la journée. Nous magasinerons tandis que les autres travaillent et nous testerons tous les fauteuils, sans rencontrer personne.
Nous rentrerons avant les premiers bouchons, érigerons un gâteau digne de ce nom, et lorsque le jour commencera à baisser, nous reprendrons le chemin de la garderie. Nous aurons le temps de nous attarder, puisque le temps s’est arrêté. Nous ferons le chemin à pas lent, au rythme des enfants. Sans minutes à compter, sans menace à proférer ou de main à tirer, pour aller un peu plus vite, toujours.

Chaque année, pour nous, le 26 octobre est un jour férié. Joyeux anniversaire mon amour!

-Lexie Swing-

Besoin d’un livre? Rendez-vous chez Alire {Rive-Sud}

Libraie indépendanteLes librairies indépendantes ont ce je-ne-sais-quoi de mystérieux, de fascinant. En plein Longueuil, installée entre le métro et le début du Vieux-Longueuil, la librairie Alire a ceci de surprenant qu’elle s’est installée en plein cœur du Centre Longueuil. Un centre commercial donc. Pas si courant pour une librairie indépendante mais elle jouit ainsi d’un espace de bonne taille… et de la grande diversité de titres qui va de pair!

Créée par des passionnés du genre, la librairie Alire offre tous les styles, avec un joli espace dédié aux enfants. La dernière fois que je m’y suis rendue, j’avais une liste éclectique : bio d’un musicien, roman de poche publié il y a deux ans et collection de livres pour enfants québécoise.

La liste était longue et mon temps restreint, d’autant que je tenais par la main un petit rat de bibliothèque touche-à-tout. Alors j’ai aussitôt interrogé l’une des libraires présentes. Aux titres que je donnais, elle répondait par l’auteur. Si j’avais eu plus de temps, je lui aurais proposé un quizz, juste pour constater encore un peu plus sa passion pour les livres et sa phénoménale mémoire.

Alors si vous avez un livre à acheter, oubliez les grandes enseignes et pensez aux librairies indépendantes. Vous êtes de la Rive-Sud mais vous n’habitez pas Longueuil? Ça tombe bien, moi non plus. Mon conseil : lorsque vous allez bruncher le dimanche, de l’autre côté des ponts, faites un petit crochet. Jacques-Cartier, qui-était-un-homme-avant-d’être-un-pont, ainsi que le répète désormais Miss Swing, n’est qu’à quelques kilomètres de là. Et sinon, vous pouvez toujours commander en ligne.

-Lexie Swing-

 

Crédit Photo : The Lonely Pixel

Immigration : quelle place pour les grands-parents?

grandpaVous noterez la formalité du titre, nous allons parler d’un sujet qui fâche… Non en fait, pas pantoute, les mots-clés sont les amis du référencement, c’est tout ;)

En partant de France, nous avons laissé derrière nous une maison en pleine cambrousse, des jobs que nous ne regrettons pas, des amis avec qui nous tentons de garder le contact et… la famille. Lorsque l’on part vivre à l’étranger avec ses enfants ou que l’on voit naître sa progéniture sur une terre éloignée, se pose presque toujours la question de la famille.

C’est cet aspect qui est le moteur de bien des retours au pays, le point noir de toute immigration. Aussi grandiose soit la vie que l’on a trouvée à l’étranger, l’ombre qu’elle projette n’est pas complète. Il manque un bout du puzzle et le morceau manquant est perdu quelque part sous le canapé du salon. On le réassemble à l’occasion, pour Noël, pour des vacances trop courtes, pour un mariage de quelques jours… et puis la pièce nous échappe de nouveau.

Pour ne pas l’oublier, ne pas la perdre, il faut l’encadrer cette pièce, la mettre sous verre au milieu du couloir. Elle ne fitte pas avec les autres, elle est un puzzle à part, à qui il manque également un morceau, laissé quelque part à l’autre bout du monde.

De notre côté, nous sommes chanceux. Depuis trois ans, mes parents sont venus environ deux fois par année. Ils nous ont gardé les filles pendant les périodes de congé. Ils ont répondu présents pour veiller sur B., à la naissance de la petite dernière. Et ils étaient aux premières loges, lors de son arrivée. Mes beaux parents viennent avec une régularité métronomique, en partie conditionnée par le marathon de Montréal, profiter des beaux jours de septembre.

Miss Swing ne les a jamais oubliés. Ni les uns, ni les autres. Ils ont une place importante dans sa vie. Elle projette leur existence dans la sienne puisqu’ils s’y tiennent souvent, plusieurs fois par an. Tempête oublie probablement mais leur fait rapidement fête, on ne renie pas des gens toujours prêts pour jouer, offrir des jouets ou faire des câlins.

Est-ce qu’ils en profitent?

Oui, du côté des filles, j’en suis sûre. Du côté des grands-parents, je crois aussi, sauf quand le bébé refile la gastro à tout le monde pendant une semaine. Lorsque nous sommes partis, les vacances ont fait partie de nos arguments de vente (autrement appelés arguments-qui-font-passer-la-pilule), ce 24h sur 24, ce temps suspendu, ça nous paraissait intense mais appréciable. Nous passions des week-ends au milieu de leur quotidien, toujours bienvenus mais pas forcément prioritaires, puisqu’ils se répétaient, puisqu’il y aurait d’autres week-ends et que l’on se reverrait dans quelques semaines.

Désormais, il n’y a plus quelques semaines. On ne se revoit pas dans quelques jours. Au mieux dans trois ou six mois, parfois dans 18 mois ou deux ans. Il faut en profiter maintenant. Faire des choses folles comme un road-trip aux États Unis ou un plongeon dans un spa par -30 degrés un soir de réveillon. On mène la vie de château, on sort les grands plats et on allonge les notes.

Nos parents ne remettent pas à plus tard le temps passé avec nos enfants parce qu’ils n’ont rien de mieux à faire, là, tout de suite. Il n’y a pas de factures qui attendent sur le bureau, pas de collègue qui appelle pour rapporter un problème au boulot. Il n’y a que du temps pour rire, pour jouer, pour se disputer.

Est-ce que c’est dur?

Bien sûr que c’est dur. Je ne suis pas certaine que l’humain soit programmé pour profiter à fond de moments dédiés. Miss Swing réalise de plus en plus leur absence et souffre de leur départ. Elle voudrait voir de ses yeux plus souvent ce qui fait le quotidien de ses grands-parents. Et puis il y a les autres, sa tante, son oncle, leurs enfants respectifs, sa grande-tante et le reste de la famille, ainsi que son parrain et sa marraine, qui sont loin et sont tributaires de nos rares retours au pays.

Alors comment on fait?

On en parle, on les inclut, on les appelle. FaceTime est devenu notre meilleur allié, et permet, à défaut d’une conversation (chez nous, avoir une conversation avec les filles est mission impossible), de se voir, de s’observer, de montrer les dernières pirouettes apprises et de refuser de chanter une chanson. On envoie des photos, on multiplie les vidéos. On installe une mappemonde pour comprendre où chacun vit, et on créé un livre photo à garder dans la petite bibliothèque des enfants. On les affiche, les photos, partout où leur regard pourrait se poser. On s’envoie des dessins, des petits colis. On garde le lien, parce que non, ce n’est pas vain.

La distance change les relations, elle ne les éteint pas forcément. Cela prend des efforts supplémentaires peut-être, mais ce qui en ressort est parfois plus fort encore.

-Lexie Swing-

Crédit photo : Conor Ogle

Un jeudi en rose { Cancer du sein }

breast cancerUne fille de mon entourage m’a annoncé il y a quelques jours son cancer du sein. Pour moi, elle n’est qu’une connaissance. Mais je garde contre mon cœur son regard effaré (j’étais dans les environs alors qu’elle venait de l’apprendre, c’est donc à moi qu’elle l’a dit).

Ça ne me quitte plus vraiment. Ce serait vous mentir de vous dire que ça ne m’a pas fait réfléchir sur ma propre condition (nous avons à peu près le même âge) mais je refuse d’accaparer sa souffrance. Depuis, je cherche comment l’aider, lui témoigner mon soutien de façon non envahissante, à l’image de la simple connaissance que je suis pour elle.

Et c’est à elle que j’ai pensé lorsqu’on m’a abordé il y a quelques jours pour me parler d’un événement organisé en soutien à la lutte contre le cancer du sein. Triste ironie, elle a appris son diagnostic en plein octobre rose, ai-je alors réalisé.

L’événement en question est pour moi une belle façon de parler de la maladie en l’imposant aux yeux du monde. Car cette maladie ne définit personne, par contre elle touche n’importe qui. Une commerçante, une voisine, un oncle même dans mon cas. Elle touche au plus près et au plus loin de soi, et oui, elle nous touche directement aussi parfois. Et en y réflechissant bien, en ajout à tout ce que représente déjà la maladie, il y a ce sentiment d’exclusion fort qui s’installe parfois malgré nous, malgré la personne qui annonce une maladie, malgré son entourage qui lui souhaite bien sûr le mieux.

Et je l’ai trouvée jolie, cette initiative, installée au sein du food court (l’étage des restaurants rapides) du centre commercial Montréal Trust. Des tas de femmes riaient, se coiffaient, se faisaient maquiller assises sur des chaises prévues pour l’occasion. Le tout au milieu des gens attablés, qui observaient ou ignoraient, mais ne pouvaient rester parfaitement indifférents à tout ce qui se tramait . J’ai trouvé ça joli, oui, de mêler ainsi la maladie et le quotidien, de forcer la prise de conscience.

Ainsi, jeudi dernier, des femmes étaient notamment maquillées et apprenaient à nouer de façon travaillée des foulards sur leur tête. Pour se réapproprier leur beauté et leur physique, des choses importantes et qu’on a tendance à parfois laisser de côté quand on est malade. Un atelier montrant des soutiens gorges adaptés à des poitrines ayant subi une ablation était également organisé.

Femmes, maquillage, coiffure, soutien-gorge, cela paraît cliché, oui. Et en même temps, cela peut être si important. Les commentaires bien-pensants crieront au scandale en soulignant qu’on néglige les hommes – une part oubliée des victimes du cancer du sein – et tous les autres aspects de la maladie. Mais moi, je suis d’une nature bonne joueuse. J’ai envie de te dire : commençons quelque part.

Demain, jeudi 20 octobre, le niveau jardin de Montréal Trust accueillera donc une nouvelle édition de cette sensibilisation, qui mettra en vedette les bienfaits thérapeutiques de l’art avec du body painting et des créations gratuites de mandalas et de messages positifs. Jeudi 27 octobre, l’événement aura pour thème la littérature. A noter qu’une exposition est visible en tout temps. Y serez-vous?

Montréal Trust, niveau jardin, les jeudis 20 et 27 octobre, entre 11h30 et 13h30. Plus d’informations sur la page dédiée de Montréal Trust.

 

-Lexie Swing-

 

Crédit photo : Sandra Marek

Genetics or not?

bébéJ’ai toujours pensé qu’il y avait une part de génétique dans le fait d’apprendre à marcher. Quand on voit Miss Swing s’emmêler les pieds on pense immédiatement à son oncle (coucou frangin), et quand elle a atteint les 17 mois sans se lancer pour faire un pas, on s’est dit que décidément, elle avait même battu son père et sa mère.

J’étais confortable avec l’idée que ca allait prendre du temps pour Tempête. 18 mois ça me semblait un poil long, mais j’étais prête, quand même. Elle ne s’était tournée du dos au ventre qu’à 6 mois, on était en bonne voie. Ça prend des nerfs de résister aux assauts du club des bébés-qui-ont-le-même-âge-que-le-tien-mais-sont-plus-en-avance et autres persifleurs qui lancent « t’es sûre au moins qu’elle n’a pas un problème? » (Si si j’y ai eu droit et plus trash que ça même!)

Quand elle a commencé à se mettre debout vers 10 mois et demi, on s’est dit qu’elle ne traînait pas. A 12 mois tassés, sa sœur n’avait même pas encore essayé. Et puis elle s’est lancée, un bel après-midi. Elle a marché vers sa grand-mère qui passait avec elle quelques dernières minutes, avant de reprendre son avion. C’est peu dire que Tempête a le sens des grandes occasions.

Bye bye la génétique, ma cadette a marché à 13 mois. Son goût pour l’aventure et son sens aigu de l’équilibre ont eu raison de toutes mes prédictions. Que fera-t-elle désormais de différent? Aura-t-elle une belle maîtrise de la grammaire et le sens de la formule, comme sa sœur? Ou sera-t-elle pourvue plutôt d’un vrai talent artistique, comme sa grand-mère?

Et à quel point sommes-nous réellement déterminés par la génétique? Quid de la place de notre caractère et de notre environnement sur notre développement?

-Lexie Swing-

 

Crédit photo : Ly Thien Hoang

Suivre des cours de sport au YMCA

Prenez une vingtaine de filles, de femmes. Toutes shapes, toutes couleurs de peau. Tout âge aussi. Elles regardent toutes un peu éberluées la prof qui rebondit devant elles. Laissez-vous aller, les conjure-t-elle. Dansez. Marchez. Ecoutez le rythme. Amusez-vous. Pour qui vous dansez? Faites-le pour vous. Faites-le pour votre corps.

Photo Julieleone

Alors, doucement, les corps se mettent en route. Les pas s’enchaînent. Les femmes s’entrecroisent. Le cours avance et l’on oublie le miroir. On oublie même de copier la prof. Sa voix amplifiée par le micro rythme les mouvements. La musique est forte comme dans une boite de nuit. On se rend à peine compte de l’attroupement qui s’est formé derrière la vitre pour observer cette insolente liberté. Il y a cette brune aux cheveux tressés qui danse à mouvements lents, et cette autre, 50 ans au compteur, aux gestes plus mécaniques. Il y a les habitués, arborant les chandails du club et les réflexes millimétrés. Et celles qui, comme moi. débutent juste et tente désespérément de se fondre dans la masse.

(Trois semaines plus tard)

Hier, c’était mardi. Et le mardi, c’est donc Nya/Groove. J’ai fait du twist, des pas de rock, et j’ai défilé face à face avec moi même dans un déhanchement incroyable. J’ai mimé une pose, trois fois, et kické en position trois (la plus haute) (enfin je crois). J’ai ensuite tenté de remplir l’espace avec mes bras tandis qu’une fille passait devant moi en faisant des entrechats. Et puis, un riff s’est imposé dans la chanson et la prof a crié : AIR GUITAR.

On était probablement le meilleur band de la rue à c’t’heure. La semaine dernière, on était plutôt des pianistes. J’ai improvisé un solo incroyable.

Ce genre de cours, j’y ai assisté déjà plusieurs fois, et de nombreux autres sont notés sur ma liste. Un lunch sur deux, je saute ma pause et m’engouffre dans l’immeuble de la Rue Stanley, le YMCA Centre-Ville, pour assister à un entraînement d’une heure.

Ce qui m’a attiré là : l’envie d’en découdre avec moi-même, de me gonfler d’énergie, de me redonner du souffle. La salle est voisine de mon bureau et j’avais atteint ma limite à arpenter tous les midis les boutiques des environs. Je voulais allier l’utile à l’effort et à l’agréable.

J’ai repoussé un an durant, je n’étais pas sûre que ça méritait l’investissement. Mais je ne regrette pas un seul instant.

J’ai tenté le spinning, avec une prof sortie d’un magazine, insolemment superbe. Et j’envisage le bosu, le pilates et même quelques longueurs de piscine ou de l’aqua-biking.

Il y en a pour tous les goûts. J’aime bien me connecter le matin sur le site internet et faire défiler les programmes pour voir ce qui est planifié sur mon heure de lunch. Je trouve ça enivrant ce choix, cette possibilité de faire plutôt de la Zumba, ou plutôt du Kick-Boxing, comme ça, sur un coup de tête.

Et vous, vous avez testé le gym (comme on dit chez nous :)) ?

 

-Lexie Swing-

 

Crédit Photo : Julieleone

Brèves d’automne

autumn-1072827_640Des tas de choses me passent par la tête, des choses dont je voudrais parfois vous parler mais qui ne méritent pas vraiment un article. Ce sont des sites internet croisés au détour d’une soirée à légumer devant l’ordinateur. Des recettes pas compliquées ou des idées décos. Des projets réalisés et d’autres qu’on rêverait d’achever. Des films, des bouquins…  Sur le principe du Bits and Bobs d’Hélène, j’ai décidé de vous créer un medley saisonnier. Attention, ici point de logique, juste des feuilles d’automne ramassées au hasard.

Un film : Sully, de Clint Eastwood

Sully

On a eu une soirée de libre. What? You? Parents? Et oui! Incroyable! Profitant de cette pause, nous avons filé un soir de semaine à 21h au ciné de Saint-Bruno pour s’asseoir dans une salle où nous étions COMPLÈTEMENT seuls. Je sais, c’est trop romantique. On s’est assis confortablement au dernier rang tout au milieu pour profiter de notre – désormais – projection privée : le film Sully, petit dernier de Clint Eastwood. Les 20 premières minutes, 30 peut-être, j’ai trouvé le temps long. Je me suis retournée plusieurs fois vers Mr Swing en me demandant si nous n’allions pas finir par nous en aller. Un comble pour un Eastwood. C’est peut-être ça, justement, qui nous a fait rester. Et le fait que le film était porté par son acteur principal : Tom Hanks. L’histoire est celle de cette actu de janvier 2009 : un pilote de l’American Airlines, fraîchement décollé de LaGuardia, aéroport de NY, se pose en catastrophe sur l’Hudson River. Alors qu’il est porté en héros par le peuple américain, le bureau des enquêtes l’interroge sans relâche pour savoir pourquoi il n’est pas retourné à l’aéroport, faisant le choix d’un amerrissage dans lequel auraient pu périr l’ensemble des passagers. Ce qui est étonnant c’est que je me souviens parfaitement de la photo de l’avion posé sur l’eau qui avait fait la une de nos journaux en France, rubrique «  photo d’actu ». Mais nous n’avions rien su, ou presque, de la controverse que cet atterrissage héroïque avait pu amener dans son sillage. Alors voilà, au bout de trente minutes, le rythme s’est accéléré, l’enquête aussi. On est revenu dans le moment, les faits, la prise de décision, les passagers qui s’agitent, les pilotes qui s’aperçoivent des moteurs qui lâchent, et l’Hudson River, droit devant. Mon moment hot du film : quand les hôtesses scandent sans relâche : « Position de sécurité, tête sur les genoux, position de sécurité, tête sur les genoux» (ou quelque chose du genre) et la rivière Hudson qui se rapproche à toute allure.

Une découverte Twitter : Xploding Unicorn

exploding unicorn

Ça fait quelque temps déjà que je suis Exploding Unicorn, les tribulations d’un Américain papa de … 4 filles âgées de 6 à 1 ans. Il les cite, revient sur ses constatations à titre de peur et ses désillusions, avec énormément d’humour. Comme le laisse deviner la capture ci-dessus. Pour le suivre, c’est ici. Et il a aussi un compte Facebook, un Instagram, un site web et que sais-je encore.

Un livre pour enfants : les p’tites poules

ptitespoules

Il est arrivé soigneusement empaqueté un jour, comme ça, brut, juste à découvrir. C’était le livre préféré du moment de ma belle filleule de cœur et de sa petite sœur. Mon beau-père, qui avait été désigné durant son séjour pour lire l’histoire du soir, le connaît désormais par cœur. (Un peu trop?). Dans notre cas, nous avions les 4 premiers tomes regroupés, mais je sais qu’ils existent sous forme individuelle. Ce qui m’a plu (et à Beau-Papa aussi), c’est la double lecture : pendant que B. suit Pitikok, ou son fils Carmelito, et l’ami Bellino (il y a beaucoup d’animaux dans ce livre), nous rigolons de voir une poule tomber sur Christophe Colomb ou découvrir les étoiles avec « le vieux monsieur qui regarde le ciel dans son tuyau machin chouette » (Galilée). Les auteurs jouent avec les expressions comme « quand les poules auront des dents » et la petite sœur de Carmelito n’a rien d’une poule mouillée. Je l’a-dore. Et B. aussi, au point qu’on se fait une histoire complète chaque soir désormais. Un site web est consacré à la collection ici.

Une création : une bouillotte sèche

bouillotte seche

J’ai deux mains gauches, je vous l’ai déjà dit? Par contre j’ai une imagination débordante et j’adore faire des choses de mes mains. Le résultat est rarement à l’image de ce que je voyais dans ma tête, cela me prend donc un peu plus de temps que les autres pour venir à bout de mes créations. J’adore notamment coudre, j’avais appris enfant et me suis rééquipée récemment d’une machine à coudre. Pour la shower d’une amie, en plus du cadeau principal, j’ai réalisé une petite bouillotte sèche en forme de cœur. À l’intérieur, un drap en coton découpé en cœur, cousu endroit contre endroit, retourné, gonflé de graines de lin (astuce entonnoir : une petite bouteille d’eau vide coupée pas trop loin du goulot) et recousu dans le bon sens pour limiter les chances que des graines s’échappent (pour éviter de coudre sur les graines, tenez les à distance en piquant tout au long du cœur avec des épingles). C’est la partie qui pourra aller au micro-ondes, il faut donc une matière qui ne brule pas, comme du coton ou du lin. Pour l’extérieur, j’ai un tissu poilu et un tissu avec des motifs. J’ai réalisé une encoche pour pouvoir glisser le sac vert dedans. Et voilà :)

Et de votre côté, quelles sont vos découvertes d’automne?

-Lexie Swing-

Changements de voies et carrières wow

Dans mon métier, j’ai la chance de croiser, rencontrer et interviewer des gens bardés de diplômes aux parcours souvent incroyables. Il y a les profils types, un bacc (équivalent d’une licence), parfois une spécialisation et hop sur le cheval du boulot. Et puis ceux qui ont pris quelques chemins de traverse pour arriver où ils en sont maintenant, le tout en ficelant bien serré un package de compétences comme seul le Canada sait le valoriser.

Succès - carrièreMes préféré(e)s : ces femmes restauratrices anciennes sportives de haut niveau, ces fleuristes ex-partenaires d’affaires dans une banque de renom, ces juges anciennes professeures et ces instit’ ex-recherchiste pour des émissions de télé gros budget ou chargée de communication dans de grosses boites parisiennes (clins d’œil à mes copines ici).

J’aime ces femmes qui ont réussi à prendre des virages aussi improbables et physiquement dangereux que la trajectoire de leur Cessna le laissait supposer. Qui piquent du nez, et rétablissent l’altitude, qui prennent une accélération soudaine pour effectuer un looping parfait à la barbe des « je t’avais bien dit que … » et des non moins courants « quand on a un CDI on le garde ».

Il y a quelques jours j’ai décroché mon téléphone pour ce qui devait être une courte entrevue. Récompense au mérite, félicitations pour la belle carrière. J’ai peu d’infos, le web est muet et LinkedIn sourd à mes supplications.

Elle répond, enjouée. Elle me dit que oui, elle est contente quand même, elle trouve qu’elle a eu une belle carrière jusqu’ici. On ne se doute pas forcément de la portée de ce qu’on fait, quand on est dedans, ajoute-t-elle. C’est une ancienne directrice de club de sport, devenue avocate de haut vol. Qui a mis au monde 4 enfants, entre le début de son droit, et son assermentation.

Il y a cette autre, une femme, découverte sur Châtelaine. Qui a lâché le monde de la banque pour devenir fleuriste. Et tous ceux à qui je parle au quotidien, qui ont deux ou trois bacc, qui sont d’anciens sportifs, qui ont été chefs d’entreprise, qui font du bénévolat en plus de leur shift de juriste de 70h semaine. Ces gens inspirants, ces femmes qui soulignent toujours, avec de l’exaspération même parfois, qu’elles ont des enfants oui, mais qu’ils ont un papa.

Ces gens pour qui le temps semble sans limite et qui repoussent l’impossible aux confins du réel. Quand je les écoute, quand ils me racontent, je comprends qu’ils n’ont jamais entendu parler de voie tracée, qu’ils ont fait fi des prédictions, qu’ils ne croient pas aux certitudes.

Que la vie n’est qu’un poney de bois qui attend qu’on l’anime. Quelques cennes suffiront, et le reste suivra.

-Lexie Swing-