
Froid./ Photo Geert Schneider
Je suis tannée du froid. À en croire les gens qui vivent ici depuis des décennies, c’est la première fois qu’il fait aussi froid aussi longtemps. Appréciez la précision. Il a déjà fait aussi froid. Il a déjà fait froid longtemps. Mais aussi froid aussi longtemps, non.
Malgré les températures redoutables de ce mois (le -20 indiquait presqu’un redoux), ce n’est pas tant le froid extrême que la longueur qui commence à me moutarder le nez. Si le soleil est bien présent pendant l’hiver, il ne réchauffe guère. Point de caresse apaisante d’un rayon bienvenu, le froid est bien trop froid pour autoriser une telle entorse à l’hiver.
Je n’envie pourtant pas l’hiver français de mes régions. La pluie et le brouillard sont deux expressions climatiques dont je me passe avec facilité désormais. Mais la longueur de l’hiver est déprimante.
Demain, bientôt, ce sera mars. Les cabanes à sucre, le (vrai) redoux annoncé. -2 en fin de semaine. Et puis avril. Avril et … la pluie. Exit la douceur du printemps, avril est devenu mon number 1 des worst months ever, à peine éclairé par les bougies soufflées pour mon anniversaire. Deux ou trois semaines de pluie infamante pour ce mois réputé être celui du renouveau, de chaussures mouillées, de cheveux trempés. Lorsque l’on sort de six mois d’hiver, la pluie c’est l’enfer, c’est l’ennemi.
Je suis tannée du froid, et si j’en crois les gens qui persiflent le matin dans mon train, cela ferait presque de moi une vraie Québécoise. Car celui qui croit que les Québécois ne sont heureux que dans la neige ne les a jamais croisés au sortir de l’hiver, quand les jupes sont plus courtes que la barre rouge et verticale sur le baromètre.
Heureusement, bientôt mai sera là, dans deux mois?
-Lexie Swing-









