Le nez dehors

Mon capitaine./ Photo DR Lexie Swing

Mon capitaine./ Photo DR Lexie Swing

Si l’on devait classer la miss quelque part, elle serait certainement – à son jeune âge du moins – dans la case des enfants qui réfléchissent, des enfants qui observent, qui regardent avant d’agir. Les enfants qui aiment les livres et les puzzles. Les poupées et les ours en peluche. Préfèrent le silence aux cris. Et la solitude aux jeux avec trop d’amis.

Mais Miss Swing est comme tous les individus : inclassable. Elle est quelqu’un et puis quelqu’un d’autre encore. Elle est l’été et l’hiver, la lune et le soleil (mon soleil), la canicule et le vent d’ouest, tout à la fois. Parce qu’elle était (les deux ans sont passés par là) si calme et si sage, il était aisé pour nous de nous convaincre qu’elle pouvait rester faire quelques jeux dans le salon tout l’après-midi durant, que lire quelques livres suffiraient à nourrir son imagination. Et puis les crises ont commencé. Tous les soirs, devant la porte, elle criait « non je ne veux pas rentrer ». Elle voulait « encore les fleurs, encore l’herbe, encore le jardin ». Encore les magasins. Encore le parc. Encore la promenade, regarde on est si bien dans le vent du soir.

Miss Swing trouve son équilibre dans le temps qu’elle passe au dehors. Elle n’a rien de ces enfants qui semblent abriter des piles inépuisables dans leurs entrailles, elle marche plus qu’elle ne court, le nez en l’air, tentant de deviner d’où vient l’avion qui l’entoure de son vrombissement. Mais elle est indubitablement faite pour vivre dans le monde, loin de la maison. Une sortie de garderie réussie passe avant tout par un tour au magasin de bricolage avec son papa. Qu’importe si l’heure du souper est passée depuis longtemps, elle parcourt les rayons, tenant précieusement sa boîte de vis. Un dimanche doit se terminer au parc, à tout le moins dans le jardin, à observer les fourmis qui s’agitent et ne semblent jamais vouloir s’arrêter.

Nous étions lassés de la voir se relever 15 fois, à 9h30 passées, visiblement en proie à une énergie qu’elle n’avait guère dépensée! Désormais tous les soirs nous l’occupons : jeux, cuisine, toboggan et même rangement. Nous ne lui laissons guère de répit. Mais l’esprit ainsi nourri, elle s’endort désormais sans problème la nuit venue.

Et quelque part, la vie avec elle est redevenue plus cool aussi. À cet instant précis, elle semble avoir résolument besoin de nous, de notre présence. L’emmener à l’épicerie signifie l’asseoir sur le rebord du caddy et la tenir serrée contre soi tout le long des rayons. Et jouer au train ne se fait souvent qu’en présence de papa ou maman, censés actionner la manette pour faire monter le train dans les hauteurs de la passerelle. Mais notre investissement est récompensé : elle n’hésite plus à partir jouer seule dans sa chambre, le moment venu, après une intense journée à faire des choses ensemble. Et les crises s’atténuent, à mesure que le temps passé à deux ou trois prend de l’ampleur. Bien sûr, tout n’est pas fini. Il y aura d’autres cris, d’autres refus, d’autres soirs où nous n’aurons pas eu suffisamment de temps pour faire des activités en famille. Mais en tâtonnant, on finit par avancer. Et par accepter que son doux agneau est devenu un peu plus que ça. Et que désormais il peut mordre.

-Lexie Swing-

De l’escalade de l’auto-apprentissage parental

J’aime bien les titres improbables.

J’ai la chance d’avoir des amies tolérantes et bienveillantes. Il en faut parfois, de la tolérance, pour gérer une fille comme moi qui ne veut ni allaiter, ni rester à la maison, qui fait une tête pas possible quand on lui présente une robe rose, scalpe les Barbies et roule des yeux quand on lui parle du cododo.

On s’est construit sur cette base solide de tolérance : chacune fait comme elle veut, et personne ne donne son avis si on ne lui a pas demandé avant. J’ai donc des amies qui allaitent, qui donnent le biberon, qui mettent des robes roses à leur fille, ou des shorts roses à leur garçon. J’en ai qui laisse leur bébé regarder la télé dès le premier mois, et d’autres qui ne jurent que par les jeux-faits-maison-inspiration-Montessori. Certaines ont refilé des petits pots, d’autres ont écrabouillé des légumes bios avec enthousiasme, mais la plupart ont fait un peu des deux, quand même. Il y a mes amies mères au foyer, celles qui s’essayent au temps partiel et puis les accros-au-boulot qui peinent à décrocher plus d’un mois (je plaide coupable).

Il y a surtout, de la mesure. Des divergences, mais peu d’empoignades. On a des tas d’idées reçues lorsqu’on commence dans la vie comme parent, et celles-ci sont reléguées au rang de niaiseries rapidement, bien souvent par les enfants eux-mêmes. Mais les amies qui font « autrement » sont autant de sources d’inspiration parentale, pour autant qu’on s’essaye à la tolérance.

Ceci dit, et c’est rare que je le pense, il y a une limite à cette tolérance (oui j’ai mis trois paragraphes à arriver au coeur du sujet), c’est la mise en danger. Internet a permis l’auto-beaucoup de chose. L’auto-formation, l’auto-médication… Mais il a véhiculé avec cette liberté un danger : celui de prendre pour argent comptant tout ce que véhicule les forums, et de mal comprendre les informations que donnent des sites plus officiels. Quand on apprend quelque chose à l’école, par exemple, on a pour support un livre. Il délivre l’information. Le prof, si c’est un bon prof (à mes yeux) ne se contente pas de retransmettre cette information, il l’explique, il la met dans un contexte, il en souligne l’origine et les limites, tout en passant rapidement sur les cas particuliers.

Il y a quelques semaines, mes cheveux se sont dressés sur ma tête au détour d’une conversation que j’écoutais. Une jeune mère disait avoir attendu les 15 mois de son fils pour lui donner de la nourriture solide. Elle s’est inquiétée quand il a commencé à perdre du poids, se disant qu’elle ne devait pas avoir assez de lait. Elle est alors passée au biberon comme supplément, mais sans succès. Pourquoi avait-elle tant attendu ? Parce qu’elle avait lu que, plus on attend pour donner les aliments, plus on réduit les risques d’allergies. Elle était également sûre d’elle : l’OMS recommandait un allaitement exclusif jusqu’à 18 mois.

Si on y réfléchit, c’est vrai : on lit parfois que donner certains aliments comme les arachides assez tard permettraient de diminuer le risque de développer une allergie. On lit de plus en plus aussi l’inverse : une étude israélienne a récemment montré que les enfants qui consommaient tôt des arachides avaient des risques égaux sinon moins importants de développer une allergie. Le Canada applique ce principe-là, recommandant d’introduire la plupart des aliments, fruits tropicaux et noix compris, aux alentours de six mois, du moins quand on commence la diversification. En gros : on dit beaucoup, et son contraire, comme pour tout lorsqu’il est question de prévention. Mais en aucun cas on ne prescrit d’attendre les 18 mois de l’enfant pour commencer la diversification. Mais voilà : on lit « il vaut mieux attendre pour certains aliments » et une mère, sûrement bien intentionnée, estime que 18 mois peut alors être l’âge juste. Mieux encore : l’OMS recommande un allaitement exclusif jusqu’à 6 mois je crois, et sûrement le plus longtemps possible ensuite après la diversification, probablement 18 mois. Mais ladite maman y a lu un raccourci : allaitement exclusif jusqu’à 18 mois. Forcément…

Avec les enfants, comme avec les médicaments, surnombre = danger. Non je plaisante. Avec les enfants comme avec les médicaments, il faut se méfier de « l’auto ». Accepter d’admettre que l’on peut se tromper. Recouper ses sources. Mettre ses choix à l’épreuve de la vie. Ne pas se focaliser sur des dates, sur le temps présupposé donné par les médecins pour apprendre à marcher. Poser des questions, surtout. Au pédiatre, à la nounou, aux sage-femmes, et aux amis. « Comment tu fais toi? » La réponse n’a pas valeur de jugement. Elle n’est pas non plus coercitive. Elle donne une indication. Elle aide, dans tous les cas, à faire le bon choix.

Il n’est jamais idiot de demander de l’aide, de poser des questions comme « et comment je les cuis les carottes du petit? » Parce qu’il y a de bonnes et de mauvaises choses. De bons et de mauvais choix. Et qu’il n’est pas évident de savoir – par exemple – qu’un enfant de moins de un an ne devrait pas consommer du miel. Ou que le blanc de l’oeuf peut-être allergène. Voire encore, qu’il vaut mieux introduire un aliment à la fois, pas parce que les mélanges provoquent des réactions mais parce qu’en cas d’allergie, il sera plus facile d’identifier le coupable si on n’a pas testé le même jour choux de Bruxelles et salsifis (mais qui fait ça à son enfant??? Pourquoi pas foie de veau tant qu’on y est?). En matière de parentalité, il n’y aura jamais de mauvaises questions. Juste des précautions.

-Lexie Swing-

Day to day

Deux ans./ Photo  Thomas Hawk

Deux ans./ Photo Thomas Hawk

En ce moment, on vit au jour le jour, appréciant les moments de calme et attendant le renouveau quand le jour est trop mauvais. Un mauvais jour commence généralement dès le réveil.

« Est-ce que tu veux petit-déjeuner ou t’habiller d’abord? »

Trop de questions, le choix, toussa. La miss choisit donc de geindre, pour toute forme de réponse. Ma patience matinale ayant des limites moyennement extensibles (les siennes sont par contre très longues, Miss Swing ayant réussi l’exploit de vitupérer une heure et demi depuis son lit il y a deux week-ends de cela, tandis que nous prenions notre petit-déjeuner, puis partions nous laver, puis nous habiller, sans qu’elle daigne jamais se lever), je la soulève et lui propose donc de s’habiller, histoire de gagner du temps. À ce stade, elle geint toujours mais cumule avec la technique de la poupée molle, tout en s’accrochant désespérément aux manches du pyjama, puis à celles de son t-shirt que je tente de réenlever car, faute d’avoir bu mon premier café, je l’ai mis à l’envers. Le tout tandis que je scande une improbable chanson faite de petits poissons qui nagent nagent nagent dans la forêt, avec des crocodiles.

L’enfant sur la hanche – ne comptez pas sur elle pour faire un pas, elle n’a cure du fait que je porte déjà quelqu’un d’autre sous mon nombril – je zigzague jusqu’au banc de la salle à manger. Où je tente de la déposer. En vain. Les petits bras sont ligotés à mon coup et mon tympan vrille en cadence avec ses cris.

Je repars en direction du frigo, tentant l’improbable figure : sortie du lait de la main gauche, débouchage de la main droite, l’avant-bras soutenant les 12 kilos d’agitation. Sortir le verre. « Non pas celui-là! ». Sortir la tasse en plastique, ajouter que si si ce sera celle-là, au moins elle ne se casse pas. Récupérer quelques gâteaux, et puis se rasseoir sur le banc, l’enfant en cordée et le ventre affaissé.

Bien sûr, si c’est un jour sans, il y a des maladresses qui finissent par devenir des habitudes : ma tasse qui finit inexorablement par être renversée. Le bavoir qu’elle ne veut pas mettre. Le pain qu’elle demande et qui n’arrive pas assez vite, et finit généralement par être jeté par dessus la table.

Alors on prend nous-mêmes des habitudes. « Ouvre cette compote s’il te plaît chéri ». « Elle a dit qu’elle n’en voulait pas ». « Elle n’en veut pas maintenant mais dans deux minutes, quand elle l’aura décidé, elle en voudra, se rendra compte qu’elle ne peut pas l’ouvrir seule, te demandera de l’ouvrir, mais tu ne seras pas assez rapide et la compote finira sur tes genoux. Ouvre je te dis. » Et ça ne manque pas. Deux minutes passent. Nous faisons semblant que le sujet de la compote n’a jamais été abordé et la petite menotte se saisit soudain de la gourde, en tourne triomphalement le bouchon avant d’enfourner le précieux.

Je savais que le terrible two existait. Je savais qu’un jour ou l’autre il arriverait. Je n’en avais pas mesuré l’intensité. Je n’avais pas pesé la frustration et la colère intériorisées par un enfant de deux ans, doublées par l’échéance d’une naissance toute proche. Je ne reconnais pas toujours ma toute petite fille, dont la bonhommie n’avait d’égale que la mesure.

Les choses finiront par se tasser. Je veux dire… il y aura pire! Le joliment nommé « fucking four » par exemple. J’ai hâte de connaître ça. Et vous?

-Lexie Swing-

Cette fois encore je n’allaiterai pas

Pause biberon./ Photo Rita M.

Pause biberon./ Photo Rita M.

L’autre jour j’ai lu le témoignage d’une femme qui racontait combien l’allaitement avait été quelque chose de merveilleux pour elle. Dans son texte, il y avait de la tendresse, il y avait de la douceur, et beaucoup de promesses aussi. Ça m’a presque convaincue d’allaiter. Au moins pendant quelques secondes. Ensuite je me suis rappelée combien c’était doux pour moi de donner le biberon, combien c’était merveilleux de partager ce moment avec l’amoureux et combien je n’ai pas eu l’impression de me prendre la tête.

L’allaitement maternel devrait être un choix. Donner le biberon devrait en être un autre. Une alternative. Pas une solution de la dernière chance. Ni quelque chose dont on s’excuse en cherchant des raisons.
« Je n’avais pas assez de lait »
« Je ne m’imaginais pas… »
« J’ai les seins trop sensibles »

Pour ma deuxième fille, j’ai eu peur de ne pas assumer. De me chercher des excuses. De devoir me justifier, devant le doc, devant les sage-femmes, devant les autres mères, si nombreuses ici à allaiter.

En lisant ce témoignage j’ai trouvé un écho. Parce que ce bonheur qu’elle confiait, je l’ai vécu aussi. Avec un biberon. Ce n’est pas un choix par défaut, c’est un choix qui me ressemble. Et lorsque la doc, à l’approche de la naissance, me demandera « mais pourquoi vous ne voulez pas allaiter? », je répondrai : « je vais donner le biberon parce que ça me rend heureuse ainsi, parce que c’est la solution que nous avons choisie ». Je laisserai de côté l’agressivité, je ferai semblant de ne pas entendre le jugement. Je donnerai enfin à entendre combien donner le biberon est positif pour moi, et pour toutes celles qui ont fait ce choix par envie, au lieu de m’excuser de ne pas me conformer. Je respecte beaucoup celles qui se battent pour allaiter, faisant parfois fi des douleurs, des tétées à répétition, de la fatigue. Celles qui assument leur décision no matter what, parce qu’elles sont persuadées d’avoir fait le bon choix. J’attends pareil en retour.

-Lexie Swing-

Ses lunettes Babiators : épisode 2

Le style Babiators./

Le style Babiators./

En ce moment, c’est le rush : nous partons bientôt en vacances! Alors côté maison comme boulot, il faut ranger, trier et organiser. Du coup, le temps pour écrire se fait moindre et j’ai loupé la publication de mai pour les nouvelles, mais je me rattraperai.

Qui dit vacances, dit soleil, enfin avec un peu de chance. Et qui dit soleil, dit lunettes. On avait acheté des Babiators pour la miss il y a un an environ, mais lorsqu’il s’est agi de remettre la main dessus, impossible. J’imagine qu’elles ont été posées négligemment sur une table de café, puis oubliées. Mister S. vote pour la paire oubliée au fond d’un sac lui-même perdu quelque part entre le sous-sol et le grenier. Bref, des lunettes il nous fallait, et j’ai donc recommencé à lorgner sur les paires pour enfants, quand une petite phrase m’a sautée aux yeux : « Babiators, vous les perdez ou vous les cassez ? On vous les échange! »

Miracle de la vie, j’avais effectivement enregistré le numéro de garantie au moment de l’achat. Mais commander la nouvelle paire n’a pas été si simple. Le site s’obstinait à m’afficher un pays qui n’était pas le mien, alors j’ai contacté le service client. « Il va falloir vous réenregistrer », m’a gentiment répondu une conseillère. « Vous avez oublié de remplir la case pays la première fois et le site a mis « USA » par défaut. » Ah oui tiens, ça me ressemble d’oublier un truc pareil.

J’ai voulu me réenregistrer comme proposé, mais il me fallait le code barre sur la boîte. Cela va sans dire que, comme je n’ai plus les lunettes, je n’ai plus non plus la boîte. J’ai recontacté la conseillère qui a gardé tout son calme pour m’envoyer un nouveau code.

J’ai pu m’enregistrer, rentrer mon nouveau numéro de garantie, choisir mes nouvelles lunettes, rentrer mon adresse, taper mon code de carte bancaire et.. ça n’a pas marché. Pas plus que les douze autres fois. J’ai donc recontacter la conseillère. Je pensais qu’elle me traiterait de demeurée, c’est ce que j’aurais pensé moi, à sa place. Je lui ai dit « Thanks a lot but your website is driving me crazy ». Oui je pesais mes mots. Elle a dû comprendre qu’on était en train de me perdre. Elle a réagi promptement en me disant « ici faut pas d’espaces, pour ce truc oui, pensez à supprimer les accents, et envoyez-moi un screenshot si ça ne marche toujours pas. » Elle n’a pas dit « Je suis avec vous, bon courage » mais c’était tout comme. Elle m’a donc psychologiquement tenue la main pendant que je recommençais fébrilement la manoeuvre. Et là, magie de la technologie, la page a affiché le mot « Success!! » C’en était un!

Moyennant le coût du transport – un poil exorbitant pour le Canada – j’ai donc pu bénéficier de la paire de lunettes de remplacement. Elles n’arriveront probablement pas à temps, j’ai donc pris le parti d’en acheter une autre d’une toute autre marque. Les Babiators feront toujours le bonheur de numérobis, cette délicieuse quoique violente petite fille qui devrait pointer son nez en août.

Un service client aussi performant, c’est assez rare pour être mentionné! Non?

-Lexie Swing-

Ready for the nap ?

La sieste de la petite Reese./ Photo Donnie Ray Jones

La sieste de la petite Reese./ Photo Donnie Ray Jones

Je recommence ce texte alors même qu’il vient intégralement de s’effacer…

La sieste pour moi c’est sacré. J’ai souvent eu une pointe de culpabilité de m’assoupir ainsi tandis que mon amoureux partait bricoler ou travailler, ou que mon infatigable mère s’agitait entre les étages de la maison et que je refermais doucement la porte sur ses pas dans l’escalier. Ce sentiment doux qui enveloppe ton corps assoupi, tes paupières lourdes en ce début d’après-midi. L’endormissement est toujours un moment fabuleux… le réveil beaucoup moins! Dur de s’extirper des bras de Morphée en pleine digestion. Et que dire de la lumière qui s’étiole à l’horizon bien trop tôt l’hiver venu ?

Du côté de Miss Swing, point de problème. Le marchand sablait ses yeux dès la dernière bouchée de yogourt englouti, et c’est avec délectation que la demoiselle rejoignait alors son lit. Mais ça, c’était avant! Avant que nous investissions dans un lit de grande! Car si les couchers du soirs ne durent qu’un instant, ceux de la sieste ont rapidement pris des allures de fête foraine, la miss sautant sur le lit, battant le rappel, courant me chercher, moi qui tentait désespérément de sommeiller.

Il nous a fallu 5 essais pour trouver la solution. Essai 1 : la miss a fini dans le lit à barreaux, à sa demande. Essai 2 : la miss a fini dans son lit à barreaux, à la demande de sa mère, dont la patience à ce terme de la grossesse est inversement proportionnelle à l’envie d’aller se coucher à toute heure de la journée. Essai 3 et 4 : la sieste s’est faite en voiture (petits joueurs, les parents!). Essai 5 : transformé ! (Quoi, vous ne regardez pas le rugby??).

Nous avons trouvé la solution tout à fait par hasard. Nous devions retrouver des amis pour se promener en début d’après-midi. Or qui dit balade en début d’aprem, dit sieste déplacée (ou enfant-qui-chouine-pour-se-faire-porter). Comme la miss se lève aux aurores (6h30, dimanche compris), nous l’avons mise au lit à 11h du matin. Pas un bruissement de couette, pas un appel. Le pote Morphée attendait notre belle qui s’est endormie en deux minutes montre en main. Et moi aussi.

Depuis, chaque week-end, nous retentons l’expérience, avec toujours autant de succès. Et c’est devenu le moment parfait! Dimanche dernier, la miss s’est donc levée à son heure habituelle. 9 heures, baby gym. 10 heures : bibliothèque. 11 heures : dodo. 13h : repas. Et après : une immense après-midi rien qu’à elle pour jouer dans le jardin au soleil. Sans compter que, pour elle comme pour moi, le réveil est drôlement plus facile à 13h, lorsqu’un doux fumet nous chatouille les narines.

Le bonheur a l’odeur d’une purée – saucisses au barbecue, le saviez-vous?

-Lexie Swing-

 

Le lit parapluie Babybjorn : testé et approuvé!

La première version du lit Babybjorn

La première version du lit Babybjorn

Lorsque nous nous sommes équipés pour la venue de Miss Swing, nous savions déjà que notre immigration était imminente. Beaucoup de son premier mobilier était donc de la récup : Moïse familial puis lit de bébé de son papa, commode d’enfant de sa maman, table à langer de ses cousins, etc. Mais certaines choses devaient voyager avec nous, et allier donc confort et solidité, au minimum. Parmi elles, il y avait le choix du lit parapluie. On avait pu jauger au fil des années les lits de voyage façon supermarché à 40 euros et, au vu de l’importante utilisation, il est vite devenu évident que nous ne nous pouvions nous contenter de ça. On a donc choisi d’y mettre le prix (et d’y associer la famille ;)).

C’est comme ça que nous nous sommes tournés vers le lit parapluie Babybjorn.

– Adieu le lit parapluie dont l’irascibilité n’avait d’égale que la complexité. Je me souviens encore d’une improbable conversation lors du montage du lit de ma nièce au sujet d’un pied qu’il fallait tenir tout en tirant le montant opposé. Ici, pas de problème : on sort, on retourne, on soulève en secouant, on enclenche les 4 pieds et c’est bon. Et pareil au rangement (pas comme la tente Quechua!).

– Le lit des petits acrobates. Si Miss Swing n’a rien d’une terreur de cirque, elle a deux-trois amis qui sont de fervents adeptes de l’escalade nocturne par dessus la barrière du lit. Mon neveu connaît aussi à merveille le principe du lit parapluie qui bascule sous le poids. Ça ne risque pas d’arriver avec le babybjorn, le lit étant posé au sol et non sur pilotis.

– La solidité. Toute nordique!

– Le confort est digne d’un quatre étoiles version poupon. Point de petite chose toute dure et fine comme une crêpe de grand chef, que les spécialistes de puériculture ont le culot de qualifier de « matelas », ici le couchage est véritablement épais, et visiblement confortable!

– Le poids est light en comparaison des machins pas chers : 6 kg. Ce n’est pas le plus léger de sa catégorie mais il se défend!

A contrario, le Babybjorn a deux défauts selon moi. Déjà, il est cher. Plus de 200 euros contre 50 pour certains modèles de base. Plutôt onéreux lorsqu’on s’en sert seulement deux fois par an (240 euros mais je viens de voir une promo chez Aubert à 191 euros si ça vous intéresse, ou 300$ CAD). Cependant pour nous il a été vite rentabilisé : il a fait office de parc jusqu’aux 18 mois de la miss, il était donc déplié en permanence. De plus, il a servi non seulement en vacances, mais aussi durant plusieurs jours lorsque nous sommes arrivés au Québec. Rentabilité : maximale!

Le second défaut, c’est sa taille. Il prend un peu de place et pourtant il est impossible d’y coucher un enfant trop grand. Nous avons cessé d’y mettre Miss Swing, non pas que notre mini pouce n’y serait plus rentrée mais, en comparaison d’un lit d’enfant normal, ça devenait claustrophobique (j’invente des mots mais on se comprend). Même si le fabriquant assure qu’une utilisation est possible jusqu’à trois ans, je trouve qu’au delà de deux ans, l’utilisation devient donc difficile, voire impossible.

Bref, malgré ces deux petits défauts je l’aime d’amour. Il a servi longtemps à Miss Swing et sera bientôt ressorti comme parc pour sa petite soeur. En attendant, il va aller passer les vacances chez des amis qui hébergent bientôt un tout petit. Et c’est avec confiance que je le prête, sachant que ce petit bout qui m’est inconnu devrait y trouver un vrai confort et de la sécurité. Le top!

-Lexie Swing-

Le deuxième enfant, un ouragan?

Deux soeurs./ Niklas Montelius

Deux soeurs./ Niklas Montelius

Il paraît que rien n’est plus différent que deux enfants. Entre deux sexes, on s’attend toujours à des écarts (peut-être pas si grands finalement?) mais quand on attend une deuxième fille (ou un deuxième gars), on l’imagine volontiers comme une copie conforme.

Physiquement j’ai tendance à me projeter avec un modèle que je connais déjà même s’il ne me déplairait pas d’avoir une fille dont on dirait pour une fois « qu’est ce qu’elle te ressemble! » (alors qu’en vrai Miss Swing me ressemble mais on trouve toujours que c’est « tout son père », tout ça parce qu’ils ont la même coupe de cheveux) (et la même maniaquerie) (non j’ai rien dit chéri ;)). Ceci dit, si tout va bien, elle sera blonde et bouclée, comme deux de ses grands-parents (et ma blonde mère aura ainsi sa vengeance sur dame nature qui lui a fait avoir deux enfants bruns).

Mais peu importe le physique, c’est surtout sur le caractère que je m’interroge. Miss Swing est têtue et un peu caractérielle, mais elle est aussi surprenante de maturité. Jamais une morsure ou une tape à un autre enfant pour se défendre, jamais d’objets jetés dans la poubelle ou les toilettes pour « voir comment ça fait », une incroyable capacité à rester assise au restaurant plusieurs heures (pour peu qu’on la nourrisse), des jeux qu’elle invente souvent seule, etc. Tout peut encore changer et sans doute nous réserve-t-elle une crise quelconque, qu’on appellera la crise des 27 mois ou des 32, selon le moment où elle débarquera.

Mais il nous est difficile, du coup, d’imaginer qu’une petite fille puisse être si différente. Et pourtant ce sera immanquablement le cas, et heureusement d’ailleurs. Du coup je m’interroge : sera-t-elle du genre à courir partout, à ne pas tenir en place? À avoir besoin de beaucoup d’attention et de bras pour la porter? Sera-t-elle de ces bébés qui sont toujours souriants ? Ou très renfrognée comme je l’étais moi-même enfant ?

Mes filles auront, pour toujours, ceci de différent que leur pays de naissance ne sera pas le même. Et si, au final, elles auront je l’espère toutes deux la double nationalité, il n’en reste pas moins que notre Mini Swing sera la seule petite canadienne de souche.

Et forcément, du coup, je me demande… Aimera-t-elle le sirop d’érable et la poutine?

Bon et chez vous, entre un et deux (ou trois?) (quatre ? Et vous dormez encore ?), quelles différences ?

-Lexie Swing-

Bonjour la crise de nerfs!

L’autre jour, à l’épicerie, un cri suraigu a retenti à travers le magasin, suivi d’un autre, et plusieurs encore. Miss Swing a déclaré, laconique, « il pleure maman ». Pas dupe. C’était bien un petit garçon qui hurlait de désespoir au rayon des surgelés. Une glace refusée? Pas les frites qu’il voulait? Les pleurs ont laissé place à des cris de nerfs et sa mère, blonde et rougie par l’effort, a finalement abandonné courses et caddy et a pris la poudre d’escampette, son garçon sous le bras, à qui elle murmurait : « je suis tannée, tannée, tannée ».

Quel parent d’un enfant de plus de deux ou trois ans n’a pas eu droit un jour ou l’autre à une crise de colère? Qui n’a jamais assisté au spectacle d’un enfant qui se roule par terre pour un « non » au rayon des bonbons?

La réaction est souvent inversement proportionnelle à la gravité du moment. Plus petit est le refus, plus grande est la crise. Et elle peut surgir à tout instant : une chaussette mal mise, un morceau de puzzle incompétent qui refuse de prendre son emplacement, un « non » du parent de laisser l’enfant arracher méthodiquement les poils du chat, etc.

Si elle n’est pas férue des crises de nerf, Miss Swing n’hésite pas à exprimer toute sa colère en lançant divers objets. Un morceau qu’elle n’arrivait pas à piquer vendredi avec sa fourchette a ainsi transformé le repas en pugilat, lorsqu’elle a jeté successivement son assiette, puis son pain et ses couverts par dessus la table.

Punie? Illico! On ne jette pas ses couverts sur les genoux de sa mère! Cependant je m’efforce de plus en plus de l’aider à mettre des mots sur ce qu’elle ressent. Tu es en colère parce que je n’ai pas voulu que tu manges un bonbon; parce que tu n’arrives pas à faire tes lacets; etc.

La réaction paraît souvent énorme au regard du côté dérisoire du moment. Hurler pendant 25 minutes parce que tu n’arrives pas à tourner la page du livre; vraiment? Mais quand on y réfléchit bien, le sentiment ne l’est pas. Quand je mesure la frustration ressentie face à un problème que je ne parviens pas à résoudre, ou la colère de mon amie quand son boss lui refuse une augmentation qu’elle jugeait méritée, je comprends quel chemin nous avons à parcourir. Quelle claque que ce « non »! Quel sentiment détestable que celui de ne pas parvenir à faire quelque chose, fusse de mettre ses chaussettes.

En grandissant, on apprend à moins s’émouvoir, à se contrôler, à juger de l’importance de l’acte. N’en reste pas moins que lorsque la colère ou la frustration nous envahissent, elles nous prennent à la gorge, s’attachent à notre vue comme ces sensations bien égoïstes qu’elles sont, nous obnubilant au point de nous faire oublier le reste. Et que dire du fait que nous sommes souvent, dans ce cas, incapable d’entendre les voix de la sagesse qui nous murmurent à l’oreille : « Ce n’est pas important, il y a des choses plus graves dans la vie ». Il y a plus grave que de ne pas parvenir à faire ses lacets; il y a plus grave aussi que de ne pas obtenir le poste qu’on souhaitait. Il y a toujours plus grave. Mais à cet instant même, on se ferait quand même bien une petite crise de nerfs au rayon des surgelés, juste pour s’exprimer…

-Lexie Swing-

Pipi et comédie

./Photo Todd Morris

./Photo Todd Morris

Je suis aux toilettes et j’ai laissé le verrou ouvert car je suis seule avec la miss.

– Maman?

– Ferme la porte chérie, je fais pipi, j’arrive.

Miss Swing ferme la porte… après être entrée dans les toilettes.

– Maman?

– Oui?

– Je veux faire pipi.

– Tu peux attendre ? Là c’est moi qui fait pipi.

– Fini pipi maman.

– Tu permets ?

– Maman?

– Oui?

– (Tendant le papier toilette) Tiens, essuie ton pipi.

– Merci chérie, tu ne veux pas sortir?

– Non, je veux faire pipi.

– Moi aussi j’aimerais bien…

– Maman?

– Quoi chérie?

– (Tentant de glisser l’adaptateur sur les toilettes malgré le fait que je suis assise dessus) Pousse-toi!

– Super merci chérie, bon ok c’est bon, je te laisse la place.

– Fini pipi maman?

– Oui voilà, j’ai fini.

– Bravo pipi maman.

 

Molière n’aurait pas fait mieux…

 

-Lexie Swing-