Contraception d’un nouveau genre

Début janvier, j’ai rencontré mon nouveau médecin. Nous avons parlé contraception. J’ai évoqué quelques récentes douleurs. Elle m’a parlé changements. J’ai déploré le fait qu’il n’existe pas beaucoup de possibilités de contraceptions sans hormones. Et là elle a eu ces mots magnifiques:

« Et sinon, en admettant que vous ne vouliez pas d’autres enfants… votre conjoint et vous avez pensé à la vasectomie? »

Je n’ai pas pu m’empêcher de rire. J’ai entendu l’ensemble de mes amis garçons déglutir, depuis mon subconscient.

Il s’agit ici d’une typique différence culturelle. Non pas que les Canadiens tiennent moins à leurs bijoux de famille que leurs cousins européens, loin de là, mais cette technique de contraception a pris une ampleur suffisante, dans les dernières années, pour devenir usuelle, sinon considérée.

Une ancienne collègue m’avait ainsi souligné le fait que, selon elle, plus de la moitié des pères de ses amis, et son père lui-même par ailleurs, avaient eu recours à la vasectomie aux alentours de 45-50 ans. Parfois même plus tôt, lorsque l’homme avait jugé que le nombre de ses enfants était suffisant et qu’il pouvait désormais passer à une autre phase dans sa vie que la reproduction de son être en une version miniature et pleurnicharde.

Lorsque j’ai évoqué cette conversation avec des amies françaises, le débat a été houleux. Il y avait les anti, érigées pour l’occasion en soutien sans faille de la masculinité. Les pro, ayant déjà usé de menaces à l’encontre de leur conjoint récalcitrant. Et les affables, en faveur du concept, mais aussi pour la liberté des hommes de choisir ce qu’il pourrait advenir de leurs capacités reproductives.

Il y a surtout celles qui pensent que la contraception est avant tout une affaire de femmes. Et celles qui pensent que ça devrait être aussi l’affaire des hommes. Que l’on cherche, finalement, à empêcher la venue d’un enfant qu’on ne souhaitait pas, et que les hommes nous font confiance aveuglément (capotes – mal – mises à part).

Et si je ne me verrais jamais menacer qui que ce soit, j’entends l’argument. Pourquoi les femmes devraient-elles rester les gardiennes du temple? N’est-il pas logique et voulu que l’implication des hommes dans la paternité se situe dès le départ ? Que les responsabilités devraient être communes ? Qu’il découle de cette responsabilité unilatérale dans la contraception le fait que la responsabilité reste parfois unilatérale une fois l’enfant venu?

Il y a matière à débattre, et je trouve que c’est un bon débat, pour un vendredi. Les bijoux, considération individuelle ou propriété familiale ?

Vous avez trois heures !

-Lexie Swing-

La mère qui travaillait trop

Plus de dix jours sans publier. Les idées ne manquent pas mais le temps oui, cruellement. Hier il était 5h45 quand je suis sortie de la maison, 22h quand j’y suis revenue, et la pause de midi s’était faite entourée de documents et de collègues armés de questions et de calendriers.

Au milieu de ça, il y a quelques secondes de « mamaaan » et des pleurs enroués. Le visage de Miss Swing qui se plisse dans le petit matin, refoulant ses larmes. Les bras de Tempête qui m’agrippe dans la nuit, debout mais endormie, arrimée à son rocher, enfin apaisée.

Le chauffeur du train fait fi des voix chevrotantes et des pleurs du réveil. Le temps ne m’attend pas, il me pousse dehors, chancelante dans le petit matin. Je suis excitée mais fatiguée, avec ce poids invisible de culpabilité sur les épaules.

Nous sommes dans un monde où les pleurs d’un enfant ne sont qu’un rempart de coton. Les pluies diluviennes ne rendent que les séparations plus glissantes. Et ce sont des morceaux de son cœur que l’on dissémine, dans l’interstice de la porte d’entrée, sur le quai d’une gare, accroché au porte-manteau de la garderie. On perd des bouts de soi, comme un Petit Poucet au cœur morcelé.

Heureusement pour moi, c’est déjà le chemin du retour. La déferlante s’est apaisée et la mer est calme. Ce soir je rentre chez moi, suffisamment tôt pour récupérer deux chevelures bondissantes à la porte de leur garderie. Je sais déjà qu’elles se battront un peu, jouant des coudes, griffant quelques dos de mains. Et puis elles oublieront, en apparence, que j’étais moins là ces temps-ci, absente pour les bercer, absente pour les nourrir ou pour les endormir. Elles oublieront mais ce soir, et encore pour quelques soirs, Tempête se relèvera pour un dernier câlin, me serrant un peu trop fort, et un peu trop longtemps. Et le prochain matin, pour encore quelques matins, Miss Swing appellera depuis son lit. Et son ton sera un peu angoissé de savoir si je suis encore là, ou déjà partie.

Je ne reviens pas seule. J’ai un butin dans mes poches. Des barrettes colorées, un serre tête à nouer, des chouchous pour attacher, des choses dont nous avions parlées et que je n’ai pas oubliées, volant à mes journées quelques précieuses minutes pour les magasiner. Je déposerai un baiser sur chacun d’entre eux, chacune d’entre elles, en gage d’amour, en promesse de bonheur. Pour que mon cœur reste intact et que les leurs soient plus légers.

-Lexie Swing-

Enfants : 3 activités en intérieur sur la Rive-Sud

Il faisait -10 degrés, c’était presque comme un mois d’août : on se promenait, à peine vêtus, sillonnant dans la blancheur de l’hiver, ahanant sous le poids des luges chargées de marmots. Et puis soudain, black-out, -20 degrés, ressentis -1000. On a testé quelques descentes dans l’allée du garage, après une oreille et deux orteils de perdus, il a fallu se rendre à l’évidence et les armes avec : il nous fallait des activités en intérieur.

Nous avons donc établi un programme serré pour permettre à notre petit cheval fou de se dépenser. L’occasion pour nous de découvrir de nouveaux endroits sur la Rive-Sud. Pas convaincus? Suivez la guide (moi)!

Machin Chouette, à Saint-Jean-sur-Richelieu

Saint-Jean est ma nouvelle place-I-must-visit. Elle a tapé dans mon top 3 après un tour rapide dans le vieux Saint-Jean (je cherchais le magasin pour enfants Le Petit Cocon, j’ai pu admirer ses murs de briques depuis l’extérieur mais malheureusement, considérant l’heure tardive, les portes étaient déjà fermées). Mais Saint-Jean est aussi la ville où se trouve Machin Chouette, une salle de jeu pour enfants qui tranche franchement avec les gros complexes où l’on se rend d’ordinaire. Un gros module multi-âges avec différents passages, trois glissades moyennes et une grande glissade tube; un espace 0-3 ans avec petite piscine à boules, glissade, jeux accrochés au mur, gros dada…, un(e) trampoline, et un mur d’escalade (payant). Un deuxième espace est dévolu à la pratique du hockey en salle (ç’a-tu un nom?). Un troisième est estampillé “jeux calmes”, avec dinette, cuisine, jeux de concentration, magasin… Clairement pas la tasse de thé de Tempête, qui a filé à l’anglaise rejoindre le GROS module, la GRANDE glissade, les GRANDS enfants (c’est incroyable la vitesse à laquelle court cette petite). Au milieu, plusieurs grandes tables et un espace restauration avec de vraies choses appétissantes (et du pop-corn pour Miss Swing qui considère que c’est la meilleure chose au monde) (avec les pâtes au saumon).

Pour quel tarif? 6,95 dollars de 1 à 3 ans, 11,95 dollars pour les plus de 3 ans. Les parents paient 4,95 dollars, les grands-parents ne paient pas (les veinards). On a trouvé l’espace restauration bon marché, payant moins de dix dollars pour plus de choses que notre cabaret (plateau) pouvait en contenir.

Plus d’infos? Sur le site internet de Machin Chouette


Corporation aquatique maskoutaine, à St-Hyacinthe

Oui oui vous avez bien lu, on va à la PISCINE. Range-moi ce petit air dubitatif, je sais qu’il fait -20 degrés mais l’eau, elle, est à 31 degrés! C’est Hawaï à St-Hyacinthe, avec les petits jets d’eau qui éclaboussent ton poupon rieur.

A St-Hyacinthe, il y a un grand bassin découpé en une pataugeoire pourvue de mutliples jeux (avec une progression “niveau pour bébés”, “niveau pour toddlers”) et deux glissades (le parent qui se pelait sur le bord parce que sa deux ans avait décidé que c’était tellement chouette la glissade, c’était moi) (ok, c’était Mr Swing, mais c’est parce que je suis frileuse et que j’ai dit “c’est toi qui y va” la première). Un couloir d’eau mène à une partie plus profonde et à des lignes de nage. De l’autre côté de la piscine, il y a un bassin avec des lignes de nage plus longues et des plongeoirs. Comme il y faisait 5 degrés de moins, je l’ai admiré de loin. Pour les plus grands, ou les petits pas peureux, il y a une grande glissade chronométrée avec record à battre. Pour les “sans-enfants”, il y a un aussi un bain à remous et un sauna. C’est the-place-to-be pour fatiguer ses enfants en une heure de temps. Et tes oreilles avec. Ne me remercie pas.

Pour quel tarif? L’accès sans carte Loisirs revient à 5 dollars pour les enfants de plus de 3 ans et à 7 dollars pour les adultes. Les plus de 60 ans ne paient pas, je vais finir par croire qu’on cherche à les privilégier!

Plus d’infos? Sur le site internet de la Corporation aquatique maskoutaine


iSaute, à Brossard

Je n’ai pas testé iSaute, je préfère vous l’annoncer tout de go. Cependant je sais de source sûre que c’est un chouette lieu pour les enfants qui ont besoin de se dépenser.

Il s’agit d’un grand entrepôt avec 20 000 pieds carrés de trampolines. Il y a majoritairement des trampolines classiques mais aussi un espace de basket-ball trampoline et un autre de ballon-chasseur trampoline.

Nous prévoyons y aller prochainement à un moment réservé aux tout-petits. Pour un tarif avantageux, l’espace est ainsi réservé aux 6 ans et moins les vendredis, samedis et dimanches de 9h à 10h.

Pour quel tarif? Pour la tranche horaire réservé aux 6 ans et moins, le prix est de 10 dollars pour un enfant + un adulte. Le tarif régulier est sinon de 16 dollars la première heure.

Plus d’infos? Sur le site internet de iSaute

-Lexie Swing-

Crédit photos : Lexie Swing + iSaute

Des vacances à la maison

A l’heure des rétrospectives en tout genre, je peux vous dire que notre année 2017 s’est terminée sur une nouveauté : des vacances à la maison. En dix ans de vie commune, c’était la toute première fois que mon amoureux et moi restions à la maison pour dix jours de vacances. Adultes à peine pubères, nous profitions toujours de nos congés pour retrouver nos familles dans un autre département. Devenus parents, puis expatriés, nous avons joui de chaque jour de vacances (plutôt rares, si vous vous rappelez), pour rentrer en France, partir au chalet, rouler jusqu’en Floride. Rester à la maison était donc une aventure en soi.

Une aventure qui s’est vite révélée extraordinaire, avec ses -20 degrés devenus quotidiens. Les sorties en luge des premiers jours ont donc laissé la place à des jeux à l’abri et nous avons dû redoubler d’inventivité pour trouver de quoi occuper le petit monstre de 13 kilos qui galopait – littéralement – partout dans la maison en assurant être un cheval, un muffin vissé dans la bouche comme un mors mal ajusté.

Mais ces premières vacances à la maison ont aussi été celles du premier Noël à quatre, tous les quatre et à quatre seulement (plus Eleven!). Chacun de nous a pu choisir son menu, nous avons préparé le souper ensemble, et il n’y a pas eu de chicanes quant au contenu des assiettes. Il n’y avait pas huit services, les filles ont pu sortir de table au bout de dix minutes et nous avons terminé notre repas de Noël en tête-à-tête. La soirée du réveillon a été celle de notre premier film en famille : en rang d’oignon sur notre canapé, nous avons visionné l’excellent Arthur Christmas (“Mission Noël” en France). Une semaine plus tard, B. en est à 5 visionnages de plus.

Le Père Noël est passé dans la nuit, et les cadeaux ont été tous déballés sans précipitation. Il n’y avait pas d’attente, elles ont pu prendre le temps de savourer chaque surprise, et de deviner le contenu des paquets. Les cadeaux arboraient la photo de chacune des personnes de la famille qui avaient expressément demandé au Père Noël d’amener ce cadeau en particulier. Magie de Noël, ok, mais pas sans gratitude.

Un brunch a suivi l’ouverture des cadeaux. Il était bon, et il a été également écourté, appel du jeu oblige.

Je vous souhaite d’avoir pris le temps de profiter de ces congés, d’avoir profité des vôtres, même de loin. 2018 est désormais notre actualité, nous y sommes entrés quelque peu alcoolisés, et en compagnie de nos enfants – dopés aux crottes de fromage, qui ont veillé pour l’occasion jusqu’à deux heures du matin.

Qu’elle soit douce avec vous, qu’elle soit joyeuse surtout, qu’elle voit naître vos plus beaux projets, vos meilleures réalisations, qu’elle vous donne les moyens, l’envie, et les ailes pour vous réaliser. Bonne année !

-Lexie Swing-

L’heure folle

Ça recommence tous les matins. Le téléphone qu’on glisse sous l’oreiller, après avoir repoussé le temps. Le bain qu’on se dispute, car celui qui n’ira pas profitera encore un peu de la chaleur des draps. Le petit déjeuner que l’on prépare, toujours trop tard. Le biberon chaud et câlin du matin, les petits bras doux, les cheveux un peu fous, le sofa moelleux sur lequel on ne reste pas car on le sait, le temps manque. Le lait qui se renverse, les céréales qui se dispersent, et le chien qui attend, tranquillement, le bout de pain qui tombera inexorablement. Les « dépêche-toi » qu’on jugule et murmure, pour mieux les contenir. Les dents difficiles à brosser, le dentifrice mal recraché, le pipi qu’il faut rappeler, et la bouche qu’il faut laver… plusieurs fois. Cette chaussette sur laquelle on ne remet jamais la main, ces jeans toujours trop larges et ces hauts toujours trop courts. Ces couleurs qu’on voudrait assortir, pour le meilleur mais souvent pour le pire. Et la liberté de choisir affronte l’envie de plaire, fille contre mère.

Il y a les bottes que l’on glisse, le manteau qui fait cacahuète et les cagoules qu’on enfile par la tête. Il y a les ceintures du siège auto, toujours trop serrées de la veille, les bras qui ne passent pas, le manteau qui se prend au jeu et fait de son mieux pour bloquer la patente. Il y a l’enfant qui niaise, et qui biaise, la peluche sur les genoux et l’air ailleurs. Il fait fi des injonctions, se moque des directions, le nez perdu dans les hésitations du ciel.

« Quelle matinée de merde! », « What a fucking morning! », les exclamations n’ont pas la poésie que l’esprit voudrait leur dicter. Et l’on se retrouve pogné dans le trafic du matin, dans le bal des mondes, entre deux familles harassées, deux professionnels trop pressés, et quelques jeunes anesthésiés par les vacances prochaines… On est là, pare-chocs contre pare-chocs, à pester contre l’heure folle. Quand soudain, l’aînée déclare : « Ça fait chier quand même, ce trafic ».

Et l’on réalise que c’est la couleur du matin qui sort de la bouche d’un enfant trop petit pour porter sur ses épaules le poids de cette routine. Et que la vie mérite qu’on s’y attarde autrement. Lundi sera un jour nouveau.

-Lexie Swing-

PS On ne fait pas cacahuète chez vous, pour les manteaux ?

Débattre avec un 4ansetdemi

J’ai une 4ansetdemi à la maison. Pas 4 hein, 4ansetdemi. Attention, elle vous a à l’œil.

C’est un âge incroyable 4ansetdemi. Le langage est en train de passer au rang d’art et les calembours font tranquillement leur entrée dans la vie quotidienne.

« Où est le pain? »

⁃ (4ansetdemi triomphante) Je l’ai mangé!

⁃ Quoi? Non! C’était pour le repas. Pourquoi tu as fait ça ? Pourquoi!? Tu es punie! Je te jure que…

⁃ (La mine défaite) Mais c’était une joke! Comme toi quand tu dis que tu as mangé tout le gâteau au chocolat et que je râle parce que j’en voulais, et que tu dis que c’est pas grave et que j’en aurais la prochaine fois, et que je crie parce que…

(Nous avons une vie riche…)

4ansetdemi est aussi l’âge des premières injustices ressenties, et des premières fois… Celles où ils appuient sur la pédale de culpabilité parentale avant toi (alors qu’on sait déjà tellement bien la manier nous mêmes).

⁃ Où sont les crêpes?

⁃ Là, dans le sac, j’en ai achetées.

⁃ Non, elles sont pas bonnes celles-là. Tu avais dit que tu en ferai!

⁃ Je n’ai pas eu le temps chérie.

⁃ Mais on est samedi!

⁃ Je sais.

⁃ Le samedi on fait TOUJOURS des crêpes.

⁃ Je sais, c’est pour ça que j’en ai achetées.

⁃ Mais j’aime pas c’est pas des vrais, tu avais dit que tu en ferais!

⁃ Mais je n’ai pas pu chérie je te dis! J’ai eu trop de choses à faire, je n’ai pas pu les faire.

⁃ Mais c’est toi qui a dit « ne t’inquiète pas je te ferai des crêpes demain », c’est pas moi! C’est toi qui a dit ça, pourquoi tu l’as dit si tu ne le pensais pas?

Le diable porte des baskets taille 10. Non je plaisante, le diable est dans les détails, bien sûr. Et c’est ainsi que le moindre détail, le moindre mot mal soupesé, la moindre réaction malvenue peut se retourner immédiatement contre vous.

(Lundi)

⁃ Maman tu m’as arrosée !

⁃ Désolée chérie, j’ai échappé le jet!

⁃ Oui mais mes chaussettes sont toutes mouillées, et le bas de mon pantalon aussi, Et le sol, et…

⁃ Oh ça va, ce n’est pas grave chérie, tu peux en rire aussi!

(Jeudi)

⁃ B.! Tu te moques de moi?! Je suis trempée! Complètement trempée !

⁃ Mais j’ai échappé le jet je suis désolée maman!

⁃ J’espère bien que tu es désolée ! Vraiment! Regarde comment je suis maintenant! Et mes chaussettes! Et mon pantalon ?!

⁃ POURQUOI MOI JE DEVAIS EN RIRE QUAND TU M’AS ARROSÉE ET TOI LÀ TU NE RIS PAS ??? TU ES MÉCHANTE DE CRIER J’AI DE LA PEINE.

CQFD. Le 4ansetdemi a le raisonnement souple et pointu. Exercé. Affûté comme un silex du mésolithique. Rien ne tombe jamais dans l’oreille d’un sourd. Chaque parole malheureuse est analysé et rangé dans la case « à jeter à la figure de mon parent lorsqu’il aura le tort de me refuser un troisième chocolat de Noël ». Méfiez-vous (mais soyez admiratifs quand même, tous ces raisonnements laissent pantois).

En parlant de chocolats de Noël, et après avoir militairement fait le compte à rebours des dodos avant le grand jour de l’ouverture de la case numéro 1 des calendriers kinders (oui « des » = deux enfants = deux calendriers kinders)… j’ai oublié de les leur donner ce matin. Normal.

Bon premier week-end de décembre !

-Lexie Swing-

Peut-on leur apprendre à être des sœurs qui s’aiment ?

Avec mon amie A., une question nous taraude depuis longtemps : qu’est-ce qui pourrait faire de nos filles des sœurs qui s’entendent? Comprenez-moi : nous avons chacune un frère. Mais nous avons eu chacune deux filles. Quatre filles à nous deux (oui on est assez fières), mais pas une grande connaissance du sujet.

Des sœurs, j’en ai connues de toutes sortes : certaines avec quatre années de différence et qui étaient comme des jumelles, d’autres avec seulement un an et qui se détestaient. D’autres qui s’étaient détestées enfants, et s’adoraient adultes, et puis des sœurs qui s’étaient adorées enfants mais que la vie d’adulte, ou une banale dispute, avait fini par éloigner.

Pour mon amie A., la tendance a vite montré une grande sœur prompte à s’occuper de sa petite sœur, et une petite sœur en amour avec sa grande sœur. Mais au jeu de l’amour fraternel, la donne a été plus hasardeuse de mon côté. B. a d’abord contemplé sa petite sœur tout juste née avec l’étonnement des enfants de deux ans et demi. Elle s’en est occupée comme le ferait n’importe quel enfant qui aime les poupées : en lui arrachant ses chaussettes et en demandant à lui donner le biberon.

Et puis Tempête a eu six mois et la jalousie a sonné la fin de la paix. Durant plus d’un an, nous avons donc essuyé les cris, les coups, les mots-pas-très-jolis, les trêves aussi. Les moments de complicité étaient comme autant de phares au milieu de l’orage. Les photos en sont la preuve. Mais elles ne disent pas la fatigue, l’exaspération, et le sentiment d’impuissance qui habitaient nos jours.

À l’aube des deux ans de vie commune, le vent a pourtant commencé à tourner, tranquillement. Le ciel est clair désormais, et il s’assombrit de moins en moins longtemps. Quelques «je ne t’aime plus, plus jamais, pour toujours» crèvent parfois le silence, mais ils disparaissent rapidement derrière un nouveau jeu, un grand fou-rire.

L’âge joue un rôle aussi. Et si les 2 ans et demi ont laissé la place aux 3 ans, puis aux 4 ans bien tassés, ils ont aussi transformé le bébé tout neuf en une petite fille énergique de deux ans et demi, qui ponctue volontiers sa colère de claques sonores. The tide is turning.

Mais au fil de l’eau, chacune apprend son rôle. Et ma B., tranquillement, prend sur ses épaules sa place de grande sœur. Je m’en suis rendue compte hier, lorsque sa petite sœur, les mains prises par une voiture et une brosse à dents, s’est tournée vers elle, désespérée, pour lui demander de retirer sa sucette à sa place (pourquoi n’a-t-elle pas posé sa voiture pour le faire… voyons ami parent vous savez bien que PLUTÔT TOMBER QUE D’ABANDONNER SON JOUET!). Et ma grande de se brosser alors les dents, l’anneau de la sucette glissée sur l’annulaire, attendant tranquillement que cette étape de la routine soit terminée pour lui plugger de nouveau son précieux dans la bouche.

Cette même grande qui organise chaque matin les vêtements de sa petite sœur et l’aide à repérer le nœud sur la culotte ou le bouton sur le devant du pantalon pour lui montrer comment mettre ses affaires dans le bon sens. Qui lui enfile ses mitaines. Qui lui apprend à dessiner. Qui lui prend la main chaque matin pour entrer dans la grande salle de la garderie.

Est-ce que cela sera pour autant gage d’une bonne entente? Impossible à dire. Chaque jour je m’interroge. Que dire? Que ne pas dire, surtout? Comment, en tant que parents, pouvons-nous influencer leur entente? Et à quel point peut-on agir malgré leur personnalité propre?

Mes filles seront-elles de ces adultes pour qui leur sœur est tout, une amie autant qu’un membre de la famille, une personne à qui l’on confie tout, la tante préférée de ses enfants? Ou bien s’éloigneront-elles tranquillement? Nous reprocheront-elles de ne pas en avoir fait assez? Peut-on en faire trop? Quels souvenirs heureux garderont-elles de leur enfance à deux?

J’ai pleinement conscience que l’océan sera changeant, tout au long du voyage. Qu’il y aura des périodes de bonheur et d’entente, et des âges où elles se déchireront. Mais si les bases sont solides, je suis persuadée qu’un jour, elles pourront compter l’une sur l’autre.

Alors dans cette idée, j’ai lu des articles, des textes dédiés. Et si comme moi vous vous êtes déjà interrogés, voici ce que j’en ai tiré :

Les disputes sont inévitables, elles font même partie de la construction de la relation. Pour les gérer harmonieusement en tant que parent il faut :

– Éviter de vous poser en arbitre. Le plus possible, laissez-les régler leurs conflits eux-mêmes. S’ils sont petits, vous pouvez par contre agir comme un médiateur, en proposant des pistes de résolution.

– Les encourager à parler de leurs (res)sentiments

– Ne pas les comparer. Vous pouvez mentionner à votre enfant que son comportement n’était pas respectueux, sans ajouter «ta sœur, elle, au moins…» C’est une mention totalement inutile qui n’a jamais aidé un enfant à améliorer son comportement mais qui, on le sait par contre, peut avoir des conséquences au long cours en termes de jalousie et de mésentente fraternelle.

– Prêcher par l’exemple en évitant les conflits ouverts avec son conjoint, et leur expliquer comment résoudre un conflit (se calmer, mettre des mots sur son ressenti et sur le problème, tenter de trouver une solution ensemble…)

Au quotidien, il existe également des comportements simples à adopter pour limiter les disputes, principalement lorsqu’elles sont occasionnées par la jalousie :

– Être juste. Il est tentant au départ d’incriminer toujours l’aîné, ou plus tard l’enfant qui est le plus difficile, mais laissez-leur le bénéfice du doute. Qui prend part à une dispute ou une bagarre, qu’il en soit l’initiateur ou non, doit accepter sa part de responsabilité.

– Passer du temps avec vos enfants de façon individuelle. Un chocolat chaud avec l’un, un jeu avec l’autre. C’est reposant pour le parent et cela permet de nouer des relations plus équilibrées au sein de la structure familiale.

– Leur faire faire des activités différentes. S’ils vont ensemble à la garderie, ou se voit beaucoup à l’école, privilégiez des activités séparées. Ne les obligez pas non plus à avoir les mêmes amis, ou n’obligez pas l’aîné à se coltiner son cadet alors que ses amis sont là. Chacun a le droit d’avoir son espace, ses amis, sa bulle. Il est important aussi qu’ils aient chacun un domaine, une activité, un art, qui leur est propre et dans lequel ils ne peuvent être comparé à leur frère ou à leur sœur.

– Faire du team building. Mettre la table à deux (ou plus), s’occuper des animaux, dessiner à quatre mains… Il existe des tas de possibilités au quotidien pour développer l’entraide entre ses enfants. Et pensez à le faire dans les deux sens. Le plus petit a aussi certainement de la ressource pour aider son aîné!

– Aider chacun à trouver sa place. La place est déterminante dans une fratrie. Cela ne veut pas dire qu’il n’est pas possible de l’accepter et de composer avec. Si vous respectez leurs personnalités et que vous avez conscience que vous-même, en tant que parent, vous vous comportez différemment avec vos enfants en raison de leur place dans la fratrie, alors vous aurez déjà fait une partie du chemin…

Maintenant, racontez-moi, comment vous entendez-vous avec vos frères et sœurs? Qu’est-ce qui a été selon vous, déterminant? Qu’est-ce que vos parents ont fait de bien, par rapport à votre fratrie? Et qu’auraient-ils pu faire un peu mieux?

 

-Lexie Swing-

Crédit photo : Lexie Swing

 

Sur ce sujet :

Canalvie

Fourchette et Bikini 

Le JDM

 

Terrible two (le retour)

Je l’avais sous le coude, ce fameux article. Celui qui allait vous raconter comment le fucking four avait perdu de sa vigueur et comment la tranquillité était revenue chez nous. Les rires étaient joyeux, la politesse usuelle et les petits oiseaux n’étaient pas loin de nouer deux trois noeuds dans les cheveux parfaitement peignés de mes filles.

Mais ça c’était avant. Avant que le terrible two, dont j’avais oublié l’existence, concentrée que j’étais sur sa version updatée, le fucking four, s’invite chez nous. Je ne l’avais pas convié, ce trublion là. La dernière fois qu’il est entré chez nous, il avait promis de repartir dans les six mois. Résultat il est resté deux ans et demi, mutant avec une constance métrononique et respectant avec soin les étapes « comme dans les livres ». Les crises, le non, les réponses, l’impolitesse, les cris, la frustration, les geignements, les cris d’animaux, les geignements encore, les plaintes continuelles, la mauvaise foi… 

Voici donc Tempête, son ami Terrible Two sous le bras, qu’elle étreint comme une vieille peluche dont je suis déjà tannée. Elle respecte même les codes à la lettre, elle qui fait pourtant toujours fi des consignes.

Le Non

– Viens Chérie mettre ton manteau.
– Non.

– Viens mettre ton manteau.

– Non.

– Je te donnerais un bonbon

– Donne bonbon.

– Mets le manteau d’abord 

– Non, bonbon

– Manteau d’abord

– Bonbooon (se roule par terre) 

Double échec: l’enfant fait maintenant une crise pour avoir un bonbon et le manteau est devenu hors sujet.

Les coups

– Tempête arrête de taper ta sœur
– …

– Tempête si tu tapes encore ta sœur, tu descends du chariot.

– … (pire : l’enfant rit)

– Tu descends du chariot et tu marches puisque tu tapes 

– (On met le plan à exécution, l’enfant se laisse tomber sur le sol boueux comme une vieille poupée de chiffon).

– Tempête, marche

– …

– Tempête ?

Le plan échoue. Vous avez 15 mètres d’avance, l’enfant est toujours allongé dans les feuilles du chemin. Il regarde la vieille dame dans sa cour qui vous regarde, vous, avec cet air que seules les vieilles dames savent prendre pour vous faire comprendre à 15 mètres de distance que vous êtes un parent indigne. Vous rebroussez chemin pour récupérer votre progéniture hilare, faites un sourire à la vieille dame pour excuser une faute que vous n’avez pas commise et vous tapez deux kilomètres avec 13 kilos remuant sous le bras gauche et votre dignité sous le talon droit.

Le tout fout l’camp

– Tempête, viens mettre ton manteau (bis)
– …

– Où vas-tu?

– …

– Chérie, Tempête est vers toi?

– Oui, elle vient de récupérer l’iPad.

– Pourquoi?

– Elle demande Pat’patrouille. Je lui mets ?

– NoOOon, j’ai demandé à ce qu’elle mette son manteau.

– Tempête, va voir papa pour mettre ton manteau.

– …

– Elle dit quoi?

– Elle dit qu’elle veut Pat’Patrouille

Vous demandez noir ou blanc, elle rétorque « biberon moi, chocolat! ». Vous évoquez le dodo, elle s’installe devant un puzzle. Vous l’appelez pour le bain, elle disparaît dans son tipi. Vous interdisez les bonbons (l’Halloween, toussa…) et vous la retrouvez attablée devant sa boite de Smarties vidée avec soin. L’enfant de deux ans, c’est la surdité sélective à son meilleur. Parce que quand je murmure chocolat, la dernière syllabe n’a même pas le temps de sortir de ma bouche que j’ai un chien fou qui bondit sur mes genoux, le regard torve et les mains baladeuses. Sélective je vous dis.

Le bacon

Celui là je l’adore, il est parfait et toujours opportun. Il est la représentation parfaite du Terrible Two: un enfant de deux ans pitché par terre, morveux et plein de larmes accusatrices, dont les pieds continuent à fendre l’air tandis que vous le soulevez dans une tentative vaine de calmer le jeu. Au deuxième, on relativise et on enjambe la poupée qui dit non dans un entrechat digne des plus grands ballets. On fait mine de ne pas voir les poils du chien collés au chandail, la coulure de nez jusqu’aux sourcils et le lunatisme tout enfantin. On s’assoie avec un soupçon de fainéantise sur le sofa et on annonce : « Qui c’est qui veut jouer au loto? Je parie que c’est maman qui gagne ». L’ambition trouble des enfants de deux ans et ce sens inné de la compétition fera le reste.

-Lexie Swing-

Photos : StockSnap

10 choses qui font de moi une super mère

On crie, on sacre parfois, on se trompe, on tranche un conflit de façon injuste, et on culpabilise, forcément. Ce n’est pas évident d’être parent, c’est un apprentissage de chaque instant, certainement le plus dur, le plus long et le plus complexe des apprentissages sur lesquels nous avons dû travailler.

Pourtant, nous sommes aussi de bons parents, des parents inventifs, des parents généreux. Nous avons tous nos qualités, tous nos aptitudes. Certains d’entre nous sont les rois du bricolage du dimanche, d’autres ont toujours le mot pour rire ou faire des pitreries. Il y a ceux qui n’ont pas leur pareil pour concocter un goûter de rois à partir de rien, et ceux qui restent en tout temps des piliers, immuables, indéboulonnables, et qui tiennent bon contre vents et marées.
Parce que l’on préfère souvent culpabiliser que se congratuler, je déclare la révolution lancée. Nous sommes de bons parents, nous essayons, nous réfléchissons, nous nous amendons et nous aimons à la folie. Alors voici le top 10 des choses pour lesquelles je suis une super maman, un super parent.

1. Je suis bonne comédienne.
Mon chum vous confirmera que je suis nullissime pour faire les accents mais que je suis une très bonne actrice. Donnez-moi le loup et deux-trois cochons et je vous fais tomber n’importe quelle maison, fracas et grand souffle à l’appui. Je mime, je m’époumone, je dramatise, j’ironise… bref je vis les histoires et j’adore ça.

2. J’aime cuisiner. Vous noterez que je n’ai pas dit « je suis bonne cuisinière ». Mais oui, j’aime cuisiner. Y passer du temps. Stocker au frigo trois plats pour la semaine, un cake pour le petit déjeuner et deux baguettes sorties du four. Imaginer un trifle aux pommes végane parce que manger seulement une pomme me semble un peu plate. J’aime manger, les repas en famille, donc je cuisine, et ça me donne l’impression de diffuser beaucoup d’amour (même si mes petites ingrates font la moue devant mon couscous-1h de découpage-30 Minutes de cuisson).

3. J’ai confiance en mes capacités. Quand je dis « je vais les emmener faire un tour de vélo sur la route même pas peur », I mean it. Je n’ai pas peur, je sais que je suis capable de gérer, j’ai confiance. Ça m’aide à leur faire faire des choses qui sortent de l’ordinaire.

4. Je sais garder mon calme. Je craque souvent à l’issue d’une journée ordinaire : trop de stress, pas assez de rapidité d’exécution dans l’enfilage du pyjama ou le brossage de dents. Mais mettez-moi dans un supermarché avec un Terrible 2 en phase de mutation et je suis d’un calme olympien. L’enfant qui nage au milieu du carrelage, oui oui c’est le mien. Non, je ne compte pas le sortir de là. Et oui, il va apprendre. Et sinon, ce fromage, vous le vendez combien ?

5. Je les fais bouger. J’aime mettre du Shakira et me remuer. Pousser la chansonnette (partiellement faux) sur Au Clair de La Lune. Initier une séance de yoga. Improviser une séance de peinture. J’aime passer à l’action, et les solliciter.

6. Je suis pro nature. Les tablettes, télé et jeux vidéos, très peu pour moi. Ça ne me rend pas fière qu’elles connaissent des publicités par cœur. Qu’elles reconnaissent le bruit d’un pic dans la forêt oui. Qu’elles s’émerveillent du chuchotement de leurs pas dans les feuilles d’automne, absolument. J’aime les savoir dehors et pour moi qui me suis longtemps terrée entre une couette et un bon livre, c’est un vrai progrès.

7. J’entends tout, et surtout les cauchemars à deux heures du matin. Un corps qui se tend, un murmure étouffé… Les angoisses de la nuit évitent rarement mon radar. Ce qui mine mon repos fait la joie de mes enfants: à toute heure de la nuit, je suis prête à réagir immédiatement.

8. J’entends leurs souhaits. « Je voudrais faire des cupcakes avec des paillettes vert-de-gris », « je rêve de voir un bébé veau en vrai » et l’habituel « moi veux aller au parc à vélo » de Tempête, sont des demandes que j’essaie de satisfaire. Pas tout de suite, pas là maintenant, mais elles savent que je vais y penser. Que je vais magasiner les bonnes paillettes, et regarder la météo pour savoir si on peut aller samedi au parc en vélo. Quant au petit veau je cherche toujours… une idée de ferme pédagogique avec des veaux juste nés?

9. Je me mets en quatre pour les anniversaires, pour l’Halloween, pour Noël, pour les fêtes en général.

10. Je les aime et je leur dis. Souvent. Chaque jour. Plusieurs fois par jour.

Et vous, qu’est ce qui fait de vous un parent incroyable ? De quoi êtes-vous fier? Que diront vos enfants de vous plus tard? Je veux tout savoir !

-Lexie Swing-

Crédit photo : Lexie Swing

Relaxation : pratiquer la visualisation avec son enfant

 Miss Swing a un livre de yoga et relaxation depuis son plus jeune âge. Et aussi loin que je me rappelle, il a toujours eu beaucoup de succès. C’était un achat/cadeau utile et intelligent (quand on sait le nombre de trucs que l’on achète et qui ne servent jamais…).Hier soir, nous avons donc ressorti ce livre. Le yoga est le sport du trimestre à la garderie, alors c’est avec aisance que ma plus si petite fille a enchainé papillon, grenouille, chat et incontournable chien, fesses en l’air. On a suivi une autre page : doudou sur le ventre pour bien mesurer sa respiration, puis sur les jambes, pour tenter de concentrer son attention, puis sur la tête, etc.

J’ai tenté ensuite de lui faire fermer les yeux et suivre mon doigt sur son bras, sa jambe, etc, mais très chatouilleuse, elle se tordait de rire. Je suis donc revenue à ce que je connais le mieux de la relaxation : la visualisation.

J’ai lu pour la première fois un livre au sujet de la visualisation il y a une quinzaine d’années. Se trouvait chez nous un ouvrage consacré à – je pense – la visualisation à titre thérapeutique. Je me souviens clairement du procédé énoncé alors que l’auteure mentionnait la visualisation comme aide dans la lutte contre la maladie : il s’agissait de visualiser les cellules malades et de les pousser dehors, en les imaginant sortir de son corps. J’ai alors essayé, avec le sentiment de sentir un chatouillis très léger parcourir mon corps à mesure que j’y conduisais un chemin.

J’ai gardé de cette lecture l’habitude d’utiliser la visualisation comme technique de relaxation. Je l’ai également utilisée à différentes reprises avec des enfants lorsque j’étais animatrice de colonies. Elle a été efficace aussi sur des adultes alors que je passais mon brevet d’animatrice. Hier, ma fille y a été particulièrement réceptive, plus qu’elle ne l’a jamais été. Ce qui me fait dire que son âge – 4 ans – est certainement un point de départ intéressant pour qui veut pratiquer la visualisation avec son enfant. Ça vous intéresse? Voici quelques conseils amateurs en la matière.

Comment on fait : Lumière tamisée, l’enfant est allongé, on peut mettre une musique douce, à un volume bas. Si cela n’angoisse pas l’enfant, proposez-lui de placer un doudou/toutou ou une peluche molle sur ses yeux afin de conserver une certaine concentration. On lui explique que, pour se relaxer, il va devoir imaginer qu’une petite bille parcourt son corps et qu’il doit la suivre avec son esprit. Avec votre voix, vous allez guider le parcours de la bille. Lorsque l’enfant est prêt, touchez doucement le haut du crâne et signifiez-lui que la bille se trouve là, puis d’une voix calme et douce, commencez à raconter son parcours : «La petite bille glisse sous tes cheveux, elle file jusqu’à ton oreille droite, le haut de l’oreille d’abord, puis le lobe… Maintenant elle passe derrière ta tête, traverse ta nuque et remonte jusqu’à ton oreille gauche…» Continuez ainsi le chemin de la bille en nommant précisément chacune des parties du corps, chacun des doigts, chacun des orteils. À la fin, faites remonter la bille le long de la colonne vertébrale et ressortir par le haut de la tête.

Application de la technique à l’enfant : Si l’enfant n’identifie pas complètement la droite de sa gauche, accompagnez les mots droite et gauche (ça fait toujours un apprentissage) d’un toucher très léger de la main sur l’endroit mentionné. Faites de même lorsque vous nommez les doigts. Prenez garde à ne pas oublier de nommer une partie du corps («l’index» par exemple) car le passage de la «bille» va suivre un certain automatisme. Si vous oubliez de nommer une partie du corps alors que la bille y passe, l’esprit de l’enfant risque de buter sur votre oubli et de sortir de la relaxation.

Intérêt : La visualisation permet au corps de l’enfant de se détendre complètement en obligeant les membres à se relâcher. Elle améliore également la concentration. Si votre enfant est bien à votre écoute, vous aurez la surprise de voir la bouche s’ouvrir, les genoux frémir ou les doigts de pieds bouger au moment où la «bille» passe. C’est une technique intéressante avant le sommeil, ou lorsque vous voulez aider l’enfant à reprendre le contrôle de lui-même lors d’un moment de stress ou de panique.

Limites : L’enfant doit être à l’aise avec l’ensemble du processus, notamment la lumière tamisée, le fait de fermer les yeux et/ou d’avoir une peluche posée dessus, et également d’imaginer une bille. Certains enfants préféreront peut-être imaginer autre chose : un mini animal, un bonbon rond. Il est possible aussi que votre enfant n’arrive pas à se plonger dans l’exercice, vous interrompe, se redresse. N’insistez pas, le moment est peut-être mal choisi. Passez à quelque chose de plus actif, comme du yoga, et réessayez plus tard.

Pour aller plus loin : La visualisation a d’autres vertus. On peut s’en servir pour visualiser une situation effrayante et trouver les clés pour la désamorcer. Elle peut avoir un intérêt également en cas de douleur pour permettre à l’enfant d’accompagner lui-même ses sensations. Elle est aussi utilisée pour se projeter dans une situation «gagnante» (l’enfant réussit un examen) pour une personne qui manque de confiance en elle, etc., ainsi que comme technique de concentration avant de faire ses devoirs, de passer un concours ou de faire face à une épreuve.

Quelques sites :

-Lexie Swing-

Photo : Fujikama (Pixabay)