Ton petit hiver au Canada

Aux futurs immigrants, on annonce sans détours «tu verras, le Canada, c’est six mois d’hiver». Et si ce n’est pas tout à fait vrai, ce n’est pas complètement faux non plus. Mais alors que j’attaque mon cinquième hiver sous ces cieux, je me rends compte que c’est moins la longueur de l’hiver que les paysages qui me dépaysent.

Il y a quelques soirs de ça, un samedi je crois, nous avons pris la voiture en direction de la piste de luges, aménagée au cœur d’un parc proche. C’est courant par chez nous, des pistes de luges aménagées, même si cela ne signifie en rien que le vin chaud t’attend à l’arrivée.

Nous étions donc au sommet, à contempler la pente et les alentours, perchés alors entre deux écoles. La francophone de Montarville, et l’anglophone de Mount Bruno. Je regardais la cour de la première, recouverte de son épais manteau blanc. Leur petite école sous la neige. J’ai dit ça à voix haute parce que je pensais que ça ferait un bon titre. Bien sûr, comme j’ai dit ça sans préambule, mon amoureux m’a regardé bizarrement. Mais pas trop quand même puisqu’en dix ans il a largement pris la température de mon étrangeté. Il a donc dit «quoi?», et j’ai répondu que nos filles grandiraient dans ce pays-là, où l’on va à l’école par moins 15 degrés et où les cours sont recouvertes de neige. Nous ne côtoyons pas encore ces écoles-là, mais la cour de notre garderie est bien remplie elle aussi de cette neige impeccable. Et c’est un bonheur de les voir grimper à la file en haut de la petite butte, pour glisser chacun leur tour dans leur petit traîneau de plastique. C’est toute une enfance, une certaine enfance en tout cas.

Certains grandiront les pieds dans le sable et les yeux dans l’eau, pour ne plagier personne, d’autres feront leurs premiers pas sur les trottoirs de Manille, de Paris ou d’Alger, et ne me remerciez pas pour l’air qui vous trotte désormais dans la tête. Mais mes filles grandiront les pieds dans la neige, marcheront d’un équilibre précaire sur les trottoirs verglacés et feront de la luge six mois par année.

Et c’est vrai que j’aime tellement ça la neige. La première, la dixième aussi. La banlieue nous convie volontiers dans sa blancheur immaculée. Comme à Montréal les routes se salissent, les voitures garrochant de la slush boueuse le long des trottoirs. Mais nos rues transversales, nos cours arrières, nos stationnements, nos parcs de jeux, conservent leur manteau d’hiver. Et c’est un peu des vacances que l’on transporte chaque jour au fond de nos poches, un peu de Noël, un peu de ces jours lents, de ces histoires au coin de feu, de ces pistes dévalées, de ces raclettes avalées.

Saint-Bruno, ma ville chérie, n’est pas en reste dans cette féérie. Ainsi vêtue, elle s’illumine encore un peu plus, devenant durant quelques mois la représentation québécoise des stations de ski de mes jeunes souvenirs. On souffle alors dans l’air froid, les joues rougies, les mains blanches. On presse le pas vers Caffellini, vers le Markina, vers la Tasse Verte ou même en direction de la nouvelle boulangerie du Pain dans les Voiles. On jette les mitaines sur la table avant d’agripper le café chaud, le chocolat bouillant et ses petits chamallows flottants, le thé aux effluves de cannelle. On prend le temps de s’arrêter, puisque la neige impose cette lenteur. On reprendra la course plus tard…

De très belles Fêtes à vous tous, soyez heureux!

-Lexie Swing-

Journal de famille pour mamy esseulée : on a testé Neveo

Quand Simon m’a proposé de tester Neveo, j’étais un peu agacée. Je suis vieille ok, j’ai trente ans, mais la personne dans le fauteuil qui feuillette le petit journal photos de sa famille en radotant sur comment c’était avant…? Bon ok, c’est un peu moi quand même, surtout quand je m’avachis (ma mère dit que je vais finir bossue). Après, j’ai compris que je n’étais pas la clientèle visée. La clientèle, c’était Mamy. Et Mamy, pour le coup, elle allait kiffer le cadeau.

Non, Mamy ne sait pas ce que kiffer veut dire. C’est parce que je suis une jeunesse de 30 ans moi Monsieur. Madame. Vous êtes surtout des dames non?

Avec Neveo, Mamy allait avoir la possibilité de recevoir chaque mois un journal papier, textes et photos (photos légendées disons) de mon quotidien. C’est devenu encore plus sympathique à mes yeux quand j’ai su que je pouvais inclure toute ma famille dans le projet.

La mienne s’est limitée à mes parents et à mon frère, je me suis chargée de faire le lien avec ma cousine qui n’avait qu’un accès modéré à Internet. Quant à nous, il nous a suffi de télécharger la nouvelle application Neveo sur nos téléphones pour pouvoir ajouter directement nos photos.

Les pipelettes dans la neige? Hop, une photo légendée. Les pancakes du samedi matin? Hop, une photo légendée. Ma magnifique robe rouge de Noël? Hop, une photo légendée (chuuut, c’est encore un secret).

Comment ça marche ? Il suffit de télécharger l’application gratuite Neveo, de créer votre compte, de rentrer vos infos et celles de Mamy (Papy ça marche aussi) et c’est parti. Vous n’avez qu’à «peser» (québécois inside) sur le petit plus pour ajouter vos photos, une par une, ou dix par dix si ça vous chante. Vous pouvez aussi aller dans «inviter ma famille» et envoyer le lien à vos 200 cousins. Selon le plan que vous avez choisi, vous êtes limité à 50 ou 100 photos par mois.

Est-ce que c’est cool? Oui, vraiment! Mon frère et moi sommes expatriés, mes parents habitent loin de ma grand-mère, dans une maison où elle n’aura probablement plus jamais la chance de se rendre… Je trouve que c’est vraiment une belle façon de lui faire partager notre quotidien. Souvent j’envoie des photos que ma tante imprime, mais il n’y a pas de textes, ou bien je raconte des choses au téléphone que Mamy ne peut pas voir… C’est un peu le meilleur des deux mondes, et en version papier, ce qui est parfait pour quelqu’un comme ma grand-mère qui est particulièrement hermétique aux nouvelles technologies.

Les inconvénients? Ils viennent de l’application elle-même, qui est toute récente et probablement encore en rodage. Pour faire court, nous nous sommes arrachés les cheveux pour comprendre pourquoi l’application fonctionnait parfaitement pour mon frère et moi, mais pas du tout pour mes parents. Pourtant eux et moi avons le même modèle d’iPhone, et j’ai le même iOs que l’un des deux. À date, nous n’avons pas déjoué le mystère. Il est cependant possible d’utiliser l’interface internet.

Est-ce que je peux essayer? Oui! Et pas n’importe comment ma chère (sérieusement, y a-t-il un gars par ici?). Neveo organise un concours. Chaque participant gagne les deux premiers mois à 0,99 euros (contre 6,99 euros par mois normalement pour un journal de 50 photos). Mais surtout, 10 gagnants remporteront 1 an d’abonnement gratuit à Neveo (un journal de 50 photos pendant 12 mois). Pour participer, il te suffit de suivre le lien : https://goo.gl/pCuqeZ

Et si tu veux voir la réception du journal par une grand-mère en action, c’est par ici : https://drive.google.com/drive/folders/1QVFl4weMXxtfLtofxET1cYe7KfNLggs1?usp=sharing

La mienne, elle, le découvrira demain, le secrétariat de la maison de retraite ayant «oublié» de distribuer le courrier (on en parle, du fonctionnement des maisons de retraite?).

-Lexie Swing-

Cet article a été réalisé en partenariat avec Neveo

Noël : s’inventer des traditions

Cette année, c’est à cinq que nous passerons les fêtes. A quatre humains et un poilu, nous réveillonnerons, souperons, déjeunerons et ouvrirons des cadeaux arrivés par la poste depuis le Vieux Continent.

C’est la première année, de toutes les années passées, que nous le faisons seuls, tous les cinq, tous les deux.

Dans ma famille, Noël n’a jamais eu l’effervescence des grandes tablées familiales. Il y en a eu, certainement, puis le départ de certains, à commencer par les aïeuls, a comme dispersé les traditionnelles retrouvailles. Les habituels grands écarts géographiques familiaux nous ont conduit à fêter Noël parfois bien avant l’heure, quand ce n’était pas quelques jours après. Enfant, j’ai même été à DisneyLand, pour les fêtes de Noël, remplaçant les réunions familiales par une autre féerie.

Lorsque nous sommes devenus un couple, Mr Swing et moi avons commencé à nous diviser nous mêmes entre les familles. Tantôt dans la même ville, le hasard voulant que nos familles soient originaires toutes deux de la Loire. Et parfois entre le Sud-Ouest et l’Auvergne. Nous avons alors quelquefois fait étape devant une minuscule église, sur le bord de la départementale, pour nous échanger nos cadeaux. Juste les nôtres, loin du flou et du folie qui règne d’ordinaire au moment de l’ouverture familiale des cadeaux. Un moment suspendu. Notre propre début de tradition.

Cette année, seuls pour la première fois, nous en inventons des nouvelles. Comme le sapin que nous sommes allés chercher à pied, pour notre troisième hiver. Ou le calendrier de l’avent que je pensais ouvrir le matin, comme on faisait chez moi, et que l’on découvre finalement le soir, comme cela se faisait chez mon amoureux, parce que le temps du matin file si vite que l’on ne le saisit jamais.

Nous en imaginons d’autres, magasinant notre table de Noël et notre guirlande extérieure. Créant nos photophores. Décidant que le Père Noël ne se nourrira pas seulement de biscuits, mais de pop-corn. Inventant la règle du « chacun s’habille comme il préfère le jour de Noël, moi en pyjama et toi maman dans ta robe de soirée ». Choisissant des pâtes au saumon, « parce que c’est mon plat préféré de toute la vie ». Votant pour un brunch de Noël, le 25 décembre. Sachant déjà, puisque c’est une tradition chez nous de longue date, que Diana Krall chantera en fond sonore, le soir du réveillon.

Il y a des choses qui restent encore à inventer: ferons-nous de la luge le jour de Noël ? Le Père Noël acceptera-t-il autre chose que des clémentines ? Fera-t-on des jeux ? Et surtout, quel dessert cuisinerai-je?

Quels souvenirs aussi, garderont-elles de ces jours heureux ? Le rire de leur père ? Le goût du saumon? Les poils du chien pris dans le scotch des paquets cadeaux ? Les jeux, le repas, la musique ?

Autour de moi, chacun aura sa propre façon de vivre Noël. En famille, entre amis souvent aussi, spécialité des expats et immigrants, en couple, seul, au travail, avec son association bénévole, avec sa troupe … Il y aura les Noels prévus. Et les impromptus. Les retards d’avion, la tempête tardive, la grippe malvenue.

Surtout, ne vous mettez pas la pression. Que vous soyez hôte ou visiteur, seul, entre amis ou entre collègues, prenez le temps d’apprécier l’instant. Asseyez-vous par terre dans les poils du chien, ou d’une fesse sur le bras du canapé. Laissez-vous porter par le moment, ne jouez pas de rôle imposé par des années de pratique en réunions familiales. Riez avec les enfants et commencez par la bûche si le cœur vous en dit. Ce soir la tradition c’est vous qui l’inventerez.

-Lexie Swing- (fête bientôt Noël)

Crédit photo : Denise Johnson

Mère (très) active

Avoir une activité à soi est primordial. Encore plus quand on est en couple. Encore plus quand on est parent. Tous les magazines vous le diront. Votre horloge interne, elle, vous dira que vous n’allez certainement pas aller taper la baballe alors qu’il y a trois machines de linge à plier et que vous avez 1201 heures de sommeil à rattraper depuis la naissance de votre deuxième marmot. Comme toute femme du monde moderne, j’ai décidé que les magazines détenaient la clé de mon bonheur. J’ai donc dit merde au sommeil, fermé les yeux sur le linge et j’ai révolutionné mon emploi du temps. Explications:

J’avais toujours rêvé d’apprendre la langue des signes. Pourquoi? Aucune idée. Mais comme la question m’est posée quotidiennement, il serait temps que je trouve une réponse plus fournie que « beeeeuah ché pa, comme ça ». Reste que, je voulais tellement en faire que j’ai demandé à mes parents d’investir dans mon futur en m’offrant des cours de LSQ pour mon anniversaire. En avril donc. Après, j’ai réalisé que je n’avais pas le temps de m’inscrire, ma volonté est donc restée lettre morte, jusqu’à août, au moment où telle la cigale je me suis réveillée. J’avais bien chanté tout l’été, il était temps d’apprendre à signer.

Au même moment, une alerte judicieusement placée par la moi de juin 2017 sur mon calendrier Outlook a rappelé à la moi de fin août 2017 (édition limitée) qu’il était temps de s’inscrire au sport si je voulais profiter d’un remboursement partiel de mon entreprise. Je n’allais pas passer à côté d’une telle opportunité alors que mon porte monnaie ET mon tour de taille post-grossesse me pressaient de me bouger la couenne. J’avais déjà investigué la question quelques mois avant et me suis donc inscrite à une session de pilates sur table à l’école de danse contemporaine, chaque jeudi midi.

Ça, c’était juste avant que l’on me rappelle que je m’étais portée volontaire pour des cours d’anglais. Deux midis par semaine.

C’est ainsi que la chrysalide (que dis-je, la larve) roulée en boule sur son canapé, entre deux piles de linge à plier, est devenue un papillon de compétition. Une espèce courbaturée, à l’esprit encore plus chargé, avec une tonne de linge à plier (je pense qu’il se reproduit), mais avec un je-ne-sais-quoi de plus, une nouvelle corde (pas pour se prendre, mauvaise langue) à son arc, un surplus de liberté.

J’étais devenue pas mal juste une amoureuse, juste une travailleuse, et surtout juste une mère. Maintenant je suis pas mal plus. Un peu trop peut être. Tout est une question d’équilibre… J’avais prévu de le retrouver, mais avec ma folie des grandeurs habituelle, je me suis déjà réinscrite pour le trio infernal, tout en m’interrogeant: est-ce que j’aimerais la chorale ? Mon accent français m’empêcherait-il de faire du théâtre ? Où puis-je louer des skis ? Et le quotidien : Chéri, comment règles-tu le vélo d’appartement ?

Bref, on n’est pas couché.

Et vous?

-Lexie Swing-

L’heure folle

Ça recommence tous les matins. Le téléphone qu’on glisse sous l’oreiller, après avoir repoussé le temps. Le bain qu’on se dispute, car celui qui n’ira pas profitera encore un peu de la chaleur des draps. Le petit déjeuner que l’on prépare, toujours trop tard. Le biberon chaud et câlin du matin, les petits bras doux, les cheveux un peu fous, le sofa moelleux sur lequel on ne reste pas car on le sait, le temps manque. Le lait qui se renverse, les céréales qui se dispersent, et le chien qui attend, tranquillement, le bout de pain qui tombera inexorablement. Les « dépêche-toi » qu’on jugule et murmure, pour mieux les contenir. Les dents difficiles à brosser, le dentifrice mal recraché, le pipi qu’il faut rappeler, et la bouche qu’il faut laver… plusieurs fois. Cette chaussette sur laquelle on ne remet jamais la main, ces jeans toujours trop larges et ces hauts toujours trop courts. Ces couleurs qu’on voudrait assortir, pour le meilleur mais souvent pour le pire. Et la liberté de choisir affronte l’envie de plaire, fille contre mère.

Il y a les bottes que l’on glisse, le manteau qui fait cacahuète et les cagoules qu’on enfile par la tête. Il y a les ceintures du siège auto, toujours trop serrées de la veille, les bras qui ne passent pas, le manteau qui se prend au jeu et fait de son mieux pour bloquer la patente. Il y a l’enfant qui niaise, et qui biaise, la peluche sur les genoux et l’air ailleurs. Il fait fi des injonctions, se moque des directions, le nez perdu dans les hésitations du ciel.

« Quelle matinée de merde! », « What a fucking morning! », les exclamations n’ont pas la poésie que l’esprit voudrait leur dicter. Et l’on se retrouve pogné dans le trafic du matin, dans le bal des mondes, entre deux familles harassées, deux professionnels trop pressés, et quelques jeunes anesthésiés par les vacances prochaines… On est là, pare-chocs contre pare-chocs, à pester contre l’heure folle. Quand soudain, l’aînée déclare : « Ça fait chier quand même, ce trafic ».

Et l’on réalise que c’est la couleur du matin qui sort de la bouche d’un enfant trop petit pour porter sur ses épaules le poids de cette routine. Et que la vie mérite qu’on s’y attarde autrement. Lundi sera un jour nouveau.

-Lexie Swing-

PS On ne fait pas cacahuète chez vous, pour les manteaux ?

Immigration : obtenir un médecin de famille (encore)

DocteurIl est difficile de trouver, et d’obtenir, un médecin de famille au Canada. Tout le monde vous le dira. Et les immigrants ne sont pas seuls dans cette galère : en 2015, 420 000 Québécois étaient inscrits sur les listes d’attente du Guichet pour la clientèle orpheline (GACO), un chiffre qui avait déjà quadruplé par rapport à 2013.

Obtenir un médecin est comme trouver le Graal. Au point que, lorsqu’une clinique m’a appelée un jour au bureau en cherchant une ancienne collègue, qui avait visiblement donné le numéro de poste de la ligne qui était désormais la mienne, je me suis dépêchée de la prévenir par LinkedIn qu’un médecin de famille lui avait été attribuée et qu’on cherchait à la joindre. Car le message laissé par la clinique était pressant : elle devait rappeler sans délai sous peine de voir son attribution lui passer sous le nez…

De notre côté, nous avions été chanceux. Sitôt arrivés au Québec, nous avions pris rendez-vous dans une clinique privée pour enfants où, moyennant le paiement d’un abonnement, un médecin nous a été attribué. Cette jeune médecin ayant encore de la place et recevant aussi les adultes dans une autre clinique de Montréal, elle nous a proposé de nous prendre sous son aile… Nous avions un médecin!

Cependant voilà, les années ont passé et nous avons déménagé loin, bien loin de la clinique où se passaient les rendez-vous semi annuels des filles. Une journée de congé était nécessaire pour nous permettre d’y assister. Et même si nous avions créé une routine amusante, dinant toujours au même restaurant et profitant de l’occasion pour arpenter notre ancien quartier, nous avons commencé à songer à trouver un nouveau médecin.

Pas facile, pensez-vous… (avec raison).

Cependant, l’idée n’est pas venue seule. Si nous nous rendions de moins en moins aux rendez-vous de suivi (deux sur quatre seulement pour Tempête), nous avions littéralement pris une carte de fidélité à la toute nouvelle clinique de notre ville pour les otites à répétition de notre toute-petite. Alors que je déplorais la distance qui nous séparait de notre médecin de famille, la secrétaire m’a souligné, en passant, que tous les gens inscrits sur les listes de la clinique avaient été contactés, et qu’il était possible de s’inscrire et d’espérer avoir une place dans l’année.

Aussitôt dit, aussitôt fait. J’avais deux possibilités : nous désinscrire des listes de notre premier médecin et me réinscrire sur celles de notre secteur médical. Ou réussir à nous inscrire sur la liste du Guichet de la clientèle orpheline en conservant notre médecin jusqu’à obtenir une nouvelle attribution. Et la deuxième solution a été validée par ledit guichet!

L’inscription fut faite en septembre, et en novembre nous recevions le précieux appel : celui qui vous informe que vous avez obtenu un médecin. Cela ne représente pas pour nous la joie que cela doit procurer chez ceux qui attendent depuis longtemps, mais tentons d’imaginer quand même le bonheur de cet appel : vous avez enfin quelqu’un vers qui vous tourner lorsque vous êtes malade, quelqu’un qui connait votre dossier et peut faire des suivis, une clinique médicale à laquelle vous référer. Ce n’est plus l’angoisse de devoir faire des vérifications, ou des prises de sang. Mieux : dans notre clinique, et sûrement dans plusieurs cliniques, une fois que vous êtes inscrit auprès d’un médecin de cette clinique, vous pouvez appeler le matin même et espérer obtenir un rendez-vous dans les 24 à 48h.

On ne se rend pas compte de ce que représente le fait d’avoir un médecin de famille, ou un médecin traitant, avant de ne plus en avoir. Si vous venez d’arriver au Québec, ne tardez pas et inscrivez-vous sur la liste du Guichet de votre région. N’hésitez pas, également, à poser la question. Peut-être que, comme nous, le médecin de votre enfant travaille aussi comme médecin de famille pour adultes. Parfois, il suffit juste de tomber au bon moment, sur la bonne personne.

Et de votre côté, avez-vous trouvé un médecin?

-Lexie Swing-

Crédit photo : Hush Nadoo

Débattre avec un 4ansetdemi

J’ai une 4ansetdemi à la maison. Pas 4 hein, 4ansetdemi. Attention, elle vous a à l’œil.

C’est un âge incroyable 4ansetdemi. Le langage est en train de passer au rang d’art et les calembours font tranquillement leur entrée dans la vie quotidienne.

« Où est le pain? »

⁃ (4ansetdemi triomphante) Je l’ai mangé!

⁃ Quoi? Non! C’était pour le repas. Pourquoi tu as fait ça ? Pourquoi!? Tu es punie! Je te jure que…

⁃ (La mine défaite) Mais c’était une joke! Comme toi quand tu dis que tu as mangé tout le gâteau au chocolat et que je râle parce que j’en voulais, et que tu dis que c’est pas grave et que j’en aurais la prochaine fois, et que je crie parce que…

(Nous avons une vie riche…)

4ansetdemi est aussi l’âge des premières injustices ressenties, et des premières fois… Celles où ils appuient sur la pédale de culpabilité parentale avant toi (alors qu’on sait déjà tellement bien la manier nous mêmes).

⁃ Où sont les crêpes?

⁃ Là, dans le sac, j’en ai achetées.

⁃ Non, elles sont pas bonnes celles-là. Tu avais dit que tu en ferai!

⁃ Je n’ai pas eu le temps chérie.

⁃ Mais on est samedi!

⁃ Je sais.

⁃ Le samedi on fait TOUJOURS des crêpes.

⁃ Je sais, c’est pour ça que j’en ai achetées.

⁃ Mais j’aime pas c’est pas des vrais, tu avais dit que tu en ferais!

⁃ Mais je n’ai pas pu chérie je te dis! J’ai eu trop de choses à faire, je n’ai pas pu les faire.

⁃ Mais c’est toi qui a dit « ne t’inquiète pas je te ferai des crêpes demain », c’est pas moi! C’est toi qui a dit ça, pourquoi tu l’as dit si tu ne le pensais pas?

Le diable porte des baskets taille 10. Non je plaisante, le diable est dans les détails, bien sûr. Et c’est ainsi que le moindre détail, le moindre mot mal soupesé, la moindre réaction malvenue peut se retourner immédiatement contre vous.

(Lundi)

⁃ Maman tu m’as arrosée !

⁃ Désolée chérie, j’ai échappé le jet!

⁃ Oui mais mes chaussettes sont toutes mouillées, et le bas de mon pantalon aussi, Et le sol, et…

⁃ Oh ça va, ce n’est pas grave chérie, tu peux en rire aussi!

(Jeudi)

⁃ B.! Tu te moques de moi?! Je suis trempée! Complètement trempée !

⁃ Mais j’ai échappé le jet je suis désolée maman!

⁃ J’espère bien que tu es désolée ! Vraiment! Regarde comment je suis maintenant! Et mes chaussettes! Et mon pantalon ?!

⁃ POURQUOI MOI JE DEVAIS EN RIRE QUAND TU M’AS ARROSÉE ET TOI LÀ TU NE RIS PAS ??? TU ES MÉCHANTE DE CRIER J’AI DE LA PEINE.

CQFD. Le 4ansetdemi a le raisonnement souple et pointu. Exercé. Affûté comme un silex du mésolithique. Rien ne tombe jamais dans l’oreille d’un sourd. Chaque parole malheureuse est analysé et rangé dans la case « à jeter à la figure de mon parent lorsqu’il aura le tort de me refuser un troisième chocolat de Noël ». Méfiez-vous (mais soyez admiratifs quand même, tous ces raisonnements laissent pantois).

En parlant de chocolats de Noël, et après avoir militairement fait le compte à rebours des dodos avant le grand jour de l’ouverture de la case numéro 1 des calendriers kinders (oui « des » = deux enfants = deux calendriers kinders)… j’ai oublié de les leur donner ce matin. Normal.

Bon premier week-end de décembre !

-Lexie Swing-

Vie de parents : la planification des repas

Ça m’étonne toujours un peu moi-même, d’évoquer des techniques d’organisation et de planification, quand on voit l’état de mes tiroirs, mais j’ai cette dualité particulière en moi. J’aime l’organisation, j’en parle facilement, je connais les bonnes techniques, mais il m’est difficile des les appliquer à mon propre compte.

Cependant, je suis l’exemple parfait de la personne chez qui ce n’était pas inné (j’entends ma mère penser «c’est rien de le dire!), mais qui a fini par en faire son métier. Normal.

Je crois aussi qu’on parle avec parfois plus de justesse des choses qu’on a acquises que celles qu’on a d’instinct. Je prendrais pour exemple ici l’orthographe : je fais globalement peu de fautes, je n’en ai jamais vraiment fait. Facilité ou apprentissage à travers la lecture? Difficile à dire mais : je suis incapable d’expliquer clairement des règles d’orthographe. Pire, je suis atroce en grammaire.

Pour en revenir à l’organisation, je pratique depuis fort longtemps la planification des menus. Pas toujours de façon constante, mais j’y suis revenue à chaque fois.

Pourquoi?

  • Ça enlève une sacrée partie de votre charge mentale. Plus besoin de vous demander tous les jours sur le chemin du retour ce que vous allez cuisiner, en faisant l’examen mental du contenu de votre frigo. La liste est à portée de main, ou affichée sur votre frigidaire, et votre frigo a été rempli en fonction de cette liste.
  • Vous contrôlez bien mieux vos dépenses. Vous n’achetez que ce que vous pensez manger…
  • … et vous évitez ainsi les pertes! Plus de produits frais oubliés, plus de surplus non consommés.
  • Vous équilibrez vos repas. Manger la viande plutôt le midi, éviter les pâtes trois repas de suite… C’est plus facile à faire quand on a le menu de sa semaine sous les yeux!

Chaque semaine, dès le lundi, je prépare une petite note dans mon cahier de boulot. Je l’intitule «Idées repas» et j’y note les plats dont je découvre la recette sur Hellocoton, ceux que je vois passer sur les réseaux sociaux, ceux testés par mes amis et ceux réclamés par ma petite famille (et mon propre ventre). Le samedi matin, à la faveur de ce moment spécial qui accompagne la fin du petit déjeuner, quand les petits plongent sur leurs jeux et que les grands trainent encore un peu devant leurs cafés chauds… à ce moment précis donc, je sors mes bouquins de cuisine. J’en profite pour ajouter quelques recettes manquantes ou définir un peu mieux la mention «pâtes + légumes» que j’ai griffonnée à la hâte. Je sonde mon téléphone à la recherche des recettes que j’ai pu garder ou que je me suis envoyée par courriel… Bref je synthétise et je mets le tout en forme dans un tableau de menu.

Comment organiser ses menus?

  • En fonction de votre emploi du temps. Pensez à garder sous la main des préparations rapides pour les jours où vous revenez plus tard. Tenez compte des situations particulières de la semaine à venir : restaurants, soupers entre amis chez vous…
  • En fonction de votre vie. Avez-vous besoin d’un lunch le midi? Et vos enfants? Préférez manger des lunchs « inédits » ou les restants du souper font-ils l’affaire? De notre côté, nous mangeons presque exclusivement la même chose au souper et au lunch suivant. Mais la dynamique sera différente lorsque notre aînée commencera l’école et qu’il faudra lui préparer des lunchs faciles à manger, froids, équilibrés, sains, sans arachides, sans… (j’en ai déjà mal à la tête).
  • En fonction de votre menu. Pensez à placer en début de semaine les repas avec viande et poisson, ainsi que les légumes qui s’abiment vite. Vous aurez ainsi l’assurance de manger des produits vraiment frais (et de ne pas devoir jeter votre saumon chèrement acheté).

Les plus méticuleux choisiront un tableau dessiné dans Word ou l’œuvre d’un graphiste. Pour ma part je tranche souvent pour un tableau à main levée improvisé sur un joli papier. Je note chacun des plats et, si nécessaire, la page du livre où le retrouver. Je les insère dans mon tableau, en prenant soin d’éviter les pois chiches ou les fameuses pâtes-légumes deux jours de suite, et je note au fur et à mesure les produits à acheter au supermarché, en divisant ma liste par secteur (sinon j’oublie toujours quelque chose).

La liste est gardée à portée de main (tiroir de cuisine) ou affichée sur le frigo. Les conjoint(e)s ou les grands enfants peuvent ainsi s’y référer facilement (plus d’excuses du type « j’savais pas quoi faire »). Elle est évidemment souple: pourquoi ne pas interchanger des jours si vous n’avez pas tant le goût de manger des pâtes aux légumes ce soir? Et la mienne comporte aussi quelques « soupers de restes » et des pizzas tous les vendredis.

Si vous aimez cuisiner, c’est aussi l’occasion de planifier des goûters ou desserts particuliers pour la semaine, ces fameuses recettes que vous avez notées quelque part mais que vous n’avez jamais le temps de faire. Ainsi cette semaine, une tarte pacanes-érable trône dans mon frigo. Elle sera suivie d’ici peu par son confrère « gâteau végane au chocolat », une autre recette à tester, parfaite pour une soirée cuisine parents-enfants!

-Lexie Swing-

Crédit photos : Lexie Swing

La fille qui ne saluait pas 

On dirait le titre d’un roman de Jonas Jonasson. La fille qui ne saluait pas. J’aurais pu écrire « l’homme qui ne saluait pas » mais à part mon sympathique voisin, je n’ai guère d’exemples masculins dans mon entourage. Mais de femmes … 

Des personnes qui ne saluent pas, qui ne disent pas bonjour, qui semblent avoir le sourire coincé dans l’estomac, on en a tous connues. C’est ce chauffeur d’autobus qui ne répond pas lorsqu’on le salue en entrant dans son véhicule. C’est cette vendeuse qui nous ignore ostensiblement. C’est cette collègue qui fait mine de regarder ailleurs. C’est cette grande-tante qui fait fi des salutations pour lancer la conversation sur un sujet bien plus important : votre future progéniture et/ou votre tour de taille. 

Mais il y a une toute autre espèce. Une espèce qui, loin de la disparition semble plutôt en voie de propagation. Ce sont ces personnes, ces femmes pour moi, qui ne saluent pas. De façon chronique, consciente et délibérée.

L’attitude est étudiée : le regard est franc, l’oreille alerte, la moue boudeuse. Le test consiste en une technique simple qui a fait ses preuves en matière de salut : le bonjour claironné, regard appuyé et sourire éclairé. Imparable. Vous avez même décroché une grimace de plaisir à la boulangère avec ça. 

Mais force est de constater que certaines personnes de votre entourage sont parfaitement insensibles à votre technique supposément infaillible. Autant de fois vous la répèterez, autant de fois votre salut sera superbement ignoré.

J’en ai même conçu une certaine admiration. Comment font-elles pour maintenant ainsi mon regard et accueillir mon bonjour avec autant de froideur ? Quel est le secret de ce silence ? Quelles connexions se font pour rejeter l’appel avec autant de dédain apparent? Je leur remettrais volontiers la palme de la meilleure actrice. Ou de la meilleure garce, c’est selon.

J’ai perdu mon temps et construit des théories. Timidité, maîtrise aléatoire de la langue française, condescendance. Chacune de ces hypothèses s’est vérifiée. Mais pas avec toutes. Certaines mégères résistent à mon interprétation audacieuse. Elles observent mon salut avec le mépris propre aux impolis, les yeux grands ouverts, pour certainement mieux accueillir ma réaction. Elles ne sont ni timides, ni gênées. Même pas réellement condescendantes. Elles sont juste… mal éduquées ? Blasées ?

Délivrez-moi le fin mot de l’histoire ! En connaissez-vous? Êtes-vous vous même une mégère ? Que pensez-vous de cette capacité incroyable qu’ont certaines personnes de soutenir un bonjour sans ciller (et sans répondre)?

-Lexie Swing- (tgif)

Peut-on leur apprendre à être des sœurs qui s’aiment ?

Avec mon amie A., une question nous taraude depuis longtemps : qu’est-ce qui pourrait faire de nos filles des sœurs qui s’entendent? Comprenez-moi : nous avons chacune un frère. Mais nous avons eu chacune deux filles. Quatre filles à nous deux (oui on est assez fières), mais pas une grande connaissance du sujet.

Des sœurs, j’en ai connues de toutes sortes : certaines avec quatre années de différence et qui étaient comme des jumelles, d’autres avec seulement un an et qui se détestaient. D’autres qui s’étaient détestées enfants, et s’adoraient adultes, et puis des sœurs qui s’étaient adorées enfants mais que la vie d’adulte, ou une banale dispute, avait fini par éloigner.

Pour mon amie A., la tendance a vite montré une grande sœur prompte à s’occuper de sa petite sœur, et une petite sœur en amour avec sa grande sœur. Mais au jeu de l’amour fraternel, la donne a été plus hasardeuse de mon côté. B. a d’abord contemplé sa petite sœur tout juste née avec l’étonnement des enfants de deux ans et demi. Elle s’en est occupée comme le ferait n’importe quel enfant qui aime les poupées : en lui arrachant ses chaussettes et en demandant à lui donner le biberon.

Et puis Tempête a eu six mois et la jalousie a sonné la fin de la paix. Durant plus d’un an, nous avons donc essuyé les cris, les coups, les mots-pas-très-jolis, les trêves aussi. Les moments de complicité étaient comme autant de phares au milieu de l’orage. Les photos en sont la preuve. Mais elles ne disent pas la fatigue, l’exaspération, et le sentiment d’impuissance qui habitaient nos jours.

À l’aube des deux ans de vie commune, le vent a pourtant commencé à tourner, tranquillement. Le ciel est clair désormais, et il s’assombrit de moins en moins longtemps. Quelques «je ne t’aime plus, plus jamais, pour toujours» crèvent parfois le silence, mais ils disparaissent rapidement derrière un nouveau jeu, un grand fou-rire.

L’âge joue un rôle aussi. Et si les 2 ans et demi ont laissé la place aux 3 ans, puis aux 4 ans bien tassés, ils ont aussi transformé le bébé tout neuf en une petite fille énergique de deux ans et demi, qui ponctue volontiers sa colère de claques sonores. The tide is turning.

Mais au fil de l’eau, chacune apprend son rôle. Et ma B., tranquillement, prend sur ses épaules sa place de grande sœur. Je m’en suis rendue compte hier, lorsque sa petite sœur, les mains prises par une voiture et une brosse à dents, s’est tournée vers elle, désespérée, pour lui demander de retirer sa sucette à sa place (pourquoi n’a-t-elle pas posé sa voiture pour le faire… voyons ami parent vous savez bien que PLUTÔT TOMBER QUE D’ABANDONNER SON JOUET!). Et ma grande de se brosser alors les dents, l’anneau de la sucette glissée sur l’annulaire, attendant tranquillement que cette étape de la routine soit terminée pour lui plugger de nouveau son précieux dans la bouche.

Cette même grande qui organise chaque matin les vêtements de sa petite sœur et l’aide à repérer le nœud sur la culotte ou le bouton sur le devant du pantalon pour lui montrer comment mettre ses affaires dans le bon sens. Qui lui enfile ses mitaines. Qui lui apprend à dessiner. Qui lui prend la main chaque matin pour entrer dans la grande salle de la garderie.

Est-ce que cela sera pour autant gage d’une bonne entente? Impossible à dire. Chaque jour je m’interroge. Que dire? Que ne pas dire, surtout? Comment, en tant que parents, pouvons-nous influencer leur entente? Et à quel point peut-on agir malgré leur personnalité propre?

Mes filles seront-elles de ces adultes pour qui leur sœur est tout, une amie autant qu’un membre de la famille, une personne à qui l’on confie tout, la tante préférée de ses enfants? Ou bien s’éloigneront-elles tranquillement? Nous reprocheront-elles de ne pas en avoir fait assez? Peut-on en faire trop? Quels souvenirs heureux garderont-elles de leur enfance à deux?

J’ai pleinement conscience que l’océan sera changeant, tout au long du voyage. Qu’il y aura des périodes de bonheur et d’entente, et des âges où elles se déchireront. Mais si les bases sont solides, je suis persuadée qu’un jour, elles pourront compter l’une sur l’autre.

Alors dans cette idée, j’ai lu des articles, des textes dédiés. Et si comme moi vous vous êtes déjà interrogés, voici ce que j’en ai tiré :

Les disputes sont inévitables, elles font même partie de la construction de la relation. Pour les gérer harmonieusement en tant que parent il faut :

– Éviter de vous poser en arbitre. Le plus possible, laissez-les régler leurs conflits eux-mêmes. S’ils sont petits, vous pouvez par contre agir comme un médiateur, en proposant des pistes de résolution.

– Les encourager à parler de leurs (res)sentiments

– Ne pas les comparer. Vous pouvez mentionner à votre enfant que son comportement n’était pas respectueux, sans ajouter «ta sœur, elle, au moins…» C’est une mention totalement inutile qui n’a jamais aidé un enfant à améliorer son comportement mais qui, on le sait par contre, peut avoir des conséquences au long cours en termes de jalousie et de mésentente fraternelle.

– Prêcher par l’exemple en évitant les conflits ouverts avec son conjoint, et leur expliquer comment résoudre un conflit (se calmer, mettre des mots sur son ressenti et sur le problème, tenter de trouver une solution ensemble…)

Au quotidien, il existe également des comportements simples à adopter pour limiter les disputes, principalement lorsqu’elles sont occasionnées par la jalousie :

– Être juste. Il est tentant au départ d’incriminer toujours l’aîné, ou plus tard l’enfant qui est le plus difficile, mais laissez-leur le bénéfice du doute. Qui prend part à une dispute ou une bagarre, qu’il en soit l’initiateur ou non, doit accepter sa part de responsabilité.

– Passer du temps avec vos enfants de façon individuelle. Un chocolat chaud avec l’un, un jeu avec l’autre. C’est reposant pour le parent et cela permet de nouer des relations plus équilibrées au sein de la structure familiale.

– Leur faire faire des activités différentes. S’ils vont ensemble à la garderie, ou se voit beaucoup à l’école, privilégiez des activités séparées. Ne les obligez pas non plus à avoir les mêmes amis, ou n’obligez pas l’aîné à se coltiner son cadet alors que ses amis sont là. Chacun a le droit d’avoir son espace, ses amis, sa bulle. Il est important aussi qu’ils aient chacun un domaine, une activité, un art, qui leur est propre et dans lequel ils ne peuvent être comparé à leur frère ou à leur sœur.

– Faire du team building. Mettre la table à deux (ou plus), s’occuper des animaux, dessiner à quatre mains… Il existe des tas de possibilités au quotidien pour développer l’entraide entre ses enfants. Et pensez à le faire dans les deux sens. Le plus petit a aussi certainement de la ressource pour aider son aîné!

– Aider chacun à trouver sa place. La place est déterminante dans une fratrie. Cela ne veut pas dire qu’il n’est pas possible de l’accepter et de composer avec. Si vous respectez leurs personnalités et que vous avez conscience que vous-même, en tant que parent, vous vous comportez différemment avec vos enfants en raison de leur place dans la fratrie, alors vous aurez déjà fait une partie du chemin…

Maintenant, racontez-moi, comment vous entendez-vous avec vos frères et sœurs? Qu’est-ce qui a été selon vous, déterminant? Qu’est-ce que vos parents ont fait de bien, par rapport à votre fratrie? Et qu’auraient-ils pu faire un peu mieux?

 

-Lexie Swing-

Crédit photo : Lexie Swing

 

Sur ce sujet :

– Canalvie

– Fourchette et Bikini 

– Le JDM