5 ans, c’est une main grande ouverte qu’elle brandit à tout va. 5 ans, un âge de grande, la fin de la petite enfance et les apprentissages qui s’accélèrent désormais.
Une journée n’aurait pas suffi à célébrer notre belle aînée. Nous avons donc commencé la ronde dès la veille du jour J., en allant la chercher juste avant la sieste à la garderie. En catimini – petite sœur dans les parages oblige – nous avons quitté le bâtiment pour prendre la direction de l’école, car la miss fera son entrée dès septembre en maternelle. Elle a dit bonjour, a annoncé son nom et pris la main qu’on lui tendait pour aller dessiner sur une petite table prévue à cet effet. Elle est revenue plus tard, nous frôlant tandis que nous nous acquittions des tâches administratives d’usage, et elle s’est approchée, un peu, de la porte semi-vitrée qui laissait entrevoir sacs et vêtements enchevêtrés. Elle était intimidée, mais solide, naturelle, enfilant avec facilité le costume de la future écolière.
L’inscription terminée, nous avons sorti les patins fraîchement offerts (un cadeau de la Saint-B. promis puis oublié), et les miens, achetés l’an passé puis aussitôt remisés. Quelques rares patineurs étaient déjà présents, dont un papa et sa toute petite fille, venus nous porter un support pour Miss B. afin de l’aider à se tenir et à avancer (j’ai bien déjà de la peine à me tenir moi-même). Et elle a voulu avancer, encore et encore, jurant que ses pieds n’étaient pas froids et que ses joues n’étaient pas rouges, bien après que son père ait renoncé au spectacle pour se mettre à l’abri dans la voiture.
La journée de son anniversaire a commencé sur les chapeaux de roues, l’horloge du four nous indiquant de bon samedi matin que karaté il y avait et qu’en retard nous étions. Ce n’est que rendu chez O’Bokal, épicerie de vrac par excellence et adorable salon de thé, que nous avons pu reprendre souffle et esprit, devant une boule de chocolat fondant doucement dans le lait chaud, deux cafés brûlants et quelques puzzles familiaux. Une pizza pochette et quelques rares légumes plus tard, nous avons joué à la poupée et rangé la maison, avant de prendre les luges et de filer vers les pentes près du lac. Le temps était doux, les flocons abondants et la nuit tombée a rapidement découragé les quelques enfants qui trainaient encore là, nous offrant le luxe suprême de descentes sans attente et sans risque de heurter quelques amis restés au milieu du chemin.
La fête n’aurait pas été complète si nous n’avions pas terminé la fin de semaine sur une invitation faite aux amis de la garderie, en l’occurrence de l’ancienne garderie. Ces amis même, assis en rang d’oignon, sur une photo de groupe prise en 2016, alors qu’ils étaient juste âgés de 3 ans, et qui se retrouvent deux ans plus tard à fêter une nouvelle fois cet anniversaire ensemble.
La bonne équipe, que mon amoureux et moi sommes souvent lorsqu’il s’agit de pâtisser, a travaillé fort pour offrir à notre désormais grande fille le gâteau dont elle rêvait, pourvu de toutes les couleurs de l’arc-en-ciel. Sur une recette d’Aurore, nous avons donc décliné ses souhaits, un gâteau après l’autre, couche de crème après couche de crème. Un beau succès, si j’en crois les yeux ébahis sur les faces d’anges. Une certaine fierté, pour nous aussi, quand nous avons jeté un œil aux photos prises et aux deux maigres parts restantes dévorées le soir même.
Une journée n’aurait pas suffi, mais trois non plus finalement. Hier, c’est la garderie qui prenait le relais des festivités. Avant que nous embarquions une nouvelle fois pour la fête, samedi prochain.
Encore un joyeux anniversaire à mon impétueuse belle des champs.
-Lexie Swing-
Je suis au Markina, un café chic de Saint-Bruno. Je suis seule. Je prends mon temps. J’ai pris ma journée pour me remettre des flots incessants de travail et de pression, de routine et de culpabilité, d’absence et d’insomnies. Je suis seule, assise au bord des fenêtres. L’angle du café donne sur un croisement large, deux rues principales de la ville s’y étreignent pour mieux se laisser ensuite. Horizontalité des routines, verticalité des espoirs, nourris ou déçus, elles sont ces routes que nous empruntons tous ici.
Début janvier, j’ai rencontré mon nouveau médecin. Nous avons parlé contraception. J’ai évoqué quelques récentes douleurs. Elle m’a parlé changements. J’ai déploré le fait qu’il n’existe pas beaucoup de possibilités de contraceptions sans hormones. Et là elle a eu ces mots magnifiques:
Plus de dix jours sans publier. Les idées ne manquent pas mais le temps oui, cruellement. Hier il était 5h45 quand je suis sortie de la maison, 22h quand j’y suis revenue, et la pause de midi s’était faite entourée de documents et de collègues armés de questions et de calendriers.
Mon amoureux l’a sorti de son sac comme un diamant précieux. Car si j’aurais aimé certainement un bijou, je préférais indubitablement un bon livre. L’une de mes proches dit souvent qu’offrir un livre est pour elle un acte intime. On transmet un morceau de soi, en offrant un livre qu’on a aimé; on cherche à faire plaisir, en fouillant pour trouver la perle rare, couverture après couverture, résumé après résumé.
Les
Pour défendre une certaine notion de patrie, certains, s’érigeant en pourfendeurs de l’immigration, sont portés à croire que la citoyenneté devrait reposer sur des origines, une couleur de peau, la sonorité d’un nom. Ainsi, en France, on a tendance à estimer, par défaut, que le jeune Nicolas est plus français que son ami Chen. Je ne dis pas ces noms au hasard. 


Une aventure qui s’est vite révélée extraordinaire, avec ses -20 degrés devenus quotidiens. Les sorties en luge des premiers jours ont donc laissé la place à des jeux à l’abri et nous avons dû redoubler d’inventivité pour trouver de quoi occuper le petit monstre de 13 kilos qui galopait – littéralement – partout dans la maison en assurant être un cheval, un muffin vissé dans la bouche comme un mors mal ajusté.
Le Père Noël est passé dans la nuit, et les cadeaux ont été tous déballés sans précipitation. Il n’y avait pas d’attente, elles ont pu prendre le temps de savourer chaque surprise, et de deviner le contenu des paquets. Les cadeaux arboraient la photo de chacune des personnes de la famille qui avaient expressément demandé au Père Noël d’amener ce cadeau en particulier. Magie de Noël, ok, mais pas sans gratitude.
Je vous souhaite d’avoir pris le temps de profiter de ces congés, d’avoir profité des vôtres, même de loin. 2018 est désormais notre actualité, nous y sommes entrés quelque peu alcoolisés, et en compagnie de nos enfants – dopés aux crottes de fromage, qui ont veillé pour l’occasion jusqu’à deux heures du matin.