Mon petit bled au Canada {livres}

Il y a fort fort longtemps que je veux vous parler de ce livre. Je l’ai lu à la fin de l’hiver, après l’avoir emprunté à la bibliothèque via ma liseuse. Je l’ai tellement aimé que j’ai fait des résumés à tous les amoureux des livres que je croisais. J’enjoignais les Anglophones à se procurer la version originale, je notais tout ce que j’avais appris ou retenu sur le sujet.

Mon petit bled au Canada, ou « Laughing all the way to the mosque », selon son titre original est un bijou, dont je vous livre ici le pitch, de mémoire.

L’auteure, Zarqa, est d’origine pakistanaise. Arrivée au Canada enfant, elle raconte avec beaucoup d’amour comment se côtoient alors sa culture et religion musulmane, et sa vie dans un pays occidental libéral. On y découvre la pratique, la place de la foi au quotidien, l’évolution, les traditions. On s’étonne devant les différences entre les pays ou peuples de confession musulmane, on sourit lorsqu’elle souligne les clichés et les absurdités.

J’ai découvert avec elle la pratique du ramadan (autrement que dans les articles de journaux), la séparation des hommes et des femmes (ou non) à la mosquée, la place et le poids de l’Arabie Saoudite. Je l’ai accompagnée dans son pélerinage jusqu’à la Mecque, tentent de voir à travers ses yeux un monde auquel je ne connaissais absolument rien.

Ce livre est une pépite, le rire et l’humour y sont prépondérants. La tolérance y est absolue. Certains dialogues sont, si ma mémoire est bonne, fictionnels, mais le cheminement est autobiographique.

Zarqa Nawaz est auteure, journaliste, scénariste et productrice. Elle est notamment à l’origine d’une série télévisée appellée « La petite mosquée dans la prairie ». La dernière fois que j’ai regardé des infos à son sujet, des femmes musulmanes de Regina, Saskatchewan, avaient, sous son impulsion, rejoint la Gay Pride pour la première fois. Tout un symbole, n’est ce pas ?

La couverture de la version francophone est bien moins cool que la version anglophone. À refaire, je lirais plutôt cette deuxième. À vous d’essayer! Vous me raconterez !

-Lexie Swing-

Photo : Regina Leader-Post

Terrible two (le retour)

Je l’avais sous le coude, ce fameux article. Celui qui allait vous raconter comment le fucking four avait perdu de sa vigueur et comment la tranquillité était revenue chez nous. Les rires étaient joyeux, la politesse usuelle et les petits oiseaux n’étaient pas loin de nouer deux trois noeuds dans les cheveux parfaitement peignés de mes filles.

Mais ça c’était avant. Avant que le terrible two, dont j’avais oublié l’existence, concentrée que j’étais sur sa version updatée, le fucking four, s’invite chez nous. Je ne l’avais pas convié, ce trublion là. La dernière fois qu’il est entré chez nous, il avait promis de repartir dans les six mois. Résultat il est resté deux ans et demi, mutant avec une constance métrononique et respectant avec soin les étapes « comme dans les livres ». Les crises, le non, les réponses, l’impolitesse, les cris, la frustration, les geignements, les cris d’animaux, les geignements encore, les plaintes continuelles, la mauvaise foi… 

Voici donc Tempête, son ami Terrible Two sous le bras, qu’elle étreint comme une vieille peluche dont je suis déjà tannée. Elle respecte même les codes à la lettre, elle qui fait pourtant toujours fi des consignes.

Le Non

– Viens Chérie mettre ton manteau.
– Non.

– Viens mettre ton manteau.

– Non.

– Je te donnerais un bonbon

– Donne bonbon.

– Mets le manteau d’abord 

– Non, bonbon

– Manteau d’abord

– Bonbooon (se roule par terre) 

Double échec: l’enfant fait maintenant une crise pour avoir un bonbon et le manteau est devenu hors sujet.

Les coups

– Tempête arrête de taper ta sœur
– …

– Tempête si tu tapes encore ta sœur, tu descends du chariot.

– … (pire : l’enfant rit)

– Tu descends du chariot et tu marches puisque tu tapes 

– (On met le plan à exécution, l’enfant se laisse tomber sur le sol boueux comme une vieille poupée de chiffon).

– Tempête, marche

– …

– Tempête ?

Le plan échoue. Vous avez 15 mètres d’avance, l’enfant est toujours allongé dans les feuilles du chemin. Il regarde la vieille dame dans sa cour qui vous regarde, vous, avec cet air que seules les vieilles dames savent prendre pour vous faire comprendre à 15 mètres de distance que vous êtes un parent indigne. Vous rebroussez chemin pour récupérer votre progéniture hilare, faites un sourire à la vieille dame pour excuser une faute que vous n’avez pas commise et vous tapez deux kilomètres avec 13 kilos remuant sous le bras gauche et votre dignité sous le talon droit.

Le tout fout l’camp

– Tempête, viens mettre ton manteau (bis)
– …

– Où vas-tu?

– …

– Chérie, Tempête est vers toi?

– Oui, elle vient de récupérer l’iPad.

– Pourquoi?

– Elle demande Pat’patrouille. Je lui mets ?

– NoOOon, j’ai demandé à ce qu’elle mette son manteau.

– Tempête, va voir papa pour mettre ton manteau.

– …

– Elle dit quoi?

– Elle dit qu’elle veut Pat’Patrouille

Vous demandez noir ou blanc, elle rétorque « biberon moi, chocolat! ». Vous évoquez le dodo, elle s’installe devant un puzzle. Vous l’appelez pour le bain, elle disparaît dans son tipi. Vous interdisez les bonbons (l’Halloween, toussa…) et vous la retrouvez attablée devant sa boite de Smarties vidée avec soin. L’enfant de deux ans, c’est la surdité sélective à son meilleur. Parce que quand je murmure chocolat, la dernière syllabe n’a même pas le temps de sortir de ma bouche que j’ai un chien fou qui bondit sur mes genoux, le regard torve et les mains baladeuses. Sélective je vous dis.

Le bacon

Celui là je l’adore, il est parfait et toujours opportun. Il est la représentation parfaite du Terrible Two: un enfant de deux ans pitché par terre, morveux et plein de larmes accusatrices, dont les pieds continuent à fendre l’air tandis que vous le soulevez dans une tentative vaine de calmer le jeu. Au deuxième, on relativise et on enjambe la poupée qui dit non dans un entrechat digne des plus grands ballets. On fait mine de ne pas voir les poils du chien collés au chandail, la coulure de nez jusqu’aux sourcils et le lunatisme tout enfantin. On s’assoie avec un soupçon de fainéantise sur le sofa et on annonce : « Qui c’est qui veut jouer au loto? Je parie que c’est maman qui gagne ». L’ambition trouble des enfants de deux ans et ce sens inné de la compétition fera le reste.

-Lexie Swing-

Photos : StockSnap

Réflexions post-Halloween

Pour la toute première fois, mes filles et moi sommes allées récolter des bonbons. Elles en avaient déjà eu à la garderie, j’aurais pu sans problème «oublier» encore une fois cette année et dire que j’y penserai l’année prochaine, mais mon amie D. a ri quand j’ai commencé à suggérer que j’allais repousser. Parce que j’avais déjà fait de même l’an dernier, bien sûr… Alors j’ai interrogé l’une de mes collègues, pour connaître les hot-spots de ma ville (clairement pas ma rue, toute désignée pour être un quartier fantôme tant les gens se terraient hier soir pour ne surtout pas avoir à donner des bonbons, nous y compris!).
À la sortie de la garderie, avec l’esprit tranquillisé par l’idée que mon souper était déjà prêt (team «je prépare tous mes repas la fin de semaine»), j’ai chargé mes enfants dans la voiture et j’ai roulé jusqu’au quartier pressenti. La rue dans laquelle je me suis engagée était bien décorée, à la dixième maison invitante je me suis donc garée. J’ai vidé les sacs de bonbons déjà bourrés par la garderie sur le plancher de l’auto et j’ai embarqué mon petit monde dans sa première tournée des maisons (qui a dit «des bars»?). Je m’étais renseignée avant sur ce qu’il fallait dire, ça parait évident comme ça mais je ne voulais pas passer pour la fille qui ne connaît l’Halloween qu’à travers les séries américaines. Exit Trick or Treat, nous avons clamé «Joyeux Halloween» dès que la porte s’est ouverte. Enfin moi surtout parce que ma grande avait déjà la main dans la poche à bonbons et ma petite tentait de repousser les jambes de la dame pour entrer chez elle. J’ai des enfants bien élevés. Après une petite remise en ordre, et aux ordres («on n’entre pas chez les gens», «on dit vous et pas tu», «on ne se sert pas, on attend qu’on vous donne», «on ne réclame pas des bonbons supplémentaires») on a pu continuer notre chemin, sous le regard admiratif de mes filles qui n’en revenaient pas qu’il suffise de taper à une porte pour obtenir des bonbons.

Hansel et Gretel ont donc couru en tous sens dans la rue animée, poussant chaque fois plus loin leur exploration, agrémentée de «oh regarde une autre maison avec une citrouille là-bas» à chaque fois que je sous-entendais vouloir rejoindre la voiture. Dix fourberies du genre plus tard, j’ai finalement obtenu gain de cause. Les sacs ne fermaient plus et mes poches étaient pleines. Ma grande fille a quand même suggéré de vider une nouvelle fois les sacs dans la voiture et j’ai décidé d’ignorer cette tentative sournoise de continuer la soirée (mais de qui tient-elle ces idées?!).

C’était un joli moment, je ne peux qu’en convenir. J’ai aimé les rues animées, les décorations soignées et la gentillesse des hôtes. Les familles entières et les groupes d’amis hilares. Les portes qui s’ouvraient sur de jeunes parents et de tout petits bébés adorablement déguisés. J’ai aimé notre butin, la répartition, la possibilité de dire «ok tu as le droit de manger une sucette avant le souper», parce que c’était une journée si spéciale.

J’ai été surprise par ailleurs de constater que tant d’amis en France avaient eu l’occasion de parcourir eux aussi les rues avec leurs enfants et que l’Halloween était également fêté dans certaines écoles, dans les garderies ou dans les centres aérés. Je pense que j’avais une quinzaine d’années lorsque les premières festivités en la matière sont arrivées en France, mais j’ai souvenir également qu’elles sont vite tombées à l’eau, taxées d’américanisme. On ne voyait pas vraiment l’intérêt de cette fête dont on ne comprenait pas l’origine, la culture et la tradition. Quand je suis partie en 2013, je n’ai pas plus le souvenir de quelque chose d’aussi tangible que ce que j’ai pu voir dans certaines photos. Une chose m’a marquée par contre (et réciproquement si j’en crois certains commentaires de mes amis) : nos déguisements de l’Halloween sont bien plus gentillets que ceux de la France. Ici, dans la rue, j’ai croisé des sorcières oui, mais aussi et surtout des pompiers, des chiens de la Pat’Patrouille, des docteurs, des policiers, des super-héros, des hot-dogs, des animaux en masse, des dinosaures et beaucoup de licornes. Sur les photos de la famille et des amis en France : des masques terrifiants, des maquillages superbes mais épeurants, des sorcières et sorciers, des fantômes, des vampires… Notre Halloween est en fait votre Carnaval, les bonbons en plus et les crêpes en moins.

Sur une autre note, j’ai aimé aussi cette photo que j’ai partagée hier de la famille du Premier Ministre. Justin Trudeau y est déguisé en Clark Kent/Superman, mais ce sont ses deux plus jeunes enfants qui ont attiré mon regard : sa fille, arborant la tenue de Wonder Woman. Son plus jeune fils, déguisé en Skye, la chienne Skye, celle-là même qui est tout de rose vêtue dans Pat’ Patrouille. Car on pourra avoir tous les messages positifs du monde sur la discrimination par le genre et l’importance de respecter les enfants quels que soient leurs choix et leurs envies, il n’y a que les actes qui peuvent donner du poids aux mots. Que l’on aime ou pas ce premier ministre là, cette famille-là, n’enlève ni n’ajoute au fait qu’ils sont des personnes publiques, qui ont envoyé hier un message fort aux enfants de demain, et aux parents qui les accompagnent.

 -Lexie Swing-

Crédit photos : Lexie Swing

L’Indien n’est pas un costume d’Halloween

Lorsque j’étais petite fille, l’Halloween n’était pas encore très courant en France. Lorsque nous nous déguisions, c’était pour Mardi Gras, une fête catholique située juste avant le Carême. Un défilé avait lieu, on mangeait des choses grasses comme des bugnes (ça n’a pas la même forme que des beignes mais c’est gras pareil) ou plus sucrées comme des crêpes, on allait à la vogue et on était heureux.
J’avais les cheveux longs, j’avais le visage fin, je portais bien les nattes, j’étais faite pour être déguisée comme les Indiennes des contes. On m’affublait d’un ruban et de plumes, et d’une robe à franges en suédine. Je me plaisais dans le miroir, c’était un joli déguisement.

On en trouve encore, des déguisements comme ça, dans les rayons des boutiques françaises. Ils sont toujours aussi mignons, mais même si je magasine volontiers dans ces boutiques-là pour l’Halloween, le costume d’Indienne n’est plus sur ma liste. La vision de l’Indienne telle qu’elle est perçue en France n’a rien à voir avec la façon dont est perçue la culture autochtone. Car la femme autochtone n’est pas un personnage. Ce n’est pas le Rocky de Paw Patrol, ce n’est pas le Mario de Mario Kart. Ce n’est pas une pompière, ce n’est pas un M&M’s. Ce n’est ni une job, ni un objet, ni un personnage de dessin animé, ni même un personnage célèbre. C’est une culture et une communauté plurielles. Ce sont des coutumes. Ce sont des langues. Ce sont des personnes auxquelles il serait doux de s’identifier si leur culture n’avait pas été tant (re)niée dans l’Histoire et à l’époque actuelle.

Aussi, et ce n’est pas moi mais une étudiante de Winnipeg qui le disait l’an dernier, ces costumes – car oui il s’en vend aussi au Canada – donnent une image non seulement fausse, mais également très figée de la culture autochtone, une image très datée en réalité. Un professeur du Manitoba, interrogé dans le même article, déplorait même que les Autochtones soient perçus, à travers ces déguisements, comme des « sauvages exotiques ».

Tous, cependant, ne sont pas d’accord avec cette vision des choses. Dans un second article daté également de l’an dernier et paru dans La Presse, on aborde la notion de tabou et d’hypersensibilité, on y insère les mots censure et liberté d’expression, déplorant qu’au nom du politiquement correct, on ne puisse plus se déguiser en Indienne, ou en Geisha, en Chinoise, en Mexicain portant cigare et sombrero ou même en Noir.

Pourtant, cela va – et c’est seulement mon opinion – au delà de la liberté d’expression, c’est prioritaire sur la notion de droit ou de censure, c’est une question de respect. Et c’est la raison pour laquelle ce n’est pas un problème d’être déguisée en Petite Indienne en France, et que ça l’est au Québec. Le poids de l’Histoire, la place d’une communauté dans une société, devrait primer sur le droit de porter n’importe quel déguisement à l’Halloween. La Petite Indienne en France est un personnage de livre, une héroïne de dessin animé. La communauté à laquelle un tel déguisement ferait référence ici au Québec se doit d’avoir le respect de son peuple, les Canadiens. Tout comme n’importe quelle communauté, a fortiori si elle est ou a été discriminée.

Et non, contrairement au parallèle émis dans l’article mentionné ci-dessus, je ne pense pas que cela puisse être mis sur le même plan qu’un déguisement de Flamenco ou de French Cancan. Ni même de Geisha. Et celui qui crie au loup revient à dire que les Françaises dansent toutes le French Cancan, et que les Espagnoles maîtrisent toutes le Flamenco. Pour avoir du sang des deux peuples, je vous confirme que l’on peut être aussi peu douée dans l’un ET dans l’autre.

Alors exit le déguisement de Petite Indienne, nous avons misé sur du solide, du doux, du pelucheux cette année. En bons végés, amis des bêtes, nous avons voté pour la ménagerie. Cette année nous avons donc l’ex chat, devenu souris (une reconversion) et le petit cheval déguisé en chat (des oreilles qui trainaient par là).

Et vous, quels déguisements avez-vous ressorti des placards? Et pensez-vous que l’on devrait pouvoir tout porter?

-Lexie Swing-

10 choses qui font de moi une super mère

On crie, on sacre parfois, on se trompe, on tranche un conflit de façon injuste, et on culpabilise, forcément. Ce n’est pas évident d’être parent, c’est un apprentissage de chaque instant, certainement le plus dur, le plus long et le plus complexe des apprentissages sur lesquels nous avons dû travailler.

Pourtant, nous sommes aussi de bons parents, des parents inventifs, des parents généreux. Nous avons tous nos qualités, tous nos aptitudes. Certains d’entre nous sont les rois du bricolage du dimanche, d’autres ont toujours le mot pour rire ou faire des pitreries. Il y a ceux qui n’ont pas leur pareil pour concocter un goûter de rois à partir de rien, et ceux qui restent en tout temps des piliers, immuables, indéboulonnables, et qui tiennent bon contre vents et marées.
Parce que l’on préfère souvent culpabiliser que se congratuler, je déclare la révolution lancée. Nous sommes de bons parents, nous essayons, nous réfléchissons, nous nous amendons et nous aimons à la folie. Alors voici le top 10 des choses pour lesquelles je suis une super maman, un super parent.

1. Je suis bonne comédienne.
Mon chum vous confirmera que je suis nullissime pour faire les accents mais que je suis une très bonne actrice. Donnez-moi le loup et deux-trois cochons et je vous fais tomber n’importe quelle maison, fracas et grand souffle à l’appui. Je mime, je m’époumone, je dramatise, j’ironise… bref je vis les histoires et j’adore ça.

2. J’aime cuisiner. Vous noterez que je n’ai pas dit « je suis bonne cuisinière ». Mais oui, j’aime cuisiner. Y passer du temps. Stocker au frigo trois plats pour la semaine, un cake pour le petit déjeuner et deux baguettes sorties du four. Imaginer un trifle aux pommes végane parce que manger seulement une pomme me semble un peu plate. J’aime manger, les repas en famille, donc je cuisine, et ça me donne l’impression de diffuser beaucoup d’amour (même si mes petites ingrates font la moue devant mon couscous-1h de découpage-30 Minutes de cuisson).

3. J’ai confiance en mes capacités. Quand je dis « je vais les emmener faire un tour de vélo sur la route même pas peur », I mean it. Je n’ai pas peur, je sais que je suis capable de gérer, j’ai confiance. Ça m’aide à leur faire faire des choses qui sortent de l’ordinaire.

4. Je sais garder mon calme. Je craque souvent à l’issue d’une journée ordinaire : trop de stress, pas assez de rapidité d’exécution dans l’enfilage du pyjama ou le brossage de dents. Mais mettez-moi dans un supermarché avec un Terrible 2 en phase de mutation et je suis d’un calme olympien. L’enfant qui nage au milieu du carrelage, oui oui c’est le mien. Non, je ne compte pas le sortir de là. Et oui, il va apprendre. Et sinon, ce fromage, vous le vendez combien ?

5. Je les fais bouger. J’aime mettre du Shakira et me remuer. Pousser la chansonnette (partiellement faux) sur Au Clair de La Lune. Initier une séance de yoga. Improviser une séance de peinture. J’aime passer à l’action, et les solliciter.

6. Je suis pro nature. Les tablettes, télé et jeux vidéos, très peu pour moi. Ça ne me rend pas fière qu’elles connaissent des publicités par cœur. Qu’elles reconnaissent le bruit d’un pic dans la forêt oui. Qu’elles s’émerveillent du chuchotement de leurs pas dans les feuilles d’automne, absolument. J’aime les savoir dehors et pour moi qui me suis longtemps terrée entre une couette et un bon livre, c’est un vrai progrès.

7. J’entends tout, et surtout les cauchemars à deux heures du matin. Un corps qui se tend, un murmure étouffé… Les angoisses de la nuit évitent rarement mon radar. Ce qui mine mon repos fait la joie de mes enfants: à toute heure de la nuit, je suis prête à réagir immédiatement.

8. J’entends leurs souhaits. « Je voudrais faire des cupcakes avec des paillettes vert-de-gris », « je rêve de voir un bébé veau en vrai » et l’habituel « moi veux aller au parc à vélo » de Tempête, sont des demandes que j’essaie de satisfaire. Pas tout de suite, pas là maintenant, mais elles savent que je vais y penser. Que je vais magasiner les bonnes paillettes, et regarder la météo pour savoir si on peut aller samedi au parc en vélo. Quant au petit veau je cherche toujours… une idée de ferme pédagogique avec des veaux juste nés?

9. Je me mets en quatre pour les anniversaires, pour l’Halloween, pour Noël, pour les fêtes en général.

10. Je les aime et je leur dis. Souvent. Chaque jour. Plusieurs fois par jour.

Et vous, qu’est ce qui fait de vous un parent incroyable ? De quoi êtes-vous fier? Que diront vos enfants de vous plus tard? Je veux tout savoir !

-Lexie Swing-

Crédit photo : Lexie Swing

Relaxation : pratiquer la visualisation avec son enfant

 Miss Swing a un livre de yoga et relaxation depuis son plus jeune âge. Et aussi loin que je me rappelle, il a toujours eu beaucoup de succès. C’était un achat/cadeau utile et intelligent (quand on sait le nombre de trucs que l’on achète et qui ne servent jamais…).Hier soir, nous avons donc ressorti ce livre. Le yoga est le sport du trimestre à la garderie, alors c’est avec aisance que ma plus si petite fille a enchainé papillon, grenouille, chat et incontournable chien, fesses en l’air. On a suivi une autre page : doudou sur le ventre pour bien mesurer sa respiration, puis sur les jambes, pour tenter de concentrer son attention, puis sur la tête, etc.

J’ai tenté ensuite de lui faire fermer les yeux et suivre mon doigt sur son bras, sa jambe, etc, mais très chatouilleuse, elle se tordait de rire. Je suis donc revenue à ce que je connais le mieux de la relaxation : la visualisation.

J’ai lu pour la première fois un livre au sujet de la visualisation il y a une quinzaine d’années. Se trouvait chez nous un ouvrage consacré à – je pense – la visualisation à titre thérapeutique. Je me souviens clairement du procédé énoncé alors que l’auteure mentionnait la visualisation comme aide dans la lutte contre la maladie : il s’agissait de visualiser les cellules malades et de les pousser dehors, en les imaginant sortir de son corps. J’ai alors essayé, avec le sentiment de sentir un chatouillis très léger parcourir mon corps à mesure que j’y conduisais un chemin.

J’ai gardé de cette lecture l’habitude d’utiliser la visualisation comme technique de relaxation. Je l’ai également utilisée à différentes reprises avec des enfants lorsque j’étais animatrice de colonies. Elle a été efficace aussi sur des adultes alors que je passais mon brevet d’animatrice. Hier, ma fille y a été particulièrement réceptive, plus qu’elle ne l’a jamais été. Ce qui me fait dire que son âge – 4 ans – est certainement un point de départ intéressant pour qui veut pratiquer la visualisation avec son enfant. Ça vous intéresse? Voici quelques conseils amateurs en la matière.

Comment on fait : Lumière tamisée, l’enfant est allongé, on peut mettre une musique douce, à un volume bas. Si cela n’angoisse pas l’enfant, proposez-lui de placer un doudou/toutou ou une peluche molle sur ses yeux afin de conserver une certaine concentration. On lui explique que, pour se relaxer, il va devoir imaginer qu’une petite bille parcourt son corps et qu’il doit la suivre avec son esprit. Avec votre voix, vous allez guider le parcours de la bille. Lorsque l’enfant est prêt, touchez doucement le haut du crâne et signifiez-lui que la bille se trouve là, puis d’une voix calme et douce, commencez à raconter son parcours : «La petite bille glisse sous tes cheveux, elle file jusqu’à ton oreille droite, le haut de l’oreille d’abord, puis le lobe… Maintenant elle passe derrière ta tête, traverse ta nuque et remonte jusqu’à ton oreille gauche…» Continuez ainsi le chemin de la bille en nommant précisément chacune des parties du corps, chacun des doigts, chacun des orteils. À la fin, faites remonter la bille le long de la colonne vertébrale et ressortir par le haut de la tête.

Application de la technique à l’enfant : Si l’enfant n’identifie pas complètement la droite de sa gauche, accompagnez les mots droite et gauche (ça fait toujours un apprentissage) d’un toucher très léger de la main sur l’endroit mentionné. Faites de même lorsque vous nommez les doigts. Prenez garde à ne pas oublier de nommer une partie du corps («l’index» par exemple) car le passage de la «bille» va suivre un certain automatisme. Si vous oubliez de nommer une partie du corps alors que la bille y passe, l’esprit de l’enfant risque de buter sur votre oubli et de sortir de la relaxation.

Intérêt : La visualisation permet au corps de l’enfant de se détendre complètement en obligeant les membres à se relâcher. Elle améliore également la concentration. Si votre enfant est bien à votre écoute, vous aurez la surprise de voir la bouche s’ouvrir, les genoux frémir ou les doigts de pieds bouger au moment où la «bille» passe. C’est une technique intéressante avant le sommeil, ou lorsque vous voulez aider l’enfant à reprendre le contrôle de lui-même lors d’un moment de stress ou de panique.

Limites : L’enfant doit être à l’aise avec l’ensemble du processus, notamment la lumière tamisée, le fait de fermer les yeux et/ou d’avoir une peluche posée dessus, et également d’imaginer une bille. Certains enfants préféreront peut-être imaginer autre chose : un mini animal, un bonbon rond. Il est possible aussi que votre enfant n’arrive pas à se plonger dans l’exercice, vous interrompe, se redresse. N’insistez pas, le moment est peut-être mal choisi. Passez à quelque chose de plus actif, comme du yoga, et réessayez plus tard.

Pour aller plus loin : La visualisation a d’autres vertus. On peut s’en servir pour visualiser une situation effrayante et trouver les clés pour la désamorcer. Elle peut avoir un intérêt également en cas de douleur pour permettre à l’enfant d’accompagner lui-même ses sensations. Elle est aussi utilisée pour se projeter dans une situation «gagnante» (l’enfant réussit un examen) pour une personne qui manque de confiance en elle, etc., ainsi que comme technique de concentration avant de faire ses devoirs, de passer un concours ou de faire face à une épreuve.

Quelques sites :

-Lexie Swing-

Photo : Fujikama (Pixabay)

 

La violence faite aux femmes devrait avant tout être le problème des hommes

J’ai écrit deux articles, j’ai lu, coupé puis laissé de côté. Les hashtag d’expériences d’harcèlement ou d’agressions sexuelles sont une déferlante à laquelle je m’identifie sans souhaiter y prendre part afin de ne pas altérer la puissance de certains témoignages par les miens.

Si j’avais deux choses à dire, la première serait que j’ai été étonnée de constater, en en discutant avec des amies ou connaissances, combien de femmes ont intégré des comportements de défense comme s’ils étaient gravés dans leur ADN. Nous savons toutes comment feindre l’indifférence, hâter le pas, esquiver, ignorer les avances à peine dissimulées, se cacher sous de grands capuchons et des hauts informes le soir venu, et dissimuler dans nos sacs nos hauts talons. Nous avons appris à repérer les ruelles problématiques, les groupes arrogants, les pervers gouailleurs. Nous avons l’instinct sûr mais nous sommes parfois en mal de force, en mal de mots et en mal de possibilités pour éviter l’impensable. L’impensable se produit tout le temps, partout, dans toutes les sphères de la vie, dans tous les domaines de métiers. Nous subissons, nous ironisons, nous plaisantons, nous crions, nous pleurons, nous nous plaignons, nous partageons, mais à la fin nous sommes seules.

La deuxième chose que je voudrais souligner c’est que nous ne voulons plus être seules. Vous le savez, je crois fermement à l’égalité. Je crois qu’on ne peut changer le monde que si tous les acteurs de celui-ci marchent ensemble. Je crois que le harcèlement, les agressions, sont avant tout la résultante d’abus de pouvoir, d’un problème de limites sociétales et de complaisance dans l’éducation donnée aux garçons pendant trop longtemps. Je crois aussi que les hommes devraient en avoir marre. Parce que ceux et celles qui vous excusent vous disent que vous êtes trop cons pour connaître les limites, trop bestiaux pour retenir vos bas instincts. Ils vous privent de vos capacités humaines de conscience et d’empathie.

J’ai déniché cette vidéo dans les Ted Talks et elle m’a fait le plus grand bien. Elle était la lettre manquante à mon équation compliquée. Elle a répondu à la question « quels rôles peuvent jouer les hommes ? »

Cette vidéo vous dit notamment ceci (de mémoire):

  • La violence faite aux femmes est en premier lieu un problème d’hommes. Pas de femmes. D’hommes. L’agresseur est responsable de ses actes. Pas la victime, pas ce qu’elle portait, ni la couleur de son rouge à lèvres.
  • Fermer les yeux, hurler avec les loups, et rire avec les hyènes, c’est faire preuve de complicité. Lorsque vous laissez votre ami mettre une main aux fesses de la serveuse sans intervenir, vous êtes complice. Ne faites pas semblant que le harcèlement et les agressions ne sont pas votre problème parce que vous n’avez jamais harcelé ou agressé quelqu’un.
  • Vous pouvez changer les choses. C’est parce que des hommes s’opposeront à d’autres hommes que les choses changeront. Nous ne pouvons changer les choses et la société seules. Nous avons besoin qu’au quotidien, en notre absence, dans la communauté masculine, vous refusiez que les femmes et n’importe quelle autre personne, soient maltraitées. Vous vous offusqueriez d’un commentaire raciste, vous interpelleriez une personne extrémiste, alors prenez votre place d’homme et refusez le sexisme ordinaire.

Ça fera de vous des leaders. Et si vous ne me croyez pas, regardez ceci :

Je mets volontairement l’accent ici sur une opposition : violence sur les femmes perpétrées par des hommes. Nous savons tous que les agressions sexuelles ne sont pas perpétrées seulement par des hommes, ni seulement sur les femmes. Cela n’enlève rien aux victimes, quelles que soient leur âge ou leur sexe. Cependant, cela n’enlève rien au problème non plus. Merci de ne pas vous insurger dans les commentaires que l’ensemble de la planète ne soit pas mentionnée, soupesée et accentuée ici, dans l’ensemble de ces possibilités, états et sexualités.

-Lexie Swing-

Mon faire-part avec Popcarte

Elle est posée là, sur notre nouveau comptoir de bois. Lorsqu’ils l’aperçoivent, les gens s’exclament. Que c’est joli! J’aime la police! C’est vraiment vous sur la photo? Mais une question surtout les taraude : est-ce que c’est vrai?

La réponse est que non, ce n’est pas vrai. Mais je l’accompagne toujours d’un sourire. Car oui, ça pourrait l’être. La date est celle de notre anniversaire de rencontre. 2019. Nous fêterons alors nos douze ans. Fêterons-nous autre chose ce dimanche-là? Impossible à dire. Peut-être? Qu’en pensez-vous?

Reste cette carte. La courbe délicate de nos noms d’emprunt. La photo à l’intérieur dont j’ai changé la teinte. Les pleins et les déliés, la rondeur des mots d’annonce. J’adore cette carte. L’annonce et les noms sont faux mais le bonheur et l’amour y sont véritables.

J’ai réalisé cette carte pour vous. Je voulais essayer – ainsi qu’on me l’a proposé – le site français de création de cartes Popcarte. Je me suis demandée ce que vous, vous aimeriez créer. Quels seraient vos besoins. J’ai autour de moi des gens qui annoncent tous les jours leur mariage prochain. Même si l’on dit que le mariage a moins le vent en poupe et que la mode est à l’union libre, et au PACS (ça tombe bien, car il y a des cartes d’annonce de PACS également). Vous pouvez retrouver les faire-part sur la page dédiée de Popcarte

Les cartes d’anniversaire

Ce sont les toutes premières cartes que j’ai regardées. Je n’avais jamais songé avant à faire une carte d’anniversaire moi-même. J’en achète pourtant tous les mois, pour différentes personnes. Des collègues, des proches, des gens de Montréal et quelques-uns de France. Je les choisis soigneusement, je ne suis pas de ceux qui prennent la première sur la tête de gondole. J’y passe de longues minutes. Prenant, reposant, hésitant.

J’ai fait de même sur Popcarte. J’ai arpenté. J’ai scrollé vers le bas. Je suis remontée. Je les ai comparées. J’en ai finalement choisi une avec photos. Je les ai sélectionnées, les ai intégrées. J’en ai changé deux. Et je suis revenue à ma sélection initiale (je suis d’une inefficacité redoutable). J’ai réfléchi au texte, j’ai fait quelques rimes. Elles étaient grossières alors j’ai dû recommencer. Je ne vous la montrerai pas. Elle est mon secret pour plus tard. Mais voici quelques exemples que j’avais retenus, dont celle ci-dessous qui est même disponible en version aimantée (je rêve de recevoir ça pour mon anniversaire! Quelqu’un? Youhou?).


Je voulais tester le caractère pratique du site. J’ai proposé à mon amie d’envoyer une carte à son tour. Son neveu fêtait son anniversaire, elle a donc parcouru les cartes pour enfants. La version cowboy l’a séduite. Elle n’a eu plus qu’à charger sa photo, et l’affubler de quelques artifices, comme une moustache et un chapeau. Le petit M. l’a reçue quelques jours plus tard et ouverte le jour J. Il était heureux et sa maman a confirmé nos premières impressions : la photo était impeccable, et la carte d’une qualité irréprochable.

Les cartes postales

C’est par elles que tout est arrivé, un précédent essai ayant donc mené à d’autres. Pour l’occasion, j’ai sollicité de nouveau Mamy, dont le mur ferait pâlir n’importe quel collectionneur. J’ai procédé comme la dernière fois : une fois l’application Popcarte téléchargée gratuitement – j’ai utilisé le site internet pour mes autres créations – j’ai pu naviguer parmi les propositions. L’application est ludique, facile à utiliser. Il existe un onglet spécifiquement appelé cartes postales, avec un design particulier et le genre de petits messages que vous pouvez trouver sur les cartes du bord de mer («Vacances les pieds dans l’eau à Saint-Malo», «Bisous salés»… vous voyez ce que je veux dire?), le tout agrémenté de dessins de glaces, de coquillages ou d’un fond façon carte du monde. Pour ma part, j’ai choisi l’onglet qui proposait un agencement de plusieurs photos, comme la fois précédente. J’ai rehaussé mes photos avec un filtre spécial proposé (le genre de filtre que l’on trouve sur Instagram). Le tout m’a pris trois minutes, envoi compris. La carte postale est arrivée deux jours plus tard dans les mains de ma mère, qui se trouvait là. De son avis, la qualité est bonne, mais le rendu était un peu trop rouge, pas naturel. Pour avoir reçu et envoyé plusieurs cartes, par différentes compagnies, je pense qu’il est indispensable d’utiliser des photos de très bonne qualité, et bien exposées, sinon la qualité s’en ressent à l’impression.

Les cartes de vœux

J’avais annoncé mon mariage, fêté deux personnes dont un enfant, et envoyé deux cartes postales, alors je me suis demandée ce que je pouvais faire d’autre. Ce que vous aimeriez pouvoir faire vous. J’ai songé à ma belle-sœur qui envoie toujours des cartes pour la nouvelle année. Une jolie tradition qui se perd un peu. Devais-je essayer d’en envoyer moi aussi? J’ai fait le choix d’être égoïste. Après sélection du modèle qui me plaisait le plus, j’ai chargé mes photos. Au moment de valider, j’ai fait un truc un peu fou : j’ai sélectionné «magnet». 10*15, la même carte que je m’apprêtais à commander, mais en version qui se colle sur mon frigo, sans aide et aimant qui se barre tout le temps.

Elle est mon coup de cœur. Je l’adore. Elle est fine comme une carte, parfaitement aimantée. Les photos sont superbes. Celle que vous voyiez à l’écran est floutée mais vous n’en devinez pas moins les couleurs éclatantes et nos visages heureux.

J’ai une carte de vœux de nous pour l’année 2018. Je ne suis pas sûre que ça se fasse, de s’envoyer une carte de vœux pour la nouvelle année, mais je vous le conseille! On ne se fait pas assez de cadeaux à soi-même…

*Concours*

Popcarte vous propose de gagner, par mon unique, merveilleux et modeste intermédiaire, 40 euros à dépenser sur le site internet. Que vous ayez des faire-part de naissance à envoyer, des faire-part de mariage, des cartes en tout genre ou que vous ayez le goût, comme moi, d’essayer plein de choses et de faire plaisir aux gens autour de vous, vous pourrez les utiliser comme bon vous semble.

Pour participer, je vous propose de faire un tour sur Popcarte.com et de me laisser un commentaire ou de m’écrire un message en privé en me disant simplement quelle(s) carte(s) aurai(en)t vos préférences.

Vous pouvez participer où que vous soyez dans le monde, jusqu’au vendredi 20 octobre 23h59, heure de Montréal (je suis sympa, ça laisse de l’avance pour tous ceux qui se trouvent à l’est ;)) . Le ou la gagnant(e) sera tiré(e) au sort parmi les commentaires et messages. Un code de promotion lui sera ensuite remis par le prestataire. Bonne chance!

{Edit du 21 octobre 2017: Une main innocente et pleine du sirop d’érable du samedi matin a tiré au sort le nom… d’Alienor! Merci à toi!}
-Lexie Swing-

Cet article a été réalisé dans le cadre d’un partenariat.

 

Entre Charlevoix et nous, c’est une histoire d’amour. On a longtemps cru que c’était le nom d’une ville, on voulait « aller à Charlevoix », mais nous avons dû nous rendre à l’évidence : Charlevoix, c’est plus que ça. C’est une région, un ensemble. Des parcs naturels avec des vues à couper le souffle, le Saint-Laurent, les jolies villes qui bordent le chemin, le petit train qui remonte le long du fleuve, entre Québec et la Malbaie. C’est le terroir, la tradition, les élevages d’animaux (même de lamas!), les fromageries…

Nous revenons de Charlevoix. Mon chum a encore dressé des plans, arpenté des terrains et visionné des maisons, j’ai encore retenu mon souffle face au mouvement de l’eau tantôt apaisée, tantôt agitée. Il a fait 25 degrés et de la pluie battante dans la même journée. Et puis orage, le soir venu…

Allez faire un tour, à Charlevoix… Pour deux jours, pour une étape, pour une semaine. Donnez-vous cette chance, c’est une région magnifique.

-Lexie Swing-

Crédit photos : Lexie Swing

 

Connaissez-vous la région de Charlevoix?

« Il s’adaptera de toute façon »

Sainte-Irénée, CharlevoixHier midi, ma prof racontait comment, lors de son jogging, elle était allée à la rencontre des lieux qui avaient ponctué sa vie jusqu’à 20 ans : son école primaire, son école secondaire, l’appartement où elle vivait enfant, le premier qu’elle a loué seule… Elle a voyagé à travers le monde et vécu dans au moins un autre pays, mais les principaux lieux de sa jeunesse, son ancrage, tiennent dans quelques kilomètres carrés. À l’inverse, les deux autres personnes présentes, un autre étudiant et moi, serions incapable d’un tel «voyage». Nos jambes n’y suffiraient pas. Une voiture oui, et plusieurs journées devant nous. Nous avons vécu deux enfances fort différentes, mais elles se ressemblent sur un point : celles-ci ont été ponctuées de maisons et de déménagements. Pas au point des enfants de militaires ou des enfants de parents «Michelin» qui changeaient de pays au rythme des mutations parentales, mais beaucoup plus que certains des amis que nous avons croisés dans nos vies, qui ont ouvert les yeux sur un monde dont les coordonnées topographiques n’ont que peu changé.

Les enfants sont adaptables. Tout le monde le sait, tout le monde vous le dira. Il y a des exceptions cependant, et je garde en mémoire cette personne que j’aime beaucoup et qui regrette l’immigration de ses parents depuis 50 ans. 50 ans oui. Mais les enfants sont adaptables. Est-ce pour autant dire que c’est une chance, pour un enfant, de déménager souvent?

Enfant moi-même, je ne me posais pas vraiment la question. Je suis aussi la résultante de ces changements. Serais-je pire ou meilleure aujourd’hui si je n’avais pas changé plusieurs fois de villes, de maisons et d’habitudes? Seul un univers parallèle pourrait éventuellement y répondre. Serais-je à cet endroit dans ma vie? Non, probablement pas. Je ne crois pas aux destinées. Je crois que notre entourage, notre environnement et la vie quotidienne nous façonnent. Parfois on s’extirpe de son milieu, de sa bourgade, pour filer ventre-à-terre découvrir ce que le monde a à nous offrir. Parfois on voyage toute son enfance et l’on jette l’ancre sitôt la majorité atteinte pour ne plus jamais bouger. Et les gens se désolent : «S’enterrer ainsi, alors que ses parents lui avaient tant fait voir le monde». Je le répète, on est la résultante de ce que l’on a vécu. Quelle que soit l’équation. Nombre de déménagements + nombre d’écoles connues × nombre de jours où l’on a été surnommé «le nouveau» = envie de ne plus jamais bouger.

À l’inverse, un enfant qui aura beaucoup voyagé aura peut-être aussi «la piqûre du voyage». Une fille croisée un jour durant mes études, fille de voyageurs au long cours, m’avait ainsi expliqué se sentir incapable de se poser quelque part. Elle ne se sentait chez elle qu’en «transit». Un drôle de sentiment.

Pour revenir à mon interrogation initiale, car il y en avait une, je me suis souvent demandée, depuis que je suis mère, quel serait le mieux pour mes enfants. J’ai toujours aimé changer, déménager. Immigrer a été pour moi une chance, mais en tant que personne individuelle, et aussi en tant que couple, je rêve d’en voir encore et toujours plus. Parlez-moi de Boston, de Toronto, des Prairies, même de Charlevoix, de Sherbrooke, de la Nouvelle-Zélande, des pays nordiques… Je vous dirais que j’ai déjà regardé chacun de ces endroits, chacun de ces pays, pour savoir quel genre de travail on pouvait y trouver et comment y était la vie. Nous nous sommes déjà demandés si nous serions heureux ailleurs. Mais le nous a grandi.

Je n’ai aucun impératif professionnel. Mon conjoint non plus. Nous n’avons plus d’excuses. Nous pouvons parfaitement nous épanouir professionnellement à Montréal, et nous en avons d’ailleurs le souhait. Pour la première fois depuis que j’ai commencé ma vie d’adulte, je suis arrivée quelque part avec le sentiment d’avoir atteint un but, une ligne d’arrivée. Nous avons seulement toujours eu cet appétit insatiable de voir encore plus, de voir ailleurs. En bons représentants de notre génération, le monde n’est qu’une succession de stations dans un train lancé à grande vitesse.

Mais mes enfants? Les voyages forment la jeunesse, certes. Mais je ne suis pas certaine que les déménagements soient nécessaires, soient obligatoires, pour former une jeunesse équilibrée et sûre d’elle. Déménager, changer d’école et de ville, voire de pays, rend adaptable. Les plus sociables accroissent cette capacité, tandis que les plus timides se renferment. Chez certains, l’adaptabilité frôle l’invisibilité. Ils se fondent dans la masse sans laisser de traces. Puisque de toute façon on les oubliera.

Je crois que j’aimerais ça, que les repères de mes enfants puissent se concentrer sur quelques kilomètres carrés. Au moins sur une partie de leurs vies. Qu’elles évoluent, sûres d’elles, dans un monde qu’elles connaissent et maîtrisent, pour laisser toute la place au reste. Qu’elles n’aient pas à se soucier de se faire connaître. Que leurs racines bien plantées leur apportent le nécessaire, pour qu’elles n’aient à gérer que le superflu.

Je crois que j’aimerais ça oui, puisque c’est aussi pour ça que je suis venue ici. Dans l’idée de leur offrir quelque chose de spécial, une chance particulière, un endroit que nous avions choisi pour y faire notre nid. Elles seront libres plus tard de choisir où faire le leur.

La réflexion demeure…

Et de votre côté? Comment avez-vous grandi? Et qu’avez-vous choisi?

-Lexie Swing-

Crédit photo : Lexie Swing (quand je la vois courir ainsi j’ai toujours la musique de La Petite Maison dans la Prairie dans la tête).